13 Mai 2026, mer

La sainteté salésienne dans l’histoire : aspects qui émergent dans les procès de béatification des Filles de Marie Auxiliatrice

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Parler de la sainteté salésienne dans l’histoire signifie se confronter à une expérience concrète, mûrie dans la vie ordinaire de communautés éducatives nées de l’Oratoire du Valdocco et de la première maison de Mornèse. Cette étude limite son horizon aux Filles de Marie Auxiliatrice et, en particulier, à ce qui ressort des procès de béatification de la période 1900–1950. L’attention ne se porte pas sur un « catalogue » de vertus, mais sur les sources des procès – principalement les « Positiones » – qui rassemblent témoignages, documents et jugements sur la réputation de sainteté. À travers les figures de Maria Domenica Mazzarello, Teresa Valsé Pantellini et Maddalena Morano, le texte met en évidence deux dynamiques : la sainteté perçue et déclarée par les témoins, et la sainteté désirée et vécue comme une fidélité à la Règle, au Système Préventif et à la mission éducative auprès des jeunes filles.

 

 

Le thème de la sainteté salésienne dans l’histoire est riche et vaste. Il envisage le chemin de maturation dans la foi, l’espérance et la charité de tous les membres et sympathisants de la Famille Salésienne. Depuis l’époque de l’Oratoire de Valdocco et de la première communauté de Mornèse, ils ont trouvé et trouvent jusqu’à aujourd’hui, dans le style de vie de Don Bosco et de Mère Mazzarello, les éléments valables pour atteindre la plénitude de la vie chrétienne. Le sous-titre de cette relation, intitulé Aspects qui émergent dans les procès de béatification des FMA, restreint ce vaste champ de la sainteté salésienne relative aux FMA et parmi elles uniquement à celles dont le Procès de béatification a été instruit durant la période considérée par cette recherche. Avant de commencer, il faut donner deux précisions :

 

  1. La sainteté salésienne féminine ne se limite pas aux FMA dont la Cause a été introduite, car il existe de nombreuses FMA qui ont mené une vie héroïque dans le silence et le sacrifice en étant présentes sur la cour, dans les cuisines, les buanderies, les ateliers, les oratoires, les écoles, les missions, aussi bien dans leur pays que dans les lieux les plus reculés du monde. Personne n’a jamais pensé à introduire leur Cause, et pour cela, bien qu’ayant vécu une vie exemplaire, elles échappent à notre recherche. Celles qui ont reçu la reconnaissance de l’Église avec le titre de vénérable, bienheureuse ou sainte ne sont pas pour cela plus saintes que d’autres. C’est pourquoi je ne présenterai pas un tableau complet, mais seulement une partie représentative de la sainteté féminine.

 

  1. La deuxième précision concerne l’orientation thématique de cette relation en référence à la période chronologique prévue par ce Congrès : 1900-1950. Si nous prenons comme critère l’ouverture des procès, nous n’aurions comme objet de notre étude que les trois Causes des FMA qui ont été introduites durant cette période : celle de sœur Marie-Dominique Mazzarello (aujourd’hui sainte), de sœur Teresa Valsé Pantellini (aujourd’hui vénérable) et de sœur Maddalena Morano (aujourd’hui bienheureuse), introduites en 1911, 1926 et 1935 dans les diocèses respectifs d’Acqui, Turin et Catane, et nous resterions uniquement en Italie. Si en revanche nous prenons comme critère la vie des FMA, insérée dans le cadre de la période considérée par le Congrès, nous y trouverons la bienheureuse Laura Vicuña (†1904) et huit FMA opérant dans le cadre de leur mission en Europe et en Amérique et dont les Procès sont en cours.

La brièveté de cette relation nous suggère la première option, laissant la richesse des références et le vécu de sainteté des six Filles de Marie Auxiliatrice et de Laura Vicuña pour une autre occasion.

La dernière précision dans cette introduction concerne la source, déjà indiquée dans le titre par l’expression Procès de béatification. Chaque Procès recueille et produit divers documents, à partir de la Copie publique qui documente la phase diocésaine, à travers la Positio élaborée par la Postulation, jusqu’au Bref Apostolique, signé par le Souverain Pontife, qui clôt la procédure. J’ai choisi uniquement un type de document, la Positio, qui constitue la présentation raisonnée (Informatio) des vertus héroïques, à travers l’utilisation des témoignages et des documents recueillis durant le Procès canonique (Summarium). Pour ces trois figures de référence, j’ai consulté au total six Positiones : trois super Introductione Causae et trois super Virtutibus. Elles contiennent un abondant matériel (plus de 1200 pages), tiré des réponses des témoins oculaires en référence aux vertus théologales, cardinales et aux vœux religieux vécus par nos protagonistes.

Au plan de la méthode, j’ai décidé de choisir une question spécifique de l’interrogatoire : celle qui concerne la fama sanctitatis (renom de sainteté) des FMA et je me suis demandé : qui a parlé de la sainteté de nos trois sœurs et comment en a-t-on parlé ? De plus, j’ai cherché à identifier l’empreinte salésienne de leur sainteté. Ainsi, ma relation est structurée en deux parties : la première s’intitule Sainteté perçue et déclarée ; la seconde, La sainteté désirée et professée.

