{"id":55338,"date":"2026-10-18T07:54:32","date_gmt":"2026-10-18T07:54:32","guid":{"rendered":"https:\/\/www.donbosco.press\/?p=55338"},"modified":"2026-10-18T07:54:58","modified_gmt":"2026-10-18T07:54:58","slug":"1926-2026-cent-ans-de-journee-mondiale-des-missions","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/missions-fr\/1926-2026-cent-ans-de-journee-mondiale-des-missions\/","title":{"rendered":"1926-2026 : Cent ans de Journ\u00e9e mondiale des missions"},"content":{"rendered":"<p><em><i>Le dimanche 18 octobre 2026, l\u2019\u00c9glise c\u00e9l\u00e9brera la centi\u00e8me Journ\u00e9e mondiale des missions, institu\u00e9e par Pie XI en 1926. Elle s\u2019inscrit dans une longue histoire : de l\u2019intuition d\u2019une jeune la\u00efque lyonnaise au XIXe si\u00e8cle des grandes fondations missionnaires, parmi lesquelles les missions de Don Bosco. Un pr\u00eatre turinois form\u00e9 au Valdocco, saint Giuseppe Allamano, fondateur des Missionnaires et des S\u0153urs missionnaires de la Consolata, y occupe une place de premier plan. D\u00e8s 1912, il avait lanc\u00e9 une supplique au pape pour obtenir qu\u2019un dimanche annuel soit consacr\u00e9 aux missions. Sa mani\u00e8re de former les missionnaires porte l\u2019empreinte de son ancien \u00e9ducateur, Don Bosco.<\/i><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><b>Les racines : une jeune Lyonnaise et le XIXe si\u00e8cle missionnaire<\/b><\/strong><\/p>\n<p><strong><b>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/b><\/strong>L\u2019histoire de la Journ\u00e9e mondiale des missions commence un si\u00e8cle avant son institution, \u00e0 Lyon. Une jeune la\u00efque, Pauline Marie Jaricot (1799-1862), y organisa de petits groupes de dix personnes, chacune s\u2019engageant \u00e0 prier pour les missions et \u00e0 donner un sou par semaine. De ce r\u00e9seau naquit, le 3 mai 1822, l\u2019<strong><b>\u0152uvre de la Propagation de la Foi<\/b><\/strong>. Pauline Jaricot a \u00e9t\u00e9 b\u00e9atifi\u00e9e \u00e0 Lyon le 22 mai 2022.<\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e \u00e9tait simple et pourtant r\u00e9volutionnaire : l\u2019\u00e9vang\u00e9lisation ne concerne pas uniquement les missionnaires ou les grands bienfaiteurs, mais chaque baptis\u00e9, par la pri\u00e8re et par une offrande, m\u00eame modeste. Au cours du XIXe si\u00e8cle, d\u2019autres \u0153uvres anim\u00e9es du m\u00eame esprit virent le jour : l\u2019<strong><b>\u0152uvre de la Sainte-Enfance<\/b><\/strong> (1843), qui mobilisait les enfants, et l\u2019<strong><b>\u0152uvre de Saint-Pierre-Ap\u00f4tre<\/b><\/strong> (1889), consacr\u00e9e \u00e0 la formation du clerg\u00e9 local. Avec l\u2019<strong><b>Union pontificale missionnaire<\/b><\/strong>, fond\u00e9e en 1916 par le bienheureux Paolo Manna, elles constituent aujourd\u2019hui <strong><b>les quatre \u0152uvres pontificales missionnaires<\/b><\/strong>.<\/p>\n<p>Au cours du m\u00eame si\u00e8cle, de nouveaux instituts missionnaires virent \u00e9galement le jour en Italie : \u00e0 Milan, en 1850 (l\u2019actuel PIME) ; \u00e0 V\u00e9rone, avec saint Daniele Comboni, en 1867 ; \u00e0 Parme, avec saint Guido Maria Conforti, en 1895. Dans ce contexte, Don Bosco ouvrit sa jeune congr\u00e9gation \u00e0 la mission <em><i>ad gentes<\/i><\/em>. Le 11 novembre 1875, dans la basilique Marie-Auxiliatrice, il remit le crucifix aux dix premiers missionnaires, six pr\u00eatres et quatre coadjuteurs, conduits par don Giovanni Cagliero ; le 14 novembre, ils partirent de G\u00eanes pour l\u2019Argentine.