{"id":54117,"date":"2026-07-21T16:09:27","date_gmt":"2026-07-21T16:09:27","guid":{"rendered":"https:\/\/www.donbosco.press\/?p=54117"},"modified":"2026-07-21T16:10:02","modified_gmt":"2026-07-21T16:10:02","slug":"saintete-de-leveque-salesien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/nos-saints\/saintete-de-leveque-salesien\/","title":{"rendered":"Saintet\u00e9 de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque sal\u00e9sien"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><em>saint Louis VERSIGLIA, sdb (1873-1930)<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Le charisme de Don Bosco, centr\u00e9 sur une paternit\u00e9 \u00e9ducatrice impr\u00e9gn\u00e9e de passion apostolique, n&rsquo;a pas seulement donn\u00e9 naissance \u00e0 des pr\u00eatres et des missionnaires, mais aussi \u00e0 des pasteurs de l&rsquo;\u00c9glise qui ont v\u00e9cu l&rsquo;\u00e9piscopat comme une extension du \u00ab Da mihi animas \u00bb sal\u00e9sien.<\/em> <em>Cette synth\u00e8se retrace le t\u00e9moignage lumineux de neuf \u00e9v\u00eaques \u2013 du protomartyr saint Louis Versiglia au cardinal Auguste Hlond \u2013 dont les causes de canonisation attestent la renomm\u00e9e de saintet\u00e9.<\/em> <em>Dans leur minist\u00e8re, souvent exerc\u00e9 aux fronti\u00e8res missionnaires ou en temps de pers\u00e9cution, brillent leur confiance filiale en Marie Auxiliatrice, leur souci des pauvres, leur z\u00e8le cat\u00e9ch\u00e9tique et leur disponibilit\u00e9 au sacrifice jusqu&rsquo;au sang. Leurs histoires montrent comment la spiritualit\u00e9 sal\u00e9sienne peut s&rsquo;\u00e9panouir dans une pl\u00e9nitude \u00e9piscopale profond\u00e9ment audacieuse, joyeuse et universelle.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><strong> Luigi Versiglia (1873-1930), \u00e9v\u00eaque, martyr, saint<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>En 1885, saint Jean Bosco avait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 aux Sal\u00e9siens r\u00e9unis \u00e0 San Benigno Canavese, dans le Pi\u00e9mont, qu&rsquo;il avait vu en r\u00eave une foule d&rsquo;enfants qui venaient \u00e0 sa rencontre en lui disant : \u00ab Nous t&rsquo;avons tant attendu ! \u00bb. Dans un autre r\u00eave, il vit s&rsquo;\u00e9lever vers le ciel deux grands calices, l&rsquo;un rempli de sueur et l&rsquo;autre de sang. En 1918, lorsqu&rsquo;un groupe de missionnaires sal\u00e9siens partit de Valdocco, \u00e0 Turin, pour Shiu-Chow, dans le Kwang-tung, en Chine, le Recteur Majeur, Don Paolo Albera, leur offrit le calice avec lequel il avait c\u00e9l\u00e9br\u00e9 ses noces d&rsquo;or sacerdotales et les 50 ans du sanctuaire de Marie Auxiliatrice. Ce cadeau pr\u00e9cieux et symbolique fut remis par Don Sante Garelli \u00e0 Mgr Versiglia, qui d\u00e9clara : \u00ab Don Bosco a vu que lorsqu&rsquo;un calice serait rempli de sang en Chine, l&rsquo;\u0153uvre sal\u00e9sienne se r\u00e9pandrait merveilleusement parmi cet immense peuple. Tu m&rsquo;apportes le calice vu par le P\u00e8re : \u00e0 moi de le remplir de sang pour l&rsquo;accomplissement de la vision \u00bb.<\/p>\n<p>En 1920, la mission de Shiu-Chow, dans le nord du Kwang-tung, fut \u00e9rig\u00e9e en vicariat apostolique et la rumeur courut aussit\u00f4t que Don Versiglia serait \u00e9lu vicaire et consacr\u00e9 \u00e9v\u00eaque. Il \u00e9crivit \u00e0 ses sup\u00e9rieurs \u00e0 Turin des lettres d\u00e9chirantes, d\u00e9clarant son incapacit\u00e9 absolue et les suppliant de le dispenser de cette charge. Monseigneur De Gu\u00e9briant, quant \u00e0 lui, d\u00e9clarait publiquement que, si le choix avait \u00e9t\u00e9 fait par le peuple, m\u00eame les petits enfants auraient acclam\u00e9 Don Versiglia comme leur p\u00e8re et leur pasteur.<\/p>\n<p>En douze ans de mission, de 1918 \u00e0 1930, l&rsquo;\u00e9v\u00eaque Versiglia r\u00e9ussit \u00e0 accomplir des prodiges dans une r\u00e9gion qui n&rsquo;\u00e9tait pas toujours favorable aux catholiques. L&rsquo;\u00e9v\u00eaque ne s&rsquo;arr\u00eatait devant rien, pas m\u00eame devant les famines, les \u00e9pid\u00e9mies, les d\u00e9faites qui se pr\u00e9sentaient \u00e0 lui et \u00e0 ses collaborateurs, pas toujours r\u00e9compens\u00e9s humainement : apostasies, calomnies, abandons, incompr\u00e9hensions, l\u00e2chet\u00e9&#8230; Mais tout \u00e9tait surmont\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la pri\u00e8re, intense et constante.<\/p>\n<p>Au printemps 1923, il prit contact avec le Carmel de Florence pour obtenir des s\u0153urs qui prieraient, souffriraient et s&rsquo;offriraient en victimes \u00e0 Dieu pour sa mission. De son c\u00f4t\u00e9, il multiplia non seulement les pri\u00e8res, mais aussi les p\u00e9nitences, utilisant des cilices et des disciplines. Les Carm\u00e9lites ne tard\u00e8rent pas \u00e0 se faire une haute opinion de Mgr Versiglia, mais il \u00e9crivait ainsi \u00e0 la sup\u00e9rieure le 15 octobre 1928 : \u00ab Vous me consid\u00e9rez comme un saint&#8230; Non, non, ma R\u00e9v\u00e9rende M\u00e8re : sachez que vous avez affaire au plus mis\u00e9rable et au plus n\u00e9cessiteux des missionnaires&#8230; Le d\u00e9sir d&rsquo;\u00eatre saint, oui, je l&rsquo;ai&#8230; C&rsquo;est aussi le fruit de vos pri\u00e8res. Mais je suis loin de l&rsquo;\u00eatre \u00bb. Face aux difficult\u00e9s, au manque de moyens, \u00e0 la faiblesse des forces, il s&rsquo;\u00e9criait : \u00ab Nous avons Dieu avec nous, nous avons la Vierge Auxiliatrice, nous avons en outre un grand tr\u00e9sor et une richesse in\u00e9puisable : l&rsquo;esprit de Don Bosco \u00bb.