 

  1. Sainteté perçue et déclarée

Le premier aspect qui émerge est une série de perceptions personnelles verbalisées durant l’interrogatoire ou déclarées par écrit par les témoins qui s’expriment sur les personnes qu’ils ont connues de visu ou de auditu. Ce phénomène est intéressant, étant donné qu’aucun des témoins ne part de la définition de la sainteté, mais il la formule en se servant des données qu’il juge appropriées pour ce concept. En fin de compte, cependant, leur jugement est l’expression du concept de sainteté élaboré dans leur époque historique et filtré par le sensus fidei du peuple de Dieu.

 

1.1. Sœur Marie-Dominique Mazzarello (1837-1881)

Marie-Dominique Mazzarello, lors de sa première rencontre avec Don Bosco, a immédiatement perçu sa sainteté, et déjà en octobre 1864, 70 ans avant sa canonisation, elle a formulé la célèbre déclaration : « Don Bosco est un saint et je le sens ». Puis, tout au long de sa vie, elle a approfondi et vécu les traits constitutifs de sa sainteté en les traduisant dans des catégories adaptées à sa situation de femme et d’éducatrice.

Les actes du procès nous assurent que la sainteté de Marie-Dominique n’a échappé ni à Don Bosco ni aux autres Salésiens. Le cardinal Cagliero a déclaré : « J’ai été témoin pendant six ans et plus des mêmes vertus pratiquées avec toujours plus de perfection chrétienne et religieuse, au point que tout de suite après sa mort, aux sœurs qui l’entouraient, j’ai dit de ne pas s’attrister, car leur Mère Supérieure s’est envolée au ciel pour jouir du juste prix de sa sainteté. […] C’est ce que je pensais et comme moi pensait également le Vénérable Fondateur Don Bosco qui avait de leur Mère une haute estime, la considérant comme une sainte religieuse et une Supérieure très éclairée ». Sœur Teresa Laurentoni ajoute : « J’ai vu des lettres que Don Bosco écrivait à Mme Pastore de Valenza dans lesquelles il disait que sœur Marie-Dominique Mazzarello était sainte ». Et sœur Ursula Camissasa témoigne que Don Lemoyne, après la mort de Mère Mazzarello, « ordonna qu’on ne touche rien dans sa chambre et que personne n’aille y habiter ».

À propos de l’impression qu’avait les FMA, sœur Elisabetta Roncallo déclare : « Dans la communauté, l’opinion était que nous avions une Supérieure sainte. Cette perception était également celle de ceux qui l’approchaient, venant de l’extérieur ». Les missionnaires parties en Amérique complètent : « De son vivant, toutes la tenaient pour une sainte religieuse ; après sa mort, nous la priions pour qu’elle nous obtienne des grâces ».

 

1.2. Sœur Thérèse Valsé Pantellini (1878-1907)

En 1908, Mgr Giovanni Marenco affirma à Rome : « Pour la connaissance que j’ai eue des sœurs, à l’époque où j’étais leur Directeur Général, je peux dire que certaines sont mortes en odeur de sainteté et il faudrait promouvoir leur Procès de béatification et parmi celles-ci, sœur Valsé est l’une des premières ». Le même Mgr Marenco demanda à sœur Maria Genta « de conserver les habits de la Servante de Dieu décédée, en disant : “qui sait si un jour le Seigneur ne la voudra pas aux honneurs des autels !” ». Son intuition fut confirmée et précisée par don Filippo Rinaldi, Recteur Majeur, qui a dit lors du Procès diocésain : « J’ai entendu exalter sa sainteté intérieure consistant en une vie véritablement chaste, de piété profonde et solide et régulière, éloignée de toute sensiblerie, sans aucune exaltation ; elle avait une sainteté intérieure extraordinaire, vivant apparemment une vie ordinaire. La sainteté de la servante de Dieu apparut aussi dans son comportement avec les consœurs, envers lesquelles elle pratiqua la véritable charité religieuse et aussi envers les filles de l’oratoire et de l’atelier pour le salut spirituel et matériel desquelles elle se sanctifiait. Elle suivait ensuite les filles et cherchait même dans leurs manquements comment les aider et les conquérir par la bonté. Pour ma part, je suis convaincu que la servante de Dieu avait une telle vertu qu’on peut la comparer aux âmes les plus saintes, mais elle savait se cacher tellement qu’elle ne laissait pas voir toute sa sainteté. Elle faisait un effort particulier pour ne pas laisser transparaître ce qu’elle faisait et pratiquait ».

