{"id":53185,"date":"2026-05-05T06:13:41","date_gmt":"2026-05-05T06:13:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.donbosco.press\/?p=53185"},"modified":"2026-05-05T06:14:03","modified_gmt":"2026-05-05T06:14:03","slug":"vision-de-saint-dominique-savio-1876","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/songes-de-don-bosco\/vision-de-saint-dominique-savio-1876\/","title":{"rendered":"Vision de Saint Dominique Savio (1876)"},"content":{"rendered":"<p><em>Le texte qui suit rapporte la \u00ab Vision de Saint Dominique Savio \u00bb, racont\u00e9e par Don Giovanni Bosco le soir du 22 d\u00e9cembre 1876 devant les \u00e9tudiants et les apprentis de l&rsquo;Oratoire de Valdocco. Sous forme de r\u00eave, Don Bosco d\u00e9crit l&rsquo;apparition de son jeune \u00e9l\u00e8ve Dominique Savio, mort en odeur de saintet\u00e9, qui le guide \u00e0 travers un paysage paradisiaque, riche en symboles spirituels et musicaux. Le r\u00e9cit, tout rempli d&rsquo;images lumineuses, de messages d&rsquo;esp\u00e9rance et d&rsquo;appels \u00e0 la puret\u00e9, \u00e0 la charit\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;ob\u00e9issance, se conclut par des proph\u00e9ties sur l&rsquo;avenir de la Congr\u00e9gation Sal\u00e9sienne et sur le sort de certains de ses membres. C&rsquo;est un document pr\u00e9cieux de la p\u00e9dagogie pr\u00e9ventive et de l&rsquo;univers mystique et symbolique de Don Bosco, capable de parler encore aujourd&rsquo;hui au c\u0153ur des lecteurs.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Enfin, la soir\u00e9e du 22 d\u00e9cembre resta m\u00e9morable \u00e0 l&rsquo;Oratoire. L&rsquo;heure des pri\u00e8res fut avanc\u00e9e. Dans le parloir des \u00e9tudiants se r\u00e9unirent \u00e9galement les apprentis et toutes les personnes de la maison. Don Bosco avait promis pour la veille mais il en avait \u00e9t\u00e9 emp\u00each\u00e9. Imaginez l&rsquo;attente g\u00e9n\u00e9rale ! Il monta sur l\u2019estrade, salu\u00e9 par des applaudissements enthousiastes, comme cela se produisait chaque fois qu&rsquo;il donnait la \u00ab\u00a0bonne nuit\u00a0\u00bb \u00e0 toute la communaut\u00e9. \u00c0 peine commen\u00e7a-t-il \u00e0 parler, un silence profond s&rsquo;installa.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La nuit o\u00f9 je me suis arr\u00eat\u00e9 \u00e0 Lanzo, \u00e0 l&rsquo;heure du repos, il m&rsquo;arriva d&rsquo;\u00eatre occup\u00e9 par le r\u00eave suivant. C&rsquo;est un r\u00eave qui n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec les autres r\u00eaves. J&rsquo;en ai d\u00e9j\u00e0 racont\u00e9 un presque similaire pendant les exercices de pi\u00e9t\u00e9, mais comme vous n&rsquo;\u00e9tiez pas tous l\u00e0, et parce qu&rsquo;il \u00e9tait tr\u00e8s diff\u00e9rent, j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de vous raconter celui-ci. Ce sont des choses tr\u00e8s \u00e9tranges. Mais vous savez que j&rsquo;ouvre tout mon c\u0153ur \u00e0 mes fils, pour eux je n&rsquo;ai pas de secrets. Faites-en ce que vous voulez, mais, comme dit Saint Paul, <em>quod bonum est tenete<\/em> (retenez ce qui est bon 1 Th 5,21), et si vous trouvez dans ce r\u00eave quelque chose qui fasse du bien \u00e0 votre \u00e2me, profitez-en. Que celui qui ne veut pas croire, ne me croie pas, cela n&rsquo;a aucune importance, mais que personne ne ridiculise jamais les choses que vais dire. Je vous prie encore de ne pas vouloir les raconter \u00e0 d&rsquo;autres qui ne sont pas de la maison et de ne pas les \u00e9crire aux personnes de l&rsquo;ext\u00e9rieur. On peut donner l&rsquo;importance aux r\u00eaves qu&rsquo;ils m\u00e9ritent, et ceux qui ne connaissent pas notre esprit de famille pourraient porter un jugement erron\u00e9 et appeler les choses par un nom diff\u00e9rent de celui qui leur est propre. Ils ne savent pas que vous \u00eates mes fils et que je vous dis tout ce que je sais, et parfois m\u00eame ce que je ne sais pas (<em>rire g\u00e9n\u00e9ral<\/em>). Mais ce qu&rsquo;un p\u00e8re manifeste \u00e0 ses chers enfants pour leur bien, doit rester l\u00e0 entre le p\u00e8re et les enfants, et ne pas aller plus loin. Et aussi pour une autre raison. La plupart du temps, en racontant le r\u00eave \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, on d\u00e9forme les faits, ou on ne raconte qu&rsquo;une partie qui ne correspond pas. Et cela engendre des inconv\u00e9nients et le monde m\u00e9priserait ce qui ne doit pas \u00eatre m\u00e9pris\u00e9.<\/p>\n<p>Il faut que vous sachiez que les r\u00eaves se font en dormant. Donc, la nuit du 6 d\u00e9cembre, alors que j&rsquo;\u00e9tais dans ma chambre, sans bien savoir si je lisais ou si je tournais ici et l\u00e0 dans la chambre, ou si j&rsquo;\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 au lit, je commen\u00e7ai \u00e0 r\u00eaver.<\/p>\n<p>En un instant, il m\u2019a sembl\u00e9 que j\u2019\u00e9tais sur un petit rehaussement de terre ou une colline, sur les bords d&rsquo;une immense plaine, dont l&rsquo;\u0153il ne pouvait voir les limites. Elle se perdait dans l&rsquo;immensit\u00e9. Elle \u00e9tait toute couleur de ciel comme une mer en plein calme, mais ce que je voyais n&rsquo;\u00e9tait pas de l&rsquo;eau. Cela semblait comme un cristal lumineux et pur. Sous mes pieds, derri\u00e8re moi et sur les c\u00f4t\u00e9s, je voyais une r\u00e9gion ayant l\u2019aspect d&rsquo;une plage au bord de l&rsquo;oc\u00e9an.