{"id":54639,"date":"2026-09-04T06:33:22","date_gmt":"2026-09-04T06:33:22","guid":{"rendered":"https:\/\/www.donbosco.press\/?p=54639"},"modified":"2026-09-04T06:33:48","modified_gmt":"2026-09-04T06:33:48","slug":"a-la-decouverte-de-don-bosco-16-giovanni-cagliero","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/don-bosco\/a-la-decouverte-de-don-bosco-16-giovanni-cagliero\/","title":{"rendered":"\u00c0 la d\u00e9couverte de Don Bosco (16). Giovanni Cagliero"},"content":{"rendered":"<p><em><i>L\u2019histoire de Giovanni Cagliero commence en 1851, lorsque, encore jeune gar\u00e7on, il demande \u00e0 Don Bosco de le suivre \u00e0 Turin. Accueilli \u00e0 l\u2019Oratoire, il grandit dans un environnement pauvre mais v\u00e9cu comme une famille et devient bient\u00f4t l\u2019un des premiers et des plus fid\u00e8les collaborateurs du Saint, participant \u00e0 la naissance de la Soci\u00e9t\u00e9 Sal\u00e9sienne. Un temp\u00e9rament exub\u00e9rant, une grande capacit\u00e9 de communication et un vrai talent musical font de lui une figure charismatique parmi les jeunes. Durant l\u2019\u00e9pid\u00e9mie de chol\u00e9ra, il fait l\u2019exp\u00e9rience d\u2019une gu\u00e9rison inattendue qui marque profond\u00e9ment son cheminement. En 1875, Don Bosco le choisit pour diriger la premi\u00e8re exp\u00e9dition missionnaire en Am\u00e9rique. Son engagement en Am\u00e9rique du Sud le conduira \u00e0 l\u2019\u00e9piscopat puis au cardinalat. Il meurt en 1926, dernier t\u00e9moin direct des premi\u00e8res entreprises missionnaires sal\u00e9siennes.<\/i><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><i>Parce qu\u2019il \u00e9tait heureux du bonheur des autres.<\/i><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>1er novembre 1851. Don Bosco arriva dans son village, Castelnuovo d\u2019Asti, pour la pr\u00e9dication solennelle.<\/p>\n<p>Parmi les enfants de ch\u0153ur se trouvait un jeune gar\u00e7on qui le regarda, fascin\u00e9, pendant toute la dur\u00e9e du sermon. De retour \u00e0 la sacristie, Don Bosco vit que l\u2019enfant de ch\u0153ur continuait de le regarder en silence. Il l\u2019appela : \u00ab Veux-tu me dire quelque chose ? \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Oui, monsieur. Je veux venir \u00e0 Turin avec vous pour \u00e9tudier et devenir pr\u00eatre. \u00bb \u00ab Bien. Alors, dis \u00e0 ta maman de venir apr\u00e8s le d\u00eener \u00e0 la maison du cur\u00e9. \u00bb Ce gar\u00e7on s\u2019appelait Giovanni Cagliero, et il \u00e9tait orphelin de p\u00e8re. La maman arriva avec Giovanni apr\u00e8s le d\u00eener : \u00ab Alors, plaisanta Don Bosco, c\u2019est vrai, Teresa, que vous voulez me vendre votre fils ? \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Ah non ! \u00bb r\u00e9pondit la femme en riant. \u00ab Chez nous, on vend les petits veaux. Les gar\u00e7ons, on les donne. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab C\u2019est encore mieux. Pr\u00e9parez-lui un peu de linge, et demain je l\u2019emm\u00e8ne avec moi. \u00bb<\/p>\n<p>Le lendemain, \u00e0 l\u2019aube, Giovanni Cagliero servit la messe \u00e0 Don Bosco, d\u00e9jeuna avec lui, embrassa sa m\u00e8re et, son baluchon sous le bras, dit avec impatience : \u00ab Alors, Don Bosco, on y va ? \u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><b>\u00ab Dormir dans le panier \u00e0 gressins \u00bb<\/b><\/strong><\/p>\n<p>Ils firent le long chemin \u00e0 pied. Giovanni le fit pratiquement deux fois, car tout en parlant avec Don Bosco, il courait devant, poursuivait les moineaux dans les pr\u00e9s, sautait par-dessus les foss\u00e9s. Il se souviendra : \u00ab Durant ce voyage, Don Bosco me posa mille questions, et je lui donnai mille r\u00e9ponses. \u00c0 partir de ce moment, je n\u2019eus plus jamais aucun secret pour lui. En entendant mes b\u00eatises, il me disait en plaisantant que je devrais maintenant devenir plus sage. Finalement, nous arriv\u00e2mes \u00e0 Turin.