Les FMA s’accordent avec la perception précédemment mise en évidence : « Je peux attester – témoigne sœur Maria Genta qui fut sa maîtresse puis sa directrice – que durant la vie religieuse à Rome de la servante de Dieu, ses Consœurs et les Patronnes de l’Oratoire, les jeunes et les ouvrières qui fréquentaient l’Oratoire et l’atelier la considéraient comme une sainte et avaient pour elle une grande vénération ». Cependant, on trouve aussi dans les actes du procès un avis contraire : « Pour l’amour de la vérité, affirme sœur Luigia Rotelli, je dois dire que j’ai entendu certaines Sœurs dire que Sœur Brusco Maria (FMA) ne partage pas cette opinion sur la sainteté de la servante de Dieu, disant qu’elle n’a rien fait d’extraordinaire, tout en la considérant comme une sœur pieuse et exemplaire ». Les laïques n’avaient pas ces doutes. Mme Olga Mazzetti, compagne de la servante de Dieu au Sacré-Cœur à Florence, a dit à don Maccono : « Vous vous occupez de la canonisation de sœur Valsé ; nous, les jeunes, nous disions déjà à l’époque qu’elle était une sainte ». Une autre de ses compagnes ajoute : « En lisant la vie des saints, il me semble toujours y trouver des exagérations, mais en lisant la vie de sœur Valsé, je trouve qu’elle a été vraiment décrite telle qu’elle était ».

 

1.3. Sœur Madeleine Morano (1847-1908)

Mère Morano avait une crainte ; sachant que les gens la considéraient comme une sainte, elle disait : « Quand je serai morte, ne dites pas “Mère Morano était une sainte, elle est certainement au Paradis”, et ainsi vous me laissez brûler au Purgatoire jusqu’à la fin du monde, si par miséricorde de Dieu je me sauve. Priez, priez pour moi ». Elle savait « que la sainteté consiste entièrement à faire la volonté de Dieu, le seul moyen de démontrer notre amour pour Lui ».

Étaient convaincus de la sainteté de Mère Morano aussi bien les Salésiens (Cagliero, Marenco) que les prêtres diocésains, à commencer par les pasteurs de l’Église locale jusqu’aux simples prêtres des campagnes. Sœur Paolina Noto a laissé ce témoignage : « Je me souviens que lors d’une visite que fit le cardinal Nava à Trecastagni, il nous a dit : “Vous avez une Supérieure sainte, sachez l’apprécier”. Et l’Inspecteur des maisons salésiennes en Sicile, don Franco Piccollo, a écrit : “Certains noms […] acquièrent une signification spéciale, et pour ceux qui ont connu Mère Morano, ce nom prend trois significations, à savoir : force insurmontable, sainteté authentique et pleine de générosité avec Dieu, et bonté exquise avec tous. [Elle] montra de la force en souffrant presque toute sa vie d’incommodités et de maladies graves, bien qu’elle les gardât secrètes ; en véritable fille du vénérable Don Bosco, elle attendait le repos au Paradis” ». « Quand Don Albera, qui n’était encore que directeur spirituel de la Société salésienne, vint pour la première fois en Sicile, il connut Mère Morano et fut émerveillé de trouver en elle tant de belles qualités ; un jour il dit : “Oh cette Mère Morano, quelle sœur merveilleuse ! Elle pourrait gouverner non seulement une province mais toute la congrégation des FMA”.

Elle suscitait également le respect des FMA et de leurs élèves. Sœur Signorina Meli en témoigne : « Son beau caractère attirait toutes les personnes qui avaient la chance de l’approcher et les conduisait vers le Seigneur. […] Elle unissait en elle la vie contemplative par l’union constante avec Dieu et la vie active par son action infatigable pour le bien des âmes, accomplissant exactement ses devoirs dans toutes les œuvres qui lui étaient confiées, ne ménageant ni efforts ni sacrifices durant toute sa vie. La servante de Dieu avait une réputation de sainteté même de son vivant ; elle était estimée par tous comme une âme privilégiée et enrichie de vertus singulières ». Et sœur Decima Rocca : « Elle était intensément aimée par ses employées et toutes la considéraient comme une sainte ». Fait exception la voix isolée de sœur Rosaria Cuscunà de Biancavilla (FMA), que Mère Morano avait acceptée exceptionnellement dans l’Institut, et qui se montra contraire à la sainteté de la servante de Dieu. Sa position est cependant considérée par les autres FMA comme un jugement manquant d’équilibre. Au nom des anciennes élèves, Mme Agata Zappalà s’exprimait ainsi : « Je peux attester que la servante de Dieu était tenue en odeur de sainteté non seulement par nous, les élèves, mais par les personnes qui la connaissaient ». En effet, le Président qui avait menacé de fermer le collège, ayant entendu parler de la mort de Mère Morano, a dit : « Dommage, cette sœur ne devait pas mourir. Il pourra y avoir de bonnes et saintes Supérieures, mais elles ne pourront pas avoir toutes les vertus et toute la sainteté de Mère Morano ».