<\/p>\n<p>Deux ans plus tard, en novembre 1877, les premi\u00e8res Filles de Marie-Auxiliatrice partirent pour l\u2019Uruguay. Cette m\u00eame ann\u00e9e 1877 naquit le Bulletin sal\u00e9sien, qui fit parvenir aux familles des Coop\u00e9rateurs les lettres des missionnaires. C\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0, \u00e0 petite \u00e9chelle, cette animation missionnaire de tout le peuple de Dieu que la Journ\u00e9e mondiale des missions allait rendre universelle.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><b>Giuseppe Allamano, \u00e0 l\u2019\u00e9cole de Don Bosco<\/b><\/strong><\/p>\n<p><strong><b>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/b><\/strong>Giuseppe Allamano naquit le 21 janvier 1851 \u00e0 Castelnuovo d\u2019Asti, aujourd\u2019hui Castelnuovo Don Bosco, le m\u00eame village que Giovanni Bosco. Sa m\u00e8re, Marianna Cafasso, \u00e9tait la s\u0153ur de saint Giuseppe Cafasso, le pr\u00eatre qui avait guid\u00e9 Don Bosco pendant ses ann\u00e9es au Convitto ecclesiastico et qui fut longtemps son confesseur. Le lien entre Allamano et Don Bosco s\u2019enracine donc dans une m\u00eame terre et une m\u00eame \u00e9cole de saintet\u00e9 sacerdotale.<\/p>\n<p>En octobre 1862, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de onze ans, Giuseppe entra \u00e0 l\u2019Oratoire du Valdocco pour y faire ses \u00e9tudes secondaires. Il y resta quatre ans, termina premier de sa classe et, en troisi\u00e8me ann\u00e9e, fut \u00e9galement charg\u00e9 d\u2019assister ses camarades. Don Bosco fut son confesseur pendant toute cette p\u00e9riode : Allamano se souvenait lui avoir tout confi\u00e9 et avoir eu l\u2019impression qu\u2019il lui \u00ab lisait dans le c\u0153ur \u00bb.<\/p>\n<p>Don Bosco aurait voulu qu\u2019il rejoigne ses sal\u00e9siens, mais le jeune gar\u00e7on ne se sentait pas fait pour cette vie. Le 19 ao\u00fbt 1866, il quitta le Valdocco sans prendre cong\u00e9, afin d\u2019\u00e9viter de nouvelles insistances, et entra au s\u00e9minaire dioc\u00e9sain de Turin. Lorsqu\u2019il le rencontra plus tard, Don Bosco lui reprocha affectueusement d\u2019\u00eatre parti sans lui dire au revoir.<\/p>\n<p>Ce choix d\u2019une autre voie n\u2019entama pas leur relation. Ordonn\u00e9 pr\u00eatre le 20 septembre 1873, Allamano fut assistant, puis directeur spirituel du s\u00e9minaire. En octobre 1880, \u00e0 29 ans, il devint recteur du sanctuaire de la Consolata et, en 1882, rouvrit le Convitto ecclesiastico, o\u00f9 Don Bosco avait lui-m\u00eame \u00e9t\u00e9 form\u00e9 par Cafasso. Il resta en contact r\u00e9gulier avec Don Bosco, au fil de leurs conversations et de quelques invitations \u00e0 d\u00e9jeuner. Don Bosco lui confia la collecte des souvenirs sur Cafasso, qui permirent ensuite au chanoine Colombero d\u2019\u00e9crire la premi\u00e8re biographie d\u00e9taill\u00e9e de l\u2019oncle d\u2019Allamano. Allamano lui rendit encore visite quelques mois avant sa mort, survenue le 31 janvier 1888, et suivit ses fun\u00e9railles, \u00e0 genoux dans la foule.<\/p>\n<p>En janvier 1900, une grave pleuropneumonie le conduisit au seuil de la mort. Sa gu\u00e9rison, qu\u2019il attribua \u00e0 la Consolata, lui sembla \u00eatre le signe que le moment \u00e9tait venu de r\u00e9aliser un projet m\u00fbri depuis des ann\u00e9es. Le 29 janvier 1901 naquit l\u2019Institut des Missions de la Consolata ; le 8 mai 1902, les quatre premiers missionnaires partirent pour le Kenya ; le 29 janvier 1910, l\u2019Institut des S\u0153urs missionnaires de la Consolata vit le jour. Allamano ne partit jamais en mission, mais il consacra toute sa vie aux missions.