{"id":53071,"date":"2026-04-24T06:04:44","date_gmt":"2026-04-24T06:04:44","guid":{"rendered":"https:\/\/www.donbosco.press\/?p=53071"},"modified":"2026-04-24T06:05:14","modified_gmt":"2026-04-24T06:05:14","slug":"le-mois-de-mai-consacre-a-marie-immaculee-a-lusage-du-peuple","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/tres-sainte-vierge-marie\/le-mois-de-mai-consacre-a-marie-immaculee-a-lusage-du-peuple\/","title":{"rendered":"Le mois de mai consacr\u00e9 \u00e0 Marie Immacul\u00e9e \u00e0 l\u2019usage du peuple"},"content":{"rendered":"<p><em>En 1858, saint Jean Bosco publia \u00ab Le mois de mai consacr\u00e9 \u00e0 Marie Immacul\u00e9e \u00e0 l\u2019usage du peuple \u00bb, un ouvrage simple et accessible destin\u00e9 \u00e0 favoriser la d\u00e9votion mariale parmi les fid\u00e8les, en particulier parmi les jeunes et les familles. Le mois de mai, traditionnellement d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Marie dans la pi\u00e9t\u00e9 populaire, est ici rythm\u00e9 par des m\u00e9ditations quotidiennes, des exemples \u00e9difiants et des pratiques de pi\u00e9t\u00e9 qui aident le lecteur \u00e0 vivre chaque jour avec une intensit\u00e9 spirituelle. Dans un langage clair et affectueux, Don Bosco propose un chemin qui allie doctrine et vie, affection filiale pour la Vierge Marie et engagement concret \u00e0 la conversion. Le texte refl\u00e8te sa p\u00e9dagogie pastorale, centr\u00e9e sur la confiance en Marie Immacul\u00e9e comme guide s\u00fbr vers J\u00e9sus. Cet ouvrage s&rsquo;inscrit dans le projet \u00e9ducatif et spirituel plus large du saint turinois, qui voyait dans la d\u00e9votion mariale une cl\u00e9 pour la formation chr\u00e9tienne du peuple.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Index<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319758\">De la d\u00e9votion \u00e0 Marie<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319759\">L&rsquo;\u00c9glise approuve cette d\u00e9votion et accorde des indulgences \u00e0 ceux qui la pratiquent.<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319760\">Instructions sur la mani\u00e8re de pratiquer le mois marial<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319761\">Trois choses \u00e0 pratiquer tout au long du mois<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319762\">Bouquets spirituels \u00e0 tirer au sort et \u00e0 pratiquer chaque jour du mois<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319763\">Dernier jour d&rsquo;avril<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319764\">Premier jour de mai. Dieu notre Cr\u00e9ateur<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319765\">Deuxi\u00e8me jour. L&rsquo;\u00e2me<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319766\">Troisi\u00e8me jour. La R\u00e9demption<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319767\">Quatri\u00e8me jour. L\u2019\u00c9glise de J\u00e9sus-Christ<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319768\">Cinqui\u00e8me jour. Le chef de l&rsquo;\u00c9glise<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319769\">Sixi\u00e8me jour. Les pasteurs de l&rsquo;\u00c9glise<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319770\">Septi\u00e8me jour. Foi<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319771\">Huiti\u00e8me jour. Les sacrements<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319772\">Neuvi\u00e8me jour. Dignit\u00e9 du chr\u00e9tien<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319773\">Dixi\u00e8me jour. Valeur du temps<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319774\">Onzi\u00e8me jour. Pr\u00e9sence de Dieu<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319775\">Douzi\u00e8me jour. Fin de l&rsquo;homme<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319776\">Treizi\u00e8me jour. Le salut de l&rsquo;\u00e2me<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319777\">Quatorzi\u00e8me jour. Le p\u00e9ch\u00e9<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319778\">Quinzi\u00e8me jour. La mort<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319779\">Seizi\u00e8me jour. Jugement particulier<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319780\">Dix-septi\u00e8me jour. Le jugement dernier<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319781\">Dix-huiti\u00e8me jour. Les peines de l&rsquo;enfer<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319782\">Jour dix-neuvi\u00e8me. \u00c9ternit\u00e9 des peines de l&rsquo;enfer<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319783\">Vingti\u00e8me jour. La mis\u00e9ricorde de Dieu<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319784\">Vingt et uni\u00e8me jour. La confession<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319785\">Vingt-deuxi\u00e8me jour. Le confesseur<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319786\">Vingt-troisi\u00e8me jour. La Sainte Messe<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319787\">Vingt-quatri\u00e8me jour. La Sainte Communion<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319788\">Vingt-cinqui\u00e8me jour. Le p\u00e9ch\u00e9 d\u2019impuret\u00e9<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319789\">Vingt-sixi\u00e8me jour. La vertu de la puret\u00e9<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319790\">Vingt-septi\u00e8me jour. Le respect humain<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319791\">Vingt-huiti\u00e8me jour. Du Paradis<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319792\">Vingt-neuvi\u00e8me jour. Un moyen de s&rsquo;assurer le Paradis<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319793\">Trenti\u00e8me jour. Marie, notre protectrice dans la vie pr\u00e9sente<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319794\">Trente et uni\u00e8me jour. Marie, notre protectrice \u00e0 l&rsquo;heure de la mort<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319795\">Premier jour de juin Comment s&rsquo;assurer la protection de Marie<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319796\">Offrande du c\u0153ur \u00e0 Marie<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319797\">Formule de l&rsquo;offrande du c\u0153ur \u00e0 Marie<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319798\">Pri\u00e8re de saint Bernard<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319799\">Indulgences accord\u00e9es par le pape Pie IX<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_Toc206319800\">Louange \u00e0 Marie<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc228443953\"><\/a><a name=\"_Toc204271368\"><\/a><a name=\"_Toc204271806\"><\/a><a name=\"_Toc206319758\"><\/a><strong>De la d\u00e9votion \u00e0 Marie<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le mois de mai, qui est le plus d\u00e9licieux de l&rsquo;ann\u00e9e, devait \u00e0 juste titre \u00eatre consacr\u00e9 \u00e0 Marie. En ce mois, la nature couvre les prairies d&rsquo;herbes, les plantes de fleurs, les vignes de bourgeons. L&rsquo;homme s&rsquo;adonne alors avec une ardeur particuli\u00e8re \u00e0 la culture de la terre, qui commence \u00e0 lui donner l&rsquo;espoir d&rsquo;une r\u00e9colte abondante, mais qui est pour lui source d&rsquo;une crainte l\u00e9gitime en raison des dangers auxquels sont expos\u00e9s les fruits de son travail. En effet, une gr\u00eale, une temp\u00eate, une invasion, une s\u00e9cheresse ou tout autre malheur peuvent en un instant an\u00e9antir tous ses espoirs et causer la famine et la disette dans un pays, une ville et parfois tout un royaume. C&rsquo;est pourquoi, outre les besoins spirituels qui doivent \u00e0 tout moment nous pousser \u00e0 recourir \u00e0 cette m\u00e8re de mis\u00e9ricorde, il y a une raison temporelle, \u00e0 savoir qu&rsquo;elle b\u00e9nisse et prot\u00e8ge nos maisons, notre b\u00e9tail, les fruits des champs et nous d\u00e9fende contre les accidents.<\/p>\n<p>Il est vrai que la d\u00e9votion envers cette grande Reine du ciel a \u00e9t\u00e9 de tous temps le r\u00e9confort du genre humain. Depuis l&rsquo;\u00e9poque des Ap\u00f4tres jusqu&rsquo;\u00e0 nous, il n&rsquo;y a pas de si\u00e8cle, pas d&rsquo;ann\u00e9e, pas de mois, pas de semaine, pas de jour, pas d&rsquo;heure, et nous pouvons dire qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de moment qui ne soit marqu\u00e9 par quelque faveur obtenue par cette m\u00e8re mis\u00e9ricordieuse \u00e0 ses fid\u00e8les. Il est \u00e9galement vrai qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de royaume, pas de ville, pas de village ou de maison o\u00f9, s&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autel, il n&rsquo;y ait au moins une image ou une statue en l&rsquo;honneur de Marie en signe de gr\u00e2ces et de faveurs re\u00e7ues. Cependant, le mois de mai semblait devoir \u00eatre consacr\u00e9 de mani\u00e8re particuli\u00e8re \u00e0 Marie.<\/p>\n<p>Depuis 1700, dans plusieurs villages du Pi\u00e9mont on accomplissait chaque jour du mois de mai des exercices particuliers de pi\u00e9t\u00e9 chr\u00e9tienne en l&rsquo;honneur de Marie. On constata que cette s\u00e9rie de supplications quotidiennes adress\u00e9es \u00e0 cette M\u00e8re de mis\u00e9ricorde \u00e9tait un moyen tr\u00e8s puissant pour obtenir sa protection dans nos divers besoins. Cette d\u00e9votion s&rsquo;accrut chaque jour davantage. Des familles, des communaut\u00e9s religieuses, des villages et des villes accueillirent cette d\u00e9votion comme une source de grandes b\u00e9n\u00e9dictions. Les cur\u00e9s et les \u00e9v\u00eaques la promouvaient avec z\u00e8le dans leurs dioc\u00e8ses respectifs. Et en 1747, Mgr Saporiti, archev\u00eaque de G\u00eanes, ordonna l&rsquo;impression d&rsquo;un livre intitul\u00e9 : <em>Le mois de Marie, ou le mois de mai consacr\u00e9 \u00e0 Marie par l&rsquo;exercice de diverses fleurs de vertu \u00e0 pratiquer dans les foyers chr\u00e9tiens.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc204271369\"><\/a><a name=\"_Toc204271807\"><\/a><a name=\"_Toc206319759\"><\/a><strong>L&rsquo;\u00c9glise approuve cette d\u00e9votion et accorde des indulgences \u00e0 ceux qui la pratiquent.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au d\u00e9but de ce si\u00e8cle, les besoins spirituels et temporels se faisant davantage sentir, les fid\u00e8les de Marie se montr\u00e8rent encore plus soucieux de propager la d\u00e9votion envers Elle au mois de mai. Les \u00e9v\u00eaques l&rsquo;approuv\u00e8rent et s&#8217;empress\u00e8rent de la rendre stable dans leurs dioc\u00e8ses. Mais les pratiques religieuses ne satisfont pas enti\u00e8rement le catholique si elles ne sont pas approuv\u00e9es par le Vicaire de J\u00e9sus-Christ, Pasteur supr\u00eame \u00e9tabli par Dieu pour diriger et gouverner le troupeau universel de toute la chr\u00e9tient\u00e9. Et voici que les Pontifes eux-m\u00eames approuvent, promeuvent et enrichissent des tr\u00e9sors c\u00e9lestes les pratiques qui se font en ce mois en l&rsquo;honneur de Marie. Sa Saintet\u00e9 Pie VII, de sainte m\u00e9moire, par son d\u00e9cret du 21 mars 1815, a accord\u00e9 les indulgences suivantes :<\/p>\n<p>1\u00b0 300 jours d&rsquo;indulgence pour chaque jour \u00e0 tous ceux qui accomplissent une pratique de pi\u00e9t\u00e9 au mois de mai en l&rsquo;honneur de la Tr\u00e8s Sainte Vierge Marie.<\/p>\n<p>2\u00b0 Indulgence pl\u00e9ni\u00e8re le jour de la cl\u00f4ture ou n&rsquo;importe quel jour de ce mois o\u00f9 l&rsquo;on se confesse et communie.<\/p>\n<p>3\u00b0 Le m\u00eame Souverain Pontife, par un autre d\u00e9cret du 18 juin 1822, a confirm\u00e9 les indulgences susmentionn\u00e9es en les rendant applicables aux \u00e2mes du Purgatoire.<\/p>\n<p>Voici, \u00f4 lecteur chr\u00e9tien, un aper\u00e7u de l&rsquo;origine du mois marial. Cette d\u00e9votion repose sur la grande v\u00e9n\u00e9ration que les fid\u00e8les chr\u00e9tiens ont toujours profess\u00e9e envers la grande Reine du ciel ; elle repose sur les grands besoins spirituels et temporels qui nous entourent et dont Marie peut nous soulager ; elle repose sur le consentement des fid\u00e8les, sur l&rsquo;approbation des \u00e9v\u00eaques et du Vicaire de J\u00e9sus-Christ lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Anim\u00e9 donc par l&rsquo;esprit d&rsquo;un enfant qui se tourne vers une m\u00e8re si tendre, efforce-toi de lire et de mettre en pratique ce qui a \u00e9t\u00e9 expos\u00e9 ici pour le bien commun.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc228443955\"><\/a><a name=\"_Toc204271370\"><\/a><a name=\"_Toc204271808\"><\/a><a name=\"_Toc206319760\"><\/a><strong>Instructions sur la mani\u00e8re de pratiquer le mois marial<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Tout chr\u00e9tien est chaleureusement invit\u00e9 \u00e0 participer aux fonctions sacr\u00e9es qui se d\u00e9roulent dans la paroisse ou dans une autre \u00e9glise publique. Ceux qui ne peuvent pas se rendre \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise ou qui souhaitent, en plus de ce qui se fait en public, ajouter quelque chose dans leur famille, peuvent se conformer \u00e0 ce qui suit<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Le dernier jour d&rsquo;avril, dans sa maison et dans la pi\u00e8ce o\u00f9 la famille a l&rsquo;habitude de se r\u00e9unir pour r\u00e9citer les pri\u00e8res devant l&rsquo;image de Marie, on pr\u00e9parera un petit autel et on d\u00e9corera cette image ou cette statue de la meilleure mani\u00e8re possible ; on placera des chandeliers, des tapis, quelques vases de fleurs, surtout si elles sont fra\u00eeches, selon la saison. Si possible, faites cela dans la m\u00eame pi\u00e8ce o\u00f9 vous travaillez, \u00e9tudiez, jouez, vous r\u00e9cr\u00e9ez, afin de sanctifier ainsi ce lieu et de r\u00e9gler vos actions comme si elles \u00e9taient faites sous les yeux tr\u00e8s purs de la Tr\u00e8s Sainte Vierge.<\/p>\n<p>Le soir avant le premier jour de mai, rassemblez la famille et d&rsquo;autres fid\u00e8les devant le petit autel illumin\u00e9 susmentionn\u00e9, r\u00e9citez la troisi\u00e8me partie du Rosaire, ou au moins les Litanies de la Bienheureuse Vierge. Une fois ces pri\u00e8res termin\u00e9es, lisez la m\u00e9ditation assign\u00e9e \u00e0 chaque jour, avec l&rsquo;exemple joint et l\u2019oraison jaculatoire Ensuite, tirez au sort l&rsquo;un des petits actes de vertu que nous ajoutons ci-dessous. Ils seront copi\u00e9s et pli\u00e9s en forme de petits billets avec les actes de vertu qui doivent \u00eatre l&rsquo;exercice quotidien de chaque jour du mois.<\/p>\n<p>Pour faciliter les pratiques de pi\u00e9t\u00e9 de ce mois, il est bon de ne pas trop augmenter les exercices chr\u00e9tiens, car ils seraient alors faits trop rapidement ou \u00e0 contrec\u0153ur, surtout s&rsquo;il y a des enfants ou des personnes tr\u00e8s occup\u00e9es par des affaires temporelles.<\/p>\n<p>Lisez attentivement la r\u00e9flexion pr\u00e9vue pour chaque jour, accomplissez ponctuellement la pratique qui sera indiqu\u00e9e par le petit bouquet spirituel. Le soir, avant de vous coucher, vous ferez bien de vous rappeler la lecture de la journ\u00e9e.<\/p>\n<p>Au cours du mois, approchez-vous au moins deux fois des saints sacrements de la confession et de la communion.<\/p>\n<p>Comme les indulgences que l&rsquo;on peut gagner au cours de ce mois peuvent \u00eatre appliqu\u00e9es aux \u00e2mes du Purgatoire, il est vivement recommand\u00e9 de les appliquer, car, comme l&rsquo;enseigne saint Augustin, en soulageant les \u00e2mes du Purgatoire, nous nous procurons aussi un plus grand bien \u00e0 nous-m\u00eames.<\/p>\n<p>Il est bon de pr\u00e9ciser que pour b\u00e9n\u00e9ficier des saintes indulgences, il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire d&rsquo;utiliser ce livre ou un autre, il suffit de participer aux offices religieux ou de faire quelques exercices de d\u00e9votion en famille. Les Souverains Pontifes exigent seulement que l&rsquo;on fasse quelques actes de pi\u00e9t\u00e9 en l&rsquo;honneur de Marie, en priant pour les besoins actuels de la Sainte \u00c9glise.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin du mois, vous ferez l&rsquo;offrande de votre c\u0153ur \u00e0 Marie, comme indiqu\u00e9 \u00e0 la fin des r\u00e9flexions quotidiennes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc204271809\"><\/a><a name=\"_Toc206319761\"><\/a><strong>Trois choses \u00e0 pratiquer tout au long du mois<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>1\u00b0 Faire tout notre possible pour ne commettre aucun p\u00e9ch\u00e9 au cours de ce mois : qu&rsquo;il soit enti\u00e8rement consacr\u00e9 \u00e0 Marie.<\/p>\n<p>2\u00b0 Se soucier avec une grande sollicitude de l&rsquo;accomplissement des devoirs spirituels et temporels de notre \u00e9tat. Par exemple, r\u00e9citer avec une d\u00e9votion particuli\u00e8re les pri\u00e8res du matin et du soir ; la pri\u00e8re avec le signe de la Sainte Croix qui se fait habituellement avant et apr\u00e8s les repas. Participer de mani\u00e8re exemplaire aux fonctions sacr\u00e9es de l&rsquo;\u00e9glise les jours f\u00e9ri\u00e9s.<\/p>\n<p>3\u00b0 Inviter nos parents, nos amis et tous ceux qui d\u00e9pendent de nous \u00e0 prendre part aux pratiques de pi\u00e9t\u00e9 qui sont faites en l&rsquo;honneur de Marie au cours du mois.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc204271810\"><\/a><a name=\"_Toc206319762\"><\/a><strong>Bouquets spirituels \u00e0 tirer au sort et \u00e0 pratiquer chaque jour du mois<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li>\u00c0 l&rsquo;heure du lever, je me l\u00e8verai rapidement du lit et m&rsquo;habillerai avec la plus grande modestie.<\/li>\n<li>J&rsquo;\u00e9couterai avec d\u00e9votion la sainte messe en suffrage des \u00e2mes du Purgatoire et, si je ne le peux pas, je r\u00e9citerai cinq <em>Pater<\/em>, <em>Ave <\/em>et <em>Requiem<\/em>.<\/li>\n<li>Je pardonnerai de bon c\u0153ur \u00e0 tous ceux qui m&rsquo;ont offens\u00e9, et je dirai : Seigneur, pardonnez mes p\u00e9ch\u00e9s, comme je pardonne \u00e0 ceux qui m&rsquo;ont offens\u00e9.<\/li>\n<li>Je mortifierai ma langue par le silence, en l&rsquo;occupant \u00e0 chanter quelques louanges \u00e0 Marie.<\/li>\n<li>Je mortifierai ma bouche en m&rsquo;abstenant d&rsquo;une partie de nourriture ou de boisson.<\/li>\n<li>Je mortifierai mes yeux en les fixant quelques instants sur un crucifix ou sur une image de Marie.<\/li>\n<li>Je dirai avec une d\u00e9votion particuli\u00e8re l&rsquo;Ang\u00e9lus matin, soir et midi, en embrassant la m\u00e9daille de Marie.<\/li>\n<li>Le soir avant de me coucher, je r\u00e9citerai un Salve Regina pour ceux que Dieu appellera cette nuit \u00e0 l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9.<\/li>\n<li>Je m&rsquo;arr\u00eaterai quelques instants pour r\u00e9fl\u00e9chir au fruit tir\u00e9 des confessions pass\u00e9es, puis je ferai un acte de contrition.<\/li>\n<li>Je m&rsquo;arr\u00eaterai quelques instants pour penser \u00e0 la passion de J\u00e9sus-Christ, puis je dirai : Sainte M\u00e8re, faites que les plaies du Seigneur soient imprim\u00e9es dans mon c\u0153ur. Chaque fois que l&rsquo;on r\u00e9cite cette invocation, on gagne l&rsquo;indulgence de trois cents jours.<\/li>\n<li>Tout ce que je ferai demain, je le ferai pour l\u2019\u00e2me du Purgatoire qui, de son vivant, avait une d\u00e9votion particuli\u00e8re \u00e0 Marie.<\/li>\n<li>Avant de me coucher, j&#8217;embrasserai le Crucifix en disant : Marie, si je meurs cette nuit, fais que je meure en gr\u00e2ce de Dieu.<\/li>\n<li>Je me pr\u00e9parerai \u00e0 me confesser comme si c&rsquo;\u00e9tait la derni\u00e8re fois de ma vie.<\/li>\n<li>Je ferai ma communion en l&rsquo;honneur de Marie ; et si je ne le peux pas, je r\u00e9citerai les actes de foi, d&rsquo;esp\u00e9rance et de charit\u00e9.<\/li>\n<li>Je donnerai un bon conseil \u00e0 quelqu&rsquo;un de ma connaissance, afin de r\u00e9parer le scandale caus\u00e9 par les propos de ma vie pass\u00e9e.<\/li>\n<li>Je ferai l&rsquo;aum\u00f4ne selon mes moyens ; si je ne peux pas, je r\u00e9citerai trois <em>Ave <\/em>Maria pour la conversion des p\u00e9cheurs.<\/li>\n<li>J&#8217;embrasserai trois fois la terre en disant : \u00ab Je suis terre, et bient\u00f4t je retournerai \u00e0 la terre \u00bb.<\/li>\n<li>Je m&rsquo;arr\u00eaterai un moment pour r\u00e9fl\u00e9chir aux confessions de ma vie pass\u00e9e, et si quelque chose me les fait juger nulles ou douteuses, je me pr\u00e9parerai \u00e0 y rem\u00e9dier d\u00e8s que possible par une confession g\u00e9n\u00e9rale.<\/li>\n<li>Je r\u00e9citerai trente-trois <em>Gloria Patri <\/em>en l&rsquo;honneur des trente-trois ann\u00e9es v\u00e9cues par J\u00e9sus avec Marie, sa m\u00e8re.<\/li>\n<li>Je ne mangerai ni ne boirai pendant la journ\u00e9e sans n\u00e9cessit\u00e9.<\/li>\n<li>Je ferai c\u00e9l\u00e9brer ou j&rsquo;irai au moins \u00e9couter une messe pour le repos de l&rsquo;\u00e2me de mes d\u00e9funts.<\/li>\n<li>Je passerai la journ\u00e9e dans la plus grande retraite, en hommage au temps que Marie a pass\u00e9 dans le Temple.<\/li>\n<li>Je je\u00fbnerai de mani\u00e8re compatible avec mon \u00e9tat en l&rsquo;honneur des douleurs souffertes par Marie lors de la passion de J\u00e9sus, son fils.<\/li>\n<li>Je ferai une aum\u00f4ne en suffrage de l&rsquo;\u00e2me qui souffre depuis le plus longtemps au Purgatoire.<\/li>\n<li>Je fuirai la vanit\u00e9 dans ma fa\u00e7on de m&rsquo;habiller et de parler, et je dirai trois <em>Angelus Dei <\/em>pour obtenir l&rsquo;esprit d&rsquo;humilit\u00e9 et de p\u00e9nitence. Chaque fois que l&rsquo;on dit <em>l&rsquo;Angelus Dei, <\/em>on gagne une indulgence de 100 jours.<\/li>\n<li>Je r\u00e9citerai les litanies de la Bienheureuse Vierge afin qu&rsquo;elle obtienne de J\u00e9sus que tous ceux qui mourront en ce mois-ci meurent en \u00e9tat de gr\u00e2ce.<\/li>\n<li>Je me pr\u00e9parerai \u00e0 faire une confession g\u00e9n\u00e9rale, ou au moins \u00e0 passer en revue mes confessions depuis ma derni\u00e8re confession g\u00e9n\u00e9rale, selon les conseils de mon confesseur.<\/li>\n<li>Je r\u00e9citerai les sept all\u00e9gresses, et si je ne peux pas, je r\u00e9citerai sept Je vous salue<em>, <\/em>en disant : J\u00e9sus, Marie, Joseph, faites que je meure en votre sainte compagnie.<\/li>\n<li>En l&rsquo;honneur de Marie, je veux me d\u00e9pouiller de quelque chose qui m&rsquo;est cher, afin que je ne ressente pas trop vivement le fait de devoir abandonner le monde au moment de la mort.<\/li>\n<li>Je penserai \u00e0 l&rsquo;occasion qui m&rsquo;a fait retomber dans le p\u00e9ch\u00e9 et je m&rsquo;efforcerai de la fuir \u00e0 l&rsquo;avenir.<\/li>\n<li>Je fuirai l&rsquo;oisivet\u00e9 et demanderai pardon \u00e0 Marie pour les n\u00e9gligences commises au cours de ce mois, et les bras en croix, je dirai : <em>Salut, \u00f4 Reine, etc<\/em>.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc228443956\"><\/a><a name=\"_Toc204271371\"><\/a><a name=\"_Toc204271811\"><\/a><a name=\"_Toc206319763\"><\/a><strong>Dernier jour d&rsquo;avril<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Avant de faire la lecture chaque jour, on dira <em>: Deus, in adjutorium meum intende. <\/em>&#8211; <em>Domine ad adjuvandum me festina<\/em>. &#8211; <em>Gloria Patri, etc<\/em>. \u2013 Mon J\u00e9sus, mis\u00e9ricorde<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a> .<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Raisons d&rsquo;\u00eatre un fid\u00e8le de Marie<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Viens avec moi, ami chr\u00e9tien, et consid\u00e8re les innombrables raisons que nous avons tous d&rsquo;\u00eatre des fid\u00e8les de Marie. Je commencerai par mentionner les trois principales, qui sont les suivantes : Marie est la plus sainte de toutes les cr\u00e9atures, Marie est la m\u00e8re de Dieu, Marie est notre m\u00e8re.<\/p>\n<p>1\u00b0 Dans tout l&rsquo;Ancien Testament, Marie est appel\u00e9e toute belle et sans tache. Elle est compar\u00e9e au soleil resplendissant, \u00e0 la lune dans la pl\u00e9nitude de sa lumi\u00e8re, aux \u00e9toiles les plus brillantes, \u00e0 un jardin rempli des fleurs les plus d\u00e9licieuses, \u00e0 une source scell\u00e9e d&rsquo;o\u00f9 jaillit l&rsquo;eau la plus limpide, \u00e0 une humble colombe, \u00e0 un lys tr\u00e8s pur. Dans l&rsquo;\u00c9vangile, l&rsquo;ange Gabriel la nomme <em>pleine de gr\u00e2ce, <\/em>\u00ab <em>Ave, gratia plena <\/em>\u00bb. Pleine de gr\u00e2ce, c&rsquo;est-\u00e0-dire cr\u00e9\u00e9e et form\u00e9e dans la gr\u00e2ce, ce qui signifie que Marie, d\u00e8s le premier instant de son existence, \u00e9tait sans tache originelle et actuelle, et qu&rsquo;elle est rest\u00e9e sans tache jusqu&rsquo;\u00e0 son dernier souffle. Pleine de gr\u00e2ce, il n&rsquo;y avait donc pas le moindre d\u00e9faut qui ait p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 son c\u0153ur tr\u00e8s pur ; il n&rsquo;y avait pas non plus de vertu qui n&rsquo;ait \u00e9t\u00e9 pratiqu\u00e9e par Marie au plus haut degr\u00e9. L\u2019\u00c9glise catholique exprime cette saintet\u00e9 de Marie en affirmant qu&rsquo;elle a toujours \u00e9t\u00e9 exempte de toute faute, et nous invite \u00e0 l&rsquo;invoquer avec ces pr\u00e9cieuses paroles : <em>Regina sine labe originali concepta, ora pro nobis. <\/em>Reine con\u00e7ue sans p\u00e9ch\u00e9 originel, priez pour nous qui avons recours \u00e0 vous<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a> .<\/p>\n<p>2\u00b0 Le fait que Marie soit exempte de toute tache de p\u00e9ch\u00e9 originel et actuel, qu&rsquo;elle soit par\u00e9e de toutes les vertus que nous pouvons imaginer, qu&rsquo;elle ait \u00e9t\u00e9 combl\u00e9e par Dieu de gr\u00e2ce plus que toute autre cr\u00e9ature, toutes ces pr\u00e9rogatives l&rsquo;ont fait choisir parmi toutes les femmes pour \u00eatre \u00e9lev\u00e9e \u00e0 la dignit\u00e9 de m\u00e8re de Dieu. Telle est l&rsquo;annonce que lui fit l&rsquo;Ange ; telle est la r\u00e9p\u00e9tition de sainte \u00c9lisabeth lorsqu&rsquo;elle re\u00e7ut la visite de la Sainte Vierge ; tel est le salut que lui adressent chaque jour les fid\u00e8les chr\u00e9tiens en disant : Sainte Marie, M\u00e8re de Dieu, priez pour nous. Au nom glorieux de M\u00e8re de Dieu, l&rsquo;intelligence humaine \u00e9choue, c&rsquo;est pourquoi, inclinant notre front en signe de la plus profonde v\u00e9n\u00e9ration, nous nous limitons \u00e0 dire qu&rsquo;aucune cr\u00e9ature ne peut \u00eatre \u00e9lev\u00e9e \u00e0 une dignit\u00e9 plus sublime, aucune cr\u00e9ature ne peut atteindre un plus grand degr\u00e9 de gloire ; et par cons\u00e9quent, aucune cr\u00e9ature ne peut \u00eatre plus puissante aupr\u00e8s de Dieu que Marie.<\/p>\n<p>3\u00ba Mais si le titre de M\u00e8re de Dieu est glorieux pour Marie, il est aussi tr\u00e8s consolant et utile pour nous qui sommes ses enfants. Car en devenant m\u00e8re de J\u00e9sus, vrai Dieu et vrai homme, elle est \u00e9galement devenue notre m\u00e8re. J\u00e9sus-Christ, dans sa grande mis\u00e9ricorde, a voulu nous appeler ses fr\u00e8res, et par ce nom, il nous constitue tous fils adoptifs de Marie. L&rsquo;\u00c9vangile confirme ce que nous disons ici. Le Divin Sauveur \u00e9tait sur la croix et souffrait les douleurs de l&rsquo;agonie la plus p\u00e9nible. Sa tr\u00e8s sainte M\u00e8re et l&rsquo;Ap\u00f4tre Saint Jean se tenaient \u00e0 ses pieds, plong\u00e9s dans la douleur la plus profonde ; lorsque J\u00e9sus ouvrit les yeux, et ce fut peut-\u00eatre la derni\u00e8re fois qu&rsquo;il les ouvrit durant sa vie mortelle, il vit son disciple bien-aim\u00e9 et sa M\u00e8re bien-aim\u00e9e. Il ouvrit alors ses l\u00e8vres mourantes et dit \u00e0 Marie : \u00ab Femme, voici ton fils, Jean ; puis il dit \u00e0 Jean : \u00ab Voici ta m\u00e8re, Marie ; <em>mulier,<\/em> <em>ecce filius tuus ; ecce mater tua.<\/em> Dans ce fait, les saints P\u00e8res reconnaissent unanimement la volont\u00e9 du Divin Sauveur qui, avant de quitter le monde, voulait nous donner Marie pour m\u00e8re aimante et faire de nous tous ses enfants. Marie est \u00e9galement notre m\u00e8re parce qu&rsquo;elle nous a r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par J\u00e9sus-Christ dans la gr\u00e2ce. Car, de m\u00eame qu&rsquo;\u00c8ve est appel\u00e9e m\u00e8re des vivants, Marie est m\u00e8re de tous les fid\u00e8les par la gr\u00e2ce (Richard de Saint-Laurent). \u00c0 ce propos, saint Guillaume Abb\u00e9 s&rsquo;exprime ainsi : Marie est M\u00e8re du Chef, elle est donc aussi M\u00e8re des membres, que nous sommes : <em>Nos sumus membra Christi. <\/em>En donnant naissance \u00e0 J\u00e9sus, Marie nous a \u00e9galement r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s spirituellement. C&rsquo;est pourquoi Marie est appel\u00e9e \u00e0 juste titre M\u00e8re par tous et m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre honor\u00e9e comme telle (<em>Gugl. Ab. cant.<\/em> 4).<\/p>\n<p>Voici, \u00f4 chr\u00e9tiens, la personne que je viens proposer \u00e0 votre v\u00e9n\u00e9ration au cours de ce mois. Elle est la plus sainte de toutes les cr\u00e9atures ; la m\u00e8re de Dieu, notre m\u00e8re, m\u00e8re puissante et mis\u00e9ricordieuse qui d\u00e9sire ardemment nous combler de faveurs c\u00e9lestes. Moi, nous dit-elle, j&rsquo;habite dans les plus hauts cieux pour combler de gr\u00e2ces et de b\u00e9n\u00e9dictions mes enfants : <em>ut ditem diligentes me, et thesauros eorum repleam.<\/em><\/p>\n<p>Courage donc, fid\u00e8les de Marie ; il s&rsquo;agit de faire une grande f\u00eate \u00e0 notre M\u00e8re, \u00e0 la M\u00e8re de J\u00e9sus. Lorsque vient le jour de la f\u00eate de notre m\u00e8re temporelle, nous nous r\u00e9jouissons de pouvoir r\u00e9unir nos parents et nos amis pour nous mettre en leur compagnie et lui offrir un bouquet de fleurs accompagn\u00e9 de quelques mots affectueux. Le mois de mai est la f\u00eate de notre vraie M\u00e8re, de notre Protectrice c\u00e9leste. C\u00e9l\u00e9brons-la donc avec joie. Le plus beau bouquet que nous puissions lui offrir est celui qui sera compos\u00e9 des vertus dont elle nous a donn\u00e9 de lumineux exemples.<\/p>\n<p>D\u00e9cidons en ce jour de diriger matin et soir nos pri\u00e8res et toute l&rsquo;affection de notre c\u0153ur vers Celle que nous avons la joie d&rsquo;appeler notre M\u00e8re. Prions d\u00e8s maintenant pour qu&rsquo;elle interc\u00e8de pour nous aupr\u00e8s de son fils J\u00e9sus afin qu&rsquo;il nous accorde une gr\u00e2ce particuli\u00e8re. Demandons-lui la gr\u00e2ce dont nous avons le plus besoin.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemple<\/em><\/p>\n<p>Pour vous inciter \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer avec ferveur le mois de mai en l&rsquo;honneur de Marie, prenez l&rsquo;exemple de l&rsquo;arm\u00e9e d&rsquo;Orient lorsqu&rsquo;elle se trouvait \u00e0 Constantinople. Loin de leur patrie, priv\u00e9s d&rsquo;\u00e9glises et presque d\u00e9pourvus de ministres sacr\u00e9s, ces soldats chr\u00e9tiens emport\u00e8rent avec eux la d\u00e9votion et la confiance en Marie. Voici le r\u00e9cit qu&rsquo;en fait un journal publi\u00e9 le 7 juin 1855 : \u00ab Le mois de mai a \u00e9t\u00e9 c\u00e9l\u00e9br\u00e9 dans certains h\u00f4pitaux avec une solennit\u00e9 pieuse et r\u00e9guli\u00e8re, qui honore grandement l&rsquo;arm\u00e9e d&rsquo;Orient. Il ne fait aucun doute que les b\u00e9n\u00e9dictions du ciel qui se sont r\u00e9pandues sur de nombreuses \u00e2mes touch\u00e9es par la gr\u00e2ce se r\u00e9pandront sur toute l&rsquo;arm\u00e9e et seront couronn\u00e9es par une issue heureuse de la guerre elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>Avant que ces salles ne soient en notre pouvoir, elles \u00e9taient des mosqu\u00e9es, c&rsquo;est-\u00e0-dire des \u00e9glises consacr\u00e9es \u00e0 Mahomet. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, les louanges de la Reine du Ciel ont commenc\u00e9 \u00e0 y r\u00e9sonner. Un autel d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Marie y a \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9 et d\u00e9cor\u00e9 avec un go\u00fbt qui montre que chaque r\u00e9giment a ses propres artistes. On y voit des colonnes sculpt\u00e9es comme par enchantement. On y trouve des marbres artificiels qui ressemblent \u00e0 s&rsquo;y m\u00e9prendre aux marbres les plus fins. On y trouve des d\u00e9corations en papier et en couleurs, \u0153uvres de quelques convalescents qui consacrent leur temps \u00e0 des choses qui servent \u00e0 accro\u00eetre la d\u00e9coration du culte envers la Sainte Vierge. Chaque maison a organis\u00e9 son ch\u0153ur de chants, tous les musiciens et tous les plus talentueux de la soci\u00e9t\u00e9 de musique s&#8217;empressent d&rsquo;y prendre part. Certains ont compos\u00e9 des chants spirituels qu&rsquo;ils chantent tous ensemble avec joie en l&rsquo;honneur de Marie. Le soir, lorsque le chant des louanges sacr\u00e9es et les litanies de la Sainte Vierge sont termin\u00e9s, le chapelain ou une autre personne invit\u00e9e donne une instruction adapt\u00e9e \u00e0 ce jour, qui est \u00e9cout\u00e9e avec avidit\u00e9 par les nombreux auditeurs rassembl\u00e9s dans la ferveur. Souvent, la salle ne peut contenir la foule des auditeurs. Les bless\u00e9s eux-m\u00eames s&rsquo;y font conduire une demi-heure \u00e0 l&rsquo;avance, afin d&rsquo;\u00eatre s\u00fbrs d&rsquo;y trouver une place. C&rsquo;est pour eux le plus beau moment de la journ\u00e9e. \u00bb Voil\u00e0, \u00f4 chr\u00e9tien, comment nous pouvons nous aussi c\u00e9l\u00e9brer ce mois et donner \u00e0 Marie un signe de tendre d\u00e9votion. Dans les villes, dans les campagnes, dans les maisons, dans la solitude, dans les clo\u00eetres et dans les r\u00e9giments des soldats, on peut offrir des hommages de d\u00e9votion \u00e0 la Reine de tous les Saints.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>Vierge mis\u00e9ricordieuse, voici mon c\u0153ur ; enflammez-le d&rsquo;un saint amour.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re<\/em><\/p>\n<p><em>Souvenez-vous, \u00f4 tr\u00e8s mis\u00e9ricordieuse Vierge Marie,\u00a0\u00a0qu&rsquo;on n&rsquo;a jamais entendu dire <\/em>que vous ayez rejet\u00e9 ou abandonn\u00e9 quelqu&rsquo;un <em>qui implorait vos faveurs.\u00a0Anim\u00e9 de cette confiance, je me refugie vers vous, \u00f4 Vierge des vierges, \u00f4 Marie, M\u00e8re de J\u00e9sus-Christ, je viens \u00e0 vous.\u00a0Ne m\u00e9prisez pas, \u00f4 M\u00e8re du Verbe \u00e9ternel, <\/em>les pri\u00e8res de votre humble enfant, \u00e9coutez-les favorablement, \u00f4 cl\u00e9mente, \u00f4 pieuse, \u00f4 douce Vierge Marie<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc228443957\"><\/a><a name=\"_Toc204271372\"><\/a><a name=\"_Toc204271812\"><\/a><a name=\"_Toc206319764\"><\/a><em><strong>Premier jour de mai. Dieu notre Cr\u00e9ateur<\/strong><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus in adiutorium etc.<\/em><\/p>\n<p>J\u00e9sus, ma mis\u00e9ricorde.<\/p>\n<ol>\n<li>En l&rsquo;honneur de Marie, arr\u00eate-toi quelques instants pour contempler la majest\u00e9 de Dieu Cr\u00e9ateur. Si nous, chr\u00e9tiens, ouvrons les yeux et laissons libre cours \u00e0 notre pens\u00e9e, nous ne pouvons que reconna\u00eetre l&rsquo;existence, la puissance et la sagesse de Dieu, par qui tout a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9, de qui tout d\u00e9pend et par qui tout se conserve. Quiconque admire une maison de construction excellente n&rsquo;ose pas dire que c&rsquo;est le hasard qui l&rsquo;a construite et mise en ordre. Si quelqu&rsquo;un disait qu&rsquo;une montre s&rsquo;est fabriqu\u00e9e toute seule, nous le traiterions de fou. Ainsi, \u00e0 la vue de l&rsquo;ordre et de la merveilleuse harmonie qui r\u00e8gnent dans tout l&rsquo;univers, on ne peut h\u00e9siter un instant \u00e0 croire en un Dieu qui a cr\u00e9\u00e9, donn\u00e9 le mouvement \u00e0 toutes choses et qui les pr\u00e9serve. C&rsquo;est Dieu qui a dit : \u00ab Que la lumi\u00e8re soit \u00bb, et la lumi\u00e8re fut. La lumi\u00e8re fut s\u00e9par\u00e9e des t\u00e9n\u00e8bres, et aussit\u00f4t elle se r\u00e9pandit dans les vastes espaces du ciel et de la terre. \u00c0 la parole du Dieu tout-puissant, la mer fut enferm\u00e9e dans certaines limites, la terre se couvrit d&rsquo;herbes, d&rsquo;arbres et de plantes fruiti\u00e8res. \u00c0 sa voix, les oiseaux, les poissons et les autres animaux peupl\u00e8rent le ciel, la terre et les eaux. En disant <em>fiat<\/em>, il illumina le soleil, la lune et les \u00e9toiles. Il a donn\u00e9 l&rsquo;existence \u00e0 tout par sa toute-puissance, il pourvoit \u00e0 tout par sa bont\u00e9. C&rsquo;est lui qui soutient et fait bouger le poids formidable de l&rsquo;immensit\u00e9. C&rsquo;est lui qui donne le mouvement et la vie \u00e0 tous les \u00eatres vivants. Il donne l&rsquo;existence \u00e0 tout en tant que cr\u00e9ateur, il pourvoit \u00e0 tout en tant que conservateur, et tout se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 lui comme \u00e0 une fin ultime. \u00c0 toutes choses, il dit : \u00ab C&rsquo;est moi qui t&rsquo;ai fait : <em>ego sum \u00bb. <\/em>Et dans cette parole, que tout homme peut et doit comprendre, s&rsquo;expriment sa puissance et sa divinit\u00e9.<\/li>\n<li>Mais il y a ici une v\u00e9rit\u00e9 qui augmentera certainement notre \u00e9merveillement. Toutes les choses que nous voyons dans l&rsquo;univers, il les a cr\u00e9\u00e9es pour nous. Le soleil qui brille pendant le jour, la lune qui dissipe les t\u00e9n\u00e8bres de la nuit, les \u00e9toiles qui embellissent le firmament, l&rsquo;air qui nous permet de respirer, l&rsquo;eau qui sert \u00e0 l&rsquo;usage de l&rsquo;homme, le feu qui nous r\u00e9chauffe, la terre qui nous donne ses fruits, tout a \u00e9t\u00e9 fait par Dieu pour nous. <em>Omnia subiecisti sub pedibus eius.<\/em> Quels sentiments de gratitude, de respect, d&rsquo;amour ne devons-nous pas \u00e9prouver envers un Dieu si grand et en m\u00eame temps si bon ! Que devons-nous faire pour r\u00e9pondre \u00e0 cette grande bont\u00e9 de notre Dieu ? Accomplir exactement les pr\u00e9ceptes de sa sainte loi. Vois, chr\u00e9tien, si nous ob\u00e9issons aux commandements de notre Dieu, en plus de ce qu&rsquo;il a d\u00e9j\u00e0 fait pour nous, il ajoutera des faveurs aux faveurs. Notre vie sera remplie de b\u00e9n\u00e9dictions c\u00e9lestes dans la vie pr\u00e9sente et dans la vie future. Mais ce Dieu, \u00e9tant infiniment juste et mis\u00e9ricordieux, nous donnera une r\u00e9compense \u00e9ternelle pour le service que nous lui rendrons. Une r\u00e9compense de gloire si nous le servons par de bonnes \u0153uvres, mais un ch\u00e2timent terrible si nous sommes rebelles \u00e0 sa sainte loi.