<\/p>\n<p>Cette plaine \u00e9tait travers\u00e9e par de larges et gigantesques avenues en d\u2019immenses jardins, d&rsquo;une beaut\u00e9 indescriptible, tous compartiment\u00e9s en bosquets, prairies, et plates-bandes de fleurs, de formes et de couleurs diff\u00e9rentes. Aucune de nos plantes ne peut nous donner une id\u00e9e de celles-ci, bien qu&rsquo;on puisse y voir une certaine ressemblance. Les herbes, les fleurs, les arbres, les fruits \u00e9taient tr\u00e8s beaux et d&rsquo;un aspect singulier. Les feuilles \u00e9taient en or, les troncs et les tiges en diamant et le reste correspondait \u00e0 cette richesse. On ne pouvait compter les diff\u00e9rentes esp\u00e8ces, et chaque esp\u00e8ce et chaque individu brillaient d&rsquo;une lumi\u00e8re propre. Je voyais au milieu de ces jardins et dans toute l&rsquo;\u00e9tendue de la plaine d&rsquo;innombrables \u00e9difices d&rsquo;une ordonnance, d&rsquo;une beaut\u00e9, d&rsquo;une harmonie, d&rsquo;une magnificence et d&rsquo;une ampleur si extraordinaires, qu\u2019il semblait que tous les tr\u00e9sors de la terre ne suffiraient pas pour la construction d\u2019un seul d\u2019entre eux. Je me disais en moi-m\u00eame : &#8211; Si mes jeunes avaient une seule de ces maisons, oh comme ils se r\u00e9jouiraient, comme ils seraient heureux et y resteraient volontiers ! \u2013 C\u2019est ce que je pensais, alors que je pouvais voir ces palais seulement de l&rsquo;ext\u00e9rieur. Quelle ne devait pas \u00eatre leur magnificence \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur !<\/p>\n<p>Pendant que j&rsquo;admirais toutes les merveilles qui ornaient ces jardins, voici qu\u2019on entendit une musique si douce et d&rsquo;une harmonie si agr\u00e9able et suave, que je ne peux vous en donner une id\u00e9e ad\u00e9quate. Celles de Don Cagliero et de Dogliani n&rsquo;ont rien de musical en comparaison de celle-ci. C&rsquo;\u00e9taient cent mille instruments qui jouaient et tous produisaient un son diff\u00e9rent les uns des autres et tous les sons possibles r\u00e9pandaient dans l&rsquo;air leurs ondes sonores. \u00c0 cela s&rsquo;ajoutaient les ch\u0153urs des chanteurs.<\/p>\n<p>Je vis alors une multitude d\u2019habitants qui se trouvaient dans ces jardins et s&rsquo;amusaient, joyeux et contents. Certains jouaient et d&rsquo;autres chantaient. Chaque voix, chaque note faisait l&rsquo;effet d&rsquo;un ensemble de mille instruments, tous diff\u00e9rents les uns des autres. On entendait simultan\u00e9ment les divers degr\u00e9s de l&rsquo;\u00e9chelle harmonique que l&rsquo;on puisse imaginer, du plus bas au plus haut, mais tous en parfait accord. Ah ! pour d\u00e9crire cette harmonie, nous manquons de comparaisons humaines.<\/p>\n<p>On voyait sur les visages de ces heureux habitants que les chanteurs ne ressentaient pas seulement un plaisir extraordinaire \u00e0 chanter, mais ressentaient en m\u00eame temps une immense joie \u00e0 entendre les autres chanter. Et plus l&rsquo;un chantait, plus il s&rsquo;enflammait du d\u00e9sir de chanter, et plus il \u00e9coutait, plus il d\u00e9sirait \u00e9couter. Leur cantique disait : <em>Salus, honor, gloria Deo Patri Omnipotenti&#8230; Auctor saeculi, qui erat, qui est, qui venturus est iudicare vivos et mortuos in saecula saeculorum<\/em> (Salut, honneur, gloire \u00e0 Dieu le P\u00e8re tout-puissant&#8230; Auteur du monde, qui \u00e9tait, qui est, qui viendra juger les vivants et les morts dans les si\u00e8cles des si\u00e8cles).<\/p>\n<p>Pendant que j&rsquo;\u00e9coutais en extase cette harmonie c\u00e9leste, voici qu&rsquo;apparut une quantit\u00e9 immense de jeunes. Je connaissais beaucoup d\u2019entre eux qui avaient \u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Oratoire et dans nos autres coll\u00e8ges, mais la plupart d&rsquo;entre eux m&rsquo;\u00e9taient totalement inconnus. Cette foule innombrable venait vers moi. \u00c0 leur t\u00eate s\u2019avan\u00e7ait Dominique Savio, et juste apr\u00e8s lui avan\u00e7aient Don Alasonatti, Don Chiala, Don Giulitto et beaucoup, beaucoup d&rsquo;autres clercs et pr\u00eatres, chacun \u00e0 la t\u00eate d\u2019une \u00e9quipe de jeunes.<\/p>\n<p>Je me demandais : &#8211; Est-ce que je dors ou suis-je \u00e9veill\u00e9 ? &#8211; Et je frappais mes mains l&rsquo;une contre l&rsquo;autre et me touchais la poitrine, pour m&rsquo;assurer que ce que je voyais \u00e9tait une r\u00e9alit\u00e9. Quand toute cette foule arriva devant moi, elle s&rsquo;arr\u00eata \u00e0 une distance de huit ou dix pas. Alors brilla un \u00e9clair de lumi\u00e8re plus vive, la musique cessa et un profond silence s&rsquo;installa. Tous ces jeunes \u00e9taient remplis d&rsquo;une joie immense, qui transparaissait de leurs yeux, et on voyait sur leur visage la paix d&rsquo;un bonheur parfait. Ils me regardaient avec un doux sourire sur les l\u00e8vres et je comprenais qu&rsquo;ils voulaient parler, mais ils ne parlaient pas.