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><b>L\u2019esprit du Valdocco dans la maison de la Consolata<\/b><\/strong><\/p>\n<p><strong><b>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/b><\/strong>Allamano ne fut pas sal\u00e9sien : il avait fait ce choix en toute conscience. Pourtant, l\u2019empreinte de Don Bosco est manifeste dans sa mani\u00e8re de former les missionnaires. Il voulait que son institut soit une famille, et non un coll\u00e8ge : \u00ab Cette maison doit \u00eatre la maison de l\u2019amour \u00bb, r\u00e9p\u00e9tait-il. Il se fit le p\u00e8re de ses missionnaires, cherchant \u00e0 se faire aimer plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 se faire craindre, corrigeant avec douceur et bon sens, recourant au \u00ab petit mot \u00e0 l\u2019oreille \u00bb et aux lettres personnelles, comme il l\u2019avait vu faire au Valdocco.<\/p>\n<p>Ses propres paroles en t\u00e9moignent : \u00ab J\u2019admire toujours Don Bosco \u00bb ; \u00ab Je me souviens encore de beaucoup de choses que Don Bosco m\u2019a dites quand j\u2019\u00e9tais jeune. \u00bb Et il proposait aux siens un mod\u00e8le pr\u00e9cis : \u00ab Marchons sur les traces des saints : le V\u00e9n\u00e9rable Cafasso \u2013 Don Bosco. \u00bb \u00c0 ces deux saints turinois, il associait saint Alphonse et saint Fran\u00e7ois de Sales, le m\u00eame patron que Don Bosco avait choisi pour sa congr\u00e9gation. La c\u00e9l\u00e8bre devise \u00ab D\u2019abord saints, ensuite missionnaires \u00bb exprime elle aussi une conviction ch\u00e8re au Valdocco : l\u2019apostolat na\u00eet de la saintet\u00e9 de la vie quotidienne.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><b>1912 : la proposition d\u2019un dimanche consacr\u00e9 aux missions<\/b><\/strong><\/p>\n<p><strong><b>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/b><\/strong>Le 29 ao\u00fbt 1912, quatorze ans avant l\u2019institution de la Journ\u00e9e, Allamano \u00e9crivit aux sup\u00e9rieurs des autres instituts missionnaires italiens, \u00e0 Parme, V\u00e9rone, Milan, G\u00eanes et Rome. Parmi eux se trouvait saint Guido Maria Conforti, fondateur des Xav\u00e9riens. Dans sa lettre, il d\u00e9non\u00e7ait la m\u00e9connaissance des missions en Italie, l\u2019apathie de nombreux pr\u00eatres et fid\u00e8les ainsi que le manque de vocations missionnaires, parfois d\u00e9courag\u00e9es par les \u00e9v\u00eaques eux-m\u00eames. Sa conclusion \u00e9tait sans appel : il fallait faire intervenir le pape.<\/p>\n<p>Les sup\u00e9rieurs accueillirent la proposition et adress\u00e8rent une supplique \u00e0 saint Pie X. Ils demandaient notamment qu\u2019un dimanche missionnaire annuel soit institu\u00e9, avec l\u2019obligation de pr\u00eacher sur le devoir de contribuer \u00e0 la diffusion de la foi. La requ\u00eate se heurta toutefois \u00e0 plusieurs obstacles : elle ne b\u00e9n\u00e9ficiait pas du soutien officiel de Propaganda Fide, le pape \u00e9tait d\u00e9sormais \u00e2g\u00e9 et malade, et l\u2019Europe se dirigeait vers la guerre.<\/p>\n<p>Pie X r\u00e9pondit le 31 janvier 1913 par une lettre louant l\u2019\u0153uvre des missionnaires, sans toutefois faire allusion au dimanche missionnaire. Curieusement, le nom de l\u2019initiateur y devint \u00ab chanoine Alemanno \u00bb. Allamano ne se d\u00e9couragea pas : il diffusa la lettre du pape et la commenta afin de maintenir l\u2019attention port\u00e9e aux missions.<\/p>\n<p>La graine ne fut pas perdue. En 1916, le p\u00e8re Paolo Manna, du PIME, fonda l\u2019Union missionnaire du clerg\u00e9, avec le soutien d\u00e9cisif de Conforti, qui en pr\u00e9senta les statuts au pape : ils furent approuv\u00e9s le 31 octobre 1916.