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemple<\/em><\/p>\n<p>Tout objet qui se pr\u00e9sente \u00e0 nos yeux dans ce monde est un t\u00e9moignage de la majest\u00e9, de la puissance et de la bont\u00e9 de Dieu cr\u00e9ateur. On pourrait citer de nombreux exemples de courageux h\u00e9ros de la foi qui ont fait de grands sacrifices pour servir Dieu, mais nous nous contenterons de citer l&rsquo;offrande de Marie au temple. Lorsque Marie atteignit l&rsquo;\u00e2ge o\u00f9 les jeunes filles commencent \u00e0 courir des dangers dans le monde, ses parents, saint Joachim et sainte Anne, la conduisirent au temple. Elle dut certainement faire un grand sacrifice en abandonnant ses parents, ses amis et tout le confort de la maison paternelle dans le seul but d&rsquo;apprendre \u00e0 servir Dieu. Mais Marie fit ce sacrifice avec joie, car il s&rsquo;agissait de promouvoir la gloire de Dieu. Elle y resta plusieurs ann\u00e9es, faisant resplendir les vertus les plus lumineuses, imitant une multitude d&rsquo;autres vierges qui, dans le m\u00eame lieu, \u00e9taient form\u00e9es \u00e0 la religion et \u00e0 la mani\u00e8re de conserver l&rsquo;innocence des m\u0153urs. L&rsquo;\u00c9glise c\u00e9l\u00e8bre cette offrande de Marie au temple le 21 novembre. C&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;imitation de Marie que beaucoup ont abandonn\u00e9 les commodit\u00e9s de la terre pour aller servir Dieu dans les clo\u00eetres ou dans les d\u00e9serts, ou en sacrifiant leur vie au milieu des tourments les plus atroces. Nous, au moins, consacrons au Seigneur le temps de la vie qu&rsquo;il veut bien nous accorder dans sa bont\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>\u00d4 combien de gr\u00e2ces<\/p>\n<p>Dois-je rendre<\/p>\n<p>Au grand Dieu<\/p>\n<p>Qui m&rsquo;a cr\u00e9\u00e9 !<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Qui, lors du bapt\u00eame<\/p>\n<p>A fait de moi son fils,<\/p>\n<p>Et de l&rsquo;exil \u00e9ternel<\/p>\n<p>M&rsquo;a lib\u00e9r\u00e9 !<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc228443958\"><\/a><a name=\"_Toc204271373\"><\/a><a name=\"_Toc204271813\"><\/a><a name=\"_Toc206319765\"><\/a><strong>Deuxi\u00e8me jour. <\/strong><strong>L&rsquo;\u00e2me<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus in adiutorium etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Dieu n&rsquo;est pas seulement le Cr\u00e9ateur de toutes les choses qui se trouvent dans le ciel et sur la terre, mais il est aussi le Cr\u00e9ateur de nous-m\u00eames. Il a cr\u00e9\u00e9 le corps avec toutes les belles qualit\u00e9s que nous y admirons ; \u00e0 ce corps, il a uni une \u00e2me qui est infiniment plus pr\u00e9cieuse que le corps et que toutes les autres choses que nous voyons dans le monde. Dieu nous a donn\u00e9 une \u00e2me, c&rsquo;est-\u00e0-dire cet \u00eatre invisible que nous sentons en nous et qui tend continuellement \u00e0 s&rsquo;\u00e9lever vers Dieu ; cet \u00eatre intelligent qui pense et raisonne, et qui ne peut trouver son bonheur sur terre, et qui, par cons\u00e9quent, au milieu des richesses et des plaisirs de la terre, est toujours inquiet jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il repose en Dieu, car Dieu seul peut le rendre heureux.<\/li>\n<li>Cette \u00e2me est immortelle. Dieu est infiniment juste et infiniment mis\u00e9ricordieux ; en tant que juste, il doit r\u00e9compenser la vertu souvent opprim\u00e9e dans la vie pr\u00e9sente, et il doit \u00e9galement punir le vice souvent triomphant parmi les hommes ; comme cela ne peut se faire dans ce monde, il doit y avoir une autre vie, dans laquelle la justice Divine donnera aux bons la r\u00e9compense m\u00e9rit\u00e9e et aux mauvais le ch\u00e2timent. De plus, l&rsquo;\u00e2me est faite \u00e0 l&rsquo;image et \u00e0 la ressemblance de Dieu. Cette image et cette ressemblance seraient imparfaites si elle ne poss\u00e9dait pas la principale pr\u00e9rogative du Cr\u00e9ateur, qui est l&rsquo;immortalit\u00e9. Nous sentons cela en nous-m\u00eames dans cette voix int\u00e9rieure qui parle \u00e0 tous dans le c\u0153ur et dit : ton \u00e2me ne pourra \u00eatre an\u00e9antie, elle vivra \u00e9ternellement. Lorsque Dieu cr\u00e9a l&rsquo;\u00e2me, il souffla sur l&rsquo;homme et lui donna l&rsquo;esprit de vie ; ce souffle est simple, spirituel, fait \u00e0 l&rsquo;image et \u00e0 la ressemblance de Dieu, qui est \u00e9ternel et immortel ; c&rsquo;est pourquoi notre \u00e2me doit \u00eatre immortelle. Gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;\u00e2me, nous avons la facult\u00e9 de cr\u00e9er des id\u00e9es, de les combiner, de produire certains chefs-d&rsquo;\u0153uvre qui \u00e9l\u00e8vent l&rsquo;homme au-dessus de toutes les autres cr\u00e9atures et qui prouvent, comme c&rsquo;est le cas, que l&rsquo;\u00e2me est le symbole ou la marque de l&rsquo;intelligence de Dieu.<\/li>\n<li>Dieu a donn\u00e9 \u00e0 notre \u00e2me la libert\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire la facult\u00e9 de choisir le bien ou le mal, lui assurant une r\u00e9compense si elle fait le bien, et la mena\u00e7ant d&rsquo;un ch\u00e2timent si elle choisit le mal. Comme cela ne se fait pas dans la vie pr\u00e9sente, Dieu a r\u00e9serv\u00e9 pour cela l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9, o\u00f9 ceux qui ont bien agi seront r\u00e9compens\u00e9s d&rsquo;une r\u00e9compense qui ne finira jamais, et ceux qui ont transgress\u00e9 la loi Divine seront punis d&rsquo;un ch\u00e2timent \u00e9ternel. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qu&rsquo;a enseign\u00e9 notre Divin Sauveur lorsqu&rsquo;il a dit : les impies iront dans un supplice \u00e9ternel pr\u00e9par\u00e9 pour les d\u00e9mons et leurs disciples ; les bons entreront en possession d&rsquo;un royaume de gloire o\u00f9 ils jouiront de tous les biens.<\/li>\n<\/ol>\n<p>\u00d4 chr\u00e9tien, toi qui as une \u00e2me immortelle, pense que si tu la sauves, tout est sauv\u00e9, mais si tu la perds, tout est perdu. Tu n&rsquo;as qu&rsquo;une seule \u00e2me, que tu peux perdre par un seul p\u00e9ch\u00e9. Qu\u2019adviendrait-il de nous et de notre \u00e2me si, en cet instant, Dieu nous appelait devant son tribunal ? Toi qui lis, pense \u00e0 ton \u00e2me, et moi qui \u00e9cris, je penserai s\u00e9rieusement \u00e0 la mienne.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemple<\/em><\/p>\n<p>Un fait arriv\u00e9 \u00e0 un ministre du roi de France Louis XVI nous enseigne l&rsquo;amour que Marie porte \u00e0 la sant\u00e9 de notre \u00e2me. Ce ministre eut le malheur, dans sa jeunesse, de fr\u00e9quenter de mauvaises compagnies qui lui firent perdre l&rsquo;amour de la vertu, de la religion et de la foi. Il \u00e9tait alors \u00e2g\u00e9 de quatre-vingts ans. Depuis l&rsquo;\u00e2ge de 15 ans, il n&rsquo;avait plus pratiqu\u00e9 aucun acte religieux. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 philosophe, franc-ma\u00e7on et mat\u00e9rialiste, il finit par devenir ath\u00e9e, ne croyant plus en rien. Dieu, qui avait cr\u00e9\u00e9 cette \u00e2me pour lui, l&rsquo;attendait\u00a0; Marie \u00e9tait la M\u00e8re de mis\u00e9ricorde qui devait la conduire \u00e0 J\u00e9sus, son fils. Il \u00e9tait devenu aveugle, malade, et son \u00e2me \u00e9tait aux portes de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Le cur\u00e9, qui avait vraiment \u00e0 c\u0153ur le salut de cette \u00e2me, ne m\u00e9nagea pas ses efforts pour la gagner. Il s&rsquo;\u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 dix fois \u00e0 la porte, et dix fois les domestiques lui avaient interdit l&rsquo;entr\u00e9e, conform\u00e9ment aux ordres de leur ma\u00eetre. Ce pasteur z\u00e9l\u00e9, profond\u00e9ment afflig\u00e9 \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e que cette \u00e2me rachet\u00e9e par le sang de J\u00e9sus-Christ puisse aller \u00e0 sa perte, ne sachant plus quoi faire, recourut \u00e0 Celle qui est appel\u00e9e le salut du monde ou le refuge des p\u00e9cheurs. Il place sa confiance en Marie, prie et fait prier pour qu&rsquo;elle soit m\u00e8re de mis\u00e9ricorde aussi pour cette \u00e2me qui semblait devoir bient\u00f4t compara\u00eetre devant le tribunal de Dieu. Il se rend donc \u00e0 la porte de ce monsieur, les domestiques tentent de le renvoyer comme les autres fois. Il insiste et finit par \u00eatre introduit. Apr\u00e8s quelques compliments, le malade dit sans pr\u00e9ambule au cur\u00e9 : \u00ab Monsieur le cur\u00e9, me feriez-vous la gr\u00e2ce de me donner votre b\u00e9n\u00e9diction ? \u00bb Le cur\u00e9, \u00e9tonn\u00e9 de ces paroles, r\u00e9pondit\u00a0: de tout c\u0153ur. Apr\u00e8s l&rsquo;avoir re\u00e7ue, il ajouta : \u00ab Oh, combien votre visite me console ! Je suis aveugle et je ne peux vous voir, mais je sens bien votre pr\u00e9sence. Depuis que vous \u00eates pr\u00e8s de moi, je ressens une paix dans mon c\u0153ur que je ne me souviens pas avoir jamais connue de ma vie. Le cur\u00e9, b\u00e9nissant dans son c\u0153ur la M\u00e8re de mis\u00e9ricorde, commence \u00e0 lui parler du r\u00e9confort que donne la religion catholique dans la vie, et encore plus \u00e0 l&rsquo;heure de la mort. Le malade accueille avec joie les paroles du ministre sacr\u00e9, se dispose \u00e0 se confesser, commence sa confession et la termine les jours suivants avec une grande satisfaction. La vie de ce monsieur est prolong\u00e9e d&rsquo;environ six mois, mais toujours pleine de foi en Dieu et de confiance en la Vierge Marie. Il donna des signes \u00e9vidents de repentir pour ses p\u00e9ch\u00e9s, s&rsquo;effor\u00e7a de r\u00e9parer le scandale qu&rsquo;il avait caus\u00e9 et, fort des saints sacrements et des autres consolations que la religion catholique administre aux chr\u00e9tiens malades, il rendit son \u00e2me au Seigneur le 10 avril 1837. (<em>Extrait du Manuel de l&rsquo;Archiconfraternit\u00e9)<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>Je recours \u00e0 vous<\/p>\n<p>Vierge Marie,<\/p>\n<p>Montrez-moi<\/p>\n<p>Le chemin du ciel.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc228443959\"><\/a><a name=\"_Toc204271374\"><\/a><a name=\"_Toc204271814\"><\/a><a name=\"_Toc206319766\"><\/a><strong>Troisi\u00e8me jour. La R\u00e9demption<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus in adiutorium etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Un myst\u00e8re incompr\u00e9hensible \u00e0 l&rsquo;esprit humain, qui d\u00e9montre l\u2019importance de notre \u00e2me et la grande bont\u00e9 de Dieu \u00e0 notre \u00e9gard, est la r\u00e9demption du genre humain. Nos parents Adam et \u00c8ve ont p\u00e9ch\u00e9 et, par leur p\u00e9ch\u00e9, ils ont ferm\u00e9 le Paradis \u00e0 eux-m\u00eames et \u00e0 toute leur post\u00e9rit\u00e9. Dieu, dans un \u00e9lan d&rsquo;infinie bont\u00e9, promet de r\u00e9parer la perdition \u00e9ternelle des hommes par le Messie qu&rsquo;il enverra en temps voulu. Afin que la foi dans le Messie, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans le Sauveur, reste vivante parmi les hommes, Dieu l&rsquo;a fait annoncer \u00e0 toutes les \u00e9poques par les saints patriarches et les proph\u00e8tes. Une r\u00e9v\u00e9lation claire fut faite \u00e0 Abraham, \u00e0 Jacob, \u00e0 Mo\u00efse, \u00e0 David et, plus tard, \u00e0 de nombreux autres proph\u00e8tes. Isa\u00efe dit : \u00ab <em>Un homme d&rsquo;une douceur admirable, saint par nature, con\u00e7u par l&rsquo;\u0153uvre du Saint-Esprit, na\u00eetra d&rsquo;une Vierge. <\/em>D&rsquo;autres l&rsquo;appellent <em>Dieu fort, auteur de la paix, pr\u00e9disant qu&rsquo;il na\u00eetra \u00e0 Bethl\u00e9em.<\/em><\/li>\n<\/ol>\n<p>Cinq si\u00e8cles avant la naissance du Sauveur, le proph\u00e8te Daniel fixe l&rsquo;\u00e9poque \u00e0 soixante-dix semaines d&rsquo;ann\u00e9es, ce qui correspond \u00e0 quatre cent quatre-vingt-dix ans. \u00c0 la fin de ces semaines, J\u00e9sus est n\u00e9 \u00e0 Bethl\u00e9em de Marie, toujours vierge, et sous les apparences les plus humbles, Dieu, cr\u00e9ateur du ciel et de la terre, s&rsquo;est fait homme : <em>et Verbum caro factum est. <\/em>Ainsi, Dieu, par des proph\u00e9ties r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, avertissait les hommes de garder vivante l&rsquo;esp\u00e9rance dans le Sauveur. Plus le temps de sa venue approchait, plus les promesses divines devenaient claires.<\/p>\n<ol start=\"2\">\n<li>Le Sauveur, pour prouver sa venue et faire savoir au monde entier qu&rsquo;il \u00e9tait le Messie promis, commence sa pr\u00e9dication par une doctrine sainte et divine, confirm\u00e9e par une s\u00e9rie de miracles retentissants, qui tendent tous \u00e0 d\u00e9montrer sa bont\u00e9 et sa puissance divine. \u00c0 sa parole, les aveugles recouvrent la vue, les sourds l&rsquo;ou\u00efe, les muets la parole et les morts sortent vivants de leurs tombes. J\u00e9sus pr\u00eache, mais il ne pr\u00eache pas seulement des r\u00e9compenses temporelles ; il enseigne qu&rsquo;il faut adorer un seul Dieu en esprit et en v\u00e9rit\u00e9, aimer et adorer Lui seul ; il enseigne qu&rsquo;il faut \u00e9tendre notre bienveillance \u00e0 tous les hommes, m\u00eame \u00e0 nos ennemis, car le but de sa religion et de sa venue est la charit\u00e9. Il pr\u00eache la patience, la soumission et l&rsquo;humilit\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 se r\u00e9jouir des tribulations qu&rsquo;il nous envoie. Il annonce une vie heureuse et \u00e9ternelle, c&rsquo;est-\u00e0-dire le ciel ; mais ce bonheur doit \u00eatre gagn\u00e9 par nos efforts, par la pratique de la vertu, par la fuite du vice.<\/li>\n<li>Arr\u00eatons-nous ici, \u00f4 chr\u00e9tien, et tandis que, remplis de gratitude, nous contemplons l&rsquo;immense bont\u00e9 de Dieu, je te prie de retenir dans ton esprit deux pens\u00e9es : consid\u00e9rer le tr\u00e9sor pr\u00e9cieux que tu portes en toi, qui est ton \u00e2me, pour laquelle Dieu s&rsquo;est fait homme, et consid\u00e9rer \u00e9galement quel grand mal est le p\u00e9ch\u00e9, puisque pour r\u00e9parer ses cons\u00e9quences, le Fils de Dieu a d\u00fb quitter les d\u00e9lices du ciel, se soumettre \u00e0 toutes les mis\u00e8res de notre vie et finir par mourir sur la croix. Mais tandis que nous admirons la bont\u00e9 de notre Divin Sauveur, promettons-lui d&rsquo;\u00e9viter tout ce qui peut renouveler les souffrances qu\u2019il a endur\u00e9es pour notre \u00e2me. Admirons sa grande humilit\u00e9 et fuyons en particulier la vanit\u00e9 et l&rsquo;orgueil. Il est vrai que ce corps est un beau don que Dieu nous a fait pour couvrir notre \u00e2me ; mais l&rsquo;humilit\u00e9 est le plus bel ornement de l&rsquo;\u00e2me, et la vanit\u00e9 et l&rsquo;orgueil sont des p\u00e9ch\u00e9s qu&rsquo;il faut \u00e9viter en tout temps, et surtout pendant ce mois d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la plus pure et la plus humble des vierges, la Tr\u00e8s Sainte Vierge Marie.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemple<\/em><\/p>\n<p>Saint Fran\u00e7ois de J\u00e9r\u00f4me a toujours nourri dans son c\u0153ur et s&rsquo;est efforc\u00e9 d&rsquo;allumer chez les autres une tendre d\u00e9votion envers la tr\u00e8s sainte humanit\u00e9 de J\u00e9sus-Christ et envers ses myst\u00e8res. Il \u00e9tait particuli\u00e8rement sensible au myst\u00e8re de l&rsquo;Incarnation. Il avait coutume de dire que nous \u00e9tions extr\u00eamement tenus de sanctifier le mois de mars, car c&rsquo;est \u00e0 cette \u00e9poque que le Verbe divin, dans une humilit\u00e9 ineffable, s&rsquo;\u00e9tait abaiss\u00e9 pour rev\u00eatir la chair humaine par amour pour nous dans le sein tr\u00e8s pur de Marie. Quand il consid\u00e9rait l&rsquo;Enfant J\u00e9sus, il fondait en larmes am\u00e8res par compassion pour ses souffrances.<\/p>\n<p>\u00c0 cette d\u00e9votion envers le myst\u00e8re de la r\u00e9demption, il joignait une tendresse filiale envers sa Sainte M\u00e8re. D\u00e8s son plus jeune \u00e2ge, il ne savait parler d&rsquo;elle qu&rsquo;avec une tr\u00e8s grande v\u00e9n\u00e9ration. En signe d&rsquo;ob\u00e9issance \u00e0 Marie, il je\u00fbnait tous les samedis de l&rsquo;ann\u00e9e et les veilles de ses f\u00eates, ne se nourrissant que de pain et d&rsquo;eau, et s&rsquo;infligeait en outre une flagellation sanglante. Il ne manquait jamais une occasion, dans ses sermons ou ses discours, d&rsquo;exalter ses m\u00e9rites, sa grandeur et sa bont\u00e9 \u00e0 notre \u00e9gard, aupr\u00e8s de son Divin Fils. Bien qu&rsquo;occup\u00e9 du matin au soir, il ne manquait jamais de r\u00e9citer chaque jour son chapelet, coutume qu&rsquo;il observait inviolablement m\u00eame en voyage. Se trouvant en mer entre Naples et Massa, il invita les bateliers \u00e0 r\u00e9citer le chapelet avec lui et, pour les enflammer d&rsquo;une si louable d\u00e9votion, il se mit \u00e0 leur expliquer les myst\u00e8res qui y sont rappel\u00e9s.<\/p>\n<p>Pour accro\u00eetre ce culte, il pr\u00eacha pendant vingt-deux ans tous les mardis, exposant \u00e0 une foule nombreuse les gloires et les grandeurs de cette Reine, racontant les gr\u00e2ces qu&rsquo;elle accordait \u00e0 ses d\u00e9vots. Il introduisit la pieuse coutume de renouveler chaque mois publiquement son offrande \u00e0 Marie. Il fit imprimer en vers italiens le Salve Regina, qu\u2019il faisait chanter dans les rues, en distribua plusieurs milliers d&rsquo;exemplaires aux fid\u00e8les et, par ce moyen, r\u00e9ussit \u00e0 emp\u00eacher le chant de nombreuses chansons profanes et m\u00eame scandaleuses. Effor\u00e7ons-nous d&rsquo;imiter ce saint dans la mesure de nos moyens.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>Le fruit aimable<\/p>\n<p>De votre sein<\/p>\n<p>Montrez-le-nous,<\/p>\n<p>\u00d4 M\u00e8re de Dieu.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc228443960\"><\/a><a name=\"_Toc204271375\"><\/a><a name=\"_Toc204271815\"><\/a><a name=\"_Toc206319767\"><\/a><strong>Quatri\u00e8me jour. L\u2019\u00c9glise de J\u00e9sus-Christ<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus in adiutorium etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Notre Divin Sauveur, descendu du ciel pour nous sauver, a voulu \u00e9tablir un moyen d&rsquo;assurer le d\u00e9p\u00f4t de la foi en fondant un royaume spirituel sur la terre. Ce royaume est son \u00c9glise, c&rsquo;est-\u00e0-dire la congr\u00e9gation des fid\u00e8les chr\u00e9tiens du monde entier, qui professent la doctrine de J\u00e9sus-Christ sous la conduite des pasteurs l\u00e9gitimes, et en particulier du Pontife Romain, qui en est le chef \u00e9tabli par Dieu. Cette \u00c9glise, telle une m\u00e8re aimante, devait \u00e0 tout moment et en tout lieu accueillir tous ceux qui voulaient se r\u00e9fugier dans son sein maternel ; elle devait donc \u00eatre visible et accessible \u00e0 tous \u00e0 tout moment. C&rsquo;est pourquoi, dans l&rsquo;\u00c9vangile, cette \u00c9glise est compar\u00e9e \u00e0 une colonne contre laquelle les assauts des ennemis des \u00e2mes sont sans effet. Elle est compar\u00e9e \u00e0 une pierre sur laquelle repose un grand \u00e9difice qui doit durer jusqu&rsquo;\u00e0 la fin des temps. Tu es Pierre, dit J\u00e9sus-Christ au Prince des Ap\u00f4tres en le constituant chef de l&rsquo;\u00c9glise, tu es Pierre, et sur cette pierre je b\u00e2tirai mon \u00c9glise, et les portes de l&rsquo;enfer ne pourront la vaincre.<\/li>\n<\/ol>\n<p>J\u00e9sus-Christ recommanda \u00e0 ses disciples que, si des questions surgissaient entre eux, ils en d\u00e9f\u00e8rent la r\u00e9solution \u00e0 l&rsquo;\u00c9glise : <em>dic ecclesi\u00e6 <\/em>; que si quelqu&rsquo;un refusait d&rsquo;\u00e9couter l&rsquo;\u00c9glise, ils le consid\u00e8rent comme un pa\u00efen et un publicain : <em>quod si ecclesiam non audierit, sit tibi tamquam ethnicus et publicanus<\/em>. Cette \u00c9glise est le pilier et le fondement de toute v\u00e9rit\u00e9, de sorte que toute doctrine qui ne repose pas sur le fondement de cette \u00c9glise repose sur l&rsquo;erreur : <em>ecclesia est columna et fundamentum veritatis, <\/em>dit saint Paul.<\/p>\n<ol start=\"2\">\n<li>Cette \u00c9glise est ensuite dite <em>catholique<\/em>, ce qui signifie <em>universelle<\/em>, car, comme on l&rsquo;a dit, telle une m\u00e8re aimante, elle accueille en tout temps et en tout lieu ceux qui veulent venir \u00e0 son sein maternel. <em>Universelle<\/em> parce qu&rsquo;elle embrasse toute la doctrine enseign\u00e9e par J\u00e9sus-Christ et pr\u00each\u00e9e par les Ap\u00f4tres.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Elle est \u00e9galement dite sainte, car son fondateur, J\u00e9sus-Christ, est la source de toute saintet\u00e9 ; nul ne peut \u00eatre saint en dehors de cette \u00c9glise, car c&rsquo;est seulement en elle qu\u2019on enseigne la vraie doctrine de J\u00e9sus-Christ, c&rsquo;est seulement en elle qu\u2019on pratique sa foi et sa loi, et que sont administr\u00e9s les sacrements qu&rsquo;il a institu\u00e9s.<\/p>\n<p>On l&rsquo;appelle \u00e9galement apostolique parce que ses pasteurs sont les successeurs des ap\u00f4tres et enseignent la m\u00eame doctrine pr\u00each\u00e9e par les ap\u00f4tres telle qu&rsquo;ils l&rsquo;ont apprise de J\u00e9sus-Christ.<\/p>\n<p>On ajoute ensuite le titre de romaine, parce que son chef, qui est le pape, est \u00e9v\u00eaque de Rome, et pour cette raison, cette ville, autrefois capitale de l&rsquo;Empire romain, est aujourd&rsquo;hui le centre de la religion, la capitale du monde catholique.<\/p>\n<ol start=\"3\">\n<li>Et comme il n&rsquo;y a qu&rsquo;un seul Dieu, une seule foi, un seul bapt\u00eame, il n&rsquo;y a qu&rsquo;une seule \u00c9glise v\u00e9ritable, hors de laquelle nul ne peut \u00eatre sauv\u00e9.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Consid\u00e8re, \u00f4 chr\u00e9tien, et tremble en pensant au grand nombre de ceux qui ne sont pas dans le sein de l&rsquo;\u00c9glise catholique et qui sont tous par cons\u00e9quent hors du chemin qui m\u00e8ne au ciel. Consid\u00e8re et r\u00e9jouis-toi dans ton c\u0153ur, car Dieu t&rsquo;a cr\u00e9\u00e9 dans son \u00c9glise, o\u00f9 se trouvent tant de moyens de salut. Sois reconnaissant \u00e0 Dieu et, pour le remercier, efforce-toi d&rsquo;observer les pr\u00e9ceptes que l&rsquo;\u00c9glise, au nom de Dieu, propose \u00e0 ses enfants. Sois constant dans la participation \u00e0 la Messe, tous les dimanches et les autres f\u00eates de pr\u00e9cepte, observe les je\u00fbnes et les veilles, et ne mange pas de viande le vendredi et le samedi. En somme, effor\u00e7ons-nous d&rsquo;\u00eatre catholiques non seulement de nom, mais aussi en actes, en observant exactement ce que l&rsquo;\u00c9glise commande et en nous abstenant de ce qu&rsquo;elle interdit.<\/p>\n<p>S&rsquo;il nous arrive d&rsquo;entendre parler de l&rsquo;\u00c9glise ou d&rsquo;en parler nous-m\u00eames, comportons-nous comme des enfants respectueux envers leur m\u00e8re aimante. Ne disons jamais rien contre ce que l\u2019\u00c9glise commande ou interdit ; et dans la mesure de nos moyens, parlons-en toujours en bien et opposons-nous courageusement \u00e0 quiconque chercherait \u00e0 en dire du mal.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemple<\/em><\/p>\n<p>Les fastes de l&rsquo;\u00c9glise regorgent d&rsquo;exemples qui d\u00e9montrent que Marie a toujours \u00e9t\u00e9 non seulement le soutien de l&rsquo;\u00c9glise, mais aussi une bonne m\u00e8re qui, avec une sollicitude des plus aimantes, va \u00e0 la recherche de ses enfants, accomplissant parfois des miracles lumineux pour augmenter leur nombre. Nous choisissons l&rsquo;exemple d&rsquo;Alphonse Ratisbonne, jeune juif issu d&rsquo;une des familles les plus riches d&rsquo;Allemagne. Tr\u00e8s attach\u00e9 \u00e0 sa religion, il \u00e9tait un ennemi implacable des chr\u00e9tiens, surtout depuis qu&rsquo;un de ses fr\u00e8res avait embrass\u00e9 la foi. Il vint \u00e0 Rome en 1842 pour se divertir. L\u00e0, sa haine contre la religion chr\u00e9tienne et son ardeur pour le juda\u00efsme grandirent. Il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 sur le point de quitter cette ville lorsqu&rsquo;il alla prendre cong\u00e9 du baron Bussi\u00e8re, un protestant converti au catholicisme. Ce dernier engagea la conversation avec Alphonse sur la religion et, le trouvant tr\u00e8s attach\u00e9 au juda\u00efsme, le pria au moins, par courtoisie, de bien vouloir porter autour du cou la m\u00e9daille de Marie. Riant follement de cette id\u00e9e, il y consentit. C&rsquo;\u00e9tait le 20 janvier 1842. Alphonse \u00e9tait laiss\u00e9 seul pour un court instant dans une \u00e9glise o\u00f9 il \u00e9tait entr\u00e9 par curiosit\u00e9, quand tout \u00e0 coup l&rsquo;\u00e9difice disparut de ses yeux, et une lumi\u00e8re \u00e9clatante se r\u00e9pandit sur lui et remplit l&rsquo;endroit o\u00f9 il se trouvait. Au milieu de cette splendeur rayonnante, il vit debout sur l&rsquo;autel, pleine de majest\u00e9 et de douceur, la Vierge Marie, telle qu&rsquo;elle appara\u00eet sur la m\u00e9daille miraculeuse. Elle lui fait signe de s&rsquo;agenouiller et, avec une force irr\u00e9sistible, il est attir\u00e9 vers Marie. C&rsquo;est \u00e0 cet heureux moment qu&rsquo;Alphonse ouvre les yeux \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 et, illumin\u00e9 par la foi, il \u00e9clate en sanglots. Son c\u0153ur ne trouvait plus de r\u00e9confort que dans des remerciements chaleureux et dans la demande insistante du bapt\u00eame. Il s&rsquo;y pr\u00e9para pendant onze jours et, le 31 janvier de la m\u00eame ann\u00e9e, il \u00e9tait r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 dans le Christ, et Marie avait un fils de plus. Une conversion aussi spectaculaire et soudaine fut d\u00e9clar\u00e9e miraculeuse par le Saint-Si\u00e8ge apr\u00e8s des examens minutieux. Chaque ann\u00e9e, le 20 janvier, une f\u00eate est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e \u00e0 Rome en m\u00e9moire de ce prodige dans l&rsquo;\u00e9glise de S. Andrea <em>delle Fratte, <\/em>lieu o\u00f9 le miracle a eu lieu.<\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>\u00c0 mon dernier souffle,<\/p>\n<p>\u00d4 Vierge Marie,<\/p>\n<p>Faites que je meure<\/p>\n<p>En bon catholique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc204271376\"><\/a><a name=\"_Toc204271816\"><\/a><a name=\"_Toc206319768\"><\/a><strong>Cinqui\u00e8me jour. Le chef de l&rsquo;\u00c9glise<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus in adiutorium etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>J\u00e9sus-Christ, dans l&rsquo;\u00c9vangile, a compar\u00e9 son \u00c9glise \u00e0 un royaume, \u00e0 un empire, \u00e0 une r\u00e9publique, \u00e0 une ville, \u00e0 une forteresse, \u00e0 une famille. Toutes ces choses sont visibles par nature et ne peuvent exister sans un chef qui commande et sans sujets qui ob\u00e9issent. Le chef invisible de l&rsquo;\u00c9glise est J\u00e9sus-Christ qui assiste les saints pasteurs depuis le ciel jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du monde : <em>ecce ego vobiscum sum usque ad consummationem s\u00e6culi. <\/em>Le chef visible \u00e9tait saint Pierre, puis ses successeurs, les pontifes.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Le Divin Sauveur a dit \u00e0 saint Pierre : \u00ab Tu es Pierre, et sur cette pierre, je b\u00e2tirai mon \u00c9glise, et les portes de l&rsquo;enfer ne pourront jamais la vaincre. Je te donnerai les cl\u00e9s du royaume des cieux : tout ce que tu lieras sur la terre sera li\u00e9 dans les cieux, et tout ce que tu d\u00e9lieras sur la terre sera d\u00e9li\u00e9 dans les cieux. Par ces paroles, le Sauveur constitue saint Pierre chef de son \u00c9glise et lui conf\u00e8re cette pl\u00e9nitude de pouvoir, en vertu de laquelle il peut \u00e9tablir tout ce qui contribue au bien spirituel et \u00e9ternel.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s sa r\u00e9surrection, J\u00e9sus-Christ confirma ce qu&rsquo;il avait dit \u00e0 saint Pierre. Apparaissant \u00e0 ses ap\u00f4tres sur les rives du lac de Tib\u00e9riade, il dit \u00e0 saint Pierre : \u00ab <em>Pais mes brebis, pais mes agneaux ; pasce oves meas, pasce agnos meos.<\/em> Il ressort clairement de l&rsquo;\u00c9criture Sainte que les agneaux d\u00e9signent ici tous les fid\u00e8les chr\u00e9tiens, et que les brebis sont les saints pasteurs, qui doivent d\u00e9pendre du Pasteur Supr\u00eame qu&rsquo;est Pierre, et apr\u00e8s lui, de ses successeurs.<\/p>\n<ol start=\"2\">\n<li>Afin que nous soyons assur\u00e9s que ce Pasteur supr\u00eame conservera toujours le d\u00e9p\u00f4t de la foi sans jamais tomber dans l&rsquo;erreur, J\u00e9sus-Christ dit \u00e0 saint Pierre : J&rsquo;ai pri\u00e9 pour toi, \u00f4 Pierre, afin que ta foi ne d\u00e9faille pas : <em>rogavi pro te, Petre, ut non deficiat fides tua, et tu aliquando conversus confirma fratres tuos. <\/em>C&rsquo;est pourquoi les autres ap\u00f4tres, apr\u00e8s l&rsquo;ascension du Sauveur, ont consid\u00e9r\u00e9 saint Pierre comme leur chef. D\u00e8s que le Sauveur est mont\u00e9 au ciel, il entreprend aussit\u00f4t le gouvernement de l&rsquo;\u00c9glise ; il propose l&rsquo;\u00e9lection d&rsquo;un ap\u00f4tre \u00e0 la place de Judas le tra\u00eetre ; il est le premier \u00e0 pr\u00eacher au peuple ; il est le premier \u00e0 faire des miracles en se rendant au temple ; il est le premier \u00e0 \u00eatre instruit par Dieu que non seulement les Juifs, mais aussi les pa\u00efens sont appel\u00e9s \u00e0 la foi. Des difficult\u00e9s surgissent dans l&rsquo;\u00c9glise ? Un concile se r\u00e9unit dans la ville de J\u00e9rusalem ; Pierre pose la question, l&rsquo;explique, la d\u00e9finit, et tous ob\u00e9issent \u00e0 Pierre comme \u00e0 J\u00e9sus-Christ lui-m\u00eame. C&rsquo;est ce qu&rsquo;ont fait les vrais catholiques de tous les temps, en tous lieux, dans toutes les questions religieuses : on a toujours fait appel au Souverain Pontife, et tous les chr\u00e9tiens se sont soumis \u00e0 lui comme \u00e0 saint Pierre, comme \u00e0 J\u00e9sus-Christ lui-m\u00eame.<\/li>\n<li>Voici, \u00f4 chr\u00e9tien, ce que je propose \u00e0 ta r\u00e9flexion. Un Dieu fait homme pour nous sauver ; avant de quitter le monde, il fonde une \u00c9glise et d\u00e9signe un Chef pour le remplacer sur la terre jusqu&rsquo;\u00e0 la fin des temps : <em>usque ad consummationem s\u00e6culi.<\/em> Reconnaissons dans le Pontife romain le P\u00e8re universel de tous les chr\u00e9tiens, le successeur de saint Pierre, le Vicaire de J\u00e9sus-Christ, celui qui remplace Dieu sur la terre, celui \u00e0 qui J\u00e9sus-Christ a dit : tout ce que tu lieras sur la terre sera li\u00e9 dans le ciel ; tout ce que tu d\u00e9lieras sur la terre sera \u00e9galement d\u00e9li\u00e9 dans le ciel. Mais rappelons-nous bien que nul ne peut professer la religion de J\u00e9sus-Christ s&rsquo;il n&rsquo;est pas catholique ; nul n&rsquo;est catholique s&rsquo;il n&rsquo;est pas uni au Pape.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemple<\/em><\/p>\n<p>Pour \u00e9loigner les catholiques de l&rsquo;\u00c9glise et du Souverain Pontife, les h\u00e9r\u00e9tiques ont toujours commenc\u00e9 par m\u00e9priser la d\u00e9votion \u00e0 la Bienheureuse Vierge, car Marie est la m\u00e8re mis\u00e9ricordieuse de tous ceux qui l&rsquo;invoquent. Nous avons m\u00eame de tr\u00e8s nombreux h\u00e9r\u00e9tiques convertis qui attribuent leur conversion \u00e0 leur d\u00e9votion \u00e0 Marie. Prenons l&rsquo;exemple du protestant Fr\u00e9d\u00e9ric Hurter, aujourd&rsquo;hui fervent catholique. Il \u00e9tait pr\u00e9sident du Consistoire protestant \u00e0 Schaffhouse, en Suisse, et \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;un des meilleurs pr\u00e9dicateurs et professeurs du calvinisme. Bien qu&rsquo;il f\u00fbt tr\u00e8s attach\u00e9 aux erreurs de sa secte, il regrettait beaucoup, comme il le confesse lui-m\u00eame, que le protestantisme, auquel il appartenait, refus\u00e2t tout culte \u00e0 la Tr\u00e8s Sainte Vierge. Ce fut le grain de s\u00e9nev\u00e9 qui produisit l&rsquo;arbre de la conversion de Hurter. D\u00e8s sa jeunesse, sans aucune connaissance particuli\u00e8re de la doctrine catholique concernant la M\u00e8re de Dieu, il se sentait p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 d&rsquo;une v\u00e9n\u00e9ration inexprimable pour Elle. Il trouvait en Elle l&rsquo;avocate des chr\u00e9tiens. Il se tournait vers elle du fond du c\u0153ur dans sa vie priv\u00e9e. Parfois, depuis sa chaire, il tentait d&rsquo;\u00e9veiller chez ses \u00e9l\u00e8ves des pens\u00e9es de v\u00e9n\u00e9ration envers la Sainte Vierge, et s&rsquo;effor\u00e7ait m\u00eame de faire conna\u00eetre les grandeurs de Celle qui est M\u00e8re de Dieu.<\/p>\n<p>Au fur et \u00e0 mesure que l&rsquo;affection pour Marie grandissait dans son c\u0153ur, Fr\u00e9d\u00e9ric commen\u00e7a \u00e0 avoir des doutes sur sa croyance. Le doute l&rsquo;incita \u00e0 examiner de plus pr\u00e8s la religion catholique, qui se r\u00e9v\u00e9lait chaque jour \u00e0 son c\u0153ur plus vraie, plus divine, voire la seule vraie religion. M\u00fb uniquement par le d\u00e9sir de conna\u00eetre la v\u00e9rit\u00e9, il d\u00e9missionna de ses fonctions de pr\u00e9sident du consistoire et se consacra avec le plus grand z\u00e8le \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude des dogmes catholiques. Il consacra quatre ans \u00e0 cette \u00e9tude et, pendant tout ce temps, il pria avec ferveur la Sainte Vierge de lui faire conna\u00eetre la v\u00e9rit\u00e9, intimement persuad\u00e9 d&rsquo;\u00eatre \u00e9loign\u00e9 de la v\u00e9rit\u00e9 tant qu&rsquo;il vivait dans le protestantisme. Le 29 f\u00e9vrier 1844, il partit pour Rome avec la ferme intention de se d\u00e9clarer fils fid\u00e8le, comme il l&rsquo;exprime lui-m\u00eame, de cette tendre m\u00e8re qu&rsquo;est l\u2019\u00c9glise catholique. Arriv\u00e9 dans la ville qui est le centre de l&rsquo;unit\u00e9, la capitale du monde chr\u00e9tien, il ne voulut plus retarder l&rsquo;ex\u00e9cution de son grand acte. Il renon\u00e7a aux honneurs, aux charges et aux salaires qu&rsquo;il avait parmi les protestants, fit fi des protestations de ses parents et amis, et, surmontant tout respect humain, il abjura ses erreurs, re\u00e7ut la sainte communion et la confirmation au mois de juin de cette ann\u00e9e 1844. Cet illustre homme de lettres attribue la gr\u00e2ce extraordinaire de sa conversion \u00e0 l&rsquo;intercession de la Bienheureuse Vierge.<\/p>\n<p>Que ce fait soit une source de r\u00e9confort pour tous les bons catholiques afin qu&rsquo;ils restent \u00e9troitement unis et ob\u00e9issants au chef de notre sainte religion, qui est si particuli\u00e8rement prot\u00e9g\u00e9e par la M\u00e8re de Dieu, la tr\u00e8s sainte Vierge.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>Ne me s\u00e9pare jamais<\/p>\n<p>Par un triste accident<\/p>\n<p>Du grand Vicaire<\/p>\n<p>De J\u00e9sus-Christ.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc204271377\"><\/a><a name=\"_Toc204271817\"><\/a><a name=\"_Toc206319769\"><\/a><strong>Sixi\u00e8me jour. Les pasteurs de l&rsquo;\u00c9glise<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus in adiutorium etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>L\u2019\u00c9glise est une congr\u00e9gation de fid\u00e8les chr\u00e9tiens r\u00e9pandus dans le monde entier, qui, \u00e0 l&rsquo;instar d&rsquo;un grand troupeau, sont gouvern\u00e9s par un pasteur supr\u00eame qui est le Pontife Romain. Mais si chaque chr\u00e9tien devait avoir une relation directe avec le Vicaire de J\u00e9sus-Christ, il lui serait difficile de lui faire parvenir ses paroles et de lui communiquer ses pens\u00e9es. Mais Dieu a pens\u00e9 et pourvu \u00e0 tous les besoins de notre \u00e2me. \u00c9coutez, c&rsquo;est l&rsquo;un des plus beaux traits du catholicisme. Dieu a \u00e9tabli saint Pierre chef de l&rsquo;\u00c9glise, et apr\u00e8s sa mort, les papes de Rome lui ont succ\u00e9d\u00e9 dans le gouvernement de celle-ci, et ils se sont succ\u00e9d\u00e9 de telle mani\u00e8re que, depuis le pape Pie IX, nous avons une s\u00e9rie ininterrompue jusqu&rsquo;\u00e0 saint Pierre, et depuis saint Pierre, nous avons une s\u00e9rie de papes qui se sont succ\u00e9d\u00e9 les uns aux autres et qui ont conserv\u00e9 intacte jusqu&rsquo;\u00e0 nous la Sainte Religion de J\u00e9sus-Christ.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Les ap\u00f4tres ont ensuite exerc\u00e9 leur apostolat en accord et en d\u00e9pendance avec saint Pierre. Aux ap\u00f4tres ont succ\u00e9d\u00e9 d&rsquo;autres \u00e9v\u00eaques qui, toujours en accord et toujours d\u00e9pendants du successeur de saint Pierre, ont gouvern\u00e9 les diff\u00e9rents dioc\u00e8ses de la chr\u00e9tient\u00e9. Les \u00e9v\u00eaques recueillent les supplications, entendent les besoins des peuples et les font parvenir jusqu&rsquo;\u00e0 la personne du Souverain Hi\u00e9rarque de l&rsquo;\u00c9glise. Le Pape, selon les besoins, communique ses ordres aux \u00e9v\u00eaques du monde entier, qui les transmettent ensuite aux simples fid\u00e8les chr\u00e9tiens.<\/p>\n<p>Outre les ap\u00f4tres, J\u00e9sus-Christ a \u00e9tabli soixante-douze disciples, qu&rsquo;il a envoy\u00e9s dans divers pays pour pr\u00eacher l&rsquo;\u00c9vangile. Les ap\u00f4tres ont \u00e9galement ordonn\u00e9 sept diacres et d&rsquo;autres ministres pour les aider dans la pr\u00e9dication de l&rsquo;\u00c9vangile et dans l&rsquo;administration des sacrements. Ainsi, parmi nous, outre le Pape et les \u00e9v\u00eaques, il y a d&rsquo;autres ministres sacr\u00e9s, en particulier les cur\u00e9s, qui, \u00e9troitement unis et en accord avec les \u00e9v\u00eaques, les aident dans la pr\u00e9dication et l&rsquo;administration des sacrements, les aident \u00e0 maintenir l&rsquo;unit\u00e9 de la foi et surtout \u00e0 conserver une relation \u00e9troite avec le chef de la religion, ce qui est indispensable pour toujours \u00e9loigner l&rsquo;erreur des v\u00e9rit\u00e9s de la foi.<\/p>\n<ol start=\"2\">\n<li>Nous pouvons donc dire que nos cur\u00e9s nous unissent aux \u00e9v\u00eaques, les \u00e9v\u00eaques au pape, et le pape nous unit \u00e0 Dieu. De plus, les pasteurs qui gouvernent les \u00c9glises particuli\u00e8res succ\u00e8dent r\u00e9guli\u00e8rement les uns aux autres, toujours en d\u00e9pendance du Pape, enseignant toujours la m\u00eame doctrine, administrant les m\u00eames sacrements. Il s&rsquo;ensuit avec certitude que les ministres de l&rsquo;\u00c9glise catholique, en tout temps et en tout lieu, ont toujours pratiqu\u00e9 la m\u00eame foi, la m\u00eame loi, les m\u00eames sacrements, tels qu&rsquo;ils ont \u00e9t\u00e9 pr\u00each\u00e9s par les Ap\u00f4tres et institu\u00e9s par notre Seigneur J\u00e9sus-Christ.