{"id":54395,"date":"2026-08-14T18:39:57","date_gmt":"2026-08-14T18:39:57","guid":{"rendered":"https:\/\/www.donbosco.press\/?p=54395"},"modified":"2026-08-14T18:40:32","modified_gmt":"2026-08-14T18:40:32","slug":"le-blason-salesien-un-programme-de-vie-renferme-dans-une-image","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/bonne-presse\/le-blason-salesien-un-programme-de-vie-renferme-dans-une-image\/","title":{"rendered":"Le blason sal\u00e9sien. Un programme de vie renferm\u00e9 dans une image"},"content":{"rendered":"<p><em><i>Il y a des images qui ne se limitent pas \u00e0 repr\u00e9senter une institution : elles la racontent, l&rsquo;expliquent, en conservent l&rsquo;\u00e2me. Le blason sal\u00e9sien appartient \u00e0 cette cat\u00e9gorie. N\u00e9 dans le climat plein de vie des origines, il n\u2019est pas d&rsquo;abord un exercice d&rsquo;h\u00e9raldique. Les connaisseurs auraient peut-\u00eatre pu avancer quelques observations techniques. Don Bosco, cependant, ne cherchait pas un blason parfait selon les r\u00e8gles de l&rsquo;art h\u00e9raldique : il d\u00e9sirait un signe capable de parler \u00e0 ses fils, aux amis, aux bienfaiteurs, aux jeunes et \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9.<\/i><\/em><\/p>\n<p><em><i>Dans ces armoiries, il y a Don Bosco. Il y a son programme spirituel. Il y a l&rsquo;id\u00e9al qui l&rsquo;a anim\u00e9 dans l&rsquo;action et dans la souffrance, dans ses \u00e9crits et dans ses paroles. C&rsquo;est pourquoi les armoiries sal\u00e9siennes ne doivent pas \u00eatre regard\u00e9es seulement comme une marque d&rsquo;appartenance, mais comme une petite synth\u00e8se visuelle de la vocation sal\u00e9sienne.<\/i><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La Congr\u00e9gation, n\u00e9e le 18 d\u00e9cembre 1859, n&rsquo;eut pas tout de suite un blason officiel. Comme sceau, on recourait \u00e0 la figure de saint Fran\u00e7ois de Sales, Patron de la Soci\u00e9t\u00e9, entour\u00e9e d&rsquo;une inscription latine d\u00e9signant la Pieuse Soci\u00e9t\u00e9 Sal\u00e9sienne. La devise alors utilis\u00e9e \u00e9tait : <em><i>\u00ab\u00a0Discite a me quia mitis sum\u00a0\u00bb<\/i><\/em> (Apprenez de moi que je suis doux). C&rsquo;\u00e9tait une r\u00e9f\u00e9rence \u00e9vang\u00e9lique parfaitement adapt\u00e9e \u00e0 l&rsquo;esprit de saint Fran\u00e7ois de Sales et au choix de Don Bosco de placer son \u0153uvre sous le signe de la douceur, de la mansu\u00e9tude et de la charit\u00e9 pastorale.<\/p>\n<p>La n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;armoiries officielles m\u00fbrit plus tard, en 1884. \u00c0 Rome, la basilique du Sacr\u00e9-C\u0153ur, confi\u00e9e par L\u00e9on XIII \u00e0 Don Bosco, \u00e9tait en construction. On jugea opportun de placer \u00e9galement les armoiries sal\u00e9siennes \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de celles de Pie IX et de L\u00e9on XIII. Le 12 septembre 1884, le p\u00e8re Antonio Sala pr\u00e9senta au Chapitre Sup\u00e9rieur une premi\u00e8re \u00e9bauche de l&#8217;embl\u00e8me sal\u00e9sien. Le dessin \u00e9tait l&rsquo;\u0153uvre du professeur Boidi, professeur de dessin technique au coll\u00e8ge Saint-Jean-l&rsquo;\u00c9vang\u00e9liste de Turin, ami et collaborateur des Sal\u00e9siens.