{"id":55144,"date":"2026-10-04T08:32:03","date_gmt":"2026-10-04T08:32:03","guid":{"rendered":"https:\/\/www.donbosco.press\/?p=55144"},"modified":"2026-10-04T08:32:26","modified_gmt":"2026-10-04T08:32:26","slug":"don-bosco-et-le-saint-rosaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/don-bosco\/don-bosco-et-le-saint-rosaire\/","title":{"rendered":"Don Bosco et le Saint Rosaire"},"content":{"rendered":"<p><em>Octobre est le mois du Rosaire et, pour don Bosco, ce fut longtemps le mois du retour \u00e0 la maison : pendant plus de vingt ans, il ramena les gar\u00e7ons de l\u2019Oratoire aux Becchi pour c\u00e9l\u00e9brer Notre-Dame du Rosaire dans la chapelle qu\u2019il avait lui-m\u00eame am\u00e9nag\u00e9e dans la maison de son fr\u00e8re. Ce chapelet, il avait appris \u00e0 le r\u00e9citer \u00e0 genoux aupr\u00e8s de Maman Marguerite et ne l\u2019abandonna plus : il le mit entre les mains des jeunes, dans les Constitutions des Sal\u00e9siens, dans ses livres, et on le retrouve m\u00eame dans ses r\u00eaves ; et \u00e0 un marquis qui jugeait cette pratique comme une perte de temps, il r\u00e9pondit que toute son \u0153uvre \u00e9tait fond\u00e9e sur elle. Son histoire s\u2019entrelace ainsi avec celle d\u2019une pri\u00e8re que les papes ont recommand\u00e9e dans seize encycliques, que les saints ont enseign\u00e9e dans leurs \u00e9crits et que l\u2019\u00c9glise a enrichie de promesses et d\u2019indulgences.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Une couronne de roses, avec ses \u00e9pines<\/strong><\/p>\n<p>Pour comprendre ce que don Bosco avait entre les mains lorsqu\u2019il \u00e9grenait son chapelet, il convient de partir du nom. \u00ab <a href=\"https:\/\/www.vatican.va\/special\/rosary\/index_rosary_fr.htm\">Rosaire<\/a> \u00bb vient du latin <em>rosarium<\/em>, qui signifiait \u00e0 l\u2019origine \u00ab roseraie \u00bb, \u00ab jardin de roses \u00bb et, par extension, aussi \u00ab guirlande \u00bb ou \u00ab couronne de roses \u00bb. Au Moyen \u00c2ge, le mot prit une signification religieuse et symbolique, parce que les pri\u00e8res adress\u00e9es \u00e0 la Vierge furent compar\u00e9es \u00e0 des roses spirituelles offertes \u00e0 Marie, jusqu\u2019\u00e0 former id\u00e9alement une couronne : une tr\u00e8s belle couronne qui cache pourtant aussi ses \u00e9pines. Avant que le terme <em>Rosarium<\/em> ne s\u2019impose, d\u2019ailleurs, cette forme de pri\u00e8re \u00e9tait souvent appel\u00e9e \u00ab Psautier de la Vierge \u00bb (<em>Psalterium Beatae Mariae Virginis<\/em>), puisque les 150 Je vous salue Marie correspondaient symboliquement aux 150 psaumes du Psautier biblique.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 son origine, la tradition eccl\u00e9siale veut que ce soit la Vierge elle-m\u00eame qui ait confi\u00e9 le Rosaire \u00e0 saint Dominique de Guzm\u00e1n (1170-1221), comme moyen de pr\u00e9dication et de lutte contre l\u2019h\u00e9r\u00e9sie albigeoise ; une tradition que L\u00e9on XIII reprit \u00e0 plusieurs reprises, allant jusqu\u2019\u00e0 affirmer que saint Dominique avait introduit et diffus\u00e9 cette forme de pri\u00e8re. Mais la date qui, plus que toute autre, a marqu\u00e9 son histoire est le 7 octobre 1571, jour de la bataille de L\u00e9pante. Saint Pie V attribua la victoire de la flotte chr\u00e9tienne \u00e0 l\u2019intercession de Marie, invoqu\u00e9e \u00e0 cette heure par les confr\u00e9ries du Rosaire ; et c\u2019est \u00e0 la suite de cet \u00e9v\u00e9nement que le 7 octobre devint la f\u00eate du Rosaire et que la Tr\u00e8s Sainte Vierge fut invoqu\u00e9e sous le titre de Secours des chr\u00e9tiens, <em>Auxilium Christianorum<\/em>.<\/p>\n<p>C\u2019est un d\u00e9tail qu\u2019un lecteur sal\u00e9sien ne peut laisser passer. Les deux titres mariaux qui ont marqu\u00e9 la vie de don Bosco, Notre-Dame du Rosaire v\u00e9n\u00e9r\u00e9e aux Becchi et Marie Auxiliatrice \u00e0 Valdocco, naissent en effet du m\u00eame jour et de la m\u00eame victoire ; et don Bosco en \u00e9tait bien conscient, au point qu\u2019en 1868, publiant pour la cons\u00e9cration du sanctuaire de Turin les <em>Maraviglie della Madre di Dio invocata sotto il titolo di Maria Ausiliatrice<\/em>, il consacra un chapitre pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 la bataille de L\u00e9pante. Il n\u2019est donc pas surprenant qu\u2019il ait toujours voulu c\u00e9l\u00e9brer avec solennit\u00e9 la f\u00eate du Rosaire et que, pendant des ann\u00e9es, il l\u2019ait fait en allant en p\u00e8lerinage, avec les gar\u00e7ons de l\u2019Oratoire, sur son lieu de naissance. Pour comprendre les raisons d\u2019une telle fid\u00e9lit\u00e9, il faut cependant remonter encore plus loin, jusqu\u2019\u00e0 la cuisine d\u2019une maison paysanne.