<\/li>\n<li>Soyons donc dociles \u00e0 la voix des ministres sacr\u00e9s, comme les brebis doivent l&rsquo;\u00eatre \u00e0 la voix de leur berger. Dieu nous les a donn\u00e9s pour ma\u00eetres dans la science de la religion ; allons donc vers eux pour l&rsquo;apprendre, et non vers les ma\u00eetres du monde. Dieu nous les a donn\u00e9s pour nous guider sur le chemin du ciel, suivons-les dans leurs enseignements. Dieu a dit \u00e0 ses ministres : <em>qui <\/em><em>vous \u00e9coute, m&rsquo;\u00e9coute ; qui vous m\u00e9prise, me m\u00e9prise<\/em>. Allons donc volontiers les \u00e9couter dans leurs sermons, leurs instructions, leurs cat\u00e9chismes, leurs explications de l&rsquo;\u00c9vangile. Suivons-les dans les conseils qu&rsquo;ils nous donnent lorsque nous nous approchons des sacrements, ou lorsqu&rsquo;ils nous instruisent pour les recevoir dignement ; \u00e9coutons leurs voix comme si elles venaient de J\u00e9sus-Christ lui-m\u00eame.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemple<\/em><\/p>\n<p>Ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 saint Romain lorsqu&rsquo;il \u00e9tait conduit au martyre peut nous donner la r\u00e9ponse lorsque nous sommes interrog\u00e9s sur les raisons de notre croyance. Ce saint, cruellement tourment\u00e9 par un pr\u00e9fet nomm\u00e9 Ascl\u00e9piade, voyant la duret\u00e9 du tyran, voulut l&rsquo;attendrir par un miracle. Se tournant vers lui, il lui dit : \u00ab Si tu ne me crois pas, interroge cet enfant que tu vois dans les bras de sa m\u00e8re, et tu entendras de sa bouche innocente la confirmation de ce que je t&rsquo;ai dit et te dis au sujet de ma religion. Le pr\u00e9fet regarda l&rsquo;enfant et, persuad\u00e9 que son \u00e2ge l&#8217;emp\u00eachait d&rsquo;articuler un mot, lui dit en plaisantant : \u00ab Peux-tu me dire qui est le Christ que les chr\u00e9tiens adorent ? \u00bb Alors l&rsquo;enfant \u00e9leva franchement la voix et cria fort : J\u00e9sus-Christ, ador\u00e9 par les chr\u00e9tiens, est le vrai Dieu. Qui t&rsquo;a dit cela ? reprit Ascl\u00e9piade. L&rsquo;autre r\u00e9pondit : Ma m\u00e8re me l&rsquo;a dit, c&rsquo;est-\u00e0-dire l\u2019\u00c9glise. Et qui l&rsquo;a dit \u00e0 ta m\u00e8re ? demanda le pr\u00e9fet, \u00e9tonn\u00e9. Dieu l&rsquo;a dit \u00e0 ma m\u00e8re : <em>mihi mater, matri Deus.<\/em> C&rsquo;est ainsi que les chr\u00e9tiens devraient r\u00e9pondre s&rsquo;ils \u00e9taient interrog\u00e9s sur la v\u00e9rit\u00e9 de la foi. Qui a dit que J\u00e9sus-Christ est le fils de Dieu, qu&rsquo;il est mort pour nous sauver, qu&rsquo;il nous jugera tous ensemble \u00e0 la fin du monde ? Qui l&rsquo;a dit ? Les ministres sacr\u00e9s l&rsquo;ont dit, qui l&rsquo;ont appris de notre m\u00e8re qui est l\u2019\u00c9glise ; l\u2019\u00c9glise l&rsquo;a appris de Dieu lui-m\u00eame. <em>Mihi mater matri Deus. <\/em>(<em>Boll. in s. Romano)<\/em>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>Faites que j&rsquo;\u00e9coute,<\/p>\n<p>\u00d4 mon Seigneur,<\/p>\n<p>Les voix providentielles<\/p>\n<p>De mon pasteur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Que je lui confie<\/p>\n<p>Mon \u00e2me toute,<\/p>\n<p>Afin qu\u2019en s\u00e9curit\u00e9,<\/p>\n<p>Il me guide au ciel.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re<\/em>. Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc228443963\"><\/a><a name=\"_Toc204271378\"><\/a><a name=\"_Toc204271818\"><\/a><a name=\"_Toc206319770\"><\/a><strong>Septi\u00e8me jour. <\/strong><strong>Foi<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus in adiutorium etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Notre religion est surnaturelle et divine, c&rsquo;est pourquoi on y trouve certaines v\u00e9rit\u00e9s si sublimes que l&rsquo;homme, dans la vie pr\u00e9sente, apr\u00e8s de nombreux efforts, peut \u00e0 peine en comprendre une infime partie. Cela ne doit pas nous \u00e9tonner, car dans les objets temporels qui s&rsquo;offrent \u00e0 nos yeux, comme les herbes, les plantes, l&rsquo;eau, le feu, la structure du corps humain, nous voyons beaucoup de choses dont nous connaissons l&rsquo;existence, mais dont nous ne comprenons que tr\u00e8s imparfaitement les qualit\u00e9s. Si donc nous sommes oblig\u00e9s d&rsquo;admettre des secrets dans les choses temporelles, nous devons \u00e0 plus forte raison les admettre dans les choses spirituelles. Ces v\u00e9rit\u00e9s dans les choses de la religion sont appel\u00e9es myst\u00e8res. L&rsquo;acte par lequel nous plions notre volont\u00e9 \u00e0 croire s&rsquo;appelle la foi. Sans la foi, il est impossible de plaire \u00e0 Dieu, dit saint Paul. La foi est la substance des choses que nous devons esp\u00e9rer de Dieu. La foi est la base et le fondement de toute notre justification, dit l\u2019\u00c9glise au nom de Dieu.<\/li>\n<li>Cette foi ne repose pas sur l&rsquo;autorit\u00e9 des hommes qui peuvent se tromper, mais elle repose enti\u00e8rement sur la parole de Dieu, qui est \u00e9ternelle, immuable et qui ne peut jamais changer en quoi que ce soit. C&rsquo;est pourquoi, par la foi, nous croyons que Dieu a cr\u00e9\u00e9 le ciel et la terre et toutes les choses qui sont dans le ciel et sur la terre ; nous croyons que par le p\u00e9ch\u00e9 originel, toute l&rsquo;humanit\u00e9 s&rsquo;est rendue indigne du paradis et m\u00e9ritait l&rsquo;enfer ; que Dieu a promis un Sauveur, qui est venu, et qui est J\u00e9sus-Christ, vrai Dieu et vrai homme ; qu&rsquo;il s&rsquo;est fait homme pour sauver notre \u00e2me, et qu&rsquo;il est mort pour nous sur la croix. Il est \u00e9galement vrai que nous croyons qu&rsquo;il n&rsquo;y a qu&rsquo;un seul Dieu en trois personnes r\u00e9ellement distinctes, qu&rsquo;il n&rsquo;y a qu&rsquo;un seul bapt\u00eame, une seule \u00c9glise v\u00e9ritable, qui est l&rsquo;\u00c9glise catholique ; que nul ne peut se sauver en dehors de cette \u00c9glise ; que le chef de cette \u00c9glise est le Pontife romain, auquel nous devons ob\u00e9ir comme \u00e0 J\u00e9sus-Christ, dont il tient la place ; que les sacrements institu\u00e9s par notre Seigneur J\u00e9sus-Christ sont sept, ni plus ni moins. C&rsquo;est une v\u00e9rit\u00e9 de foi qu&rsquo;il y a un Dieu qui r\u00e9compense les bons par le Paradis et punit les m\u00e9chants par l&rsquo;enfer ; que nous avons une \u00e2me simple et immortelle ; qu&rsquo;un seul p\u00e9ch\u00e9 mortel peut nous perdre pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Telles sont les principales v\u00e9rit\u00e9s que notre religion nous propose de croire. Mais ne nous affligeons pas si nous ne comprenons pas ces v\u00e9rit\u00e9s ; nous devons au contraire nous r\u00e9jouir, car c&rsquo;est le signe que Dieu nous r\u00e9serve de grandes choses dans l&rsquo;autre vie, des choses que, comme le dit saint Paul, l&rsquo;oreille n&rsquo;a jamais entendues, l&rsquo;\u0153il n&rsquo;a jamais vues, la langue ne peut exprimer, et le c\u0153ur de l&rsquo;homme ne peut imaginer. Nous ne comprenons pas ces choses dans la vie pr\u00e9sente. Mais Dieu nous assure qu&rsquo;elles nous sont pr\u00e9par\u00e9es dans l&rsquo;autre vie. Prenons donc courage, nous comprendrons tout dans la b\u00e9atitude \u00e9ternelle si, par la mis\u00e9ricorde de Dieu, nous sommes sauv\u00e9s. Alors nous comprendrons ce qui nous semble ici-bas un myst\u00e8re, alors nous verrons Dieu tel qu&rsquo;il est en lui-m\u00eame : <em>tunc videbimus sicuti est, <\/em>dit saint Paul.<\/li>\n<li>Je dois cependant t&rsquo;avertir, \u00f4 chr\u00e9tien, que notre foi doit poss\u00e9der certaines qualit\u00e9s, sans lesquelles elle ne sert \u00e0 rien pour nous sauver. Notre foi doit \u00eatre enti\u00e8re, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;elle doit embrasser tous les articles de notre religion. Toutes les v\u00e9rit\u00e9s de la foi sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es par Dieu ; par cons\u00e9quent, celui qui refuse de croire un seul article de la foi, refuse de croire en Dieu lui-m\u00eame. Ainsi, celui qui dit aimer son prochain tout en pronon\u00e7ant le nom de Dieu en vain, celui qui honore ses parents tout en prenant le bien d&rsquo;autrui ou en se livrant \u00e0 la malhonn\u00eatet\u00e9, au m\u00e9pris des sacrements et du Vicaire de J\u00e9sus-Christ, celui-l\u00e0, je le dis, transgresse un article de la foi qui le rend coupable de tous les autres. Les articles de la foi sont tous li\u00e9s entre eux et forment une cha\u00eene qui relie la raison \u00e0 la r\u00e9v\u00e9lation, et constituent un escalier par lequel l&rsquo;homme monte jusqu&rsquo;\u00e0 Dieu. Mais si un maillon de la cha\u00eene est bris\u00e9, ou si une marche de cette \u00e9chelle mystique est cass\u00e9e, toute notre relation avec Dieu est rompue. \u00c0 quoi te sert-il de croire \u00e0 l&rsquo;\u00c9glise, au Vicaire de J\u00e9sus-Christ, si ensuite tu m\u00e9prises ses enseignements, si tu parles mal du Souverain Pontife ? Soyons clairs : ou tous les articles de notre foi ou aucun, car en nier un seul, c&rsquo;est les nier tous.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Pour que la foi soit vraiment enti\u00e8re, elle doit \u00eatre active, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;elle doit \u00eatre accompagn\u00e9e de bonnes \u0153uvres. J\u00e9sus-Christ le dit clairement dans l&rsquo;\u00c9vangile : ce ne sont pas tous, dit-il, ceux qui disent : Seigneur, Seigneur, qui entreront dans le royaume des cieux, mais ceux qui font la volont\u00e9 de mon P\u00e8re c\u00e9leste (Mt 7). \u00c0 quoi cela servira-t-il, dit saint Jacques, \u00e0 quoi cela servira-t-il, mes fr\u00e8res, si l&rsquo;un de vous dit avoir la foi sans les \u0153uvres ? De m\u00eame qu&rsquo;un corps sans \u00e2me est mort, de m\u00eame la foi sans les \u0153uvres est une foi morte. \u00d4 chr\u00e9tien, veux-tu savoir si ta foi est vivante ou morte ? Lis attentivement, et tu le sauras. Celui qui croit qu&rsquo;un seul p\u00e9ch\u00e9 mortel suffit pour nous envoyer en enfer, et qui le commet avec indiff\u00e9rence, a une foi morte. Celui qui croit que nous devons aimer Dieu par-dessus tout, et qui aime les cr\u00e9atures, aime les plaisirs du monde, et s&rsquo;occupe uniquement d&rsquo;agrandir et d&rsquo;enrichir sa famille, <em>a<\/em> <em>une foi morte. <\/em>Celui qui sait que les avares n&rsquo;h\u00e9riteront pas du royaume des cieux, mais qui voit le pauvre d\u00e9vor\u00e9 par la faim, tremblant de froid, et qui ne s&rsquo;\u00e9meut pas et ne lui porte aucun secours, a une foi morte<em>.<\/em> <em>Fides sine operibus mortua est.<\/em><\/p>\n<p>Prions la Sainte Vierge de nous garder fermes dans la foi et d&rsquo;obtenir de son Divin Fils la gr\u00e2ce et la force d&rsquo;\u00eatre constants dans la pratique de notre sainte religion jusqu&rsquo;\u00e0 notre dernier souffle.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemple<\/em><\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a pas de foi plus vivante et plus active que celle des martyrs. L&rsquo;histoire de l\u2019\u00c9glise compte plus de seize millions de ces h\u00e9ros glorieux qui peuvent nous servir d&rsquo;exemple. Nous choisissons de pr\u00e9f\u00e9rence un fait r\u00e9cent, le martyre du missionnaire Marchand de Besan\u00e7on. En 1835, il pr\u00eachait l&rsquo;\u00c9vangile en Chine, pays tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9 de nous, lorsqu&rsquo;il fut emprisonn\u00e9 pour \u00eatre chr\u00e9tien. Apr\u00e8s cinq ans de captivit\u00e9, on l\u2019en sortit et on le mit dans une cage de fer. Conduit devant le roi, celui-ci lui demanda : \u00ab Es-tu, toi aussi, partisan des rebelles ? \u00bb \u00ab Non, r\u00e9pondit-il, je n&rsquo;ai particip\u00e9 \u00e0 aucune r\u00e9bellion. \u00bb Cependant, le roi, se fondant sur les accusations port\u00e9es par les mandarins, le soumit \u00e0 la douloureuse torture des tenailles. Aussit\u00f4t, les bourreaux firent chauffer des tenailles en fer et, avec celles-ci, lui arrach\u00e8rent la chair des cuisses, morceau par morceau. Le courageux missionnaire offrit son corps au Dieu qui le lui avait donn\u00e9, lui recommanda son \u00e2me et, les yeux tourn\u00e9s vers le ciel, sentit son c\u0153ur se remplir de joie, car il \u00e9tait digne de souffrir pour J\u00e9sus-Christ. Le roi, indign\u00e9 par l&rsquo;h\u00e9ro\u00efque patience du confesseur de la foi, le condamne \u00e0 une mort impitoyable. Les mandarins, c&rsquo;est-\u00e0-dire les bourreaux, \u00e9loignent quelque peu Marchand du palais du roi ; puis, le tirant hors de la cage, ils le d\u00e9pouillent presque nu et commencent \u00e0 le tourmenter. Avec cinq tenailles enflamm\u00e9es, ils lui serrent d&rsquo;un coup la chair des cuisses et des jambes. Une fum\u00e9e et une odeur naus\u00e9abonde s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent ; les spectateurs tremblent et le saint martyr, ferme dans sa foi en J\u00e9sus-Christ, l\u00e8ve les yeux vers le ciel et dit seulement : \u00ab Ah, mon P\u00e8re, \u00f4 mon Dieu&#8230; \u00bb. Pendant qu\u2019on recommence ces atroces tourments, un mandarin lui pose la question suivante : \u00ab Pourquoi, dans la religion chr\u00e9tienne, arrache-t-on les yeux des mourants ? \u00bb. Il faisait allusion \u00e0 l&rsquo;administration de l&rsquo;huile sainte. Le missionnaire rassemble ses forces et r\u00e9pond : \u00ab Ce n&rsquo;est pas vrai : rien de tel que je sache n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 fait par les chr\u00e9tiens. \u00bb Ses paroles sont interrompues par de nouveaux tourments, puis le mandarin l&rsquo;interroge \u00e0 nouveau ainsi : \u00ab Pourquoi les \u00e9poux se pr\u00e9sentent-ils devant le pr\u00eatre pr\u00e8s de l&rsquo;autel ? \u00bb \u00ab Les \u00e9poux, r\u00e9pond le missionnaire, viennent faire conna\u00eetre leur union au pr\u00eatre et implorer les b\u00e9n\u00e9dictions c\u00e9lestes. \u00bb Les tourments des tenailles se renouvellent, puis le mandarin reprend : \u00ab Quel pain enchant\u00e9 donne-t-on \u00e0 ceux qui se confessent, pour qu&rsquo;ils deviennent ensuite si attach\u00e9s \u00e0 la religion ? \u00bb Le missionnaire \u00e0 demi mort r\u00e9pond : \u00ab Ce n&rsquo;est pas du pain qu&rsquo;on leur donne, c&rsquo;est le corps de notre Seigneur J\u00e9sus-Christ devenu la nourriture de l&rsquo;\u00e2me. Alors, en guise de punition pour les paroles qu&rsquo;il avait prononc\u00e9es, on lui mit un b\u00e2illon dans la bouche et, accompagn\u00e9 d&rsquo;une centaine de soldats et d&rsquo;une foule immense, il fut conduit \u00e0 un mille de l\u00e0. L\u00e0, le missionnaire fut d\u00e9pos\u00e9 au pied d&rsquo;un gibet en forme de croix. Aussit\u00f4t, les bourreaux saisirent le patient, le mirent debout et lui li\u00e8rent les bras en forme de croix. Deux bourreaux se tiennent \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, un couteau \u00e0 la main. On entend un son fun\u00e8bre de tambour, et quand il cesse, ils saisissent les seins du condamn\u00e9, les coupent d&rsquo;un seul coup et jettent ces morceaux \u00e0 terre. Tandis que ces tourments se renouvellent, la victime tourne son regard vers le ciel pour la derni\u00e8re fois, puis, remettant son \u00e2me entre les mains de J\u00e9sus crucifi\u00e9, presque en lambeaux, il baisse la t\u00eate, rend son dernier souffle et son \u00e2me s&rsquo;envole vers Dieu. Alors son corps est mis en pi\u00e8ces.<\/p>\n<p>Va au ciel, heureux ministre de J\u00e9sus-Christ, et tandis que nous admirons ton triomphe, implore-nous du ciel la gr\u00e2ce et la force de suivre ton exemple ; et que, si nous n&rsquo;avons pas la glorieuse destin\u00e9e de donner notre vie pour la foi, nous vivions au moins comme de fervents chr\u00e9tiens jusqu&rsquo;\u00e0 la mort. (<em>Annales de la propagation de la foi. <\/em>n\u00b0 53).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>Que Dieu glorieux<\/p>\n<p>Qui voit tout<\/p>\n<p>Me rende ferme<\/p>\n<p>Dans ma foi.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc204271379\"><\/a><a name=\"_Toc204271819\"><\/a><a name=\"_Toc206319771\"><\/a><strong>Huiti\u00e8me jour. Les sacrements<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus in adiutorium etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Plus nous consid\u00e9rons notre sainte religion catholique, plus nous apprenons sa beaut\u00e9, sa grandeur, et plus se manifestent la bont\u00e9, la sagesse et la mis\u00e9ricorde de Dieu, qui en est le fondateur. Cela appara\u00eet de mani\u00e8re lumineuse dans les saints sacrements. C&rsquo;est une v\u00e9rit\u00e9 de foi que ces sacrements sont au nombre de sept, ni plus, ni moins ; ils ont tous \u00e9t\u00e9 institu\u00e9s par notre Seigneur J\u00e9sus-Christ pendant qu&rsquo;il \u00e9tait dans ce monde. Ces sacrements sont : le bapt\u00eame, la confirmation, l&rsquo;Eucharistie, la p\u00e9nitence, l&rsquo;extr\u00eame-onction, l&rsquo;ordre et le mariage. Ces sacrements sont autant de signes sensibles \u00e9tablis par Dieu pour donner \u00e0 nos \u00e2mes les gr\u00e2ces n\u00e9cessaires \u00e0 notre salut, ce qui revient \u00e0 dire que les sept sacrements sont comme sept canaux par lesquels les faveurs c\u00e9lestes sont communiqu\u00e9es par la divinit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9.<\/li>\n<li>Par le bapt\u00eame, nous sommes accueillis dans le sein de la Sainte M\u00e8re \u00c9glise, nous cessons d&rsquo;\u00eatre esclaves du d\u00e9mon, nous devenons enfants de Dieu et donc h\u00e9ritiers du Paradis.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Dans la confirmation, nous recevons la pl\u00e9nitude des dons du Saint-Esprit et devenons des chr\u00e9tiens parfaits.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;Eucharistie, J\u00e9sus-Christ nous donne son corps, son sang, son \u00e2me et sa divinit\u00e9 sous les esp\u00e8ces du pain et du vin consacr\u00e9s.<\/p>\n<p>C&rsquo;est l\u00e0 le plus grand prodige de la puissance divine. Par un acte d&rsquo;amour infini envers nous, Dieu a trouv\u00e9 le moyen de donner \u00e0 nos \u00e2mes une nourriture proportionn\u00e9e et spirituelle, c&rsquo;est-\u00e0-dire en nous donnant sa propre divinit\u00e9.<\/p>\n<p>Dans la p\u00e9nitence, nous sommes remis des p\u00e9ch\u00e9s commis apr\u00e8s le bapt\u00eame.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;extr\u00eame-onction, ou huile sainte, Dieu vient au secours des malades et, par l&rsquo;onction sacr\u00e9e, nous communique les gr\u00e2ces n\u00e9cessaires pour effacer de notre \u00e2me les p\u00e9ch\u00e9s avec leurs restes, pour nous donner la force de supporter patiemment le mal, de bien mourir si Dieu a d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 de nous appeler \u00e0 l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9, et aussi pour nous rendre la sant\u00e9 corporelle si cela est utile \u00e0 la sant\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me.<\/p>\n<p>Dans le sacrement de l&rsquo;Ordre, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans la sainte ordination, Dieu communique aux ministres sacr\u00e9s les gr\u00e2ces n\u00e9cessaires pour acqu\u00e9rir le haut degr\u00e9 de saintet\u00e9 qui leur est n\u00e9cessaire, et aussi pour pouvoir guider et instruire les fid\u00e8les chr\u00e9tiens dans les v\u00e9rit\u00e9s de la foi, dans la fuite du vice et dans la pratique de la vertu.<\/p>\n<p>Enfin, le mariage est le sacrement qui donne aux \u00e9poux la gr\u00e2ce de vivre entre eux dans la paix et la charit\u00e9 et d&rsquo;\u00e9lever chr\u00e9tiennement leurs enfants que Dieu, dans son infinie sagesse, juge bon de leur accorder.<\/p>\n<ol start=\"3\">\n<li>Voil\u00e0 en bref, \u00f4 chr\u00e9tien, les grands moyens que J\u00e9sus-Christ a institu\u00e9s pour notre salut. Il nous a procur\u00e9 de grands bienfaits par son incarnation, mais tous ces bienfaits sont communiqu\u00e9s par ses saints sacrements. Si tu ne te soucies pas de profiter de ces moyens de salut selon l&rsquo;\u00e9tat o\u00f9 tu te trouves, tu ne peux pas participer au grand myst\u00e8re de la R\u00e9demption, et tu ne pourras donc pas sauver ton \u00e2me. Arr\u00eate-toi quelques instants pour consid\u00e9rer comment tu as r\u00e9pondu \u00e0 ces grands signes de l&rsquo;amour divin ; et si tu trouves que ta conscience te reproche quelque p\u00e9ch\u00e9, efforce-toi d&rsquo;y rem\u00e9dier le plus vite possible, en particulier en te pr\u00e9parant \u00e0 faire une bonne confession et une bonne communion.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemple<\/em><\/p>\n<p>Dans la vie des saints P\u00e8res, nous lisons un fait qui montre combien la pi\u00e9t\u00e9 est utile \u00e0 nos int\u00e9r\u00eats spirituels et temporels. Il y avait dans la ville d&rsquo;Alexandrie d&rsquo;\u00c9gypte deux cordonniers ; l&rsquo;un avait une famille nombreuse, mais tout en s&rsquo;occupant de la faire vivre, il \u00e9tait tr\u00e8s soucieux des choses de l&rsquo;\u00e2me, suivant le conseil du Christ qui a dit : \u00ab Cherchez d&rsquo;abord le royaume de Dieu et sa justice, et Dieu pourvoira au reste \u00bb. Il fr\u00e9quentait beaucoup l&rsquo;\u00e9glise, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il venait volontiers \u00e9couter la parole de Dieu, se confessait et communiait fr\u00e9quemment et pratiquait les autres exercices de pi\u00e9t\u00e9 chr\u00e9tienne ; cependant, Dieu semblait vouloir multiplier ses biens temporels. L&rsquo;autre faisait le contraire, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il se souciait des gains temporels sans se soucier d&rsquo;aller \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise et de penser \u00e0 son \u00e2me. C&rsquo;est pourquoi ses affaires allaient de mal en pis, et bien qu&rsquo;il f\u00fbt seul, sans famille, et qu&rsquo;il travaill\u00e2t plus que son compagnon, il avait n\u00e9anmoins du mal \u00e0 gagner sa vie. Voyant son voisin qui, avec moins de peine, subvenait \u00e0 ses besoins et \u00e0 ceux de sa famille, il commen\u00e7a \u00e0 s&rsquo;\u00e9tonner et \u00e0 lui porter envie. Un jour, il ne put s&#8217;emp\u00eacher de lui dire : \u00ab Comment vont les affaires ? Je travaille plus dur que toi et je ne gagne pas de quoi me nourrir, tandis que toi, qui travailles moins, tu subviens \u00e0 tes besoins et \u00e0 ceux de ta famille ?\u00a0\u00bb \u00c0 cette question, voulant tromper saintement son compagnon et l&rsquo;amener \u00e0 fr\u00e9quenter l\u2019\u00c9glise, il r\u00e9pondit ainsi : \u00ab Sache, mon fr\u00e8re, que je vais dans un certain endroit o\u00f9 je trouve de l&rsquo;argent, gr\u00e2ce auquel je suis devenu riche ; si tu veux venir avec moi, je t&rsquo;appellerai tous les jours, et ce que nous trouverons sera pour moiti\u00e9 \u00e0 moi et pour moiti\u00e9 \u00e0 toi.\u00a0\u00bb Volontiers, r\u00e9pondit l&rsquo;autre ; et il se mit \u00e0 l&rsquo;accompagner, et chaque jour, il l&#8217;emmenait avec lui \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise. Comme Dieu le voulut, en peu de temps, il devint riche et ais\u00e9. Alors son compagnon lui dit : \u00ab Tu vois, mon fr\u00e8re, combien il t&rsquo;a \u00e9t\u00e9 profitable de fr\u00e9quenter l\u2019\u00c9glise ! Sache que c&rsquo;est l\u00e0 que se trouve la gr\u00e2ce de Dieu, qui est le plus grand tr\u00e9sor du monde ; et comme tu l&rsquo;as toi-m\u00eame exp\u00e9riment\u00e9, Dieu prend soin de ceux qui prennent soin de lui. Continue donc comme tu as commenc\u00e9, fr\u00e9quente l\u2019\u00c9glise, et Dieu ne te d\u00e9cevra pas.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Chr\u00e9tiens, nombreux sont ceux qui veulent faire fortune par le p\u00e9ch\u00e9, alors qu&rsquo;ils vivent ennemis de Dieu, ne fr\u00e9quentent pas les \u00e9glises, ne prient pas, ne s&rsquo;approchent pas des sacrements, ne sanctifient pas les f\u00eates, et pourtant ils voudraient que Dieu leur accorde la prosp\u00e9rit\u00e9 et le bonheur. Insens\u00e9s ! Ne savent-ils pas que c&rsquo;est le p\u00e9ch\u00e9 qui rend les peuples mis\u00e9rables et malheureux ? <em>Miseros facit populos peccatum <\/em>(Prov, chap. 14).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>Seigneur J\u00e9sus,<\/p>\n<p>Qui nous as rachet\u00e9s,<\/p>\n<p>Que les sacrements<\/p>\n<p>Me conduisent au ciel.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Et toi, Vierge Marie,<\/p>\n<p>M\u00e8re d&rsquo;amour,<\/p>\n<p>Allume dans mon c\u0153ur<\/p>\n<p>L&rsquo;ardeur de la foi.<\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc204271380\"><\/a><a name=\"_Toc204271820\"><\/a><a name=\"_Toc206319772\"><\/a><strong>Neuvi\u00e8me jour. Dignit\u00e9 du chr\u00e9tien<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus in adiutorium etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Par dignit\u00e9 chr\u00e9tienne, je n&rsquo;entends pas les biens corporels, ni m\u00eame les pr\u00e9cieuses qualit\u00e9s de l&rsquo;\u00e2me cr\u00e9\u00e9e \u00e0 l&rsquo;image et \u00e0 la ressemblance du Cr\u00e9ateur lui-m\u00eame ; je veux seulement parler de ta dignit\u00e9, \u00f4 homme, en tant que tu as \u00e9t\u00e9 fait chr\u00e9tien par le saint bapt\u00eame et re\u00e7u dans le sein de la Sainte M\u00e8re \u00c9glise. Avant d&rsquo;\u00eatre r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 dans les eaux du bapt\u00eame, tu \u00e9tais esclave du d\u00e9mon, ennemi de Dieu et exclu \u00e0 jamais du Paradis. Mais au moment m\u00eame o\u00f9 cet auguste sacrement t&rsquo;a ouvert la porte de la v\u00e9ritable \u00c9glise, les cha\u00eenes qui te liaient \u00e0 l&rsquo;ennemi de ton \u00e2me ont \u00e9t\u00e9 bris\u00e9es ; l&rsquo;enfer s&rsquo;est ferm\u00e9 devant toi et le Paradis s&rsquo;est ouvert. En m\u00eame temps, tu es devenu l&rsquo;objet d&rsquo;un amour pr\u00e9f\u00e9rentiel de la part de Dieu ; les vertus de foi, d\u2019esp\u00e9rance et de charit\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 infus\u00e9es en toi. Devenu ainsi chr\u00e9tien, tu as pu lever les yeux vers le ciel et dire : Dieu, cr\u00e9ateur du ciel et de la terre, est aussi mon Dieu. Il est mon p\u00e8re, il m&rsquo;aime et il m&rsquo;ordonne de l&rsquo;appeler ainsi.<\/li>\n<\/ol>\n<p><em>Notre P\u00e8re qui es aux cieux.<\/em> J\u00e9sus Sauveur m&rsquo;appelle son fr\u00e8re, et comme fr\u00e8re, j&rsquo;appartiens \u00e0 Lui, \u00e0 ses m\u00e9rites, \u00e0 sa passion, \u00e0 sa mort, \u00e0 sa gloire, \u00e0 sa dignit\u00e9.<\/p>\n<p>Les sacrements institu\u00e9s par ce Sauveur aimant ont \u00e9t\u00e9 institu\u00e9s pour moi. Le paradis que mon J\u00e9sus a ouvert par sa mort, il l&rsquo;a ouvert pour moi et le pr\u00e9pare pour moi. Afin que j&rsquo;aie quelqu&rsquo;un qui pense pour moi, Dieu a voulu me donner Dieu pour p\u00e8re, l\u2019\u00c9glise pour m\u00e8re, la parole de Dieu pour guide.<\/p>\n<p>Connais donc, \u00f4 chr\u00e9tien, ta grande dignit\u00e9. <em>Agnosce, christiane, dignitatem tuam. <\/em>Mais tandis que je t&rsquo;invite \u00e0 te r\u00e9jouir dans ton c\u0153ur du grand bienfait qui t&rsquo;a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9 en devenant chr\u00e9tien, je te prie de penser \u00e0 tous ces hommes qui ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9s par le sang pr\u00e9cieux de J\u00e9sus-Christ, mais qui vivent plong\u00e9s dans l&rsquo;idol\u00e2trie ou l&rsquo;h\u00e9r\u00e9sie, et donc hors du chemin du salut. Beaucoup d&rsquo;entre eux b\u00e9niront \u00e0 chaque instant le Cr\u00e9ateur s&rsquo;ils pouvaient avoir les gr\u00e2ces, les faveurs et les b\u00e9n\u00e9dictions dont tu jouis. Mais \u00e0 la grande bont\u00e9 dont Dieu a fait preuve \u00e0 ton \u00e9gard, dis-moi, comment as-tu r\u00e9pondu ?<\/p>\n<ol start=\"2\">\n<li>\u00d4 mon fr\u00e8re, si nous jetons un regard sur notre vie pass\u00e9e, nous voyons non seulement que nous avons d\u00e9shonor\u00e9 la dignit\u00e9 chr\u00e9tienne, mais que nous nous sommes comport\u00e9s envers notre P\u00e8re c\u00e9leste d&rsquo;une mani\u00e8re telle que les infid\u00e8les eux-m\u00eames n&rsquo;auraient pas fait pire. Chaque fois que nous avons transgress\u00e9 un commandement de Dieu ou de son \u00c9glise, nous avons d\u00e9shonor\u00e9 la dignit\u00e9 chr\u00e9tienne.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Malheur \u00e0 moi ! Si je consid\u00e8re les transgressions commises contre la sainte loi de Dieu, si je consid\u00e8re la facilit\u00e9 et les nombreux moyens dont je disposais pour le servir, je dois me couvrir le visage de honte et r\u00e9p\u00e9ter le reproche que Dieu a fait par la bouche d&rsquo;un de ses proph\u00e8tes : l&rsquo;homme, dit-il, ayant \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 \u00e0 la plus haute dignit\u00e9, ne l&rsquo;a pas reconnue ; il s&rsquo;est d\u00e9grad\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 agir comme une b\u00eate insens\u00e9e et s&rsquo;est conduit comme les animaux immondes : <em>homo cum in honore esset, non intellexit : jumentis insipientibus comparatus est et similis factus illis.<\/em> Viens maintenant, \u00f4 chr\u00e9tien, et d\u00e9cide fermement de mieux correspondre \u00e0 ta dignit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;avenir. Prosternons-nous devant Dieu et disons-lui de tout c\u0153ur : Mon Dieu, P\u00e8re des mis\u00e9ricordes, je me repens de tout c\u0153ur de vous avoir offens\u00e9, je me propose de m&rsquo;amender \u00e0 l&rsquo;avenir et de faire tout mon possible pour correspondre \u00e0 la dignit\u00e9 de chr\u00e9tien \u00e0 laquelle vous m&rsquo;avez \u00e9lev\u00e9.<\/p>\n<p>Mais comme le plus bel ornement du christianisme est la M\u00e8re du Sauveur, la Tr\u00e8s Sainte Vierge, je m&rsquo;adresse donc \u00e0 vous, \u00f4 tr\u00e8s mis\u00e9ricordieuse Vierge Marie, s\u00fbr d&rsquo;obtenir la gr\u00e2ce de Dieu le droit au Paradis et de retrouver enfin ma dignit\u00e9 perdue, si vous priez pour moi. <em>Auxilium christianorum<\/em>, <em>ora pro nobis.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemple<\/em><\/p>\n<p>De nombreux exemples montrent que Marie a toujours \u00e9t\u00e9 l&rsquo;aide des chr\u00e9tiens. Les titres glorieux qui lui sont adress\u00e9s chaque jour dans <em>les litanies <\/em>dites de la Vierge Marie en sont la preuve ; en voici quelques-uns. Le mot litanies signifie supplications, car les litanies ne sont rien d&rsquo;autre qu&rsquo;une s\u00e9rie de supplications par lesquelles nous prions la Sainte Trinit\u00e9 de nous accorder sa mis\u00e9ricorde et nous prions la Bienheureuse Vierge Marie d&rsquo;interc\u00e9der pour nous aupr\u00e8s de Dieu. On les appelle aussi litanies de Lorette, car elles sont chant\u00e9es avec plus de solennit\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9glise de Lorette. Ces litanies sont tr\u00e8s anciennes dans l&rsquo;\u00c9glise. Le pape Saint Serge, voulant rendre gr\u00e2ce \u00e0 la Vierge d&rsquo;une faveur remarquable qu&rsquo;il avait re\u00e7ue d&rsquo;elle, d\u00e9cr\u00e9ta qu&rsquo;elles seraient r\u00e9cit\u00e9es lors des principales f\u00eates de la Vierge. D&rsquo;autres pontifes les enrichirent de nombreuses indulgences. Pie VII a \u00e9tendu cette indulgence \u00e0 300 jours chaque fois qu&rsquo;elles sont r\u00e9cit\u00e9es, applicable aux \u00e2mes du Purgatoire. Dans les litanies, nous lisons les mots : Marie, secours des chr\u00e9tiens, <em>Auxilium christianorum. <\/em>Saint Pie V, apr\u00e8s une victoire remport\u00e9e par les chr\u00e9tiens contre les Turcs par l&rsquo;intercession de Marie, fut le premier \u00e0 ajouter cette invocation dans les litanies en 1771. Le glorieux Pie VII, reconnaissant \u00e0 Marie d&rsquo;avoir procur\u00e9 son r\u00e9tablissement sur le si\u00e8ge pontifical et d&rsquo;avoir rendu la paix \u00e0 l&rsquo;\u00c9glise apr\u00e8s une s\u00e9rie d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements malheureux, en signe de gratitude envers la grande Reine du ciel, institua en 1815 en son honneur la f\u00eate appel\u00e9e Marie, secours des chr\u00e9tiens. Cette f\u00eate est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e le 24 mai. Invoquons l&rsquo;aide de Marie en r\u00e9citant fr\u00e9quemment ses litanies.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire.<\/em><\/p>\n<p>Au milieu des p\u00e9rils<\/p>\n<p>De la mer de la vie,<\/p>\n<p>Marie, aide-moi,<\/p>\n<p>Guide-moi au ciel.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc204271381\"><\/a><a name=\"_Toc204271821\"><\/a><a name=\"_Toc206319773\"><\/a><strong>Dixi\u00e8me jour. Valeur du temps<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus in adiutorium etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Les biens accord\u00e9s par Dieu aux chr\u00e9tiens sont grands, mais Dieu a fix\u00e9 un temps \u00e0 l&rsquo;homme pour qu&rsquo;il puisse en user. Ce nombre d&rsquo;ann\u00e9es, de mois, de semaines, de jours, d&rsquo;heures, de minutes qui s&rsquo;\u00e9coulent entre la naissance et la mort, c&rsquo;est le temps que Dieu a mis en notre pouvoir pour que nous profitions de ses bienfaits et sauvions notre \u00e2me.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Ce temps est un tr\u00e9sor pr\u00e9cieux. Un philosophe pa\u00efen, nomm\u00e9 S\u00e9n\u00e8que, disait qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien de plus pr\u00e9cieux que le temps : <em>nullum temporis pretium. <\/em>Ce philosophe disait cela parce que l&rsquo;homme, en employant bien son temps, peut acqu\u00e9rir la science, les honneurs, les richesses. Mais nous, chr\u00e9tiens, nous estimons le temps pour des raisons tr\u00e8s importantes. Nous disons que le temps est pr\u00e9cieux, car selon saint Bernardin de Sienne, en un moment bien employ\u00e9, l&rsquo;homme peut gagner le bonheur \u00e9ternel. C&rsquo;est pourquoi un moment vaut autant que Dieu : <em>tantum valet tempus, quantum Deus. Tempore enim bene consumpto comparatur Deus.<\/em><\/p>\n<p>Mais nous devons bien garder \u00e0 l&rsquo;esprit que ce n&rsquo;est que dans cette vie que nous pouvons profiter du temps. En enfer, il n&rsquo;y a que l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Les damn\u00e9s pleurent am\u00e8rement le temps pass\u00e9 en disant : \u00ab <em>Oh si daretur hora ! <\/em>Si seulement on nous donnait un seul instant pour remettre de l&rsquo;ordre dans notre \u00e2me ! \u00bb Mais cet instant ne leur sera jamais accord\u00e9. Au ciel, on ne pleure pas, mais si les bienheureux pouvaient pleurer, ils pleureraient seulement le temps perdu dans cette vie, o\u00f9 ils auraient pu acqu\u00e9rir plus de m\u00e9rites pour le Paradis. Les saints connaissaient cette grande v\u00e9rit\u00e9 et c&rsquo;est pourquoi ils s&rsquo;effor\u00e7aient de l&rsquo;utiliser au mieux. Saint Alphonse de Liguori, \u00e9tant en quelque sorte contraint d&rsquo;occuper saintement son temps, fit le v\u0153u de ne jamais perdre un instant de sa vie, et il jouit maintenant de la r\u00e9compense d&rsquo;un temps bien employ\u00e9 par une \u00e9ternit\u00e9 de gloire.<\/p>\n<ol start=\"2\">\n<li>Mais quoi ? s&rsquo;\u00e9crie saint Bernard, il n&rsquo;y a rien de plus pr\u00e9cieux que le temps, et il n&rsquo;y a rien de plus m\u00e9pris\u00e9. <em>Nihil pretiosius tempore, sed nihil vilius \u00e6stimatur<\/em>. Tu verras ce joueur perdre son temps dans des jeux et y passer ses jours et ses nuits ; si tu lui demandes : que fais-tu ? il r\u00e9pond : nous passons le temps. \u00d4 fou que tu es, ne vois-tu pas qu&rsquo;en perdant ton temps, ce n&rsquo;est pas toi qui joues, mais le d\u00e9mon qui joue ton salut \u00e9ternel ? Tu verras cet autre vagabond passer des heures enti\u00e8res au milieu d&rsquo;une rue \u00e0 regarder passer les gens, \u00e0 parler de choses inutiles et parfois obsc\u00e8nes ; si tu lui demandes : \u00ab Que fais-tu ? \u00bb, il r\u00e9pondra : \u00ab Je passe le temps \u00bb. Pauvres aveugles ! Ils perdent tant de jours, et des jours qui ne reviennent plus. \u00d4 temps m\u00e9pris\u00e9, tu seras la chose la plus d\u00e9sir\u00e9e par les mondains \u00e0 l&rsquo;heure de leur mort. Ils d\u00e9sireront avoir le temps de mettre de l&rsquo;ordre dans leur \u00e2me, mais Dieu leur r\u00e9pondra : <em>tempus non erit amplius. <\/em>C&rsquo;est pourquoi Dieu nous exhorte \u00e0 nous souvenir de lui et \u00e0 obtenir sa gr\u00e2ce avant que la lumi\u00e8re de nos jours ne s&rsquo;\u00e9teigne. <em>Memento creatoris tui, antequam tenebrescat sol et lumen <\/em>(Eccl 12, 2). Quelle peine pour le p\u00e8lerin qui se rend compte qu&rsquo;il s&rsquo;est \u00e9gar\u00e9 quand la nuit est d\u00e9j\u00e0 tomb\u00e9e et qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus de temps pour y rem\u00e9dier ! Telle sera la peine de celui qui se trouve \u00e0 l&rsquo;agonie et qui n&rsquo;aura pas pass\u00e9 son temps \u00e0 servir Dieu. \u00d4 fr\u00e8re, suivons le conseil que nous donne le Sauveur et commen\u00e7ons \u00e0 marcher sur le chemin du Ciel tant que nous avons la lumi\u00e8re, car cette lumi\u00e8re se perd dans la mort. <em>Ambulate, dum lucem habetis.<\/em><\/li>\n<li>Si l&rsquo;un d&rsquo;entre nous apprenait que sa vie et ses biens allaient bient\u00f4t \u00eatre jug\u00e9s, il se h\u00e2terait certainement de trouver un bon avocat pour d\u00e9fendre sa cause, en utilisant tous les moyens pour obtenir un jugement favorable ! Et nous, que faisons-nous ? Nous savons certainement que bient\u00f4t, et cela peut \u00eatre \u00e0 tout moment, il faudra traiter l&rsquo;affaire de notre salut \u00e9ternel, et nous perdons notre temps. Certains diront : mais je suis jeune, je me donnerai \u00e0 Dieu plus tard. Sache, r\u00e9ponds-je, que l&rsquo;enfer est plein de ceux qui d\u00e9siraient se donner plus tard au Seigneur. J\u00e9sus-Christ a maudit le figuier qu&rsquo;il a trouv\u00e9 sans fruit, m\u00eame si ce n&rsquo;\u00e9tait pas la saison des fruits. <em>Non enim erat tempus ficorum (<\/em>Mc 11, 13). Par quoi, J\u00e9sus-Christ a voulu nous signifier que l&rsquo;homme doit, \u00e0 tout moment, m\u00eame dans sa jeunesse, porter des fruits de bonnes \u0153uvres, sinon il sera maudit et ne portera plus de fruits \u00e0 l&rsquo;avenir. <em>Iam non amplius in \u00e6ternum ex te fructum quisquam manducet. <\/em>C&rsquo;est ce que le R\u00e9dempteur a dit \u00e0 cet arbre, et c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il maudit ceux qui, appel\u00e9s par lui, ne r\u00e9pondent pas.