<\/p>\n<p>Dominique Savio avan\u00e7a encore de quelques pas et s&rsquo;arr\u00eata si pr\u00e8s de moi, que si j&rsquo;avais tendu la main, je l&rsquo;aurais certainement touch\u00e9. Il se taisait, me regardant lui aussi en souriant. Comme il \u00e9tait beau ! Ses v\u00eatements \u00e9taient tout \u00e0 fait singuliers. Sa robe d&rsquo;un blanc \u00e9clatant qui lui descendait jusqu&rsquo;aux pieds \u00e9tait brod\u00e9e de diamants, et enti\u00e8rement tiss\u00e9e d&rsquo;or. Il avait autour de la taille une large ceinture rouge, brod\u00e9e de pierres pr\u00e9cieuses de telle sorte qu&rsquo;une d\u2019elle touchait presque l&rsquo;autre. En s&rsquo;entrela\u00e7ant dans leur dessin merveilleux, elles pr\u00e9sentaient une telle beaut\u00e9 de couleurs qu\u2019en les voyant, je me sentais transport\u00e9 d\u2019admiration hors de moi. De son cou pendait un bijou de fleurs p\u00e8lerines mais non naturelles\u00a0: les feuilles semblaient des diamants unis entre eux sur des tiges d&rsquo;or et ainsi tout le reste. Ces fleurs brillaient d&rsquo;une lumi\u00e8re surnaturelle, plus vive que celle du soleil, qui \u00e0 cet instant brillait dans tout l&rsquo;\u00e9clat d&rsquo;un matin de printemps. Leurs rayons se refl\u00e9taient sur ce visage pur aux joues roses d&rsquo;une mani\u00e8re indescriptible et l&rsquo;illuminaient tellement qu&rsquo;on ne pouvait m\u00eame pas distinguer leurs diff\u00e9rentes esp\u00e8ces. Sa t\u00eate \u00e9tait ceinte d&rsquo;une couronne de roses. Sa chevelure ondulait sur les \u00e9paules et lui donnait un aspect si beau, si affectueux, si attrayant qu&rsquo;il semblait&#8230; qu\u2019il semblait&#8230; un ange !<\/p>\n<p>En pronon\u00e7ant ces derni\u00e8res paroles, Don Bosco semblait faire un effort pour trouver des expressions adapt\u00e9es. Il termina par un geste indescriptible, et un ton de voix qui frappa tout le monde. C&rsquo;\u00e9tait comme quelqu&rsquo;un qui est \u00e9puis\u00e9 par l&rsquo;effort de trouver les mots pour r\u00e9v\u00e9ler pleinement son id\u00e9e. Apr\u00e8s une br\u00e8ve pause, il poursuivit :<\/p>\n<p>Les autres personnages resplendissaient eux aussi de lumi\u00e8re. Ils \u00e9taient v\u00eatus de diverses mani\u00e8res, et toujours de fa\u00e7on stup\u00e9fiante ; certains plus riches, certains moins riches ; certains d&rsquo;une fa\u00e7on, d&rsquo;autres d&rsquo;une autre ; certains d&rsquo;une couleur dominante, d&rsquo;autres d&rsquo;une autre. Ces v\u00eatements diff\u00e9rents avaient un sens que personne ne saurait comprendre. Mais tous avaient la taille entour\u00e9e d&rsquo;une m\u00eame ceinture rouge.<\/p>\n<p>Je continuais \u00e0 observer et pensais : &#8211; Que signifie cela ?&#8230; Comment ai-je fait pour venir dans cet endroit ? Et je ne savais pas o\u00f9 j&rsquo;\u00e9tais. En dehors de moi, tout tremblant de respect, je n&rsquo;osais avancer. Tous les autres continuaient \u00e9galement \u00e0 rester silencieux. Enfin, Dominique Savio ouvrit la bouche :<\/p>\n<p>&#8211; Pourquoi es-tu l\u00e0, muet et presque an\u00e9anti ? N&rsquo;es-tu pas cet homme qui autrefois ne craignait rien, mais affrontait courageusement les calomnies, les pers\u00e9cutions, les ennemis et les angoisses et dangers de toute sorte ? O\u00f9 est ton courage ? Pourquoi ne parles-tu pas ?<\/p>\n<p>Je r\u00e9pondis \u00e0 peine, presque en balbutiant :<\/p>\n<p>&#8211; Je ne sais que dire. Es-tu bien Dominique Savio ?<\/p>\n<p>&#8211; C&rsquo;est moi ! Tu ne me reconnais plus ?<\/p>\n<p>&#8211; Et comment se fait-il que tu te trouves ici ? \u2013 r\u00e9pliquai-je toujours confus.<\/p>\n<p>Et Savio affectueusement :<\/p>\n<p>&#8211; Je suis venu pour te parler ! Tant de fois nous avons parl\u00e9 sur terre ! Ne te souviens-tu pas combien alors tu m&rsquo;aimais ? Combien de fois tu m&rsquo;as donn\u00e9 des gages d&rsquo;amiti\u00e9 et t\u00e9moign\u00e9 tant de marques de bienveillance ! Et cet amour intense que tu avais pour moi n&rsquo;\u00e9tait-il pas r\u00e9ciproque ? Ma confiance en toi \u00e9tait si grande ! Pourquoi donc es-tu si effray\u00e9 ? Pourquoi trembles-tu ? Allons, pose-moi quelques questions !<\/p>\n<p>Alors je pris courage et lui dis :<\/p>\n<p>&#8211; Je tremble, parce que je ne sais pas o\u00f9 je suis.<\/p>\n<p>&#8211; Tu es au lieu du bonheur, me r\u00e9pondit Savio, o\u00f9 l&rsquo;on jouit de toutes les joies, de toutes les d\u00e9lices.<\/p>\n<p>&#8211; Est-ce donc la r\u00e9compense des justes ?<\/p>\n<p>&#8211; Non, non ! Ici nous sommes dans un lieu o\u00f9 l&rsquo;on ne jouit pas des biens \u00e9ternels, mais plut\u00f4t o\u00f9 on ne poss\u00e8de que de grands biens temporels.<\/p>\n<p>&#8211; Est-ce que toutes ces choses sont des choses naturelles ?<\/p>\n<p>&#8211; Oui, mais embellies par la puissance de Dieu.<\/p>\n<p>&#8211; Il m\u2019a sembl\u00e9 que c&rsquo;\u00e9tait le paradis !<\/p>\n<p>&#8211; Non, non, r\u00e9pondit Savio. Aucun \u0153il mortel ne peut voir les beaut\u00e9s \u00e9ternelles.<\/p>\n<p>&#8211; Et ces musiques, continuai-je, est-ce que ce sont les harmonies que vous entendez au paradis ?<\/p>\n<p>&#8211; Non, non, et toujours non !<\/p>\n<p>&#8211; Est-ce que ce sont des sons naturels ?<\/p>\n<p>&#8211; Oui, ce sont des sons naturels, perfectionn\u00e9s par la toute-puissance de Dieu.<\/p>\n<p>&#8211; Et cette lumi\u00e8re qui surpasse la lumi\u00e8re du soleil, est-ce une lumi\u00e8re surnaturelle ? Est-ce une lumi\u00e8re de paradis ?<\/p>\n<p>&#8211; C&rsquo;est une lumi\u00e8re naturelle, raviv\u00e9e cependant et perfectionn\u00e9e par la toute-puissance de Dieu.<\/p>\n<p>&#8211; Et ne pourrait-on pas voir un peu de lumi\u00e8re surnaturelle ?