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>De la cuisine des Becchi \u00e0 la chapelle du Rosaire<\/strong><\/p>\n<p>En effet, Giovanni Bosco apprit le Rosaire avant m\u00eame de savoir lire. Devenu orphelin de p\u00e8re avant d\u2019avoir deux ans, il grandit dans une famille o\u00f9 la journ\u00e9e commen\u00e7ait et s\u2019achevait \u00e0 genoux, comme il le raconte lui-m\u00eame dans les <em>M\u00e9moires de l\u2019Oratoire<\/em> en parlant de sa m\u00e8re : \u00ab Tant que j\u2019\u00e9tais tout petit, elle m\u2019enseigna elle-m\u00eame les pri\u00e8res ; d\u00e8s que je fus capable de me joindre \u00e0 mes fr\u00e8res, elle me faisait me mettre \u00e0 genoux avec eux matin et soir et, tous ensemble, nous r\u00e9citions les pri\u00e8res en commun avec le tiers du Rosaire. \u00bb Le \u00ab tiers \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire un chapelet de cinq dizaines, \u00e9tait la mesure quotidienne de la pi\u00e9t\u00e9 populaire pi\u00e9montaise, et il le resterait pour don Bosco toute sa vie.<\/p>\n<p>Ce qu\u2019il avait re\u00e7u \u00e0 la maison, le gar\u00e7on commen\u00e7a bient\u00f4t \u00e0 le donner aux autres. \u00c0 dix ou onze ans, les jours de f\u00eate, il tendait une corde entre deux arbres du pr\u00e9 des Becchi, pr\u00e9parait sa petite table de tours de prestidigitation et rassemblait les voisins ; mais avant le spectacle, il posait une condition, que les <em>M\u00e9moires<\/em> rappellent ainsi : \u00ab Lorsque tout \u00e9tait pr\u00eat et que chacun attendait avec impatience de voir quelque nouveaut\u00e9, alors il les invitait tous \u00e0 r\u00e9citer le tiers du Rosaire, apr\u00e8s quoi on chantait un cantique sacr\u00e9. \u00bb Ce n\u2019est qu\u2019ensuite que venaient le sermon r\u00e9p\u00e9t\u00e9 de m\u00e9moire, les sauts et la danse sur la corde. \u00c0 bien y regarder, dans ce pr\u00e9 se trouve d\u00e9j\u00e0 l\u2019Oratoire : le jeu qui attire les gar\u00e7ons et la pri\u00e8re qui les tient ensemble.<\/p>\n<p>Devenu pr\u00eatre et apr\u00e8s avoir lanc\u00e9 l\u2019\u0153uvre de Valdocco, don Bosco voulut ramener le Rosaire pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 o\u00f9 il l\u2019avait appris. En 1848, avec l\u2019accord de la curie de Turin, il transforma en chapelle une pi\u00e8ce du rez-de-chauss\u00e9e de la maison de son fr\u00e8re Giuseppe et la d\u00e9dia \u00e0 Notre-Dame du Rosaire : inaugur\u00e9e en octobre de cette ann\u00e9e-l\u00e0, elle fut le premier lieu de culte marial voulu par lui, vingt ans avant la basilique de Marie Auxiliatrice. D\u00e8s lors, et jusqu\u2019en 1869, la f\u00eate du Rosaire y fut c\u00e9l\u00e9br\u00e9e chaque ann\u00e9e, avec la fanfare et les chanteurs de Valdocco ; les gar\u00e7ons arrivaient de Turin, accueillis par Giuseppe qui mettait \u00e0 leur disposition la maison et la grange, et c\u2019est apr\u00e8s la f\u00eate que commen\u00e7aient les c\u00e9l\u00e8bres promenades d\u2019automne \u00e0 travers les collines du Monferrat.<\/p>\n<p>La petite chapelle devint ainsi le centre d\u00e9votionnel du hameau et le but d\u2019un v\u00e9ritable p\u00e8lerinage annuel ; mais elle fut aussi t\u00e9moin de quelques pages d\u00e9cisives de l\u2019histoire sal\u00e9sienne. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0, le 3 octobre 1852, jour de la f\u00eate, que re\u00e7urent l\u2019habit eccl\u00e9siastique Michele Rua, qui allait devenir le premier successeur de don Bosco, et Giuseppe Rocchietti ; et aux Becchi, le 2 octobre 1854, au lendemain de la f\u00eate, don Bosco rencontra pour la premi\u00e8re fois un gar\u00e7on de douze ans, Dominique Savio, qui, les automnes suivants, reviendrait plusieurs fois prier dans cette chapelle.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>\u00ab C\u2019est sur cela que mon institution est fond\u00e9e \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Si, aux Becchi, le Rosaire \u00e9tait la f\u00eate d\u2019un jour, \u00e0 Valdocco il \u00e9tait le souffle de chaque jour. Don Lemoyne, recueillant les t\u00e9moignages de ceux qui avaient connu Giovanni enfant, observe que \u00ab le saint Rosaire devait lui \u00eatre familier, car depuis les premiers temps de l\u2019Oratoire jusqu\u2019aux derni\u00e8res ann\u00e9es de son existence, il voulut qu\u2019il f\u00fbt immanquablement r\u00e9cit\u00e9 chaque jour par tous les jeunes : il n\u2019admit jamais qu\u2019il puisse exister une raison dispensant une communaut\u00e9 de cette r\u00e9citation \u00bb (MB I, 90). Aux gar\u00e7ons de l\u2019oratoire festif, il en faisait r\u00e9citer un tiers chaque jour de f\u00eate, \u00ab exhortant avec ferveur ses jeunes \u00e0 continuer, s\u2019ils le pouvaient, cette pieuse pratique tous les jours de la semaine dans leurs maisons \u00bb (MB III, 16) ; et une fois par an, le soir de la Toussaint, on r\u00e9citait le Rosaire entier en suffrage pour les \u00e2mes du purgatoire, don Bosco \u00e0 genoux dans le sanctuaire et souvent \u00e0 la t\u00eate de la pri\u00e8re.