{"id":54187,"date":"2026-07-27T08:18:10","date_gmt":"2026-07-27T08:18:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.donbosco.press\/?p=54187"},"modified":"2026-07-27T08:18:34","modified_gmt":"2026-07-27T08:18:34","slug":"faisons-connaissance-avec-don-bosco-13-le-theologien-giovanni-borel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/don-bosco\/faisons-connaissance-avec-don-bosco-13-le-theologien-giovanni-borel\/","title":{"rendered":"Faisons connaissance avec don Bosco (13). Le th\u00e9ologien Giovanni Borel"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><em>Anonyme, Portrait de don Giovanni Borel (1801\u20131873), fin du XIXe si\u00e8cle, tempera sur cuivre, 37,5 \u00d7 29 cm, Mus\u00e9e Maison Don Bosco, Turin-Valdocco.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><i>Giovanni Borel appara\u00eet comme un pr\u00eatre turinois de solide formation, profond\u00e9ment ins\u00e9r\u00e9 dans le tissu pastoral et caritatif de la ville. Chapelain royal puis directeur spirituel du Refuge de la marquise Barolo, il se consacra pendant plus de trente ans \u00e0 l\u2019assistance des jeunes accueillies, des s\u0153urs et des institutions li\u00e9es, collaborant aussi avec le Cottolengo et avec don Cafasso, surtout dans le minist\u00e8re des prisons. Pr\u00e9dicateur brillant et populaire, il unissait simplicit\u00e9 \u00e9vang\u00e9lique et z\u00e8le apostolique. Son lien avec don Bosco fut d\u00e9cisif : l\u2019ayant rencontr\u00e9 au Convitto, il devint son ami, son guide et le principal soutien dans les premi\u00e8res ann\u00e9es de l\u2019Oratoire, le d\u00e9fendant, l\u2019aidant financi\u00e8rement et assumant sa responsabilit\u00e9 dans les moments les plus difficiles. Il accompagna ainsi, de mani\u00e8re discr\u00e8te mais d\u00e9terminante, la naissance et la consolidation de l\u2019\u0153uvre sal\u00e9sienne jusqu\u2019\u00e0 sa mort, survenue en 1873.<\/i><\/em><\/p>\n<p><em><i>\u00a0<\/i><\/em><\/p>\n<p><em><i>\u00a0<\/i><\/em><\/p>\n<p><em><i>Parce qu\u2019il avait de vrais amis.<\/i><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Nous connaissons peu la famille de don Borel. D\u2019apr\u00e8s les registres de bapt\u00eame de la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Turin (c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019\u00e9glise cath\u00e9drale), nous apprenons que Giovanni Luigi Teobaldo Maria, fils de Giuseppe Antonio Borel et de Carola Motto, vint au monde le 1er juillet 1801 et fut baptis\u00e9 le lendemain. Un fr\u00e8re a\u00een\u00e9, Luigi Giuseppe, \u00e9tait n\u00e9 en 1798, tandis qu\u2019un autre plus jeune, Michele Gaetano, naquit en 1804. L\u2019ann\u00e9e de naissance 1801 ainsi que le fait que le nom enregistr\u00e9 \u00e9tait Giovanni (et non Giovanni Battista) sont confirm\u00e9s par des documents civils et eccl\u00e9siastiques.<\/p>\n<p>Dans les registres officiels, eccl\u00e9siastiques et civils, son nom de famille est <em><i>Borel<\/i><\/em>, mais don Bosco, dans les <em><i>M\u00e9moires de l\u2019Oratoire<\/i><\/em>, et souvent aussi dans ses lettres, \u00e9crit \u00ab Borrelli \u00bb ou \u00ab Borelli \u00bb. Peut-\u00eatre pensait-il que \u00ab Borel \u00bb \u00e9tait une forme dialectale qu\u2019il a voulu italianiser. La marquise Barolo l\u2019appela toujours \u00ab Borel \u00bb, mais il est peu vraisemblable que le nom et la famille fussent d\u2019origine fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Il