{"id":54850,"date":"2026-09-14T07:18:48","date_gmt":"2026-09-14T07:18:48","guid":{"rendered":"https:\/\/www.donbosco.press\/?p=54850"},"modified":"2026-09-14T07:19:20","modified_gmt":"2026-09-14T07:19:20","slug":"le-systeme-preventif-7-7-le-regard-retrospectif-lexpose-des-memoires-biographiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/don-bosco\/le-systeme-preventif-7-7-le-regard-retrospectif-lexpose-des-memoires-biographiques\/","title":{"rendered":"Le syst\u00e8me pr\u00e9ventif (7\/7). Le regard r\u00e9trospectif. L\u2019expos\u00e9 des M\u00e9moires Biographiques"},"content":{"rendered":"<p>Nous continuons avec le septi\u00e8me et dernier \u00e9pisode sur les textes principaux du syst\u00e8me pr\u00e9ventif de don Bosco.<\/p>\n<p>Article pr\u00e9c\u00e9dent: <a href=\"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/don-bosco\/le-systeme-preventif-6-7-a-un-formateur-de-pretres-la-reponse-au-recteur-du-seminaire-de-montpellier-dupuy\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Le syst\u00e8me pr\u00e9ventif (6\/7). \u00c0 un formateur de pr\u00eatres. La r\u00e9ponse au recteur du S\u00e9minaire de Montpellier, Dupuy<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Le regard r\u00e9trospectif : l\u2019expos\u00e9 des M\u00e9moires Biographiques<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La derni\u00e8re \u00e9tape est de nature diff\u00e9rente des pr\u00e9c\u00e9dentes, et la s\u00e9rie doit le dire ouvertement au lecteur. Le chapitre XLVII du quatri\u00e8me volume des M\u00e9moires Biographiques n&rsquo;est pas un texte publi\u00e9 du vivant de don Bosco : c&rsquo;est la reconstruction syst\u00e9matique que don Giovanni Battista Lemoyne compose en recueillant les pratiques, les t\u00e9moignages et les souvenirs de la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration, et qu&rsquo;il place dans sa narration des ann\u00e9es autour de 1851-1853. Il est suivi, au chapitre XLVIII, du mot sur les ch\u00e2timents. Sa valeur n&rsquo;est donc pas de source directe, mais de r\u00e9ception : elle nous dit comment les premiers sal\u00e9siens avaient compris et r\u00e9organis\u00e9 ce qu&rsquo;ils avaient vu faire. Lu \u00e0 la fin de la s\u00e9rie, il fonctionne comme un miroir : il permet de mesurer \u00e0 quel point la pratique du fondateur \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9e dans la doctrine commune.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>(MB IV,544-558, l\u2019entier <em>chapitre XLVII<\/em>)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>\u00ab CHAPITRE XLVII. Le Syst\u00e8me Pr\u00e9ventif &#8211; Son application &#8211; Ses avantages<\/strong><\/p>\n<p>D&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;ensemble de ce que nous avons expos\u00e9 dans les volumes pr\u00e9c\u00e9dents, nos lecteurs se seront form\u00e9 un jugement exact sur le syst\u00e8me adopt\u00e9 par D. Bosco dans l&rsquo;\u00e9ducation de la jeunesse. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas le syst\u00e8me dit r\u00e9pressif, mais bien le pr\u00e9ventif, syst\u00e8me plus conforme \u00e0 la raison et \u00e0 la Religion. En effet, la Religion enseigne la charit\u00e9 qui combat l&rsquo;orgueil, l&rsquo;\u00e9go\u00efsme, rend les enfants sociables, reconnaissants et respectueux les uns envers les autres, ob\u00e9issants spontan\u00e9ment \u00e0 ceux qui ont le droit et le devoir de commander, et orne m\u00eame d&rsquo;une certaine gentillesse ing\u00e9nue les plus difficiles car elle exclut la crainte.<\/p>\n<p><em>La raison d\u00e9montre ensuite par l&rsquo;exp\u00e9rience que sans v\u00e9ritable affection, le minist\u00e8re de l&rsquo;\u00e9ducateur est inutile<\/em>. Le premier bonheur d&rsquo;un enfant est de se savoir aim\u00e9. Alors il correspond \u00e0 cet amour, se persuade de la v\u00e9rit\u00e9 de ce que le ma\u00eetre affirme, aime tout ce que le ma\u00eetre enseigne, ce qui pla\u00eet au ma\u00eetre lui pla\u00eet, il s&rsquo;attache pour toute la vie \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 et \u00e0 la doctrine qu&rsquo;il a apprises de lui, et se sent m\u00eame attir\u00e9 par la profession, y compris sacerdotale ou religieuse, de son \u00e9ducateur, et l&rsquo;aime comme le p\u00e8re de son \u00e2me.