<\/p>\n<p>Combien cette pratique lui tenait \u00e0 c\u0153ur, un \u00e9pisode de f\u00e9vrier 1848 le r\u00e9v\u00e8le. Le marquis Roberto d\u2019Azeglio, s\u00e9nateur du Royaume et ami personnel de Charles-Albert, visita l\u2019Oratoire et en sortit admiratif, avec une seule r\u00e9serve : il lui semblait que le temps employ\u00e9 \u00e0 r\u00e9citer le Rosaire \u00e9tait perdu, et il conseilla \u00e0 don Bosco de laisser tomber \u00ab cette antiquaille de 50 Je vous salue Marie enfil\u00e9s les uns apr\u00e8s les autres \u00bb. La r\u00e9ponse est rest\u00e9e c\u00e9l\u00e8bre : \u00ab Eh bien, je tiens beaucoup \u00e0 cette pratique ; et je pourrais dire que mon institution est fond\u00e9e sur elle ; je serais dispos\u00e9 \u00e0 abandonner beaucoup d\u2019autres choses, m\u00eame importantes, mais pas celle-ci. \u00bb Et, avec le courage qui lui \u00e9tait propre, il ajouta : \u00ab Et m\u00eame, si cela \u00e9tait n\u00e9cessaire, je serais dispos\u00e9 \u00e0 renoncer \u00e0 votre pr\u00e9cieuse amiti\u00e9, mais jamais \u00e0 la r\u00e9citation du saint Rosaire \u00bb (MB III, 294).<\/p>\n<p>Ce n\u2019\u00e9tait ni de l\u2019obstination ni l\u2019attachement \u00e0 une habitude. Dans ces cinquante Je vous salue Marie \u00ab enfil\u00e9s \u00bb, don Bosco voyait l\u2019\u00c9vangile mis entre les mains des pauvres, c\u2019est-\u00e0-dire les myst\u00e8res de la vie du Christ contempl\u00e9s avec Marie par des gar\u00e7ons qui, souvent, ne savaient pas lire ; c\u2019est pourquoi il ne se contenta pas de d\u00e9fendre le Rosaire, mais s\u2019employa par tous les moyens \u00e0 le diffuser. Il le fit d\u2019abord par la presse : dans le <em>Giovane provveduto<\/em> de 1847, le manuel de pri\u00e8re qui connut plus de cent \u00e9ditions de son vivant, il ins\u00e9ra les quinze myst\u00e8res, accompagnant chacun d\u2019une tr\u00e8s br\u00e8ve contemplation, afin que les jeunes, tout en r\u00e9p\u00e9tant les paroles, aient devant les yeux une sc\u00e8ne de l\u2019\u00c9vangile. Il le fit ensuite par la r\u00e8gle, demandant \u00e0 ses religieux ce qu\u2019il demandait aux gar\u00e7ons : d\u00e9j\u00e0 dans les premiers articles sur les pratiques de pi\u00e9t\u00e9, r\u00e9dig\u00e9s vers 1859 pour la Soci\u00e9t\u00e9 sal\u00e9sienne naissante, on lit en effet que \u00ab chaque jour on r\u00e9citera le tiers du Rosaire de la Tr\u00e8s Sainte Vierge Marie \u00bb. Et il le fit enfin par la parole vivante des \u00ab mots du soir \u00bb et des r\u00eaves racont\u00e9s aux jeunes, dans lesquels le Rosaire revient comme une arme et comme une d\u00e9fense.<\/p>\n<p>Le plus connu de ces r\u00e9cits est le r\u00eave du serpent. En ao\u00fbt 1862, aux jours de l\u2019Assomption, don Bosco r\u00eava qu\u2019il se trouvait avec tous ses jeunes dans la maison de son fr\u00e8re, c\u2019est-\u00e0-dire juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la chapelle du Rosaire. Un inconnu lui montra dans le pr\u00e9 un serpent long de sept ou huit m\u00e8tres et, dominant sa frayeur, lui fit tendre une corde au-dessus du dos du reptile, qui bondit, resta pris dans le n\u0153ud coulant et, en se d\u00e9battant, finit par se mettre en pi\u00e8ces. Lorsque la corde, rang\u00e9e dans une petite caisse, fut reprise, elle s\u2019\u00e9tait dispos\u00e9e de mani\u00e8re \u00e0 former deux mots : Ave Maria. \u00ab Le serpent repr\u00e9sente le d\u00e9mon, expliqua alors le guide, et la corde l\u2019Ave Maria, ou plut\u00f4t le Rosaire, qui est une continuation d\u2019Ave Maria, avec lequel et avec lesquels on peut frapper, vaincre, d\u00e9truire tous les d\u00e9mons de l\u2019enfer \u00bb (MB VII, 238-239).<\/p>\n<p>La m\u00eame conviction accompagna son horizon missionnaire et, \u00e0 la fin, sa vieillesse. Dans le r\u00eave qui pr\u00e9c\u00e9da la premi\u00e8re exp\u00e9dition en Am\u00e9rique, don Bosco vit ses fils avancer parmi des populations hostiles avec cette seule arme : \u00ab les Missionnaires r\u00e9citaient le saint Rosaire, tandis que les sauvages, accourant de tous c\u00f4t\u00e9s, formaient une haie sur leur passage \u00bb (MB X, 55). Et lorsque, dans les derni\u00e8res ann\u00e9es, les maux de t\u00eate et ses yeux presque \u00e9teints ne lui permirent plus de travailler, don Francesco Cerruti se souvenait combien il \u00e9tait \u00ab douloureux et r\u00e9confortant de le voir passer de longues heures assis sur son pauvre canap\u00e9, dans un endroit parfois \u00e0 demi obscur