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Un autre dira : mais moi, qu\u2019est-ce que je fais de mal ? Mon Dieu, n&rsquo;est-ce pas mal de perdre son temps en jeux, en conversations inutiles qui ne profitent en rien \u00e0 l&rsquo;\u00e2me ? Dieu nous donne-t-il ce temps pour que nous le perdions ainsi ? Quel mal faisaient ces ouvriers qui se tenaient sur la place sans rien faire parce que personne ne leur donnait du travail ? Pourtant, ils ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9primand\u00e9s par le ma\u00eetre de la vigne avec ces mots : \u00ab Pourquoi restez-vous ici toute la journ\u00e9e \u00e0 ne rien faire ? \u00bb (Mt, chap. 20). Le Sauveur ne dit-il pas qu&rsquo;\u00e0 la fin de notre vie, il nous demandera compte de chaque parole oiseuse, <em>de omni verbo otioso\u00a0<\/em>; qu\u2019il nous demandera compte de chaque instant de notre vie <em>usque ad ultimum quadrantem <\/em>? \u00c9coute donc ce que Dieu nous dit : si nous avons mal occup\u00e9 le temps pass\u00e9, <em>redimamus tempus et horas, <\/em>effor\u00e7ons-nous de r\u00e9parer le temps et les heures perdues. Et nous r\u00e9parerons le temps et les heures perdues si nous faisons \u00e0 l&rsquo;avenir ce que nous avons n\u00e9glig\u00e9 dans le pass\u00e9. <em>Tempus redimes, <\/em>dit saint Anselme, <em>si qu\u00e6 facere neglexisti facis.<\/em><\/p>\n<p>Faites, \u00f4 mon Dieu, que je me repente du temps perdu, et que j&#8217;emploie le temps que vous m&rsquo;accorderez de vivre \u00e0 faire de bonnes \u0153uvres et \u00e0 pleurer mes p\u00e9ch\u00e9s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemples<\/em><\/p>\n<p>Les saints comprenaient la valeur du temps, et c&rsquo;est pourquoi ils travaillaient jour et nuit pour l&rsquo;occuper \u00e0 la plus grande gloire de Dieu. Saint Bernard disait : tout le temps que tu passes sans penser au Seigneur, pense que tu l&rsquo;as perdu. Saint Laurent Justinien disait qu&rsquo;un mondain donnerait \u00e0 l&rsquo;heure de sa mort ses richesses, ses honneurs et tous ses plaisirs pour un instant de vie. Saint Fran\u00e7ois Borgia, entendant d&rsquo;autres personnes passer leur temps \u00e0 parler des choses du monde, se tournait vers Dieu avec une sainte affection. Mais lorsqu&rsquo;on lui demandait son avis sur ce qui avait \u00e9t\u00e9 dit, il ne savait plus quoi r\u00e9pondre. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 r\u00e9primand\u00e9, il r\u00e9pondit : \u00ab Je pr\u00e9f\u00e8re \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un esprit grossier que de perdre mon temps, <em>malo rudis vocari, quam temporis facturam pati. \u00bb <\/em>Une religieuse, d\u00e9c\u00e9d\u00e9e en odeur de saintet\u00e9, apparut \u00e0 une de ses compagnes et lui dit : \u00ab Je serais heureuse de souffrir la douloureuse infirmit\u00e9 dont j&rsquo;ai souffert \u00e0 l&rsquo;heure de ma mort jusqu&rsquo;au jour du jugement dernier pour acqu\u00e9rir la gloire qui correspond au m\u00e9rite d&rsquo;un seul <em>Ave Maria.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>Marie, donnez-moi<\/p>\n<p>Une \u00e2me pure<\/p>\n<p>Montrez-moi du ciel<\/p>\n<p>Le chemin s\u00fbr.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Faites que toute action<\/p>\n<p>De ma vie<\/p>\n<p>Soit toujours agr\u00e9able<\/p>\n<p>Aux yeux de Dieu.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc228443967\"><\/a><a name=\"_Toc204271382\"><\/a><a name=\"_Toc204271822\"><\/a><a name=\"_Toc206319774\"><\/a><strong>Onzi\u00e8me jour. Pr\u00e9sence de Dieu<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus in adiutorium etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Dieu est au ciel, sur la terre, en tout lieu. Dieu sait tout, voit tout, est pr\u00e9sent \u00e0 tout. Dieu est \u00e0 ta droite, Dieu est \u00e0 ta gauche, Dieu est au-dessus de toi, Dieu est en toi. En Dieu nous vivons, dit l&rsquo;Ap\u00f4tre, en Dieu nous bougeons, et en Dieu nous avons notre existence. Va o\u00f9 tu veux, tu seras toujours en pr\u00e9sence de Dieu. Le proph\u00e8te David disait : si je monte au ciel, tu y es, \u00f4 mon Dieu ; si je descends aux enfers, je t&rsquo;y trouve ; si je prends des ailes comme un oiseau et que je vole au-del\u00e0 des mers les plus lointaines, l\u00e0 aussi ta main me soutient et me retient. Apr\u00e8s quoi, le proph\u00e8te David, inspir\u00e9 par Dieu, parle ainsi : les t\u00e9n\u00e8bres me cacheront-elles de ta face ? L&rsquo;obscurit\u00e9 de la nuit me cachera-t-elle de ta pr\u00e9sence, afin que je puisse me livrer aux plaisirs ? Mais non, car les t\u00e9n\u00e8bres n&rsquo;ont pas d&rsquo;obscurit\u00e9 devant toi, et la nuit brille comme le midi. <em>Tenebr\u00e6 non obscurabuntur a te ; et nox sicut dies illuminabitur.<\/em><\/li>\n<li>Dieu nous voit ; il voit toutes nos actions pass\u00e9es, il voit ce que nous faisons dans le pr\u00e9sent, il voit ce que nous faisons en actes, en paroles et en pens\u00e9es, m\u00eame dans les lieux les plus obscurs et les plus secrets. Rien ne peut lui \u00eatre cach\u00e9. <em>Humilia respicit in c\u00e6lo et in terra.<\/em> Prenons courage pour faire le bien, car la plus petite action de notre vie est manifeste aux yeux de Dieu. Les hommes oublient souvent ce que nous faisons pour eux ; Dieu n&rsquo;agit pas ainsi. Il voit un verre d&rsquo;eau fra\u00eeche donn\u00e9 en son honneur et pour sa gloire, et il en pr\u00e9pare la r\u00e9compense. Prenons donc courage, car Dieu voit et pr\u00e9pare la r\u00e9compense de ce que nous faisons pour Lui.<\/li>\n<li>Mais si Dieu veille sur nos bonnes actions pour les r\u00e9compenser, il veille \u00e9galement sur nos mauvaises actions pour les punir. C&rsquo;est pourquoi, chaque fois que nous sommes tent\u00e9s par des objets dangereux qui nous poussent \u00e0 commettre des actions indignes, \u00e0 dire des paroles mauvaises, \u00e0 nourrir des pens\u00e9es perverses, disons imm\u00e9diatement avec le patriarche Joseph : comment puis-je faire un tel mal en pr\u00e9sence de mon Dieu ? Garde-toi bien de ceux qui disent : Dieu ne voit pas, Dieu n&rsquo;entend pas, Dieu ne conna\u00eet pas telle ou telle action. <em>Non est Deus in conspectu eius <\/em>(Ps 9). Ceux qui parlent ainsi te trompent. Dieu voit tout et pr\u00e9pare une r\u00e9compense et un ch\u00e2timent pour nos actions ; il voit tout, et chaque action, m\u00eame la plus infime de notre vie sera port\u00e9e devant son tribunal divin. Arr\u00eate-toi un instant et r\u00e9fl\u00e9chis&#8230; Tu ne peux pas dire un mot, tu ne peux pas faire un pas, bouger une main, ouvrir un \u0153il sans que Dieu te voie, et plus encore, sans que Dieu te donne la force d&rsquo;agir. Voyez donc, \u00f4 chr\u00e9tiens, ce que vous faites quand vous p\u00e9chez ! Vous offensez un Dieu qui vous voit, un Dieu qui vous conserve la vie, un Dieu qui peut vous faire mourir \u00e0 l&rsquo;instant m\u00eame ; un Dieu qui vous jugera et qui peut vous faire tomber \u00e0 l&rsquo;instant m\u00eame, \u00e2me et corps, en enfer. \u00d4 bont\u00e9 de mon Dieu ! Vous \u00eates toujours \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s pour me favoriser, et moi, ingrat, j&rsquo;ai v\u00e9cu en vous oubliant compl\u00e8tement. Faites qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;avenir, je ne pense plus qu&rsquo;\u00e0 vous, \u00e0 vous servir, \u00e0 vous aimer, mon Bien Supr\u00eame, dans la vie pr\u00e9sente, pour venir un jour jouir \u00e9ternellement de vous au Paradis.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemple<\/em><\/p>\n<p>Lorsque Dieu appela le patriarche Abraham au milieu de l&rsquo;idol\u00e2trie et l&rsquo;envoya vers la terre de Canaan, il lui donna pour seul souvenir la pr\u00e9sence de Dieu : \u00ab Marche en ma pr\u00e9sence et tu seras parfait ; <em>ambula coram me, et esto perfectus <\/em>\u00bb, signifiant par l\u00e0 que la pens\u00e9e de la pr\u00e9sence de Dieu suffit \u00e0 nous lib\u00e9rer du p\u00e9ch\u00e9, o\u00f9 que nous soyons et quel que soit le danger dans lequel nous nous trouvons.<\/p>\n<p>Le grand Tobie, parmi les enseignements qu&rsquo;il donnait \u00e0 son fils, en donnait un qui \u00e9tait celui-ci : mon fils, tous les jours de ta vie, garde toujours ton Dieu dans ton c\u0153ur. <em>Omnibus diebus vitae tuae in mente habeto Deum. <\/em>Sainte Tha\u00efs marchait sur le chemin de l&rsquo;iniquit\u00e9. Elle rencontra S. Paphnuce qui lui dit : \u00ab Dieu te voit, oserais-tu p\u00e9cher en sa pr\u00e9sence ? \u00bb Cette pens\u00e9e suffit \u00e0 l&rsquo;arr\u00eater dans son mauvais chemin, elle se donna \u00e0 Dieu et, toujours accompagn\u00e9e de la pens\u00e9e de la pr\u00e9sence de Dieu, elle devint une grande sainte. Sainte Th\u00e9r\u00e8se disait que tout le mal vient de ne pas r\u00e9fl\u00e9chir que Dieu est pr\u00e9sent.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>\u00c0 la pens\u00e9e de Dieu pr\u00e9sent<\/p>\n<p>Fais que les l\u00e8vres, le c\u0153ur, l&rsquo;esprit<\/p>\n<p>Suivent le chemin de la vertu,<\/p>\n<p>\u00d4 grande Vierge Marie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc228443968\"><\/a><a name=\"_Toc204271383\"><\/a><a name=\"_Toc204271823\"><\/a><a name=\"_Toc206319775\"><\/a><strong>Douzi\u00e8me jour. Fin de l&rsquo;homme<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus in adiutorium etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Toutes les choses qui existent dans le ciel et sur la terre ont \u00e9t\u00e9 faites pour servir l&rsquo;homme. <em>Omnia subiecisti sub pedibus eius. <\/em>Mais toi, \u00f4 homme, dans quel but Dieu t&rsquo;a-t-il cr\u00e9\u00e9 ? Tu me r\u00e9ponds : j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par Dieu afin de le conna\u00eetre, de l&rsquo;aimer, de le servir dans cette vie, et par ce moyen, d&rsquo;aller un jour jouir de sa pr\u00e9sence au Paradis. Belle r\u00e9ponse ! Tu es donc n\u00e9 pour conna\u00eetre Dieu ; c&rsquo;est pourquoi tu dois employer toutes les forces de ton \u00e2me, toutes les sollicitudes de ton corps pour conna\u00eetre ce Cr\u00e9ateur bienfaisant. Toute la science des hommes n&rsquo;est rien sans la science de Dieu. <em>Vani sunt omnes homines quibus non subest scientia Dei. <\/em>Si tu poss\u00e8des la science de tous les philosophes anciens et modernes ; si tu connais tous les secrets de la nature ; si tu avais m\u00eame la science des ch\u00e9rubins, des s\u00e9raphins et de tous les anges du ciel, mais qu&rsquo;avec toutes ces connaissances, tu n&rsquo;avais pas la science de Dieu, cela ne te servirait \u00e0 rien, dit saint Paul : <em>nihil prodest.<\/em> Mais h\u00e9las, combien de temps ai-je perdu \u00e0 apprendre des choses inutiles, \u00e0 \u00e9couter, \u00e0 lire, \u00e0 \u00e9tudier des choses dangereuses, parfois peccamineuses, contraires \u00e0 la loi du m\u00eame Dieu ! Si, dans le pass\u00e9, tu as n\u00e9glig\u00e9 la science des choses de Dieu, si tu ne veux pas trahir ton but, sois plus diligent \u00e0 l&rsquo;avenir, cherche \u00e0 faire de bonnes lectures, \u00e0 fr\u00e9quenter de bonnes compagnies, \u00e0 \u00eatre plus assidu aux sermons, aux explications de l&rsquo;\u00c9vangile, aux cat\u00e9chismes. Si quelqu&rsquo;un t&rsquo;invite \u00e0 prendre part \u00e0 des choses inutiles ou nuisibles au bien de l&rsquo;\u00e2me, r\u00e9ponds aussit\u00f4t : Dieu m&rsquo;a cr\u00e9\u00e9 pour le conna\u00eetre, et je dois faire tous les efforts pour acqu\u00e9rir cette connaissance de Lui. Tout est folie dans le monde sans la science des choses de Dieu : <em>Sapientia huius mundi, stultitia est apud Deum.<\/em><\/li>\n<li>Tu as \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 pour conna\u00eetre Dieu, tu as \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 pour aimer Dieu. Aime tous les objets de la terre, mais tu trouveras toujours un vide dans ton c\u0153ur si tu n&rsquo;aimes pas Dieu. Lui seul peut nous satisfaire dans la vie pr\u00e9sente et dans la vie future. Bien que le pr\u00e9cepte de l&rsquo;amour de Dieu soit naturel \u00e0 l&rsquo;homme, Dieu a n\u00e9anmoins voulu qu&rsquo;il soit inscrit dans l&rsquo;\u00c9vangile : tu aimeras le Seigneur ton Dieu, <em>diliges Dominum Deum tuum. <\/em>Si tu avais deux c\u0153urs, ou si tu pouvais diviser en deux ce que tu as, tu pourrais en employer une partie pour aimer Dieu, et l&rsquo;autre pour aimer le monde. Mais non, dit Dieu, tu aimeras ton Seigneur Dieu de tout ton c\u0153ur, de toute ton \u00e2me, de tout ton esprit. <em>Diliges Dominum Deum tuum ex toto corde tuo, ex tota anima tua, ex tota mente tua.<\/em><\/li>\n<\/ol>\n<p>\u00d4 chr\u00e9tien ! Qu&rsquo;as-tu aim\u00e9 dans le pass\u00e9 ? Ne seras-tu pas contraint de dire, comme le fils prodigue, que tu as dilapid\u00e9 tes biens spirituels et temporels <em>en menant une vie luxurieuse <\/em>? N&rsquo;as-tu pas consacr\u00e9 ton c\u0153ur et ton \u00e2me \u00e0 l&rsquo;amour des cr\u00e9atures, des richesses, des honneurs et de certains plaisirs illicites ? Si, par malheur, nous avons \u00e9t\u00e9 parmi ces malheureux, ne le soyons plus \u00e0 l&rsquo;avenir. Aimons ce Dieu, aimons-le parce qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 nous aimer. Il nous a cr\u00e9\u00e9s, il nous a pr\u00e9serv\u00e9s, il nous a fait tant de bienfaits, aimons-le parce qu&rsquo;il nous conserve la vie et nous donne tout ce dont nous avons besoin. Aimons-le pour les grands biens qu&rsquo;il nous a pr\u00e9par\u00e9s par sa passion et par sa mort dans la vie pr\u00e9sente et bien plus encore dans la vie future. Aimons-le parce que lui seul, au ciel et sur la terre, est digne d&rsquo;\u00eatre aim\u00e9 par-dessus tout et servi fid\u00e8lement.<\/p>\n<ol start=\"3\">\n<li>Dieu nous a cr\u00e9\u00e9s pour le servir. Grande v\u00e9rit\u00e9\u00a0! Tu aimeras ton Dieu et tu le serviras lui seul : <em>diliges Dominum Deum tuum, et illi soli servies<\/em>. Ce mot \u00ab servir \u00bb signifie faire ce qui lui pla\u00eet et fuir tout ce qui peut lui d\u00e9plaire. Le service de Dieu consiste donc dans l&rsquo;observation stricte des commandements de Dieu et de l&rsquo;\u00c9glise. Ce culte, ce service supr\u00eame et absolu, Dieu veut qu&rsquo;il lui soit rendu \u00e0 lui seul : <em>illi soli servies. <\/em>C&rsquo;est pourquoi beaucoup de chr\u00e9tiens se trompent dans l&rsquo;application de ces v\u00e9rit\u00e9s. Si nous leur demandons : \u00e0 quoi servent vos grandes pr\u00e9occupations ? la plupart r\u00e9pondent : je travaille pour avoir un bon emploi. D&rsquo;autres disent : nous essayons d&rsquo;acheter un champ, une vigne, un pr\u00e9, une ferme. D&rsquo;autres disent : \u00ab J&rsquo;\u00e9tudie pour tirer profit de cet argent, pour gagner ce proc\u00e8s, pour faire un bon gain, pour obtenir cet honneur, ces plaisirs. \u00bb Oh, insens\u00e9s que vous \u00eates ! Vous vous trompez. Si vous aviez \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s pour ces choses, je vous dirais : aimez-les, recherchez-les, faites-en l&rsquo;objet de vos soucis. Mais nous, \u00f4 chr\u00e9tiens, nous avons \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s pour servir Dieu et nul autre. Si nous avons suivi une autre voie dans le pass\u00e9, nous avons fait erreur. Ouvrons donc les yeux tant qu&rsquo;il en est encore temps, demandons au Seigneur d&rsquo;avoir piti\u00e9 du triste service que nous lui avons rendu dans notre vie pass\u00e9e, et promettons-lui de mieux le servir \u00e0 l&rsquo;avenir. Faisons comme le voyageur qui, s&rsquo;apercevant qu&rsquo;il s&rsquo;est \u00e9gar\u00e9, revient sur ses pas et reprend le chemin qui le m\u00e8nera s\u00fbrement au lieu o\u00f9 il avait pr\u00e9vu d&rsquo;aller. Mais rappelons-nous que servir Dieu dans cette vie est le seul moyen de jouir un jour de sa pr\u00e9sence dans la patrie c\u00e9leste. Que la Vierge Marie, qui a consacr\u00e9 chaque instant de sa vie au service du Seigneur, nous obtienne de pouvoir au moins consacrer \u00e0 Dieu le temps que, dans son infinie bont\u00e9, il daignera nous laisser en vie. Qu&rsquo;il nous obtienne de J\u00e9sus, son divin Fils, la gr\u00e2ce de pouvoir conna\u00eetre, aimer et servir Dieu dans cette vie, et d&rsquo;aller ensuite jouir \u00e9ternellement de sa pr\u00e9sence au ciel.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemples<\/em><\/p>\n<p>Un ministre de Fran\u00e7ois Ier, roi de France, s&rsquo;\u00e9tait consacr\u00e9 \u00e0 servir fid\u00e8lement son roi tout au long de sa vie. Mais, comme beaucoup d&rsquo;hommes dans le monde, il pensait peu \u00e0 la chose la plus importante, son \u00e2me. Arriv\u00e9 \u00e0 l&rsquo;heure de sa mort, il exprimait ses remords en ces termes : \u00ab Malheureux que je suis ! J&rsquo;ai consomm\u00e9 tant de papier pour \u00e9crire des lettres pour mon souverain, et je n&rsquo;ai pas d\u00e9pens\u00e9 une seule feuille pour \u00e9crire mes p\u00e9ch\u00e9s et faire une bonne confession.\u00a0\u00bb N&rsquo;attendons pas l&rsquo;heure de notre mort pour mettre de l&rsquo;ordre dans notre conscience.<\/p>\n<p>Saint Dosith\u00e9e appartenait \u00e0 une famille riche et noble ; ses parents s&rsquo;\u00e9taient beaucoup occup\u00e9s de lui donner une \u00e9ducation mondaine, l&rsquo;\u00e9levant dans le luxe et les douceurs, mais ils se souciaient peu des v\u00e9rit\u00e9s de la religion chr\u00e9tienne. La divine providence fit en sorte que le jeune noble parte en voyage en Palestine pour se divertir ; et parmi d&rsquo;autres lieux, il alla visiter le jardin de Geths\u00e9mani o\u00f9 le divin Sauveur avait su\u00e9 du sang. L\u00e0, il vit un tableau repr\u00e9sentant les peines de l&rsquo;enfer. \u00c0 cette vue, Dosith\u00e9e fut horrifi\u00e9 et, r\u00e9fl\u00e9chissant que le mode de vie qu&rsquo;il avait men\u00e9 jusqu&rsquo;alors l&rsquo;aurait sans doute conduit \u00e0 la perdition \u00e9ternelle, il r\u00e9solut d&rsquo;abandonner ses parents, ses amis, ses richesses, ses honneurs et ses plaisirs mondains pour se donner tout entier \u00e0 Dieu et assurer le salut de son \u00e2me. \u00c0 cette fin, il se rendit dans un monast\u00e8re et demanda instamment \u00e0 y \u00eatre re\u00e7u. \u00c0 la vue d&rsquo;un jeune homme d\u00e9licat et noblement v\u00eatu, l&rsquo;abb\u00e9 h\u00e9sita \u00e0 l&rsquo;accueillir, craignant qu&rsquo;il ne s&rsquo;agisse d&rsquo;un \u00e9lan passager. Il lui soumit de nombreuses difficult\u00e9s sur l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 de la vie qu&rsquo;il devrait mener, mais le jeune homme, qui voulait \u00e0 tout prix sauver son \u00e2me, ne r\u00e9pondait que : \u00ab Je veux sauver mon \u00e2me \u00bb. \u00c0 cette r\u00e9ponse franche et r\u00e9p\u00e9t\u00e9e, l&rsquo;abb\u00e9 l&rsquo;accueillit dans le monast\u00e8re. L\u00e0, dans l&rsquo;oubli du monde, Dosith\u00e9e passa sa vie dans la p\u00e9nitence et la vertu, et mourut en saint.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>Dans quel but ai-je \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 ?<\/p>\n<p>Fais-le-moi savoir, mon Seigneur,<\/p>\n<p>Fais-moi \u00e9viter le chemin<\/p>\n<p>Qui m\u00e8ne \u00e0 l&rsquo;horreur \u00e9ternelle.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc204271384\"><\/a><a name=\"_Toc204271824\"><\/a><a name=\"_Toc206319776\"><\/a><strong>Treizi\u00e8me jour. Le salut de l&rsquo;\u00e2me<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus, in adiutorium etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Suspens un instant, \u00f4 chr\u00e9tien, tes occupations, et viens avec moi \u00e9couter ce que J\u00e9sus-Christ nous dit. Il nous parle ainsi : pourquoi vous occupez-vous de tant de choses dans le monde ? Une seule chose est n\u00e9cessaire, et c&rsquo;est le salut de l&rsquo;\u00e2me. <em>Unum est necessarium. <\/em>Si vous sauvez cette \u00e2me, tout est sauv\u00e9 pour vous ; mais si vous la perdez, tout est perdu. Vous pouvez acqu\u00e9rir des richesses, des emplois, des honneurs, la gloire ; vous pouvez para\u00eetre tr\u00e8s savants aux yeux du monde ; \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme les plus vaillants, les plus instruits de vos voisins, de votre pays, du monde entier ; mais votre \u00e2me est le tr\u00e9sor le plus pr\u00e9cieux du monde : <em>anima humana est toto mundo pretiosior <\/em>(s. Jean Chrys.). Rien ne peut se comparer \u00e0 la valeur de l&rsquo;\u00e2me. Que pourras-tu donner, dit J\u00e9sus-Christ, qui puisse compenser ton \u00e2me ? <em>Quam dabit homo commutationem pro anima sua ? <\/em>(Mt 16). \u00c0 quoi cela te sert-il, \u00f4 homme, de gagner le monde entier, si ce gain nuit \u00e0 ton \u00e2me ? <em>Quid prodest homini, si mundum universum lucretur, anim\u00e6 vero su\u00e6 detrimentum patiatur ?<\/em><\/li>\n<li>\u00d4 chr\u00e9tien ! Crois-tu cette grande v\u00e9rit\u00e9 ? Si tu y crois, pourquoi n&rsquo;y penses-tu pas ? Si tu y penses, pourquoi n&rsquo;abandonnes-tu pas le p\u00e9ch\u00e9 ? Pourquoi ne mets-tu pas rapidement ton \u00e2me en gr\u00e2ce aupr\u00e8s de Dieu par une bonne confession ? Si nous avions deux \u00e2mes, certains pourraient dire : je veux jouir des plaisirs de la terre, et ainsi en perdre une ; et je sauverai ensuite celle qui me reste. Mais nous n&rsquo;avons qu&rsquo;une seule \u00e2me. C&rsquo;est pourquoi J\u00e9sus-Christ nous dit que le salut de l&rsquo;\u00e2me est la chose la plus n\u00e9cessaire dans ce monde. <em>Unum est necessarium. <\/em>\u00d4 Seigneur, disait le proph\u00e8te David, je ne te demande qu&rsquo;une seule chose : de sauver mon \u00e2me : <em>unam petii, hanc requiram, ut inhabitem in domo Domini <\/em>(Ps. 26,4). C&rsquo;est pourquoi l&rsquo;ap\u00f4tre saint Paul avertissait les chr\u00e9tiens de la ville de Philippes d&rsquo;assurer avec crainte et tremblement le salut de leur \u00e2me : <em>cum metu et tremore salutem vestram operamini <\/em>(Phil. chap. 2). Saint Fran\u00e7ois-Xavier disait qu&rsquo;il n&rsquo;y a qu&rsquo;un seul bien et un seul mal dans le monde : le seul bien est de se sauver, le seul mal est d&rsquo;\u00eatre damn\u00e9. Sainte Th\u00e9r\u00e8se r\u00e9p\u00e9tait souvent \u00e0 ses compagnes : \u00ab Mes s\u0153urs, une \u00e2me, une \u00e9ternit\u00e9. \u00bb Elle voulait dire : une \u00e2me, si elle est perdue, tout est perdu, et pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9.<\/li>\n<li>Le salut de l&rsquo;\u00e2me est une affaire importante, elle est unique ; mais elle est irr\u00e9parable, c&rsquo;est-\u00e0-dire que si l&rsquo;on se trompe une fois, c&rsquo;est pour toujours. Si l&rsquo;on perd un proc\u00e8s, on peut faire appel devant un autre tribunal, ou essayer d&rsquo;en gagner un autre ; si l&rsquo;on perd la sant\u00e9, on esp\u00e8re la retrouver gr\u00e2ce aux soins des m\u00e9decins ; si l&rsquo;on rompt un contrat, on essaie d&rsquo;en conclure un autre ; si la gr\u00eale d\u00e9truit la r\u00e9colte de cette ann\u00e9e, on esp\u00e8re une meilleure r\u00e9colte l&rsquo;ann\u00e9e suivante ; mais si, par malheur, on se trompe sur le salut de l&rsquo;\u00e2me, tout est perdu pour toujours : <em>periisse semel \u00e6ternum est.<\/em> R\u00e9fl\u00e9chis, \u00f4 chr\u00e9tien, si la mort te frappait en cet instant, qu&rsquo;adviendrait-il de ton \u00e2me ? Si tu as la conscience tranquille, remercie Dieu et fais tous les efforts pour te maintenir dans cet \u00e9tat. Mais si tu as des scandales \u00e0 r\u00e9parer, des biens \u00e0 restituer, des habitudes \u00e0 abandonner, des confessions douteuses ou sacril\u00e8ges, ah ! pour l&rsquo;amour de Dieu, ne tarde pas ! Car si la mort te surprend dans cet \u00e9tat, tu manqueras l&rsquo;affaire la plus importante, tu manqueras l&rsquo;affaire unique, tu manqueras l&rsquo;affaire irr\u00e9parable, car une fois perdue, l&rsquo;\u00e2me est perdue pour toujours.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemples<\/em><\/p>\n<p>Saint Fran\u00e7ois-Xavier \u00e9tait \u00e0 Paris, absorb\u00e9 dans ses pens\u00e9es, quand il entendit saint Ignace lui dire : \u00ab \u00c0 quoi sert \u00e0 l&rsquo;homme de gagner le monde entier s&rsquo;il perd son \u00e2me ? \u00bb Saint Fran\u00e7ois-Xavier \u00e9coutait en silence, et saint Ignace ajouta : \u00ab R\u00e9fl\u00e9chis, Fran\u00e7ois, le monde est un tra\u00eetre. Il promet et ne tient pas ses promesses. Mais m\u00eame s&rsquo;il tenait ses promesses, il ne pourrait jamais satisfaire ton c\u0153ur. Et m\u00eame s&rsquo;il te satisfaisait, combien de temps durerait ton bonheur ? Pourrait-il durer plus longtemps que ta vie ? Et enfin, que porterais-tu dans l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 ? Y a-t-il un riche qui ait emport\u00e9 avec lui une pi\u00e8ce de monnaie ou un serviteur pour son confort dans l&rsquo;autre vie ? \u00c0 ces mots, saint Fran\u00e7ois quitta le monde, profond\u00e9ment p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 de la pens\u00e9e de sauver son \u00e2me, et se mit \u00e0 suivre J\u00e9sus-Christ, devenant un grand saint.<\/p>\n<p>Beno\u00eet XII fut sollicit\u00e9 par un prince pour une faveur qu&rsquo;il ne pouvait lui accorder sans p\u00e9cher. Le pape r\u00e9pondit \u00e0 l&rsquo;ambassadeur : dites \u00e0 votre souverain que si j&rsquo;avais deux \u00e2mes, je pourrais en perdre une pour lui et garder l&rsquo;autre pour moi ; mais comme je n&rsquo;en ai qu&rsquo;une, je ne peux ni ne veux la perdre. Si, \u00e0 l&rsquo;avenir, nous sommes \u00e9galement tent\u00e9s de commettre un p\u00e9ch\u00e9, r\u00e9pondons \u00e0 ceux qui nous incitent au mal : si j&rsquo;avais deux \u00e2mes, je voudrais en perdre une et commettre ce p\u00e9ch\u00e9 ; mais je n&rsquo;ai qu&rsquo;une seule \u00e2me et je veux la sauver \u00e0 tout prix.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>J\u00e9sus, Marie, Joseph, je vous donne mon c\u0153ur, mon \u00e2me, mon esprit et ma vie.<\/p>\n<p>J\u00e9sus, Marie, Joseph, assistez-moi dans ma derni\u00e8re agonie.<\/p>\n<p>J\u00e9sus, Marie, Joseph, faites que je meure en votre sainte compagnie<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc228443970\"><\/a><a name=\"_Toc204271385\"><\/a><a name=\"_Toc204271825\"><\/a><a name=\"_Toc206319777\"><\/a><strong>Quatorzi\u00e8me jour. Le p\u00e9ch\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus, in adiutoriam etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Avant de consid\u00e9rer ce qu&rsquo;est le p\u00e9ch\u00e9, porte ton regard sur un crucifix, puis r\u00e9fl\u00e9chis ainsi dans ton c\u0153ur : le p\u00e9ch\u00e9 est un fait, un d\u00e9sir, une parole contre la sainte loi de Dieu. Quand je commets un p\u00e9ch\u00e9, je tourne le dos \u00e0 Dieu cr\u00e9ateur, \u00e0 ce Dieu de bont\u00e9 qui m&rsquo;a combl\u00e9 de tant de bienfaits, et je m\u00e9prise sa gr\u00e2ce et son amiti\u00e9. Celui qui p\u00e8che dit par ses actes au Seigneur : \u00ab Allez loin de moi, \u00f4 Dieu, je ne veux plus vous ob\u00e9ir, je ne veux plus vous servir, je ne veux plus vous reconna\u00eetre comme mon Dieu, <em>non serviam. \u00bb <\/em>Le Seigneur dit sur la croix : \u00ab Pas de vengeance \u00bb ; et l&rsquo;homme r\u00e9pond : \u00ab Et moi, je veux me venger. \u00bb Dieu dit : \u00ab Ne prends pas le bien d&rsquo;autrui \u00bb ; et l&rsquo;homme r\u00e9pond : \u00ab Et moi, je veux le prendre. \u00bb Dieu dit : \u00ab Prive-toi de ce plaisir malhonn\u00eate \u00bb ; l&rsquo;homme r\u00e9pond : \u00ab Je ne veux pas m&rsquo;en priver \u00bb. Dieu dit : \u00ab Sanctifie les jours f\u00e9ri\u00e9s \u00bb ; l&rsquo;homme r\u00e9pond : \u00ab Et moi, je veux les profaner \u00bb ; et en disant cela, il abandonne Dieu, la bont\u00e9 supr\u00eame, pour se livrer aux cr\u00e9atures et satisfaire ce corps mis\u00e9rable.<\/li>\n<li>Mais qui est Dieu, contre qui tu veux te r\u00e9volter ? C&rsquo;est lui qui t&rsquo;a donn\u00e9 la vie, qui te la conserve et qui peut te l&rsquo;\u00f4ter \u00e0 tout moment. Dieu est ce grand bienfaiteur qui t&rsquo;a donn\u00e9 tout ce que tu as dans la vie pr\u00e9sente. La sant\u00e9, les biens temporels, la m\u00e9moire, la langue, les yeux, les oreilles, les pieds, les mains, tout t&rsquo;a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 par lui, et tu as utilis\u00e9 ces dons pour l&rsquo;offenser. De plus, ce m\u00eame Dieu que tu m\u00e9prises est ton Sauveur, qui, pour sauver ton \u00e2me, a souffert une mort des plus douloureuses, a vers\u00e9 tout son sang sur la croix et, apr\u00e8s tout cela, t&rsquo;a pr\u00e9par\u00e9 le bonheur \u00e9ternel. Et qui es-tu, \u00f4 chr\u00e9tien, pour te rebeller contre ton Cr\u00e9ateur ? Tu es une cr\u00e9ature mis\u00e9rable, qui ne peut rien, un aveugle qui ne voit rien, un pauvre qui ne poss\u00e8de rien. <em>Miser et pauper et c\u00e6cus et nudus <\/em>(Apoc. 3). Et toi, cr\u00e9ature mis\u00e9rable, tu oses irriter ton Dieu, devant lequel tremblent le ciel, l&rsquo;enfer et la terre ? <em>Vilis pulvisculus tam terribilem maiestatem audet irritare ? <\/em>(Saint Bernard).<\/li>\n<li>Tandis que tu consid\u00e8res la majest\u00e9 de ton Dieu, que tu offenses, et ta propre vilenie, je te prie de r\u00e9fl\u00e9chir s\u00e9rieusement avec moi. Ce Dieu \u00e9tant ton ma\u00eetre, il peut en un instant te priver de tous les biens qu&rsquo;il t&rsquo;a donn\u00e9s, il peut te priver de la sant\u00e9, de la vie, et te pr\u00e9cipiter dans les peines \u00e9ternelles de l&rsquo;enfer. Il est vrai que Dieu est infiniment bon, mais \u00e9tant juste, il ne peut s&#8217;emp\u00eacher d&rsquo;\u00eatre indign\u00e9 lorsque tu l&rsquo;offenses. C&rsquo;est pourquoi, lorsque tu p\u00e8ches, tu as des raisons de craindre que tes p\u00e9ch\u00e9s atteignent un nombre tel qu&rsquo;ils mettent fin au nombre que Dieu a \u00e9tabli. <em>In plenitudine peccatorum puniet.<\/em> Ce n&rsquo;est pas que la mis\u00e9ricorde de Dieu fasse d\u00e9faut, mais que tu manques de temps pour demander pardon, que tu manques de volont\u00e9, que tu manques de cette gr\u00e2ce sp\u00e9ciale que ne m\u00e9rite plus celui qui abuse de la mis\u00e9ricorde divine pour l&rsquo;offenser. C&rsquo;est pourquoi tu dois craindre \u00e0 juste titre qu&rsquo;un autre p\u00e9ch\u00e9 mortel ne te frappe de la col\u00e8re divine et ne te condamne \u00e9ternellement.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Mon Dieu, j&rsquo;ai assez offens\u00e9, je veux passer le reste de ma vie \u00e0 vous aimer et \u00e0 pleurer mes p\u00e9ch\u00e9s. Je me repens de tout mon c\u0153ur, mon J\u00e9sus ; je veux vous aimer, donnez-moi la force. Tr\u00e8s Sainte Vierge Marie, M\u00e8re de Dieu, aidez-moi. Ainsi soit-il.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemples<\/em><\/p>\n<p>Si Dieu punissait imm\u00e9diatement ceux qui commettent un p\u00e9ch\u00e9, il ne serait certainement pas aussi d\u00e9shonor\u00e9 que nous le voyons malheureusement chaque jour. Mais bien qu&rsquo;il diff\u00e8re dans l&rsquo;application de la pl\u00e9nitude des ch\u00e2timents, il nous a n\u00e9anmoins laiss\u00e9 des exemples terribles pour nous faire savoir comment, m\u00eame dans la vie pr\u00e9sente, il punit ceux qui outragent sa sainte loi. Lucifer \u00e9tait le plus bel ange du paradis. Il commet un p\u00e9ch\u00e9 d&rsquo;orgueil en voulant \u00eatre semblable \u00e0 Dieu ; et pour ce p\u00e9ch\u00e9, il est chass\u00e9 du paradis avec une nombreuse troupe de compagnons, et ils sont condamn\u00e9s aux peines \u00e9ternelles de l&rsquo;enfer.<\/p>\n<p>Adam et \u00c8ve commettent un p\u00e9ch\u00e9 de d\u00e9sob\u00e9issance dans le paradis terrestre et sont aussit\u00f4t chass\u00e9s de ce lieu de d\u00e9lices, condamn\u00e9s avec leur post\u00e9rit\u00e9 aux peines tr\u00e8s graves dans l&rsquo;\u00e2me et dans le corps, auxquelles nous sommes malheureusement encore soumis.<\/p>\n<p>Le genre humain s&rsquo;\u00e9tant multipli\u00e9, les vices se multiplient. Dieu envoie un d\u00e9luge qui recouvre toute la surface de la terre et fait p\u00e9rir tous les hommes et tous les animaux, \u00e0 l&rsquo;exception de ceux qu&rsquo;il a fait entrer dans l&rsquo;arche.<\/p>\n<p>Les habitants de Sodome, de Gomorrhe et d&rsquo;autres villes voisines se livrent au p\u00e9ch\u00e9 de d\u00e9bauche. Dieu envoie une pluie de feu qui incendie les maisons, r\u00e9duit les habitants en cendres et ouvre des gouffres qui engloutissent tout, laissant appara\u00eetre un lieu que nous appelons Lac de l\u2019Asphalte ou Mer Morte.<\/p>\n<p>Les Juifs p\u00e8chent, et en punition de leur iniquit\u00e9, plusieurs millions p\u00e9rissent dans le d\u00e9sert. Toute la nation juive retombe dans le p\u00e9ch\u00e9, elle est maintenant r\u00e9duite en esclavage, opprim\u00e9e par d&rsquo;autres fl\u00e9aux, et finit par \u00eatre enti\u00e8rement dispers\u00e9e, sans roi, sans prince, sans sacerdoce, sans ville o\u00f9 se rassembler et former un corps national.<\/p>\n<p>Judas Iscariote trahit le divin Ma\u00eetre et va se pendre. Ananie et Saphire mentent \u00e0 saint Pierre et tombent tous deux morts sur le coup. Si Dieu a tant de fois puni les p\u00e9ch\u00e9s dans la vie pr\u00e9sente, combien sera grand, effrayant et terrible le ch\u00e2timent r\u00e9serv\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 !<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>Du p\u00e9ch\u00e9 qui encha\u00eene l&rsquo;homme<\/p>\n<p>Aux plaisirs fallacieux ici-bas<\/p>\n<p>Lib\u00e8re l&rsquo;\u00e2me, \u00f4 Marie, et que toujours<\/p>\n<p>Elle cherche ton fils J\u00e9sus.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc228443971\"><\/a><a name=\"_Toc204271386\"><\/a><a name=\"_Toc204271826\"><\/a><a name=\"_Toc206319778\"><\/a><strong>Quinzi\u00e8me jour. La mort<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus, in adiutorium etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Avant de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ce qu&rsquo;est la mort, venez avec moi en pens\u00e9e autour du lit d&rsquo;un mourant, et en sa pr\u00e9sence, lisons le d\u00e9cret que Dieu fait entendre \u00e0 tous les hommes par la bouche de l&rsquo;ap\u00f4tre saint Paul : <em>statutum est omnibus hominibus semel mori. <\/em>Il est \u00e9tabli que tous les hommes doivent mourir une fois. Tous ceux qui ont v\u00e9cu depuis le commencement du monde jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent ont d\u00fb se soumettre \u00e0 ce d\u00e9cret. Il n&rsquo;y a ni science, ni puissance, ni sant\u00e9, ni robustesse qui puissent r\u00e9sister \u00e0 la mort. On r\u00e9siste au fer, au feu, \u00e0 l&rsquo;eau, mais qui peut r\u00e9sister \u00e0 la mort ? <em>Resistitur ignibus, undis, ferro, regibus, morti autem quis resistit ?<\/em> Allons chercher parmi les nombreux rois, monarques et empereurs qui ont v\u00e9cu dans le pass\u00e9, ceux qui existent encore ; tous ont chang\u00e9 de pays et sont partis pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Il ne reste d&rsquo;eux que quelques inscriptions sur leur tombe, et si nous ouvrons leurs s\u00e9pultures, nous ne voyons plus qu&rsquo;une poign\u00e9e de cendres, qui sera bient\u00f4t dispers\u00e9e avec la poussi\u00e8re de la terre. <em>Dic mihi, ubi sunt amatores mundi ? <\/em>dit saint Bernard. Dis-moi o\u00f9 sont les amoureux du monde ? Le m\u00eame saint r\u00e9pond : <em>nihil ex eis remansit, nisi cineres et vermes. <\/em>Il ne reste d&rsquo;eux que de la cendre et des vers. Si seulement nous connaissions le lieu et l&rsquo;heure de notre mort ! Mais non, dit le Sauveur, elle viendra quand nous nous y attendrons le moins. La mort peut me surprendre dans mon lit, au travail, sur la route ou ailleurs. Une maladie, une fi\u00e8vre, un accident, quelque chose qui me tombe dessus, le coup d&rsquo;un assassin, un coup de foudre, sont autant de choses qui peuvent m&rsquo;\u00f4ter la vie. Cela peut arriver d&rsquo;ici un an, d&rsquo;ici un mois, d&rsquo;ici une semaine, d&rsquo;ici un jour, d&rsquo;ici une heure, et peut-\u00eatre m\u00eame d\u00e8s que nous aurons fini de lire cette r\u00e9flexion. Chr\u00e9tien, si la mort nous frappait en ce moment, qu&rsquo;adviendrait-il de ton \u00e2me ? Qu&rsquo;adviendrait-il de mon \u00e2me ? Malheur \u00e0 nous si nous ne nous y pr\u00e9parons pas ; celui qui n&rsquo;est pas pr\u00eat aujourd&rsquo;hui \u00e0 bien mourir court un grave danger de mal mourir.<\/li>\n<li>Pouvons-nous nous bercer d&rsquo;illusions en pensant que la mort ne viendra pas pour nous ? Personne n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 assez fou pour se croire exempt de la mort. Le d\u00e9cret de la mort est pour tous. L&rsquo;heure de notre mort viendra, elle est certaine. Ce jour viendra, ce soir viendra o\u00f9 nous nous retrouverons nous aussi allong\u00e9s sur un lit. Si Dieu nous accorde une telle faveur, nous aurons un pr\u00eatre qui tiendra d&rsquo;une main le Crucifix et de l&rsquo;autre une bougie allum\u00e9e, recommandant notre \u00e2me au Seigneur. Nos parents et nos amis les plus fid\u00e8les nous entoureront en pleurant. Oh, si tu pouvais r\u00e9fl\u00e9chir maintenant aux pens\u00e9es qui te traverseront l&rsquo;esprit \u00e0 ce dernier instant de ta vie ! \u00c0 pr\u00e9sent, le d\u00e9mon, pour te pousser au p\u00e9ch\u00e9, couvre et excuse tes fautes, mais \u00e0 ta mort, il t&rsquo;en r\u00e9v\u00e9lera la gravit\u00e9 et te les mettra sous les yeux. Mais que faire \u00e0 ce moment terrible o\u00f9 tu devras prendre le chemin vers l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 ?