<\/p>\n<p>&#8211; Nul ne peut la voir s\u2019il n\u2019est pas parvenu \u00e0 voir Dieu <em>sicut est<\/em> (comme Il est). Le moindre rayon de cette lumi\u00e8re ferait mourir un homme sur-le-champ, car les seules forces des sens humains ne pourraient le soutenir.<\/p>\n<p>&#8211; Et pourrait-on avoir une lumi\u00e8re naturelle encore plus belle que celle-ci ?<\/p>\n<p>&#8211; Oh si tu savais ! Si tu voyais seulement un rayon de lumi\u00e8re naturelle port\u00e9 \u00e0 un degr\u00e9 sup\u00e9rieur \u00e0 celui-ci, tu serais hors de toi.<\/p>\n<p>&#8211; Et ne peut-on pas voir au moins un rayon de cette lumi\u00e8re dont tu parles ?<\/p>\n<p>&#8211; Oui, on peut le voir ; tu auras la preuve de ce que je dis ; ouvre les yeux.<\/p>\n<p>&#8211; Je les ai ouverts, r\u00e9pondis-je.<\/p>\n<p>&#8211; Fais attention et regarde l\u00e0-bas au fond de la mer de cristal.<\/p>\n<p>Je regardai en l&rsquo;air et soudain apparut dans le ciel \u00e0 une immense distance une fine bande de lumi\u00e8re, aussi mince qu&rsquo;un fil, mais si \u00e9clatante, si p\u00e9n\u00e9trante que mes yeux ne purent y r\u00e9sister. Je les fermai et poussai un cri si fort qu\u2019il r\u00e9veilla Don Lemoyne (pr\u00e9sent ici), qui dormait dans la chambre voisine. Effray\u00e9, il me demanda le matin ce qui m&rsquo;\u00e9tait arriv\u00e9 pendant la nuit, pourquoi j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 si agit\u00e9. Ce fil de lumi\u00e8re \u00e9tait cent millions de fois plus clair que le soleil, et par son \u00e9clat, il suffirait \u00e0 illuminer tout l&rsquo;univers cr\u00e9\u00e9.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s un moment, j&rsquo;ouvris les yeux et demandai \u00e0 Dominique Savio :<\/p>\n<p>&#8211; Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est ? N&rsquo;est-ce pas un rayon divin ?<\/p>\n<p>Savio r\u00e9pondit :<\/p>\n<p>&#8211; Ce n&rsquo;est pas une lumi\u00e8re surnaturelle, bien qu&rsquo;en comparaison de la lumi\u00e8re du monde, elle soit sup\u00e9rieure en \u00e9clat. C&rsquo;est simplement une lumi\u00e8re naturelle rendue plus vive par la puissance de Dieu. Si une immense zone de lumi\u00e8re, semblable \u00e0 cette bande vue l\u00e0-bas, enveloppait le monde entier, cela ne te donnerait pas encore une id\u00e9e des splendeurs du paradis.<\/p>\n<p>&#8211; Mais vous, qu\u2019est-ce qui vous r\u00e9jouit au paradis ?<\/p>\n<p>&#8211; Eh bien, oui !&#8230; C\u2019est une chose impossible \u00e0 dire. Ce qui nous r\u00e9jouit au paradis, il n&rsquo;y a pas d\u2019homme mortel qui puisse le savoir, tant qu&rsquo;il n&rsquo;est pas sorti de la vie et r\u00e9uni \u00e0 son Cr\u00e9ateur. On jouit de Dieu ! Voil\u00e0 tout.<\/p>\n<p>Moi, entre-temps, m&rsquo;\u00e9tant pleinement remis de ma premi\u00e8re stup\u00e9faction, j&rsquo;\u00e9tais absorb\u00e9 dans la contemplation de la beaut\u00e9 de Dominique Savio et je lui demandai franchement :<\/p>\n<p>&#8211; Pourquoi as-tu un v\u00eatement si blanc et \u00e9clatant ?<\/p>\n<p>Savio se tut sans montrer qu&rsquo;il voulait r\u00e9pondre. Le ch\u0153ur reprit alors son harmonie, accompagn\u00e9 du son de tous les instruments, et chanta : <em>Ipsi habuerunt lumbos praecinctos et dealbaverunt stolas suas in sanguine Agni<\/em> (Ceux-ci avaient les reins ceints et lavaient leur robe dans le sang de l&rsquo;Agneau).<\/p>\n<p>&#8211; Et pourquoi, demandai-je encore apr\u00e8s cette musique, pourquoi cette ceinture rouge \u00e0 tes hanches ?<\/p>\n<p>Savio ne r\u00e9pondit m\u00eame pas cette fois, et fit m\u00eame signe de ne pas vouloir r\u00e9pondre.<\/p>\n<p>C\u2019est alors que Don Alasonatti se mit \u00e0 chanter tout seul : <em>Virgines enim sunt et sequuntur Agnum quocumque ierit<\/em> (ils sont vierges, en effet, et ils suivent l&rsquo;Agneau partout o\u00f9 il va, Ap 14,4).<\/p>\n<p>Alors je compris que cette ceinture rouge, couleur de sang, \u00e9tait le symbole des grands sacrifices qu\u2019il avait faits, des violents efforts et presque du martyre qu\u2019il avait souffert pour conserver la vertu de la puret\u00e9, et comment, pour se maintenir chaste devant le Seigneur, il avait \u00e9t\u00e9 pr\u00eat \u00e0 donner sa vie, si les circonstances l&rsquo;avaient exig\u00e9. C\u2019\u00e9tait aussi le symbole des p\u00e9nitences qui purifient l&rsquo;\u00e2me de ses fautes. La blancheur et l&rsquo;\u00e9clat de la robe signifient l&rsquo;innocence baptismale conserv\u00e9e.<\/p>\n<p>Attir\u00e9 par ces chants et contemplant toutes ces phalanges c\u00e9lestes de jeunes align\u00e9s derri\u00e8re Dominique Savio, je lui demandai :<\/p>\n<p>&#8211; Et qui sont ceux qui t&rsquo;entourent ?&#8230; Et comment se fait-il que vous soyez tous si \u00e9clatants ? r\u00e9p\u00e9tais-je aux autres. &#8211; Savio continuait \u00e0 se taire et tous ces jeunes se mirent \u00e0 chanter : <em>Hi sunt sicut Angeli Dei in caelo<\/em> (Ceux-ci sont comme les anges de Dieu dans le ciel, Mt 22,30). Je remarquai alors comment Savio semblait avoir la pr\u00e9\u00e9minence sur cette multitude qui \u00e9tait derri\u00e8re lui \u00e0 dix pas, comme \u00e0 une distance respectueuse, et lui demandai :<\/p>\n<p>&#8211; Dis-moi, Savio, toi le plus jeune parmi ceux qui te suivent et parmi ceux qui sont morts dans nos maisons, pourquoi es-tu si en avant d&rsquo;eux et les pr\u00e9c\u00e8des ? Pourquoi parles-tu alors que les autres se taisent ?