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;heure du martyre, non seulement l&rsquo;\u00e9v\u00eaque voulut donner sa vie pour la s\u00e9curit\u00e9 des cat\u00e9chistes, mais surtout pour le salut du jeune pr\u00eatre qui l&rsquo;accompagnait, Don Callisto Caravario, implorant ses agresseurs : \u00ab Je suis vieux, tuez-moi. Mais lui, il est jeune, \u00e9pargnez-le ! \u00bb. C&rsquo;\u00e9tait le 25 f\u00e9vrier 1930. L&rsquo;esprit sal\u00e9sien de Don Bosco s&rsquo;ouvre, dans la logique du \u00ab<em> da mihi animas <\/em>\u00bb, au myst\u00e8re insondable de la souffrance jusqu&rsquo;au martyre. Don Bosco a dit explicitement : \u00ab Si le Seigneur, dans sa Providence, voulait que certains d&rsquo;entre nous subissent le martyre, est-ce qu\u2019il faudrait nous en effrayer ? \u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol start=\"2\">\n<li><strong> Luigi Olivares (1873-1943), \u00e9v\u00eaque, v\u00e9n\u00e9rable<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>Le 15 juillet 1916, Beno\u00eet XV promut Don Luigi Olivares, z\u00e9l\u00e9 cur\u00e9 sal\u00e9sien de l&rsquo;\u00e9glise Santa Maria Liberatrice \u00e0 Rome-Testaccio, aux si\u00e8ges \u00e9piscopaux de Sutri et Nepi. Le nouvel \u00e9v\u00eaque \u00e9crira parmi ses r\u00e9solutions : \u00ab Je veux que la charit\u00e9 soit la carte ma\u00eetresse de ma vie \u00e9piscopale : sinc\u00e8re, patiente, bienfaisante, spirituelle, dispos\u00e9e \u00e0 tout sacrifice \u00bb. Cette charit\u00e9 s&rsquo;exprimait avant tout dans l&rsquo;amour de Dieu, dans la pri\u00e8re, dans la parfaite conformit\u00e9 \u00e0 la volont\u00e9 divine, dans l&rsquo;accomplissement diligent de ses devoirs et dans l&rsquo;observance fid\u00e8le de la loi du Seigneur. Il \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 n\u2019importe quel travail et sacrifice pour le bien des \u00e2mes. La caract\u00e9ristique principale de Mgr Olivares \u00e9tait son amabilit\u00e9, son visage affable et la d\u00e9licatesse de son \u00e2me. Il a su t\u00e9moigner du difficile bin\u00f4me qu&rsquo;il avait choisi comme devise \u00e9piscopale, \u00ab <em>Suaviter et fortiter<\/em> \u00bb, \u00e9cho de cette \u00ab amabilit\u00e9 \u00bb tant inculqu\u00e9e par Don Bosco. Il aimait extraordinairement ses pr\u00eatres, les comprenant et les d\u00e9fendant toujours.<\/p>\n<p>Monseigneur Luigi Olivares a dirig\u00e9 le dioc\u00e8se de Sutri et Nepi de 1916 \u00e0 1943 et a \u00e9t\u00e9 administrateur apostolique des dioc\u00e8ses voisins de Civita Castellana, Orte et Gallese de 1928 \u00e0 1931. Il mourut le 19 mai 1943 \u00e0 Pordenone, o\u00f9 il s&rsquo;\u00e9tait rendu pour pr\u00eacher une retraite aux jeunes lyc\u00e9ens de l&rsquo;institut sal\u00e9sien. La renomm\u00e9e de saintet\u00e9 qui suivit sa mort fut imm\u00e9diate et vaste. L&rsquo;un des m\u00e9decins qui l&rsquo;avait soign\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de Pordenone confessa : \u00ab Tant que l&rsquo;\u00c9glise catholique aura des mod\u00e8les comme celui-ci, elle est destin\u00e9e \u00e0 conna\u00eetre toujours de nouveaux et plus grands triomphes. Des hommes comme lui peuvent pr\u00eacher l&rsquo;\u00c9vangile et pr\u00e9tendre \u00eatre \u00e9cout\u00e9s m\u00eame par les incr\u00e9dules \u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol start=\"3\">\n<li><strong> Stefano Ferrando (1895-1978), archev\u00eaque, v\u00e9n\u00e9rable<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>Le 24 mai 1922, \u00e0 la fin de la premi\u00e8re procession mariale, les quelques sal\u00e9siens de l&rsquo;Assam, guid\u00e9s par Mgr Louis Mathias, ont pri\u00e9 ainsi : \u00ab Nous te consacrons cette terre, ses montagnes, ses fleuves, son peuple et tous ses habitants \u00bb. Quelques ann\u00e9es plus tard, les sal\u00e9siens et d&rsquo;autres d\u00e9crivirent les missions de l&rsquo;Assam comme \u00ab le miracle de la Vierge Marie \u00bb. Une r\u00e9f\u00e9rence valable pour toute la r\u00e9alit\u00e9 missionnaire et la pr\u00e9sence sal\u00e9sienne en Inde.<\/p>\n<p>Mgr Mathias avait choisi comme devise pour le groupe pionnier : \u00ab <em>Audace et esp\u00e9rance<\/em> \u00bb. Mais les pionniers n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 les seuls \u00e0 vivre cette devise, leurs successeurs le firent \u00e9galement. Beaucoup ont men\u00e9 une vie h\u00e9ro\u00efque et leur saintet\u00e9 est en voie de reconnaissance. Parmi les noms les plus connus : Costantino Vendrame, Oreste Marengo, Francesco Convertini, Stefano Ferrando. Dans l&rsquo;Assam, l&rsquo;\u00c9glise est pass\u00e9e de 5 000 \u00e0 1 200 000 catholiques, r\u00e9partis dans 15 dioc\u00e8ses ; et dans un pays de 1,2 milliard d&rsquo;habitants avec moins de 2 % de catholiques, l&rsquo;impact des instituts \u00ab Don Bosco \u00bb d\u00e9passe l&rsquo;imagination.