fr\u00e9quenta l\u2019\u00e9cole primaire et secondaire selon le syst\u00e8me scolaire en vigueur \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Ainsi, entre 1809 et 1814, il fut \u00e9l\u00e8ve des \u00e9coles turinoises organis\u00e9es selon le mod\u00e8le fran\u00e7ais, qui prescrivait trois ann\u00e9es d\u2019\u00e9tudes primaires et trois ann\u00e9es d\u2019\u00e9tudes secondaires (suivies du lyc\u00e9e). De 1814 \u00e0 1817, en revanche, il compl\u00e9ta ses \u00e9tudes secondaires selon le syst\u00e8me sarde restaur\u00e9, qui pr\u00e9voyait, apr\u00e8s les \u00e9tudes \u00e9l\u00e9mentaires et la latinit\u00e9 inf\u00e9rieure, trois ann\u00e9es de latinit\u00e9 sup\u00e9rieure (<em><i>grammaire, humanit\u00e9s et rh\u00e9torique<\/i><\/em>). Puis, il passa au biennium de philosophie (1817-1819) et au quinquennat de th\u00e9ologie (1819-1824).<\/p>\n<p>Dans le dioc\u00e8se de Turin \u00e9tait en usage le cl\u00e9ricat externe, un syst\u00e8me gr\u00e2ce auquel un s\u00e9minariste pouvait r\u00e9sider chez lui et suivre les cours de philosophie et de th\u00e9ologie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 ou au s\u00e9minaire. Borel fit partie d\u2019un groupe de \u00ab s\u00e9minaristes externes \u00bb assign\u00e9s \u00e0 l\u2019une des quatre \u00e9glises pr\u00e9vues \u00e0 cet effet, sous la conduite d\u2019un pr\u00e9fet d\u00e9sign\u00e9 par l\u2019archev\u00eaque. Il rev\u00eatit l\u2019habit eccl\u00e9siastique en 1817 et entra dans le groupe des clercs rattach\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9glise du <em><i>Corpus Domini<\/i><\/em>. Il l\u2019a confirm\u00e9 lui-m\u00eame lorsqu\u2019il donna son t\u00e9moignage au proc\u00e8s de b\u00e9atification de Giuseppe Benedetto Cottolengo.<\/p>\n<p>Les enregistrements relatifs \u00e0 ses \u00e9tudes th\u00e9ologiques et aux examens se trouvent \u00e0 l\u2019Archivio Storico de l\u2019Universit\u00e9 de Turin. Il obtint le baccalaur\u00e9at le 29 mars 1821, la licence le 3 juin 1823 et le doctorat le 24 mai 1824 (\u00e0 partir de ce moment, il put se pr\u00e9valoir du titre de \u00ab th\u00e9ologien \u00bb). Il est int\u00e9ressant de noter que la signature du th\u00e9ologien Luigi Guala, professeur de la facult\u00e9 de th\u00e9ologie et recteur du Convitto eccl\u00e9siastique de Saint-Fran\u00e7ois d\u2019Assise, figure sur tous les certificats d\u2019examen de Borel.<\/p>\n<p>Il fut ordonn\u00e9 pr\u00eatre le 16 septembre 1824, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 23 ans.<\/p>\n<p>Au nouveau pr\u00eatre, il \u00e9tait demand\u00e9 de suivre, apr\u00e8s l\u2019ordination, pendant environ deux ans, les conf\u00e9rences de morale dans l\u2019un des si\u00e8ges reconnus (s\u00e9minaire, universit\u00e9, Convitto de Saint-Fran\u00e7ois d\u2019Assise), comme compl\u00e9ment du cursus th\u00e9ologique et pr\u00e9paration \u00e0 l\u2019exercice du minist\u00e8re. Nous ne disposons pas de documentation sur le lieu fr\u00e9quent\u00e9 par Borel, mais puisqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9 parmi les pr\u00eatres qui gravitaient autour des positions de Cafasso (qui ne commencera toutefois \u00e0 enseigner qu\u2019autour de 1836), nous pouvons pr\u00e9sumer qu\u2019il avait suivi au moins quelques-unes des conf\u00e9rences publiques du th\u00e9ologien Guala. Quoi qu\u2019il en soit, le lien de don Borel avec le Convitto et son orientation th\u00e9ologique et pastorale apparaissent ind\u00e9niables.