<\/p>\n<p>De plus, dans ces ann\u00e9es-l\u00e0, le syst\u00e8me pr\u00e9ventif \u00e9tait devenu une n\u00e9cessit\u00e9. Les aspirations populaires \u00e0 un gouvernement plus doux, second\u00e9es par les Princes respectifs, faisaient que les jeunes exigeaient encore de leurs sup\u00e9rieurs une direction plus affectueuse et plus paternelle. C\u2019est pourquoi, un syst\u00e8me d&rsquo;\u00e9ducation rude et r\u00e9pressif, tel qu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 pratiqu\u00e9 \u00e0 d&rsquo;autres \u00e9poques, aurait r\u00e9pugn\u00e9 \u00e0 la nature des temps, et aurait produit, entre autres, deux maux tr\u00e8s graves. Il aurait \u00e9loign\u00e9 les jeunes de l&rsquo;Oratoire, o\u00f9 ils se rendaient spontan\u00e9ment, et d&rsquo;o\u00f9 ils pouvaient \u00e9galement partir de leur plein gr\u00e9 sans qu&rsquo;aucune loi ou autorit\u00e9 ne les retienne ; et de surcro\u00eet, il aurait confirm\u00e9 chez eux les mauvaises rumeurs que des journalistes soudoy\u00e9s, des saltimbanques et des com\u00e9diens r\u00e9pandaient largement, \u00e0 savoir que les pr\u00eatres \u00e9taient autant de tyrans, ennemis de la libert\u00e9 et du peuple. Mais au moyen de son syst\u00e8me, D. Bosco emp\u00eacha qu&rsquo;un tel malheur ne s&rsquo;infiltre parmi ses jeunes. C&rsquo;est pourquoi l&rsquo;Oratoire fut toujours tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9, au point de rendre n\u00e9cessaire l&rsquo;ouverture de nouveaux Oratoires dans divers quartiers de la ville ; et d&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, si quelque mauvaise langue venait \u00e0 m\u00e9dire des pr\u00eatres en pr\u00e9sence des jeunes qui le fr\u00e9quentaient, il suffisait qu&rsquo;ils se rappellent les traits de bont\u00e9 exquise que pratiquait D. Bosco, pour donner aux m\u00e9disants un d\u00e9menti solennel. En effet, dans les ateliers, il leur arriva plusieurs fois d&rsquo;avancer cet argument contre ceux qui cassaient du sucre sur le dos des pr\u00eatres, et beaucoup se souviennent qu&rsquo;alors, ne sachant plus que r\u00e9pondre, les murmureurs r\u00e9pondaient : <em>Si les pr\u00eatres \u00e9taient tous comme votre D. Bosco, vous auriez raison ; mais ce n&rsquo;est pas le cas<\/em>. Eux, par contre, en voyant un Th\u00e9ol. Borel, un Th\u00e9ol. Chiaves, un Th\u00e9ol. Carpano, un Th\u00e9ol. Murialdo, un Th\u00e9ol. Vola, un Th\u00e9ologien Marengo et bien d&rsquo;autres pr\u00eatres exemplaires faire une splendide couronne \u00e0 D. Bosco, et s&rsquo;efforcer de l&rsquo;imiter en voulant du bien aux jeunes et en traitant les jeunes et m\u00eame les garnements en amis et en p\u00e8res, persistaient fermement dans leurs convictions. Ils jugeaient ces m\u00e9disances comme des calomnies, ce qu&rsquo;elles \u00e9taient, et allaient de l&rsquo;avant. C\u2019est ainsi que, avec l&rsquo;amour et l&rsquo;attachement \u00e0 la Religion Catholique, ils nourrissaient toujours envers ses ministres une haute estime et une profonde v\u00e9n\u00e9ration, et il ne faut pas h\u00e9siter \u00e0 dire que ces fruits \u00e9taient dus \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation que leur dispensaient D. Bosco et ses patients collaborateurs.<\/p>\n<p>Ce syst\u00e8me, D. Bosco l&rsquo;avait exp\u00e9riment\u00e9 avec un tel succ\u00e8s pour le bien-\u00eatre moral des jeunes, qu&rsquo;apr\u00e8s en avoir instill\u00e9 la pratique \u00e0 tous ses assistants et apr\u00e8s divers entretiens avec le Th\u00e9ol. Eugenio Galletti, Chanoine du Corpus Domini, il finit par l\u2019exposer bri\u00e8vement par \u00e9crit en d\u00e9montrant en quoi consistent les deux syst\u00e8mes pr\u00e9ventif et r\u00e9pressif, en apportant les raisons pour lesquelles le premier est pr\u00e9f\u00e9rable, en enseignant son application pratique et en d\u00e9voilant ses grands avantages. Cet \u00e9crit tr\u00e8s utile vit ensuite le jour dans le R\u00e8glement pour les Maisons Sal\u00e9siennes, et nous croyons qu&rsquo;il est dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des lecteurs de le reproduire ici pour leur norme et leur gouverne.<\/p>\n<p>\u201cIl y a deux Syst\u00e8mes, dit D. Bosco, utilis\u00e9s de tout temps dans l&rsquo;\u00e9ducation de la jeunesse : Pr\u00e9ventif et R\u00e9pressif. Le Syst\u00e8me R\u00e9pressif consiste \u00e0 faire conna\u00eetre la loi aux sujets, et ensuite \u00e0 surveiller pour en conna\u00eetre les transgresseurs et infliger, si besoin est, le ch\u00e2timent m\u00e9rit\u00e9. Dans ce Syst\u00e8me, les paroles et l&rsquo;aspect du Sup\u00e9rieur doivent toujours \u00eatre s\u00e9v\u00e8res et plut\u00f4t mena\u00e7ants, et lui-m\u00eame doit \u00e9viter toute familiarit\u00e9 avec les subordonn\u00e9s. Outre cela, le Directeur, pour accro\u00eetre son autorit\u00e9, devra se trouver rarement parmi ses sujets, et le plus souvent seulement lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de punir et de menacer. Ce Syst\u00e8me est facile, moins fatigant, et sert sp\u00e9cialement dans l&rsquo;arm\u00e9e, et en g\u00e9n\u00e9ral parmi les personnes adultes et sens\u00e9es, qui doivent d&rsquo;elles-m\u00eames \u00eatre en mesure de savoir et de se rappeler ce qui est conforme aux lois et aux autres prescriptions.