<\/p>\n<p>Le 9 juillet 1934, Don Stefano Ferrando fut nomm\u00e9 par Pie XI, \u00e0 sa grande surprise, \u00e9v\u00eaque du dioc\u00e8se de Krishnagar. Le 10 novembre de la m\u00eame ann\u00e9e, il re\u00e7ut la cons\u00e9cration \u00e9piscopale solennelle \u00e0 Shillong. Sa devise \u00e9tait\u00a0: \u00ab Ap\u00f4tre du Christ \u00bb. \u00c0 peine un an plus tard, il revint \u00e0 Shillong en tant qu&rsquo;\u00e9v\u00eaque, o\u00f9 il resta pendant 34 ans. Il travailla avec z\u00e8le dans le vaste dioc\u00e8se qui comprenait alors toute la r\u00e9gion du nord-est de l&rsquo;Inde. En prenant possession de son nouveau dioc\u00e8se, il embrassa le sol et en confia le sort \u00e0 J\u00e9sus crucifi\u00e9. Il demanda \u00e0 ses pr\u00eatres d&rsquo;aller dans les villages pour annoncer l&rsquo;\u00c9vangile. Lui-m\u00eame se d\u00e9pla\u00e7ait sans cesse. En tant qu&rsquo;ap\u00f4tre du Christ, il visite \u00e0 pied les zones missionnaires et les villages. Il disait souvent aux pr\u00eatres : \u00ab Vous ne pouvez pas vous d\u00e9placer en voiture pour convertir les \u00e2mes ; pour vous rapprocher du peuple et r\u00e9soudre ses probl\u00e8mes, vous devez aller \u00e0 pied \u00bb. Suivant l&rsquo;exemple de l&rsquo;Ap\u00f4tre des nations, il se fait tout \u00e0 tous, apprenant les langues, les coutumes et les traditions pour comprendre l&rsquo;<em>ethos<\/em> de ces personnes et leur pr\u00eacher le Christ plus efficacement. Son apostolat est caract\u00e9ris\u00e9 par le style sal\u00e9sien : joie, simplicit\u00e9 et contact direct avec les gens. Il se rapproche des jeunes, des pauvres et des n\u00e9cessiteux ; il va \u00e0 la rencontre de tous avec amour.<\/p>\n<p>Commen\u00e7ant par un groupe de cat\u00e9chistes indiennes, auxquelles il enseigna l&rsquo;amour de J\u00e9sus, de Marie Auxiliatrice, de Don Bosco, des missions et des pauvres, il fonda la Congr\u00e9gation des S\u0153urs Missionnaires de Marie Auxiliatrice. Le 26 juin 1968, apr\u00e8s avoir particip\u00e9 aux travaux du Concile Vatican II, il d\u00e9missionne de son dioc\u00e8se. En Italie, le vieux missionnaire se retire dans la maison sal\u00e9sienne de Quarto (G\u00eanes). Il \u00e9crit en 1970 : \u00ab Ici, en Italie, on me demande souvent : \u00ab Pourquoi as-tu quitt\u00e9 l&rsquo;Assam apr\u00e8s 47 ans de vie missionnaire ? \u00bb. Je r\u00e9ponds : parce que le jour que j&rsquo;attendais depuis 47 ans est enfin arriv\u00e9, le jour o\u00f9 l&rsquo;\u00c9glise en Inde peut se d\u00e9brouiller seule ! \u00bb. Il meurt le 20 juin 1978.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol start=\"4\">\n<li><strong> Ottavio Ortiz Arrieta (1878-1958), \u00e9v\u00eaque, v\u00e9n\u00e9rable<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>Premier sal\u00e9sien, premier pr\u00eatre sal\u00e9sien et premier \u00e9v\u00eaque sal\u00e9sien du P\u00e9rou, encore tr\u00e8s jeune, il \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme \u00ab une perle sal\u00e9sienne \u00bb. En 1918, le dioc\u00e8se de Chachapoyas \u00e9tait vacant. Sur proposition du nonce apostolique, Mgr Lorenzo Lauri, Ortiz Arrieta fut \u00e9lu et consacr\u00e9 \u00e9v\u00eaque le 11 juin 1922. Le dioc\u00e8se de Chachapoyas couvrait alors un territoire de 95 200 kilom\u00e8tres carr\u00e9s et comptait 250 000 \u00e2mes. Apr\u00e8s un mois de voyage, il arriva \u00e0 son si\u00e8ge \u00e9piscopal, accueilli comme un ange envoy\u00e9 du ciel, apr\u00e8s cinq ans de vacance. Il fut un mod\u00e8le d&rsquo;\u00e9v\u00eaque et devint un martyr du devoir. Il voulait toujours rendre visite \u00e0 ses fils. Sa vie fut une succession de voyages : de longues journ\u00e9es \u00e0 cheval, \u00e0 pied, dans la cordill\u00e8re, dans les for\u00eats, sur les fleuves.<\/p>\n<p>Il gravissait des sommets glac\u00e9s pour redescendre ensuite dans les vall\u00e9es torrides.<\/p>\n<p>Il ne s&rsquo;accordait jamais de vraies vacances. Lorsqu&rsquo;il \u00e9tait loin, ses pens\u00e9es allaient l\u00e0 o\u00f9 se trouvaient \u00ab tant d&rsquo;\u00e2mes qui cherchaient le Pasteur \u00bb. Il conserva toujours le style sal\u00e9sien : aimable, accueillant, habituellement joyeux, proche des gens. Les jeunes remplissaient les salles de son ancien palais \u00e9piscopal. Il organisa la fanfare et rempla\u00e7ait lui-m\u00eame avec simplicit\u00e9 l&rsquo;instrumentiste qui manquait \u00e0 l&rsquo;appel. Avec la passion du cat\u00e9chisme dans le c\u0153ur, il l&rsquo;enseignait chaque fois que le temps le lui permettait. C&rsquo;\u00e9tait un organisateur-n\u00e9 : il a c\u00e9l\u00e9br\u00e9 trois synodes dioc\u00e9sains et organis\u00e9 un congr\u00e8s eucharistique tr\u00e8s r\u00e9ussi ; il a r\u00e9organis\u00e9 les archives paroissiales ; il a cr\u00e9\u00e9 des associations et des confr\u00e9ries ; il a publi\u00e9 un journal.