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><b>De Beno\u00eet XV \u00e0 Pie XI : la Journ\u00e9e voit le jour en 1926<\/b><\/strong><\/p>\n<p><strong><b>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/b><\/strong>Le 30 novembre 1919, Beno\u00eet XV publia la lettre apostolique <a href=\"https:\/\/www.vatican.va\/content\/benedict-xv\/fr\/apost_letters\/documents\/hf_ben-xv_apl_19191130_maximum-illud.html\"><em><i>Maximum illud<\/i><\/em><\/a>. Il demandait que l\u2019\u00e9vang\u00e9lisation soit affranchie des int\u00e9r\u00eats politiques et nationalistes des puissances coloniales, qu\u2019un clerg\u00e9 local capable de guider les jeunes \u00c9glises soit form\u00e9, et que toute l\u2019\u00c9glise se sente coresponsable de la mission, par la pri\u00e8re et le soutien des fid\u00e8les. Dans le m\u00eame document, le pape souhaitait que l\u2019Union missionnaire du clerg\u00e9 soit cr\u00e9\u00e9e dans tous les dioc\u00e8ses.<\/p>\n<p>En f\u00e9vrier 1922, Achille Ratti acc\u00e9da au tr\u00f4ne pontifical sous le nom de Pie XI ; on se souviendra de lui comme du \u00ab pape des missions \u00bb. \u00c0 l\u2019automne 1883, alors jeune pr\u00eatre, il avait pass\u00e9 deux jours au Valdocco aupr\u00e8s de Don Bosco, un souvenir qu\u2019il conserva toute sa vie : c\u2019est lui qui le b\u00e9atifierait en 1929 et le canoniserait le jour de P\u00e2ques 1934. Le 3 mai 1922, \u00e0 l\u2019occasion du centenaire de sa fondation, par le motu proprio <em><i>Romanorum Pontificum<\/i><\/em>, il conf\u00e9ra \u00e0 l\u2019\u0152uvre de la Propagation de la Foi le statut d\u2019\u0153uvre pontificale et transf\u00e9ra son si\u00e8ge de Lyon \u00e0 Rome.<\/p>\n<p>Pour l\u2019Ann\u00e9e sainte 1925, Pie XI voulut organiser au Vatican une grande Exposition missionnaire, ouverte du 24 d\u00e9cembre 1924 au 9 janvier 1926 : plus de 100 000 objets r\u00e9partis dans vingt-six pavillons et plus d\u2019un million de visiteurs. Les Sal\u00e9siens y particip\u00e8rent \u00e9galement, \u00e0 l\u2019invitation du pape et en r\u00e9ponse \u00e0 l\u2019appel du recteur majeur, don Filippo Rinaldi. L\u2019exposition donna naissance au Mus\u00e9e missionnaire ethnologique, aujourd\u2019hui le mus\u00e9e Anima Mundi des Mus\u00e9es du Vatican. Le 3 mai de cette m\u00eame ann\u00e9e 1925, Pie XI b\u00e9atifia Giuseppe Cafasso, dont Allamano avait soutenu la cause pendant des ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Le 11 d\u00e9cembre 1925, par l\u2019encyclique <a href=\"https:\/\/www.vatican.va\/content\/pius-xi\/fr\/encyclicals\/documents\/hf_p-xi_enc_11121925_quas-primas.html\"><em><i>Quas primas<\/i><\/em><\/a>, Pie XI institua la f\u00eate du Christ-Roi, fix\u00e9e au dernier dimanche d\u2019octobre. Le 16 f\u00e9vrier 1926, Giuseppe Allamano mourut \u00e0 Turin, au sanctuaire de la Consolata. Douze jours plus tard, le 28 f\u00e9vrier, l\u2019encyclique <em><i>Rerum Ecclesiae<\/i><\/em> r\u00e9affirmait que la mission concerne tout le peuple chr\u00e9tien : \u00e9v\u00eaques, pr\u00eatres, religieux et la\u00efcs, tous appel\u00e9s \u00e0 la soutenir par la pri\u00e8re, les vocations et les aides mat\u00e9rielles.<\/p>\n<p>En mars 1926, l\u2019assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re du Conseil sup\u00e9rieur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019\u0152uvre pontificale de la Propagation de la Foi d\u00e9cida de demander au pape une journ\u00e9e annuelle de pri\u00e8re et de promotion des missions, \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer dans tous les dioc\u00e8ses, les paroisses et les instituts catholiques. Selon une tradition rapport\u00e9e \u00e9galement par <em><i>Avvenire<\/i><\/em>, l\u2019id\u00e9e serait venue du Cercle missionnaire du s\u00e9minaire de Sassari. La supplique demandait une pr\u00e9dication missionnaire, la r\u00e9citation de la pri\u00e8re <em><i>Pro Propagatione Fidei<\/i><\/em> au cours des messes, la promotion de l\u2019\u0152uvre, la collecte d\u2019offrandes et l\u2019octroi d\u2019une indulgence pl\u00e9ni\u00e8re. Pie XI l\u2019approuva le 14 avril 1926, par un rescrit de la Sacr\u00e9e Congr\u00e9gation des Rites : \u00e0 peine deux mois apr\u00e8s la mort d\u2019Allamano, le dimanche missionnaire dont il avait r\u00eav\u00e9 en 1912 devenait r\u00e9alit\u00e9 pour toute l\u2019\u00c9glise.