parce que ses yeux ne supportaient pas la lumi\u00e8re, toujours pourtant tranquille et souriant, son chapelet \u00e0 la main \u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>En chemin avec les papes<\/strong><\/p>\n<p>Dans cette d\u00e9votion, don Bosco ne fut pas un isol\u00e9, parce qu\u2019il marchait avec l\u2019\u00c9glise ; et l\u2019\u00c9glise, pr\u00e9cis\u00e9ment dans les derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie, revint \u00e0 recommander le Rosaire avec une insistance sans pr\u00e9c\u00e9dent. Seize encycliques ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crites sur le saint Rosaire, sans compter les dizaines, sinon les centaines, d\u2019autres documents pontificaux, entre bulles, constitutions, lettres apostoliques, exhortations et discours ; et, de ces seize, pas moins de douze sont dues \u00e0 L\u00e9on XIII, le m\u00eame pape qui avait confi\u00e9 \u00e0 don Bosco la construction de l\u2019\u00e9glise du Sacr\u00e9-C\u0153ur \u00e0 Rome.<\/p>\n<p>Les quatre premi\u00e8res parurent alors que le saint \u00e9tait encore en vie. <a href=\"https:\/\/www.vatican.va\/content\/leo-xiii\/fr\/encyclicals\/documents\/hf_l-xiii_enc_01091883_supremi-apostolatus-officio.html\">Supremi Apostolatus Officio<\/a>, du 1er septembre 1883, traitait de la d\u00e9votion et de la r\u00e9citation du Rosaire et instituait la pratique sp\u00e9ciale du mois d\u2019octobre ; <a href=\"https:\/\/www.vatican.va\/content\/leo-xiii\/en\/encyclicals\/documents\/hf_l-xiii_enc_30081884_superiore-anno.html\">Superiore Anno<\/a>, du 30 ao\u00fbt 1884, ordonnait la continuation de cette r\u00e9citation solennelle ; <a href=\"https:\/\/www.vatican.va\/content\/leo-xiii\/en\/encyclicals\/documents\/hf_l-xiii_enc_22121885_quod-auctoritate.html\">Quod Auctoritate<\/a>, du 22 d\u00e9cembre 1885, proclamait un Jubil\u00e9 extraordinaire en recommandant tout particuli\u00e8rement cette pri\u00e8re ; et <a href=\"https:\/\/www.vatican.va\/content\/leo-xiii\/en\/encyclicals\/documents\/hf_l-xiii_enc_20091887_vi-e-ben-noto.html\">Vi \u00e8 ben noto<\/a>, du 20 septembre 1887, adress\u00e9e sp\u00e9cialement aux \u00e9v\u00eaques d\u2019Italie, la proposait avec la d\u00e9votion mariale face aux difficult\u00e9s religieuses et sociales de l\u2019\u00e9poque. Le vieux pr\u00eatre de Valdocco, qui mourrait le 31 janvier 1888, put ainsi voir le pape demander \u00e0 toute l\u2019\u00c9glise ce qu\u2019il demandait \u00e0 ses gar\u00e7ons depuis quarante ans.<\/p>\n<p>L\u00e9on XIII, toutefois, ne s\u2019arr\u00eata pas l\u00e0 et, apr\u00e8s une pause de quelques ann\u00e9es, revint sur le th\u00e8me presque chaque automne. Avec <a href=\"https:\/\/www.vatican.va\/content\/leo-xiii\/en\/encyclicals\/documents\/hf_l-xiii_enc_22091891_octobri-mense.html\">Octobri Mense<\/a> (22 septembre 1891), il revint sur la d\u00e9votion mariale et la r\u00e9citation du Rosaire au mois d\u2019octobre, en soulignant son efficacit\u00e9 spirituelle ; avec <a href=\"https:\/\/www.vatican.va\/content\/leo-xiii\/en\/encyclicals\/documents\/hf_l-xiii_enc_08091892_magnae-dei-matris.html\">Magnae Dei Matris<\/a> (8 septembre 1892), il le pr\u00e9senta comme une \u00e9cole de foi, de vie chr\u00e9tienne et d\u2019imitation des vertus du Christ et de Marie ; avec <a href=\"https:\/\/www.vatican.va\/content\/leo-xiii\/en\/encyclicals\/documents\/hf_l-xiii_enc_08091893_laetitiae-sanctae.html\">Laetitiae Sanctae<\/a> (8 septembre 1893), il le proposa comme rem\u00e8de spirituel aux principaux maux moraux et sociaux du temps ; avec <a href=\"https:\/\/www.vatican.va\/content\/leo-xiii\/en\/encyclicals\/documents\/hf_l-xiii_enc_08091894_iucunda-semper-expectatione.html\">Iucunda Semper Expectatione<\/a> (8 septembre 1894), il approfondit la valeur de cette pri\u00e8re et de l\u2019intercession de la Vierge dans la vie chr\u00e9tienne. Vinrent ensuite <a href=\"https:\/\/www.vatican.va\/content\/leo-xiii\/en\/encyclicals\/documents\/hf_l-xiii_enc_05091895_adiutricem.html\">Adiutricem Populi<\/a> (5 septembre 1895), qui pr\u00e9sente Marie comme Auxiliatrice du peuple chr\u00e9tien et relie le Rosaire \u00e0 la pri\u00e8re pour l\u2019unit\u00e9 des chr\u00e9tiens ; <a href=\"https:\/\/www.vatican.va\/content\/leo-xiii\/en\/encyclicals\/documents\/hf_l-xiii_enc_20091896_fidentem-piumque-animum.html\">Fidentem Piumque Animum<\/a> (20 septembre 1896), qui en r\u00e9affirme la valeur spirituelle et encourage les fid\u00e8les \u00e0 le pratiquer avec confiance, d\u00e9votion et pers\u00e9v\u00e9rance ; <a href=\"https:\/\/www.vatican.va\/content\/leo-xiii\/en\/encyclicals\/documents\/hf_l-xiii_enc_12091897_augustissimae-virginis-mariae.html\">Augustissimae Virginis Mariae<\/a> (12 septembre 1897), consacr\u00e9e \u00e0 la d\u00e9votion envers la Vierge, \u00e0 la pri\u00e8re commune et \u00e0 l\u2019importance des Confr\u00e9ries du Saint Rosaire ; et enfin <a href=\"https:\/\/www.vatican.va\/content\/leo-xiii\/en\/encyclicals\/documents\/hf_l-xiii_enc_05091898_diuturni-temporis.html\">Diuturni Temporis<\/a> (5 septembre 1898), qui offre une synth\u00e8se de tout l\u2019enseignement de L\u00e9on XIII sur le Rosaire et rappelle les privil\u00e8ges et les pratiques des Confr\u00e9ries.