<\/p>\n<p>Il avait un amour de pr\u00e9dilection pour ses pr\u00eatres. Il vivait au s\u00e9minaire et, une fois par mois, il devenait lui-m\u00eame s\u00e9minariste, partageant tout leur vie. Il fuyait les honneurs : lorsqu&rsquo;on lui a offert le si\u00e8ge primatial de Lima, il a insist\u00e9 pour rester dans son humble Chachapoyas. C&rsquo;\u00e9tait un homme d&rsquo;une grande vie int\u00e9rieure, toujours uni \u00e0 Dieu, qu&rsquo;il voyait dans chaque \u00e9v\u00e9nement. Quand il pr\u00eachait, tous sentaient sa saintet\u00e9 sacerdotale et la flamme de l&rsquo;amour de Dieu qui br\u00fblait dans son c\u0153ur. Son visage \u00e9tait serein dans les moments de joie comme dans les moments d&rsquo;\u00e9preuve, car il avait l&rsquo;art de cacher ses peines derri\u00e8re un sourire constant.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol start=\"5\">\n<li><strong> Augusto Hlond (1881-1948), cardinal, v\u00e9n\u00e9rable<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>En 1922, le Saint-Si\u00e8ge devait pourvoir \u00e0 l&rsquo;organisation religieuse de la Sil\u00e9sie polonaise, encore ensanglant\u00e9e par les luttes politiques et nationales. Le pape Pie XI confia cette mission d\u00e9licate \u00e0 Mgr Auguste Hlond, le nommant administrateur apostolique. Gr\u00e2ce \u00e0 sa charit\u00e9, sa droiture et son esprit de sacrifice, Mgr Hlond r\u00e9ussit en trois ans \u00e0 apaiser les tensions entre Polonais et Allemands, de sorte que le Saint-Si\u00e8ge put cr\u00e9er en 1925 le nouveau dioc\u00e8se de Katowice. Le 24 juin 1926, Pie XI le promut aux si\u00e8ges archi\u00e9piscopaux de Gniezno et Poznan et le nomma Primat de Pologne. L&rsquo;ann\u00e9e suivante, le 20 juin, il le cr\u00e9a cardinal et lui attribua le titre de Santa Maria della Pace. Au cours de ses 21 ann\u00e9es de cardinalat, outre son minist\u00e8re pastoral ordinaire dans les deux archidioc\u00e8ses, il consacra toute son \u00e9nergie, en tant que primat, \u00e0 la nation polonaise h\u00e9ro\u00efque dans une p\u00e9riode dramatiquement difficile. Patriote loyal et sensible \u00e0 toutes les souffrances qu&rsquo;il partageait avec son peuple, il re\u00e7ut \u00e9galement du Saint-Si\u00e8ge la charge des Polonais de la diaspora, dispers\u00e9s dans diverses parties du monde. Et pour pouvoir leur apporter toute l&rsquo;assistance spirituelle n\u00e9cessaire, le pape Pie XI l\u2019invita \u00e0 fonder une congr\u00e9gation : la Soci\u00e9t\u00e9 du Christ-Roi pour les \u00e9migr\u00e9s de Pologne.<\/p>\n<p>Malheureusement, la Seconde Guerre mondiale bouleversa son action pastorale. En effet, apr\u00e8s l&rsquo;invasion de la Pologne, le cardinal fut l&rsquo;une des premi\u00e8res victimes d\u00e9sign\u00e9es par le nazisme, qui trouva en lui un d\u00e9fenseur intr\u00e9pide et influent des droits de la personne humaine, de la libert\u00e9 de la patrie et de l&rsquo;\u00c9glise. C&rsquo;est alors que commen\u00e7a son calvaire qui le contraignit \u00e0 l&rsquo;exil jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de la guerre. De retour en Pologne, tout en conservant son si\u00e8ge primatial \u00e0 Gniezno, il fut nomm\u00e9 archev\u00eaque de Varsovie. Malheureusement, en Pologne aussi, la joie de la lib\u00e9ration fut trop vite assombrie par les violences extr\u00e9mistes et la pression sovi\u00e9tique, qui conduisirent m\u00eame \u00e0 la rupture du Concordat. Cependant, fort de sa foi et fier de son patriotisme, le cardinal, qui avait d\u00e9fendu le peuple polonais contre les horreurs du nazisme, continua avec sa vigueur pastorale \u00e0 le d\u00e9fendre contre l&rsquo;ath\u00e9isme bolchevique, se consacrant \u00e0 la protection des opprim\u00e9s, \u00e0 la r\u00e9solution des questions sociales, au r\u00e9confort et \u00e0 l&rsquo;aide des sans-pain et des sans-abri. Le Saint-Si\u00e8ge lui confia \u00e9galement l&rsquo;organisation religieuse de la zone germanique, c\u00e9d\u00e9e \u00e0 la Pologne en compensation des territoires absorb\u00e9s par la Russie ; une t\u00e2che colossale, qu&rsquo;il accomplit avec beaucoup de tact et de rapidit\u00e9, en constituant cinq grandes administrations apostoliques et en nommant leurs titulaires au nom du Saint-Si\u00e8ge. La divine Providence le sauva de plusieurs attentats, lui r\u00e9servant le passage dans l\u2019\u00e9ternit\u00e9 des grands patriarches. Il mourut en effet \u00e0 Varsovie le 22 octobre 1948 et ses fun\u00e9railles furent une apoth\u00e9ose.