<\/p>\n<p>En 1824, lorsqu\u2019il fut ordonn\u00e9 pr\u00eatre, il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 en service comme \u00ab clerc de la Maison et de la Chapelle royale \u00bb ; en 1831, il fut promu \u00ab chapelain royal \u00bb, fonction qu\u2019il exer\u00e7a jusqu\u2019en 1841. Natale Cerrato \u00e9crit : \u00ab Le clerg\u00e9 de cour, pr\u00e9sent \u00e0 des heures d\u00e9termin\u00e9es pour exercer des fonctions sp\u00e9cifiques de service religieux, constituait la \u201cChapelle royale\u201d, \u00e0 la t\u00eate de laquelle se trouvait le grand aum\u00f4nier, qui \u00e9tait l\u2019archev\u00eaque de Turin. De lui d\u00e9pendaient six aum\u00f4niers, eccl\u00e9siastiques issus de la noblesse, qui le repr\u00e9sentaient \u00e0 la cour, participant aux fonctions liturgiques sans porter les ornements sacr\u00e9s, mais en mantelette noire comme assistants des personnes royales. Outre les aum\u00f4niers, il y avait les chapelains et les clercs, qui assuraient le service liturgique, les uns c\u00e9l\u00e9brant la messe et pr\u00eachant, les autres servant selon les tours \u00e9tablis. La charge de chapelain royal \u00e9tait une position honorifique et recherch\u00e9e, qui comportait un traitement et laissait beaucoup de temps libre pour d\u2019autres occupations. \u00bb<\/p>\n<p>En 1837, il pr\u00e9senta une demande de pension comme <em><i>chapelain royal<\/i><\/em>, mais continua le service jusqu\u2019en d\u00e9cembre 1840, lorsqu\u2019il fut nomm\u00e9 directeur spirituel du Refuge de la marquise Barolo. Alors qu\u2019il \u00e9tait encore au service du Palais royal, avec le th\u00e9ologien Carlo Antonio Borsarelli, il fut directeur spirituel du Coll\u00e8ge royal Saint-Fran\u00e7ois de Paule, \u00e0 partir de l\u2019ann\u00e9e acad\u00e9mique 1829-30 jusqu\u2019en 1842-43. Ses principales t\u00e2ches \u00e9taient la c\u00e9l\u00e9bration quotidienne de la messe pour les \u00e9tudiants, la pr\u00e9dication dominicale \u00e0 la congr\u00e9gation de l\u2019\u00e9cole (explication de l\u2019\u00c9vangile le matin, et instruction sur la doctrine chr\u00e9tienne l\u2019apr\u00e8s-midi), la le\u00e7on quotidienne de cat\u00e9chisme. L\u2019\u00e9cole Saint-Fran\u00e7ois de Paule \u00e9tait situ\u00e9e dans l\u2019ancien couvent des Minimes, qui abritait aussi un pensionnat universitaire.<\/p>\n<p>Borel collaborait \u00e9galement avec le chanoine Giuseppe Benedetto Cottolengo, fondateur de la Petite Maison de la Divine Providence. L\u2019institution accueillait des malades chroniques physiques et mentaux, surtout pauvres. Malgr\u00e9 ses autres engagements, il consacra de nombreuses ann\u00e9es aux besoins spirituels de la Petite Maison, comme il en t\u00e9moigna lui-m\u00eame au proc\u00e8s dioc\u00e9sain de b\u00e9atification du Cottolengo, qui se d\u00e9roula entre 1863 et 1873.<\/p>\n<p>Nous ne pouvons pas dire avec certitude quand commen\u00e7a son service pastoral aupr\u00e8s des d\u00e9tenus ; certainement, en 1840, il collaborait d\u00e9j\u00e0 avec don Cafasso et probablement continua cette coop\u00e9ration le reste de sa vie. Il est certain que don Bosco, lorsqu\u2019il assista Cafasso, alors \u00e9l\u00e8ve du Convitto, dans le minist\u00e8re des prisons, y trouva aussi Borel, le chanoine Borsarelli et don Mathias, directeur de la <em><i>Confr\u00e9rie de la Mis\u00e9ricorde<\/i><\/em>. Avec don Cafasso, Borel se consacra particuli\u00e8rement aux condamn\u00e9s \u00e0 mort. Les <em><i>M\u00e9moires biographiques<\/i><\/em>, en outre, nous offrent des d\u00e9tails int\u00e9ressants sur sa m\u00e9thode avec les d\u00e9tenus.