<\/li>\n<li>Moment terrible, dont d\u00e9pend ton salut \u00e9ternel ou ta damnation \u00e9ternelle. Pr\u00e8s de ta bouche qui se fermera pour la derni\u00e8re fois, une bougie sera allum\u00e9e, comme pour \u00e9clairer ton \u00e2me afin qu&rsquo;elle entreprenne le chemin vers l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Deux fois, on tient une bougie allum\u00e9e devant nous : lorsque nous sommes baptis\u00e9s et au moment de la mort. La premi\u00e8re fois, nous voyons les pr\u00e9ceptes de la loi de Dieu ; la deuxi\u00e8me fois, nous saurons si nous les avons observ\u00e9s. C&rsquo;est pourquoi, \u00f4 chr\u00e9tien, \u00e0 la lumi\u00e8re de cette bougie, tu verras si tu as aim\u00e9 ton Dieu ou si tu l&rsquo;as m\u00e9pris\u00e9 ; si tu as honor\u00e9 son saint nom ou si tu l&rsquo;as blasph\u00e9m\u00e9 ; tu verras le scandale que tu as caus\u00e9, les biens que tu n&rsquo;as pas rendus, l&rsquo;honneur de ton prochain que tu n&rsquo;as pas r\u00e9par\u00e9, tu verras les confessions faites sans repentir et sans r\u00e9solution&#8230;<\/li>\n<\/ol>\n<p>Mais \u00f4 Dieu ! tu verras tout en un instant, lorsque la voie de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 s&rsquo;ouvrira \u00e0 tes yeux. Un point, un moment, dont d\u00e9pend une \u00e9ternit\u00e9 de gloire ou de peine. Comprends-tu, \u00f4 chr\u00e9tien, ce que je te dis ? Je veux dire que de cet instant d\u00e9pend ton sort\u00a0: aller pour toujours au Paradis ou pour toujours en enfer ; \u00eatre toujours heureux ou toujours afflig\u00e9 ; \u00eatre toujours enfant de Dieu ou toujours esclave du d\u00e9mon ; jouir pour toujours de la compagnie des anges et des saints au ciel ou g\u00e9mir et br\u00fbler pour toujours avec les damn\u00e9s en enfer. \u00d4 mon Dieu, d\u00e8s cet instant, je me convertis \u00e0 vous ; je vous aime, je veux vous aimer et vous servir jusqu&rsquo;\u00e0 la mort. Tr\u00e8s Sainte Vierge, ma m\u00e8re mis\u00e9ricordieuse, aidez-moi en ce moment. J\u00e9sus, Marie, Joseph, faites que je meure en votre sainte compagnie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemples<\/em><\/p>\n<p>Saint Bernardin de Sienne raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;un prince qui, se trouvant \u00e0 l&rsquo;agonie, dit, terrifi\u00e9 : \u00ab Voici, j&rsquo;ai tant de terres et tant de palais dans ce monde, mais si je meurs cette nuit, je ne sais quelle chambre me sera r\u00e9serv\u00e9e dans l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Saint Alphonse raconte qu&rsquo;un roi de France, arriv\u00e9 \u00e0 la fin de sa vie, dit \u00e0 ses amis : \u00ab Avec toute ma puissance, je ne peux obtenir que la mort retarde un instant sa venue. Le fr\u00e8re du grand serviteur de Dieu Thomas a Kempis avait invit\u00e9 un ami \u00e0 visiter une maison qu&rsquo;il avait fait construire avec beaucoup de luxe. Mais l&rsquo;ami lui dit qu&rsquo;il y avait un grand d\u00e9faut. Lequel ? demanda-t-il. Le d\u00e9faut, r\u00e9pondit-il, c&rsquo;est la porte que vous avez fait construire. Comment, r\u00e9pliqua l&rsquo;autre, un d\u00e9faut dans la porte ? Oui, conclut l&rsquo;ami, car par cette porte, vous devrez sortir un jour mort, et ainsi abandonner la maison et tous vos biens. \u00c0 la mort, on abandonne tout ce qui est dans le monde, seules les bonnes \u0153uvres nous accompagneront dans l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire.<\/em><\/p>\n<p>\u00d4 m\u00e8re de Dieu<\/p>\n<p>\u00d4 rose mystique,<\/p>\n<p>Accours, par piti\u00e9,<\/p>\n<p>Au secours de mon esprit.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00d4 sainte Marie,<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;heure de la mort<\/p>\n<p>Donne \u00e0 mon \u00e2me<\/p>\n<p>Ton puissant secours.<\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc204271387\"><\/a><a name=\"_Toc204271827\"><\/a><a name=\"_Toc206319779\"><\/a><strong>Seizi\u00e8me jour. Jugement particulier<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus, in adiutorium etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Nous devrons nous pr\u00e9senter deux fois devant le tribunal de J\u00e9sus-Christ : lors du jugement dernier, qui aura lieu \u00e0 la fin du monde, et lors du jugement particulier apr\u00e8s la mort. Tu dois tenir compte de trois choses lors du jugement particulier : la comparution, l&rsquo;examen et le verdict. Les plus grands saints tremblaient tous \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de devoir compara\u00eetre devant Dieu pour \u00eatre jug\u00e9s. D\u00e8s son dernier souffle, l&rsquo;\u00e2me devra imm\u00e9diatement compara\u00eetre devant le juge divin. La premi\u00e8re chose qui rend terrible cette comparution est de se trouver seule devant Dieu qui va la juger. Que pourra emporter l&rsquo;\u00e2me avec elle ? L&rsquo;Ap\u00f4tre nous le dit : elle emportera tout le bien et tout le mal qu&rsquo;elle aura fait dans sa vie. <em>Referet unusquisque prout gessit sive bonum sive malum. <\/em>On ne peut trouver ni excuse, ni pr\u00e9texte. Saint Augustin dit que nous aurons au-dessus de nous un juge courrouc\u00e9, d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 les p\u00e9ch\u00e9s qui nous accusent, de l&rsquo;autre les d\u00e9mons pr\u00eats \u00e0 ex\u00e9cuter la condamnation, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de notre conscience qui nous agite et nous tourmente, et en dessous un enfer qui est sur le point de nous engloutir. \u00c0 ce moment-l\u00e0, l&rsquo;\u00e2me voudrait s&rsquo;enfuir, mais la puissance de Dieu la retient : <em>manifestari oportet.<\/em> Heureux les chr\u00e9tiens qui compara\u00eetront devant Dieu avec un bagage de bonnes \u0153uvres !<\/li>\n<li>Avant de prononcer son jugement, le Sauveur examinera tout ce que nous avons fait dans notre vie. Il ouvrira les livres de notre conscience. <em>Iudicium sedit, et libri aperti sunt<\/em>. Dans ces livres, dans cette conscience, combien de choses seront r\u00e9v\u00e9l\u00e9es. \u00ab A\u00efe ! Qui es-tu ? \u00bb commencera-t-il \u00e0 demander, \u00ab qui es-tu ? \u00bb \u00ab Chr\u00e9tien \u00bb, r\u00e9pondras-tu. Si tu es chr\u00e9tien, je verrai si tu as observ\u00e9 ma loi. Puis il commencera \u00e0 te rappeler les promesses faites lors du Saint Bapt\u00eame, par lesquelles tu as renonc\u00e9 au d\u00e9mon, au monde, \u00e0 la chair ; il te rappellera les gr\u00e2ces accord\u00e9es, les sacrements re\u00e7us, les sermons, les instructions, les corrections de tes parents ; tout sera expos\u00e9 devant toi. Mais toi, dira le juge, malgr\u00e9 tant de dons, tant de gr\u00e2ces, combien tu as mal r\u00e9pondu \u00e0 ta profession de chr\u00e9tien. D\u00e8s que tu as commenc\u00e9 \u00e0 me conna\u00eetre, tu as aussit\u00f4t commenc\u00e9 \u00e0 m&rsquo;offenser. En grandissant, tu as accru ton m\u00e9pris pour ma loi. Messes manqu\u00e9es, profanation des jours de f\u00eates d\u2019obligation, blasph\u00e8mes, confessions mal faites, communions sans fruit et parfois sacril\u00e8ges, voil\u00e0 ce que tu as fait au lieu de me servir. Le Divin Juge se tournera alors, plein de col\u00e8re, vers le scandaleux et lui dira : vois-tu cette \u00e2me qui marche sur le chemin du p\u00e9ch\u00e9 ? C&rsquo;est toi qui, par tes paroles, lui as insuffl\u00e9 la malice. Vois-tu cet autre qui est l\u00e0-bas, en enfer ? C&rsquo;est toi qui, par tes conseils perfides, me l&rsquo;as enlev\u00e9, l&rsquo;as livr\u00e9 au d\u00e9mon et as \u00e9t\u00e9 la cause de sa perdition. Maintenant, que ton \u00e2me aille pour l&rsquo;\u00e2me que tu as ruin\u00e9e : <em>repetam animam tuam pro anima illius. <\/em>Tremble, \u00f4 chr\u00e9tien, devant cet examen et commence d\u00e8s maintenant \u00e0 apaiser la col\u00e8re du Juge supr\u00eame par une prompte r\u00e9paration de tes p\u00e9ch\u00e9s.<\/li>\n<li>Au moment du jugement s\u00e9v\u00e8re que le Juge divin demandera au p\u00e9cheur, celui-ci cherchera peut-\u00eatre un pr\u00e9texte pour s&rsquo;excuser et dira qu&rsquo;il ne pensait pas devoir passer un examen aussi strict. Mais on lui r\u00e9pondra aussit\u00f4t : n&rsquo;as-tu pas entendu ce sermon, n&rsquo;as-tu pas lu dans ce livre que je te demanderai compte <em>usque ad ictum oculi, <\/em>jusqu&rsquo;au dernier coup d\u2019\u0153il, <em>usque ad ultimum quadrantem, <\/em>jusqu&rsquo;\u00e0 la derni\u00e8re minute de ta vie ? L&rsquo;\u00e2me se recommandera \u00e0 la mis\u00e9ricorde divine, mais il n\u2019y a plus de mis\u00e9ricorde pour elle, car avec la mort, le temps de la mis\u00e9ricorde prend fin. Elle se recommandera aux anges, aux saints, \u00e0 la Sainte Vierge ; et Elle r\u00e9pondra au nom de tous : \u00ab Tu demandes maintenant mon aide ? Tu ne m&rsquo;as pas voulue pour m\u00e8re dans la vie, moi non plus je ne veux pas de toi pour fils apr\u00e8s la mort, je ne te connais plus. <em>Nescio vos. <\/em>Le p\u00e9cheur, ne trouvant aucun \u00e9chappatoire, effray\u00e9 par l&rsquo;aspect mena\u00e7ant du Juge, par l&rsquo;enfer qu&rsquo;il voit s&rsquo;ouvrir sous ses pieds, s&rsquo;\u00e9criera, plein de terreur : <em>horrendum est incidere in manus Dei viventis, <\/em>il est horrible de tomber entre les mains d&rsquo;un Dieu qui juge. Au m\u00eame instant, le Juge prononcera la sentence terrible en disant : \u00ab Tu es jug\u00e9 par ta propre bouche, serviteur infid\u00e8le, <em>ex ore tuo te iudico, serve nequam. <\/em>Va loin de moi, mon P\u00e8re c\u00e9leste t&rsquo;a maudit, et moi aussi je te maudis : va dans le feu \u00e9ternel. Une fois ces mots prononc\u00e9s, l&rsquo;\u00e2me est abandonn\u00e9e aux mains des d\u00e9mons, qui l&rsquo;entra\u00eenent avec eux pour subir les tourments de l&rsquo;enfer. Sentence terrible et effrayante !<\/li>\n<\/ol>\n<p>Pour l&rsquo;amour de J\u00e9sus et de Marie, pr\u00e9parez-vous par de bonnes \u0153uvres \u00e0 entendre un jugement favorable. Courage, le jugement prononc\u00e9 contre le p\u00e9cheur est effrayant, mais l&rsquo;invitation que J\u00e9sus-Christ adressera au chr\u00e9tien fid\u00e8le est une immense consolation. Viens, lui dira-t-il, viens prendre possession de la gloire que je t&rsquo;ai pr\u00e9par\u00e9e. Tu m&rsquo;as servi, maintenant r\u00e9jouis-toi \u00e9ternellement : <em>intra in gaudium Domini tui. <\/em>Mon J\u00e9sus, accorde-moi la gr\u00e2ce de pouvoir me pr\u00e9parer par une vie sainte \u00e0 ce moment terrible o\u00f9 je devrai me pr\u00e9senter devant votre tribunal divin. Tr\u00e8s Sainte Vierge, aidez-moi, prot\u00e9gez-moi dans la vie et dans la mort, et surtout lorsque je me pr\u00e9senterai devant votre divin Fils pour \u00eatre jug\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemples<\/em><\/p>\n<p>Le v\u00e9n\u00e9rable Ancina, \u00e9v\u00eaque de Saluzzo, chaque fois qu&rsquo;il entendait parler du jugement de Dieu, \u00e9tait saisi d&rsquo;une grande frayeur. Un jour, en entendant chanter le <em>Dies irae, <\/em>il fut terrifi\u00e9 \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e du moment o\u00f9 son \u00e2me se pr\u00e9sentera devant le tribunal de Dieu. Il d\u00e9cida alors d&rsquo;abandonner le monde, ce qu&rsquo;il fit effectivement, et il mena une vie telle qu&rsquo;il mourut en odeur de saintet\u00e9.<\/p>\n<p>Philippe Ier, roi d&rsquo;Espagne, r\u00e9primandant un jour un domestique qui lui avait menti, lui dit simplement : \u00ab <em>Tu me trompes <\/em>? \u00bb. Ce serviteur fut si sensible \u00e0 cette r\u00e9primande qu&rsquo;il rentra chez lui et mourut de chagrin. Que sera le chr\u00e9tien lorsque J\u00e9sus-Christ lui dira : \u00ab <em>C\u2019est ainsi que tu as outrag\u00e9 ma loi \u00bb ?<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire.<\/em><\/p>\n<p>Fais-moi passer, Sainte Vierge,<\/p>\n<p>Dans la vie, par un tourment cruel,<\/p>\n<p>Les \u00e9pines, le fiel, la croix,<\/p>\n<p>Tout ce qu&rsquo;il me faut \u00e9prouver.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Mais au jour dernier<\/p>\n<p>Quand J\u00e9sus, courrouc\u00e9,<\/p>\n<p>Viendra, je t&rsquo;en prie,<\/p>\n<p>Rends-le-moi propice.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc204271388\"><\/a><a name=\"_Toc204271828\"><\/a><a name=\"_Toc206319780\"><\/a><strong>Dix-septi\u00e8me jour. Le jugement dernier<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus, in adiutorium etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Comme un p\u00e8re de famille, \u00e0 certaines \u00e9poques de l&rsquo;ann\u00e9e, rassemble ses enfants pour voir qui m\u00e9rite une r\u00e9compense ou un ch\u00e2timent, ainsi Dieu, P\u00e8re de toute l&rsquo;humanit\u00e9, rassemblera un jour tous les hommes pour rendre publiquement un jugement de gloire \u00e9ternelle aux justes et de supplice \u00e9ternel aux m\u00e9chants. Je rassemblerai, dit Dieu, toutes les nations dans la vall\u00e9e de Josaphat, et je viendrai pour les juger publiquement. <em>Congregabo omnes gentes in vallem Iosaphat et disceptabo cum eis. <\/em>Avant que le Juge ne vienne, un feu descendra du ciel et br\u00fblera la terre et tout ce qui s&rsquo;y trouve. <em>Terra et qu\u00e6 in ipsa sunt opera exurentur <\/em>(2 Pierre, chap. 3). Ainsi, les palais, les \u00e9glises, les villas, les villes, les royaumes, tout deviendra un tas de cendres. Quand tous les hommes seront morts, on entendra un son de trompette qui retentira dans tous les coins de la terre, et tous les cadavres sortiront de leurs tombes en reprenant la forme qu&rsquo;ils avaient auparavant. <em>Canet enim tuba ; et mortui resurgent<\/em> (1 Cor, chap. 15). Au son de cette trompette, les \u00e2mes b\u00e9nies du ciel descendront pour s&rsquo;unir \u00e0 leurs corps, avec lesquels elles ont servi Dieu dans cette vie ; et les \u00e2mes malheureuses des damn\u00e9s sortiront de l&rsquo;enfer pour s&rsquo;unir \u00e0 ces corps, avec lesquels elles ont offens\u00e9 Dieu. Quelle grande consolation ce sera pour l&rsquo;\u00e2me du juste qui s&rsquo;unit \u00e0 son corps pour aller avec lui jouir de la gloire \u00e9ternelle du ciel\u00a0! Quelle peine \u00e9prouvera l&rsquo;\u00e2me du damn\u00e9 en se r\u00e9unissant au corps avec lequel elle devra aller souffrir pour toujours les peines de l&rsquo;enfer\u00a0! Cette pens\u00e9e faisait trembler saint J\u00e9r\u00f4me. Chaque fois, dit-il, que je pense au jour du jugement, je tremble de tous mes membres, et il me semble entendre sans cesse cette trompette qui r\u00e9sonne \u00e0 mes oreilles : <em>surgite, mortui ; venite ad iudicium.<\/em><\/li>\n<li>Apr\u00e8s que tous les hommes seront ressuscit\u00e9s et que les \u00e2mes seront r\u00e9unies \u00e0 leur corps, les anges envoy\u00e9s par Dieu crieront de toutes parts : Peuples, peuples, \u00e9coutez la voix de Dieu, et rassemblez-vous dans la vall\u00e9e du jugement, dans la vall\u00e9e de Josaphat. Une fois ce grand rassemblement effectu\u00e9, les anges s\u00e9pareront les r\u00e9prouv\u00e9s des justes (Matthieu 13). Les justes resteront \u00e0 droite et les damn\u00e9s \u00e0 gauche. Imaginons quel moment terrible ce sera pour les r\u00e9prouv\u00e9s de se voir s\u00e9par\u00e9s de tant d&rsquo;amis, de tant de parents, qu&rsquo;ils doivent abandonner et qu&rsquo;ils ne reverront plus jamais. Puis, lorsque l&rsquo;apparition du Juge sera imminente, tous les \u00e9lus seront \u00e9lev\u00e9s dans les airs et iront \u00e0 la rencontre du Seigneur (1 Thess 4). Entre-temps, les cieux s&rsquo;ouvriront et tous les anges du ciel viendront assister au jugement, portant devant eux les signes de la passion (s. Thomas, op. 2\u00b0). Appara\u00eetra la Croix, puis les Ap\u00f4tres et tous les saints qui les ont imit\u00e9s ; viendra la Reine de tous les saints et des anges, la Tr\u00e8s Sainte Vierge Marie. Enfin viendra le Juge \u00e9ternel, assis sur les nu\u00e9es du ciel dans la splendeur de sa majest\u00e9 (Mt, chap. 24). Quelle terreur surprendra les p\u00e9cheurs en voyant appara\u00eetre le Fils de Dieu, qu&rsquo;ils ont tant outrag\u00e9 et qui sera leur juge !<\/li>\n<li>Mais entre-temps, le Divin Juge est apparu, et tous ceux qui ont v\u00e9cu depuis le premier jour du monde jusqu&rsquo;\u00e0 ce dernier jour attendent le grand jugement du Divin Juge. Alors, afin que chacun connaisse publiquement la raison de son salut ou de sa damnation, il rendra publics \u00e0 tous les hommes les p\u00e9ch\u00e9s les plus secrets et les plus honteux. <em>Revelabo pudenda tua (<\/em>Nahum. chap. 3). Les th\u00e9ologiens les plus r\u00e9put\u00e9s disent que les p\u00e9ch\u00e9s des \u00e9lus seront certes manifestes, mais \u00e0 la mani\u00e8re de cicatrices glorieuses rapport\u00e9es \u00e0 la guerre en combattant l&rsquo;ennemi ; selon les paroles du proph\u00e8te David, qui a dit : Heureux ceux dont les iniquit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 pardonn\u00e9es et dont les p\u00e9ch\u00e9s sont couverts. Au contraire, dit saint Basile, tous les p\u00e9ch\u00e9s des r\u00e9prouv\u00e9s seront visibles par tous d&rsquo;un seul coup d&rsquo;\u0153il. Mais se rassembler dans la vall\u00e9e de Josaphat ce n\u2019est encore rien, ce n&rsquo;est rien la manifestation des p\u00e9ch\u00e9s, ce n&rsquo;est m\u00eame pas grand-chose que l&rsquo;apparition du Juge en comparaison du terrible jugement qu&rsquo;Il prononcera. Il se tournera d&rsquo;abord vers les \u00e9lus et leur dira ces paroles consolantes : Venez, les b\u00e9nis de mon P\u00e8re c\u00e9leste, venez, prenez possession du royaume qui vous a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9 depuis la fondation du monde. Il b\u00e9nira aussi la tr\u00e8s Sainte Vierge et l&rsquo;invitera \u00e0 venir avec lui au ciel. Alors, en chantant des hymnes de gloire au Christ Sauveur, les \u00e9lus entreront triomphalement au Paradis pour poss\u00e9der, aimer et louer Dieu \u00e9ternellement. Les damn\u00e9s, se voyant seuls, s&rsquo;\u00e9crieront : \u00ab Et nous, que deviendrons-nous ? \u00bb. Et J\u00e9sus-Christ leur dira : \u00ab Allez loin de moi, mon P\u00e8re vous a maudits et je vous maudis, allez dans le feu \u00e9ternel. <em>In ignem \u00e6ternum. <\/em>\u00c0 ce moment-l\u00e0, la terre s&rsquo;ouvrira, et tous ces malheureux, m\u00eal\u00e9s aux d\u00e9mons, tomberont dans les ab\u00eemes qui ne s&rsquo;ouvriront plus jamais.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Prie la Tr\u00e8s Sainte Vierge Marie, \u00f4 mon \u00e2me, qu&rsquo;elle interc\u00e8de pour toi aupr\u00e8s du Juge \u00e9ternel et obtienne le pardon de tes fautes avant ce jour terrible. Elle est d\u00e9sormais ta m\u00e8re et d\u00e9fendra ta cause. \u00d4 Marie, soyez ma lib\u00e9ratrice et, au jour du jugement, apaisez la col\u00e8re de votre Fils, obtenez-moi sa mis\u00e9ricorde et son pardon.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemple<\/em><\/p>\n<p>Afin que chacun ait une r\u00e8gle concernant les choses \u00e0 faire ou \u00e0 \u00e9viter pour obtenir un jugement favorable au dernier jour du monde, il est bon de rapporter le fait que nous lisons dans le saint \u00c9vangile, o\u00f9 est d\u00e9crite la venue du Sauveur au jugement dernier. L\u2019\u00c9vangile dit : \u00ab Quand le Sauveur viendra dans sa majest\u00e9 et avec lui tous les anges, il s&rsquo;assi\u00e9ra sur le tr\u00f4ne de sa majest\u00e9, et toutes les nations de la terre seront rassembl\u00e9es devant lui. Il s\u00e9parera les uns des autres, comme le berger s\u00e9pare les brebis des boucs ; il mettra les brebis \u00e0 sa droite et les boucs, c&rsquo;est-\u00e0-dire les r\u00e9prouv\u00e9s, \u00e0 sa gauche. Alors le Roi, c&rsquo;est-\u00e0-dire le Juge \u00e9ternel, dira \u00e0 ceux qui seront \u00e0 sa droite : \u00ab Venez, vous qui \u00eates b\u00e9nis de mon P\u00e8re, venez en possession du royaume qui vous a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9 depuis la fondation du monde ; (\u00e9coutez attentivement, chr\u00e9tiens) car j&rsquo;avais faim et vous m&rsquo;avez donn\u00e9 \u00e0 manger, j&rsquo;avais soif et vous m&rsquo;avez donn\u00e9 \u00e0 boire, j&rsquo;\u00e9tais \u00e9tranger et vous m&rsquo;avez accueilli dans votre maison ; j&rsquo;\u00e9tais nu, et vous m&rsquo;avez v\u00eatu ; j&rsquo;\u00e9tais malade, et vous m&rsquo;avez visit\u00e9 ; j&rsquo;\u00e9tais en prison, et vous \u00eates venus me voir. Alors les justes lui r\u00e9pondront : Seigneur, quand t&rsquo;avons-nous vu avoir faim et t&rsquo;avons-nous donn\u00e9 \u00e0 manger ? Quand t&rsquo;avons-nous vu avoir soif et t&rsquo;avons-nous donn\u00e9 \u00e0 boire ? Quand t&rsquo;avons-nous vu \u00e9tranger et t&rsquo;avons-nous accueilli ? Nu, et t&rsquo;avons-nous v\u00eatu ? Quand t&rsquo;avons-nous vu malade et en prison, et sommes-nous venus te visiter ? Le roi leur r\u00e9pondra : En v\u00e9rit\u00e9, je vous le dis, chaque fois que vous avez fait cela \u00e0 l&rsquo;un de ces plus petits de mes fr\u00e8res, c&rsquo;est \u00e0 moi que vous l&rsquo;avez fait.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Puis il dira \u00e0 ceux qui seront \u00e0 sa gauche : \u00ab \u00c9loignez-vous de moi, maudits, allez dans le feu \u00e9ternel qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9 pour le diable et ses anges. Car j&rsquo;avais faim et vous ne m&rsquo;avez pas donn\u00e9 \u00e0 manger, j&rsquo;avais soif et vous ne m&rsquo;avez pas donn\u00e9 \u00e0 boire. J&rsquo;\u00e9tais \u00e9tranger, et vous ne m&rsquo;avez pas recueilli ; nu, et vous ne m&rsquo;avez pas v\u00eatu ; malade, et vous ne m&rsquo;avez pas visit\u00e9 ; en prison, et vous n&rsquo;\u00eates pas venus me voir.\u00a0\u00bb Alors ils r\u00e9pondront : \u00ab Seigneur, quand avons-nous vu en toi un affam\u00e9, un assoiff\u00e9, un \u00e9tranger, un nu, un malade, un prisonnier, et ne t&rsquo;avons-nous pas secouru ?\u00a0\u00bb Alors il leur r\u00e9pondra : \u00ab En v\u00e9rit\u00e9, je vous le dis, chaque fois que vous n&rsquo;avez pas fait ces choses \u00e0 l&rsquo;un de ces plus petits, c&rsquo;est \u00e0 moi que vous ne l&rsquo;avez pas fait.\u00a0\u00bb Et ceux-ci iront au ch\u00e2timent \u00e9ternel, mais les justes \u00e0 la vie \u00e9ternelle.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>Au dernier jour,<\/p>\n<p>Jour de pleurs,<\/p>\n<p>Marie, couvrez-moi<\/p>\n<p>De votre manteau.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc204271389\"><\/a><a name=\"_Toc204271829\"><\/a><a name=\"_Toc206319781\"><\/a><strong>Dix-huiti\u00e8me jour. Les peines de l&rsquo;enfer<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus, in adiutorium etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>La mis\u00e9ricorde de Dieu et sa justice sont les deux attributs qui resplendissent le plus dans la puissance divine. Tant que l&rsquo;homme vit avec son \u00e2me unie \u00e0 son corps, c&rsquo;est le temps de la mis\u00e9ricorde. Mais une fois l&rsquo;\u00e2me s\u00e9par\u00e9e du corps, le temps de la justice commence pour l&rsquo;homme ; et ceux qui n&rsquo;ont pas voulu profiter de la mis\u00e9ricorde divine dans la vie pr\u00e9sente devront subir les rigueurs de la justice divine en enfer. Par enfer, on entend un lieu destin\u00e9 par la justice divine \u00e0 punir par des tourments \u00e9ternels ceux qui meurent en p\u00e9ch\u00e9 mortel. L\u2019existence de ce lieu de tourments \u00e9ternels est une question de foi. Que nous l&rsquo;appelions enfer, ab\u00eeme, gouffre, prison, lieu de tourments, lieu de t\u00e9n\u00e8bres, d&rsquo;obscurit\u00e9, de d\u00e9sordre, de grincement de dents, de col\u00e8re, de vengeance, de t\u00e9n\u00e8bres, de fum\u00e9e, de feu, ou sous tout autre nom que l&rsquo;on veuille lui donner selon ce qui est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 dans les Saintes \u00c9critures, on d\u00e9signe toujours un lieu o\u00f9 chacun est puni des p\u00e9ch\u00e9s commis dans la vie. <em>Per qu\u00e6 peccat quis, per h\u00e6c et torquetur <\/em>(Sap. 11). Le saint proph\u00e8te David dit que l&rsquo;homme est jet\u00e9 en enfer comme un morceau de bois pr\u00e9cipit\u00e9 dans une fournaise ardente. En un instant, ce morceau de bois est tout entour\u00e9 de flammes et devient un charbon ardent. <em>Pone eos ut clibanum ignis. <\/em>Et plus un sens du corps a p\u00e9ch\u00e9, plus il sera tourment\u00e9. <em>Quantum in deliciis fuit, tantum date illi tormenti <\/em>(Apoc. chap. 18). La vue sera tourment\u00e9e par les t\u00e9n\u00e8bres, l&rsquo;odorat par les odeurs les plus d\u00e9sagr\u00e9ables, l&rsquo;ou\u00efe par des cris continus et les pleurs des damn\u00e9s. La bouche souffrira d&rsquo;une faim furieuse.<\/li>\n<li>Mais l&rsquo;un des plus grands tourments est la peine du feu. Selon l&rsquo;\u00c9vangile, il existe un feu terrible qui ne s&rsquo;\u00e9teint ni le jour ni la nuit. Ce feu allum\u00e9 par la justice de Dieu tourmente les damn\u00e9s de toutes parts. Ces malheureux, tourment\u00e9s de cette mani\u00e8re, souffriront de la soif, de la faim et de la chaleur des flammes ; ils pleurent, hurlent et se d\u00e9sesp\u00e8rent. \u00d4 enfer, \u00f4 enfer, combien sont malheureux ceux qui y tombent ! Que dis-tu, \u00f4 chr\u00e9tien ? Si tu ne peux maintenant tenir un doigt au-dessus d&rsquo;une bougie, si tu ne peux supporter une \u00e9tincelle de feu sur ta main sans crier, comment pourras-tu vivre parmi ces flammes ? Pense qu&rsquo;un seul p\u00e9ch\u00e9 suffit pour t&rsquo;envoyer en enfer et te faire souffrir ces atroces tourments pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9.<\/li>\n<li>Les tourments des damn\u00e9s s&rsquo;accroissent consid\u00e9rablement lorsqu&rsquo;ils pensent \u00e0 la raison pour laquelle ils sont damn\u00e9s. Ils souffrent ces terribles tourments pour le plaisir d&rsquo;un instant, pour un acc\u00e8s de passion, pour une chose sans importance. <em>Propter pugillum hordei et fragmen panis. <\/em>Ils penseront au temps qui leur a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 pour rem\u00e9dier \u00e0 leur perdition \u00e9ternelle, ils penseront aux bons exemples de leurs compagnons, aux avertissements de leurs confesseurs, aux r\u00e9solutions prises en confession et non ex\u00e9cut\u00e9es, et ils penseront \u00e0 cela \u00e0 un moment o\u00f9 il n&rsquo;y a plus de rem\u00e8de \u00e0 leur ruine. La volont\u00e9 n&rsquo;aura plus jamais rien de ce qu&rsquo;elle veut et, au contraire, elle souffrira tous les maux. L&rsquo;intelligence conna\u00eetra le grand bien qu&rsquo;elle a perdu, c&rsquo;est-\u00e0-dire le Paradis. \u00d4 enfer, \u00f4 enfer, quels maux horribles tu pr\u00e9pares pour les outrages \u00e0 la loi de Dieu ! Allons, donc, p\u00e9nitence\u00a0! N&rsquo;attendez pas qu&rsquo;il n&rsquo;y ait plus de temps ; qui sait si ce n&rsquo;est pas le dernier appel que Dieu vous adresse, et que si vous ne r\u00e9pondez pas, Il laissera libre cours \u00e0 sa justice et vous pr\u00e9cipitera dans ces supplices \u00e9ternels ? Chr\u00e9tien, va, et \u00e9cris partout qu&rsquo;un seul p\u00e9ch\u00e9 mortel peut t\u2019envoyer en enfer, et donc garde-toi bien de le commettre.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemple<\/em><\/p>\n<p>Nous trouvons un exemple terrible dans l&rsquo;\u00c9vangile concernant les peines de l&rsquo;enfer. Le divin Sauveur l&rsquo;expose lui-m\u00eame de la mani\u00e8re suivante (Luc 16). Il y avait un homme riche qui s&rsquo;habillait de pourpre et d&rsquo;autres v\u00eatements somptueux. Son grand plaisir \u00e9tait de pr\u00e9parer chaque jour des repas somptueux pour lui et ses amis. Il y avait aussi un mendiant nomm\u00e9 Lazare qui, couvert de plaies, se tra\u00eenait \u00e0 la porte de ce riche et gisait l\u00e0, attendant l&rsquo;aum\u00f4ne. Ne pouvant obtenir autre chose, il demandait qu&rsquo;on lui donne au moins les miettes de pain qui tombaient de la table du riche. Mais ni le riche ni ses serviteurs ne voulaient lui donner quoi que ce soit. Seuls les chiens venaient l\u00e9cher ses plaies. Peu de temps apr\u00e8s, le mendiant mourut, peut-\u00eatre de n\u00e9cessit\u00e9 et de faim. Mais \u00f4 mort heureuse ! Les anges emport\u00e8rent son \u00e2me dans le sein d&rsquo;Abraham, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans les limbes, o\u00f9 reposaient les \u00e2mes des justes morts avant la venue du Sauveur. Peu apr\u00e8s la mort de Lazare, le riche mourut aussi, mais quel triste sort le suivit ! Le riche mourut, dit l&rsquo;\u00c9vangile, et son \u00e2me fut ensevelie en enfer. Dieu permit \u00e0 ce riche de lever les yeux au milieu de ses tourments et de voir de loin Abraham et Lazare qui \u00e9tait aupr\u00e8s de lui dans la gloire. Le riche n&rsquo;osa pas se recommander \u00e0 Lazare, car il l&rsquo;avait trop m\u00e9pris\u00e9 de son vivant ; il se tourna vers Abraham et s&rsquo;\u00e9cria : P\u00e8re Abraham, aie piti\u00e9 de moi. Que veux-tu, r\u00e9pondit Abraham ? P\u00e8re Abraham, continua l&rsquo;autre, je ne te demande pas d&rsquo;\u00eatre lib\u00e9r\u00e9 de ces flammes, ni m\u00eame qu&rsquo;elles soient att\u00e9nu\u00e9es, je ne demande pas de jouir des d\u00e9lices dont j&rsquo;ai joui dans la vie ; je ne te demande qu&rsquo;une seule faveur, accorde-la-moi par piti\u00e9. Quelle est cette faveur ? Que tu envoies Lazare tremper le bout de son doigt dans l&rsquo;eau et venir ici pour en laisser tomber une goutte sur ma langue afin de la rafra\u00eechir, car je suis horriblement tourment\u00e9 dans ces flammes. Abraham lui r\u00e9pondit : Mon fils, souviens-toi que tu as joui des plaisirs et des richesses dans ta vie ; Lazare, au contraire, n&rsquo;a connu que des souffrances. N&rsquo;est-il donc pas juste qu&rsquo;il soit maintenant consol\u00e9 et que tu sois tourment\u00e9 ? De plus, il y a un grand ab\u00eeme, c&rsquo;est-\u00e0-dire une grande s\u00e9paration entre nous et vous, de sorte que nul d&rsquo;ici ne peut aller vers vous, ni nul de l\u00e0-bas venir ici. Voyant qu&rsquo;il ne pouvait obtenir aucun r\u00e9confort pour lui, le riche pensa qu&rsquo;il pouvait au moins avertir ses parents afin qu&rsquo;ils fassent meilleur usage de leurs richesses et n&rsquo;aillent pas un jour augmenter ses tourments par leur pr\u00e9sence en enfer. Il dit donc \u00e0 Abraham : P\u00e8re, puisque tu ne peux pas m&rsquo;aider, je te prie d&rsquo;envoyer Lazare chez mon p\u00e8re, car j&rsquo;ai cinq fr\u00e8res et je d\u00e9sire qu&rsquo;il les avertisse des malheurs qui les attendent, afin qu&rsquo;ils ne viennent pas eux aussi dans ce lieu. Remarque bien, \u00f4 chr\u00e9tien, que ceux qui ne croient pas \u00e0 la sainte parole de Dieu ne croient pas non plus aux morts, m\u00eame s&rsquo;ils ressuscitaient. C&rsquo;est pourquoi Abraham r\u00e9pondit : Tes fr\u00e8res et tes autres parents ont la loi de Mo\u00efse et les proph\u00e8tes, qu&rsquo;ils les \u00e9coutent. Non, dit-il, non, p\u00e8re Abraham, mais si un mort allait vers eux pour leur faire part de l&rsquo;horreur de ces peines, ils se repentiraient certainement. Abraham conclut : s&rsquo;ils n&rsquo;\u00e9coutent pas la loi de Mo\u00efse et ce que les proph\u00e8tes ont pr\u00each\u00e9, ils ne croiront pas non plus quelqu&rsquo;un qui ressusciterait d&rsquo;entre les morts.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>Des maux horribles<\/p>\n<p>De l&rsquo;exil \u00e9ternel,<\/p>\n<p>Marie, sauvez-moi,<\/p>\n<p>Je suis votre fils.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc204271390\"><\/a><a name=\"_Toc204271830\"><\/a><a name=\"_Toc206319782\"><\/a><strong>Jour dix-neuvi\u00e8me. \u00c9ternit\u00e9 des peines de l&rsquo;enfer<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus, in adiutorium etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Les peines des damn\u00e9s ne causeraient pas tant d&rsquo;effroi si elles devaient prendre fin un jour. Mais il n&rsquo;en est rien. \u00c9cartez cette illusion, dit Dieu ; les damn\u00e9s en enfer seront tourment\u00e9s jour et nuit pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. <em>Cruciabuntur die ac nocte in s\u00e6cula s\u00e6culorum <\/em>(Apoc. chap. 20). C&rsquo;est une v\u00e9rit\u00e9 de foi, et Dieu a voulu qu&rsquo;elle soit r\u00e9p\u00e9t\u00e9e en plusieurs endroits de l&rsquo;\u00c9criture Sainte : \u00ab \u00c9loignez-vous de moi, dit le Sauveur aux r\u00e9prouv\u00e9s, ou maudits, allez dans le feu \u00e9ternel \u00bb (Matthieu 25). Les impies iront aux tourments \u00e9ternels, et les peines des damn\u00e9s seront comme une mort qui ne tue jamais \u00e9ternellement (2 Thess. 1). \u00d4 chr\u00e9tien, si par malheur tu tombes en enfer, tu n&rsquo;en sortiras jamais, et tu souffriras ces maux pour toute l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Qui ne tremblera pas \u00e0 cette pens\u00e9e ?<\/li>\n<li>Le damn\u00e9, au milieu des flammes, est tourment\u00e9 dans son \u00e2me et dans son corps. Mais les remords de la conscience sont les pires de tous les maux. Le Sauveur dit que le feu de l&rsquo;enfer est accompagn\u00e9 de remords qui, comme un ver, rongeront \u00e9ternellement la conscience des r\u00e9prouv\u00e9s : <em>vermis eorum non moritur et ignis non extinguitur.<\/em> Le premier remords sera de penser \u00e0 la cause de la damnation. Quelle douleur de penser qu&rsquo;\u00e0 cause d&rsquo;une satisfaction momentan\u00e9e, on a perdu un royaume \u00e9ternel de bonheur ! Jonathan, lorsqu&rsquo;il se vit condamn\u00e9 \u00e0 mort par Sa\u00fcl, son p\u00e8re, pensant qu&rsquo;il \u00e9tait condamn\u00e9 uniquement pour avoir go\u00fbt\u00e9 un peu de miel, s&rsquo;\u00e9criait : \u00ab Je ne regrette pas de mourir, mais ce qui m&rsquo;attriste, c&rsquo;est de mourir uniquement pour avoir go\u00fbt\u00e9 un peu de miel. <em>Paululum gustavi melis, et ecce morior.<\/em> \u00d4 Dieu, quelle peine causera aux damn\u00e9s la pens\u00e9e de la cause de leur damnation\u00a0! Oh, si nous pouvions interroger les damn\u00e9s et leur demander : que vous reste-t-il encore, \u00f4 malheureux, de ces go\u00fbts, de ces satisfactions, de ces plaisirs dont vous avez joui dans la vie ? Que vous reste-t-il encore de ce dernier p\u00e9ch\u00e9 pour lequel vous \u00eates damn\u00e9s ? Ah, malheureux que nous sommes ! r\u00e9pondront-ils, pour un plaisir brutal, qui a disparu comme le vent, nous devrons br\u00fbler dans ce feu, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s et tourment\u00e9s pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 ! Les damn\u00e9s penseront aussi \u00e0 la facilit\u00e9 avec laquelle ils auraient pu se sauver. Un damn\u00e9 apparut \u00e0 saint Humbert et lui dit que la plus grande affliction qu&rsquo;il souffrait en enfer \u00e9tait de penser qu\u2019il s&rsquo;\u00e9tait damn\u00e9 pour si peu et du peu qu&rsquo;il aurait d\u00fb faire pour se sauver.<\/li>\n<li>Au moins, le damn\u00e9 pourrait se tromper lui-m\u00eame et dire : ces tourments finiront un jour ; mais non. Vingt ans passeront depuis que tu seras en enfer, mille passeront, et l&rsquo;enfer commencera alors ; cent mille, cent millions, mille millions d&rsquo;ann\u00e9es et de si\u00e8cles passeront, et l&rsquo;enfer recommencera. Si un ange apportait la nouvelle \u00e0 un damn\u00e9 que Dieu veut le lib\u00e9rer de l&rsquo;enfer apr\u00e8s que des millions de si\u00e8cles se seront \u00e9coul\u00e9s, autant qu&rsquo;il y a de gouttes d&rsquo;eau, de feuilles d&rsquo;arbres, de grains de sable dans la mer et sur la terre, cette nouvelle apporterait la plus grande consolation \u00e0 un damn\u00e9. Il dirait : il est vrai que tant de si\u00e8cles doivent s&rsquo;\u00e9couler, mais ils devront bien finir un jour. Mais tous ces si\u00e8cles passeront, ainsi que tous les temps imaginables, et l&rsquo;enfer sera toujours comme au commencement. Chaque damn\u00e9 ferait ce pacte avec Dieu : Seigneur, augmentez autant que vous voulez mes souffrances, laissez-moi dans ces tourments aussi longtemps que vous le voudrez, pourvu que vous me donniez l&rsquo;espoir qu&rsquo;ils auront une fin. Mais non, cette fin ne viendra jamais, et Dieu r\u00e9pondra toujours : <em>in inferno nulla est redemptio.<\/em> Tout ce qu&rsquo;il voit, tout ce qu&rsquo;il entend, tout ce qu&rsquo;il go\u00fbte, tout ce qu&rsquo;il souffre, tout lui rappelle l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Toujours, jamais, \u00e9ternit\u00e9\u00a0: ce sont les mots qu\u2019il verra \u00e9crits sur les flammes qui le tourmentent ; toujours, jamais, \u00e9ternit\u00e9\u00a0sur la pointe des \u00e9p\u00e9es qui le transpercent ; toujours, jamais, \u00e9ternit\u00e9 sur les d\u00e9mons qui le tourmentent jour et nuit ; toujours, jamais, \u00e9ternit\u00e9 sur les portes qui ne s&rsquo;ouvriront plus jamais. En pensant \u00e0 l\u2019\u00e9ternit\u00e9, combien ont abandonn\u00e9 le monde, leur patrie, leurs parents pour se confiner dans des grottes, dans des d\u00e9serts, pour vivre uniquement de pain et d&rsquo;eau et parfois de racines d&rsquo;herbe, et tout cela pour \u00e9viter les peines \u00e9ternelles de l&rsquo;enfer ! Et toi, chr\u00e9tien, que fais-tu ? Apr\u00e8s avoir m\u00e9rit\u00e9 tant de fois ces peines par le p\u00e9ch\u00e9, que fais-tu ? Prosternons-nous aux pieds de notre Dieu, repentons-nous de nos p\u00e9ch\u00e9s et disons-lui : Seigneur, je te promets de ne plus jamais p\u00e9cher \u00e0 l&rsquo;avenir, donne-moi tous les maux de la vie pr\u00e9sente, pourvu que tu ne m&rsquo;envoies pas en enfer. Ch\u00e8re M\u00e8re Vierge Marie, d\u00e9livre mon \u00e2me de l&rsquo;enfer.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemples<\/em><\/p>\n<p>Quand Saint Polycarpe, \u00e9v\u00eaque de Smyrne, \u00e9tait conduit au martyre, il dit au proconsul de faire venir les b\u00eates sauvages contre lui. Le proconsul r\u00e9pondit : \u00ab Puisque les b\u00eates sauvages ne t&rsquo;effraient pas, tu craindras certainement le feu dans lequel je te ferai br\u00fbler vif si tu ne renonces pas \u00e0 ta religion. \u00bb Saint Polycarpe r\u00e9pondit : \u00ab Tu me fais vraiment une terrible menace ; tu penses qu&rsquo;il faut craindre un feu qui s&rsquo;\u00e9teint au bout d&rsquo;une heure ou un peu plus, Je vais te dire quel feu il faut craindre et que tu ne connais pas. Il existe un feu de souffrances atroces qui est r\u00e9serv\u00e9 dans l&rsquo;autre vie aux impies ; c&rsquo;est ce feu que je crains. (<em>D&rsquo;apr\u00e8s Cesari)<\/em>.