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait le soir du 2 novembre, et nous \u00e9tions fatigu\u00e9s. Don Bosco me pr\u00e9senta \u00e0 Maman Marguerite en disant : \u201cMaman, je t\u2019ai amen\u00e9 un petit gars de Castelnuovo.\u201d Marguerite r\u00e9pondit : \u201cOh oui, tu ne fais que chercher des gar\u00e7ons, et moi je ne sais plus o\u00f9 les mettre.\u201d<\/p>\n<p>\u201cCelui-ci est si petit qu\u2019on le mettra \u00e0 dormir dans le panier \u00e0 gressins. Avec une corde, on le hissera sous la poutre, comme une cage \u00e0 canaris.\u201d<\/p>\n<p>Maman Marguerite se mit \u00e0 rire et me chercha une place. Il n\u2019y avait vraiment pas un coin de libre, et pour cette nuit-l\u00e0, je dus dormir au pied du lit d\u2019un de mes camarades. Le lendemain, je vis \u00e0 quel point la pauvret\u00e9 r\u00e9gnait dans cette maison. Nos dortoirs, au rez-de-chauss\u00e9e, \u00e9taient \u00e9troits et avaient pour sol un pavage de rue. Dans la cuisine, il y avait quelques \u00e9cuelles en \u00e9tain avec leurs cuill\u00e8res respectives. Les fourchettes, les couteaux, les serviettes, nous ne les v\u00eemes que bien des ann\u00e9es plus tard. Le r\u00e9fectoire \u00e9tait un simple auvent. Don Bosco nous servait \u00e0 table, nous aidait \u00e0 ranger le dortoir, nettoyait et rapi\u00e9\u00e7ait nos v\u00eatements, et accomplissait toutes les t\u00e2ches les plus humbles.<\/p>\n<p>Nous menions une vie commune en tout. Plus que dans un coll\u00e8ge, nous nous sentions dans une famille, sous la direction d\u2019un p\u00e8re qui nous aimait et qui ne se souciait que de notre bien spirituel et mat\u00e9riel. \u00bb<\/p>\n<p>Giovanni Cagliero montra d\u00e8s les premiers jours un esprit vif et une humeur joyeuse. Il avait une envie de jouer qui d\u00e9bordait. Michel Rua continuait de vivre avec sa m\u00e8re, mais le matin, il prenait la t\u00eate du petit groupe d\u2019\u00e9tudiants, et ensemble ils allaient \u00e0 l\u2019\u00e9cole. \u00c0 la demande de Don Bosco, Rua devait faire office d\u2019\u00ab assistant \u00bb, veiller \u00e0 ce que personne ne s\u00e8che les cours. Rarement Michel r\u00e9ussit \u00e0 \u00ab mettre la bride \u00bb \u00e0 Cagliero. \u00c0 peine sorti de l\u2019oratoire, Giovanni changeait de chemin, rejoignait en courant Porta Palazzo et s\u2019arr\u00eatait, fascin\u00e9, devant les charlatans, les baraques foraines. Puis, toujours en courant, il filait \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Quand les autres arrivaient, il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 la porte, en sueur mais heureux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><b>\u00ab Nous nous appellerons Sal\u00e9siens \u00bb<\/b><\/strong><\/p>\n<p>26 janvier 1854. Don Bosco tint un discours \u00e9trange \u00e0 quatre de ses jeunes : \u00ab Vous voyez que Don Bosco fait ce qu\u2019il peut, mais il est seul. Si vous me donnez un coup de main, en revanche, ensemble nous ferons des miracles de bien. Des milliers d\u2019enfants pauvres nous attendent. Je vous promets que la Madone nous enverra des oratoires vastes et spacieux, des \u00e9glises, des maisons, des \u00e9coles, des ateliers, et beaucoup de pr\u00eatres pr\u00eats \u00e0 nous aider. Et ce, en Italie, en Europe et m\u00eame en Am\u00e9rique. Parmi vous, je vois d\u00e9j\u00e0 une mitre d\u2019\u00e9v\u00eaque\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>Les quatre jeunes gens se regard\u00e8rent, stup\u00e9faits. Pourtant, Don Bosco ne plaisantait pas, il \u00e9tait s\u00e9rieux et semblait lire dans l\u2019avenir : \u00ab La Vierge veut que nous fondions une soci\u00e9t\u00e9. J\u2019ai longtemps r\u00e9fl\u00e9chi au nom \u00e0 lui donner. J\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 que nous nous appellerons Sal\u00e9siens. \u00bb<\/p>\n<p>Parmi ces quatre jeunes gens se trouvaient les pierres de fondation de la Congr\u00e9gation Sal\u00e9sienne.