<\/p>\n<p>Le 29 d\u00e9cembre 1840, don Borel re\u00e7ut la nomination de directeur spirituel du Refuge, comme successeur du d\u00e9funt don Luigi Delrivo. \u00c0 partir de ce jour, il se consacra avec z\u00e8le aux institutions Barolo pendant plus de trente ans. Ce fut son minist\u00e8re le plus important, par son ampleur, son intensit\u00e9 et son d\u00e9vouement, mais aussi le plus exigeant en raison de la grande responsabilit\u00e9 qu\u2019il comportait. Il \u00e9tait directeur spirituel et enseignant des jeunes filles h\u00e9berg\u00e9es au Refuge et des s\u0153urs de Saint-Joseph qui prenaient soin d\u2019elles. Il \u00e9tait aussi directeur spirituel des S\u0153urs P\u00e9nitentes de Sainte-Marie-Madeleine (populairement appel\u00e9es les <em><i>Maddalene<\/i><\/em>), qui vivaient en semi-cl\u00f4ture dans leur monast\u00e8re voisin du Refuge. Son travail comprenait la c\u00e9l\u00e9bration quotidienne de la messe, la pr\u00e9dication, le cat\u00e9chisme, les confessions et la direction spirituelle, la pastorale des malades.<\/p>\n<p>Les archives de l\u2019Opera Pia Barolo nous livrent les noms de divers pr\u00eatres collaborateurs du th\u00e9ologien Borel dans les institutions fond\u00e9es par la marquise : don Pietro Ponte (1821-1892), chapelain de l\u2019Institut Sainte-Anne ; don Sebastiano Pacchiotti (1806-1884), chapelain associ\u00e9 du Refuge ; don Bosco, chapelain associ\u00e9 du Refuge et chapelain d\u00e9sign\u00e9 de l\u2019Ospedaletto <em><i>Sainte-Philom\u00e8ne <\/i><\/em>de 1844 \u00e0 1846 ; don Giovanni Giacomelli (1820-1901), chapelain de l\u2019Ospedaletto \u00e0 partir de 1854 ; le p\u00e8re Marcantonio Durando (1801-1880), des pr\u00eatres de saint Vincent de Paul, sup\u00e9rieur religieux officiel des s\u0153urs <em><i>Maddalene<\/i><\/em>.<\/p>\n<p>Le nom de Borel appara\u00eet \u00e0 plusieurs reprises dans les <em><i>M\u00e9moires de l\u2019Oratoire<\/i><\/em>, dans la correspondance de don Bosco et dans les <em><i>M\u00e9moires biographiques<\/i><\/em>, comme ami et soutien. Don Bosco l\u2019avait rencontr\u00e9 pour la premi\u00e8re fois lorsqu\u2019il \u00e9tait s\u00e9minariste, lors d\u2019une retraite spirituelle. Avec lui, il s\u2019\u00e9tait entretenu des moyens de pers\u00e9v\u00e9rer dans la vocation et avait retenu son conseil : \u00ab Par le recueillement et la communion fr\u00e9quente on perfectionne et on conserve la vocation et on forme le v\u00e9ritable eccl\u00e9siastique. \u00bb<\/p>\n<p>Par la suite, il l\u2019avait revu plusieurs fois durant les ann\u00e9es pass\u00e9es au Convitto, partageant avec lui le minist\u00e8re pastoral dans la prison et dans d\u2019autres institutions caritatives de la ville. \u00ab Depuis le premier moment o\u00f9 j\u2019ai connu le Th\u00e9ologien Borel \u2014 lisons-nous dans les <em><i>M\u00e9moires de l\u2019Oratoire<\/i><\/em> \u2014 j\u2019ai toujours observ\u00e9 en lui un saint pr\u00eatre, un mod\u00e8le digne d\u2019admiration et d\u2019imitation. Chaque fois que je pouvais m\u2019entretenir avec lui, il avait toujours des le\u00e7ons de z\u00e8le sacerdotal, toujours de bons conseils, des encouragements au bien. Durant les trois ann\u00e9es pass\u00e9es au Convitto, il m\u2019invita \u00e0 plusieurs reprises \u00e0 servir aux