19 Sep 2026, sam

« La prière est l’air que je respire ». Entretien avec le père Peter Chinweike Morba, nouvel inspecteur d’Afrique Nigeria-Niger

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Il n’a pas grandi dans un environnement salésien. Un oncle maternel lui a parlé des fils de Don Bosco, de passage à Onitsha pour le travail et frappé par ce qu’il voyait faire pour les jeunes. De cette suggestion est né un chemin qui a conduit le père Peter Chinweike Morba du village d’Aguleri, dans l’État d’Anambra, à la Sierra Leone, puis aux 27 stations missionnaires de Koko, dans l’État de Kebbi, et enfin à la paroisse d’Omole, à Lagos. En 2025, le Recteur Majeur, le père Fabio Attard, l’a nommé provincial d’Afrique Nigeria-Niger : le premier, originaire de cette terre, à diriger la Province, avec 173 confrères et 19 maisons dans deux pays. Il raconte ici sa vocation, ses maîtres, les défis de l’évangélisation d’aujourd’hui.

 

 

Voulez-vous vous présenter aux lecteurs ? Où êtes-vous né, quel chemin avez-vous parcouru jusqu’à aujourd’hui ?

Je m’appelle le père Peter Morba. Je suis né le 26 novembre 1976 à Aguleri, mon village, dans la zone de gouvernement local d’Anambra East, dans l’État d’Anambra, au Nigeria. Je suis un prêtre catholique, salésien de Don Bosco. Outre mes deux licences en philosophie et en théologie, j’ai obtenu un diplôme de troisième cycle en éducation et je suis actuellement un master en psychologie clinique à l’Université Daystar de Nairobi, au Kenya.

J’ai été ordonné prêtre le 7 juillet 2012 dans mon diocèse d’origine, l’archidiocèse d’Onitsha. Après mon ordination, j’ai été envoyé en Sierra Leone, comme responsable de l’oratoire et vicaire paroissial. De là, je suis allé à Koko, dans l’État de Kebbi, pour lancer une nouvelle mission de première évangélisation : j’y ai été le premier curé, avec 27 stations missionnaires. Puis le transfert à Lagos, comme curé de l’église du Saint-Esprit, dans le quartier d’Omole Phase 1. Au cours de ces années, j’ai également été nommé vicaire provincial. Après six ans à Omole et trois comme vicaire, avec également la charge de la formation, en 2025 le Recteur Majeur, le père Fabio Attard, avec le consentement de son Conseil, m’a confié la Province ANN.

 

Comment avez-vous découvert votre vocation salésienne ?

Je n’ai pas grandi dans un environnement salésien et, avant d’entrer, je savais très peu de choses sur cette famille religieuse. Je les ai connus grâce à un oncle maternel, qui à l’époque était allé pour affaires dans la communauté salésienne d’Onitsha. Sachant que je pensais à la prêtrise, il m’en a parlé et m’a encouragé à essayer : il avait aimé ce qu’il voyait faire pour les jeunes. À Onitsha, les Salésiens géraient alors un centre de formation technique et de pastorale des jeunes, toujours plein d’activités. Je crois que c’est ce qui l’a attiré.

Lors de ma première visite, j’ai été admis à l’aspirantat. J’en ai été surpris, car tout s’est passé de manière simple et rapide. Et depuis lors, par la grâce de Dieu, je suis resté.

 

Quelles figures – saints, éducateurs, membres de la famille – vous ont le plus inspiré ?

Saint François d’Assise et le bienheureux Cyprian Michael Iwene Tansi, qui est de mon propre village. En entrant chez les Salésiens, j’ai été particulièrement frappé par la première partie de la vie de saint Jean Bosco.

Ensuite, il y a eu les confrères rencontrés pendant l’aspirantat, le prénoviciat et le noviciat : feu le père Vittorio Albasini, le père Nicholas Cirrapica, feu le père Italo Spagnola et bien d’autres. Ils ont beaucoup pesé dans mon choix et dans ma persévérance. Dans ma famille, ma grand-mère, ma mère et une de ses jeunes sœurs, aujourd’hui décédée, m’ont appris à aimer Dieu et à lui offrir ma vie, pour le service des autres.

 

Quels moments de la formation vous ont le plus marqué ?

Le noviciat a eu un grand impact : étudier les Constitutions, entrer plus profondément dans la spiritualité salésienne. Et puis le stage pratique, qui a été très enrichissant pour moi. C’est là que j’ai commencé à développer quelques capacités de direction et à apprendre que certaines décisions ne concernent pas seulement ma vie, mais aussi celle des personnes qui m’entourent. Et c’est là que j’ai mis en pratique le système préventif que j’étudiais.