<\/p>\n<p>Il y avait dans le royaume de France un seigneur qui avait pass\u00e9 sa vie dans les plaisirs et les d\u00e9lices du monde. Il \u00e9tait cependant tr\u00e8s savant, et un jour, il se mit \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir si les damn\u00e9s de l&rsquo;enfer seraient lib\u00e9r\u00e9s apr\u00e8s mille ans ; et il r\u00e9pondit \u00e0 cette pens\u00e9e par la n\u00e9gative. Puis il se dit : peut-\u00eatre seront-ils lib\u00e9r\u00e9s apr\u00e8s cent mille ans ? Mais aussit\u00f4t, il r\u00e9pondit \u00e9galement par la n\u00e9gative. Puis il se dit : \u00ab Peut-\u00eatre seront-ils lib\u00e9r\u00e9s apr\u00e8s mille millions d&rsquo;ann\u00e9es ? \u00bb Non, r\u00e9pondit-il. \u00ab Ou bien les damn\u00e9s sortiront-ils de l&rsquo;enfer apr\u00e8s autant de milliers d&rsquo;ann\u00e9es qu&rsquo;il y a de gouttes d&rsquo;eau dans la mer ? \u00bb Et il r\u00e9pondit \u00e0 lui-m\u00eame que jamais. \u00c9mu par cette pens\u00e9e, il ressentit une grande douleur pour ses p\u00e9ch\u00e9s et se mit \u00e0 pleurer sur la vie dissolue qu&rsquo;il avait men\u00e9e jusqu&rsquo;alors ; puis il abandonna le p\u00e9ch\u00e9, le monde et ses vanit\u00e9s. Alors qu&rsquo;il commen\u00e7ait \u00e0 go\u00fbter la douceur du service de Dieu, il disait : \u00ab Oh, comme les hommes du monde sont stupides et mis\u00e9rables\u00a0; pour le plaisir d&rsquo;un instant ils vont vers des peines \u00e9ternelles qui n&rsquo;auront jamais de fin. (<em>D\u2019apr\u00e8s Passavanti)<\/em>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>Je sens au fond de mon c\u0153ur<\/p>\n<p>Une voix qui me dit sans cesse :<\/p>\n<p>Bonne ou malheureuse,<\/p>\n<p>Tu auras ton \u00e9ternit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc204271391\"><\/a><a name=\"_Toc204271831\"><\/a><a name=\"_Toc206319783\"><\/a><strong>Vingti\u00e8me jour. La mis\u00e9ricorde de Dieu<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus, in adiutorium etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>La justice avec laquelle Dieu punit le p\u00e9ch\u00e9 dans l&rsquo;autre vie effraie les c\u0153urs les plus obstin\u00e9s dans le p\u00e9ch\u00e9. Malheureux ceux qui se trouvent d\u00e9j\u00e0 dans ces lieux de tourments \u00e9ternels. Heureux sommes-nous qui pouvons encore b\u00e9n\u00e9ficier de la mis\u00e9ricorde de Dieu. R\u00e9jouis-toi, \u00f4 chr\u00e9tien, et ouvre ton c\u0153ur \u00e0 de grandes esp\u00e9rances. Tant que l&rsquo;\u00e2me est unie au corps, c&rsquo;est le temps de la mis\u00e9ricorde et du pardon. Dieu, qui \u00e9prouve un grand d\u00e9go\u00fbt pour nos offenses, nous supporte avec une bont\u00e9 infinie, dissimulant nos p\u00e9ch\u00e9s, attendant notre p\u00e9nitence. <em>Dissimulans peccata hominum propter p\u00e6nitentiam <\/em>(Sap. XI). Non, dit Dieu ailleurs, je ne veux pas la mort du p\u00e9cheur, mais je veux qu&rsquo;il se convertisse et qu&rsquo;il vive. Que le p\u00e9cheur abandonne la voie de l&rsquo;iniquit\u00e9 et se convertisse \u00e0 son Seigneur, et j&rsquo;aurai compassion de lui. De plus, dit Dieu, si ton \u00e2me \u00e9tait toute souill\u00e9e de p\u00e9ch\u00e9s, reviens \u00e0 moi, et je te rendrai blanche comme la neige. <em>Dealbabuntur ut nix. <\/em>Courage donc, p\u00e9cheur. Dieu aurait pu te faire mourir d\u00e8s que tu as commis ton premier p\u00e9ch\u00e9. Mais il t&rsquo;a gard\u00e9 en vie pour te t\u00e9moigner sa mis\u00e9ricorde, et maintenant il t&rsquo;offre sa gr\u00e2ce.<\/li>\n<li>Cependant, le temps o\u00f9 Dieu use de sa mis\u00e9ricorde est la vie pr\u00e9sente. Il a voulu nous faire conna\u00eetre cette v\u00e9rit\u00e9 tr\u00e8s importante par une longue s\u00e9rie de faits rapport\u00e9s dans la Bible. Adam d\u00e9sob\u00e9it \u00e0 Dieu et, par cette d\u00e9sob\u00e9issance, condamne lui-m\u00eame et toute sa descendance \u00e0 la mort \u00e9ternelle ; mais Dieu vient aussit\u00f4t \u00e0 son secours par sa mis\u00e9ricorde et, changeant la mort \u00e9ternelle de l&rsquo;\u00e2me par la mort temporelle du corps, il offre un moyen de salut par la promesse du Sauveur.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Les hommes se multiplient et remplissent la terre d&rsquo;iniquit\u00e9, \u00e0 tel point que Dieu d\u00e9cide d&rsquo;envoyer un d\u00e9luge universel. Mais avant d&rsquo;ex\u00e9cuter ce ch\u00e2timent, il envoie No\u00e9 pr\u00eacher l&rsquo;imminence du fl\u00e9au divin pendant cent vingt ans. Il punit plusieurs fois le peuple juif, mais d\u00e8s qu&rsquo;il montre des signes de repentir, Dieu le prend aussit\u00f4t sous sa protection et le lib\u00e8re de l&rsquo;oppression de ses ennemis. La ville tr\u00e8s peupl\u00e9e de Ninive est en proie aux plus grands troubles, et Dieu d\u00e9cide de la punir par la destruction totale de la ville et de ses habitants. Mais Dieu veut encore faire un effort en envoyant le proph\u00e8te Jonas pr\u00eacher la p\u00e9nitence. Ninive \u00e9coute la voix du ministre de Dieu, abandonne le p\u00e9ch\u00e9, la col\u00e8re divine s&rsquo;apaise, suivie de la mis\u00e9ricorde infinie, Ninive est sauv\u00e9e.<\/p>\n<p>Que dirons-nous ensuite des signes de mis\u00e9ricorde que nous a donn\u00e9s notre Divin Sauveur ? Combien de miracles, combien de paraboles, combien de faits, combien d&rsquo;expressions d\u00e9montrent cette v\u00e9rit\u00e9 dans l&rsquo;\u00c9vangile. Il suffit de dire que, comme nous l&rsquo;assure le Sauveur, il y a plus de joie dans le ciel pour un p\u00e9cheur qui se convertit que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui marchent dans la voie du salut. Que dire de plus ? Le Sauveur est all\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 dire qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas venu appeler les justes, mais les p\u00e9cheurs : <em>non veni vocare iustos, sed peccatores. <\/em>Si tu d\u00e9sires un fait qui d\u00e9montre jusqu&rsquo;o\u00f9 est all\u00e9e la mis\u00e9ricorde de Dieu, l\u00e8ve les yeux vers un crucifix et tu verras le Fils de Dieu mort pour nous, c&rsquo;est-\u00e0-dire pour sauver nos \u00e2mes condamn\u00e9es \u00e0 l&rsquo;enfer \u00e0 cause du p\u00e9ch\u00e9.<\/p>\n<p>Cette mis\u00e9ricorde est grande, et Dieu veut nous l&rsquo;accorder dans la vie pr\u00e9sente ; mais malheur \u00e0 ceux qui en abusent. C&rsquo;est pourquoi, dit saint Augustin, si par malheur tu es maintenant dans le p\u00e9ch\u00e9, esp\u00e8re dans la mis\u00e9ricorde, mais si tu es dans la gr\u00e2ce, crains sa justice. <em>Post peccatum spera misericordiam, ante peccatum pertimesce iustitiam. <\/em>Souvenons-nous que Dieu est mis\u00e9ricordieux et juste. Il est mis\u00e9ricordieux envers ceux qui veulent profiter de sa mis\u00e9ricorde, mais il use ensuite de la rigueur de sa justice envers ceux qui ne veulent pas profiter de sa mis\u00e9ricorde.<\/p>\n<p>Courage, \u00f4 chr\u00e9tien, Dieu nous appelle, il nous offre un pardon g\u00e9n\u00e9reux de nos p\u00e9ch\u00e9s, il veut nous fermer l&rsquo;enfer, il veut nous ouvrir le Paradis. J\u00e9sus nous appelle depuis la croix, Marie et tous les saints nous invitent depuis le ciel. Faisons une grande f\u00eate au Paradis en retournant rapidement vers le Seigneur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemple<\/em><\/p>\n<p>Un jeune de Mod\u00e8ne issu d&rsquo;une famille honorable, apr\u00e8s avoir termin\u00e9 ses \u00e9tudes, se laissa s\u00e9duire par de mauvais compagnons. Un ab\u00eeme en entra\u00eena un autre, si bien qu&rsquo;il se livra aux jeux, \u00e0 la d\u00e9bauche et aux plaisirs, et finit m\u00eame par devenir le chef de ses compagnons, qu&rsquo;il entra\u00eena avec lui sur la voie du p\u00e9ch\u00e9. Toute la ville de Mod\u00e8ne parlait de la vie scandaleuse de ce jeune homme, lorsque la main de Dieu le frappa d&rsquo;une grave maladie. Le mal s&rsquo;aggravant, le m\u00e9decin d\u00e9clara son \u00e9tat d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 et recommanda que le malade re\u00e7oive les sacrements au plus vite. Invit\u00e9 par sa m\u00e8re \u00e0 se confesser, le malheureux fils la repoussait avec des mots de m\u00e9pris et d&rsquo;insulte. Peu apr\u00e8s, elle fit de nouvelles tentatives et lui exposa les motifs les plus passionnants de la religion, mais le fils \u00e9clata en blasph\u00e8mes. La bonne m\u00e8re, profond\u00e9ment afflig\u00e9e, ne savait plus quoi faire. Une voisine, pr\u00e9venue du triste \u00e9v\u00e9nement, appelle la m\u00e8re \u00e0 part et lui sugg\u00e8re de mettre la m\u00e9daille de l&rsquo;Immacul\u00e9e Conception sous l&rsquo;oreiller de son fils \u00e0 son insu. Cela fait, elles se mettent toutes deux \u00e0 r\u00e9citer les litanies de la Sainte Vierge. \u00d4 Marie, que tu es mis\u00e9ricordieuse ! Les litanies n&rsquo;\u00e9taient pas encore termin\u00e9es que le malade appela \u00e0 haute voix : \u00ab Maman, maman \u00bb. Elle accourut, toute essouffl\u00e9e, et son fils lui dit aussit\u00f4t : \u00ab Vite, vite, allez chercher l&rsquo;archipr\u00eatre pour qu&rsquo;il vienne me confesser \u00bb. Le c\u0153ur rempli de joie, la m\u00e8re courut chercher le confesseur, qui, jubilant, se rendit aussit\u00f4t aupr\u00e8s du malade. Il \u00e9coute la confession, puis lui apporte le Saint-Sacrement, accompagn\u00e9 de nombreuses personnes. J\u00e9sus \u00e9tant entr\u00e9 dans la chambre du malade, le jeune homme, plein de repentir pour ses p\u00e9ch\u00e9s, entre larmes et soupirs, demande pardon pour les scandales qu&rsquo;il a caus\u00e9s, promettant de les r\u00e9parer si Dieu, dans sa mis\u00e9ricorde, le gardait encore en vie. Contre toute attente, le malade gu\u00e9rit rapidement de sa maladie mortelle et, tenant sa promesse avec toute la sinc\u00e9rit\u00e9 de son c\u0153ur, il s&rsquo;efforce d\u00e8s lors, par une conduite \u00e9difiante, de r\u00e9parer les graves dommages caus\u00e9s \u00e0 ses compagnons par sa vie scandaleuse. Voulant que la gr\u00e2ce et sa conversion, qu&rsquo;il reconna\u00eet comme venant de la M\u00e8re de mis\u00e9ricorde, soient rendues publiques, il fit r\u00e9diger tout le r\u00e9cit par un notaire public, et celui-ci fut publi\u00e9 comme r\u00e9cit authentique dans de nombreux journaux, notamment dans<em> L&rsquo;Amico della giovent\u00f9.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>\u00d4 M\u00e8re d&rsquo;amour,<\/p>\n<p>Implore pour mon c\u0153ur<\/p>\n<p>Qui a p\u00e9ch\u00e9 par ingratitude.<\/p>\n<p>L&rsquo;amour de mon Dieu,<\/p>\n<p>Qui m&rsquo;a tant aim\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc228443977\"><\/a><a name=\"_Toc204271392\"><\/a><a name=\"_Toc204271832\"><\/a><a name=\"_Toc206319784\"><\/a><strong>Vingt et uni\u00e8me jour. La confession<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus, in adiutorium etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Nous trouvons une grande preuve de la mis\u00e9ricorde de Dieu envers les p\u00e9cheurs dans le sacrement de la confession. Si Dieu avait dit qu&rsquo;il nous pardonnerait nos p\u00e9ch\u00e9s uniquement par le bapt\u00eame, et non ceux qui, par malheur, seraient commis apr\u00e8s avoir re\u00e7u ce sacrement, combien de chr\u00e9tiens seraient certainement perdus ! Mais Dieu, connaissant notre grande mis\u00e8re, a \u00e9tabli un autre sacrement, par lequel nous sont remis nos p\u00e9ch\u00e9s commis apr\u00e8s le bapt\u00eame. C&rsquo;est le sacrement de la confession. Voici ce que dit l&rsquo;\u00c9vangile : huit jours apr\u00e8s sa r\u00e9surrection, J\u00e9sus apparut \u00e0 ses disciples et leur dit : \u00ab La paix soit avec vous. Comme le P\u00e8re c\u00e9leste m&rsquo;a envoy\u00e9, moi aussi je vous envoie, c&rsquo;est-\u00e0-dire que je vous donne le pouvoir que le P\u00e8re c\u00e9leste m&rsquo;a donn\u00e9 de faire tout ce qui est bon pour le salut des \u00e2mes.\u00a0\u00bb Puis le Sauveur, soufflant sur eux, dit : \u00ab Recevez l&rsquo;Esprit Saint, ceux \u00e0 qui vous remettrez les p\u00e9ch\u00e9s, ils leur seront remis ; ceux \u00e0 qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. \u00bb Chacun comprend que les mots \u00ab retenir \u00bb ou \u00ab ne pas retenir \u00bb signifient \u00ab donner \u00bb ou \u00ab ne pas donner \u00bb l&rsquo;absolution. C&rsquo;est l\u00e0 le grand pouvoir donn\u00e9 par Dieu \u00e0 ses Ap\u00f4tres et \u00e0 leurs successeurs dans l&rsquo;administration des Saints Sacrements. De ces paroles du Sauveur d\u00e9coule l&rsquo;obligation pour les ministres sacr\u00e9s d&rsquo;\u00e9couter les confessions, et d\u00e9coule \u00e9galement l&rsquo;obligation pour le chr\u00e9tien de confesser ses fautes, afin que l&rsquo;on sache quand il faut donner ou ne pas donner l&rsquo;absolution, quels conseils sugg\u00e9rer pour r\u00e9parer le mal fait, donner en somme tous les avis paternels qu&rsquo;il juge n\u00e9cessaires pour r\u00e9parer les maux de la vie pass\u00e9e et ne plus les commettre \u00e0 l&rsquo;avenir.<\/li>\n<li>La confession n&rsquo;\u00e9tait pas une pratique limit\u00e9e \u00e0 une \u00e9poque ou \u00e0 un lieu particuliers. D\u00e8s que les ap\u00f4tres ont commenc\u00e9 \u00e0 pr\u00eacher l&rsquo;\u00c9vangile, le sacrement de p\u00e9nitence a rapidement \u00e9t\u00e9 pratiqu\u00e9. Nous lisons que lorsque saint Paul pr\u00eachait \u00e0 \u00c9ph\u00e8se, de nombreux fid\u00e8les qui avaient d\u00e9j\u00e0 embrass\u00e9 la foi venaient aux pieds des ap\u00f4tres et confessaient leurs p\u00e9ch\u00e9s. <em>Confitentes et annunciantes actus suos. <\/em>Depuis l&rsquo;\u00e9poque des Ap\u00f4tres jusqu&rsquo;\u00e0 nous, la pratique de ce grand sacrement a toujours \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e. L&rsquo;\u00c9glise catholique a condamn\u00e9 \u00e0 toutes les \u00e9poques comme h\u00e9r\u00e9tiques ceux qui ont eu l&rsquo;audace de nier cette v\u00e9rit\u00e9. Personne n&rsquo;a pu en \u00eatre dispens\u00e9. Riches et pauvres, serviteurs et ma\u00eetres, rois, monarques, empereurs, pr\u00eatres, \u00e9v\u00eaques, les Souverains Pontifes eux-m\u00eames, tous doivent s&rsquo;agenouiller aux pieds d&rsquo;un ministre sacr\u00e9 pour obtenir le pardon des fautes qu&rsquo;ils ont pu commettre apr\u00e8s leur bapt\u00eame. Mais h\u00e9las ! combien de chr\u00e9tiens profitent rarement ou mal de ce sacrement ! Certains s&rsquo;approchent sans faire l\u2019examen de conscience, d&rsquo;autres se confessent avec indiff\u00e9rence, sans douleur ni r\u00e9solution, d&rsquo;autres encore taisent des choses importantes dans leur confession ou ne remplissent pas les obligations impos\u00e9es par le confesseur. Ceux-l\u00e0 prennent la chose la plus sainte et la plus utile pour s&rsquo;en servir \u00e0 leur propre perte. Sainte Th\u00e9r\u00e8se eut \u00e0 ce sujet une vision effrayante. Elle vit des \u00e2mes tomber en enfer comme la neige tombe en hiver sur le dos des montagnes. Effray\u00e9e par cette r\u00e9v\u00e9lation, elle demanda une explication \u00e0 J\u00e9sus-Christ, qui lui r\u00e9pondit que ces \u00e2mes allaient \u00e0 leur perte \u00e0 cause des confessions mal faites au cours de leur vie.<\/li>\n<li>Courage, chr\u00e9tiens, profitons de ce sacrement de mis\u00e9ricorde, mais profitons-en avec les dispositions requises. Examinons d&rsquo;abord avec soin nos fautes, confessons-les toutes, celles dont nous sommes certains, celles dont nous ne sommes pas certains, telles que nous les connaissons, mais avec un grand regret de les avoir commises ; promettons de ne plus les commettre \u00e0 l&rsquo;avenir. Mais surtout, montrons le fruit de nos confessions par une am\u00e9lioration de notre vie. Dieu dit dans l&rsquo;\u00c9vangile que c&rsquo;est \u00e0 leurs fruits que l&rsquo;on reconna\u00eet les arbres, ainsi c&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;am\u00e9lioration de notre vie que para\u00eetra la bont\u00e9 ou la nullit\u00e9 de nos confessions : <em>ex fructibus eorum cognoscetis eos.<\/em><\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemple<\/em><\/p>\n<p>Un jeune homme de la ville de Montmirail, en France, avait men\u00e9 une vie chr\u00e9tienne jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de quinze ans, lorsqu&rsquo;il eut le malheur de fr\u00e9quenter de mauvaises compagnies. Les mauvaises paroles et la lecture de livres immoraux le plong\u00e8rent dans l&rsquo;ab\u00eeme de l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9 et du libertinage. Ses parents s&rsquo;efforc\u00e8rent de le ramener dans le droit chemin, mais n&rsquo;y parvenant pas, ils se rendirent \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise le soir de l&rsquo;Immacul\u00e9e Conception (8 d\u00e9cembre 1839) et le recommand\u00e8rent aux pri\u00e8res des membres de la Confr\u00e9rie du Saint C\u0153ur de Marie. Le soir m\u00eame o\u00f9 il avait \u00e9t\u00e9 recommand\u00e9, le jeune homme rentra chez lui et, contrairement \u00e0 son habitude, se coucha sans dire un mot. Il ne pensait pas \u00e0 Marie, mais elle pensait \u00e0 lui. Le 10 d\u00e9cembre, presque hors de lui, il appela son p\u00e8re et lui dit : \u00ab Mon p\u00e8re, je suis malheureux et je souffre beaucoup, cela fait trente-six heures que je ne peux ni manger ni dormir. Je suis comme un lion enrag\u00e9, je ne sais plus quoi dire ni quoi faire ; je dois aller voir le cur\u00e9. Il part, se rend chez le cur\u00e9 et, tout agit\u00e9 par les remords de sa conscience, le supplie de lui donner l&rsquo;absolution. \u00ab Je vous en prie, dit-il au cur\u00e9, confessez-moi imm\u00e9diatement. Je ne peux plus vivre dans cet \u00e9tat. Le cur\u00e9 l&rsquo;encouragea, le r\u00e9conforta, et peu apr\u00e8s, il \u00e9couta sa douloureuse confession. Apr\u00e8s avoir re\u00e7u l&rsquo;absolution, il sentit aussit\u00f4t son c\u0153ur se remplir d&rsquo;une telle consolation qu&rsquo;il ne pouvait la contenir. De retour chez lui, il manifesta \u00e0 son p\u00e8re la gr\u00e2ce qu&rsquo;il avait re\u00e7ue et la tranquillit\u00e9 paradisiaque dont il jouissait. Ce qui lui tenait encore \u00e0 c\u0153ur, c&rsquo;\u00e9tait le repentir de ceux qu&rsquo;il avait entra\u00een\u00e9s dans le mal par ses scandales. Plein de courage chr\u00e9tien, sans se soucier de ce que diraient ses anciens compagnons, il leur raconta ce qui lui \u00e9tait arriv\u00e9, la consolation qu&rsquo;il \u00e9prouvait apr\u00e8s sa confession, et les exhorta de toutes ses forces \u00e0 faire eux aussi l&rsquo;exp\u00e9rience. En somme, cette nouvelle proie de la mis\u00e9ricorde de Marie fit comme le p\u00e9nitent David lorsqu&rsquo;il s&rsquo;effor\u00e7ait, pour r\u00e9parer le scandale qu&rsquo;il avait caus\u00e9, de gagner des \u00e2mes \u00e0 Dieu. <em>Docebo iniquos vias tuas.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>Obtiens-moi de Dieu,<\/p>\n<p>M\u00e8re d&rsquo;amour,<\/p>\n<p>Pour mes fautes<\/p>\n<p>Une vive douleur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc228443978\"><\/a><a name=\"_Toc204271393\"><\/a><a name=\"_Toc204271833\"><\/a><a name=\"_Toc206319785\"><\/a><strong>Vingt-deuxi\u00e8me jour. Le confesseur<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus, in adiutorium etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Quand tu vas \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise, \u00f4 chr\u00e9tien, et que tu vois un pr\u00eatre dans le tribunal de p\u00e9nitence, souviens-toi que celui-ci est le ministre de J\u00e9sus-Christ, qui, au nom de Dieu, pardonne les p\u00e9ch\u00e9s des hommes. S&rsquo;il y avait un criminel condamn\u00e9 \u00e0 mort pour un crime grave, et qu&rsquo;au moment o\u00f9 on le conduisait \u00e0 l&rsquo;\u00e9chafaud, un ministre du roi se pr\u00e9sentait \u00e0 lui en disant : \u00ab Ta faute est pardonn\u00e9e ; le roi te fait gr\u00e2ce de la mort et t&rsquo;accueille parmi ses amis ; et pour que tu ne doutes pas de mes paroles, voici le d\u00e9cret qui m&rsquo;autorise \u00e0 r\u00e9voquer ta sentence de mort \u00bb, quels sentiments de gratitude et d&rsquo;amour ce coupable n&rsquo;exprimerait-il pas envers le roi et son ministre ! Il en va de m\u00eame pour nous. Nous sommes v\u00e9ritablement coupables, car en p\u00e9chant, nous avons m\u00e9rit\u00e9 le ch\u00e2timent \u00e9ternel de l&rsquo;enfer. Le ministre du Roi des rois, au nom de Dieu, dans le tribunal de la p\u00e9nitence, nous dit : \u00ab Dieu m&rsquo;envoie vers vous pour vous absoudre de vos fautes, pour vous fermer l&rsquo;enfer, vous ouvrir le Paradis, vous rendre l&rsquo;amiti\u00e9 de Dieu. Afin que vous ne doutiez pas du pouvoir qui m&rsquo;est donn\u00e9, voici un d\u00e9cret sign\u00e9 par J\u00e9sus-Christ lui-m\u00eame, qui m&rsquo;autorise \u00e0 r\u00e9voquer la sentence de mort prononc\u00e9e contre vous. Le d\u00e9cret est ainsi libell\u00e9 : ceux \u00e0 qui vous remettrez les p\u00e9ch\u00e9s, ils leur seront remis ; ceux \u00e0 qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. <em>Quorum remiseritis peccata, remittuntur eis ; quorum retinueritis, retenta sunt<\/em>.\u00a0\u00bb Avec quelle estime et quelle v\u00e9n\u00e9ration devons-nous nous approcher d&rsquo;un ministre qui, au nom de Dieu, peut nous faire tant de bien et nous emp\u00eacher tant de mal !<\/li>\n<li>Chaque fois que tu t&rsquo;approcheras de ce sacrement auguste, imagine-toi que tu t&rsquo;approches de J\u00e9sus-Christ lui-m\u00eame. Il dit lui-m\u00eame : celui qui vous \u00e9coute, c&rsquo;est-\u00e0-dire ses ministres, m&rsquo;\u00e9coute ; celui qui vous m\u00e9prise, me m\u00e9prise. <em>Qui vos audit, me audit ; qui vos spernit, me spernit.<\/em> Nous sommes persuad\u00e9s que lorsque nous allons nous confesser, nous entendons la voix de Dieu qui prononce le jugement d&rsquo;absolution ou de condamnation. Mais comme tout ce que fait et dit le confesseur, il le fait avec l&rsquo;autorit\u00e9 divine et comme un p\u00e8re, ainsi, dans ce tribunal de p\u00e9nitence, il est un ami qui ne d\u00e9sire rien d&rsquo;autre que le bien de notre \u00e2me, il est un m\u00e9decin capable de gu\u00e9rir toutes les plaies de l&rsquo;\u00e2me ; il est un juge, mais non pour nous condamner, mais pour nous absoudre et nous lib\u00e9rer de la mort \u00e9ternelle ; il est un ministre de Dieu qui, par le sang de J\u00e9sus-Christ, lave les taches de l&rsquo;\u00e2me. Avec quelle confiance ne devrions-nous pas lui parler et lui ouvrir sinc\u00e8rement tous les secrets de notre conscience !<\/li>\n<li>La crainte qu&rsquo;il r\u00e9v\u00e8le \u00e0 d&rsquo;autres les choses entendues en confession ne doit pas non plus nous faire obstacle. Non, cela n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 le cas dans le pass\u00e9, et ne le sera jamais \u00e0 l&rsquo;avenir. Un bon p\u00e8re garde sans aucun doute le secret des confidences de ses enfants. Le confesseur est un v\u00e9ritable p\u00e8re spirituel ; c&rsquo;est pourquoi, m\u00eame humainement parlant, il garde le secret le plus strict sur ce que nous lui r\u00e9v\u00e9lons. Mais il y a plus : un pr\u00e9cepte absolu, naturel, eccl\u00e9siastique et divin oblige le confesseur \u00e0 taire tout ce qu&rsquo;il a entendu en confession. M\u00eame s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&#8217;emp\u00eacher un mal grave, de se lib\u00e9rer lui-m\u00eame et le monde entier de la mort, il ne peut utiliser une information obtenue en confession, \u00e0 moins que le p\u00e9nitent ne lui donne express\u00e9ment la facult\u00e9 d&rsquo;en parler. Va donc, chr\u00e9tien, va souvent vers cet ami, plus tu iras vers lui, plus tu seras assur\u00e9 de marcher sur le chemin du ciel ; plus tu iras vers lui, plus tu seras assur\u00e9 du pardon de tes p\u00e9ch\u00e9s, et te sera assur\u00e9 le bonheur \u00e9ternel promis par J\u00e9sus-Christ lui-m\u00eame, qui a donn\u00e9 un si grand pouvoir \u00e0 ses ministres. Ne te laisse pas retenir par la foule ni par le poids de tes fautes. Le pr\u00eatre est ministre de la mis\u00e9ricorde de Dieu, qui est infinie. C&rsquo;est pourquoi il peut absoudre n&rsquo;importe quel nombre de p\u00e9ch\u00e9s, aussi graves soient-ils. Apporte seulement un c\u0153ur humble et contrit, et le pardon sera certain. <em>Cor contritum et humiliatum, Deus, non despicies.<\/em><\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemple<\/em><\/p>\n<p>Parmi les nombreux exemples que l&rsquo;on peut citer pour illustrer la fermet\u00e9 dans le respect du secret de la confession, celui de saint Jean N\u00e9pomuc\u00e8ne, chanoine de Boh\u00eame, est c\u00e9l\u00e8bre. Ce saint pr\u00eatre s&rsquo;\u00e9tait enti\u00e8rement consacr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute des confessions des fid\u00e8les. Tout le monde accourait vers lui ; la reine elle-m\u00eame l&rsquo;avait choisi comme confesseur. Or, il arriva que le roi, qui s&rsquo;appelait Wenceslas, par caprice, voulut savoir ce que la reine avait dit en confession. Il pressa plusieurs fois saint Jean de le lui dire, mais celui-ci r\u00e9pondit toujours que ce qu&rsquo;il avait entendu, il ne le savait que comme Dieu, qu&rsquo;un grand secret l&rsquo;en emp\u00eachait et que pour rien au monde il ne dirait la moindre chose entendue en confession. Si tu ne me dis pas ce que je te demande, dit le roi, je te punirai s\u00e9v\u00e8rement ; je te ferai mettre en prison, o\u00f9 tu n&rsquo;auras que du pain et de l&rsquo;eau, je te ferai battre \u00e0 coups de verges, et qui sait&#8230; si ta t\u00eate ne paiera pas le prix de ton obstination. Prince, r\u00e9pondit le saint confesseur, je vous r\u00e9p\u00e8te que je suis li\u00e9 par un grand devoir devant Dieu, auquel je dois ob\u00e9ir rigoureusement. Vous pouvez disposer de ma vie \u00e0 votre guise et me condamner \u00e0 n&rsquo;importe quelle peine, m\u00eame \u00e0 la mort, mais je ne pourrai jamais, au grand jamais, r\u00e9v\u00e9ler quoi que ce soit de ce que j&rsquo;ai entendu en confession. Dieu seul peut p\u00e9n\u00e9trer ce secret. Le roi, pris de fureur, condamna le saint \u00e0 d&rsquo;atroces tourments et \u00e0 une mort cruelle. Le vaillant confesseur, ferme dans son devoir, supporta toutes les souffrances avec un h\u00e9ro\u00efsme chr\u00e9tien et confirma par son sang ce dogme si glorieux pour le christianisme qui dit : le secret de la confession est inviolable ; seul Dieu peut le p\u00e9n\u00e9trer.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>Marie, d\u00e9livrez-moi<\/p>\n<p>De mes liens coupables,<\/p>\n<p>Et devenez vous-m\u00eame<\/p>\n<p>La lumi\u00e8re de mes yeux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc228443979\"><\/a><a name=\"_Toc204271394\"><\/a><a name=\"_Toc204271834\"><\/a><a name=\"_Toc206319786\"><\/a><strong>Vingt-troisi\u00e8me jour. La Sainte Messe<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus, in adiutorium etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Si tu veux, \u00f4 chr\u00e9tien, avoir une juste id\u00e9e de la Sainte Messe, transporte-toi en pens\u00e9e dans le C\u00e9nacle, lorsque le Sauveur la c\u00e9l\u00e9brait pour la premi\u00e8re fois avec ses Ap\u00f4tres. La veille de sa passion, le Sauveur rassembla ses disciples pour c\u00e9l\u00e9brer avec eux la derni\u00e8re P\u00e2que. \u00c0 la fin du repas, il se leva de table, prit du pain, le b\u00e9nit, puis le donna \u00e0 ses disciples en disant : \u00ab Prenez, mangez, ceci est mon corps, ce corps qui sera sacrifi\u00e9 pour votre salut.\u00a0\u00bb Il prit ensuite un calice, y versa du vin, leva les yeux au ciel, le b\u00e9nit, puis le donna \u00e0 ses ap\u00f4tres en disant : \u00ab Prenez, buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l&rsquo;alliance, vers\u00e9 pour la r\u00e9mission des p\u00e9ch\u00e9s du monde. Chaque fois que vous ferez cela, faites-le en m\u00e9moire de moi.\u00a0\u00bb<\/li>\n<\/ol>\n<p>Par ces paroles, J\u00e9sus-Christ institua le sacrement de l&rsquo;Eucharistie, et institua la Sainte Messe, sans laquelle ce sacrement n&rsquo;est pas accompli. Il ordonna en outre de faire ce qu&rsquo;il avait fait lui-m\u00eame. C&rsquo;est pourquoi la Sainte Messe est appel\u00e9e le sacrement et le sacrifice du corps et du sang de Notre-Seigneur J\u00e9sus-Christ, qui est offert et distribu\u00e9 sous les esp\u00e8ces du pain et du vin. Ce sacrifice a \u00e9t\u00e9 accompli par J\u00e9sus-Christ sur le mont Calvaire, et on dit qu&rsquo;il est sanglant, c&rsquo;est-\u00e0-dire avec effusion de tout son sang. Ce qui se fait dans la Sainte Messe est identique, \u00e0 la seule diff\u00e9rence que celui-ci est sans effusion de sang. C&rsquo;est pourquoi, lorsque nous voyons le pr\u00eatre sortir de la sacristie et se rendre \u00e0 l&rsquo;autel pour c\u00e9l\u00e9brer la Sainte Messe, c&rsquo;est comme si nous voyions J\u00e9sus-Christ sortir de la ville de J\u00e9rusalem et porter la croix sur le mont Calvaire pour y \u00eatre crucifi\u00e9 et verser jusqu&rsquo;\u00e0 la derni\u00e8re goutte son pr\u00e9cieux sang. Comme on ne peut imaginer rien de plus pr\u00e9cieux, de plus saint, de plus grand que le corps et le sang de J\u00e9sus-Christ, de m\u00eame, lorsque nous allons \u00e9couter la Sainte Messe, nous ne pouvons rien faire qui puisse \u00eatre plus glorieux pour Dieu et plus utile pour nos \u00e2mes.<\/p>\n<ol start=\"2\">\n<li>Mais je veux que tu gardes \u00e0 l&rsquo;esprit, \u00f4 chr\u00e9tien, que le sang de J\u00e9sus-Christ a \u00e9t\u00e9 vers\u00e9 sur la croix aussi pour les \u00e2mes du Purgatoire. C&rsquo;est pourquoi la Sainte Messe est le moyen le plus efficace pour soulager les \u00e2mes des fid\u00e8les d\u00e9funts, si par hasard elles se trouvaient dans ces souffrances. T\u00e2che donc de faire c\u00e9l\u00e9brer quelques messes, et si tu ne le peux, t\u00e2che au moins de les \u00e9couter en suffrage de tes parents ou de quelque ami d\u00e9funt. \u00c9coute ce que disent les saints P\u00e8res \u00e0 ce sujet. Saint Gr\u00e9goire le Grand dit : \u00ab <em>La peine des vivants et des morts sera att\u00e9nu\u00e9e pour ceux pour qui on c\u00e9l\u00e8bre la Sainte Messe ; cette peine sera att\u00e9nu\u00e9e de mani\u00e8re particuli\u00e8re pour ceux pour qui elle est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e intentionnellement.\u00a0<\/em>\u00bb Le m\u00eame saint dit ailleurs : \u00ab <em>\u00c9couter pieusement une messe, c&rsquo;est soulager les \u00e2mes des fid\u00e8les d\u00e9funts et obtenir la r\u00e9mission de leurs p\u00e9ch\u00e9s. <\/em>\u00bb Saint J\u00e9r\u00f4me, grand docteur de la Sainte \u00c9glise, s&rsquo;exprime ainsi : \u00ab <em>Pour chaque messe c\u00e9l\u00e9br\u00e9e avec d\u00e9votion, de nombreuses \u00e2mes sortent du purgatoire. \u00bb <\/em>Ailleurs, il ajoute : \u00ab\u00a0<em>Les \u00e2mes qui sont tourment\u00e9es au Purgatoire ne souffrent aucun tourment pendant la c\u00e9l\u00e9bration de la Sainte Messe, si le pr\u00eatre prie pour elles en offrant ce sacrifice.\u00a0\u00bb <\/em>C&rsquo;est pourquoi je te recommande, autant que je le peux, de ne jamais oublier tes parents et amis d\u00e9funts chaque fois que tu fais c\u00e9l\u00e9brer ou que tu vas \u00e9couter la Sainte Messe.<\/li>\n<li>Je dois cependant te recommander, \u00f4 lecteur, de ne pas faire comme font malheureusement beaucoup de chr\u00e9tiens, lorsqu&rsquo;ils vont \u00e9couter la Sainte Messe. Oh\u00a0! comme il est triste de voir tant de chr\u00e9tiens ne faire que peu ou pas de cas de cet auguste sacrifice de l&rsquo;autel ! Certains y vont rarement, ou y restent \u00e0 contrec\u0153ur ; d&rsquo;autres l&rsquo;\u00e9coutent distraitement, sans modestie, sans v\u00e9n\u00e9ration, sans respect, restant assis ou debout, parfois en riant, parfois en parlant ou en regardant ici et l\u00e0. Lorsque nous irons \u00e9couter la Sainte Messe, essayons d&rsquo;y assister avec le plus grand recueillement. Que notre esprit, notre c\u0153ur, nos sentiments ne soient attentifs qu&rsquo;\u00e0 honorer Dieu. Oh ! une messe bien \u00e9cout\u00e9e, que de gr\u00e2ces et de b\u00e9n\u00e9dictions elle peut nous apporter ? \u00c9coutons ce que nous dit le Bienheureux L\u00e9onard : \u00ab Je crois, dit-il, que s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas la Messe, le monde serait d\u00e9j\u00e0 englouti, incapable de supporter le poids de tant d&rsquo;iniquit\u00e9s. La Messe est le puissant appui qui le maintient debout. \u00bb Pour encourager tous les chr\u00e9tiens \u00e0 \u00eatre attentifs \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute de la Sainte Messe, le m\u00eame saint avait coutume de pr\u00eacher ainsi : \u00ab Laissez-moi monter au sommet des plus hautes montagnes, et l\u00e0, d&rsquo;une voix forte, je crierai : Peuples tromp\u00e9s, peuples tromp\u00e9s, que faites-vous ? Pourquoi ne courez-vous pas \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise pour \u00e9couter saintement autant de messes que vous le pouvez ?\u00a0\u00bb<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemple<\/em><\/p>\n<p>Allons avec empressement \u00e9couter la sainte Messe. S&rsquo;il nous arrive de subir quelques d\u00e9sagr\u00e9ments ou de perdre un peu de temps, ne nous inqui\u00e9tons pas ; Dieu saura tout r\u00e9compenser. Saint Isidore \u00e9tait un pauvre paysan. Chaque jour de l&rsquo;ann\u00e9e, il se levait t\u00f4t le matin, allait \u00e9couter la sainte messe, puis partait faire ce que son ma\u00eetre lui commandait. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il attirait les b\u00e9n\u00e9dictions du Seigneur sur son travail et sur les champs de ses ma\u00eetres, de sorte que tout lui r\u00e9ussissait. Si la Messe est source de b\u00e9n\u00e9dictions dans les choses temporelles, quelles gr\u00e2ces ne nous procurera-t-elle pas aupr\u00e8s du Seigneur pour notre \u00e2me, dans la vie pr\u00e9sente et dans la vie future ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>Salut, tr\u00e8s saint Corps,<\/p>\n<p>Corps divin,<\/p>\n<p>Issu de la Vierge pure<\/p>\n<p>N\u00e9 enfant.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc228443980\"><\/a><a name=\"_Toc204271395\"><\/a><a name=\"_Toc204271835\"><\/a><a name=\"_Toc206319787\"><\/a><strong>Vingt-quatri\u00e8me jour. La Sainte Communion<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus, in adiutorium, etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Comprends, \u00f4 chr\u00e9tien, ce que signifie faire la sainte Communion. Cela signifie s&rsquo;approcher de la table des anges pour recevoir le corps, le sang, l&rsquo;\u00e2me et la divinit\u00e9 de Notre-Seigneur J\u00e9sus-Christ, qui est donn\u00e9 en nourriture \u00e0 notre \u00e2me sous l&rsquo;apparence du pain et du vin consacr\u00e9s. \u00c0 la Messe, au moment o\u00f9 le pr\u00eatre prononce les paroles de la cons\u00e9cration sur le pain et le vin, le pain et le vin deviennent le corps et le sang de J\u00e9sus-Christ. Les paroles utilis\u00e9es par notre divin Sauveur pour instituer ce sacrement sont : ceci est mon corps, ceci est mon sang : <em>hoc est corpus meum, hic est calix sanguinis mei. <\/em>Ces m\u00eames paroles sont utilis\u00e9es par les pr\u00eatres au nom de J\u00e9sus-Christ dans le sacrifice de la sainte Messe. Ainsi, lorsque nous allons communier, nous recevons le m\u00eame J\u00e9sus-Christ dans son corps, son sang, son \u00e2me et sa divinit\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire le vrai Dieu et le vrai homme vivant comme il est au ciel. Ce n&rsquo;est pas son image, ni m\u00eame sa figure, comme une statue ou un crucifix, mais c&rsquo;est J\u00e9sus-Christ lui-m\u00eame, tel qu&rsquo;il est n\u00e9 de la Vierge Marie immacul\u00e9e et mort pour nous sur la croix. J\u00e9sus-Christ lui-m\u00eame nous a assur\u00e9 de sa pr\u00e9sence r\u00e9elle dans la sainte Eucharistie lorsqu&rsquo;il a dit : \u00ab <em>Ceci est mon corps qui sera livr\u00e9 pour le salut des hommes : corpus, quod pro vobis tradetur. C&rsquo;est ce pain vivant qui est descendu du ciel : hic est panis vivus, qui de caelo descendit. <\/em>Le pain que je donnerai, c&rsquo;est ma chair. La boisson que je donnerai, c&rsquo;est mon vrai sang. Qui ne mange pas de ce corps et ne boit pas de ce sang, n&rsquo;a pas la vie en lui.\u00a0\u00bb<\/li>\n<li>J\u00e9sus, ayant institu\u00e9 ce sacrement pour le bien de nos \u00e2mes, d\u00e9sire que nous y acc\u00e9dions souvent. Voici les paroles avec lesquelles il nous invite : venez \u00e0 moi, vous tous qui \u00eates fatigu\u00e9s et opprim\u00e9s, et je vous soulagerai : <em>venite ad me omnes qui laboratis et onerati estis, et ego reficiam vos.<\/em> Ailleurs, il disait aux Juifs : \u00ab Vos p\u00e8res ont mang\u00e9 la manne dans le d\u00e9sert et ils sont morts ; mais celui qui mange la nourriture figur\u00e9e dans la manne, cette nourriture que je donne, cette nourriture qui est mon corps et mon sang, ne mourra plus jamais. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui ; car ma chair est une vraie nourriture et mon sang est une vraie boisson. \u00bb Qui pourrait r\u00e9sister \u00e0 ces invitations aimantes du divin Sauveur ? Pour r\u00e9pondre \u00e0 ces invitations, les premiers chr\u00e9tiens allaient chaque jour \u00e9couter la parole de Dieu et chaque jour ils s&rsquo;approchaient de la sainte Communion. C&rsquo;est dans ce sacrement que les martyrs trouvaient leur force, les vierges leur ferveur, les saints leur courage.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Et nous, avec quelle fr\u00e9quence nous approchons-nous de cette nourriture c\u00e9leste ? Si nous examinons les d\u00e9sirs de J\u00e9sus-Christ et notre besoin, nous devons communier tr\u00e8s souvent. De m\u00eame que la manne a servi de nourriture corporelle aux Juifs chaque jour pendant tout le temps o\u00f9 ils ont v\u00e9cu dans le d\u00e9sert, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;ils soient introduits dans la terre promise, de m\u00eame la sainte communion devrait \u00eatre notre r\u00e9confort, notre nourriture quotidienne dans les dangers de ce monde, pour nous conduire \u00e0 la v\u00e9ritable terre promise du paradis. Saint Augustin parlait ainsi : Si nous demandons chaque jour \u00e0 Dieu le pain corporel, pourquoi ne nous procurons-nous pas aussi chaque jour le pain spirituel par la sainte communion ? Saint Philippe N\u00e9ri encourageait les chr\u00e9tiens \u00e0 se confesser tous les huit jours et \u00e0 communier encore plus souvent suivant les conseils du confesseur. Enfin, la sainte \u00c9glise manifeste son vif d\u00e9sir de la communion fr\u00e9quente au Concile de Trente, o\u00f9 elle dit : \u00ab Il serait hautement souhaitable que chaque fid\u00e8le chr\u00e9tien se maintienne dans un \u00e9tat de conscience tel qu&rsquo;il puisse recevoir la sainte communion chaque fois qu&rsquo;il assiste \u00e0 la sainte messe. \u00bb Le pape Cl\u00e9ment XIII, pour encourager les chr\u00e9tiens \u00e0 s&rsquo;approcher tr\u00e8s fr\u00e9quemment de la sainte confession et de la sainte communion, accorda la faveur suivante : \u00ab Les fid\u00e8les chr\u00e9tiens qui ont la louable habitude de se confesser chaque semaine peuvent obtenir une indulgence pl\u00e9ni\u00e8re chaque fois qu&rsquo;ils font la sainte communion.<\/p>\n<ol start=\"3\">\n<li>Certains diront : \u00ab Je suis trop p\u00e9cheur. \u00bb Si tu es p\u00e9cheur, efforce-toi de te mettre en \u00e9tat de gr\u00e2ce par le sacrement de la confession, puis approche-toi de la sainte communion, et tu en tireras un grand secours. D&rsquo;autres diront : \u00ab Je communie rarement pour avoir plus de ferveur. \u00bb C&rsquo;est une erreur. Les choses que l&rsquo;on fait rarement sont g\u00e9n\u00e9ralement mal faites. D&rsquo;ailleurs, tes besoins \u00e9tant fr\u00e9quents, le secours pour ton \u00e2me doit \u00eatre fr\u00e9quent. Certains ajoutent : \u00ab Je suis plein de maladies spirituelles et je n&rsquo;ose pas communier souvent. \u00bb J\u00e9sus-Christ r\u00e9pond : <em>ceux qui sont en bonne sant\u00e9 n&rsquo;ont pas besoin de m\u00e9decin ; <\/em>c&rsquo;est pourquoi ceux qui sont le plus sujets aux maux doivent \u00eatre souvent visit\u00e9s par le m\u00e9decin. Courage donc, \u00f4 chr\u00e9tien, si tu veux accomplir l&rsquo;action la plus glorieuse pour Dieu, la plus agr\u00e9able \u00e0 tous les saints du ciel, la plus efficace pour vaincre les tentations, la plus s\u00fbre pour te faire pers\u00e9v\u00e9rer dans le bien, c&rsquo;est certainement la sainte Communion.