<\/p>\n<p><em>Diff\u00e9rent et, dirais-je, oppos\u00e9 est le Syst\u00e8me Pr\u00e9ventif. Il consiste \u00e0 faire conna\u00eetre les prescriptions et les r\u00e8glements d&rsquo;un Institut, et ensuite \u00e0 surveiller leurs \u00e9l\u00e8ves <\/em>en ayant toujours sur eux l&rsquo;\u0153il du Directeur ou des assistants, qui comme des p\u00e8res aimants parlent, servent de guide \u00e0 tout \u00e9v\u00e9nement, donnent des conseils et corrigent affectueusement, ce qui revient \u00e0 dire : <em>Mettre les \u00e9l\u00e8ves dans l&rsquo;impossibilit\u00e9 de commettre des fautes<\/em>. Ce Syst\u00e8me s&rsquo;appuie tout entier sur la raison, la religion et l&rsquo;affection ; c&rsquo;est pourquoi il exclut tout ch\u00e2timent violent, et cherche \u00e0 \u00e9loigner m\u00eame les ch\u00e2timents l\u00e9gers. Il semble que ce Syst\u00e8me soit pr\u00e9f\u00e9rable pour les raisons suivantes :<\/p>\n<p>I. L&rsquo;\u00e9l\u00e8ve pr\u00e9venu \u00e0 l&rsquo;avance n&rsquo;est pas avili par les fautes commises, comme cela arrive lorsqu&rsquo;elles sont d\u00e9f\u00e9r\u00e9es au Sup\u00e9rieur. Le jeune ne se met pas en col\u00e8re pour la correction faite ou pour le ch\u00e2timent annonc\u00e9 ou inflig\u00e9, car il y a toujours une parole amicale qui le raisonne, et qui le plus souvent r\u00e9ussit \u00e0 le persuader et \u00e0 gagner son c\u0153ur, de sorte que le coupable conna\u00eet la n\u00e9cessit\u00e9 du ch\u00e2timent et le d\u00e9sire presque.<\/p>\n<p>II. La raison la plus essentielle est la mobilit\u00e9 du jeune, qui en un instant oublie les r\u00e8gles disciplinaires et les punitions pr\u00e9vues. C&rsquo;est pourquoi souvent un enfant transgresse une r\u00e8gle et m\u00e9rite une peine, auxquelles au moment de l&rsquo;action il ne faisait pas du tout attention, et il aurait certainement agi diff\u00e9remment si une voix amie l&rsquo;avait averti.<\/p>\n<p>III. Le Syst\u00e8me R\u00e9pressif pourra emp\u00eacher des d\u00e9sordres, mais difficilement il rendra les \u00e2mes meilleures. On a observ\u00e9 que les jeunes n&rsquo;oublient pas les ch\u00e2timents subis, et le plus souvent conservent de l&rsquo;amertume avec le d\u00e9sir de secouer le joug et m\u00eame de s&rsquo;en venger. Il semble parfois qu&rsquo;ils n&rsquo;y fassent pas attention, mais celui qui suit leurs fa\u00e7ons de faire sait que les r\u00e9miniscences de la jeunesse sont terribles. Ils oublient facilement les punitions des parents, mais tr\u00e8s difficilement celles des \u00e9ducateurs. Il y en a certains qui, dans leur vieillesse, ont veng\u00e9 vilainement certains ch\u00e2timents, re\u00e7us justement au temps de leur \u00e9ducation. Au contraire, le Syst\u00e8me Pr\u00e9ventif fait de l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve un ami, qui reconna\u00eet dans l\u2019assistant un bienfaiteur qui l&rsquo;avertit, veut le rendre meilleur, le lib\u00e9rer des chagrins, des ch\u00e2timents, du d\u00e9shonneur.<\/p>\n<p>IV. Le Syst\u00e8me Pr\u00e9ventif traite l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve de telle mani\u00e8re que l&rsquo;\u00e9ducateur pourra toujours lui parler le langage du c\u0153ur, au temps de l&rsquo;\u00e9ducation et apr\u00e8s ce temps. Avec un tel Syst\u00e8me, l&rsquo;\u00e9ducateur, en gagnant le c\u0153ur de son prot\u00e9g\u00e9, pourra exercer sur lui une grande influence, l&rsquo;avertir, le conseiller et m\u00eame le corriger lorsqu&rsquo;il sera au travail, dans les bureaux ou dans le commerce.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pour ces raisons et bien d&rsquo;autres, il semble que le Syst\u00e8me Pr\u00e9ventif doive \u00eatre pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 au R\u00e9pressif\u201d.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s cela, D. Bosco se met \u00e0 parler de son application en continuant ainsi :<\/p>\n<p>La pratique de ce syst\u00e8me est tout enti\u00e8re appuy\u00e9e sur les paroles de St Paul qui dit : <em>Charitas patiens est, benigna est, omnia suffert, omnia sperat, omnia sustinet<\/em> ; et aussi sur les paroles adress\u00e9es aux parents : \u201cP\u00e8res, ne provoquez pas \u00e0 la col\u00e8re vos enfants, afin qu&rsquo;ils ne perdent pas courage\u201d. C&rsquo;est pourquoi seul le chr\u00e9tien peut appliquer avec succ\u00e8s le Syst\u00e8me Pr\u00e9ventif. Raison et Religion sont les moyens dont l&rsquo;\u00e9ducateur doit constamment faire usage, s&rsquo;il veut parvenir au but. Voici donc les principales r\u00e8gles d&rsquo;application dudit Syst\u00e8me.<\/p>\n<p>I. Le Directeur doit \u00eatre tout entier consacr\u00e9 \u00e0 ses \u00e9l\u00e8ves, et ne jamais prendre des engagements qui l&rsquo;\u00e9loignent de sa responsabilit\u00e9 ; au contraire, il doit se trouver toujours avec ses \u00e9l\u00e8ves toutes les fois qu&rsquo;ils ne sont pas pris par des devoirs, \u00e0 moins qu&rsquo;ils ne soient d\u00fbment assist\u00e9s par d&rsquo;autres.