fonctions sacr\u00e9es, \u00e0 confesser, \u00e0 pr\u00eacher avec lui. Ainsi mon champ de travail \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 connu et, en un certain sens, familier. Nous nous sommes souvent longuement entretenus des r\u00e8gles \u00e0 suivre pour nous aider mutuellement \u00e0 fr\u00e9quenter les prisons et \u00e0 accomplir les devoirs qui nous \u00e9taient confi\u00e9s, et en m\u00eame temps pour assister les jeunes, dont la moralit\u00e9 et l\u2019abandon attiraient de plus en plus l\u2019attention des pr\u00eatres. \u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019automne 1844, \u00e0 la demande de don Cafasso et avec le consentement de la marquise Barolo, Borel accueillit au Refuge don Bosco, qui avait besoin d\u2019un lieu o\u00f9 habiter et d\u2019un travail r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 en attendant l\u2019ach\u00e8vement de l\u2019Ospedaletto. \u00c0 partir de ce moment, il devint son soutien le plus proche et le plus fid\u00e8le. Il le mit progressivement en contact avec des personnes fortun\u00e9es de la noblesse et de la bourgeoisie turinoises. Il l\u2019aida et le d\u00e9fendit durant la phase de l\u2019Oratoire itin\u00e9rant (1844-46), prenant sa d\u00e9fense, comme lorsqu\u2019il fut chass\u00e9 de Saint-Pierre-aux-Liens et se d\u00e9pla\u00e7a dans la chapelle des Moulins, ou lorsque, au d\u00e9but de 1846, les cur\u00e9s des environs exprim\u00e8rent la crainte que l\u2019Oratoire n\u2019interf\u00e8re avec l\u2019activit\u00e9 des paroisses. Surtout, il ne l\u2019abandonna pas dans les moments les plus difficiles. Il fut \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s lors de la rupture avec la marquise Barolo, l\u2019aida financi\u00e8rement pour le loyer et, plus tard, pour l\u2019achat de la propri\u00e9t\u00e9 Pinardi. Lorsque l\u2019Oratoire s\u2019\u00e9tablit d\u00e9finitivement \u00e0 Valdocco, c\u2019est lui qui b\u00e9nit la chapelle-hangar. Les ann\u00e9es suivantes, il continua \u00e0 collaborer avec don Bosco dans la pr\u00e9dication, les confessions, les relations publiques, l\u2019administration de l\u2019Oratoire. Il tenait les livres comptables, enregistrait les entr\u00e9es, les sorties et les faits dignes de m\u00e9moire (par exemple, en 1846, il nota qu\u2019\u00e0 la f\u00eate de saint Louis particip\u00e8rent 650 jeunes).<\/p>\n<p>Lorsque, vers la fin de 1845, la sant\u00e9 de don Bosco se d\u00e9t\u00e9riora brusquement, il en informa la marquise, qui se trouvait alors \u00e0 Rome. La marquise Barolo \u00e9tait elle aussi inqui\u00e8te et \u00e9crivit \u00e0 Borel : \u00ab Vous vous souviendrez combien de fois je vous ai recommand\u00e9 de veiller sur lui et de le laisser se reposer, etc., etc. Il ne m\u2019\u00e9coutait pas ; il disait que les pr\u00eatres devaient travailler. \u00bb Enfin, lorsque, \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1846, don Bosco tomba gravement malade, il lui prodigua tous les soins et, durant la convalescence aux Becchi (entre ao\u00fbt et novembre), il assuma la responsabilit\u00e9 de l\u2019Oratoire avec l\u2019aide des th\u00e9ologiens Vola et Carpano, des pr\u00eatres Trivero et Pacchiotti.