<\/p>\n<p>En juillet, une \u00e9pid\u00e9mie de chol\u00e9ra commen\u00e7a \u00e0 faire des victimes \u00e0 Turin. Don Bosco courut secourir les personnes contamin\u00e9es et emmena avec lui les gar\u00e7ons les plus \u00e2g\u00e9s. Giovanni Cagliero \u00e9tait l\u2019un d\u2019eux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><b>Les g\u00e9ants couleur de cuivre<\/b><\/strong><\/p>\n<p>Un soir de fin ao\u00fbt, en rentrant du lazaret, Giovanni Cagliero, 16 ans, se sentit mal. Deux m\u00e9decins, appel\u00e9s en consultation, d\u00e9clar\u00e8rent que le cas \u00e9tait d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9. Un coup tr\u00e8s dur pour Don Bosco. Mais lorsqu\u2019il arriva pour lui donner la derni\u00e8re Communion, Don Bosco s\u2019arr\u00eata comme s\u2019il voyait quelque chose que les autres ne pouvaient voir. Puis il s\u2019avan\u00e7a vers le lit du malade, mais il \u00e9tait joyeux et souriait. Giovanni murmura : \u00ab Est-ce ma derni\u00e8re confession ? Vais-je vraiment mourir ? \u00bb Don Bosco r\u00e9pondit d\u2019une voix assur\u00e9e : \u00ab Mais non. L\u00e0-haut, ils ne veulent pas encore de toi. Tu dois faire beaucoup d\u2019autres choses : tu gu\u00e9riras, tu deviendras pr\u00eatre\u2026 et puis\u2026 et puis, avec ton br\u00e9viaire sous le bras, tu iras loin, tr\u00e8s loin. \u00bb<\/p>\n<p>Le lendemain, Cagliero \u00e9tait gu\u00e9ri.<\/p>\n<p>Tout le monde voulait savoir ce que Don Bosco avait \u00ab vu \u00bb en entrant dans la chambre. La r\u00e9ponse fut donn\u00e9e par Don Bosco lui-m\u00eame, plus tard : \u00ab Il me sembla que les murs de la chambre s\u2019ouvraient et se perdaient dans des horizons lointains et myst\u00e9rieux. Autour du lit apparut une multitude de sauvages \u00e0 la stature gigantesque. Deux de ces g\u00e9ants au visage fier et triste se pench\u00e8rent sur le malade et, tremblants, se mirent \u00e0 chuchoter : S\u2019il meurt, qui viendra \u00e0 notre secours ? \u00bb<\/p>\n<p>Le moment d\u00e9cisif fut le soir du 9 d\u00e9cembre. Don Bosco rassembla ses tr\u00e8s jeunes \u00ab sal\u00e9siens \u00bb et leur demanda s\u2019ils voulaient constituer une v\u00e9ritable Congr\u00e9gation religieuse, avec des v\u0153ux de pauvret\u00e9, de chastet\u00e9 et d\u2019ob\u00e9issance. Un murmure se propagea : Don Bosco veut faire de nous des moines ! Cagliero arpentait la cour \u00e0 grands pas, en proie \u00e0 des sentiments contradictoires. Puis il donna un grand coup de poing sur le mur en disant : \u00ab Moine ou pas moine, je reste avec Don Bosco. \u00bb<\/p>\n<p>Don Cagliero pronon\u00e7a ses v\u0153ux triennaux le 14 mai 1862, et ses v\u0153ux perp\u00e9tuels, d\u00e9j\u00e0 pr\u00eatre, le 15 novembre 1865.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait l\u2019idole des jeunes. Temp\u00e9rament exub\u00e9rant, tout en impulsions, il ressentait et communiquait aux autres la joie de vivre avec Don Bosco : travailler, courir, se donner. Souvent, apr\u00e8s le mot du soir de Don Bosco, les gar\u00e7ons s\u2019approchaient de Don Cagliero et le saluaient avec une affection spontan\u00e9e.<\/p>\n<p>Pendant ce temps, Giovanni Cagliero perfectionnait ses dons musicaux. C\u00e9r\u00e9monies religieuses, acad\u00e9mies, fanfare, firent de lui un compositeur pr\u00e9coce et g\u00e9nial. Deux de ses \u0153uvres, <em><i>Le Fils de l\u2019exil\u00e9<\/i><\/em> et <em><i>Le Ramoneur<\/i><\/em>, furent salu\u00e9es par Giuseppe Verdi qui trouvait leur musique belle et \u00e9mouvante. Elles parvinrent m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 la Cour et furent chant\u00e9es par la future reine Marguerite. Sa Messe de requiem \u00e0 trois voix fut jug\u00e9e comme un \u00ab joyau de foi et d\u2019harmonie \u00bb. Son ma\u00eetre Cerutti la fit ex\u00e9cuter \u00e0 la Maison Royale pour les fun\u00e9railles de Charles-Albert.