<\/p>\n<p>Ses successeurs recueillirent cet h\u00e9ritage chaque fois que les temps se faisaient plus difficiles. Pie XI, le pape qui avait canonis\u00e9 don Bosco en 1934, avec <a href=\"https:\/\/www.vatican.va\/content\/pius-xi\/en\/encyclicals\/documents\/hf_p-xi_enc_29091937_ingravescentibus-malis.html\">Ingravescentibus Malis<\/a> (29 septembre 1937), pr\u00e9senta le Rosaire comme un rem\u00e8de spirituel face aux maux du temps et en recommanda particuli\u00e8rement la r\u00e9citation dans les familles, qui est pr\u00e9cis\u00e9ment la pri\u00e8re de la maison des Becchi. Pie XII, avec <a href=\"https:\/\/www.vatican.va\/content\/pius-xii\/en\/encyclicals\/documents\/hf_p-xii_enc_15091951_ingruentium-malorum.html\">Ingruentium Malorum<\/a> (15 septembre 1951), exhorta \u00e0 le r\u00e9citer surtout au mois d\u2019octobre, en soulignant sa valeur pour la famille, la paix et la vie chr\u00e9tienne ; Jean XXIII, avec <a href=\"https:\/\/www.vatican.va\/content\/john-xxiii\/en\/encyclicals\/documents\/hf_j-xxiii_enc_26091959_grata-recordatio.html\">Grata Recordatio<\/a> (26 septembre 1959), le recommanda pour les missions, pour l\u2019\u00c9glise, pour la paix et pour les besoins des peuples ; et Paul VI, avec <a href=\"https:\/\/www.vatican.va\/content\/paul-vi\/en\/encyclicals\/documents\/hf_p-vi_enc_15091966_christi-matri.html\">Christi Matri<\/a> (15 septembre 1966), invita \u00e0 le r\u00e9citer, surtout en octobre, afin d\u2019obtenir de Dieu le don de la paix.<\/p>\n<p>\u00c0 cette liste, il faut ensuite ajouter deux documents qui ne sont pas des encycliques mais qui restent fondamentaux. Le premier, qui se trouve \u00e0 l\u2019origine de tout, est la <a href=\"https:\/\/www.papalencyclicals.net\/pius05\/p5consue.htm\">Consueverunt Romani Pontifices<\/a> de saint Pie V, du 17 septembre 1569, qui expose et d\u00e9finit substantiellement la forme traditionnelle du Rosaire, avec le Notre P\u00e8re, les Je vous salue Marie et la m\u00e9ditation des myst\u00e8res, et que Paul VI consid\u00e8re explicitement comme le document par lequel Pie V \u00ab d\u00e9finissait la forme du Rosaire encore en usage aujourd\u2019hui \u00bb. Le second, le plus proche de nous, est la Lettre apostolique <a href=\"https:\/\/www.vatican.va\/content\/john-paul-ii\/fr\/apost_letters\/2002\/documents\/hf_jp-ii_apl_20021016_rosarium-virginis-mariae.html\">Rosarium Virginis Mariae<\/a> de saint Jean-Paul II, du 16 octobre 2002 : probablement le document pontifical moderne le plus important enti\u00e8rement consacr\u00e9 au Rosaire, notamment parce qu\u2019il introduit les myst\u00e8res lumineux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Les livres des saints et une rencontre \u00e0 Turin<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 de la voix des papes, il y a celle des saints, qui ont \u00e9norm\u00e9ment \u00e9crit sur le Rosaire ; et parmi les nombreux textes, quelques-uns m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre signal\u00e9s. Le plus ancien est <em>Le Tr\u00e8s Saint Rosaire. Le Psautier de J\u00e9sus et de Marie<\/em> du bienheureux Alain de la Roche, compos\u00e9 vers 1475, dont le titre fait encore r\u00e9sonner l\u2019ancien nom de \u00ab Psautier \u00bb. Plus de deux si\u00e8cles plus tard, vers 1710, saint Louis-Marie Grignion de Montfort \u00e9crivit <em>Le Secret admirable du Tr\u00e8s Saint Rosaire pour se convertir et se sauver<\/em>, qui est probablement le principal trait\u00e9 spirituel sur le Rosaire \u00e9crit par un saint et qui en aborde l\u2019origine, les pri\u00e8res, les myst\u00e8res, les fruits spirituels et la mani\u00e8re de le r\u00e9citer. \u00c0 celui-ci s\u2019ajoutent, du m\u00eame auteur, les <em>M\u00e9thodes pour r\u00e9citer le Rosaire<\/em>, qui en constituent le compl\u00e9ment pratique, puisqu\u2019elles proposent diff\u00e9rentes m\u00e9thodes m\u00e9ditatives pour accompagner les dizaines par des intentions et des consid\u00e9rations sur les myst\u00e8res du Christ et de Marie, et qui, dans les \u00e9ditions des \u0153uvres montfortaines, sont normalement publi\u00e9es avec le <em>Secret<\/em> ou en appendice. Plus pr\u00e8s de nous, saint Jos\u00e9maria Escriv\u00e1 publia en 1931 son <a href=\"https:\/\/escriva.org\/fr\/santo-rosario\/\">Saint Rosaire<\/a>, avec de br\u00e8ves m\u00e9ditations contemplatives sur les myst\u00e8res et les litanies de Lorette : un bon texte pour qui cherche moins une histoire ou une th\u00e9ologie syst\u00e9matique du Rosaire qu\u2019une m\u00e9thode concr\u00e8te de contemplation \u00e9vang\u00e9lique des myst\u00e8res.