<\/p>\n<p>Goffredo Casalis \u00e9crit : \u00ab Ceux-ci [les pr\u00eatres susmentionn\u00e9s], pendant l\u2019espace de quatre mois, d\u2019accord avec le th\u00e9ologien Borelli, suppl\u00e9\u00e8rent en tout le Fondateur absent de l\u2019institut et en assur\u00e8rent le fonctionnement de telle mani\u00e8re qu\u2019ils gagn\u00e8rent bient\u00f4t l\u2019estime et l\u2019affection de tous les jeunes ; estime et affection qu\u2019ils durent se procurer, comme le Fondateur, au prix d\u2019une tr\u00e8s grande patience et d\u2019innombrables sacrifices, car \u00e0 ses d\u00e9buts cette institution \u00e9tait beaucoup plus pauvre qu\u2019elle ne l\u2019est \u00e0 pr\u00e9sent, et ils avaient affaire \u00e0 des jeunes turbulents et sans aucune \u00e9ducation. Beaucoup d\u2019entre eux, bien souvent, n\u2019avaient pas un morceau de pain pour se nourrir, et \u00e9taient extr\u00eamement d\u00e9penaill\u00e9s et sales. En outre, comme il arrive \u00e0 tous ceux qui veulent faire le bien, ils devaient supporter de nombreuses et s\u00e9rieuses contradictions. \u00c0 son retour, D. Bosco trouva plus de d\u00e9corum dans la chapelle et revit une troupe de nouveaux gar\u00e7ons qui, pour la premi\u00e8re fois, salu\u00e8rent leur bienfaiteur. Les choses \u00e9taient fort bien engag\u00e9es [&#8230;]. \u00bb<\/p>\n<p>Borel \u00e9tait un pr\u00e9dicateur habile ; il utilisait un style populaire et vivant, tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9 ; pour cela, on l\u2019invitait souvent \u00e0 tenir des pan\u00e9gyriques et des missions dans le dioc\u00e8se de Turin et ailleurs. Il s\u2019y pr\u00eatait toujours avec g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et z\u00e8le apostolique. Ses sermons \u00e9taient simples, agr\u00e9ables, riches d\u2019humour et d\u2019anecdotes, mais substantiels, profond\u00e9ment chr\u00e9tiens, \u00e9mouvants et d\u2019un grand effet. Don Cafasso disait de lui qu\u2019\u00ab il \u00e9tait peut-\u00eatre le meilleur orateur de tout le dioc\u00e8se par sa facilit\u00e9 \u00e0 parler notre bon dialecte pi\u00e9montais au moyen de proverbes, traits d\u2019esprit, phrases piquantes qui fleurissaient sur ses l\u00e8vres, et par la clart\u00e9 avec laquelle il expliquait toutes les difficult\u00e9s doctrinales, en se servant \u00e0 l\u2019occasion des comparaisons les plus appropri\u00e9es ; d\u2019autant plus lorsqu\u2019il s\u2019agissait de parler \u00e0 la jeunesse, qui faisait sa joie. \u00bb<\/p>\n<p>Dans ce minist\u00e8re, il se montra toujours disponible aussi pour don Bosco. Un dimanche, apr\u00e8s avoir pass\u00e9 toute la matin\u00e9e dans diverses \u00e9glises \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer, pr\u00eacher et confesser, on lui dit qu\u2019\u00e0 l\u2019Oratoire on avait besoin de lui pour un sermon. La personne qui alla le chercher le trouva dans le potager en train de manger du pain et du poivron. Il n\u2019h\u00e9sita pas. Apr\u00e8s quelques minutes, il \u00e9tait en chaire dans la chapelle Pinardi \u00e0 pr\u00eacher devant une foule de gar\u00e7ons. Il pr\u00eacha aussi dans l\u2019\u00e9glise Saint-Fran\u00e7ois de Sales apr\u00e8s 1852. Ses dialogues publics avec don Bosco \u00e9taient c\u00e9l\u00e8bres. Il s\u2019asseyait parmi les gar\u00e7ons et jouait de fa\u00e7on tr\u00e8s amusante le r\u00f4le d\u2019un jeune na\u00eff, d\u2019un vaurien, d\u2019un p\u00e9nitent maladroit, tandis que don Bosco instruisait et pr\u00eachait depuis la chaire. L\u2019annonce que, tel dimanche, le th\u00e9ologien allait \u00ab converser \u00bb suffisait \u00e0 remplir l\u2019\u00e9glise d\u2019auditeurs attentifs. En 1849, avec l\u2019aide de don Borsarelli, de don Ponte et de don Gastaldi, il pr\u00eacha avec succ\u00e8s aux gar\u00e7ons des trois oratoires r\u00e9unis dans l\u2019\u00e9glise de la Confr\u00e9rie de la Mis\u00e9ricorde pour un cours d\u2019exercices spirituels de sept jours (22-28 d\u00e9cembre).