<\/p>\n<p>Le blason propos\u00e9 pr\u00e9sentait d\u00e9j\u00e0 presque tous les \u00e9l\u00e9ments qui resteraient dans la version d\u00e9finitive. Au centre tr\u00f4nait une grande ancre ; d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 apparaissait le buste de saint Fran\u00e7ois de Sales, de l&rsquo;autre un c\u0153ur enflamm\u00e9. En haut se trouvait une \u00e9toile rayonnante \u00e0 six branches ; dans la partie inf\u00e9rieure, un bosquet avec de hautes montagnes en arri\u00e8re-plan, rappel des reliefs alpins visibles depuis les Becchi, la terre natale de Don Bosco. Deux branches, l&rsquo;une de palmier et l&rsquo;autre de laurier, entrelac\u00e9es \u00e0 la base, embrassaient l\u2019\u00e9cu jusqu&rsquo;\u00e0 mi-hauteur. Une guirlande de roses couronnait la partie sup\u00e9rieure, entourant une croix latine tr\u00e9fl\u00e9e et rayonnante. \u00c0 la base, sur un ruban flottant, on lisait la devise : <em><i>Sinite parvulos venire ad me<\/i><\/em>, \u00ab\u00a0Laissez les petits venir \u00e0 moi\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Cette devise \u00e9tait belle et profond\u00e9ment \u00e9vang\u00e9lique, mais on fit remarquer qu&rsquo;elle avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e dans d&rsquo;autres armoiries. Une discussion s&rsquo;ouvrit alors. On proposa d&rsquo;abord \u00ab\u00a0<em><i>Sinite parvulos venire ad me\u00a0\u00bb<\/i><\/em> (Laissez les petits venir \u00e0 moi), \u00e9crit sur un ruban flottant \u00e0 la base de l\u2019\u00e9cu ; mais on fit remarquer que cela avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 dans d&rsquo;autres armoiries. Le p\u00e8re Barberis proposa \u00ab\u00a0Temp\u00e9rance et Travail\u00a0\u00bb, un bin\u00f4me cher \u00e0 la tradition sal\u00e9sienne et sugg\u00e9r\u00e9 par un songe de Don Bosco comme trait distinctif de la Congr\u00e9gation. Le p\u00e8re Durando aurait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 <em><i>\u00ab\u00a0Maria Auxilium Christianorum, ora pro nobis\u00a0\u00bb <\/i><\/em>(Marie Secours des Chr\u00e9tiens, priez pour nous). Ce fut Don Bosco qui trancha la question, en rappelant une devise d\u00e9j\u00e0 adopt\u00e9e d\u00e8s les d\u00e9buts de l&rsquo;Oratoire, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque du <em><i>Convitto<\/i><\/em>, lorsqu&rsquo;il allait dans les prisons : <em><i>\u00ab\u00a0Da mihi animas, cetera tolle\u00a0\u00bb<\/i><\/em> (Donne-moi les \u00e2mes, prends tout le reste).<\/p>\n<p>Le Chapitre accueillit ce choix avec enthousiasme. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas une phrase ornementale : c&rsquo;\u00e9tait la d\u00e9finition la plus limpide de la mission sal\u00e9sienne. Les anciens \u00e9l\u00e8ves de l&rsquo;Oratoire, dont le chanoine Ballesio et le cardinal Cagliero, t\u00e9moign\u00e8rent que cette devise se voyait d\u00e9j\u00e0 \u00e9crite en gros caract\u00e8res sur la porte de la chambre de Don Bosco. C&rsquo;est le m\u00eame climat spirituel que nous retrouvons dans la c\u00e9l\u00e8bre rencontre avec Dominique Savio, lorsque le gar\u00e7on, en lisant ces mots, devina le c\u0153ur de l&rsquo;\u0153uvre de Valdocco : ici, \u00ab\u00a0on fait commerce d&rsquo;\u00e2mes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le dessin subit \u00e9galement une intervention personnelle de Don Bosco. L&rsquo;\u00e9toile qui surmontait le blason ne lui plut pas, car elle lui semblait rappeler un embl\u00e8me ma\u00e7onnique. Il la fit donc remplacer par une croix rayonnante. L&rsquo;\u00e9toile ne disparut pas, mais fut plac\u00e9e en forme de com\u00e8te, au-dessus du c\u0153ur. De cette fa\u00e7on, dans les armoiries, se trouvaient rapproch\u00e9s les trois grands symboles des vertus th\u00e9ologales : l&rsquo;\u00e9toile pour la foi, l&rsquo;ancre pour l&rsquo;esp\u00e9rance, le c\u0153ur pour la charit\u00e9.