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;\u00c9glise de Pologne, le cardinal Auguste Hlond a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;une des figures les plus \u00e9minentes par le t\u00e9moignage religieux de sa vie, par la grandeur, la vari\u00e9t\u00e9 et l&rsquo;originalit\u00e9 de son minist\u00e8re pastoral, et par les souffrances qu&rsquo;il a endur\u00e9es avec un courage chr\u00e9tien intr\u00e9pide pour le Royaume de Dieu, faisant resplendir d&rsquo;une lumi\u00e8re vive l&rsquo;une des p\u00e9riodes les plus h\u00e9ro\u00efques v\u00e9cues par le peuple polonais. En effet, sa vie est intimement li\u00e9e, tant par ses valeurs spirituelles que par les \u00e9v\u00e9nements ext\u00e9rieurs auxquels il a \u00e9t\u00e9 associ\u00e9, \u00e0 la vie du peuple que l&rsquo;\u00c9glise lui avait confi\u00e9 et qu&rsquo;il a aim\u00e9 et servi comme un v\u00e9ritable pasteur et p\u00e8re. Comme l&rsquo;a d\u00e9clar\u00e9 le cardinal Stefan Wyszy\u0144ski, primat de Pologne et successeur du cardinal Hlond : \u00ab Il \u00e9tait sans aucun doute un homme d&rsquo;\u00c9tat ! Mais ce qui pr\u00e9vaut dans la vie du cardinal Hlond, c&rsquo;est son \u00e2me profond\u00e9ment religieuse, sa foi tr\u00e8s profonde, une \u00e2me sinc\u00e8re comme le peuple sil\u00e9sien, peut-\u00eatre aussi dure que le charbon, fruit de cette terre, mais ardente dans la simplicit\u00e9 de sa foi profonde et de son d\u00e9vouement total \u00e0 Dieu \u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol start=\"6\">\n<li><strong> Antonio de Almeida Lustosa (1886-1974) archev\u00eaque, serviteur de Dieu<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>En 1924, il fut nomm\u00e9 \u00e9v\u00eaque d&rsquo;Uberaba (Br\u00e9sil), dioc\u00e8se du \u00ab Triangle minier \u00bb. Il souhaita \u00eatre consacr\u00e9 le 11 f\u00e9vrier 1925 en souvenir de la pr\u00e9sence de la Vierge Marie dans sa vie. Il entra dans le dioc\u00e8se accueilli par une population doublement en f\u00eate : pour l&rsquo;arriv\u00e9e du nouveau pasteur apr\u00e8s deux ans de vacance du si\u00e8ge et pour une pluie torrentielle, attendue apr\u00e8s des mois de s\u00e9cheresse et de canicule. Il trouva le petit s\u00e9minaire vide et le grand s\u00e9minaire avec un seul diacre. L&rsquo;ann\u00e9e suivante, il avait autour de lui une trentaine de s\u00e9minaristes du coll\u00e8ge. Il se consacra totalement au minist\u00e8re pastoral, visitant toutes les paroisses et tous les hameaux du dioc\u00e8se, alors tr\u00e8s \u00e9tendu, au cours de longs voyages peu confortables.<\/p>\n<p>En 1928, apr\u00e8s moins de trois ans, il fut transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Corumb\u00e1, dans le Mato Grosso, un si\u00e8ge plus important et pr\u00e9sentant de plus grandes difficult\u00e9s pour l&rsquo;\u00e9vang\u00e9lisation. Trois ans plus tard, il fut nomm\u00e9 archev\u00eaque de Bel\u00e9m do Par\u00e1, immense dioc\u00e8se du Nord. Il y resta dix ans, se d\u00e9vouant avec la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 qui le caract\u00e9risait. Le nonce apostolique Aloisi Masella le d\u00e9finissait comme l&rsquo;une des figures les plus \u00e9minentes de l&rsquo;\u00e9piscopat br\u00e9silien pour sa saintet\u00e9 et son d\u00e9vouement pastoral. En 1941, il fut transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 l&rsquo;important si\u00e8ge de Fortaleza, capitale de l&rsquo;\u00c9tat du Cear\u00e1. Il y arriva \u00e0 l&rsquo;apog\u00e9e de sa maturit\u00e9 et de son exp\u00e9rience spirituelle, et c&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il donna le meilleur de lui-m\u00eame, laissant, apr\u00e8s vingt-deux ans de pr\u00e9sence, l&#8217;empreinte la plus significative de son z\u00e8le apostolique et de sa saintet\u00e9.<\/p>\n<p>Monseigneur Lustosa \u00e9tait un grand asc\u00e8te, ce qui transparaissait \u00e9galement dans son apparence ext\u00e9rieure, que l&rsquo;on qualifiait d&rsquo;\u00ab enveloppe a\u00e9rienne \u00bb. Il \u00e9tait dot\u00e9 d&rsquo;une volont\u00e9 de fer qui trahissait le feu qui br\u00fblait en lui. Il vivait pauvrement : \u00ab Je n&rsquo;ai rien \u00bb, avait-il \u00e9crit dans son testament. C&rsquo;\u00e9tait un homme de pri\u00e8re, humble, vou\u00e9 \u00e0 la p\u00e9nitence. Il savait approcher tout le monde, en particulier les plus d\u00e9munis. \u00ab Je continuerais simplement \u00e0 travailler ici pour le <em>Notre P\u00e8re<\/em> : Que ton nom soit sanctifi\u00e9 ! Que ton r\u00e8gne vienne ; le programme d&rsquo;un \u00e9v\u00eaque est toujours le m\u00eame : accomplir son devoir ! \u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol start=\"7\">\n<li><strong> Giuseppe Guarino (1827-1897), cardinal, sal\u00e9sien coop\u00e9rateur, serviteur de Dieu<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>N\u00e9 \u00e0 Montedoro, dans la province de Caltanissetta, le 6 mars 1827, il fit ses \u00e9tudes au s\u00e9minaire d&rsquo;Agrigente et fut ordonn\u00e9 pr\u00eatre en 1849. En 1871, il fut \u00e9lu archev\u00eaque de Syracuse, o\u00f9 il sut conqu\u00e9rir les c\u0153urs et raviver la ferveur de la vie religieuse, tandis qu&rsquo;en 1875, Pie IX lui confia l&rsquo;archidioc\u00e8se de Messine, que Mgr Guarino dirigera pendant 22 ans. On lui doit notamment la r\u00e9organisation du s\u00e9minaire et la pr\u00e9sence active et m\u00e9ritoire de religieux et religieuses appel\u00e9s \u00e0 apporter leur collaboration. En outre, en 1889, il fonda lui-m\u00eame une nouvelle famille religieuse : les Petites Servantes \u2013 aujourd&rsquo;hui Ap\u00f4tres \u2013 de la Sainte Famille, \u00e0 qui il confia la mission d&rsquo;\u0153uvrer pour la croissance et la maturation religieuse et sociale des jeunes et pour la promotion int\u00e9grale de la famille. Il se distingua surtout par sa charit\u00e9 active qui atteignit des sommets d&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme lors des \u00e9pid\u00e9mies de variole et de chol\u00e9ra qui frapp\u00e8rent Messine entre 1885 et 1887. Lors du tremblement de terre qui bouleversa la ville en 1894, il offrit sa vie \u00e0 Dieu afin que les d\u00e9g\u00e2ts et les victimes soient limit\u00e9s. Lors du consistoire du 18 janvier 1893, il fut cr\u00e9\u00e9 cardinal par L\u00e9on XIII. Il mourut \u00e0 Messine le 21 septembre 1897.