<\/p>\n<p>&#8211; Je suis le plus vieux de tous.<\/p>\n<p>&#8211; Mais non, r\u00e9pliquai-je, beaucoup d&rsquo;autres sont plus avanc\u00e9s en \u00e2ge que toi.<\/p>\n<p>&#8211; Je suis le plus ancien de l&rsquo;Oratoire, r\u00e9p\u00e9ta Dominique Savio, car j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 quitter le monde et \u00e0 aller dans l&rsquo;autre vie. Et puis <em>legatione Dei fungor<\/em> (Je fais office d&rsquo;ambassadeur de Dieu)\u00a0!<\/p>\n<p>Cette r\u00e9ponse m&rsquo;indiquait le motif de cette apparition. Il \u00e9tait l&rsquo;ambassadeur de Dieu. &#8211; Donc, dis-je, parlons maintenant de ce qui nous importe le plus en ce moment.<\/p>\n<p>&#8211; Oui, et d\u00e9p\u00eache-toi de me demander ce que tu d\u00e9sires encore savoir. Les heures passent et le temps qui m&rsquo;est accord\u00e9 pour te parler pourrait se terminer et tu risques de ne plus me voir.<\/p>\n<p>&#8211; Je crois que tu as quelque chose d\u2019extr\u00eamement important \u00e0 me communiquer.<\/p>\n<p>&#8211; Que dois-je te dire, moi, pauvre cr\u00e9ature ? dit Savio dans un acte d&rsquo;humilit\u00e9 profonde ; j&rsquo;ai re\u00e7u d\u2019en haut la mission de te parler. C&rsquo;est pour cela que je suis venu.<\/p>\n<p>&#8211; Donc, m&rsquo;\u00e9criai-je, parle-moi du pass\u00e9, du pr\u00e9sent, de l&rsquo;avenir de notre Oratoire. Dis-moi quelque chose de mes chers fils, parle-moi de ma Congr\u00e9gation.<\/p>\n<p>&#8211; \u00c0 ce sujet, j&rsquo;aurais beaucoup de choses \u00e0 te dire.<\/p>\n<p>&#8211; R\u00e9v\u00e8le-moi donc ce que tu sais, parle-moi du pass\u00e9.<\/p>\n<p>Savio : &#8211; Le pass\u00e9 repose enti\u00e8rement sur toi.<\/p>\n<p>Et moi : &#8211; J\u2019ai peut-\u00eatre commis des b\u00e9vues ?<\/p>\n<p>Savio : &#8211; En ce qui concerne le pass\u00e9, je te dis que ta Congr\u00e9gation a d\u00e9j\u00e0 fait beaucoup de bien. Est-ce que tu vois l\u00e0-bas ce nombre incalculable de jeunes ?<\/p>\n<p>&#8211; Je les vois, r\u00e9pondis-je. Oh combien, et comme ils sont heureux !<\/p>\n<p>Et il dit : &#8211; Regarde ; que lit-on \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de ce jardin ?<\/p>\n<p>&#8211; Je vois, il est \u00e9crit\u00a0: <em>Jardin Sal\u00e9sien<\/em>.<\/p>\n<p>&#8211; Eh bien, continua Savio, ils ont tous \u00e9t\u00e9 Sal\u00e9siens, ou ils ont \u00e9t\u00e9 \u00e9duqu\u00e9s sous ta direction, ou ont eu quelque relation avec toi, ont \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9s par toi ou par tes pr\u00eatres, tes clercs, ou d&rsquo;autres qui ont \u00e9t\u00e9 mis par toi sur le chemin de leur vocation. Compte-les, si tu peux ! Mais ils seraient cent millions de fois plus nombreux, si tu avais eu plus de foi et de confiance dans le Seigneur.<\/p>\n<p>Je poussai un grand soupir, ne sachant que r\u00e9pondre \u00e0 ce reproche. Je me dis en moi-m\u00eame : je m\u2019efforcerai d\u2019avoir \u00e0 l&rsquo;avenir cette foi et cette confiance. Puis je dis :<\/p>\n<p>&#8211; Et le pr\u00e9sent ?<\/p>\n<p>Savio me montra un magnifique bouquet de fleurs qu&rsquo;il tenait entre les mains. Il y avait des roses, des violettes, des tournesols, des gentianes, des lys, des immortelles ou perp\u00e9tuelles et au milieu des fleurs, des \u00e9pis de bl\u00e9. Il me le tendit en disant :<\/p>\n<p>&#8211; Observe !<\/p>\n<p>&#8211; Je vois&#8230; mais je ne comprends rien, r\u00e9pondis-je.<\/p>\n<p>&#8211; Ce petit bouquet, pr\u00e9sente-le \u00e0 tes fils, afin qu&rsquo;ils puissent l&rsquo;offrir au Seigneur quand le moment sera venu. Fais en sorte que tous l&rsquo;aient, qu&rsquo;il n&rsquo;y ait personne qui en soit priv\u00e9 et que personne ne le leur enl\u00e8ve. Avec cela, sois s\u00fbr qu&rsquo;ils en auront assez pour \u00eatre heureux.<\/p>\n<p>&#8211; Mais que signifie ce bouquet de fleurs ?<\/p>\n<p>&#8211; Prends la Th\u00e9ologie, me r\u00e9pondit-il : elle te le dira, elle t&rsquo;en donnera l&rsquo;explication.<\/p>\n<p>Et moi : &#8211; Mais j&rsquo;ai \u00e9tudi\u00e9 la Th\u00e9ologie et je ne saurais comment en tirer ce que tu me pr\u00e9sentes.<\/p>\n<p>Savio : &#8211; Tu es strictement oblig\u00e9 de savoir ces choses.<\/p>\n<p>&#8211; Allons, sors-moi de l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9, donne-moi l&rsquo;explication.<\/p>\n<p>Savio : &#8211; Tu vois ces fleurs ? Elles repr\u00e9sentent les vertus qui plaisent le plus au Seigneur.<\/p>\n<p>&#8211; Et quelles sont-elles ?<\/p>\n<p>Savio : &#8211; La rose est le symbole de la charit\u00e9, la violette de l&rsquo;humilit\u00e9, le tournesol de l&rsquo;ob\u00e9issance, la gentiane de la p\u00e9nitence et de la mortification, les \u00e9pis de la communion fr\u00e9quente. Le lys indique cette belle vertu dont il est \u00e9crit : <em>Erunt sicut Angeli Dei in caelo<\/em> (Ils seront comme les anges de Dieu dans le ciel) : la chastet\u00e9. Et l&rsquo;immortelle ou perp\u00e9tuelle signifie que toutes ces vertus doivent durer toujours : la pers\u00e9v\u00e9rance.<\/p>\n<p>&#8211; Eh bien, mon cher Savio, lui demandai-je, dis-moi : toi qui as pratiqu\u00e9 ces vertus dans ta vie, quelle chose t&rsquo;a le plus consol\u00e9 \u00e0 l&rsquo;heure de ta mort ?<\/p>\n<p>&#8211; Que penses-tu que cela puisse \u00eatre ? r\u00e9pondit Savio.<\/p>\n<p>&#8211; Peut-\u00eatre d&rsquo;avoir conserv\u00e9 la belle vertu de la puret\u00e9 ?