 

  1. Sainteté désirée et professée

Un autre aspect qui émerge des témoignages des procès est le vif désir de sanctification personnelle et du salut des âmes chez nos protagonistes. Il s’agit d’un feu intérieur qui se consumait en traduisant en langage pratique la devise du fondateur : Da mihi animas, cetera tolle. La sanctification personnelle fut recherchée à travers l’adhésion à la Volonté de Dieu, entendue comme observance de la Règle et obéissance aux supérieurs, sans faire manquer à la communauté la joie et la créativité féminine. La passion apostolique s’exprimait chez elles selon les catégories du Système Préventif dans les contextes du Nord de l’Italie (Mornèse, Nizza), du Sud (Sicile) et du Centre (Rome). La profession religieuse a donné aux futures FMA une empreinte salésienne à leur sainteté à travers la vie communautaire au service de l’éducation des filles, en cheminant ensemble vers le Paradis, en imitant Jésus et les saints, dans l’obéissance et la joie, en se montrant toujours fortes face aux situations contraires.

 

2.1. La vie communautaire et l’éducation des jeunes

Ces deux dimensions ont été pour les FMA, dès le début, leur espace de sanctification, élargi ensuite à l’horizon missionnaire, dans lequel l’obéissance professée les destinait à vivre.

Mère Mazzarello veillait beaucoup sur le climat de vie fraternelle, favorisant les conditions de croissance tant pour les sœurs que pour les jeunes. « Une fois – témoigne sœur Felicina Ravazza – en accueillant une petite communauté naissante, apprenant qu’il n’y avait pas d’entente entre ses filles, elle s’employa jusqu’après minuit à rétablir la paix dans cette communauté ». « Elle avait un grand amour pour les élèves – ajoute sœur Teresa Laurentoni – ; elle se sacrifiait et voulait que nous nous sacrifiions aussi pour leur éducation ». « Elle était toujours prête à accomplir ses devoirs et à se montrer toujours joyeuse – complète Petronilla Mazzarello – ; toutes les sœurs qui l’ont connue peuvent témoigner combien elle élevait l’esprit de la Communauté, même dans des circonstances très douloureuses ». Mère Catherine Daghero précise : « Ce qu’elle faisait, elle voulait que les sœurs le fassent et elle leur demandait de le faire immédiatement en disant : “Ce que vous pouvez faire aujourd’hui, n’attendez pas demain pour le faire” ». Don Cagliero l’a immédiatement remarqué, déclarant lors du Procès rogatoire : « Un seul esprit régnait parmi elles, un seul cœur pour s’aimer, une seule volonté en toutes dans l’obéissance. Un seul désir de se sanctifier et un seul amour pour Dieu, pour la sainte pauvreté de Notre Seigneur Jésus-Christ, pour le sacrifice, pour la prière et pour le travail. Et cette union sacrée des cœurs, des volontés et de l’amour était dirigée par la supérieure, ou mieux, la très zélée et très chère Mère Marie-Dominique Mazzarello, toujours la première en tout, surtout dans l’humilité, la charité et l’observance religieuse ».

Le même zèle infatigable caractérisait ses filles spirituelles : sœur Thérèse Valsé et Mère Madeleine Morano. À propos de la première on lit dans le Summarium : « La servante de Dieu brûlait du désir de faire connaître Dieu, Jésus-Christ, son Église. […] Elle brûlait du désir de partir en mission parmi les infidèles de Chine… Ce désir, elle l’a eu dès le moment de sa première Communion ». Et à propos de la seconde : « Concernant la propagation de la foi, elle-même préparait et formait les sœurs missionnaires, qu’elle envoyait en groupes successifs dans les missions. Elle nous disait : instruisez les âmes dans notre Sainte Religion et conduisez toutes les âmes au Seigneur ».

Sœur Teresa Valsé s’occupait des filles de Rome : « Elle mettait beaucoup de soin dans l’enseignement du catéchisme dans la paroisse Sainte-Praxède, notamment aux plus grandes dont elle était l’assistante. Elles étaient particulièrement nombreuses. Elle ne négligeait aucun effort pour se rendre utile dans leur formation spirituelle ». Et Mère Morano fit de même pour les jeunes de Sicile : « Lors des fêtes, elle parvenait à appeler et à inciter les jeunes à s’approcher des Saints Sacrements avec des manières maternelles et persuasives à cet effet. La servante de Dieu se distingua surtout dans l’apostolat catéchistique auprès des ignorants ; en fait, la fondation des cours de catéchisme fut l’âme de sa mission ».

 

2.2. Avec un cœur de mère et dans la fidélité au Système Préventif

L’action apostolique et l’animation des FMA, comme le soulignent les témoins, étaient imprégnées non pas d’une technique, mais d’une méthode qui avait les traits de la chaleur maternelle et émanait de leur manière d’interagir avec tous, en particulier avec les destinataires de l’éducation.