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><b>Pourquoi l\u2019avant-dernier dimanche d\u2019octobre<\/b><\/strong><\/p>\n<p><strong><b>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/b><\/strong>La date ne fut pas choisie au hasard. La Journ\u00e9e fut plac\u00e9e le <strong><b>dimanche pr\u00e9c\u00e9dant la nouvelle f\u00eate du Christ-Roi<\/b><\/strong>, et la supplique exprimait le souhait \u00ab que la reconnaissance universelle de sa royaut\u00e9 divine soit h\u00e2t\u00e9e \u00bb. La mission \u00e9tait con\u00e7ue comme l\u2019annonce du Royaume du Christ \u00e0 tous les peuples. Avec la r\u00e9forme du calendrier de 1969, la solennit\u00e9 du Christ-Roi fut d\u00e9plac\u00e9e au dernier dimanche de l\u2019ann\u00e9e liturgique, tandis que la Journ\u00e9e mondiale des missions conserva sa place.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><b>L\u2019ann\u00e9e sal\u00e9sienne 1926 et la premi\u00e8re c\u00e9l\u00e9bration<\/b><\/strong><\/p>\n<p><strong><b>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/b><\/strong>L\u2019ann\u00e9e 1926 fut \u00e9galement une ann\u00e9e missionnaire pour la famille sal\u00e9sienne. Pour le cinquanti\u00e8me anniversaire des missions, une grande Exposition missionnaire, couvrant environ 10 500 m\u00e8tres carr\u00e9s, fut install\u00e9e au Valdocco ; ses collections sont \u00e0 l\u2019origine du Mus\u00e9e ethnologique missionnaire qui se trouve aujourd\u2019hui au Colle Don Bosco. Le 28 octobre 1926, Pie XI consacra \u00e9galement \u00e0 Saint-Pierre les six premiers \u00e9v\u00eaques chinois, mettant concr\u00e8tement en \u0153uvre le principe d\u2019un clerg\u00e9 local.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re Journ\u00e9e mondiale des missions fut c\u00e9l\u00e9br\u00e9e le dimanche 23 octobre 1927. C\u2019est pourquoi, en 2026, deux anniversaires co\u00efncident : les cent ans de son institution et sa centi\u00e8me c\u00e9l\u00e9bration.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><b>Un si\u00e8cle de Journ\u00e9e : une \u00c9glise tout enti\u00e8re missionnaire<\/b><\/strong><\/p>\n<p><strong><b>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/b><\/strong>Au cours des d\u00e9cennies suivantes, la Journ\u00e9e accompagna une profonde maturation de la conscience missionnaire. Par le d\u00e9cret <a href=\"https:\/\/www.vatican.va\/archive\/hist_councils\/ii_vatican_council\/documents\/vat-ii_decree_19651207_ad-gentes_fr.html\"><em><i>Ad gentes<\/i><\/em><\/a> du 7 d\u00e9cembre 1965, le concile Vatican II affirma que \u00ab l\u2019\u00c9glise, durant son p\u00e8lerinage sur terre, est par nature missionnaire \u00bb (AG 2). Dix ans plus tard, saint Paul VI \u00e9crivit dans l\u2019exhortation <a href=\"https:\/\/www.vatican.va\/content\/paul-vi\/fr\/apost_exhortations\/documents\/hf_p-vi_exh_19751208_evangelii-nuntiandi.html\"><em><i>Evangelii nuntiandi<\/i><\/em><\/a> (1975) qu\u2019\u00e9vang\u00e9liser \u00ab est la gr\u00e2ce et la vocation propre de l\u2019\u00c9glise, son identit\u00e9 la plus profonde \u00bb (EN 14).