<\/p>\n<p>Le cardinal Guarino a toujours admir\u00e9 Don Bosco et, bien qu&rsquo;il n&rsquo;ait entretenu avec lui qu&rsquo;une relation \u00e9pistolaire, il l&rsquo;a soutenu dans ses \u0153uvres, au point de recevoir du saint \u00e9ducateur le titre de \u00ab coop\u00e9rateur sal\u00e9sien \u00bb. \u00ab Il semblait tout impr\u00e9gn\u00e9 de l&rsquo;esprit de Don Bosco, affable, doux avec tous \u00bb, \u00e9crivit un de ses biographes. Pour les jeunes, le serviteur de Dieu demanda \u00e0 Don Bosco d&rsquo;envoyer des sal\u00e9siens \u00e0 Messine, mais il ne les obtint qu&rsquo;en 1893 de son successeur, Don Rua.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol start=\"8\">\n<li><strong> Oreste Marengo (1906-1998), \u00e9v\u00eaque, serviteur de Dieu<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>Il revenait d&rsquo;un long voyage apostolique en juillet 1951, lorsqu&rsquo;il fut frapp\u00e9 par une nouvelle inattendue et ind\u00e9sirable : sa nomination comme \u00e9v\u00eaque du dioc\u00e8se en cours de cr\u00e9ation de Dibrugarh. Ses protestations et ses larmes furent vaines ; il ne se r\u00e9signa que lorsque le Recteur Majeur des Sal\u00e9siens, Don Pietro Ricaldone, lui \u00e9crivit \u00ab que son souhait \u00e9tait qu&rsquo;il accepte cette charge, certain que l&rsquo;Auxiliatrice et Don Bosco l&rsquo;aideraient \u00e0 l&rsquo;accomplir \u00bb. Il fut consacr\u00e9 \u00e9v\u00eaque dans la basilique Marie-Auxiliatrice \u00e0 Turin le 27 d\u00e9cembre 1951. Le dioc\u00e8se qui lui avait \u00e9t\u00e9 confi\u00e9 occupait la partie nord de l&rsquo;Assam et s&rsquo;\u00e9tendait sur 130 000 kilom\u00e8tres carr\u00e9s, avec une population de 3 365 000 habitants, dont seulement 40 000 \u00e9taient catholiques. \u00c0 son arriv\u00e9e, il n&rsquo;y avait que cinq centres missionnaires, avec 200 petites communaut\u00e9s dispers\u00e9es dans cet immense territoire. Il travailla sans rel\u00e2che pour multiplier les centres r\u00e9sidentiels, former des cat\u00e9chistes, construire des \u00e9coles, des chapelles, des dispensaires, approcher de nouvelles tribus, ouvrir des centres de formation pour recruter des vocations indig\u00e8nes pour le s\u00e9minaire et les congr\u00e9gations religieuses qu&rsquo;il avait appel\u00e9es \u00e0 travailler dans son dioc\u00e8se. Les conversions se multiplient comme lors d&rsquo;une nouvelle Pentec\u00f4te. Il administre des milliers de bapt\u00eames, de confirmations, de mariages ; il gravit des sentiers impraticables pour visiter toutes les communaut\u00e9s ; il affronte sereinement les hostilit\u00e9s de la nature, de ses fr\u00e8res s\u00e9par\u00e9s, des tribus en r\u00e9volte, conqu\u00e9rant tout le monde par sa bont\u00e9 in\u00e9branlable et sa charit\u00e9 g\u00e9n\u00e9reuse.<\/p>\n<p>Alors que le dioc\u00e8se est en plein essor et commence \u00e0 r\u00e9colter les fruits de tant d&rsquo;efforts, une nouvelle ob\u00e9issance se pr\u00e9sente : en 1964, le Saint-Si\u00e8ge l&rsquo;invite \u00e0 s&rsquo;installer \u00e0 Tezpur pour y ouvrir un nouveau dioc\u00e8se, qui comprend une partie de l&rsquo;Assam, tout l&rsquo;\u00c9tat du Bhoutan et la r\u00e9gion montagneuse au nord-est du Brahamapoutra : un territoire d&rsquo;environ 130 000 kilom\u00e8tres carr\u00e9s, avec 1 500 000 habitants, dont seulement 48 000 catholiques. Il se lance dans ce nouveau champ de travail avec son enthousiasme habituel, aid\u00e9 par ses courageux confr\u00e8res, afin d&rsquo;\u00e9tendre les fronti\u00e8res pacifiques de l&rsquo;\u00c9glise, surmontant des obstacles et des difficult\u00e9s de toutes sortes, aggrav\u00e9s par une hostilit\u00e9 croissante \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des \u00e9trangers dans la r\u00e9gion. C&rsquo;est pourquoi, apr\u00e8s huit ans de travail intense, le Saint-Si\u00e8ge d\u00e9cida de confier \u00e9galement ce dioc\u00e8se \u00e0 un \u00e9v\u00eaque indien.<\/p>\n<p>En 1972, Mgr Marengo fut invit\u00e9 \u00e0 fonder son troisi\u00e8me dioc\u00e8se \u00e0 Tura, un vaste territoire habit\u00e9 principalement par la tribu des Garo, dont beaucoup \u00e9taient des r\u00e9fugi\u00e9s du Pakistan oriental. Les catholiques n&rsquo;\u00e9taient que 36 000, avec 14 missionnaires travaillant dans les principaux centres. Il construisit l&rsquo;\u00e9v\u00each\u00e9, la cath\u00e9drale, de nouvelles r\u00e9sidences, multipliant les \u0153uvres caritatives pour les nombreux pauvres, l\u00e9preux et r\u00e9fugi\u00e9s. En l&rsquo;espace de quelques ann\u00e9es, ce dioc\u00e8se connut \u00e9galement un d\u00e9veloppement inesp\u00e9r\u00e9, au point de pouvoir \u00eatre confi\u00e9 en 1978, conform\u00e9ment aux dispositions du gouvernement, \u00e0 un \u00e9v\u00eaque du clerg\u00e9 local.