<\/p>\n<p>Entre Montfort et Escriv\u00e1 se situe l\u2019\u0153uvre d\u2019un contemporain de don Bosco, saint Bartolo Longo, qui publia en 1877 <em>Les quinze samedis du Tr\u00e8s Saint Rosaire. D\u00e9votion tr\u00e8s efficace pour obtenir toute gr\u00e2ce<\/em>, avec des m\u00e9ditations sur l\u2019\u00c9vangile de chaque myst\u00e8re, l\u2019\u0153uvre fondamentale sur le Rosaire de l\u2019ap\u00f4tre de Pomp\u00e9i. Don Bosco eut aussi avec lui une rencontre directe : en mai 1885, l\u2019avocat Longo alla le voir \u00e0 Turin et lui demanda comment il avait fait pour conqu\u00e9rir le monde. \u00ab Cher avocat, aurait r\u00e9pondu don Bosco, mon secret est celui-ci : j\u2019envoie mon journal \u00e0 ceux qui le veulent et \u00e0 ceux qui ne le veulent pas. \u00bb Le journal \u00e9tait le <em>Bollettino Salesiano<\/em>, et Bartolo Longo tira profit du conseil pour son p\u00e9riodique, <em>Il Rosario e la Nuova Pompei<\/em>. Don Bosco, pour sa part, n\u2019\u00e9crivit jamais de trait\u00e9 sur le Rosaire : il pr\u00e9f\u00e9ra le mettre dans les pages du <em>Giovane provveduto<\/em> et, surtout, entre les mains de ses gar\u00e7ons.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Quinze promesses<\/strong><\/p>\n<p>Au bienheureux Alain de la Roche, le dominicain du XVe si\u00e8cle d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9, la tradition rattache aussi les quinze promesses que la Vierge Marie aurait faites \u00e0 ceux qui r\u00e9citent le Rosaire, connues pr\u00e9cis\u00e9ment comme \u00ab les promesses du Saint Rosaire \u00bb. Lues \u00e0 la suite, elles dessinent un chemin qui accompagne le fid\u00e8le de la vie quotidienne jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9ternit\u00e9. Les voici :<\/p>\n<p>1. Celui qui r\u00e9cite fid\u00e8lement le Rosaire recevra des gr\u00e2ces particuli\u00e8res.<\/p>\n<p>2. \u00c0 celui qui le r\u00e9cite sont promises une protection sp\u00e9ciale et une abondance de gr\u00e2ces.<\/p>\n<p>3. Le Rosaire sera une d\u00e9fense puissante contre le mal, contre le p\u00e9ch\u00e9, les vices et l\u2019erreur.<\/p>\n<p>4. Il favorisera la croissance des vertus et des bonnes \u0153uvres, attirera la mis\u00e9ricorde de Dieu et orientera le c\u0153ur vers les biens \u00e9ternels.<\/p>\n<p>5. Celui qui se confie \u00e0 Marie par le Rosaire ne se perdra pas.<\/p>\n<p>6. Celui qui le r\u00e9cite avec d\u00e9votion, en m\u00e9ditant les myst\u00e8res, sera soutenu dans les \u00e9preuves ; le p\u00e9cheur sera appel\u00e9 \u00e0 la conversion et le juste \u00e0 pers\u00e9v\u00e9rer dans la gr\u00e2ce.<\/p>\n<p>7. Celui qui a une v\u00e9ritable d\u00e9votion au Rosaire ne mourra pas priv\u00e9 de l\u2019aide sacramentelle de l\u2019\u00c9glise.<\/p>\n<p>8. Celui qui le r\u00e9cite fid\u00e8lement recevra de Dieu lumi\u00e8re et gr\u00e2ce durant sa vie et \u00e0 l\u2019heure de la mort.<\/p>\n<p>9. Marie promet une aide particuli\u00e8re aux \u00e2mes d\u00e9votes du Rosaire dans leur purification apr\u00e8s la mort.<\/p>\n<p>10. Les fid\u00e8les d\u00e9vots du Rosaire recevront une gloire particuli\u00e8re au ciel.<\/p>\n<p>11. La pri\u00e8re pers\u00e9v\u00e9rante du Rosaire obtiendra les gr\u00e2ces demand\u00e9es, selon le dessein de Dieu.<\/p>\n<p>12. Celui qui diffuse le Rosaire recevra une aide particuli\u00e8re dans ses besoins.<\/p>\n<p>13. Les promoteurs du Rosaire jouiront de l\u2019intercession de la cour c\u00e9leste, surtout \u00e0 l\u2019heure de la mort.<\/p>\n<p>14. Ceux qui r\u00e9citent le Rosaire sont pr\u00e9sent\u00e9s comme des enfants de pr\u00e9dilection de Marie et des fr\u00e8res et s\u0153urs du Christ.<\/p>\n<p>15. La v\u00e9ritable d\u00e9votion au Rosaire est consid\u00e9r\u00e9e comme un signe de pr\u00e9destination, c\u2019est-\u00e0-dire un signe que la vie est orient\u00e9e vers le salut.<\/p>\n<p>Les quatre premi\u00e8res concernent le pr\u00e9sent ; les six suivantes accompagnent le d\u00e9vot dans les \u00e9preuves et dans la derni\u00e8re partie du chemin ; les quatre derni\u00e8res \u00e9largissent le regard de celui qui prie \u00e0 celui qui fait prier, tandis que la derni\u00e8re consid\u00e8re la v\u00e9ritable d\u00e9votion au Rosaire comme un signe de pr\u00e9destination, c\u2019est-\u00e0-dire un signe que la vie est orient\u00e9e vers le salut.