<\/p>\n<p>Les armoiries officielles de la Congr\u00e9gation apparurent pour la premi\u00e8re fois dans la circulaire de Don Bosco dat\u00e9e du 8 d\u00e9cembre 1885, f\u00eate de l&rsquo;Immacul\u00e9e Conception de la Tr\u00e8s Sainte Vierge Marie. Depuis lors, elles sont rest\u00e9es, en substance, celles que nous connaissons.<\/p>\n<p>Chaque \u00e9l\u00e9ment des armoiries parle.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><i>L&rsquo;\u00e9toile<\/i><\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9toile est avant tout lumi\u00e8re. Dans la tradition chr\u00e9tienne, elle renvoie \u00e0 la foi, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 la lumi\u00e8re qui oriente le chemin. L&rsquo;\u00c9criture conna\u00eet bien ce symbole : de la proph\u00e9tie de Balaam \u2014 \u00ab\u00a0une \u00e9toile se l\u00e8ve de Jacob\u00a0\u00bb \u2014 jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Apocalypse, o\u00f9 le Christ se pr\u00e9sente comme \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9toile radieuse du matin\u00a0\u00bb. Dans l&rsquo;art chr\u00e9tien antique, l&rsquo;\u00e9toile accompagne souvent le myst\u00e8re de la venue du Christ, lumi\u00e8re qui met en fuite les t\u00e9n\u00e8bres. Dans les armoiries sal\u00e9siennes, elle dit que l&rsquo;\u0153uvre \u00e9ducative et pastorale ne na\u00eet pas d&rsquo;un simple projet humain : elle na\u00eet de la foi et conduit \u00e0 la foi.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><i>L&rsquo;ancre<\/i><\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;ancre, plac\u00e9e en position centrale, est le symbole de l&rsquo;esp\u00e9rance. Dans le monde de la mer, l&rsquo;ancre est ce qui retient, fixe, donne de la stabilit\u00e9. Au milieu de la mobilit\u00e9 des vagues, elle devient image de fermet\u00e9 et de s\u00e9curit\u00e9. L&rsquo;\u00c9p\u00eetre aux H\u00e9breux parle de l&rsquo;esp\u00e9rance comme d&rsquo;une \u00ab\u00a0ancre s\u00fbre et solide pour notre vie\u00a0\u00bb. C&rsquo;est une image tr\u00e8s ch\u00e8re aussi \u00e0 la tradition spirituelle : ancrer son c\u0153ur en Dieu signifie ne pas se laisser emporter par les temp\u00eates, les passions, les peurs, les agitations de l&rsquo;histoire. Pour un Sal\u00e9sien, l&rsquo;ancre rappelle que l&rsquo;\u00e9ducation est toujours un acte d&rsquo;esp\u00e9rance : esp\u00e9rance en Dieu, dans les jeunes, dans le bien qui peut grandir m\u00eame l\u00e0 o\u00f9 il semble cach\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><i>Le c\u0153ur<\/i><\/em><\/p>\n<p>Le c\u0153ur enflamm\u00e9 est le symbole de la charit\u00e9. Comme les armoiries \u00e9taient \u00e9galement pens\u00e9es pour la Basilique du Sacr\u00e9-C\u0153ur de Rome, ce profond symbole ne pouvait manquer. Dans la Bible, le c\u0153ur n&rsquo;indique pas seulement le sentiment, mais le centre de la personne : l&rsquo;int\u00e9riorit\u00e9, la volont\u00e9, l&rsquo;intelligence, la m\u00e9moire, la capacit\u00e9 d&rsquo;aimer. Un c\u0153ur br\u00fblant dit une charit\u00e9 vive, ardente, active. Dans les armoiries sal\u00e9siennes, il n&rsquo;y a pas une charit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rique, mais cette charit\u00e9 pastorale qui poussa Don Bosco \u00e0 se consumer pour les jeunes, sp\u00e9cialement les plus pauvres et abandonn\u00e9s. La mission sal\u00e9sienne ne na\u00eet pas d&rsquo;une organisation efficace, mais d&rsquo;un c\u0153ur qui br\u00fble.