<\/p>\n<p>&#8211; Eh non, ce n&rsquo;est pas cela seulement.<\/p>\n<p>&#8211; Ce qui peut-\u00eatre t\u2019a r\u00e9joui, c\u2019est d&rsquo;avoir la conscience tranquille ?<\/p>\n<p>&#8211; C&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 une bonne chose, mais ce n&rsquo;est pas encore la meilleure.<\/p>\n<p>&#8211; Ce qui a \u00e9t\u00e9 ton r\u00e9confort, c\u2019est sans doute l&rsquo;espoir du paradis ? Non plus !<\/p>\n<p>&#8211; Alors c\u2019est d&rsquo;avoir fait un tr\u00e9sor de nombreuses bonnes \u0153uvres ?<\/p>\n<p>&#8211; Non, non.<\/p>\n<p>&#8211; Quel fut alors ton r\u00e9confort en cette derni\u00e8re heure ? &#8211; lui dis-je sur un ton suppliant, embarrass\u00e9 de ne pas r\u00e9ussir \u00e0 deviner sa pens\u00e9e.<\/p>\n<p>&#8211; Et Savio : &#8211; Ce qui me consola le plus \u00e0 l&rsquo;heure de ma mort fut l&rsquo;assistance de la puissante et aimable M\u00e8re du Sauveur ! Dis cela \u00e0 tes fils ! Qu&rsquo;ils n&rsquo;oublient pas de la prier tant qu&rsquo;ils sont en vie. Mais d\u00e9p\u00eache-toi, si tu veux que je puisse encore te r\u00e9pondre.<\/p>\n<p>&#8211; Et pour l&rsquo;avenir, que me dis-tu ?<\/p>\n<p>&#8211; Pour l&rsquo;avenir, l&rsquo;ann\u00e9e prochaine 1877 te procurera une grande douleur. Toi et deux parmi ceux qui te sont les plus chers seront appel\u00e9s par Dieu \u00e0 l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Mais console-toi : ils seront transplant\u00e9s de ce champ du monde dans les jardins du paradis. Ils seront couronn\u00e9s. N&rsquo;aie pas peur, le Seigneur t&rsquo;aidera et te donnera d&rsquo;autres fils, qui seront bons eux aussi.<\/p>\n<p>&#8211; Patience ! Et en ce qui concerne la Congr\u00e9gation ?<\/p>\n<p>&#8211; En ce qui concerne la Congr\u00e9gation, sache que Dieu te pr\u00e9pare de grandes choses. L&rsquo;ann\u00e9e prochaine, se l\u00e8vera pour elle une aurore de gloire si splendide qu&rsquo;elle illuminera comme un \u00e9clair les quatre coins du monde, d&rsquo;orient en occident, du midi au nord. Une grande gloire est pr\u00e9par\u00e9e pour elle. Mais veille \u00e0 ce que le char sur lequel se trouve le Seigneur ne soit pas entra\u00een\u00e9 par les tiens hors des guides et du chemin. Si tes pr\u00eatres savent le conduire et \u00eatre dignes de leur haute mission, l&rsquo;avenir sera splendide et apportera le salut \u00e0 une infinit\u00e9 de personnes. \u00c0 une condition cependant : que tes fils soient de fid\u00e8les d\u00e9vots de la Vierge Marie et sachent conserver la vertu de chastet\u00e9, qui pla\u00eet tant aux yeux de Dieu, pour l&rsquo;universalit\u00e9 de sa Maison.<\/p>\n<p>&#8211; Maintenant je voudrais, ajoutai-je, que tu me dises quelque chose de l&rsquo;\u00c9glise en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>&#8211; Les destins de l&rsquo;\u00c9glise sont dans les mains de Dieu Cr\u00e9ateur. Ce qui est \u00e9tabli dans ses d\u00e9crets infinis, je ne peux te le r\u00e9v\u00e9ler. Il se r\u00e9serve uniquement \u00e0 lui-m\u00eame ces myst\u00e8res qui ne peuvent \u00eatre r\u00e9v\u00e9l\u00e9s \u00e0 aucun des esprits cr\u00e9\u00e9s.<\/p>\n<p>&#8211; Et que dis-tu de Pie IX ?<\/p>\n<p>&#8211; Ce que je peux te dire, c&rsquo;est que le Pasteur de l&rsquo;\u00c9glise n&rsquo;aura plus \u00e0 combattre longtemps sur cette terre. Il lui reste peu de batailles \u00e0 gagner. Bient\u00f4t, il sera retir\u00e9 de son si\u00e8ge et le Seigneur lui donnera la r\u00e9compense qu&rsquo;il m\u00e9rite. Le reste est connu. L&rsquo;\u00c9glise ne p\u00e9rit pas. As-tu autre chose \u00e0 me demander ?<\/p>\n<p>&#8211; Et pour ce qui me concerne ? lui demandai-je.<\/p>\n<p>&#8211; Oh, si tu savais combien d&rsquo;\u00e9preuves tu as encore \u00e0 subir !&#8230; Mais d\u00e9p\u00eache-toi, car il me reste peu de temps pour te parler.<\/p>\n<p>Alors, de tout mon \u00e9lan, je tendis les mains pour saisir ce saint fils, mais ses mains semblaient a\u00e9riennes et je ne touchai rien.<\/p>\n<p>&#8211; Que fais-tu, as-tu perdu la t\u00eate\u00a0? me dit Savio en souriant.<\/p>\n<p>&#8211; J&rsquo;ai peur que tu m\u2019\u00e9chappes, m&rsquo;exclamai-je. Mais n&rsquo;es-tu pas ici avec ton corps ?<\/p>\n<p>&#8211; Non, pas avec mon corps. Je le reprendrai un jour.<\/p>\n<p>&#8211; Mais quelles sont ces apparences, car je vois en toi la figure de Dominique Savio !<\/p>\n<p>&#8211; Regarde, nous disait-il, quand l&rsquo;\u00e2me est s\u00e9par\u00e9e du corps et se montre \u00e0 un mortel avec la permission de Dieu, elle conserve sa forme et son apparence ext\u00e9rieures, avec toutes les caract\u00e9ristiques du corps lui-m\u00eame, comme lorsqu&rsquo;elle vivait sur terre, et c\u2019est ainsi qu\u2019elle les conserve, bien que grandement embellies, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;elle soit r\u00e9unie \u00e0 lui au jour du jugement universel. Alors, elle le prendra avec lui au paradis. C&rsquo;est pourquoi il te semble que j&rsquo;ai des mains, des pieds, une t\u00eate, mais tu ne pourrais pas me retenir, \u00e9tant un pur esprit. C&rsquo;est cette forme ext\u00e9rieure qui fait que tu me reconnais (en d&rsquo;autres termes, cela signifie : \u00ab Quand une \u00e2me s\u00e9par\u00e9e du corps vous appara\u00eet par la volont\u00e9 de Dieu, elle pr\u00e9sente \u00e0 vos yeux la forme ext\u00e9rieure du corps qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 par elle, et c&rsquo;est pourquoi il te semble que j&rsquo;ai des mains, des pieds, une t\u00eate, etc. \u00bb).