<\/p>\n<p>Relues \u00e0 la lumi\u00e8re de la vie de don Bosco, certaines de ces promesses semblent presque commenter ce qui a \u00e9t\u00e9 racont\u00e9. La troisi\u00e8me est le r\u00eave du serpent, avec la corde des Ave Maria qui d\u00e9fend du mal ; la douzi\u00e8me et la treizi\u00e8me parlent de celui qui diffuse et promeut le Rosaire, et il est difficile de ne pas penser \u00e0 un pr\u00eatre qui, d\u00e9pourvu de moyens, trouva toujours l\u2019aide n\u00e9cessaire \u00e0 ses \u0153uvres et qui attribuait \u00e0 la Vierge tout ce qu\u2019il avait r\u00e9ussi \u00e0 faire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Le tr\u00e9sor des indulgences<\/strong><\/p>\n<p>Aux promesses confi\u00e9es \u00e0 la tradition s\u2019ajoute ce que l\u2019\u00c9glise elle-m\u00eame, de sa propre autorit\u00e9, a attach\u00e9 \u00e0 cette pri\u00e8re. Aujourd\u2019hui, en effet, elle accorde l\u2019indulgence pl\u00e9ni\u00e8re \u00e0 celui qui r\u00e9cite le saint Rosaire, selon les normes indiqu\u00e9es dans l\u2019actuel <em>Manuel des indulgences<\/em> (<em>Enchiridion Indulgentiarum<\/em>), parvenu \u00e0 sa IVe \u00e9dition, dont il convient de reproduire les textes officiels.<\/p>\n<p><strong>\u00ab 17. Pri\u00e8res \u00e0 la Bienheureuse Vierge Marie<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a7 1<\/strong> L\u2019<strong>indulgence pl\u00e9ni\u00e8re<\/strong> est accord\u00e9e au fid\u00e8le qui :<\/p>\n<p><strong>1\u00b0<\/strong> r\u00e9cite avec d\u00e9votion le <strong>Rosaire marial<\/strong> dans une \u00e9glise ou un oratoire, ou bien en famille, dans une communaut\u00e9 religieuse, dans une association de fid\u00e8les et, d\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, lorsque plusieurs fid\u00e8les se r\u00e9unissent dans un but honn\u00eate ;<\/p>\n<p><strong>2\u00b0<\/strong> s\u2019unit avec d\u00e9votion \u00e0 la r\u00e9citation de cette pri\u00e8re, lorsqu\u2019elle est faite par le Souverain Pontife et transmise par la t\u00e9l\u00e9vision ou la radio.<\/p>\n<p>Dans les autres circonstances, en revanche, l\u2019indulgence est partielle. <em>[par ex. si une personne le r\u00e9cite seule chez elle, en dehors des cas \u00e9num\u00e9r\u00e9s ci-dessus<\/em>]<\/p>\n<p>Le <strong>Rosaire<\/strong> est une pratique de pi\u00e9t\u00e9 dans laquelle \u00e0 la r\u00e9citation de quinze dizaines de Je vous salue Marie, entrecoup\u00e9es du Notre P\u00e8re, s\u2019unit respectivement la pieuse m\u00e9ditation d\u2019autant de myst\u00e8res de notre r\u00e9demption.<\/p>\n<p>Pour l\u2019indulgence pl\u00e9ni\u00e8re attach\u00e9e \u00e0 la r\u00e9citation du Rosaire marial, les normes suivantes sont \u00e9tablies :<\/p>\n<p>a) il suffit de r\u00e9citer seulement le tiers ; mais les cinq dizaines doivent \u00eatre r\u00e9cit\u00e9es sans interruption ;<\/p>\n<p>b) \u00e0 la pri\u00e8re vocale doit s\u2019ajouter la pieuse m\u00e9ditation des myst\u00e8res ;<\/p>\n<p>c) dans la r\u00e9citation publique, les myst\u00e8res doivent \u00eatre \u00e9nonc\u00e9s selon la coutume approuv\u00e9e en vigueur dans le lieu ; dans la r\u00e9citation priv\u00e9e, en revanche, il suffit que le fid\u00e8le ajoute \u00e0 la pri\u00e8re vocale la m\u00e9ditation des myst\u00e8res. \u00bb (<em>Manuel des indulgences<\/em>, Concessions, n\u00b0 17)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em>Les conditions g\u00e9n\u00e9rales<\/em><\/strong><\/p>\n<p><em>Pour obtenir effectivement l\u2019<\/em><strong><em>indulgence pl\u00e9ni\u00e8re<\/em><\/strong><em>, outre la r\u00e9citation du Rosaire dans les conditions indiqu\u00e9es, les conditions habituelles sont requises :<\/em><\/p>\n<p>\u00ab <strong>N\u00b0 20 &#8211; \u00a7 1.<\/strong> Pour obtenir l\u2019indulgence pl\u00e9ni\u00e8re, outre l\u2019<strong>exclusion de toute affection au p\u00e9ch\u00e9, m\u00eame v\u00e9niel<\/strong>, il est n\u00e9cessaire d\u2019accomplir l\u2019\u0153uvre indulgenci\u00e9e et de remplir les trois conditions : <strong>confession sacramentelle<\/strong>, <strong>communion eucharistique<\/strong> et <strong>pri\u00e8re selon les intentions du Souverain Pontife<\/strong>. <em>[C\u2019est pourquoi il est d\u2019usage courant d\u2019ajouter \u00e0 la fin du Rosaire un Notre P\u00e8re et un Je vous salue Marie aux intentions du Pape<\/em>]<\/p>\n<p><strong>\u00a7 2<\/strong> Avec une seule confession sacramentelle, on peut obtenir plusieurs indulgences pl\u00e9ni\u00e8res ; en revanche, avec une seule communion eucharistique et une seule pri\u00e8re selon les intentions du Souverain Pontife, on ne peut obtenir qu\u2019une seule indulgence pl\u00e9ni\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>\u00a7 3<\/strong> Les trois conditions peuvent \u00eatre remplies plusieurs jours avant ou apr\u00e8s l\u2019accomplissement de l\u2019\u0153uvre prescrite ; toutefois, il convient que la communion et la pri\u00e8re selon les intentions du Souverain Pontife soient faites le m\u00eame jour o\u00f9 l\u2019\u0153uvre est accomplie.