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 l&rsquo;insistance du nouvel \u00e9v\u00eaque pour qu&rsquo;il reste avec lui \u00e0 Tura, Mgr Marengo pr\u00e9f\u00e9ra se retirer \u00e0 Mendal, \u00e0 63 kilom\u00e8tres de la capitale, afin de laisser toute libert\u00e9 d&rsquo;action \u00e0 son successeur, qui devait s&rsquo;occuper de 20 communaut\u00e9s. Ainsi, cet homme, \u00e2g\u00e9 de 76 ans, dont 58 pass\u00e9s en mission, poursuit son travail apostolique au service de l&rsquo;homme en tant que simple missionnaire itin\u00e9rant. Il continue \u00e0 se rendre disponible dans diverses missions jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort, survenue \u00e0 Tura le 30 juillet 1998. Jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de sa longue vie, Mgr Marengo fut un missionnaire h\u00e9ro\u00efque, une ic\u00f4ne vivante du Bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. L&rsquo;ob\u00e9issance \u00e0 ses sup\u00e9rieurs, le souci du salut des \u00e2mes et l&rsquo;optimisme typiquement sal\u00e9sien furent les traits les plus \u00e9vidents et les plus appr\u00e9ci\u00e9s de ce missionnaire sal\u00e9sien dans le nord-est de l&rsquo;Inde.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol start=\"9\">\n<li><strong> Lettre de Don Bosco \u00e0 Mgr Edoardo Rosaz (1830-1903), \u00e9v\u00eaque de Suse, b\u00e9atifi\u00e9 par saint Jean-Paul II en 1991<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>\u00c9v\u00eaque \u00e9lu de Suse, o\u00f9 il \u00e9tait chanoine, Mgr Rosaz a \u00e9t\u00e9 pressenti lors du dernier consistoire de Pie IX, le 31 d\u00e9cembre 1877. Il laissa la r\u00e9putation d&rsquo;un pr\u00e9lat habile et vertueux. Il aimait beaucoup Don Bosco.<\/p>\n<p><em>Tr\u00e8s cher et tr\u00e8s r\u00e9v\u00e9rend Monseigneur,<\/em><\/p>\n<p><em>J&rsquo;ai appris \u00e0 Turin, puis par votre ch\u00e8re lettre, que le grand pontife Pie IX avait pens\u00e9 \u00e0 vous avec une affection paternelle et vous avait proclam\u00e9 \u00e9v\u00eaque de Suse.<\/em> <em>J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s \u00e9tonn\u00e9 car je sais combien vous aimez l\u2019humilit\u00e9 et combien vous devrez adopter une nouvelle attitude, en paroles et en actes. Mais j&rsquo;ai aussit\u00f4t b\u00e9ni le Seigneur car j&rsquo;\u00e9tais et je suis convaincu que l&rsquo;\u00c9glise gagnait un \u00e9v\u00eaque selon le c\u0153ur de Dieu et que vous feriez beaucoup de bien au dioc\u00e8se de Suse.<\/em><\/p>\n<p><em>J&rsquo;en suis tr\u00e8s heureux et, avec toute l&rsquo;affection de mon c\u0153ur, je vous offre toutes les maisons de notre Congr\u00e9gation pour tout service qu&rsquo;elles pourront rendre \u00e0 votre respectable personne ou au dioc\u00e8se que la Divine Providence vous a confi\u00e9.<\/em><\/p>\n<p><em>Je ne pr\u00e9tends pas vous donner de le\u00e7ons, mais je crois que vous aurez bient\u00f4t le c\u0153ur de tous entre vos mains :<\/em><\/p>\n<p><em>1\u00b0 Si vous prenez sp\u00e9cialement soin des malades, des personnes \u00e2g\u00e9es et des enfants pauvres.<\/em><\/p>\n<p><em>2\u00b0 Aller tr\u00e8s lentement dans les changements de personnel d\u00e9j\u00e0 \u00e9tabli par votre pr\u00e9d\u00e9cesseur.<\/em><\/p>\n<p><em>3\u00b0 Faire tout ce que vous pouvez pour gagner l&rsquo;estime et l&rsquo;affection de certains qui occupaient ou occupent des postes \u00e9lev\u00e9s dans le dioc\u00e8se et qui estiment avoir \u00e9t\u00e9 n\u00e9glig\u00e9s \u00e0 votre profit.<\/em><\/p>\n<p><em>4\u00b0 En prenant des mesures s\u00e9v\u00e8res contre un membre du clerg\u00e9, agissez avec prudence et, dans la mesure du possible, \u00e9coutez l&rsquo;accus\u00e9. Pour le reste, j&rsquo;esp\u00e8re que nous pourrons nous entretenir personnellement en mars.<\/em><\/p>\n<p><em>Aujourd&rsquo;hui, vers 3 h 30, s&rsquo;\u00e9teignait l&rsquo;astre supr\u00eame et incomparable de l&rsquo;\u00c9glise, Pie IX. Les journaux vous donneront les d\u00e9tails. Rome est dans la consternation, et je crois que c&rsquo;est le cas dans le monde entier. Il sera certainement sur les autels dans tr\u00e8s peu de temps.<\/em><\/p>\n<p><em>Je crois que Votre Excellence me permettra de toujours vous \u00e9crire avec la m\u00eame confiance que par le pass\u00e9. En priant Dieu de vous \u00e9clairer et de vous garder en bonne sant\u00e9, je me recommande \u00e0 la charit\u00e9 de vos saintes pri\u00e8res et je vous assure de ma plus grande v\u00e9n\u00e9ration, mon tr\u00e8s r\u00e9v\u00e9rend et tr\u00e8s cher Monseigneur.<\/em><\/p>\n<p><em>Rome, 7 f\u00e9vrier 1878, Torre de&rsquo; Specchi, 36.<\/em><\/p>\n<p><em>Votre ami tr\u00e8s affectionn\u00e9, Gio. Bosco, pr\u00eatre.