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><i>Saint Fran\u00e7ois de Sales<\/i><\/em><\/p>\n<p>La figure de saint Fran\u00e7ois de Sales rappelle le Patron de la Soci\u00e9t\u00e9. Don Bosco voulut que ses fils portent le nom de Sal\u00e9siens pr\u00e9cis\u00e9ment pour se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la bont\u00e9, \u00e0 la douceur, \u00e0 la patience et \u00e0 la charit\u00e9 apostolique du saint \u00e9v\u00eaque de Gen\u00e8ve. La repr\u00e9sentation pr\u00e9sente dans les armoiries s&rsquo;inspire d&rsquo;une toile conserv\u00e9e dans le monast\u00e8re des Visitandines de Turin, fond\u00e9 en 1638 par sainte Jeanne-Fran\u00e7oise de Chantal. On y ajout\u00e9 cependant une plume et une feuille : d\u00e9tail significatif, qui rappelle l&rsquo;importance attribu\u00e9e par Don Bosco \u00e0 la presse, aux bonnes lectures, \u00e0 la diffusion populaire de la culture chr\u00e9tienne. Don Bosco \u00e9crivit \u00e9norm\u00e9ment et voulut une imprimerie d&rsquo;avant-garde : cela aussi \u00e9tait de l&rsquo;apostolat.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><i>Le bosquet<\/i><\/em><\/p>\n<p>Le bosquet plac\u00e9 dans la partie inf\u00e9rieure de l\u2019\u00e9cu est un rappel imm\u00e9diat du nom de famille du Fondateur. Mais ce n&rsquo;est pas un simple jeu de mots. Ce petit bois renvoie \u00e0 une racine concr\u00e8te, \u00e0 une histoire, \u00e0 une origine pauvre et providentielle. Don Bosco ne na\u00eet dans un palais, mais dans maison paysanne ; il ne poss\u00e8de pas une strat\u00e9gie de pouvoir, mais une vocation m\u00fbrie au sein de la famille, au travail, avec une foi simple et les r\u00eaves de Dieu.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><i>Les montagnes<\/i><\/em><\/p>\n<p>Derri\u00e8re le bois s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent les montagnes. Elles indiquent les sommets de la perfection vers lesquels doivent tendre les membres, comme l&rsquo;indique saint Jean de la Croix dans son \u00e9crit la \u00ab\u00a0Mont\u00e9e du Carmel\u00a0\u00bb. La montagne, dans la Bible et dans la tradition chr\u00e9tienne, est souvent un lieu de rencontre avec Dieu : le Sina\u00ef, le Thabor, le mont des B\u00e9atitudes, le mont des Oliviers. C&rsquo;est un point de contact entre le ciel et la terre, image de l&rsquo;ascension spirituelle. Dans les armoiries sal\u00e9siennes, les montagnes rappellent que la vie sal\u00e9sienne ne peut se contenter de la m\u00e9diocrit\u00e9. C&rsquo;est un appel \u00e0 la saintet\u00e9, v\u00e9cue non pas hors du monde, mais au c\u0153ur de la mission \u00e9ducative.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><i>Le palmier et le laurier<\/i><\/em><\/p>\n<p>Le palmier et le laurier, entrelac\u00e9s \u00e0 la base, embrassent l\u2019\u00e9cu comme embl\u00e8mes de la r\u00e9compense r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 une vie sacrifi\u00e9e et vertueuse. Le palmier est symbole de victoire, de martyre, de r\u00e9surrection, de fid\u00e9lit\u00e9 jusqu&rsquo;au bout. Dans la tradition chr\u00e9tienne, il accompagne les martyrs et rappelle la victoire du Christ sur la mort. C&rsquo;est une intuition proph\u00e9tique, car aujourd&rsquo;hui les deux tiers des saints et bienheureux sal\u00e9siens sont des martyrs. Le laurier, toujours vert, est lui aussi signe de gloire, d&rsquo;immortalit\u00e9, d&rsquo;honneur et de paix. Ensemble, palmier et laurier disent que la vie sal\u00e9sienne porte du fruit lorsqu&rsquo;elle est donn\u00e9e : il n&rsquo;y a pas de f\u00e9condit\u00e9 