<\/p>\n<p>Sa nature volcanique se manifesta en particulier le 9 juin 1868\u00a0: la messe pour la cons\u00e9cration de l\u2019\u00e9glise de Marie Auxiliatrice fut chant\u00e9e par trois ch\u0153urs, dont l\u2019un \u00e0 deux voix d\u2019enfants dispos\u00e9s sur la corniche de la coupole, et deux ch\u0153urs \u00e0 trois voix d\u2019hommes sous la coupole et \u00e0 la tribune.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><b>\u00c0 la t\u00eate de la premi\u00e8re exp\u00e9dition missionnaire<\/b><\/strong><\/p>\n<p>Le nom de Don Bosco avait travers\u00e9 l\u2019oc\u00e9an et commen\u00e7ait \u00e0 \u00eatre assez connu en Argentine, o\u00f9 les \u00e9migr\u00e9s italiens \u00e9taient nombreux.<\/p>\n<p>Un jour du mois de mars 1875, Don Bosco, apr\u00e8s une pause pensive et silencieuse, dit \u00e0 Giovanni Cagliero, qui se tenait \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s : \u00ab Je voudrais envoyer un de nos premiers pr\u00eatres pour accompagner les Missionnaires en Am\u00e9rique et qu\u2019il reste avec eux trois mois, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019ils soient bien install\u00e9s. Les abandonner tout de suite, seuls, sans un soutien, un conseiller en qui ils ont confiance, me semble un peu dur. Mon c\u0153ur ne supporte pas d\u2019y penser. \u00bb<\/p>\n<p>Giovanni Cagliero le connaissait trop bien pour ne pas comprendre le sens cach\u00e9 de ces paroles et dit : \u00ab Si Don Bosco ne trouvait personne d\u2019autre et me croyait capable de le faire, je suis pr\u00eat. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab C\u2019est bien \u00bb, conclut le Saint.<\/p>\n<p>Quelques mois plus tard, \u00e0 l\u2019improviste, avec un accent paternel et diplomatique, Don Bosco demanda \u00e0 Don Cagliero : \u00ab Pour ce qui est d\u2019aller en Am\u00e9rique, es-tu toujours du m\u00eame avis ? L\u2019as-tu dit, peut-\u00eatre pour plaisanter, que tu irais ? \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Vous savez bien qu\u2019avec Don Bosco, je ne plaisante jamais. \u00bb \u00ab C\u2019est bien. Pr\u00e9pare-toi. Il est temps. \u00bb Le 11 novembre, Don Bosco accompagna les missionnaires jusqu\u2019\u00e0 G\u00eanes. Il \u00e9tait profond\u00e9ment \u00e9mu.<\/p>\n<p>Joyeux et dynamique, chef de l\u2019exp\u00e9dition prochaine des 10 Sal\u00e9siens en partance pour l\u2019Argentine, Don Cagliero ne se contenta pas d\u2019\u00ab accompagner \u00bb les partants par son activit\u00e9, sa gaiet\u00e9, sa bonhomie. Intelligent, faisant autorit\u00e9 et plein d\u2019initiatives f\u00e9condes, il gagna rapidement l\u2019estime et la bienveillance de tous.<\/p>\n<p>Il \u00e9largit aussit\u00f4t le plan d\u2019action, en ouvrant dans la capitale une \u00e9cole professionnelle et une \u0153uvre dans le quartier malfam\u00e9 de \u00ab La Boca \u00bb, et en projetant un coll\u00e8ge \u00e0 Montevideo. Sa t\u00e2che devait \u00eatre d\u2019installer les confr\u00e8res en s\u2019arr\u00eatant \u00e0 Buenos Aires pendant trois mois ou un peu plus, mais il fut contraint de reporter son d\u00e9part de deux ans.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><b>Cantiques de gloire sur l\u2019Oratoire de Don Bosco \u00e0 Turin<\/b><\/strong><\/p>\n<p>7 d\u00e9cembre 1884. La belle \u00e9glise de Marie Auxiliatrice r\u00e9sonne de chants liturgiques. Selon le rite sacr\u00e9 et solennel, le cardinal archev\u00eaque Gaetano Alimonda consacre Don Giovanni Cagliero \u00e9v\u00eaque titulaire de Magida.