<\/p>\n<p>II. Les ma\u00eetres et les assistants doivent \u00eatre d&rsquo;une moralit\u00e9 connue. Qu&rsquo;ils s&rsquo;efforcent d\u2019\u00e9viter comme la peste toute sorte d&rsquo;affection ou d&rsquo;amiti\u00e9s particuli\u00e8res avec les \u00e9l\u00e8ves, et qu&rsquo;ils se souviennent que l&rsquo;\u00e9garement d&rsquo;un seul peut compromettre un Institut \u00e9ducatif. Qu&rsquo;on fasse en sorte que les \u00e9l\u00e8ves ne soient jamais seuls. Autant que possible, que les assistants les pr\u00e9c\u00e8dent sur les lieux o\u00f9 ils doivent se rassembler ; qu&rsquo;ils restent avec eux jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;ils soient surveill\u00e9s par d&rsquo;autres, qu&rsquo;ils ne les laissent jamais inoccup\u00e9s m\u00eame au temps de la r\u00e9cr\u00e9ation.<\/p>\n<p>III. Qu&rsquo;on leur donne une grande libert\u00e9 de sauter, courir, faire du tapage \u00e0 volont\u00e9. La gymnastique, la musique, la d\u00e9clamation, le petit th\u00e9\u00e2tre, les promenades sont des moyens tr\u00e8s efficaces pour obtenir la discipline, servir \u00e0 la moralit\u00e9 et \u00e0 la sant\u00e9. Qu&rsquo;on veille seulement \u00e0 ce que la mati\u00e8re du divertissement soit bien choisie, que les personnes qui y interviennent soient honn\u00eates et non dangereuses, et que les discours qui s\u2019y font ne soient pas bl\u00e2mables. Faites tout ce que vous voulez, disait le grand ami de la jeunesse St Philippe N\u00e9ri, il me suffit que vous ne fassiez pas de p\u00e9ch\u00e9s.<\/p>\n<p>IV. La Confession fr\u00e9quente et la Communion fr\u00e9quente sont les colonnes qui doivent soutenir un \u00e9difice \u00e9ducatif, dont on veut \u00e9loigner la menace et la trique. Ne jamais contraindre les jeunes \u00e0 la fr\u00e9quentation des saints Sacrements, mais seulement les encourager et leur offrir la commodit\u00e9 d&rsquo;en profiter. \u00c0 l&rsquo;occasion d&rsquo;Exercices spirituels, de triduums, de neuvaines, de pr\u00e9dications et de cat\u00e9chismes, qu&rsquo;on fasse ressortir la beaut\u00e9, la grandeur, la saintet\u00e9 de cette Religion, qui pr\u00e9sente des moyens si faciles, si utiles \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 civile, \u00e0 la tranquillit\u00e9 du c\u0153ur, au salut de l&rsquo;\u00e2me, que sont pr\u00e9cis\u00e9ment les saints Sacrements. De cette mani\u00e8re, les enfants restent spontan\u00e9ment d\u00e9sireux de ces pratiques de pi\u00e9t\u00e9, ils s&rsquo;en approcheront avec conviction et avec fruit.<\/p>\n<p>V. Qu&rsquo;on use de la plus grande surveillance pour emp\u00eacher que ne s&rsquo;introduisent dans l&rsquo;Institut de mauvais compagnons et de mauvais livres, ou des personnes qui tiennent de mauvais discours. Le choix d&rsquo;un bon concierge est un tr\u00e9sor pour une maison d&rsquo;\u00e9ducation.<\/p>\n<p>VI. Chaque soir apr\u00e8s les pri\u00e8res communes, et avant que les \u00e9l\u00e8ves n&rsquo;aillent se reposer, le Directeur, ou celui qui le remplace, adresse quelques paroles affectueuses en public, en donnant un avis ou un conseil sur des choses \u00e0 faire ou \u00e0 \u00e9viter ; qu&rsquo;il s&rsquo;efforce de tirer une le\u00e7on des faits survenus dans la journ\u00e9e dans l&rsquo;Institut ou au-dehors ; mais que son discours ne d\u00e9passe pas les cinq minutes. Ce petit sermon bien conduit est comme la cl\u00e9 de la moralit\u00e9 et du bon succ\u00e8s de l&rsquo;\u00e9ducation.<\/p>\n<p>VII. Qu&rsquo;on \u00e9vite l&rsquo;opinion pestif\u00e8re de ceux qui voudraient diff\u00e9rer la premi\u00e8re Communion \u00e0 un \u00e2ge trop avanc\u00e9, quand le plus souvent le d\u00e9mon a d\u00e9j\u00e0 pris possession du c\u0153ur d&rsquo;un jeune en causant un dommage incalculable \u00e0 son innocence. Selon la discipline de l&rsquo;\u00c9glise primitive, on avait coutume de donner aux enfants les hosties consacr\u00e9es qui restaient de la Communion des adultes. Cela sert \u00e0 nous faire conna\u00eetre combien l&rsquo;\u00c9glise aime que les enfants soient admis de bonne heure \u00e0 la sainte Communion. Quand un jeune sait distinguer entre pain et pain, et manifeste une instruction suffisante, qu&rsquo;on ne fasse plus attention \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge, et que le Souverain c\u00e9leste vienne r\u00e9gner dans cette \u00e2me b\u00e9nie.<\/p>\n<p>VIII. En ce qui concerne la Communion, les cat\u00e9chismes en recommandent la fr\u00e9quence. Saint Philippe N\u00e9ri la conseillait tous les huit jours et m\u00eame plus souvent. Le Concile de Trente dit clairement qu&rsquo;il d\u00e9sire ardemment que chaque fid\u00e8le chr\u00e9tien qui participe \u00e0 la sainte Messe fasse \u00e9galement la Communion, non seulement spirituelle, mais aussi sacramentelle, afin qu&rsquo;il tire un plus grand fruit de cet auguste et divin Sacrifice\u201d.