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemple<\/em><\/p>\n<p>Un jeune gar\u00e7on nomm\u00e9 Dominique Savio, anim\u00e9 d&rsquo;un vif d\u00e9sir de plaire \u00e0 Marie, lui offrait chaque jour quelques pri\u00e8res, mais chaque samedi, il faisait la sainte communion en l&rsquo;honneur de Celle qu&rsquo;il appelait sa tr\u00e8s ch\u00e8re M\u00e8re. En 1856, il fit le mois de Marie avec une telle ferveur que tous ses compagnons en furent \u00e9difi\u00e9s. Chaque jour, il demandait \u00e0 Marie de le retirer du monde plut\u00f4t que de perdre la vertu de la puret\u00e9. Le jour de la cl\u00f4ture, il ne demanda qu&rsquo;une seule gr\u00e2ce : pouvoir faire une bonne communion avant de mourir. La Sainte Vierge l&rsquo;exau\u00e7a. Neuf mois plus tard (le 9 mars 1857), il mourut \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de quinze ans apr\u00e8s avoir re\u00e7u le Saint-Sacrement avec la plus grande tendresse et la plus grande d\u00e9votion. Dans les instants qui s&rsquo;\u00e9coul\u00e8rent entre la r\u00e9ception du Saint-Sacrement et sa mort, il r\u00e9p\u00e9tait sans cesse : \u00ab \u00d4 Marie, vous m&rsquo;avez exauc\u00e9, je suis bien riche. Je ne vous demande rien d&rsquo;autre que de m&rsquo;assister dans ces derniers instants de ma vie et de m&rsquo;accompagner de cette vie \u00e0 l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Presque au moment o\u00f9 il pronon\u00e7ait ces mots, son \u00e2me s&rsquo;envolait vers le ciel, accompagn\u00e9e de Marie, \u00e0 qui il avait vou\u00e9 un amour fervent durant sa vie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>Je t&rsquo;adore \u00e0 chaque instant<\/p>\n<p>\u00d4 pain vivant du ciel,<\/p>\n<p>Grand Sacrement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc228443981\"><\/a><a name=\"_Toc204271396\"><\/a><a name=\"_Toc204271836\"><\/a><a name=\"_Toc206319788\"><\/a><strong>Vingt-cinqui\u00e8me jour. Le p\u00e9ch\u00e9 d\u2019impuret\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus, in adiutorium, etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Saint Paul ordonne que ce p\u00e9ch\u00e9 ne soit m\u00eame pas mentionn\u00e9 parmi les chr\u00e9tiens : <em>impudicitia nequidem nominetur in vobis. <\/em>Je m&rsquo;abstiendrais d&rsquo;en parler, \u00f4 grand ap\u00f4tre de J\u00e9sus-Christ, si ce p\u00e9ch\u00e9 n&rsquo;\u00e9tait pas le grand ma\u00eetre qui envoie tant d&rsquo;\u00e2mes \u00e0 la perdition \u00e9ternelle. Nous pouvons vraiment dire que ce p\u00e9ch\u00e9 a ouvert l&rsquo;enfer, et que beaucoup s&rsquo;y pr\u00e9cipitent malheureusement. Afin d&rsquo;en avoir une juste horreur, voyons comment Dieu d\u00e9teste ce vice abominable. Celui qui se livre \u00e0 ce p\u00e9ch\u00e9 est compar\u00e9 aux animaux immondes. L&rsquo;homme, qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 \u00e0 la plus grande dignit\u00e9, a perdu son intelligence et est devenu semblable aux animaux immondes qui se tra\u00eenent dans la boue. <em>Jumentis insipientibus comparatus est, et similis factus est illis. <\/em>\u00d4 chr\u00e9tien, reconnais ta dignit\u00e9 et comprends en m\u00eame temps le grand mal que tu fais lorsque tu t&rsquo;abandonnes \u00e0 des paroles, \u00e0 des pens\u00e9es et \u00e0 des actes impurs. De plus, pourquoi Dieu a-t-il envoy\u00e9 un d\u00e9luge sur toute la terre ? Parce que le genre humain s&rsquo;\u00e9tait abandonn\u00e9 \u00e0 la d\u00e9bauche. <em>Omnis caro corruperat viam suam. <\/em>Pourquoi a-t-il envoy\u00e9 un incendie sur Sodome, Gomorrhe et les villes voisines ? Parce que leurs habitants s&rsquo;\u00e9taient abandonn\u00e9s \u00e0 ce vice. Pourquoi Onan a-t-il \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 de mort subite apr\u00e8s un seul p\u00e9ch\u00e9 ? Parce que c&rsquo;\u00e9tait un p\u00e9ch\u00e9 d\u2019impuret\u00e9. Quel pr\u00e9cepte sp\u00e9cial Dieu a-t-il publi\u00e9 au mont Sina\u00ef parmi les tonnerres et les \u00e9clairs ? C&rsquo;est celui qui dit : ne commettez pas l&rsquo;adult\u00e8re, c&rsquo;est-\u00e0-dire ne faites pas de choses malhonn\u00eates. Quel est le mal que le divin Sauveur a interdit de fixer du regard ou de retenir dans ses pens\u00e9es ? C&rsquo;est la malhonn\u00eatet\u00e9. Quel est ce grand mal que saint Paul consid\u00e8re tellement grand qu&rsquo;il ne doit pas \u00eatre nomm\u00e9 parmi les chr\u00e9tiens ? C&rsquo;est l&rsquo;impudicit\u00e9. <em>Impudicitia nequidem nominetur in vobis.<\/em><\/li>\n<li>\u00c0 partir de cette doctrine r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par Dieu, tu conna\u00eetras le grand mal qu&rsquo;est l\u2019impuret\u00e9, mais tu le conna\u00eetras encore mieux si tu consid\u00e8res ses funestes cons\u00e9quences. Si vous entrez dans les familles et demandez la cause de tant de discordes, de tant de mis\u00e8res, de tant de patrimoines ruin\u00e9s, beaucoup sont contraints de r\u00e9pondre que c\u2019est ce vice abominable qui en est la cause. Demandons aux m\u00e9decins qui fr\u00e9quentent les maisons priv\u00e9es et les h\u00f4pitaux publics, et ils sauront nous dire combien sont envoy\u00e9s \u00e0 la tombe dans la fleur de l&rsquo;\u00e2ge. Oh ! si les cendres de ces personnes pouvaient parler depuis leurs tombes, elles nous donneraient des conseils tr\u00e8s utiles. Les uns diraient que ce vice a \u00e9t\u00e9 la cause de querelles, de jeux, d&rsquo;ivrognerie, de mort. D&rsquo;autres que ce vice a affaibli leur sant\u00e9 et les a conduits pr\u00e9matur\u00e9ment dans la tombe, confirmant ainsi cette v\u00e9rit\u00e9 que les p\u00e9ch\u00e9s abr\u00e8gent la vie : <em>dies impiorum breviabuntur.<\/em><\/li>\n<li>Mais tirons un voile sur ces malheurs qui s&rsquo;abattent sur le corps, et \u00e9voquons quelques-uns des maux qu&rsquo;ils produisent dans l&rsquo;esprit. Dieu dit que se livrer \u00e0 l\u2019impuret\u00e9 \u00e9quivaut \u00e0 perdre la foi : <em>luxuriari idem est ac apostatare a Deo.<\/em> En effet, nous voyons des chr\u00e9tiens joyeux, pleins de ferveur dans leurs pratiques religieuses, assidus aux sacrements ; mais d\u00e8s que la d\u00e9bauche s&rsquo;introduit dans leur c\u0153ur, ils commencent \u00e0 se refroidir, ils diminuent leur fr\u00e9quentation des sacrements, ils s&rsquo;ennuient de la parole de Dieu, ils commencent \u00e0 douter des v\u00e9rit\u00e9s de la foi, et tombant d&rsquo;ab\u00eeme en ab\u00eeme, ils finissent par devenir incr\u00e9dules et parfois de v\u00e9ritables apostats. <em>Luxuriari idem est ac apostatare a Deo. <\/em>Que dire alors des supplices \u00e9ternels r\u00e9serv\u00e9s dans l&rsquo;autre vie aux impudiques ? Je ne veux pas continuer dans cette horrible consid\u00e9ration ; je sugg\u00e8re plut\u00f4t quelques moyens pour \u00e9loigner de ce vice ceux qui sont innocents et pr\u00e9server ceux qui ont eu le malheur d&rsquo;en \u00eatre infect\u00e9s. La confession fr\u00e9quente et la communion fr\u00e9quente sont les deux rem\u00e8des les plus efficaces. Fuyez les discours obsc\u00e8nes, les mauvaises lectures, les personnes abandonn\u00e9es au jeu, \u00e0 l&rsquo;ivrognerie et \u00e0 d&rsquo;autres d\u00e9sordres similaires. Fr\u00e9quentez la parole de Dieu et lisez de bons livres, r\u00e9citez matin et soir trois Je vous salue \u00e0 Marie Immacul\u00e9e et embrassez sa m\u00e9daille. Si toi, chr\u00e9tien, tu mets ces moyens en pratique, tu te pr\u00e9serveras sans aucun doute de ce vice terrible qui a d\u00e9j\u00e0 envoy\u00e9 tant d&rsquo;\u00e2mes en enfer.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemple<\/em><\/p>\n<p>Une jeune fille de la ville de Turin eut le malheur de s&rsquo;abandonner au vice dont nous parlons. Et comme cela arrive \u00e0 beaucoup d&rsquo;autres malheureuses, elle perdit aussi sa d\u00e9votion, quitta la maison paternelle pour mener une vie dissolue. Ainsi ruin\u00e9e dans les choses de l&rsquo;\u00e2me, elle le fut bient\u00f4t dans les choses du corps ; et tomb\u00e9e dans une grave maladie, elle \u00e9tait presque \u00e0 l&rsquo;article de la mort. Personne n&rsquo;osait lui parler de religion. Ceux qui avaient os\u00e9 lui dire quelques mots furent renvoy\u00e9s avec ex\u00e9cration. Un pieux pr\u00eatre, inform\u00e9 de ce triste cas, eut assez de courage pour tenter lui aussi. Il se pr\u00e9senta \u00e0 la malade, mais celle-ci, comme une furie infernale, prof\u00e9ra mille mal\u00e9dictions et voulut le contraindre \u00e0 fuir. Le fid\u00e8le ministre de Dieu souffrit tout cela, et apr\u00e8s de nombreux incidents, il r\u00e9ussit \u00e0 lui faire accepter une m\u00e9daille de l&rsquo;Immacul\u00e9e Conception. Plein d&rsquo;espoir de gagner une fille \u00e0 Marie, le pr\u00eatre part et rejoint d&rsquo;autres fid\u00e8les qui se rassemblent dans l&rsquo;\u00e9glise pour invoquer la protection de Celle qui est le refuge des p\u00e9cheurs. \u00c0 la fin de la journ\u00e9e, il retourna aupr\u00e8s de la malade, qui l&rsquo;accueillit mieux. Il obtint qu&rsquo;elle dise trois <em>Ave Maria. <\/em>Puis il partit. Il n&rsquo;\u00e9tait pas encore arriv\u00e9 chez lui lorsqu&rsquo;une personne de service l&rsquo;appela avec beaucoup d&#8217;empressement pour qu&rsquo;il retourne aupr\u00e8s de la malade qui voulait se confesser. Il s&rsquo;y rendit aussit\u00f4t et la trouva en larmes, pleurant ses p\u00e9ch\u00e9s et d\u00e9sirant se confesser avant de mourir. Elle fit sa confession et montra des signes de repentir sinc\u00e8re. Elle demanda elle-m\u00eame \u00e0 recevoir le Saint-Sacrement, l&rsquo;extr\u00eame-onction et la b\u00e9n\u00e9diction papale, qui lui furent administr\u00e9s sans d\u00e9lai. Elle semblait sur le point de rendre son dernier souffle quand, rassemblant toutes ses forces, elle adressa ces derni\u00e8res paroles aux nombreuses personnes qui se tenaient en pleurs autour de son lit : <em>\u00ab R\u00e9jouissez-vous tous dans vos c\u0153urs ; j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 malheureuse, le monde m&rsquo;a tromp\u00e9e. J&rsquo;ai abandonn\u00e9 Dieu et sa m\u00e8re tr\u00e8s sainte, mais elle ne m&rsquo;a pas abandonn\u00e9e. Elle m&rsquo;a obtenu de ne pas mourir d&rsquo;une mauvaise mort, elle m&rsquo;a obtenu de son Fils la gr\u00e2ce de pouvoir me confesser, et ainsi fermer les portes de l&rsquo;enfer et m&rsquo;ouvrir celles du paradis. Apr\u00e8s ma mort, racontez \u00e0 tous la grande faveur que Marie m&rsquo;a obtenue. Je meurs, et en mourant j&rsquo;esp\u00e8re la retrouver au ciel.\u00a0\u00bb <\/em>Cela dit, elle laissa tomber sa t\u00eate sur le lit et, apr\u00e8s quelques instants, elle rendit son dernier souffle.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>Marie, tu es une tendre m\u00e8re<\/p>\n<p>Pour les innocents, et en m\u00eame temps<\/p>\n<p>Pour le p\u00e9cheur qui g\u00e9mit,<\/p>\n<p>Qui esp\u00e8re en ta piti\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Prends mon c\u0153ur, \u00f4 Vierge,<\/p>\n<p>Tu peux le transformer ;<\/p>\n<p>Donne-lui tes sentiments<\/p>\n<p>Donne-lui ton amour divin.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc228443982\"><\/a><a name=\"_Toc204271397\"><\/a><a name=\"_Toc204271837\"><\/a><a name=\"_Toc206319789\"><\/a><strong>Vingt-sixi\u00e8me jour. La vertu de la puret\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus, in adiutorium, etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Autant il est horrible de parler du p\u00e9ch\u00e9 d\u2019impuret\u00e9, autant il est r\u00e9confortant de parler de la vertu de la puret\u00e9. Cette seule vertu suffit \u00e0 rendre saint celui qui la poss\u00e8de. Ceux qui l&rsquo;aiment sont compar\u00e9s par J\u00e9sus dans l&rsquo;\u00c9vangile aux anges : <em>erunt sicut angeli Dei in caelo. <\/em>(Matthieu 22.) \u00d4 combien tu es digne de l&rsquo;estime des hommes, \u00f4 sainte vertu de la puret\u00e9 ! Tu fais de l&rsquo;homme, qui n&rsquo;est que poussi\u00e8re et cendre, un esprit c\u00e9leste, un ange. Mieux encore, tu le rends sup\u00e9rieur aux anges eux-m\u00eames, car les anges sont des esprits purs, tandis que nous, pour conserver cette vertu, nous devons dompter les inclinations de notre corps. Cette vertu est si pr\u00e9cieuse aux yeux de Dieu que le Saint-Esprit lui-m\u00eame nous assure qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien de plus pr\u00e9cieux au monde : <em>non est ponderatio digna continentis animae <\/em>(Eccl. 26). Saint Jean l&rsquo;\u00c9vang\u00e9liste \u00e9tait le disciple bien-aim\u00e9 de J\u00e9sus-Christ parce qu&rsquo;il avait conserv\u00e9 cette vertu \u00e0 un degr\u00e9 sublime. Et Dieu a voulu le r\u00e9compenser dans la vie pr\u00e9sente en lui faisant conna\u00eetre la grande r\u00e9compense qui est r\u00e9serv\u00e9e aux chastes et aux vierges dans le ciel. Alors qu&rsquo;il \u00e9tait en exil sur l&rsquo;\u00eele de Patmos, Dieu lui r\u00e9v\u00e9la de nombreux myst\u00e8res en l&rsquo;\u00e9levant pour contempler les beaut\u00e9s du Paradis. Entre autres choses, il vit une multitude de bienheureux v\u00eatus d&rsquo;une robe blanche, tenant une palme \u00e0 la main ; et chantant un hymne que nul autre ne pouvait chanter, ils entouraient constamment la personne du Sauveur partout o\u00f9 il allait. \u00c9merveill\u00e9, le saint ap\u00f4tre dit \u00e0 l&rsquo;ange qui l&rsquo;accompagnait au paradis : \u00ab <em>Qui sont ceux qui jouissent d&rsquo;une telle gloire ?\u00a0\u00bb <\/em>L&rsquo;ange r\u00e9pondit : \u00ab Ce sont les vierges, ceux qui n&rsquo;ont pas souill\u00e9 la robe de l&rsquo;innocence, et c&rsquo;est pourquoi ils suivent l&rsquo;Agneau divin partout o\u00f9 il va. <em>Virgines enim sunt, hi sequuntur agnum quocumque ierit.\u00a0\u00bb<\/em><\/li>\n<li>Cette vertu est pr\u00e9cieuse non seulement aux yeux de Dieu, mais elle est aussi source de b\u00e9n\u00e9diction dans la vie pr\u00e9sente. Dieu a d\u00e9montr\u00e9 la grande estime qu&rsquo;il lui porte par de nombreux faits. Il a voulu avoir saint Joseph pour p\u00e8re putatif, qui \u00e9tait vierge ; il a voulu na\u00eetre d&rsquo;une m\u00e8re vierge ; mieux encore, qu&rsquo;elle soit vierge avant l&rsquo;enfantement, pendant et apr\u00e8s l&rsquo;enfantement. Le Saint-Esprit nous dit que tous les biens viennent avec la vertu de la puret\u00e9 : <em>venerunt omnia bona pariter cum illa. <\/em>En effet, ceux qui ont la chance de pouvoir parler avec les \u00e2mes qui conservent ce tr\u00e9sor pr\u00e9cieux d\u00e9couvrent une tranquillit\u00e9, une paix du c\u0153ur, une satisfaction telles qu&rsquo;elles surpassent tous les biens de la terre. On les voit patients dans la mis\u00e8re, charitables envers leur prochain, pacifiques face aux injures, r\u00e9sign\u00e9s dans la maladie, attentifs \u00e0 leurs devoirs, fervents dans leurs pri\u00e8res, avides de la parole de Dieu. On voit dans leur c\u0153ur une foi vivante, une esp\u00e9rance ferme et une charit\u00e9 ardente.<\/li>\n<li>Courage donc, \u00f4 chr\u00e9tien, fais tous les efforts pour conserver le tr\u00e9sor inestimable de cette vertu. Si tu le fais, tu t&rsquo;\u00e9l\u00e8veras au-dessus de tous les hommes et tu seras rendu semblable aux anges du paradis, m\u00eame dans la vie pr\u00e9sente. Mais si tu veux parfaire cette vertu, il faut que tu imites la Reine des Vierges. Imite-la dans la diligence dans les pratiques religieuses et dans l&rsquo;exercice de l&rsquo;humilit\u00e9, car seuls les humbles sont rendus forts par Dieu pour combattre les tentations des sens. Imite-la dans la discr\u00e9tion, de sorte que tes conversations ne soient pas avec d&rsquo;autres personnes mais avec les anges, c&rsquo;est-\u00e0-dire avec des personnes qui parlent des choses du Seigneur, et non des choses d\u00e9sordonn\u00e9es du monde. Imite-la en fr\u00e9quentant des personnes qui aiment cette vertu, et surtout en fuyant les personnes du sexe oppos\u00e9. Imite-la dans la modestie du regard, dans la sobri\u00e9t\u00e9 de la table, dans la fuite des th\u00e9\u00e2tres, des bals et autres spectacles dangereux. Si tu imites ainsi la sainte Vierge, tu seras s\u00fbr de conserver intacte la vertu de la puret\u00e9 ici-bas, pour en recevoir ensuite la glorieuse r\u00e9compense au ciel.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemple<\/em><\/p>\n<p>Saint Louis de Gonzague peut servir de mod\u00e8le \u00e0 tous ceux qui d\u00e9sirent conserver la vertu dont nous parlons. D\u00e8s son plus jeune \u00e2ge, il \u00e9tait si r\u00e9serv\u00e9 que lorsque les domestiques venaient l&rsquo;aider \u00e0 s&rsquo;habiller, il n&rsquo;osait m\u00eame pas montrer ses pieds nus ; il \u00e9tait si modeste dans son regard qu&rsquo;il n&rsquo;avait jamais regard\u00e9 sa m\u00e8re en face. Un jour, il se trouvait en compagnie d&rsquo;une personne \u00e2g\u00e9e qui se mit \u00e0 tenir des propos ind\u00e9cents. \u00ab Allons, dit Louis, cette fa\u00e7on de parler ne convient pas \u00e0 vos cheveux blancs, et elle est d&rsquo;autant plus d\u00e9plac\u00e9e en pr\u00e9sence de ces jeunes chr\u00e9tiens qui vous \u00e9coutent. Le vieillard rougit et se tut. Mais saint Louis, pour s&rsquo;assurer de conserver cette vertu, commen\u00e7a d\u00e8s son plus jeune \u00e2ge \u00e0 pratiquer une d\u00e9votion filiale envers Celle qui est appel\u00e9e <em>Mater purissima <\/em>et la puissante protectrice de ceux qui veulent offrir leur c\u0153ur \u00e0 Dieu. D\u00e8s l&rsquo;\u00e2ge de dix ans il fit v\u0153u de chastet\u00e9 perp\u00e9tuelle, se pla\u00e7ant enti\u00e8rement sous la puissante protection de Marie, la priant de l&rsquo;aider \u00e0 conserver cette vertu jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort. La Sainte Vierge l&rsquo;exau\u00e7a, et Louis fait partie de ces \u00e2mes privil\u00e9gi\u00e9es qui ont emport\u00e9 dans l&rsquo;autre vie la robe de l&rsquo;innocence baptismale, qui lui vaut certainement au ciel une couronne sp\u00e9ciale de gloire \u00e9ternelle.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire <\/em><\/p>\n<p>\u00d4 Marie, con\u00e7ue sans p\u00e9ch\u00e9, priez pour nous qui avons recours \u00e0 vous<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>.<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc228443983\"><\/a><a name=\"_Toc204271398\"><\/a><a name=\"_Toc204271838\"><\/a><a name=\"_Toc206319790\"><\/a><strong>Vingt-septi\u00e8me jour. Le respect humain<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus, in adiutorium, etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Si quelqu&rsquo;un te demandait, \u00f4 chr\u00e9tien, ce qu&rsquo;est le respect humain, tu r\u00e9pondrais peut-\u00eatre que tu ne le sais pas. Et je te r\u00e9pondrais presque la m\u00eame chose. Pourtant, pour une chose dont nous ne savons m\u00eame pas ce qu&rsquo;elle est, beaucoup se condamnent \u00e0 la perdition \u00e9ternelle. Pour donner une d\u00e9finition \u00e0 cet ennemi des \u00e2mes, je pense que l&rsquo;on peut dire : <em>une crainte vaine qui nous emp\u00eache de faire le bien ou qui nous pousse \u00e0 faire le mal pour ne pas d\u00e9plaire aux hommes.<\/em> Crois-moi, \u00f4 chr\u00e9tien, beaucoup marcheraient dans la voie de la vertu si cette vaine crainte ne les trompait pas et ne leur faisait pas abandonner le bien qu\u2019ils doivent faire, les poussant \u00e0 commettre le mal qu\u2019ils voudraient \u00e9viter dans leur c\u0153ur. Un jeune homme veut se donner \u00e0 Dieu, sanctifier les jours f\u00e9ri\u00e9s, aller \u00e9couter la parole de Dieu. Mais il craint ses compagnons, qui se moquent de lui. Un p\u00e8re de famille voudrait rester loin de ce jeu, de cette taverne, il ne voudrait plus rester sur la place pendant les heures de pri\u00e8re, il voudrait mieux s&rsquo;occuper de sa famille, mais il craint d&rsquo;\u00eatre raill\u00e9 par certains de ses compagnons de jeu, c&rsquo;est pourquoi il continue dans le mal. D&rsquo;autres disent : si je ne vais plus dans cette maison, ils diront que le confesseur me l&rsquo;a interdit. Si j&rsquo;abandonne ces compagnons, on dira que je veux aller dans un d\u00e9sert. Si je ne participe pas \u00e0 ces conversations obsc\u00e8nes, ils diront que je n&rsquo;ai pas d&rsquo;esprit. Si je m&rsquo;approche plus souvent des sacrements, ils diront que je veux devenir moine. Et \u00e0 cause de ces vaines craintes, on continue \u00e0 faire le mal, on omet les pratiques les plus importantes pour l&rsquo;\u00e2me. Malheureux ! Ne savez-vous pas que la sagesse du monde est folie aupr\u00e8s de Dieu ? <em>Sapientia huius mundi stultitia est apud Deum ?<\/em><\/li>\n<li>Mais sois persuad\u00e9 que, dans la plupart des cas, on ne dit pas ces choses, c&rsquo;est une crainte vaine qui te les fait penser. Crois-moi, si on te voit fid\u00e8le dans l&rsquo;accomplissement de tes devoirs, on aura pour toi une grande v\u00e9n\u00e9ration. Et m\u00eame si ces choses se disaient, cela causerait-il un pr\u00e9judice \u00e0 tes biens, \u00e0 ta r\u00e9putation ? Et m\u00eame si tu subissais un pr\u00e9judice, devrais-tu pour autant faire ce que dit le monde, et non ce que dit Dieu ? Le monde parle, J\u00e9sus-Christ parle ; qui est le plus digne d&rsquo;\u00eatre \u00e9cout\u00e9 ? Vaut-il mieux \u00e9couter J\u00e9sus-Christ et aller \u00e0 la vie \u00e9ternelle, ou \u00e9couter le monde et aller en enfer ? \u00ab Oh, insens\u00e9s ! \u00bb disait un bon chr\u00e9tien \u00e0 certains qui voulaient le pousser au mal, \u00ab insens\u00e9s que vous \u00eates ; si, pour vous \u00e9couter, je vais en enfer, viendrez-vous peut-\u00eatre me sortir de l\u00e0 ?\u00a0\u00bb<\/li>\n<li>Si ce que nous avons dit en g\u00e9n\u00e9ral ne suffit pas \u00e0 nous faire m\u00e9priser le respect humain, pensons au moins \u00e0 ce que dit J\u00e9sus-Christ dans le saint \u00c9vangile. \u00c9coutons ses paroles : \u00ab Quiconque me confessera, je le confesserai devant mon P\u00e8re c\u00e9leste ; mais quiconque aura honte de me confesser devant les hommes, j&rsquo;aurai moi aussi honte de le confesser devant mon P\u00e8re c\u00e9leste. \u00bb Courage, \u00f4 chr\u00e9tien, et ne laisse jamais les paroles du monde te faire omettre un bien et te pousser \u00e0 faire un mal.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemple<\/em><\/p>\n<p>Un soldat nomm\u00e9 Belsoggiorno r\u00e9citait chaque jour sept <em>Pater <\/em>et sept <em>Ave <\/em>en m\u00e9moire des sept all\u00e9gresses et des sept douleurs de la Sainte Vierge. S&rsquo;il n&rsquo;avait pas le temps pendant la journ\u00e9e, il le faisait le soir avant de se coucher. De plus, s&rsquo;il se souvenait qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas accompli ce devoir alors qu&rsquo;il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 au lit, il se levait aussit\u00f4t et r\u00e9citait cette pri\u00e8re \u00e0 genoux. Imaginez les moqueries et les signes de m\u00e9pris de ses compagnons ! Il n&rsquo;y pr\u00eata aucune attention et pers\u00e9v\u00e9ra dans sa pri\u00e8re. Un jour, au combat, Belsoggiorno se trouva en premi\u00e8re ligne face \u00e0 l&rsquo;ennemi, attendant le signal de l&rsquo;attaque. Il se rendit alors compte qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas dit sa pri\u00e8re habituelle et, faisant rapidement le signe de la croix, il se mit \u00e0 la r\u00e9citer. D\u00e8s que ses compagnons s&rsquo;en aper\u00e7urent, ils se mirent \u00e0 le railler, et les railleries passant de bouche en bouche, il fut presque ridiculis\u00e9 par tous. Belsoggiorno avait appris \u00e0 vaincre le respect humain, et voyant que les paroles de ses compagnons ne lui faisaient aucun mal, il poursuivit sa pri\u00e8re. Entre-temps, la bataille fit rage et fut sanglante des deux c\u00f4t\u00e9s. Mais quelle ne fut pas la stup\u00e9faction de Belsoggiorno lorsqu&rsquo;il vit \u00e9tendus sur le sol autour de lui tous ceux qui, un instant auparavant, se moquaient de lui, sans qu&rsquo;il ait subi la moindre blessure. Il ne put s&#8217;emp\u00eacher d&rsquo;\u00eatre saisi de crainte et de gratitude envers Marie, la puissante protectrice qui l&rsquo;avait sauv\u00e9. Pendant le reste de cette guerre qui fut tr\u00e8s longue, il ne subit jamais aucune blessure. \u00d4 d\u00e9vot de Marie, n&rsquo;aie jamais honte de saluer cette M\u00e8re mis\u00e9ricordieuse chaque fois que tu passes devant une de ses \u00e9glises, statues ou images. Et quand tu entendras dans la rue le signal de l&rsquo;<em>Ave Maria, <\/em>d\u00e9couvre ta t\u00eate sans respect humain et r\u00e9cite la pri\u00e8re avec d\u00e9votion, car Marie saura nous r\u00e9compenser grandement pour cette ob\u00e9issance (<em>d&rsquo;apr\u00e8s plusieurs auteurs)<\/em>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>\u00d4 douce et tendre M\u00e8re,<\/p>\n<p>Source du saint amour,<\/p>\n<p>Qu\u2019une partie de ta ferveur<\/p>\n<p>Descende dans mon c\u0153ur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Fais que je m\u00e9prise avec d\u00e9dain<\/p>\n<p>Les pens\u00e9es profanes,<\/p>\n<p>Et m&rsquo;habitue \u00e0 rechercher<\/p>\n<p>La gloire du Seigneur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc228443984\"><\/a><a name=\"_Toc204271399\"><\/a><a name=\"_Toc204271839\"><\/a><a name=\"_Toc206319791\"><\/a><strong>Vingt-huiti\u00e8me jour. Du Paradis<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus in adiutorium, etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Je te propose aujourd&rsquo;hui, \u00f4 chr\u00e9tien, un sujet r\u00e9confortant. Il s&rsquo;agit du paradis. Pour t&rsquo;en faire une id\u00e9e, consid\u00e9rons les choses visibles sur terre, puis comparons-les \u00e0 celles du ciel. Imagine une nuit claire : comme il est beau de voir le firmament c\u00e9leste avec cette multitude et cette vari\u00e9t\u00e9 d&rsquo;\u00e9toiles ! Imagine aussi une belle journ\u00e9e o\u00f9 la clart\u00e9 du soleil n&#8217;emp\u00eache pas de voir les \u00e9toiles et la lune. Rassemble ensuite tout ce qu&rsquo;il y a de grand, de pr\u00e9cieux, de savoureux, d&rsquo;exquis au go\u00fbt dans la mer, dans les campagnes, dans les villes et dans les cours des rois et des monarques du monde entier. Tout cela n&rsquo;est rien compar\u00e9 \u00e0 la gloire du paradis, car ce n&rsquo;est qu&rsquo;une id\u00e9e des biens de la terre ; mais qu&rsquo;est-ce que ce sera lorsque nous serons admis par Dieu \u00e0 contempler et \u00e0 jouir des biens immenses qui se trouvent dans le royaume de cette gloire ? Aimons-nous la libert\u00e9 ? Eh bien, au paradis, nous pourrons, \u00e0 notre guise, nous promener en tous lieux dans l&rsquo;air, dans la lune, dans les \u00e9toiles, dans le soleil. Nous pourrons en un instant nous transporter du ciel \u00e0 la terre, et de la terre au ciel, nous pourrons p\u00e9n\u00e9trer dans les lieux les plus ferm\u00e9s, dans les coins les plus secrets, sans obstacle et sans crainte. Nous aimons la musique ? Mais quelle douce musique sera celle des anges et des saints au paradis ! Un seul instrument c\u00e9leste, touch\u00e9 pendant quelques instants par un s\u00e9raphin, a ravi saint Fran\u00e7ois d&rsquo;Assise, qui est tomb\u00e9 en extase. Nous aimons \u00eatre lettr\u00e9s ? Allons au paradis, et en un instant nous deviendrons plus savants que Salomon, plus \u00e9clair\u00e9s que tous les philosophes ; l\u00e0, en un instant, sans ennui et sans fatigue, nous apprendrons les sciences les plus sublimes. Nous aimons contempler la beaut\u00e9 des cr\u00e9atures ? Mais combien plus beau doit \u00eatre le Cr\u00e9ateur ?<\/li>\n<li>Consid\u00e9rez ensuite la joie que ressentira l&rsquo;\u00e2me en retrouvant ses parents et ses amis, en contemplant la noblesse, la beaut\u00e9, la multitude des ch\u00e9rubins, des s\u00e9raphins et de tous les anges, de tous les saints, qui par millions et par millions louent et b\u00e9nissent le Cr\u00e9ateur. L\u00e0, nous verrons Adam, Abraham, les patriarches, les proph\u00e8tes, le ch\u0153ur des ap\u00f4tres, le nombre immense des martyrs, des confesseurs, des vierges. Oh, combien ils jouissent dans ce royaume heureux ! Ils sont toujours joyeux, sans infirmit\u00e9, sans chagrin, sans souci qui trouble leur all\u00e9gresse, leur contentement : <em>neque luctus, neque clamor erit ultra.<\/em><\/li>\n<li>Mais remarque, \u00f4 chr\u00e9tien, que tout ce que nous avons consid\u00e9r\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent est bien peu de chose en comparaison de la grande consolation que l&rsquo;on \u00e9prouve \u00e0 la vue de Dieu. Il console les bienheureux de son regard aimant et r\u00e9pand dans leur c\u0153ur un oc\u00e9an de d\u00e9lices. Nous ne le verrons plus avec les yeux de la foi, mais nous le verrons face \u00e0 face, nous contemplerons de pr\u00e8s son visage, sa divine majest\u00e9. <em>Videbimus eum sicuti est. <\/em>Le bienheureux sera tellement plong\u00e9 dans les d\u00e9lices qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9criera : \u00ab Je suis rassasi\u00e9, \u00f4 Seigneur, de ta gloire. <em>Satiabor cum apparuerit gloria tua. <\/em>\u00bb De m\u00eame que le soleil illumine et embellit le monde entier, de m\u00eame Dieu, par sa pr\u00e9sence, illumine tout le paradis et remplit ces heureux habitants d&rsquo;une joie incompr\u00e9hensible. C&rsquo;est pourquoi toutes les arm\u00e9es des anges, des saints et des bienheureux, au comble de leur joie, chanteront en signe de gratitude envers Dieu : Saint, saint, saint est le Dieu des arm\u00e9es, \u00e0 qui soient l&rsquo;honneur et la gloire pour tous les si\u00e8cles. Courage donc, \u00f4 chr\u00e9tien, il te faudra souffrir quelque chose en ce monde, mais la r\u00e9compense que tu recevras dans le ciel compensera infiniment tout ce que tu souffriras sur terre. Quelle consolation ce sera pour toi lorsque tu te trouveras au ciel, en possession de la bienheureuse \u00e9ternit\u00e9, en compagnie de tes parents, de tes amis, des saints et des bienheureux, et que tu diras : \u00ab Je serai toujours avec le Seigneur, mon bonheur ne manquera plus jamais : <em>semper cum domino erimus. <\/em>Alors, tu b\u00e9niras le moment o\u00f9 tu t&rsquo;es donn\u00e9 au Seigneur, tu b\u00e9niras le moment o\u00f9 tu as fait cette bonne confession et o\u00f9 tu as commenc\u00e9 \u00e0 t&rsquo;approcher fr\u00e9quemment des saints sacrements ; tu b\u00e9niras le jour o\u00f9, abandonnant les mauvaises compagnies, tu t&rsquo;es donn\u00e9 \u00e0 la vertu ; et, plein de gratitude, tu te tourneras vers ton Dieu, lui chantant louange et gloire pour les si\u00e8cles des si\u00e8cles. Ainsi soit-il.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemple<\/em><\/p>\n<p>Quelques apparitions de Marie dans la vie pr\u00e9sente suffirent \u00e0 remplir d&rsquo;une joie extraordinaire ses d\u00e9vots. Que sera donc la joie de jouir pour toujours de sa compagnie au ciel ? Saint Gr\u00e9goire le Grand raconte qu&rsquo;une jeune fille nomm\u00e9e Musa \u00e9tait tr\u00e8s d\u00e9vote \u00e0 Marie, mais qu&rsquo;elle avait le d\u00e9faut de s&rsquo;attarder volontiers avec ses compagnes dans la frivolit\u00e9. Afin qu&rsquo;elle ne perde pas sa d\u00e9votion et son innocence en grandissant, Marie voulut la prendre avec elle. Mais d&rsquo;abord, en tendre m\u00e8re, elle la pr\u00e9para peu \u00e0 peu. Une nuit, cette dame lui apparut avec plusieurs jeunes vierges qui semblaient du m\u00eame \u00e2ge, et lui dit : \u00ab Veux-tu accompagner ces jeunes filles et \u00eatre ma servante ? \u00bb \u00ab Si Dieu le veut, r\u00e9pondit Musa, je serai volontiers leur compagne. \u00bb \u00ab Eh bien, dit la Vierge, si tu veux obtenir cette faveur, tu dois changer tes habitudes et ne plus faire tant de farces et de frivolit\u00e9s. Si tu fais cela, je reviendrai avec elles dans un mois, et tu deviendras comme l&rsquo;une de ces belles jeunes filles. \u00c0 ces mots, Musa resta stup\u00e9faite et devint si s\u00e9rieuse qu&rsquo;elle semblait avoir atteint l&rsquo;\u00e2ge m\u00fbr ; elle se retirait, parlait peu, riait rarement et ne faisait plus aucun caprice de petite fille. Ses parents, voyant ce changement, lui demand\u00e8rent ce qu&rsquo;elle avait, et elle leur raconta tout ce qu&rsquo;elle avait vu. Ils pens\u00e8rent que c&rsquo;\u00e9tait un r\u00eave, mais comme le d\u00e9lai fix\u00e9 \u00e9tait court, ils attendirent le r\u00e9sultat. Le trenti\u00e8me jour approchait, et la jeune fille tomba si malade qu&rsquo;elle fut bient\u00f4t \u00e0 l&rsquo;article de la mort. Alors qu&rsquo;elle avait les yeux ferm\u00e9s, elle les ouvrit soudain et vit la Bienheureuse Vierge Marie avec la m\u00eame compagnie que pr\u00e9c\u00e9demment qui l&rsquo;appelait. Elle r\u00e9pondit : \u00ab Me voici, Madame, je vous suis ; me voici, Madame, je viens \u00bb. En disant cela, elle mourut pour rejoindre le ch\u0153ur des saintes Vierges au ciel et chanter \u00e0 jamais les louanges de J\u00e9sus et de sa Sainte M\u00e8re.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>\u00d4 quelle r\u00e9compense et couronne<\/p>\n<p>Pour notre fid\u00e9lit\u00e9<\/p>\n<p>Le Seigneur promet et donne<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;immense \u00e9ternit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dieu d\u2019amour, bont\u00e9 infinie<\/p>\n<p>Je veux vous \u00eatre fid\u00e8le ;<\/p>\n<p>Je vous offre mon c\u0153ur et ma vie.<\/p>\n<p>Donnez-moi un jour le paradis.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc228443985\"><\/a><a name=\"_Toc204271400\"><\/a><a name=\"_Toc204271840\"><\/a><a name=\"_Toc206319792\"><\/a><strong>Vingt-neuvi\u00e8me jour. Un moyen de s&rsquo;assurer le Paradis<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus, in adiutorium, etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Un moyen tr\u00e8s efficace, mais tr\u00e8s n\u00e9glig\u00e9 par les hommes pour gagner le paradis, est l&rsquo;aum\u00f4ne. Par aum\u00f4ne, j&rsquo;entends toute \u0153uvre de mis\u00e9ricorde exerc\u00e9e envers le prochain par amour de Dieu. Dieu dit dans les Saintes \u00c9critures que l&rsquo;aum\u00f4ne obtient le pardon des p\u00e9ch\u00e9s, m\u00eame s&rsquo;ils sont nombreux. <em>Eleemosyna operit multitudinem peccatorum.<\/em> Le divin Sauveur parle ainsi dans l&rsquo;\u00c9vangile : \u00ab Donnez aux pauvres ce qui exc\u00e8de vos besoins. Que celui qui a deux v\u00eatements en donne un \u00e0 celui qui en a besoin, et celui qui a plus que n\u00e9cessaire partage avec celui qui a faim \u00bb (Luc 3). Dieu nous assure que tout ce que nous faisons pour les pauvres, il le consid\u00e8re comme fait pour lui-m\u00eame : \u00ab Tout ce que vous avez fait \u00e0 l&rsquo;un de mes fr\u00e8res les plus malheureux, dit J\u00e9sus, c&rsquo;est \u00e0 moi que vous l&rsquo;avez fait \u00bb (Matthieu 25). Vous d\u00e9sirez que Dieu vous pardonne vos p\u00e9ch\u00e9s et vous lib\u00e8re de la mort \u00e9ternelle ? Faites l&rsquo;aum\u00f4ne. <em>Eleemosyna ab omni peccato et a morte liberat. <\/em>Vous voulez emp\u00eacher votre \u00e2me d&rsquo;aller dans les t\u00e9n\u00e8bres de l&rsquo;enfer ? Faites l&rsquo;aum\u00f4ne. <em>Eleemosyna non patietur animam ire ad tenebras. <\/em>(Tob. 4) En somme, Dieu nous assure que l&rsquo;aum\u00f4ne est un moyen tr\u00e8s efficace pour obtenir le pardon de nos p\u00e9ch\u00e9s, trouver mis\u00e9ricorde aux yeux de Dieu et acc\u00e9der \u00e0 la vie \u00e9ternelle. <em>Eleemosyna est quae purgat a peccato, facit invenire misericordiam et vitam aeternam.<\/em><\/li>\n<li>Si donc tu d\u00e9sires que Dieu te fasse mis\u00e9ricorde, commence par la faire aux pauvres. Tu diras : je fais ce que je peux. Si tu fais ce que tu peux, sois tranquille. Mais attention, le Seigneur te dit de donner aux pauvres tout ce qui est superflu : <em>quod superest, date pauperibus. <\/em>C&rsquo;est pourquoi je te dis que ces achats et ces augmentations de richesse que tu fais d&rsquo;ann\u00e9e en ann\u00e9e sont superflus. Superflu, ce raffinement que tu as dans les objets de table, les repas, les tapis, les v\u00eatements, qui pourraient servir \u00e0 ceux qui ont faim, \u00e0 ceux qui ont soif, et \u00e0 couvrir ceux qui sont nus. Superflu, ce luxe dans les voyages, les th\u00e9\u00e2tres, les bals et autres divertissements, o\u00f9 l&rsquo;on peut dire que va finir le patrimoine des pauvres.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Tu diras : je n&rsquo;ai pas de richesses ; si tu n&rsquo;as pas de richesses, donne ce que tu peux. Mais tu ne manques pas de moyens et de fa\u00e7ons de faire l&rsquo;aum\u00f4ne. N&rsquo;y a-t-il pas de malades \u00e0 visiter, \u00e0 assister, \u00e0 veiller ? N&rsquo;y a-t-il pas de jeunes abandonn\u00e9s \u00e0 accueillir, \u00e0 instruire, \u00e0 h\u00e9berger dans ta maison, si tu le peux, ou au moins \u00e0 conduire l\u00e0 o\u00f9 ils peuvent apprendre la science du salut ? N&rsquo;y a-t-il pas des p\u00e9cheurs \u00e0 avertir, des ind\u00e9cis \u00e0 conseiller, des afflig\u00e9s \u00e0 consoler, des querelles \u00e0 apaiser, des injures \u00e0 pardonner ? Vois combien de moyens tu as pour faire l&rsquo;aum\u00f4ne et m\u00e9riter la vie \u00e9ternelle ! De plus, ne peux-tu pas faire quelques pri\u00e8res, une confession, la communion, r\u00e9citer un chapelet, assister \u00e0 une messe en suffrage des \u00e2mes du purgatoire, pour la conversion des p\u00e9cheurs, ou pour que les infid\u00e8les soient \u00e9clair\u00e9s et viennent \u00e0 la foi ? N&rsquo;est-ce pas aussi une grande aum\u00f4ne que de br\u00fbler les livres pervers, de diffuser les bons livres et de parler autant que tu peux en l&rsquo;honneur de notre sainte religion catholique ?<\/p>\n<ol start=\"3\">\n<li>Une autre raison doit nous inciter \u00e0 faire l&rsquo;aum\u00f4ne, et c&rsquo;est celle que le Sauveur mentionne dans le saint \u00c9vangile. Il dit : vous ne donnerez pas aux pauvres un verre d&rsquo;eau fra\u00eeche sans que votre P\u00e8re c\u00e9leste vous en donne la r\u00e9compense. Tout ce que vous donnerez aux pauvres, vous le recevrez cent fois dans la vie pr\u00e9sente et une r\u00e9compense dans la vie \u00e9ternelle. Ainsi, donner quelque chose aux pauvres dans la vie pr\u00e9sente, c&rsquo;est le multiplier, c&rsquo;est avoir cent pour un, m\u00eame dans la vie pr\u00e9sente, Dieu nous r\u00e9servant la pleine r\u00e9compense dans l&rsquo;autre vie.