<\/p>\n<p>Deux d\u00e9tails. \u00c0 la fin de l\u2019imposante c\u00e9r\u00e9monie, le jeune \u00e9v\u00eaque se d\u00e9tacha du cort\u00e8ge et se dirigea vers sa m\u00e8re. La vieille dame (80 ans) vint \u00e0 sa rencontre, soutenue par un fils et un petit-fils. Monseigneur Cagliero serra sur sa poitrine la t\u00eate blanche et, dans l\u2019\u00e9motion g\u00e9n\u00e9rale, la raccompagna avec d\u00e9licatesse pour qu\u2019elle s\u2019assoie. Vers la sacristie, m\u00eal\u00e9 \u00e0 la foule, Don Bosco l\u2019attendait, la barrette \u00e0 la main. L\u2019\u00e9v\u00eaque courut et le serra dans une \u00e9treinte vigoureuse. Il avait gard\u00e9 sa main avec l\u2019anneau \u00e9piscopal cach\u00e9e dans les plis de sa soutane. Le premier baiser revenait de droit \u00e0 \u00ab son \u00bb Don Bosco.<\/p>\n<p>Le 22 d\u00e9cembre, Monseigneur Cagliero fut re\u00e7u en audience priv\u00e9e par le Pape, qui lui dit : \u00ab Allez et christianisez-moi la Patagonie ; plantez vos tentes dans ces lointaines R\u00e9publiques d\u2019Am\u00e9rique du Sud. \u00bb Pour l\u2019\u00e9nergique et passionn\u00e9 \u00e9v\u00eaque sal\u00e9sien, c\u2019\u00e9tait un ordre. Il parcourut \u00e0 cheval et sur des charrettes chancelantes son immense dioc\u00e8se, d\u00e9fiant les fleuves en crue, les inondations et les dangereux pr\u00e9cipices andins pour \u00eatre pr\u00e9sent m\u00eame dans les villages les plus inaccessibles et escarp\u00e9s.<\/p>\n<p>Il revint en Italie en 1904, fit partie avec grand succ\u00e8s de la diplomatie pontificale et, le 21 juillet 1915, le pape Beno\u00eet XV le nomma cardinal.<\/p>\n<p>Il y avait un si\u00e8ge \u00e9piscopal que personne ne convoitait\u00a0: Frascati. Le cardinal Cagliero s\u2019offrit aussit\u00f4t : \u00ab Je suis vieux (il avait presque 83 ans), mais s\u2019il s\u2019agit de travailler pour l\u2019\u00c9glise, je ne refuse pas. \u00bb<\/p>\n<p>Le dioc\u00e8se, bien que petit, \u00e9tait en piteux \u00e9tat. Un jour, ayant invit\u00e9 dans son appartement un cardinal \u00e9tranger, il lui offrit \u00e0 boire un peu de vin de Frascati. Ce cardinal le trouva tr\u00e8s bon et en reprit un second verre, en disant : \u00ab Bon ! Bon ! \u00bb Le Cardinal conclut avec humour : \u00ab C\u2019est mon meilleur dioc\u00e9sain ! \u00bb Avec son dynamisme f\u00e9roce, il remit presque tout en ordre.<\/p>\n<p>En 1925, on c\u00e9l\u00e9bra le premier cinquantenaire de la Premi\u00e8re Exp\u00e9dition missionnaire. Le cardinal Cagliero \u00e9tait le dernier survivant de cette courageuse poign\u00e9e de pionniers. \u00c0 Turin, il b\u00e9nit les crucifix de 172 Sal\u00e9siens et de 52 Filles de Marie Auxiliatrice qui partaient pour les missions.<\/p>\n<p>L\u2019ann\u00e9e suivante, le 28 f\u00e9vrier, il achevait sereinement sa longue, bienfaisante et laborieuse journ\u00e9e.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019histoire de Giovanni Cagliero commence en 1851, lorsque, encore jeune gar\u00e7on, il demande \u00e0 Don&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":54628,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":2,"footnotes":""},"categories":[131],"tags":[1716,1764,1956,2028],"class_list":["post-54639","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-don-bosco","tag-charisme-salesien","tag-don-bosco","tag-salesiens","tag-vie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54639","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=54639"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54639\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":54640,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54639\/revisions\/54640"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/54628"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=54639"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=54639"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=54639"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}