apostolique sans sacrifice, il n&rsquo;y a pas de vraie gloire sans fid\u00e9lit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><i>La guirlande de roses<\/i><\/em><\/p>\n<p>La guirlande de roses, plac\u00e9e au sommet de l\u2019\u00e9cu, semble faire allusion au c\u00e9l\u00e8bre songe de la pergola de roses, si important pour comprendre l&rsquo;esprit sal\u00e9sien. Dans le r\u00eave, la beaut\u00e9 des roses s&rsquo;accompagne d&rsquo;\u00e9pines : image lumineuse et r\u00e9aliste de la mission. La vie sal\u00e9sienne est attrayante, pleine de joie, de jeunesse, de promesse ; mais elle comporte aussi fatigue, sacrifice, patience, souffrance. Les roses sans les \u00e9pines seraient une illusion ; les \u00e9pines sans les roses seraient une tristesse st\u00e9rile. Don Bosco enseigne \u00e0 tenir ensemble les deux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><i>La Croix<\/i><\/em><\/p>\n<p>Au sommet des armoiries se trouve la croix. Non comme \u00e9l\u00e9ment d\u00e9coratif, mais comme centre secret de toute la mission. La croix rayonnante remplace l&rsquo;\u00e9toile initialement pr\u00e9vue au sommet du blason et oriente toute l&rsquo;image vers le Christ. L&rsquo;\u00e9ducation sal\u00e9sienne, la charit\u00e9 pour les jeunes, l&rsquo;esp\u00e9rance, la foi, la douceur de saint Fran\u00e7ois de Sales, l&rsquo;ascension vers la saintet\u00e9 : tout trouve son sens dans la croix du Seigneur, source de salut et d&rsquo;amour.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><i>La devise : \u00ab\u00a0Da mihi animas, cetera tolle\u00a0\u00bb<\/i><\/em><\/p>\n<p>Dans la Gen\u00e8se, chap. 14, il est question de la lutte d&rsquo;une alliance de quatre rois contre cinq autres rois. Les premiers vainquirent les seconds et prirent les biens et les personnes et &#8211; parmi eux &#8211; aussi Loth, fils du fr\u00e8re d&rsquo;Abram, et ses biens, car il r\u00e9sidait \u00e0 Sodome, dans le royaume de B\u00e9ra. Abraham fit la guerre aux cinq rois et r\u00e9cup\u00e9ra Loth et les siens. Au retour, B\u00e9ra, le roi vaincu de Sodome, fit cette demande \u00e0 Abraham : \u00ab\u00a0<em><i>Da mihi animas, cetera tolle<\/i><\/em>\u00a0\u00bb (Donne-moi les personnes ; les biens, prends-les pour toi). Et Abraham l&rsquo;assura qu&rsquo;il ne conserverait rien de ce qui n&rsquo;\u00e9tait pas \u00e0 lui. Dans la lecture spirituelle chr\u00e9tienne, ces mots sont transfigur\u00e9s : ce n&rsquo;est plus une demande int\u00e9ress\u00e9e de possession, mais le cri apostolique de celui qui d\u00e9sire le salut des \u00e2mes.<\/p>\n<p>La phrase est \u00e9galement attribu\u00e9e \u00e0 saint Fran\u00e7ois de Sales, mais elle n&rsquo;appara\u00eet pas dans ses \u0153uvres. Elle lui est attribu\u00e9e par Mgr Jean-Pierre Camus dans <em><i>L&rsquo;Esprit de saint Fran\u00e7ois de Sales<\/i><\/em>, o\u00f9 le saint est pr\u00e9sent\u00e9 comme tout tendu vers la conversion des \u00e2mes.<\/p>\n<p>La m\u00eame expression revient ensuite chez saint Joseph Cafasso, dans la litt\u00e9rature spirituelle du clerg\u00e9, dans la <em><i>Forma Cleri<\/i><\/em> et dans la <em><i>Regula Cleri<\/i><\/em>, livre que Don Bosco utilisait souvent pour sa m\u00e9ditation quotidienne. Dans cette tradition, la devise devient pri\u00e8re : \u00ab\u00a0Seigneur, qui aimes les \u00e2mes, donne-moi ton amour, afin que je puisse dire avec ferveur : donne-moi les \u00e2mes, prends tout le reste\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ainsi on comprend pourquoi Don Bosco la voulut dans les armoiries. <em><i>Da mihi animas, cetera tolle <\/i><\/em>n&rsquo;est pas une phrase \u00e0 contempler \u00e0 distance. C&rsquo;est un programme de vie. Elle demande de mettre au centre les personnes, leur salut, leur dignit\u00e9, leur destin \u00e9ternel. Elle demande de relativiser tout le reste : prestige, confort, int\u00e9r\u00eats, s\u00e9curit\u00e9s, et m\u00eame soi-m\u00eame.