<\/p>\n<p>Saint Jean-Paul II relan\u00e7a la mission <em><i>ad gentes<\/i><\/em> avec l\u2019encyclique <a href=\"https:\/\/www.vatican.va\/content\/john-paul-ii\/fr\/encyclicals\/documents\/hf_jp-ii_enc_07121990_redemptoris-missio.html\"><em><i>Redemptoris missio<\/i><\/em><\/a> (1990). Dans <a href=\"https:\/\/www.vatican.va\/content\/francesco\/fr\/apost_exhortations\/documents\/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html\"><em><i>Evangelii gaudium<\/i><\/em><\/a> (2013), le pape Fran\u00e7ois invita toute l\u2019\u00c9glise \u00e0 \u00eatre \u00ab en sortie \u00bb et, en octobre 2019, \u00e0 l\u2019occasion du centenaire de <em><i>Maximum illud<\/i><\/em>, il d\u00e9cr\u00e9ta un Mois missionnaire extraordinaire. Depuis des d\u00e9cennies, les papes adressent un message aux fid\u00e8les \u00e0 l\u2019occasion de la Journ\u00e9e, et les offrandes recueillies alimentent le fonds universel de solidarit\u00e9 des \u0152uvres pontificales missionnaires.<\/p>\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la Journ\u00e9e a \u00e9t\u00e9 li\u00e9e de mani\u00e8re singuli\u00e8re aux saints de la mission. Le dimanche 20 octobre 2024, jour de la Journ\u00e9e mondiale des missions, le pape Fran\u00e7ois a canonis\u00e9 Giuseppe Allamano, b\u00e9atifi\u00e9 par saint Jean-Paul II le 7 octobre 1990. Le miracle reconnu concerne Sorino, un autochtone yanomami de l\u2019Amazonie br\u00e9silienne qui a surv\u00e9cu \u00e0 l\u2019attaque d\u2019un jaguar pendant que sa communaut\u00e9 priait le bienheureux. L\u2019\u00c9glise c\u00e9l\u00e8bre sa m\u00e9moire le 16 f\u00e9vrier, jour de sa mort.<\/p>\n<p>Un an plus tard, le dimanche 19 octobre 2025, une nouvelle fois \u00e0 l\u2019occasion de la Journ\u00e9e mondiale des missions, le pape L\u00e9on XIV a canonis\u00e9 s\u0153ur Maria Troncatti, Fille de Marie-Auxiliatrice. N\u00e9e \u00e0 C\u00f3rteno Golgi, dans la province de Brescia, en 1883, elle arriva en \u00c9quateur en 1922 et consacra pr\u00e8s d\u2019un demi-si\u00e8cle au peuple shuar, comme infirmi\u00e8re, cat\u00e9chiste et \u00ab madrecita \u00bb. Elle mourut dans un accident d\u2019avion \u00e0 Suc\u00faa le 25 ao\u00fbt 1969. Ainsi, \u00e0 un an d\u2019intervalle, l\u2019ancien \u00e9l\u00e8ve du Valdocco et une fille spirituelle de Don Bosco et de Maria Domenica Mazzarello ont \u00e9t\u00e9 proclam\u00e9s saints \u00e0 l\u2019occasion de cette m\u00eame Journ\u00e9e.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><b>Le centenaire : \u00ab Un en Christ, unis dans la mission \u00bb<\/b><\/strong><\/p>\n<p><strong><b>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/b><\/strong>Pour la centi\u00e8me Journ\u00e9e, c\u00e9l\u00e9br\u00e9e le dimanche 18 octobre 2026, le pape L\u00e9on XIV a choisi le th\u00e8me \u00ab Un en Christ, unis dans la mission \u00bb. Le <a href=\"https:\/\/www.vatican.va\/content\/leo-xiv\/fr\/messages\/mission\/documents\/20260125-giornata-missionaria.html\">message<\/a> est dat\u00e9 du 25 janvier 2026, f\u00eate de la Conversion de saint Paul, et s\u2019articule en trois parties : \u00ab Un en Christ \u00bb, \u00ab Unis dans la mission \u00bb et \u00ab Mission de l\u2019amour \u00bb. Le pape rappelle que Pie XI \u00ab institua en 1926 la c\u00e9l\u00e9bration de la Journ\u00e9e mondiale des missions \u00bb sur proposition de l\u2019\u0152uvre de la Propagation de la Foi, qui distribue les offrandes \u00ab au nom du pape \u00bb pour r\u00e9pondre aux besoins des jeunes \u00c9glises.