« Mère Mazzarello était dotée d’un jugement peu commun – témoigne sœur Enrichetta Sorbone –, elle possédait le don de la maternité, et le don du gouvernement vraiment admirable, un gouvernement énergique, vigilant, mais aimant ; elle nous traitait avec franchise, mais elle nous aimait cordialement. Elle avait je ne sais quoi qui nous entraînait vers le bien, le devoir, le sacrifice, vers Jésus, avec une certaine douceur, sans violence ; elle voyait tout, prévoyait le bien et le mal de ses filles, toujours prête à pourvoir tant pour le physique que pour le moral, selon les besoins et les possibilités ». Et sœur Maria Rossi ajoute : « Dans son bureau de supérieure, elle se comportait toujours envers les sœurs avec une charité maternelle ; elle était prudente ; elle exigeait que chacune accomplisse son devoir, mais elle n’avait pas de dureté. Pour les différentes charges de l’Institut, elle choisissait toujours celles qui lui semblaient les plus adaptées ». Puis elle précise encore : « La servante de Dieu était maternellement bonne avec toutes, mais elle savait, le cas échéant, être forte, surtout avec les caractères un peu forts, ou avec celles qui en avaient besoin ».

Concernant sœur Thérèse Valsé, il est dit : « Elle veillait constamment à ce que les jeunes filles soient animées d’un vif amour de Dieu et restent éloignées du péché. Et à cet effet, elle menait une intense activité dans l’oratoire. J’en conclus qu’elle avait une grande horreur du péché et s’efforçait par conséquent de l’empêcher et aussi de le réparer » ; « devenue sœur, elle pratiqua de manière parfaite le système du vénérable fondateur, appelé Système Préventif ». « Pour se consacrer à notre bien – ajoute Mme Regina Cerrai – elle ne connaissait jamais d’heures de repos, surtout les jours de fête qui étaient pour elle des jours de grands sacrifices […]. Je peux dire que j’ai vu comment, grâce à la sollicitude de la servante de Dieu, les plus espiègles devenaient les meilleures ». Et Mme Giulia Conciatori : « Avec celles qui étaient affligées par des maladies ou des malheurs, même financiers, elle faisait preuve d’une charité maternelle. Elle les visitait, les consolait, les aidait même matériellement ».

De même Mère Morano : « Elle vénérait et estimait Don Bosco comme un saint et voulait que son Système Préventif soit bien pratiqué à l’école et dans l’assistance […]. Elle disait aux sœurs et aux assistantes : “Voulez-vous être respectées ? Respectez. Les filles sont comme nous les voulons : ne nous plaignons pas d’elles, mais de nous qui ne savons pas toujours bien faire notre part” ». Sœur Teresa Pentore ajoute : « Elle avait une méthode bien à elle pour traiter certaines élèves bizarres et têtues : elle ne les irritait pas, ne les grondait pas, ni ne les punissait, et pourtant elle obtenait ce que tant d’autres n’auraient jamais pu obtenir de ces caractères rebelles ». Et sœur Teresa Comitini précise : « La servante de Dieu, en tant qu’éducatrice, comprit par expérience l’efficacité de l’esprit de Don Bosco, c’est-à-dire : [que] la joie dans la vie est une force, un élément essentiel dans l’éducation de la jeunesse. En tant que religieuse, elle comprit mieux que la joie est l’atmosphère des vertus héroïques ; c’est une nécessité de la vie spirituelle. Son activité peut être qualifiée comme un rayonnement continuel de sainte joie et de bonté salésienne ». Sœur Giovanna Costa complète : « Vraiment, la plus tendre des mères n’aurait pas pu faire plus que ce que la servante de Dieu faisait pour toutes ses filles. Personne ne peut en avoir une idée, sauf ceux qui ont eu la chance de la connaître et de la pratiquer […]. Elle ne se laissait influencer ni par la sympathie ni par l’antipathie, mais au contraire, quand il le fallait, elle faisait preuve de la nécessaire sérénité, fermeté et force comme fait une bonne mère utilise pour que ses propres filles grandissent bien, vertueuses et saintes, et nous nous sentions tellement aimées par elle que chacune de nous était convaincue d’être sa préférée ».

« Souvent, pendant la nuit, on la voyait avec sa petite lampe faire le tour des dortoirs comme un véritable ange gardien et avec une attention maternelle – confirme sœur Teresa Comitini, son élève externe, puis FMA –. La servante de Dieu fut appréciée, aimée, désirée. Avec la prudence, on voyait briller en Mère Morano toutes les vertus qui, dans une âme religieuse, indiquaient un zèle constant pour sa propre perfection et pour le salut des âmes ».

 

2.3. Vers le Paradis

Le climat des communautés et les enseignements de l’Institut faisaient désirer l’idéal de sainteté qui culmine dans l’expérience d’une vie pleine au-delà de la mort. On parlait du Paradis comme de la récompense après tant de sacrifices, comme d’une réalité tranquille que l’on goûte après le travail et l’acceptation de la croix, mais aussi comme une atmosphère de paix et de joie dans les relations réciproques.