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En 1934, il y eut aussi une tentative de mise \u00e0 jour de certains d\u00e9tails des armoiries. On pensa \u00e0 une forme plus arrondie du bouclier, \u00e0 un champ bleu c\u00e9leste, \u00e0 des figures rendues avec des couleurs plus proches de la r\u00e9alit\u00e9. La com\u00e8te prit un coloris jaun\u00e2tre et une pointe plus allong\u00e9e. Le palmier et le laurier, au lieu d&rsquo;entourer le blason, furent pens\u00e9s comme des soutiens. La guirlande de roses fut remplac\u00e9e par deux guirlandes de feuillage de ch\u00eane ; la croix latine tr\u00e9fl\u00e9e et rayonnante laissa la place \u00e0 une croix latine retaill\u00e9e, plus grande ; le cadre accentua certains \u00e9l\u00e9ments baroques. La devise restait \u00e9galement sur un ruban flottant. C&rsquo;\u00e9tait une mise \u00e0 jour graphique, non un changement de substance.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00c0 plus d&rsquo;un si\u00e8cle de distance, les armoiries sal\u00e9siennes continuent de parler. Peut-\u00eatre pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu&rsquo;elles ne sont pas n\u00e9es d&rsquo;une pr\u00e9occupation purement esth\u00e9tique, mais d&rsquo;une intuition spirituelle. En elles se rencontrent une foi qui illumine, une esp\u00e9rance qui ancre, une charit\u00e9 qui br\u00fble ; saint Fran\u00e7ois de Sales et Don Bosco ; la m\u00e9moire des origines et l&rsquo;ascension vers la saintet\u00e9 ; le sacrifice et la r\u00e9compense ; les roses et les \u00e9pines ; la croix et la mission.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les regarder signifie retrouver, sous une forme simple et dense, le c\u0153ur de la vocation sal\u00e9sienne : appartenir \u00e0 Dieu pour les jeunes et chercher les \u00e2mes, en laissant tout le reste passer au second plan. Don Bosco l&rsquo;avait compris et v\u00e9cu. C&rsquo;est pourquoi, aujourd&rsquo;hui encore, ses armoiries ne sont pas seulement un signe distinctif. C&rsquo;est une consigne.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a des images qui ne se limitent pas \u00e0 repr\u00e9senter une institution :&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":54383,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":0,"footnotes":""},"categories":[119],"tags":[1716,1758,1764,1818,1956],"class_list":["post-54395","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-bonne-presse","tag-charisme-salesien","tag-creativite-salesienne","tag-don-bosco","tag-grace","tag-salesiens"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54395","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=54395"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54395\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":54396,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54395\/revisions\/54396"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/54383"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=54395"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=54395"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=54395"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}