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L&rsquo;utilit\u00e9 de ce Syst\u00e8me d&rsquo;\u00e9ducation ne peut \u00e9chapper \u00e0 la consid\u00e9ration d&rsquo;une personne sens\u00e9e ; toutefois, afin de mieux en persuader, D. Bosco poursuit :<\/p>\n<p>\u201cCertains diront que ce Syst\u00e8me est difficile \u00e0 pratiquer. J&rsquo;observe que de la part des \u00e9l\u00e8ves, il s&rsquo;av\u00e8re beaucoup plus facile, plus satisfaisant, plus avantageux. De la part ensuite des \u00e9ducateurs, il renferme quelques difficult\u00e9s, qui cependant sont diminu\u00e9es, si l&rsquo;\u00e9ducateur se met avec tout son z\u00e8le \u00e0 son \u0153uvre. L&rsquo;\u00e9ducateur est un individu consacr\u00e9 au bien de ses \u00e9l\u00e8ves ; c&rsquo;est pourquoi il doit \u00eatre pr\u00eat \u00e0 affronter tout d\u00e9rangement, toute fatigue, pour atteindre son but, qui est l&rsquo;\u00e9ducation civile, morale et scientifique de ses \u00e9l\u00e8ves. Outre les avantages expos\u00e9s ci-dessus, j&rsquo;ajoute encore les suivants :<\/p>\n<p>I. L&rsquo;\u00e9l\u00e8ve sera toujours plein de respect envers l&rsquo;\u00e9ducateur et se rappellera toujours avec plaisir la direction re\u00e7ue, consid\u00e9rant comme des p\u00e8res et des fr\u00e8res ses ma\u00eetres et les autres sup\u00e9rieurs.<\/p>\n<p>II. Quel que soit le caract\u00e8re, le naturel ou l&rsquo;\u00e9tat moral d&rsquo;un jeune \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de son acceptation, les parents peuvent \u00eatre s\u00fbrs que leur fils ne pourra pas empirer, et on peut tenir pour certain qu&rsquo;on obtiendra toujours quelque am\u00e9lioration. Certains enfants qui \u00e9taient la d\u00e9solation de leurs parents, et m\u00eame refus\u00e9s par les maisons de correction, si on les \u00e9duque selon les principes de ce Syst\u00e8me, ont chang\u00e9 de comportement et de caract\u00e8re, se sont adonn\u00e9s \u00e0 une vie rang\u00e9e, et occupent pr\u00e9sentement une place honorable dans la soci\u00e9t\u00e9, et sont le soutien de leur famille et l\u2019honneur de leur pays.<\/p>\n<p>III. Les \u00e9l\u00e8ves qui par aventure entreraient dans un Institut avec de tristes habitudes ne peuvent pas nuire \u00e0 leurs compagnons. Et les bons jeunes ne pourront pas recevoir de dommage de ceux-ci, car il n&rsquo;y a ni temps, ni lieu, ni opportunit\u00e9 o\u00f9 ils ne puissent \u00eatre toujours affectueusement assist\u00e9s et prot\u00e9g\u00e9s\u201d.<\/p>\n<p>D. Bosco conclut son petit trait\u00e9 par un mot sur les ch\u00e2timents : Quelle r\u00e8gle doit-on suivre, demande-t-il, dans l\u2019usage des punitions ? Et il r\u00e9pond : Si c&rsquo;est possible, qu&rsquo;on ne fasse jamais usage des ch\u00e2timents ; si la n\u00e9cessit\u00e9 demande r\u00e9pression, qu&rsquo;on retienne ce qui suit :<\/p>\n<p>\u201cI. L&rsquo;\u00e9ducateur cherchera \u00e0 se faire aimer de ses \u00e9l\u00e8ves, s&rsquo;il veut se faire craindre. Dans ce cas, leur retirer la bienveillance est un ch\u00e2timent, mais un ch\u00e2timent qui excite l&rsquo;\u00e9mulation, donne du courage et n&rsquo;avilit jamais.<\/p>\n<p>II. Aupr\u00e8s des jeunes, est ch\u00e2timent ce qu&rsquo;on fait servir comme tel. On a observ\u00e9 qu&rsquo;un regard sans affection produit chez certains un plus grand effet que ne le ferait une gifle. La louange pour une belle action, le bl\u00e2me pour une n\u00e9gligence coupable, peuvent servir au mieux de r\u00e9compense ou de ch\u00e2timent.<\/p>\n<p>III. Except\u00e9 de tr\u00e8s rares cas, les corrections et les ch\u00e2timents ne se donnent jamais en public, mais en priv\u00e9 et loin de la vue des camarades. On emploiera le maximum de prudence et de patience pour faire que l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve comprenne son tort en faisant appel \u00e0 la raison et \u00e0 la religion.<\/p>\n<p>IV. Donner de vilains surnoms, frapper de quelque mani\u00e8re que ce soit, mettre \u00e0 genoux dans une position douloureuse, tirer les oreilles et autres actes similaires, tous ces comportements doivent \u00eatre absolument \u00e9vit\u00e9s car ils sont interdits par les lois civiles, ils irritent grandement les jeunes, et ils avilissent l&rsquo;\u00e9ducateur lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>V. Que le Directeur fasse bien conna\u00eetre les r\u00e8gles, les r\u00e9compenses et les ch\u00e2timents pr\u00e9vus par les R\u00e8glements de discipline, afin que l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve ne puisse pas s&rsquo;excuser en disant : Je ne savais pas que cela \u00e9tait command\u00e9 ou interdit.<\/p>\n<p>VI. Avant d&rsquo;infliger une quelconque punition, qu&rsquo;on observe le degr\u00e9 de culpabilit\u00e9 chez l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve, et l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;admonition suffit, qu&rsquo;on n&#8217;emploie pas les reproches, et l\u00e0 o\u00f9 ceux-ci sont suffisants, qu&rsquo;on n&rsquo;aille pas plus loin.<\/p>\n<p>VII. \u00ab Ni en paroles ni en actes, que l&rsquo;on ne punisse jamais lorsque l&rsquo;esprit est agit\u00e9 ; jamais pour des fautes de simple inattention ; jamais trop souvent \u00bb. Ainsi parlait D. Bosco. Le syst\u00e8me d\u00e9crit ci-dessus, suivi par lui et recommand\u00e9 d\u00e8s les d\u00e9buts de l&rsquo;Oratoire et de l&rsquo;Hospice, est celui qu\u2019on \u00e9tudie et qu\u2019on pratique encore aujourd&rsquo;hui dans toutes les Maisons Sal\u00e9siennes ; et les Sup\u00e9rieurs savent que plus ledit syst\u00e8me est connu et exactement appliqu\u00e9, plus celles-ci fleurissent et donnent de bons fruits.