Mère Mazzarello, témoigne sœur Enrica Sorbone, « avait beaucoup confiance en Dieu et c’était vraiment extraordinaire de l’entendre parler de Dieu, du Paradis. En toute chose, elle manifestait cet espoir, cette confiance dans le Seigneur et dans Marie Auxiliatrice ». « Elle était animée par un vif désir de se sanctifier et de voir les sœurs se préoccuper sérieusement leur propre sanctification, ajoute sœur Ottavia Bussolino. Elle nous chantait souvent en récréation : “Je veux me faire sainte et être fille de Marie ; je veux me faire sainte et être l’épouse de Jésus ; je veux me sanctifier, et me sanctifier dans la joie ; je veux me sanctifier, et me sanctifier toujours plus” ». Sœur Clara Preda complète : « Elle était très amoureuse du Paradis, elle m’animait aussi dans l’espérance, m’exhortait à demander la grâce de mourir dans un acte d’Amour de Dieu et de repentir pour mes péchés, en me disant que nous ne voulons pas aller au Purgatoire ». Même dans ses lettres, elle parlait souvent du Paradis. À sœur Angela Vallese en 1879, elle écrivait : « Nous sommes devenues sœurs pour nous assurer le Paradis ; mais pour gagner le Paradis, il faut des sacrifices. Portons la croix avec courage et un jour nous serons heureuses ». Et à sœur Pierina Marassi en 1880 : « Rappelons-nous que le Paradis ne s’achète pas avec les satisfactions et en étant les préférées, mais il s’achète avec la vertu et en souffrant ». À la communauté de Saint-Cyr : « Mes chères sœurs, pensez que là où règne la charité, il y a le Paradis […]. Les paroles ne font pas aller au Paradis, mais les actes ».

De même sœur Teresa Valsé Pantellini « avait souvent sur les lèvres le mot Paradis ! Paradis ! qu’elle prononçait avec un accent qui démontrait son vif désir de le posséder. Et il me semble aussi avoir entendu dire – témoigne sœur Adelaide Barberis – qu’elle disait : un morceau de paradis compense toute une vie. On comprenait très bien que tout en elle, esprit, cœur et pensée, était complètement orienté vers le Ciel ».

Il en était de même pour Mère Morano, confirme sœur Elisabetta Dispenza : « Le seul désir de la servante de Dieu était le Paradis et à certains moments de plus grande ferveur, elle commençait à chanter : “Paradis, Paradis – grande cité des élus – en toi joie, chants et rires – règne et régnera toujours” ». Puis elle s’exclamait : « Si je vais au Paradis, je ne retournerai plus dans ce monde ». La même sœur Elisabetta se souvient de cette prière de Mère Morano : « Donnez-moi de pouvoir souffrir ici sur terre, ô mon Dieu, car après ma mort, vous me conduirez avec Vous au Paradis, car je ne veux pas aller en enfer ». Sœur Paolina Noto, témoin ex officio, ajoute : « J’ai su […] de sa propre bouche […] que la servante de Dieu embrassa l’état religieux par suite d’une vraie vocation, avec le désir de se consacrer au Seigneur, de se sanctifier, de sauver les âmes et de gagner le Paradis » et cite ce que Mère Morano disait souvent aux consœurs : « Mes chères filles, nous sommes venues en Congrégation pour nous faire saintes et gagner le Paradis ».

 

2.4. En imitant Jésus et les saints

Le regard vers le Paradis pour les FMA n’était pas un sentiment magique ou poétique. Là se trouvaient Dieu et les saints, considérés comme des modèles à imiter. Après avoir parcouru le chemin sur la terre, ils jouissaient de la récompense éternelle. Le Paradis était vu comme la fête de la rencontre avec Jésus, avec Marie Auxiliatrice et avec les patrons de l’Institut : Saint Joseph, Saint François de Sales et Sainte Thérèse de Jésus, sans oublier Don Bosco qui avait promis d’attendre tout le monde là-haut. Les références aux saints sont très abondantes dans les Procès et se présentent comme des aspects non secondaires sur le chemin de la sainteté. Je n’en mentionne que quelques-uns.

Je commence par le noyau fondamental de la vie chrétienne qui consiste dans la sequela Christi, le Saint par excellence. Nos trois figures sont unies non seulement dans la lecture de l’Imitation de Jésus-Christ mais aussi dans l’imitation de Jésus dans la vie quotidienne. C’était un livre prescrit par les premières Constitutions, mais nos protagonistes le connaissaient déjà avant leur entrée dans l’Institut. Marie-Dominique Mazzarello le découvrit dans le groupe des Filles de l’Immaculée et en fit siennes certaines expressions que nous trouvons dans ses lettres. Don Maccono, l’éditeur de ses 15 premières lettres, cite dans les notes 17 passages de l’Imitation de Jésus-Christ pour faire comprendre au lecteur l’analogie des contenus. Mère Mazzarello le recommandait non seulement à ses consœurs, mais aussi aux femmes du monde. Mme Angela Mazzarello, habitante de Mornèse, raconte qu’une fois elle reçut de Mère Mazzarello, à Nizza Monferrato, un chapelet avec la recommandation de lire et de méditer l’Imitation de Jésus-Christ. Une autre dame, Caterina Mazzarello, parle de la ferveur spirituelle de Marie-Dominique : « Elle avait une grande dévotion à la Vierge ; elle nous exhortait à réciter trois Je vous salue Marie à sa pureté […]. Elle nous exhortait aussi à nous recommander à l’Ange Gardien en nous suggérant la récitation de l’Angele Dei ». Sœur Maria Genta ajoute : « Parmi les saints, elle nous recommandait particulièrement la dévotion à Saint Joseph, en nous demandant d’imiter ses vertus cachées, l’humilité et le silence, etc., à Saint Louis de Gonzague, en recommandant la pratique des six dimanches en son honneur, à Saint François de Sales, à Sainte Thérèse, nos protecteurs particuliers ». Le cardinal Cagliero précise : « Elle vivait perdue en Dieu, aussi bien lorsqu’elle était recueillie dans la prière que lorsqu’elle était prise dans le travail, quand elle se reposait et quand elle veillait, et l’on peut dire aussi pendant le sommeil, comme l’épouse du Cantique des Cantiques ».