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Voil\u00e0 pourquoi on voit tant de familles donner partout de g\u00e9n\u00e9reuses aum\u00f4nes, et augmenter toujours en richesses et en prosp\u00e9rit\u00e9. La raison en est donn\u00e9e par Dieu : donnez aux pauvres, et il vous sera donn\u00e9 : <em>date, et dabitur vobis. <\/em>Il vous sera donn\u00e9 cent pour un dans la vie pr\u00e9sente, et la vie \u00e9ternelle dans l&rsquo;autre : <em>centuplum accipiet in hac vita et vitam aeternam possidebit.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemple<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;histoire de Tobie est un mod\u00e8le de la mani\u00e8re dont il faut faire l&rsquo;aum\u00f4ne. Il disait \u00e0 son fils ces paroles m\u00e9morables : \u00ab Fais l&rsquo;aum\u00f4ne selon tes moyens, et ne d\u00e9tourne jamais ton visage d&rsquo;un pauvre, car ainsi il n&rsquo;arrivera pas que le visage du Seigneur se d\u00e9tourne de toi. Sois mis\u00e9ricordieux autant que tu le peux. Si tu as beaucoup, donne en abondance, si tu as peu, donne le peu que tu peux, mais volontiers, car l&rsquo;aum\u00f4ne sera pour toi une r\u00e9compense que tu gagneras maintenant et qui sera pour toi un tr\u00e9sor devant Dieu au jour du besoin. Souviens-toi, mon fils, que Dieu aime celui qui donne volontiers\u00a0\u00bb (Tobie 4).<\/p>\n<p>Imitons aussi Marie dans sa charit\u00e9. Guid\u00e9e par un v\u00e9ritable esprit de charit\u00e9, elle alla rendre visite \u00e0 sainte \u00c9lisabeth et resta trois mois chez elle, la servant comme une humble servante. Elle fut invit\u00e9e \u00e0 un mariage dans la ville de Cana, en Galil\u00e9e. Au milieu du repas, il manqua de vin. Ne pouvant y pourvoir elle-m\u00eame, elle invita son fils J\u00e9sus qui, \u00e0 sa demande, changea l&rsquo;eau en vin. Imaginons combien de gr\u00e2ces et de b\u00e9n\u00e9dictions Marie obtiendra dans le ciel de son bien-aim\u00e9 J\u00e9sus en faveur de ceux qui, par leurs conseils, leurs \u0153uvres, leurs pri\u00e8res, leurs aum\u00f4nes ou de toute autre mani\u00e8re, exercent des actes de mis\u00e9ricorde envers leur prochain ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>Heureux qui, dans le monde<\/p>\n<p>Sait faire de ses richesses<\/p>\n<p>Une joie \u00e9ternelle<\/p>\n<p>Dans la gloire du Seigneur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc204271401\"><\/a><a name=\"_Toc204271841\"><\/a><a name=\"_Toc206319793\"><\/a><strong>Trenti\u00e8me jour. Marie, notre protectrice dans la vie pr\u00e9sente<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus, in adiutorium, etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Nous sommes dans ce monde comme dans une mer agit\u00e9e, comme en exil, dans une vall\u00e9e de larmes. Marie est l&rsquo;\u00e9toile de la mer, le r\u00e9confort dans notre exil, la lumi\u00e8re qui nous montre le chemin du ciel en s\u00e9chant nos larmes. Et c&rsquo;est ce que fait cette tendre m\u00e8re en nous obtenant une aide spirituelle et temporelle constante. Nous ne pouvons entrer dans certaines villes, dans certains pays sans y trouver un monument comm\u00e9morant les gr\u00e2ces obtenues par Marie \u00e0 ses d\u00e9vots. Laissant de c\u00f4t\u00e9 les tr\u00e8s nombreux sanctuaires c\u00e9l\u00e8bres de la chr\u00e9tient\u00e9, o\u00f9 des milliers de t\u00e9moignages de gr\u00e2ces re\u00e7ues sont accroch\u00e9s aux murs, je mentionnerai seulement celui de la Consolata, que nous avons heureusement \u00e0 Turin. Va, \u00f4 lecteur, et avec la foi d&rsquo;un bon chr\u00e9tien, entre dans ces murs sacr\u00e9s et contemple les signes de gratitude envers Marie pour les bienfaits re\u00e7us. Ici, tu vois un malade renvoy\u00e9 par les m\u00e9decins, qui retrouve la sant\u00e9. L\u00e0, une gr\u00e2ce re\u00e7ue, et voici un homme qui a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 de la fi\u00e8vre ; l\u00e0, un autre gu\u00e9ri de la gangr\u00e8ne. Ici, gr\u00e2ce re\u00e7ue, et voici un homme qui a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 par l&rsquo;intercession de Marie des mains des assassins ; l\u00e0, un autre qui n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9cras\u00e9 sous un \u00e9norme rocher qui tombait ; l\u00e0, pour la gr\u00e2ce de la pluie ou du beau temps. Si vous jetez ensuite un coup d&rsquo;\u0153il sur la petite place du sanctuaire, vous verrez un monument que la ville de Turin a \u00e9rig\u00e9 \u00e0 Marie en 1835, lorsqu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9e d&rsquo;un chol\u00e9ra mortel qui infestait horriblement les quartiers voisins.<\/li>\n<li>Les faveurs mentionn\u00e9es ne concernent que les besoins temporels, que dire des gr\u00e2ces spirituelles que Marie a obtenues et obtient pour ses d\u00e9vots ? Il faudrait \u00e9crire de gros volumes pour \u00e9num\u00e9rer les gr\u00e2ces spirituelles que ses fid\u00e8les ont re\u00e7ues et re\u00e7oivent chaque jour de la main de cette grande bienfaitrice du genre humain. Combien de vierges doivent la pr\u00e9servation de leur \u00e9tat \u00e0 sa protection ! Combien de consolations aux afflig\u00e9s ! Combien de passions combattues ! Combien de martyrs fortifi\u00e9s ! Combien d&#8217;emb\u00fbches du d\u00e9mon surmont\u00e9es ! Saint Bernard, apr\u00e8s avoir \u00e9num\u00e9r\u00e9 une longue s\u00e9rie de faveurs que Marie obtient chaque jour pour ses fid\u00e8les, termine en disant que tout le bien qui nous vient de Dieu nous vient par Marie : <em>Totum nos Deus habere voluit per Mariam.<\/em><\/li>\n<li>Elle n&rsquo;est pas seulement le secours des chr\u00e9tiens, mais aussi le soutien de l&rsquo;\u00c9glise universelle. Tous les titres que nous lui donnons rappellent une faveur ; toutes les solennit\u00e9s qui sont c\u00e9l\u00e9br\u00e9es dans l&rsquo;\u00c9glise ont leur origine dans un grand miracle, dans une gr\u00e2ce extraordinaire que Marie a obtenue en faveur de l&rsquo;\u00c9glise.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Combien d&rsquo;h\u00e9r\u00e9tiques ont \u00e9t\u00e9 confondus, combien d&rsquo;h\u00e9r\u00e9sies ont \u00e9t\u00e9 \u00e9radiqu\u00e9es, au point que l&rsquo;\u00c9glise exprime sa gratitude en disant \u00e0 Marie : \u00ab Toi seule, \u00f4 grande Vierge, tu as \u00e9t\u00e9 celle qui a d\u00e9racin\u00e9 toutes les h\u00e9r\u00e9sies : <em>cunctas haereses sola interemisti in universo mundo.\u00a0<\/em>\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemples<\/em><\/p>\n<p>Nous rapporterons quelques exemples qui confirment les grandes faveurs que Marie a obtenues \u00e0 ses fid\u00e8les. Commen\u00e7ons par l&rsquo;<em>Ave Maria. <\/em>La salutation ang\u00e9lique, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;<em>Ave Maria<\/em>, est compos\u00e9e des paroles prononc\u00e9es par l&rsquo;ange \u00e0 la Sainte Vierge et de celles que Sainte \u00c9lisabeth a ajout\u00e9es lorsqu&rsquo;elle lui a rendu visite. La mention \u00ab <em>sainte Marie \u00bb <\/em>a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9e par l&rsquo;\u00c9glise au Ve si\u00e8cle. \u00c0 cette \u00e9poque, vivait \u00e0 Constantinople un h\u00e9r\u00e9tique nomm\u00e9 Nestorius, homme plein d&rsquo;orgueil. Il en arriva \u00e0 l&rsquo;impi\u00e9t\u00e9 de nier publiquement le nom auguste de M\u00e8re de Dieu \u00e0 la Sainte Vierge. C&rsquo;\u00e9tait l\u00e0 une h\u00e9r\u00e9sie qui visait \u00e0 renverser tous les principes de notre sainte religion. Le peuple de Constantinople fr\u00e9missait d&rsquo;indignation devant un tel blasph\u00e8me ; et pour \u00e9claircir la v\u00e9rit\u00e9, des supplications furent envoy\u00e9es au souverain pontife, qui s&rsquo;appelait alors C\u00e9lestin, demandant instamment r\u00e9paration pour ce scandale. En 431, le pontife convoqua un concile g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 \u00c9ph\u00e8se, ville d&rsquo;Asie Mineure situ\u00e9e sur les rives de l&rsquo;archipel. Les \u00e9v\u00eaques de toutes les parties du monde catholique particip\u00e8rent \u00e0 ce concile. Saint Cyrille, patriarche d&rsquo;Alexandrie, y pr\u00e9sidait au nom du pape. Tout le peuple resta du matin au soir aux portes de l&rsquo;\u00e9glise o\u00f9 les \u00e9v\u00eaques \u00e9taient r\u00e9unis ; lorsqu&rsquo;il vit s&rsquo;ouvrir la porte et appara\u00eetre saint Cyrille \u00e0 la t\u00eate de plus de 200 \u00e9v\u00eaques, et qu&rsquo;il entendit prononcer la condamnation de l&rsquo;impie Nestorius, des cris de joie retentirent dans tous les coins de la ville. Tout le monde r\u00e9p\u00e9tait ces mots : \u00ab L&rsquo;ennemi de Marie est vaincu ! Vive Marie ! Vive la grande, l&rsquo;exalt\u00e9e, la glorieuse m\u00e8re de Dieu. C&rsquo;est \u00e0 cette occasion que l\u2019\u00c9glise ajouta \u00e0 l&rsquo;<em>Ave Maria <\/em>ces autres mots : \u00ab <em>Sainte Marie, m\u00e8re de Dieu, prie pour nous, p\u00e9cheurs. Ainsi soit-il<\/em>.\u00a0\u00bb Les autres mots <em>\u00ab maintenant et \u00e0 l&rsquo;heure de notre mort \u00bb <\/em>furent introduits par l&rsquo;\u00c9glise plus tard. La d\u00e9claration solennelle du Concile d&rsquo;\u00c9ph\u00e8se sur le titre auguste de m\u00e8re de Dieu donn\u00e9 \u00e0 Marie fut \u00e9galement confirm\u00e9e dans d&rsquo;autres conciles, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que l\u2019\u00c9glise instaure la f\u00eate de la Maternit\u00e9 de la Bienheureuse Vierge, qui est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e chaque ann\u00e9e le deuxi\u00e8me dimanche d&rsquo;octobre. Nestorius, qui osa se rebeller contre l&rsquo;\u00c9glise et blasph\u00e9mer contre la M\u00e8re de Dieu, fut s\u00e9v\u00e8rement puni dans cette vie.<\/p>\n<p><em>Autre exemple. <\/em>\u00c0 l&rsquo;\u00e9poque de saint Gr\u00e9goire le Grand, une grande peste s\u00e9vissait dans de nombreuses r\u00e9gions d&rsquo;Europe, et en particulier \u00e0 Rome. Pour mettre fin \u00e0 ce fl\u00e9au, saint Gr\u00e9goire invoqua la protection de la M\u00e8re de Dieu. Parmi les \u0153uvres publiques de p\u00e9nitence, il ordonna une procession solennelle devant l&rsquo;image miraculeuse de Marie v\u00e9n\u00e9r\u00e9e dans la basilique du pape Lib\u00e8re, aujourd&rsquo;hui Sainte-Marie-Majeure. Au fur et \u00e0 mesure que la procession avan\u00e7ait, la maladie contagieuse s&rsquo;\u00e9loignait de ces quartiers, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;elle arrive \u00e0 l&rsquo;endroit o\u00f9 se trouvait le monument de l&#8217;empereur Hadrien (qui fut pour cette raison appel\u00e9 Castel Sant&rsquo;Angelo), o\u00f9 apparut un ange sous forme humaine. Il rangea son \u00e9p\u00e9e ensanglant\u00e9e dans son fourreau pour signifier que la col\u00e8re divine \u00e9tait apais\u00e9e et que, par l&rsquo;intercession de Marie, le terrible fl\u00e9au allait cesser. Au m\u00eame moment, on entendit un ch\u0153ur d&rsquo;anges chanter l&rsquo;hymne : <em>Regina coeli laetare alleluia. <\/em>Le saint pontife ajouta \u00e0 cet hymne deux autres versets avec une pri\u00e8re, et depuis lors, les fid\u00e8les commenc\u00e8rent \u00e0 l&rsquo;utiliser pour honorer la Vierge durant la p\u00e9riode pascale, temps de joie \u00e0 cause de la r\u00e9surrection du Sauveur. Beno\u00eet XIV accorda les m\u00eames indulgences que pour l&rsquo;Ang\u00e9lus aux fid\u00e8les qui le r\u00e9citent pendant la p\u00e9riode pascale.<\/p>\n<p>La r\u00e9citation de l&rsquo;Ang\u00e9lus est une tr\u00e8s ancienne coutume dans l&rsquo;\u00c9glise. Ne connaissant pas l&rsquo;heure exacte \u00e0 laquelle la Vierge a re\u00e7u l\u2019annonce, si c&rsquo;\u00e9tait le matin ou vers le soir, les premiers fid\u00e8les la saluaient \u00e0 ces deux moments de la journ\u00e9e par l&rsquo;Ave Maria. De l\u00e0 est venue plus tard la coutume de sonner les cloches le matin et le soir pour rappeler aux chr\u00e9tiens cette pieuse coutume. On pense que cette coutume a \u00e9t\u00e9 introduite par le pape Urbain II en 1088. Il avait ordonn\u00e9 cela pour inciter les chr\u00e9tiens \u00e0 recourir \u00e0 Marie afin d&rsquo;implorer son protection le matin dans la guerre qui faisait alors rage entre les chr\u00e9tiens et les Turcs, et le soir pour implorer le bonheur et la concorde entre les princes chr\u00e9tiens. Gr\u00e9goire IX y ajouta en 1221 le son des cloches \u00e0 midi. Les papes enrichirent cette pratique de d\u00e9votion de nombreuses indulgences. Beno\u00eet XIII, en 1724, accorda une indulgence de 100 jours pour chaque r\u00e9citation, et une indulgence pl\u00e9ni\u00e8re \u00e0 ceux qui la r\u00e9citeraient pendant un mois entier, \u00e0 condition d&rsquo;avoir fait leur confession sacramentelle et leur communion un jour du mois.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>\u00d4 Marie, notre avocate,<\/p>\n<p>Dispensatrice de toutes gr\u00e2ces,<\/p>\n<p>Messag\u00e8re de salut<\/p>\n<p>Pour le juste et le p\u00e9cheur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>M\u00e8re de mis\u00e9ricorde, du ciel<\/p>\n<p>Regarde tes fid\u00e8les,<\/p>\n<p>Exauce nos v\u0153ux,<\/p>\n<p>\u00d4 M\u00e8re du Seigneur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, \u00f4 tr\u00e8s mis\u00e9ricordieuse Vierge Marie&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc204271402\"><\/a><a name=\"_Toc204271842\"><\/a><a name=\"_Toc206319794\"><\/a><strong>Trente et uni\u00e8me jour. Marie, notre protectrice \u00e0 l&rsquo;heure de la mort<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus, in adiutorium, etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Marie prot\u00e8ge ses fid\u00e8les dans tous les besoins de la vie, mais elle les prot\u00e8ge encore davantage \u00e0 l&rsquo;heure de la mort. Comme un capitaine court d\u00e9fendre la forteresse lorsqu&rsquo;elle est en danger, ainsi Marie vient combattre les ennemis de notre \u00e2me qui feront tous leurs efforts pour conqu\u00e9rir notre \u00e2me dans ces derniers instants de la vie. Marie sera un capitaine redoutable qui, \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;une arm\u00e9e bien ordonn\u00e9e, r\u00e9primera les assauts de l&rsquo;ennemi infernal ; <em>terribilis ut castrorum acies ordinata.<\/em><\/li>\n<\/ol>\n<p>Saint Louis de Gonzague, dans les derniers instants de sa vie, r\u00e9confort\u00e9 par Marie, non seulement ne craignait pas la mort, mais \u00e9tait plein de joie \u00e0 mesure que l&rsquo;heure de sa mort approchait. Notons que Marie est si redoutable pour les esprits mal\u00e9fiques que, comme le dit saint Bonaventure, lorsque son nom est invoqu\u00e9, tout l&rsquo;enfer tremble : <em>ab invocatione nominis tui trepidat spiritus malignus. <\/em>Alors le malade, lib\u00e9r\u00e9 des tentations, se dispose \u00e0 mourir saintement. Ainsi, le fils de sainte Brigitte, nomm\u00e9 Charles, fut lib\u00e9r\u00e9 des emb\u00fbches du d\u00e9mon, et la M\u00e8re de mis\u00e9ricorde ne permit pas aux ennemis de l&rsquo;\u00e2me d&rsquo;entrer dans la chambre du malade. C&rsquo;est ce que Dieu r\u00e9v\u00e9la \u00e0 sainte Brigitte elle-m\u00eame.<\/p>\n<ol start=\"2\">\n<li>En effet, nous consid\u00e9rons Marie comme notre m\u00e8re, et nous avons donc une id\u00e9e des gr\u00e2ces qu&rsquo;elle nous obtiendra \u00e0 l&rsquo;heure de notre mort. Les m\u00e8res terrestres n&rsquo;abandonnent jamais leurs enfants. Plus leurs mis\u00e8res et leurs maux grandissent, plus elles s&rsquo;efforcent avec une sollicitude maternelle de les soulager au milieu de tous les dangers. Ainsi Marie, qui aime tant ses enfants dans la vie, avec quelle tendresse, avec quelle bont\u00e9 courra-t-elle pour les prot\u00e9ger dans leurs derniers instants, quand le besoin est le plus grand ? Elle-m\u00eame a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u00e0 sainte Brigitte ces paroles pr\u00e9cises : \u00ab Moi, m\u00e8re fid\u00e8le, je veux \u00eatre pr\u00e9sente \u00e0 la mort de tous ceux qui m&rsquo;ont servie, je veux \u00eatre pr\u00e9sente, je veux les prot\u00e9ger, je veux les consoler.\u00a0\u00bb<\/li>\n<li>Marie aide tous ses d\u00e9vots \u00e0 l&rsquo;heure de la mort en se montrant parfois visiblement. Tel est le sentiment de saint Bonaventure, de saint Charles Borrom\u00e9e, de saint Philippe N\u00e9ri, de saint Alphonse et de beaucoup d&rsquo;autres. Tel est \u00e9galement le sentiment de l&rsquo;\u00c9glise, qui appelle Marie <em>auxilium christianorum<\/em>, secours des chr\u00e9tiens. Cette aide doit certainement \u00eatre plus grande lorsque les dangers sont plus grands, comme \u00e0 l&rsquo;heure de la mort. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce que nous demandons chaque jour lorsque nous disons : Sainte Marie, priez pour nous \u00e0 l&rsquo;heure de notre mort. Mais plus tendres et consolantes encore sont les paroles que prononcent les ministres sacr\u00e9s et ceux qui r\u00e9citent l&rsquo;office de la Bienheureuse Vierge, lorsqu&rsquo;ils font cette invocation : Marie, m\u00e8re de la gr\u00e2ce et de la mis\u00e9ricorde, d\u00e9fends-nous contre les emb\u00fbches de l&rsquo;ennemi infernal, et \u00e0 l&rsquo;heure de la mort, accueille notre \u00e2me. <em>Tu nos ab hoste protege, et mortis hora suscipe.<\/em><\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemple<\/em><\/p>\n<p>Je pourrais citer ici de tr\u00e8s nombreux exemples o\u00f9 Marie s&rsquo;est manifestement montr\u00e9e favorable \u00e0 ses d\u00e9vots \u00e0 l&rsquo;heure de leur mort. Je n&rsquo;en retiendrai qu&rsquo;un seul, renvoyant le lecteur en particulier \u00e0 l&rsquo;ouvrage remarquable de Pallavicino qui en rapporte une centaine, tous signal\u00e9s et racont\u00e9s avec cette r\u00e9serve critique qui est la principale qualit\u00e9 de cet illustre auteur. Le docteur de l&rsquo;\u00c9glise Vincenzo Belloacese rapporte ce qui suit. Un pr\u00eatre fut invit\u00e9 \u00e0 donner les derniers sacrements \u00e0 une mourante. Il se rendit \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise, prit le Saint-Sacrement et se mit en route vers le lieu o\u00f9 se trouvait la malade. Entr\u00e9 dans une mis\u00e9rable petite chambre, d\u00e9pourvue de tout confort, il vit la pauvre agonisante gisant sur un peu de paille, plong\u00e9e dans la plus grande mis\u00e8re ; il ressentit alors dans son \u00e2me une douleur pleine de compassion, mais cette douleur se changea en surprise lorsqu&rsquo;il vit un ch\u0153ur de vierges venir du ciel \u00e0 point nomm\u00e9 pour apporter aide et r\u00e9confort \u00e0 la pauvre mourante. Et qui plus est, la M\u00e8re de Dieu elle-m\u00eame, de sa main sainte, servait sa fille d\u00e9vote. Devant un tel spectacle, le pr\u00eatre n&rsquo;osait s&rsquo;avancer, quand la glorieuse Vierge lui jeta un regard bienveillant et s&rsquo;agenouilla, inclinant son front jusqu&rsquo;\u00e0 terre pour adorer son Fils au Saint-Sacrement. Apr\u00e8s quoi, Elle et les autres Vierges, \u00e9galement profond\u00e9ment inclin\u00e9es, se redress\u00e8rent et se retir\u00e8rent \u00e0 part pour laisser le passage libre au vicaire. Comme la veuve demandait en outre \u00e0 se confesser avant de recevoir la sainte hostie, la sainte Vierge se leva aussit\u00f4t de terre et, ne trouvant rien d&rsquo;autre, prit un si\u00e8ge rustique et le porta de ses propres mains \u00e0 l&rsquo;endroit o\u00f9 le confesseur pouvait mieux entendre la confession sacramentelle. L&rsquo;humble pr\u00eatre n&rsquo;osait s&rsquo;asseoir en pr\u00e9sence de J\u00e9sus et de Marie ; mais il fut contraint de s&rsquo;asseoir pour ob\u00e9ir aux gestes de Marie. Apr\u00e8s avoir \u00e9cout\u00e9 la Confession, il administra le Viatique \u00e0 cette \u00e2me heureuse qui, transport\u00e9e par l&rsquo;amour de Dieu, par la compagnie de Marie et des autres Vierges glorieuses, se s\u00e9para de son corps pour s&rsquo;envoler vers le ciel afin de remercier pour tous les si\u00e8cles sa grande bienfaitrice.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire<\/em><\/p>\n<p>\u00d4 M\u00e8re incomparable,<\/p>\n<p>Dans la vie et \u00e0 l&rsquo;heure extr\u00eame<\/p>\n<p>Tu es notre v\u00e9ritable esp\u00e9rance,<\/p>\n<p>R\u00e9conforte notre c\u0153ur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Fais qu&rsquo;au dernier soupir,<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;heure de notre mort,<\/p>\n<p>Que notre \u00e2me et notre c\u0153ur prononcent :<\/p>\n<p>Marie, esp\u00e9rance, amour.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc228443988\"><\/a><a name=\"_Toc204271403\"><\/a><a name=\"_Toc204271843\"><\/a><a name=\"_Toc206319795\"><\/a><strong>Premier jour de juin Comment s&rsquo;assurer la protection de Marie<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Deus in adiutorium, etc.<\/em><\/p>\n<ol>\n<li>Maintenant que nous avons termin\u00e9 le mois de Marie, je juge bon, pour conclure, de vous donner quelques souvenirs utiles pour vous assurer la protection de notre M\u00e8re dans la vie et dans la mort. Marie, \u00e9tant notre m\u00e8re, doit certainement d\u00e9tester les outrages qui sont faits \u00e0 J\u00e9sus, son fils. C&rsquo;est pourquoi ceux qui d\u00e9sirent jouir de sa protection dans la vie et dans la mort doivent s&rsquo;abstenir du p\u00e9ch\u00e9. Notre esp\u00e9rance serait vaine si nous croyions jouir de la protection de Marie tout en offensant son fils J\u00e9sus, qu&rsquo;elle aime par-dessus tout. Mais nous devons non seulement nous garder d&rsquo;offenser J\u00e9sus, mais aussi m\u00e9diter de toutes les forces de notre c\u0153ur les myst\u00e8res divins de sa passion et le suivre dans la p\u00e9nitence. Marie elle-m\u00eame a dit un jour \u00e0 sainte Brigitte : \u00ab Ma fille, si tu veux me faire plaisir, aime de tout ton c\u0153ur mon fils J\u00e9sus.\u00a0\u00bb<\/li>\n<\/ol>\n<p>Marie est le refuge des p\u00e9cheurs, c&rsquo;est pourquoi nous devons nous aussi nous efforcer, par de bons conseils, par nos sollicitudes, nos pri\u00e8res, de bons livres et d&rsquo;autres moyens, de conduire les \u00e2mes \u00e0 J\u00e9sus et de multiplier les enfants de Marie. Rien n&rsquo;est plus cher \u00e0 J\u00e9sus que le salut des \u00e2mes ; c&rsquo;est pourquoi Marie, qui aime tendrement son Fils, ne peut recevoir d&rsquo;hommage plus agr\u00e9able que celui qui lui est rendu en gagnant une \u00e2me.<\/p>\n<p>Nous devons \u00e9galement nous efforcer de lui offrir en hommage la victoire sur une de nos passions. Ainsi, si quelqu&rsquo;un, de nature col\u00e9rique, se laisse souvent aller \u00e0 des actes d&rsquo;impatience, \u00e0 des impr\u00e9cations et \u00e0 des blasph\u00e8mes, ou s&rsquo;il a pris l&rsquo;habitude de parler de mani\u00e8re obsc\u00e8ne et avec peu de respect pour les choses de la religion, il convient qu&rsquo;il retienne sa langue pour rendre un hommage agr\u00e9able \u00e0 la Vierge. En somme, chacun doit s&rsquo;efforcer de fuir le mal et de faire le bien par amour de Marie.<\/p>\n<ol start=\"2\">\n<li>Parmi les nombreux hommages que nous pouvons rendre \u00e0 Marie, il y a celui de nous pr\u00e9parer \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer avec d\u00e9votion ses solennit\u00e9s par des triduums, des neuvaines, des octaves, selon l&rsquo;usage, soit dans les \u00e9glises publiques, soit dans les maisons priv\u00e9es. Sainte \u00c9lisabeth, reine du Portugal, je\u00fbnait tous les samedis et toutes les veilles pr\u00e9c\u00e9dant les solennit\u00e9s de la Vierge, en ne prenant que du pain et de l&rsquo;eau. D&rsquo;autres ont coutume de se confesser et de communier tous les jours de f\u00eate, comme le faisaient saint Louis de Gonzague, saint Stanislas Kostka et d&rsquo;autres. D&rsquo;autres font l&rsquo;aum\u00f4ne aux pauvres, et la donnent en suffrage pour les \u00e2mes qui ont \u00e9t\u00e9 les plus d\u00e9vou\u00e9es \u00e0 Marie pendant leur vie. Il y a aussi certains d\u00e9vots de Marie qui, en son honneur, assistent souvent \u00e0 la sainte messe avec l&rsquo;intention de remercier la Tr\u00e8s Sainte Trinit\u00e9 qui a \u00e9lev\u00e9 Marie sur le plus beau tr\u00f4ne du ciel. D&rsquo;autres v\u00e9n\u00e8rent avec un culte particulier les saints qui lui sont les plus proches, comme saint Joseph, son tr\u00e8s saint \u00e9poux, saint Joachim et sainte Anne, ses tr\u00e8s heureux parents.<\/li>\n<li>Il existe ensuite des pratiques de d\u00e9votion particuli\u00e8res, qui sont comme des flammes de feu qui font br\u00fbler d&rsquo;amour pour nous cette M\u00e8re mis\u00e9ricordieuse. Par exemple, l&rsquo;Ang\u00e9lus le matin, \u00e0 midi et le soir ; le Rosaire tous les jours ou au moins tous les jours de f\u00eate ; assister aux v\u00eapres, participer aux exercices de pi\u00e9t\u00e9 qui ont lieu le samedi en l&rsquo;honneur de son c\u0153ur immacul\u00e9. Mais je vous recommande de r\u00e9citer chaque soir avant de vous coucher trois fois la petite pri\u00e8re suivante : \u00ab Ch\u00e8re M\u00e8re Vierge Marie, faites que je sauve mon \u00e2me.\u00a0\u00bb Rappelons-nous toujours que la d\u00e9votion \u00e0 Marie est l&rsquo;un des moyens les plus s\u00fbrs d&rsquo;obtenir la vie \u00e9ternelle. Elle-m\u00eame nous l&rsquo;assure en disant : \u00ab Ceux qui sont mes d\u00e9vots auront la vie \u00e9ternelle : <em>qui elucidant me, vitam aeternam habebunt.\u00a0<\/em>\u00bb<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Exemple<\/em><\/p>\n<p>Je vous recommande de ne jamais laisser passer un samedi sans faire quelque chose en l&rsquo;honneur de Marie. Depuis les premiers temps de l&rsquo;\u00c9glise, les chr\u00e9tiens avaient coutume de pratiquer une d\u00e9votion \u00e0 la Sainte Vierge le samedi. Le samedi signifie repos, et il a \u00e9t\u00e9 choisi pour faire allusion au repos, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 la demeure que le Verbe divin a daign\u00e9 prendre dans le sein tr\u00e8s pur de Marie. L&rsquo;un des plus fervents propagateurs du culte de Marie le jour du samedi fut saint Hildefonse, archev\u00eaque de Tol\u00e8de. Il avait compos\u00e9 quelques cantiques \u00e0 la louange de cette m\u00e8re de mis\u00e9ricorde, et le samedi suivant, il entendit les anges les chanter dans l&rsquo;\u00e9glise, au milieu desquels se trouvait Marie elle-m\u00eame. Apr\u00e8s cet \u00e9v\u00e9nement, le culte du samedi se r\u00e9pandit rapidement dans toute l&rsquo;Europe. D\u00e8s le Xe si\u00e8cle, l&rsquo;abstinence de viande \u00e9tait en usage ce jour-l\u00e0 en l&rsquo;honneur de Marie. Peu apr\u00e8s, on composa la Messe et l&rsquo;office propre \u00e0 ce jour. La Messe et l&rsquo;office furent approuv\u00e9s par le pape Urbain II lors du concile de Chiaramonti en l\u2019an 1095. Ne laissons jamais passer un samedi sans accomplir un acte de vertu en l&rsquo;honneur de Marie, et si nous le pouvons, communions ou allons au moins \u00e9couter une messe en suffrage des \u00e2mes du purgatoire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Oraison jaculatoire.<\/em><\/p>\n<p>Oh, si je pouvais voir un jour<\/p>\n<p>Tous les c\u0153urs languir d&rsquo;amour<\/p>\n<p>Pour une si belle reine et entendre<\/p>\n<p>Louer son nom de toutes parts\u00a0!<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Que r\u00e9sonne sur toute la terre<\/p>\n<p>En unanime harmonie\u00a0:<\/p>\n<p>Vive, vive \u00e0 jamais Marie\u00a0!<\/p>\n<p>Vive Dieu qui l&rsquo;a tant aim\u00e9e\u00a0!<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pri\u00e8re. <\/em>Souvenez-vous, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc228443989\"><\/a><a name=\"_Toc204271404\"><\/a><a name=\"_Toc204271844\"><\/a><a name=\"_Toc206319796\"><\/a><strong>Offrande du c\u0153ur \u00e0 Marie<\/strong><\/p>\n<p>Pour offrir son c\u0153ur \u00e0 Marie, on choisit le premier juin, consacr\u00e9 \u00e0 son saint c\u0153ur, ou bien un autre jour avant ou apr\u00e8s, surtout s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une f\u00eate solennelle, comme la Pentec\u00f4te, la F\u00eate-Dieu ou autre. Pour vous offrir vous-m\u00eame et tout le mois que vous consacrerez \u00e0 Marie, la veille de la sainte confession, vous vous disposerez \u00e0 recevoir la tr\u00e8s sainte communion avec une ferveur particuli\u00e8re et en vous pr\u00e9parant par des pens\u00e9es pieuses et des sentiments fervents. Apr\u00e8s avoir rendu gr\u00e2ce comme vous en avez l&rsquo;habitude, vous devrez avec ferveur :<\/p>\n<ol>\n<li>Offrir \u00e0 Marie toutes les d\u00e9votions que vous avez pratiqu\u00e9es pendant tout le mois, et les lui pr\u00e9senter en hommage \u00e0 son adorable c\u0153ur.<\/li>\n<li>Adorer maintenant et tout au long de la journ\u00e9e le c\u0153ur de Marie qui, comme l&rsquo;a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 le Seigneur, est le but de son amour et de celui de tous les c\u0153urs apr\u00e8s celui de J\u00e9sus, est plein de toute gr\u00e2ce, est le c\u0153ur d&rsquo;o\u00f9 et par lequel toute gr\u00e2ce descend sur nous.<\/li>\n<li>Unir votre c\u0153ur \u00e0 celui de tous les saints, surtout de ceux qui, dans cette vie, ont \u00e9t\u00e9 les plus \u00e9pris de Marie, afin de suppl\u00e9er ainsi \u00e0 l&rsquo;imperfection de votre amour.<\/li>\n<li>Prier la Vierge d\u2019accepter pour toujours l&rsquo;offrande que nous lui faisons de notre c\u0153ur, en nous accordant de pouvoir un jour lui rendre parfaitement hommage au ciel, comme nous le lui rendons faiblement ici-bas.<\/li>\n<li>R\u00e9citer en ce jour vos pri\u00e8res avec plus de ferveur et de d\u00e9votion, visiter une \u00e9glise ou une image de Marie, faire une aum\u00f4ne, bref, passer cette journ\u00e9e de la mani\u00e8re la plus sainte possible.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Que J\u00e9sus et Marie vivent toujours dans votre c\u0153ur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc204271845\"><\/a><a name=\"_Toc206319797\"><\/a><strong>Formule de l&rsquo;offrande du c\u0153ur \u00e0 Marie<\/strong><\/p>\n<p>Tr\u00e8s Sainte Vierge, M\u00e8re de Dieu Marie, moi N. N., bien que p\u00e9cheur indigne, prostern\u00e9 \u00e0 vos pieds, en pr\u00e9sence de Dieu tout-puissant et de toute la Cour c\u00e9leste, je vous pr\u00e9sente et vous offre mon c\u0153ur avec tous ses sentiments : je vous le consacre et je veux qu&rsquo;il soit toujours v\u00f4tre et celui de votre cher J\u00e9sus. Acceptez, ma tr\u00e8s douce M\u00e8re, cette offrande fervente de votre pauvre serviteur, unie au c\u0153ur de tous les saints, et faites qu&rsquo;\u00e0 partir de ce moment, je commence et continue \u00e0 vivre uniquement pour vous, pour votre tr\u00e8s saint Fils et mon Dieu. Avec son aide divine et votre aide aimante, j&rsquo;esp\u00e8re y parvenir, et pour ma part, je le promets. Entre vos deux c\u0153urs, J\u00e9sus et Marie, mettez mon pauvre c\u0153ur, afin qu&rsquo;il s&rsquo;enflamme tout entier de votre amour tr\u00e8s pur, afin qu&rsquo;en vivant de votre beau feu sur terre, il br\u00fble ensuite d&rsquo;un amour \u00e9ternel pour vous l\u00e0-haut dans le ciel, en compagnie des anges et des saints.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc204271846\"><\/a><a name=\"_Toc206319798\"><\/a><strong>Pri\u00e8re de saint Bernard<\/strong><\/p>\n<p><em>Souvenez-vous, \u00f4 tr\u00e8s mis\u00e9ricordieuse Vierge Marie,\u00a0\u00a0qu&rsquo;on n&rsquo;a jamais entendu dire <\/em>que vous ayez rejet\u00e9 ou abandonn\u00e9 quelqu&rsquo;un <em>qui implorait vos faveurs.\u00a0Anim\u00e9 de cette confiance, je me refugie vers vous, \u00f4 Vierge des vierges, \u00f4 Marie, M\u00e8re de J\u00e9sus-Christ, je viens \u00e0 vous.\u00a0Ne m\u00e9prisez pas, \u00f4 M\u00e8re du Verbe \u00e9ternel, <\/em>les pri\u00e8res de votre humble enfant, \u00e9coutez-les favorablement, \u00f4 cl\u00e9mente, \u00f4 pieuse, \u00f4 douce Vierge Marie<em>. <\/em><\/p>\n<p><em>Amen.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc204271847\"><\/a><a name=\"_Toc206319799\"><\/a><strong><em>Indulgences accord\u00e9es par le pape Pie IX<\/em><\/strong><\/p>\n<p>C&rsquo;est avec une grande consolation que nous annon\u00e7ons \u00e0 nos lecteurs que le Saint-P\u00e8re, le pontife r\u00e9gnant Pie IX, a daign\u00e9 accorder sa b\u00e9n\u00e9diction apostolique \u00e0 tous ceux qui, d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre, s&rsquo;efforcent de diffuser les Lectures catholiques.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Le pr\u00eatre Giovanni Bosco, dans le vif d\u00e9sir de promouvoir les louanges et les chants spirituels en l&rsquo;honneur de Dieu, de la Bienheureuse Vierge Marie et des saints, a suppli\u00e9 le Souverain Pontife r\u00e9gnant d&rsquo;accorder les indulgences suivantes, auxquelles le Saint-P\u00e8re a bien voulu consentir en signant de sa propre main le v\u00e9n\u00e9r\u00e9 rescrit.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li>Indulgence d&rsquo;un an \u00e0 ceux qui enseigneront gratuitement le chant des louanges sacr\u00e9es, en les pratiquant en public ou en priv\u00e9 au moins quelques fois ; une autre indulgence de cent jours \u00e0 ceux qui les pratiqueront dans un oratoire public ou priv\u00e9 chaque fois qu&rsquo;ils auront lieu.<\/li>\n<li>Indulgence pl\u00e9ni\u00e8re \u00e0 gagner \u00e0 la fin du mois de Marie par ceux qui, au cours de ce mois, se sont particuli\u00e8rement occup\u00e9s de chanter des louanges sacr\u00e9es dans l&rsquo;\u00e9glise et ont particip\u00e9 \u00e0 la d\u00e9votion du mois de Marie.<\/li>\n<li>Indulgence pl\u00e9ni\u00e8re une fois par mois pour ceux qui, pendant au moins quatre jours f\u00e9ri\u00e9s ou m\u00eame ouvrables, prendront part au chant ou \u00e0 l&rsquo;enseignement des louanges sacr\u00e9es ; cette indulgence sera obtenue le jour apr\u00e8s une Confession et la communion pr\u00e9alables. Afin de pouvoir b\u00e9n\u00e9ficier des indulgences susmentionn\u00e9es, il est requis que les louanges soient approuv\u00e9es par l&rsquo;autorit\u00e9 eccl\u00e9siastique.<\/li>\n<li>Ces indulgences peuvent \u00eatre appliqu\u00e9es aux \u00e2mes des fid\u00e8les d\u00e9funts.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Romae apud S. Petrum, die 7 aprilis 1858.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Benigne annuimus iuxta petita<\/p>\n<p>PIUS P. P. IX.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_Toc228443990\"><\/a><a name=\"_Toc204271405\"><\/a><a name=\"_Toc204271848\"><\/a><a name=\"_Toc206319800\"><\/a><strong>Louange \u00e0 Marie<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Louez Marie,<\/p>\n<p>\u00d4 langues fid\u00e8les.<\/p>\n<p>Que r\u00e9sonne dans les cieux<\/p>\n<p>Votre harmonie.<\/p>\n<p>Louez, louez, louez Marie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Marie, tu es un lys<\/p>\n<p>De puret\u00e9 immacul\u00e9e<\/p>\n<p>Qui enflamme le c\u0153ur<\/p>\n<p>De ton Fils, le Verbe.<\/p>\n<p>Louez, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>De lumi\u00e8re divine<\/p>\n<p>Tu es la noble aurore,<\/p>\n<p>Le soleil t&rsquo;adore.<\/p>\n<p>La lune s&rsquo;incline.<\/p>\n<p>Louez, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>D&rsquo;un pied puissant<\/p>\n<p>Tu \u00e9crases la t\u00eate<\/p>\n<p>De l&rsquo;ancien ennemi,<\/p>\n<p>Le serpent mal\u00e9fique.<\/p>\n<p>Louez, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ton sein pur<\/p>\n<p>A donn\u00e9 nourriture et refuge<\/p>\n<p>Au grand petit enfant<\/p>\n<p>J\u00e9sus Nazar\u00e9en.<\/p>\n<p>Louez, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Tu r\u00e8gnes d\u00e9j\u00e0 bienheureuse<\/p>\n<p>Parmi les ch\u0153urs ang\u00e9liques,<\/p>\n<p>Avec des chants sonores,<\/p>\n<p>Exalt\u00e9e par tous.<\/p>\n<p>Louez, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le ciel te donne<\/p>\n<p>Les plus belles gr\u00e2ces,<\/p>\n<p>Et une poussi\u00e8re d&rsquo;\u00e9toiles<\/p>\n<p>Te forme une couronne.<\/p>\n<p>Louez, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00d4 M\u00e8re de Dieu,<\/p>\n<p>Et rose mystique,<\/p>\n<p>Secours par piti\u00e9<\/p>\n<p>Mon pauvre esprit.<\/p>\n<p>Louez, louez, louez Marie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Avec l&rsquo;approbation de la R\u00e9vision eccl\u00e9siastique.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Turin, imprim\u00e9 par G. B. Paravia e Compagnia, 1858<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a><em> V. Le mois de mai ; G\u00eanes, 1747.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Le pape Pie IX accorde une indulgence de cent jours chaque fois que cette invocation est r\u00e9cit\u00e9e.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Le pape Pie IX accorde une indulgence de cent jours chaque fois que l&rsquo;on r\u00e9cite la pri\u00e8re ci-dessus.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a><em> Le pape Pie IX a accord\u00e9 une indulgence de trois cents jours chaque fois que l&rsquo;on r\u00e9citait cette pri\u00e8re de saint Bernard avec un c\u0153ur contrit, et l&rsquo;indulgence pl\u00e9ni\u00e8re \u00e0 ceux qui la r\u00e9citaient pendant un mois entier, \u00e0 gagner en un jour de ce mois choisi \u00e0 leur gr\u00e9.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a><em> Le pape Pie IX accorde 300 jours d&rsquo;indulgence chaque fois que cette invocation est r\u00e9cit\u00e9e ; et ceux qui la r\u00e9citent chaque jour pendant un mois gagneront l&rsquo;indulgence pl\u00e9ni\u00e8re le jour o\u00f9 ils feront leur confession et leur communion.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a><em> Le pape Pie IX accorde une indulgence de 100 jours chaque fois que cette invocation est r\u00e9cit\u00e9e, et l&rsquo;indulgence pl\u00e9ni\u00e8re \u00e0 ceux qui la r\u00e9citent pendant un mois, le jour o\u00f9 ils se confessent et communient.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 1858, saint Jean Bosco publia \u00ab Le mois de mai consacr\u00e9 \u00e0 Marie Immacul\u00e9e&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":53058,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":3,"footnotes":""},"categories":[127],"tags":[1734,1764,2584,1818,1686,1968,2022],"class_list":["post-53071","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-tres-sainte-vierge-marie","tag-catechese","tag-don-bosco","tag-famille","tag-grace","tag-marie","tag-saints","tag-vertus"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/53071","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=53071"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/53071\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":53072,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/53071\/revisions\/53072"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/53058"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=53071"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=53071"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=53071"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}