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les principes de ce syst\u00e8me d&rsquo;\u00e9ducation fournissaient \u00e0 Don Bosco le sujet des conf\u00e9rences qu&rsquo;il tenait pour ses coadjuteurs. Il rappelait souvent les paroles de saint Fran\u00e7ois de Sales : \u00ab On attrape plus de mouches avec une cuiller\u00e9e de miel qu&rsquo;avec un tonneau de vinaigre \u00bb. Et il souffrait si quelqu&rsquo;un se montrait dur avec les jeunes et les employ\u00e9s, voulant que tous soient gagn\u00e9s par la charit\u00e9. &#8211; N&rsquo;oubliez jamais, disait-il continuellement \u00e0 quiconque avait autorit\u00e9 sur les \u00e9l\u00e8ves, que les enfants fautent plus par vivacit\u00e9 que par malice, plus pour n&rsquo;\u00eatre pas bien assist\u00e9s que par m\u00e9chancet\u00e9. Il faut avoir soin d\u2019eux avec empressement, les assister attentivement sans en avoir l&rsquo;air, et prendre m\u00eame part \u00e0 leurs jeux, tol\u00e9rer leurs cris et les ennuis qu&rsquo;ils causent, puisque le Divin Sauveur lui-m\u00eame a dit en de telles circonstances : <em>Sinite parvulos venire ad me<\/em>. &#8211; Et il veillait attentivement sur eux o\u00f9 qu&rsquo;ils fussent. Fr\u00e9quemment, il venait \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude et allait dans les ateliers. Jamais il n&rsquo;arrivait la plus petite infraction aux r\u00e8gles sans qu&rsquo;il s&rsquo;en aper\u00e7\u00fbt aussit\u00f4t et y rem\u00e9di\u00e2t avec promptitude. Il conf\u00e9rait souvent avec les autres sup\u00e9rieurs, s&rsquo;informant de la conduite des jeunes et donnant toujours des r\u00e8gles pour la bonne marche de la discipline. Il prescrivit que chaque semaine on donn\u00e2t \u00e0 chaque \u00e9l\u00e8ve une note de conduite, d&rsquo;\u00e9tude et de travail, et il lisait lui-m\u00eame publiquement les notes le dimanche soir, en encourageant les diligents et en admonestant les n\u00e9gligents.<\/p>\n<p>Don Bosco avait la certitude qu&rsquo;ordinairement, par la r\u00e9flexion, on am\u00e8ne tous les jeunes \u00e0 reconna\u00eetre leurs propres manquements et \u00e0 s&rsquo;en corriger. Aussi ne se lassait-il jamais d&rsquo;avertir et de conseiller ; et sa patience fut vraiment h\u00e9ro\u00efque. Quand un sup\u00e9rieur \u00e9tait incertain sur la bonne r\u00e9ussite d&rsquo;un jeune pour l&rsquo;accepter ou le renvoyer, il sugg\u00e9rait de mettre en pratique, m\u00eame dans ce cas, la maxime de saint Paul : <em>Omnia probate, quod bonum est tenete.<\/em> C&rsquo;est \u00e0 cela que devaient servir la vigilance et l&rsquo;avertissement opportun. Au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e, s&rsquo;il venait \u00e0 soup\u00e7onner que l&rsquo;un des nouveaux admis p\u00fbt porter pr\u00e9judice \u00e0 ses camarades, il l&rsquo;appelait \u00e0 lui, l&rsquo;avertissait avec les plus vives expressions de douleur, le faisait surveiller d&rsquo;une mani\u00e8re sp\u00e9ciale. Avec une telle sollicitude, il r\u00e9ussit \u00e0 en corriger beaucoup qui, venant du monde, portaient avec eux la mauvaise habitude, malheureusement trop commune, du langage ordurier.<\/p>\n<p>Il est difficile de dire avec des mots le secret qu&rsquo;avait D. Bosco pour gagner les jeunes \u00e0 lui et les attirer au service du Seigneur. Il poss\u00e9dait dans l&rsquo;ordre de la nature et de la gr\u00e2ce des dons et des pr\u00e9rogatives exceptionnels. Quand il prenait un jeune \u00e0 part et lui parlait en confidence \u00e0 l&rsquo;oreille, m\u00eame s\u2019il \u00e9tait tr\u00e8s dissip\u00e9 ou rebelle \u00e0 la gr\u00e2ce, il arrivait difficilement qu&rsquo;il ne se rend\u00eet pas \u00e0 ses conseils et avertissements paternels. Et ces avertissements ne pouvaient s&rsquo;av\u00e9rer inefficaces, car D. Bosco aurait donn\u00e9 cent fois sa vie pour les \u00e2mes s&rsquo;il en \u00e9tait besoin.<\/p>\n<p>Ses paroles ouvraient les c\u0153urs, et il insistait souvent sur la sinc\u00e9rit\u00e9 \u00e0 avoir sp\u00e9cialement avec les sup\u00e9rieurs dans les choses de l&rsquo;\u00e2me, en d\u00e9crivait ses avantages\u00a0; il l\u2019appelait la cl\u00e9 de la paix int\u00e9rieure, l&rsquo;arme la plus efficace pour chasser la m\u00e9lancolie, le secret le plus s\u00fbr pour trouver le contentement dans la vie et dans la mort et pour parvenir \u00e0 une grande perfection. En faisant cette recommandation, il ne visait \u00e0 rien d&rsquo;autre qu&rsquo;\u00e0 emp\u00eacher le p\u00e9ch\u00e9, ou \u00e0 le d\u00e9truire avec ses cons\u00e9quences.