<\/p>\n<p>Son style de vie \u00e9tait \u00e9vang\u00e9liquement simple et frugal. Il ne se soucia jamais de lui-m\u00eame. Dans les ann\u00e9es soixante, sa sant\u00e9 se d\u00e9t\u00e9riora. Souvent, il se vit contraint de rester au lit ou clou\u00e9 sur une chaise au Refuge. Le 25 mars 1869, don Bosco revint de Rome avec la nouvelle de l\u2019approbation de la Soci\u00e9t\u00e9 sal\u00e9sienne. De sa chambre, Borel entendit les cris de joie des gar\u00e7ons de l\u2019Oratoire et le son de fanfare : il comprit ce qui se passait. Il \u00e9tait environ huit heures du soir. Il sortit du lit, descendit dans la rue en s\u2019appuyant sur sa canne, entra dans la cour de l\u2019Oratoire. L\u00e0, il rencontra don Bosco et apprit la bonne nouvelle. \u00ab Merci, Seigneur, maintenant je peux mourir heureux ! \u00bb s\u2019exclama-t-il, et sans ajouter autre chose, il retourna au Refuge.<\/p>\n<p>Le 8 mai 1870, en reconnaissance de ses m\u00e9rites, il fut d\u00e9cor\u00e9 de l\u2019un des titres honorifiques les plus prestigieux du Royaume : chevalier de l\u2019Ordre des Saints Maurice et Lazare. Il exer\u00e7a encore quelque activit\u00e9 sacerdotale, mais passa les deux derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie confin\u00e9 au lit. Il mourut le 8 septembre 1873, \u00e0 72 ans, peut-\u00eatre d\u2019une h\u00e9morragie c\u00e9r\u00e9brale. Il \u00e9tait si pauvre qu\u2019il ne laissa m\u00eame pas l\u2019argent n\u00e9cessaire pour l\u2019enterrement. Son cercueil fut port\u00e9 au cimeti\u00e8re par les directeurs sal\u00e9siens r\u00e9unis \u00e0 Valdocco pour les conf\u00e9rences d\u2019automne, accompagn\u00e9 par la fanfare de l\u2019Oratoire et par tous les jeunes de la maison.<\/p>\n<p>Sous l\u2019image de saint Fran\u00e7ois de Sales accroch\u00e9e dans sa pauvre petite chambre, il avait \u00e9crit les paroles de saint Paul : <em><i>\u00ab Omnibus omnia factus sum \u00bb<\/i><\/em> \u2014 je me suis fait tout \u00e0 tous.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><i>Arthur J. LENTI, Don Bosco histoire et esprit, vol. I, p. 383<\/i><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Anonyme, Portrait de don Giovanni Borel (1801\u20131873), fin du XIXe si\u00e8cle, tempera sur cuivre, 37,5&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":54170,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":4,"footnotes":""},"categories":[131],"tags":[1716,1764,1968,1956,2616],"class_list":["post-54187","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-don-bosco","tag-charisme-salesien","tag-don-bosco","tag-saints","tag-salesiens","tag-temoins"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54187","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=54187"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54187\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":54188,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54187\/revisions\/54188"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/54170"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=54187"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=54187"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=54187"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}