<\/p>\n<p>Au c\u0153ur du message se trouve la m\u00eame conviction qui animait Pauline Jaricot et Giuseppe Allamano : \u00ab Aucun baptis\u00e9, en effet, n\u2019est \u00e9tranger ou indiff\u00e9rent \u00e0 la mission. \u00bb L\u00e9on XIV rappelle la devise du bienheureux Paolo Manna, \u00ab Toute l\u2019\u00c9glise pour la conversion du monde entier \u00bb, \u00e0 l\u2019occasion du 110e anniversaire de l\u2019Union missionnaire. Il conclut par un remerciement : \u00ab Je d\u00e9sire donc remercier tout particuli\u00e8rement les missionnaires, hommes et femmes, <em><i>ad gentes<\/i><\/em> d\u2019aujourd\u2019hui. \u00bb<\/p>\n<p>Pour la famille sal\u00e9sienne, ce centenaire intervient juste apr\u00e8s le 150e anniversaire de la premi\u00e8re exp\u00e9dition missionnaire. En novembre 2025, dans la basilique Marie-Auxiliatrice du Valdocco, le recteur majeur, don Fabio Attard, a confi\u00e9 leur mission aux membres de la 156e exp\u00e9dition et, avec la sup\u00e9rieure g\u00e9n\u00e9rale des FMA, M\u00e8re Chiara Cazzuola, leur a remis le crucifix. En un si\u00e8cle et demi, pr\u00e8s de dix mille Sal\u00e9siens ont \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9s en terre de mission ; aujourd\u2019hui, la congr\u00e9gation est pr\u00e9sente dans 136 pays.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><b>D\u2019abord saints, ensuite missionnaires<\/b><\/strong><\/p>\n<p><strong><b>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/b><\/strong>Cent ans plus tard, la Journ\u00e9e mondiale des missions conserve le sens qu\u2019elle avait \u00e0 ses d\u00e9buts : rappeler \u00e0 chaque communaut\u00e9 que la mission confi\u00e9e par J\u00e9sus concerne tout le monde. \u00ab Allez donc, faites de tous les peuples des disciples, les baptisant au nom du P\u00e8re, du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant \u00e0 observer tout ce que je vous ai command\u00e9. Et voici que je suis avec vous tous les jours jusqu\u2019\u00e0 la fin du monde \u00bb (Mt 28,19-20).<\/p>\n<p>Son histoire m\u00eale l\u2019intuition d\u2019une la\u00efque lyonnaise, la passion de fondateurs tels que Don Bosco et Allamano, et la d\u00e9cision d\u2019un pape qui, jeune pr\u00eatre, avait connu Don Bosco au Valdocco. Allamano ne vit pas la Journ\u00e9e qu\u2019il avait demand\u00e9e, mais il en pr\u00e9para le terrain en apportant \u00e0 l\u2019\u00c9glise de Turin et au-del\u00e0 l\u2019esprit appris \u00e0 l\u2019\u00e9cole de Don Bosco. Don Bosco avait laiss\u00e9 une consigne \u00e0 ses missionnaires : \u00ab Cherchez des \u00e2mes, non de l\u2019argent, ni des honneurs, ni des dignit\u00e9s. \u00bb Allamano, quant \u00e0 lui, r\u00e9p\u00e9tait aux siens : \u00ab D\u2019abord saints, ensuite missionnaires. \u00bb C\u2019est encore aujourd\u2019hui le chemin \u00e0 suivre pour une \u00c9glise unie dans la mission.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le dimanche 18 octobre 2026, l\u2019\u00c9glise c\u00e9l\u00e9brera la centi\u00e8me Journ\u00e9e mondiale des missions, institu\u00e9e par&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":55326,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":3,"footnotes":""},"categories":[129],"tags":[2554,2631,2595,1890,1908,1962,2671],"class_list":["post-55338","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-missions-fr","tag-dieu","tag-eglise","tag-foi","tag-missions","tag-nouvelles-religieuses","tag-salut","tag-testimoni"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/55338","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=55338"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/55338\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":55339,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/55338\/revisions\/55339"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/55326"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=55338"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=55338"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=55338"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}