<\/p>\n<p>&#8211; J&rsquo;ai compris, repris-je. \u00c9coute-moi. Encore une r\u00e9ponse. Mes jeunes sont-ils tous sur la bonne voie pour se sauver ? Dis-moi quelque chose, afin que je puisse bien les diriger.<\/p>\n<p>&#8211; En ce qui concerne les jeunes que la Providence Divine t&rsquo;a confi\u00e9s, ils peuvent \u00eatre divis\u00e9s en trois classes. Tu vois ces trois notes ? (et il m&rsquo;en tendait une). Observe-les.<\/p>\n<p>Je regardai la premi\u00e8re note. On y lisait le mot\u00a0: <em>Innocents<\/em>, c&rsquo;est-\u00e0-dire ceux que le d\u00e9mon n&rsquo;avait pas pu blesser, ceux qui n&rsquo;ont pas souill\u00e9 leur innocence par une faute. Ils \u00e9taient nombreux, ces innocents, et je les vis tous. Je connaissais beaucoup d&rsquo;entre eux, mais il y en avait beaucoup que je voyais pour la premi\u00e8re fois\u00a0; ils viendront peut-\u00eatre \u00e0 l&rsquo;Oratoire dans les ann\u00e9es \u00e0 venir. Ils marchaient droit sur un \u00e9troit sentier, tout en \u00e9tant continuellement la cible de fl\u00e8ches et de coups d&rsquo;\u00e9p\u00e9e et de lance qui venaient de tous c\u00f4t\u00e9s. Ces armes, qui formaient comme une haie le long des deux bords du chemin, les combattaient et les importunaient sans les blesser.<\/p>\n<p>Alors Savio me donna la deuxi\u00e8me note. Il y \u00e9tait \u00e9crit : <em>Bless\u00e9s<\/em>, c&rsquo;est-\u00e0-dire ceux qui \u00e9taient tomb\u00e9s en disgr\u00e2ce aupr\u00e8s de Dieu, mais qui maintenant, ressuscit\u00e9s, avaient soign\u00e9 leurs blessures, s&rsquo;\u00e9taient repentis et confess\u00e9s. Ils \u00e9taient en plus grand nombre que les premiers et avaient re\u00e7u des blessures sur le chemin de leur vie de la part des ennemis qui les entouraient comme une haie pendant leur voyage. Je lus leurs noms et je les vis tous. Beaucoup marchaient courb\u00e9s et d\u00e9courag\u00e9s.<\/p>\n<p>Savio avait encore en main la troisi\u00e8me note. On y lisait l\u2019inscription suivante : <em>Nous nous sommes lass\u00e9s au chemin de l&rsquo;iniquit\u00e9<\/em>. Y \u00e9taient \u00e9crits les noms de tous ceux qui se trouvent en disgr\u00e2ce aupr\u00e8s de Dieu. Impatient de conna\u00eetre ce secret, je tendis la main. Mais Savio me dit avec vivacit\u00e9 :<\/p>\n<p>&#8211; Non, attends un moment et \u00e9coute. Si tu ouvres ce papier, il en sortira une telle puanteur que ni toi ni moi ne pourrions la supporter. Les anges doivent se retirer, \u00e9c\u0153ur\u00e9s et horrifi\u00e9s, et le Saint-Esprit lui-m\u00eame ressent de l&rsquo;horreur \u00e0 cause de l&rsquo;odeur horrible du p\u00e9ch\u00e9.<\/p>\n<p>&#8211; Mais comment est-ce possible, observai-je, si Dieu et les anges sont impassibles ? Comment peuvent-ils sentir l&rsquo;odeur de la mati\u00e8re ?<\/p>\n<p>&#8211; Ils le peuvent, parce que plus les cr\u00e9atures sont bonnes et pures, plus elles se rapprochent des esprits c\u00e9lestes. Au contraire, plus quelqu&rsquo;un est mauvais, malhonn\u00eate et souill\u00e9, plus il s&rsquo;\u00e9loigne de Dieu et des anges, qui se retirent de lui, devenu pour eux un objet de d\u00e9go\u00fbt et de naus\u00e9e. &#8211; Ensuite, il me donna la note, et me dit : &#8211; Prends-la, ouvre-la et tires-en profit pour tes jeunes, mais souviens-toi toujours du bouquet que je t&rsquo;ai donn\u00e9\u00a0; fais en sorte que tous l&rsquo;aient et le conservent. Cela dit, apr\u00e8s m&rsquo;avoir donn\u00e9 la note, il se retira parmi ses compagnons, comme s\u2019il s\u2019enfuyait.<\/p>\n<p>J&rsquo;ouvris la note. Je ne vis aucun nom, mais instantan\u00e9ment tous les individus inscrits me furent pr\u00e9sent\u00e9s d&rsquo;un coup d&rsquo;\u0153il, comme si je voyais r\u00e9ellement les personnes elles-m\u00eames. Je les vis tous l\u00e0 avec amertume. La plupart, je les connaissais et ils appartenaient \u00e0 cet Oratoire et aux autres coll\u00e8ges. Je vis aussi beaucoup de ceux qui, parmi les compagnons, apparaissent comme bons, voire excellents, et ne le sont pas. Mais au moment d&rsquo;ouvrir ce papier, une telle odeur se r\u00e9pandit autour que c&rsquo;\u00e9tait insupportable. Je fus imm\u00e9diatement assailli par des douleurs aigu\u00ebs \u00e0 la t\u00eate et par des envies de vomir telles que je craignais d&rsquo;en mourir. C\u2019est alors que l&rsquo;air s\u2019assombrit, la vision disparut, et je ne vis plus rien de ce merveilleux spectacle. En m\u00eame temps, un \u00e9clair jaillit et un coup de tonnerre retentit si fort que je me r\u00e9veillai tout effray\u00e9.<\/p>\n<p>Cette odeur p\u00e9n\u00e9tra dans tous les murs, s&rsquo;infiltra dans les v\u00eatements, de sorte que plusieurs jours apr\u00e8s, il me semblait encore sentir cette pestilence. C\u2019est dire combien le nom m\u00eame du vicieux est puant aux yeux de Dieu ! Encore maintenant, quand cette puanteur me revient \u00e0 l&rsquo;esprit, j&rsquo;ai des frissons, je me sens \u00e9touffer et l&rsquo;estomac est pr\u00eat \u00e0 vomir.