<\/p>\n<p>Il avait coutume de dire \u00e0 ses collaborateurs : &#8211; Il faut que nous tenions le p\u00e9ch\u00e9 \u00e9loign\u00e9 de la maison et que nos jeunes se mettent tous en gr\u00e2ce de Dieu\u00a0; sans cela, les choses ne peuvent pas bien aller. &#8211; Et il ajoutait souvent : &#8211; Rappelez-vous que la premi\u00e8re m\u00e9thode pour bien \u00e9duquer, c&rsquo;est de faire faire de bonnes confessions et de bonnes communions. &#8211; Il pla\u00e7ait dans la fr\u00e9quentation de ce sacrement toute la force de sa mission au milieu de la jeunesse. Il veillait \u00e0 ce que ses \u00e9l\u00e8ves s&rsquo;en approchent r\u00e9guli\u00e8rement, voire tr\u00e8s fr\u00e9quemment, mais sans pression d&rsquo;aucune sorte. Il les exhortait et voulait qu\u2019on les y exhorte, mais il ne les obligeait pas. Bien qu&rsquo;il se trouv\u00e2t tous les matins \u00e0 confesser, et que le d\u00e9sir de se confesser \u00e0 lui f\u00fbt g\u00e9n\u00e9ral, au point qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas le temps de satisfaire au d\u00e9sir de tous, il voulait cependant qu&rsquo;il y e\u00fbt d&rsquo;autres confesseurs externes, sp\u00e9cialement les jours de f\u00eate et leurs veilles. Il laissait \u00e0 tous la plus grande libert\u00e9 ; il ne faisait pas de remarques et ne voulait pas qu&rsquo;on en f\u00eet sur qui se confessait \u00e0 lui ou \u00e0 d&rsquo;autres pr\u00eatres. Et des ann\u00e9es plus tard, il donna pour r\u00e8gle \u00e0 l&rsquo;un de ses pr\u00eatres : &#8211; Fais en sorte de ne jamais donner aucun signe de partialit\u00e9 envers celui qui se confesse de pr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;un plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;autre. &#8211; De m\u00eame, il ne consentit jamais \u00e0 ce que les jours de communion g\u00e9n\u00e9rale, on f\u00eet sortir les jeunes de leur banc de mani\u00e8re ordonn\u00e9e par rang\u00e9es pour aller \u00e0 l&rsquo;autel, afin que celui qui n&rsquo;\u00e9tait pas pr\u00e9par\u00e9 ne se laiss\u00e2t pas vaincre, \u00e0 son grand dam, par le respect humain, ou ne f\u00fbt montr\u00e9 du doigt par les autres. Mieux valait la libert\u00e9 et un peu de confusion. \u00c0 la messe quotidienne de la communaut\u00e9, les communions \u00e9taient si nombreuses que plusieurs \u00e9trangers demand\u00e8rent plus d&rsquo;une fois quelle f\u00eate on c\u00e9l\u00e9brait, car il leur semblait avoir assist\u00e9 \u00e0 une communion g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<p>Du reste, le bien qu&rsquo;op\u00e9ra D. Bosco au moyen de la confession est tel que nous oserions l&rsquo;appeler l&rsquo;ap\u00f4tre de la confession. Il inspirait une telle tranquillit\u00e9 et confiance en Dieu et en ses mis\u00e9ricordes que beaucoup, ayant quitt\u00e9 l&rsquo;Oratoire, peinaient presque \u00e0 s&rsquo;habituer \u00e0 d&rsquo;autres confesseurs. Il inculquait aux p\u00e9nitents la maxime de saint Philippe N\u00e9ri : &#8211; P\u00e9ch\u00e9s et m\u00e9lancolie, hors de ma maison &#8211; et par l\u00e0, il voulait qu&rsquo;ils aient pleinement confiance en leur salut \u00e9ternel.<\/p>\n<p>Et la fr\u00e9quentation des sacrements \u00e9tait le puissant ressort qui poussait tout le monde sur la voie de l&rsquo;ob\u00e9issance dans la paix et l\u2019all\u00e9gresse. Ainsi, la note caract\u00e9ristique de l&rsquo;Oratoire \u00e9tait un tapage bon enfant dans les mani\u00e8res, une vivante vari\u00e9t\u00e9 de jeux, en m\u00eame temps qu\u2019une religiosit\u00e9 et une moralit\u00e9 supr\u00eames et une grande diligence dans l\u2019accomplissement du devoir. Tout cela \u00e9tait v\u00e9cu par un grand nombre d&rsquo;excellents jeunes, v\u00e9ritables mod\u00e8les et exemples pour leurs autres camarades. Des centaines d&rsquo;anciens \u00e9l\u00e8ves, pr\u00eatres et la\u00efcs, attestent ne pas se souvenir qu&rsquo;il se soit produit de leur temps le moindre d\u00e9sordre grave.<\/p>\n<p>Le chanoine Ballesio a \u00e9crit : \u00ab Le frein au mal, l&rsquo;incitation au bien, notre joie et notre satisfaction, l&rsquo;ordre dans la maison, notre r\u00e9ussite dans les \u00e9tudes et dans le travail, tout naissait de la pi\u00e9t\u00e9 raisonn\u00e9e, intime et fervente que le serviteur de Dieu savait nous insuffler par son exemple, par ses pr\u00e9dications, par la fr\u00e9quentation des sacrements presque nouvelle \u00e0 cette \u00e9poque parmi les jeunes, par ses discours et par ses r\u00e9cits vivants et \u00e9difiants. En m\u00eame temps, par certaines de ses paroles, par des signes, par des regards, il dissipait les t\u00e9n\u00e8bres, les anxi\u00e9t\u00e9s de l&rsquo;esprit, inondait notre \u00e2me de joie et nous remplissait de ferveur pour l&rsquo;amour de la vertu, du sacrifice et de l&rsquo;ob\u00e9issance \u00bb.<\/p>\n<p>Oh ! comme r\u00e9sonnaient doucement sur ses l\u00e8vres ces expressions qui lui \u00e9taient si famili\u00e8res, tandis que transparaissait sur son visage la foi qu&rsquo;il avait dans le c\u0153ur : &#8211; Comme le Seigneur est bon avec nous, lui qui ne nous laisse jamais manquer de rien ! Servons-le volontiers ! &#8211; Aimons Dieu ; aimons-le parce qu&rsquo;il est notre p\u00e8re.