<\/p>\n<p><strong>\u00a7 4<\/strong> Si la pleine disposition fait d\u00e9faut, ou si l\u2019\u0153uvre requise n\u2019est pas enti\u00e8rement accomplie, ou si les trois conditions ne sont pas remplies, l\u2019indulgence ne sera que partielle, sauf ce qui est prescrit dans les normes 24 et 25 pour les \u00ab emp\u00each\u00e9s \u00bb.<\/p>\n<p><strong>\u00a7 5<\/strong> La condition de la pri\u00e8re selon les intentions du Souverain Pontife est pleinement remplie en r\u00e9citant \u00e0 ses intentions un <em>Notre P\u00e8re<\/em> et un <em>Je vous salue Marie<\/em> ; chacun des fid\u00e8les reste cependant libre de r\u00e9citer toute autre pri\u00e8re selon sa pi\u00e9t\u00e9 et sa d\u00e9votion. \u00bb (<em>Manuel des indulgences<\/em>, Normes sur les indulgences, n\u00b0 20)<\/p>\n<p><em>L\u2019indulgence pl\u00e9ni\u00e8re peut normalement \u00eatre obtenue <\/em><strong><em>une seule fois par jour<\/em><\/strong><em>.<\/em><\/p>\n<p>\u00ab <strong>N\u00b0 18 &#8211; \u00a7 1.<\/strong> L\u2019indulgence pl\u00e9ni\u00e8re peut \u00eatre obtenue une seule fois par jour ; l\u2019indulgence partielle, en revanche, peut \u00eatre obtenue plusieurs fois par jour.<\/p>\n<p><strong>\u00a7 2.<\/strong> Le fid\u00e8le pourra toutefois obtenir l\u2019indulgence pl\u00e9ni\u00e8re <em>in articulo mortis<\/em> m\u00eame si, le m\u00eame jour, il a d\u00e9j\u00e0 obtenu une autre indulgence pl\u00e9ni\u00e8re. \u00bb (<em>Manuel des indulgences<\/em>, Normes sur les indulgences, n\u00b0 18)<\/p>\n<p><em>Les indulgences, qu\u2019elles soient <\/em><strong><em>partielles ou pl\u00e9ni\u00e8res<\/em><\/strong><em>, peuvent \u00eatre <\/em><strong><em>appliqu\u00e9es aux d\u00e9funts \u00e0 titre de suffrage<\/em><\/strong><em>. Elles ne peuvent en revanche pas \u00eatre appliqu\u00e9es directement \u00e0 une autre personne vivante.<\/em><\/p>\n<p>\u00ab <strong>N\u00b0 3.<\/strong> Les indulgences, tant partielles que pl\u00e9ni\u00e8res, peuvent toujours \u00eatre appliqu\u00e9es aux d\u00e9funts \u00e0 titre de suffrage. \u00bb (<em>Manuel des indulgences<\/em>, Normes sur les indulgences, n\u00b0 3)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Le chapelet \u00e0 la main<\/strong><\/p>\n<p>Nous revenons ainsi au point de d\u00e9part, \u00e0 cette couronne de roses qui cache ses \u00e9pines. Don Bosco le savait par exp\u00e9rience : dans le r\u00eave de la tonnelle, qu\u2019il raconta aux premiers Sal\u00e9siens, la Vierge lui fit parcourir un sentier couvert de tr\u00e8s belles roses sous lesquelles se cachaient des \u00e9pines piquantes. Le Rosaire fut pour lui la mani\u00e8re d\u2019avancer sur ces roses sans s\u2019arr\u00eater : enfant \u00e0 genoux aupr\u00e8s de sa m\u00e8re, pr\u00eatre au milieu des gar\u00e7ons, vieillard sur son pauvre canap\u00e9, le chapelet entre les doigts.<\/p>\n<p>\u00c0 celui qui entre aujourd\u2019hui dans la petite chapelle des Becchi ou dans la basilique de Valdocco, il laisse donc la m\u00eame consigne qu\u2019il donna au marquis d\u2019Azeglio : on peut renoncer \u00e0 beaucoup de choses, m\u00eame importantes, mais pas \u00e0 celle-ci. Cinq dizaines par jour suffisent, r\u00e9cit\u00e9es en m\u00e9ditant les myst\u00e8res et, si possible, ensemble, en famille, en communaut\u00e9, \u00e0 l\u2019oratoire ; et octobre, le mois que l\u2019\u00c9glise consacre au Rosaire depuis L\u00e9on XIII, est le moment juste pour recommencer.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Octobre est le mois du Rosaire et, pour don Bosco, ce fut longtemps le mois&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":55119,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":4,"footnotes":""},"categories":[131],"tags":[1716,2634,1764,1818,1686,2022,2028],"class_list":["post-55144","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-don-bosco","tag-charisme-salesien","tag-conciles","tag-don-bosco","tag-grace","tag-marie","tag-vertus","tag-vie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/55144","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=55144"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/55144\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":55145,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/55144\/revisions\/55145"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/55119"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=55144"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=55144"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=55144"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}