<\/p>\n<p>L\u00e0, \u00e0 Lanzo o\u00f9 je me trouvais, j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 interroger l&rsquo;un et l&rsquo;autre, j&rsquo;ai averti plusieurs jeunes et j&rsquo;ai d\u00e9couvert que ce r\u00eave ne m&rsquo;avait pas tromp\u00e9. C&rsquo;est donc une gr\u00e2ce du Seigneur qui m&rsquo;a fait conna\u00eetre l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;\u00e2me de chacun, mais je ne dirai rien de cela en public. Ici, il y aurait beaucoup d&rsquo;explications \u00e0 donner, mais je les r\u00e9serve pour une autre soir\u00e9e. Maintenant, il ne me reste plus qu&rsquo;\u00e0 vous souhaiter une bonne nuit.<\/p>\n<p>En voyant dans mon r\u00eave certains jeunes mal jug\u00e9s, alors qu&rsquo;ils passaient pour les meilleurs de la maison, avait mis en Don Bosco le soup\u00e7on qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une illusion. C&rsquo;est pourquoi il \u00e9tait venu appeler plusieurs <em>ad audiendum verbum<\/em> (pour \u00e9couter la parole, Sir 5,13). Il voulait s&rsquo;assurer de la nature du r\u00eave. Pour la m\u00eame raison, il reporta le r\u00e9cit de quinze jours. Quand il fut bien certain que la chose venait d&rsquo;en haut, il parla. Le temps devait apporter d&rsquo;autres confirmations quant \u00e0 l\u2019accomplissement des pr\u00e9dictions.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re pr\u00e9diction, et c&rsquo;\u00e9tait la plus importante, concernait le nombre de ses chers fils qui mourraient en 1877, divis\u00e9s en deux groupes : six plus deux. Or, les registres de la pr\u00e9fecture ext\u00e9rieure de l&rsquo;Oratoire portent la croix, signe habituel de d\u00e9c\u00e8s, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des noms de <em>six jeunes et de deux clercs<\/em> (1). La deuxi\u00e8me pr\u00e9diction annon\u00e7ait pour la Soci\u00e9t\u00e9 Sal\u00e9sienne en 1877 une aurore si splendide qu&rsquo;elle \u00e9clairerait les quatre coins du monde ; en effet, cette ann\u00e9e-l\u00e0, l&rsquo;association des Coop\u00e9rateurs Sal\u00e9siens se leva \u00e0 l&rsquo;horizon de l&rsquo;\u00c9glise et le <em>Bulletin Sal\u00e9sien<\/em> fit son apparition\u00a0: deux institutions qui devaient porter d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre de la terre la connaissance et la pratique de l&rsquo;esprit de Don Bosco. La troisi\u00e8me pr\u00e9diction touchait la fin prochaine du Pape Pie IX, qui cessa effectivement de vivre quatorze mois apr\u00e8s le r\u00eave. La derni\u00e8re pr\u00e9diction avait un go\u00fbt amer pour notre Bienheureux : \u00ab\u00a0Oh, si tu savais combien d&rsquo;\u00e9preuves tu as encore \u00e0 supporter !\u00a0\u00bb Et en r\u00e9alit\u00e9, pendant le reste de sa vie, qui dura encore onze ans et deux mois, les luttes, les travaux et les sacrifices se succ\u00e9d\u00e8rent pour lui sans rel\u00e2che jusqu&rsquo;\u00e0 son dernier souffle.<\/p>\n<p>Le chef du commissariat de la s\u00e9curit\u00e9 publique \u00e0 Borgo Dora, qui avait plusieurs connaissances \u00e0 l&rsquo;Oratoire, entendit parler de ce r\u00eave et fut frapp\u00e9 par la pr\u00e9diction des huit morts annonc\u00e9es. Il resta en observation tout au long de l&rsquo;ann\u00e9e 1877 pour voir ce qu\u2019il y avait de vrai. \u00c0 la nouvelle du huiti\u00e8me cas, survenu justement le dernier jour de l&rsquo;ann\u00e9e, il dit adieu au monde, devint sal\u00e9sien et travailla beaucoup non seulement en Italie, mais aussi en Am\u00e9rique. C&rsquo;\u00e9tait Don Angelo Piccono, dont le nom survit encore dans la m\u00e9moire de beaucoup.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>(1) 1. Briatore Giovanni, 1\u00e8re ann\u00e9e de coll\u00e8ge, n\u00b0 93.<\/em><\/p>\n<ol start=\"2\">\n<li><em> Strolengo Vittorio, relieur, n\u00b0 152.<\/em><\/li>\n<li><em> Mazzoglio Stefano, 4\u00e8me ann\u00e9e de coll\u00e8ge, n\u00b0 187.<\/em><\/li>\n<li><em> Garola Natale, 4\u00e8me ann\u00e9e de coll\u00e8ge, n\u00b0 388.<\/em><\/li>\n<li><em> Bognati Antonio, 5\u00e8me ann\u00e9e de coll\u00e8ge, n\u00b0 206.<\/em><\/li>\n<li><em> Boggiatto Luigi, balayeur, n\u00b0 805.<\/em><\/li>\n<li><em> Giovannetti Michele, clerc sal\u00e9sien, n\u00b0 553.<\/em><\/li>\n<li><em> Becchio Carlo, clerc, n\u00b0 248 (mort en famille \u00e0 Murialdo le 31 d\u00e9c. 1877, mais pr\u00e9sent \u00e0 l&rsquo;Oratoire durant l&rsquo;ann\u00e9e scolaire 1876-77).<\/em><\/li>\n<\/ol>\n<p><em>(MB XII, 585-596)<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le texte qui suit rapporte la \u00ab Vision de Saint Dominique Savio \u00bb, racont\u00e9e par&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":53174,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":10,"footnotes":""},"categories":[130],"tags":[1716,1764,2595,1824,2049,2022],"class_list":["post-53185","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-songes-de-don-bosco","tag-charisme-salesien","tag-don-bosco","tag-foi","tag-gras-obtenues","tag-jeunes","tag-vertus"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/53185","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=53185"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/53185\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":53186,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/53185\/revisions\/53186"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/53174"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=53185"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=53185"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=53185"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}