Concernant Sœur Teresa Valsé, Sœur Maria Genta, dont la servante de Dieu fut pendant un temps la secrétaire, déclare : « C’est d’elle-même que j’ai appris qu’avant même d’être religieuse, elle s’occupait régulièrement de prière, faisant quotidiennement la méditation et que, parmi les livres de méditation, elle préférait l’Imitation de Jésus-Christ et la Pratique d’aimer Jésus-Christ de Saint Alfonso ». Dans son carnet, nous trouvons ceci : « Profiter de toutes les occasions pour s’humilier », et, en caractères plus grands, elle recopie la maxime de l’Imitation de Jésus-Christ : « Aime à ne pas être connue et à être comptée pour rien ». C’est pour cette raison, explique Sœur Eulalia Bosco, qu’« elle a su supporter les crachats [d’une fille] sans se troubler le moins du monde ». « Devant une figure si belle, mon cœur se sent ému, déclare Mme Pia Basetti, sa camarade d’école, et je remercie le Seigneur de m’avoir fait la grâce de connaître […] la servante de Dieu Sœur Teresa Valsé Pantellini. Oh puissè-je l’imiter dans ses vertus ! C’est ce que je lui demande, avec tout l’élan de ma pauvre et misérable âme ! »

Concernant Mère Morano, son biographe Don Garneri atteste : « Je peux dire [que] sa préoccupation intime était d’imiter Jésus en toute chose ». Et elle le faisait aussi en répétant les oraisons jaculatoires : « Tout pour vous mon bon Jésus, mon bien immense ! Seulement amour et gloire à vous, mon Jésus, et cela me suffit ». Face à cet amour, Sœur Elisabetta Dispenza confesse : « Je me sentais attirée comme par un aimant… quand je la voyais aller et revenir de la Communion. Elle ne semblait plus une créature humaine mais angélique. À ce moment-là, je désirais l’imiter… ». « Elle parlait souvent de la Vierge, et parfois elle chantait ses louanges avec le peuple en dialecte sicilien : “Vive Marie, Marie toujours vivante. Vive Marie et Celui qui l’a créée, car sans Marie, on ne peut se sauver” ». Elle disait souvent aux sœurs : « Rappelons-nous que nous portons le nom de Filles de Marie Auxiliatrice, et nous devons l’être non avec des mots, mais avec des actes, en imitant ses vertus, et avec notre bon exemple ». Et elle répétait : « Mes sœurs, nous sommes devenues religieuses pour devenir saintes et sanctifier les âmes que le Seigneur nous confie ». En parlant avec elle, Sœur Dispenza ajoute : « J’ai eu plus d’une fois cette impression, que dans sa perfection spirituelle, elle suivait les traces de Sainte Thérèse, de Saint François de Sales, de Saint Jean Bosco, trois saints dont elle parlait souvent et dont elle connaissait très bien la vie ». Don Monasteri manifeste cette impression : « Quand je la voyais, il me semblait être devant une Sainte Thérèse ». Mère Morano, « dévote de tous les saints, avait une dévotion spéciale envers le Patriarche Saint Joseph, au point qu’elle mit la Province de Sicile sous sa protection. En l’honneur du saint, elle composa un chapelet spécial et dans les nécessités de la Maison, elle nous faisait prier ainsi : “Saint Joseph, c’est à vous d’y penser” ». « Elle nous parlait toujours de Mère Mazzarello, dont elle était une grande admiratrice et imitatrice, témoigne Sœur Adele Marchese ; elle nous proposait surtout son exemple de tempérance, et s’engageait plus à les reproduire en elle-même ».

 

2.5. Force dans les difficultés et les situations contraires

Les épreuves et les contrariétés ne manquent pas le long du chemin, mais les FMA les affrontent avec courage, libérant les ressources intérieures qui les rendent fortes et courageuses dans les défis.