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n<p>Deux signes expriment bien la mani\u00e8re d&rsquo;\u00eatre \u00e9v\u00eaque selon l&rsquo;esprit de Don Bosco.<\/p>\n<p>Le chapelet de saint Louis Versiglia : signe de l&rsquo;abandon inconditionnel de sa vie et de sa mission \u00e0 l&rsquo;Auxiliatrice de l&rsquo;\u00c9glise et Reine des Ap\u00f4tres.<\/p>\n<p>Le cilice de cet \u00e9v\u00eaque martyr : signe qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de f\u00e9condit\u00e9 apostolique sans sacrifice et don de soi jusqu&rsquo;au martyre\u00a0: pas de <em>Da mihi animas<\/em> sans <em>Caetera tolle<\/em>.<\/p>\n<p>En contemplant le grand retable de Lorenzone voulu par Don Bosco pour la basilique Marie Auxiliatrice \u00e0 Turin, on remarque que Marie est couronn\u00e9e par les ap\u00f4tres, premiers \u00e9v\u00eaques, chacun d&rsquo;eux \u00e9tant repr\u00e9sent\u00e9 avec l&rsquo;instrument de son martyre \u00e0 la main. La toile de l&rsquo;abside, avec la tr\u00e8s belle image de la Vierge, repr\u00e9sente \u00e0 la fois l&rsquo;eccl\u00e9siologie et la mariologie de Don Bosco : Marie est la figure de l&rsquo;\u00c9glise, m\u00e8re et mod\u00e8le de celle-ci\u00a0; le visage de la m\u00e8re est identique \u00e0 celui du Fils, et elle appara\u00eet soutenue par Pierre et Paul, et entour\u00e9e des ap\u00f4tres et des \u00e9vang\u00e9listes. En un mot : une \u00c9glise apostolique et missionnaire. La Vierge de Don Bosco est une Reine, sans aucun doute, couronn\u00e9e de douze \u00e9toiles et v\u00eatue de soleil, comme la Femme de l&rsquo;Apocalypse, aimante, pr\u00e9voyante, les bras ouverts pour donner et offrir son Fils. Le Fils, quant \u00e0 lui, selon les paroles de Don Bosco, \u00ab tient les bras ouverts, offrant ainsi ses gr\u00e2ces et sa mis\u00e9ricorde \u00e0 ceux qui recourent \u00e0 son auguste M\u00e8re \u00bb. La Vierge de Don Bosco \u00ab est v\u00eatue de soleil \u00bb, pleine de puissance, parce qu&rsquo;elle est plong\u00e9e dans cet oc\u00e9an de lumi\u00e8re qu&rsquo;est Dieu, plong\u00e9e dans le myst\u00e8re de la Trinit\u00e9, qui illumine sa personne et sa mission. C&rsquo;est ainsi que Don Bosco la voulait et c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il a r\u00e9ussi \u00e0 la repr\u00e9senter sur la toile de Lorenzone, lequel, plein d&rsquo;\u00e9motion, s&rsquo;est exclam\u00e9 : \u00ab Ce n&rsquo;est pas moi qui peins. C&rsquo;est une autre main qui guide la mienne \u00bb.<\/p>\n<p>La Vierge de Don Bosco est l&rsquo;image de l&rsquo;\u00c9glise, celle du ciel qui c\u00e9l\u00e8bre d\u00e9j\u00e0 les noces de l&rsquo;Agneau, et celle de la terre qui marche dans ce monde, immerg\u00e9e dans le myst\u00e8re de Dieu et envelopp\u00e9e de sa lumi\u00e8re, mais pr\u00e9sente dans nos vicissitudes historiques, attentive \u00e0 nos besoins, pr\u00e9sente et vivante dans nos familles, comme dans toutes les maisons sal\u00e9siennes, id\u00e9alement repr\u00e9sent\u00e9es dans l&rsquo;\u00e9glise de Valdocco, qui appara\u00eet dans la partie inf\u00e9rieure du tableau. C&rsquo;est l\u00e0 la grande intuition de Don Bosco, qui a uni les titres de Marie Auxiliatrice et de M\u00e8re de l&rsquo;\u00c9glise, pla\u00e7ant le r\u00f4le propre de la Vierge au c\u0153ur de la mission de l&rsquo;\u00c9glise, qui prot\u00e8ge sous son manteau tous ses fid\u00e8les, les nourrit et les \u00e9l\u00e8ve jusqu&rsquo;\u00e0 la pl\u00e9nitude de la vie en Christ. La signification de l&rsquo;ensemble du tableau est tr\u00e8s claire : tout comme Marie \u00e9tait pr\u00e9sente avec les ap\u00f4tres \u00e0 J\u00e9rusalem lors de la Pentec\u00f4te, au d\u00e9but de l&rsquo;activit\u00e9 de l&rsquo;\u00c9glise, elle continue \u00e0 prot\u00e9ger et \u00e0 guider l&rsquo;\u00c9glise \u00e0 travers les si\u00e8cles. Marie est la \u00ab M\u00e8re de l&rsquo;\u00c9glise \u00bb, <em>Auxilium Christianorum et Auxilium episcoporum<\/em>, dans sa lutte constante pour la diffusion du Royaume de Dieu.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>saint Louis VERSIGLIA, sdb (1873-1930) &nbsp; Le charisme de Don Bosco, centr\u00e9 sur une paternit\u00e9&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":54105,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":3,"footnotes":""},"categories":[125],"tags":[1716,2631,1818,2186,1956,2022],"class_list":["post-54117","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-nos-saints","tag-charisme-salesien","tag-eglise","tag-grace","tag-jesus","tag-salesiens","tag-vertus"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54117","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=54117"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54117\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":54118,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54117\/revisions\/54118"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/54105"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=54117"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=54117"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=54117"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}