<\/p>\n<p>Tout passe : ce qui n&rsquo;est pas \u00e9ternel n&rsquo;est rien !<\/p>\n<p>De tout cela il ressort, et nous en reparlerons dans bien d&rsquo;autres pages, que la m\u00e9thode d&rsquo;\u00e9ducation choisie par D. Bosco \u00e9tait la bont\u00e9 adapt\u00e9e sagement et doucement \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de la jeunesse. Mais combien il serait souhaitable qu&rsquo;un tel syst\u00e8me f\u00fbt introduit dans toutes les familles chr\u00e9tiennes, dans tous les instituts d&rsquo;\u00e9ducation publics et priv\u00e9s, de gar\u00e7ons et de filles ! Combien l&rsquo;exercice du bien envers la jeunesse s&rsquo;en trouverait facilit\u00e9, comme le rem\u00e8de serait prompt \u00e0 la premi\u00e8re apparition du mal, quelle s\u00e9curit\u00e9 pour les enfants honn\u00eates et innocents contre les mauvais exemples des pervertis ! Alors on ne tarderait pas \u00e0 avoir une jeunesse plus sage et plus pieuse ; une jeunesse qui serait la consolation des familles et un soutien valable pour la soci\u00e9t\u00e9 civile. Et c&rsquo;est ainsi que l&rsquo;ont compris un grand nombre d&rsquo;\u00e9ducateurs de diverses nations et sp\u00e9cialement d&rsquo;Angleterre. L\u00e0, beaucoup de coll\u00e8ges, destin\u00e9s \u00e0 la jeunesse pauvre et catholique, prirent pour mod\u00e8le, apr\u00e8s la mort de D. Bosco, l&rsquo;Oratoire de Turin et son r\u00e8glement. Les fondateurs \u00e9tudi\u00e8rent la vie de D. Bosco et son syst\u00e8me pratique d&rsquo;\u00e9ducation, suivirent ses exemples avec un grand fruit pour les vocations eccl\u00e9siastiques, et le portrait de l&rsquo;homme de Dieu occupe dans ces instituts la place d&rsquo;honneur, ainsi que dans les s\u00e9minaires.<\/p>\n<p>M\u00eame parmi les protestants, D. Bosco a eu des imitateurs. Don Giovenale Bonavia nous \u00e9crivait le 12 juin 1903 depuis notre Maison de Londres : \u00ab Je vous envoie deux p\u00e9riodiques qui contiennent quelques observations sur D. Bosco ; ils ne sont pas catholiques, mais appartiennent, semble-t-il, \u00e0 la section anglicane dite Haute \u00c9glise, c&rsquo;est-\u00e0-dire ritualiste ou pus\u00e9iste. L&rsquo;auteur, un certain Norman Potter, est, je crois, la m\u00eame personne dont l&rsquo;un de nos pr\u00eatres a fait personnellement la connaissance il y a quelques mois. Il se trouve \u00eatre le Directeur d&rsquo;un Hospice de jeunes non loin de chez nous, et celui qui lui a rendu visite a vu dans la salle de r\u00e9ception le portrait de D. Bosco avec la devise : <em>Da mihi animas, caetera tolle.<\/em> Ce monsieur a voyag\u00e9 en Italie, visit\u00e9 certaines de nos maisons et l&rsquo;Oratoire de Turin. Il imite D. Bosco autant qu&rsquo;il le peut.<\/p>\n<p>Il a un aum\u00f4nier (protestant) dans son Institut. Je crois qu&rsquo;il lit aussi le Bulletin Sal\u00e9sien.<\/p>\n<p>\u00ab Il donne donc dans les deux articles susmentionn\u00e9s un aper\u00e7u historique de D. Bosco.<\/p>\n<p>\u00ab Le premier, <em>Goodurtl<\/em> (Bonne volont\u00e9), imprim\u00e9 en 1900, est le plus court, avec un portrait. Le second, <em>Common wealth<\/em> (Bien public), a \u00e9t\u00e9 imprim\u00e9 cette ann\u00e9e, est plus d\u00e9taill\u00e9 et donne aussi une esquisse du syst\u00e8me pr\u00e9ventif tir\u00e9e du r\u00e8glement de nos maisons. L\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;on parle de la confession et de la communion fr\u00e9quentes et de la messe quotidienne, il traduit le mot <em>Messa<\/em> par <em>Eucharist<\/em> pour \u00e9viter peut-\u00eatre le mot <em>Mass<\/em> qui est offensant pour beaucoup, m\u00eame pour des Anglicans. Il conclut les deux articles en formant des v\u0153ux pour que le Seigneur suscite ici en Angleterre des hommes ayant l&rsquo;esprit de D. Bosco, dont on a tant besoin \u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous continuons avec le septi\u00e8me et dernier \u00e9pisode sur les textes principaux du syst\u00e8me pr\u00e9ventif&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":54648,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":0,"footnotes":""},"categories":[131],"tags":[1716,2563,2554,1764,2194,2049],"class_list":["post-54850","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-don-bosco","tag-charisme-salesien","tag-charite","tag-dieu","tag-don-bosco","tag-education","tag-jeunes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54850","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=54850"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54850\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":54861,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54850\/revisions\/54861"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/54648"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=54850"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=54850"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=54850"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}