Mère Mazzarello, témoigne Petronilla, « montra une grande force lorsque mourut soudainement Don Pestarino et qu’elle se trouva privée de celui qui avait toujours été son conseiller et son guide. Pourtant, elle continua d’avancer pleine de résignation, en exhortant les autres aussi à penser que nous sommes entre les mains de Dieu qui pourvoira ». Sœur Giuseppa Balzoni se souvint que « de nombreuses fois, la servante de Dieu disait à ses filles que les hommes pouvaient lui enlever tout, sauf le cœur pour aimer Dieu ». Et Sœur Enrica Sorbone ajoute : « Elle voulait aussi que ses filles soient fortes ».

Concernant la vertu de force de Sœur Teresa Valsé, Sœur Maria Genta offre un exemple éloquent, ayant éprouvé les mêmes difficultés que la Servante de Dieu : « Les conditions spéciales, dues aux difficultés continuelles dans lesquelles nous nous trouvions pour maintenir l’Oratoire ouvert, atteignirent un point tel qu’il fut question de tout suspendre et de fermer l’Oratoire lui-même. D’autant plus que, avant nous, quatre autres Instituts religieux avaient dû abandonner le terrain. Dans ces conditions [Sœur Teresa Valsé] fut toujours celle qui nous anima, nous encouragea à faire des prières, des neuvaines de prière, nous assurant que l’assistance de Dieu ne manquerait pas. Elle nous rappelait l’exemple du vénérable Don Bosco, qui se trouva dans les mêmes circonstances critiques sans jamais se décourager et en se confiant à l’aide de la Divine Providence. Je peux vraiment affirmer que, si je n’avais pas eu son aide et son encouragement à mes côtés, je n’aurais certainement pas poursuivi l’œuvre, mais j’aurais aussi fermé la maison ».

Sœur Adelaide Barberis ajoute : « Je peux attester que la servante de Dieu était dotée d’un caractère fort. Elle ne se laissait pas effrayer par les difficultés et les contradictions, mais continuait à exercer son apostolat avec zèle et constance ». Et Sœur Luigia Rotelli explique le secret de cette force d’âme : « Parce qu’elle était animée par l’espoir vivant de posséder un jour le Paradis […], elle sut surmonter chaque difficulté, [elle fut] un véritable modèle de religieuse salésienne ».

De la même trempe était Mère Morano : « La servante de Dieu priait et faisait toujours prier, déclare Sœur Elisabetta Dispenza. En fait, quand elle rencontrait des adversités, elle ne perdait jamais courage, mais toujours joyeuse et sereine, elle redoublait ses prières en nous recommandant de prier avec plus d’intensité, et puis elle restait tranquille et sereine, abandonnée à la volonté de Dieu, sûre d’être consolée. Elle répétait souvent : “Ô volonté de Dieu, tu es mon amour” ». Et Sœur Angela Macchi ajoute : « La servante de Dieu ne se laissa jamais abattre par aucune difficulté, si grave qu’elle fût, car elle disait que les difficultés montrent les œuvres de Dieu ; le démon met ces obstacles pour empêcher de faire le bien ». Mère Morano « se montra toujours forte dans les diverses circonstances de la vie, confirme le même témoin, rappelant l’exemple de Don Bosco qui disait : Quand vous ne pouvez pas faire face à une difficulté, contournez-la ». Et elle-même disait : « Dans les luttes, les contrariétés et les souffrances, pensons à la récompense éternelle qui nous sera donnée par le Seigneur en récompense de nos petits sacrifices et de nos souffrances. Nous, FMA, nous ne devons pas nous décourager, car notre Père Don Bosco nous disait : “À celui qui continue à persévérer dans la vocation, le Seigneur a promis du pain, du travail et le Paradis” ».

 

Conclusion

La sainteté des FMA durant la période considérée était une réalité visible et perceptible, tant à l’intérieur de l’Institut lui-même qu’à l’extérieur. Du côté des FMA elles-mêmes, elle était désirée et embrassée lors de la profession religieuse comme un chemin sûr de salut, tracé par Don Bosco qui fit fructifier son charisme en imitant Jésus Bon Pasteur pour le salut de la jeunesse. Elle fut incarnée par des femmes fortes, amoureuses de Dieu qui, à l’exemple du Fondateur, étaient prêtes à subir chaque humiliation pour le bien des jeunes. Elle fut vécue par les FMA dans la dimension communautaire, avec une fidélité créative, dans un climat de joie et de sainte allégresse. La sainteté fut admirée dans son originalité de Système Préventif et appréciée, en raison de son efficacité, par les personnes qui entraient dans son rayonnement. Elle fut recherchée par elles par voie d’imitation en raison de l’expérience positive. Elle fut aussi confondue par certaines avec des actions extraordinaires qui devraient la confirmer et l’exprimer, tandis que sa force résidait dans l’extraordinaire finesse intérieure, attentive aux jeunes du monde populaire, et cachée derrière une vie apparemment ordinaire. Les aspects qui émergent des Positiones apparaissent dans l’imitation de l’exemple de Don Bosco continuée par nos protagonistes selon les traits constitutifs de sa spiritualité, exprimée non seulement au féminin, mais enrichie aussi par les valeurs de la maternité éducative et spirituelle.

 

  1. Sylwia Ciężkowska, fma401

Éditeur BSOL

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