 

Si vous pouviez revenir en arrière, feriez-vous les mêmes choix ?

Oui, je les referais. Peut-être qu’aujourd’hui, avec quelques années de plus, j’aborderais beaucoup de choses différemment. Mais le choix de m’offrir à Dieu et de rester avec lui, à travers Don Bosco, pour les jeunes, je le referais toujours. Je n’ai jamais eu de regrets d’être salésien : je me sens heureux et épanoui dans cette vocation.

 

Comment faites-vous face aux situations difficiles, comme l’éloignement des jeunes de la foi ou de l’Église ?

Au Nigeria, le défi se présente sous des formes différentes par rapport à l’Europe ou à l’Amérique. Il y a quelques jeunes qui s’éloignent de la foi et de l’Église, disant vouloir retourner à la religion de leurs ancêtres, à la religion traditionnelle ; mais c’est encore une minorité. Nous avons beaucoup de jeunes avec une foi solide, qui aiment la vie de la communauté chrétienne.

Le défi, s’il y en a un, nous concerne nous qui sommes leurs éducateurs à la foi : nous devons penser à des propositions et à des activités capables de maintenir cette foi vivante. On nous demande de la créativité, et surtout de la disponibilité, car de nombreux jeunes demandent à être accompagnés.

 

Y a-t-il une expérience vécue avec les jeunes que vous aimeriez raconter ?

Il y en a beaucoup. Celle avec les jeunes de la Sierra Leone, où j’ai travaillé juste après mon ordination, m’a marqué. Leur dévouement m’a touché. Même lorsque nous n’avions pas d’argent pour les nourrir pendant les programmes, beaucoup faisaient d’énormes sacrifices, de leur propre initiative. Ils avaient compris la mission et s’y étaient pleinement intégrés. Nous organisions des réunions de sensibilisation dans de nombreuses écoles et ils animaient tout, sans rien demander en retour. Leur générosité m’a vraiment enthousiasmé.

 

Quelle place a la prière dans votre journée ?

Pour moi, la prière est comme l’air que je respire : sans elle, je ne peux pas tenir debout. J’apporte pratiquement tout à Dieu. C’est le seul terrain sur lequel je n’accepte aucun compromis. Et aujourd’hui j’en ai besoin plus qu’avant, en raison de la responsabilité qui m’a été confiée : 173 confrères et 19 maisons salésiennes dans deux pays, le Nigeria et le Niger.

 

Comment décririez-vous la spiritualité salésienne en quelques mots ?

Joyeuse et simple. C’est cela, je crois, qui la rend attrayante pour les jeunes.

 

Quels sont aujourd’hui les grands défis de l’évangélisation et de la mission ?

Pour moi, c’est d’aider les gens à donner leur cœur à Dieu seul. Les distractions sont très nombreuses, et beaucoup de cœurs ont du mal à rester chauds, ils deviennent distraits par rapport aux choses de Dieu.

 

Que pourrait-on faire de plus, et de mieux ?

Continuer à prier, et vivre une vie de témoignage. Les mots, seuls, ne suffisent plus : les gens ont besoin de nous voir vivre l’Évangile.

 

Collaborez-vous avec les laïcs, avec les Filles de Marie Auxiliatrice, avec d’autres groupes de la Famille Salésienne ?

Certainement. La mission salésienne est plus grande qu’une seule personne ou qu’un seul groupe : Don Bosco le savait bien, et c’est pourquoi il a invité tant de personnes à se joindre à lui. Une fois par an, nous avons un rassemblement qui réunit tous les membres de la Famille Salésienne : nous partageons nos missions, nous nous écoutons, nous planifions l’avenir ensemble. Tout le monde fait partie de la mission, y compris nos chauffeurs, les gardiens, les cuisiniers.

 

Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui s’interroge sur la vocation religieuse ou sacerdotale ?

De garder le cœur ouvert à Dieu. De rester dans son milieu et au sein du peuple de Dieu. Et d’apprendre le silence et la méditation : cela l’aidera à comprendre ce que Dieu lui dit.

 

Quel est le message que vous aimeriez transmettre aux jeunes d’aujourd’hui ?

De rester concentrés dans la vie. De faire de Dieu leur ami. D’être généreux avec leur propre vie et avec ce qu’ils ont, au lieu de se replier sur eux-mêmes.

 

Éditeur BSOL

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