{"id":48437,"date":"2026-02-02T21:29:35","date_gmt":"2026-02-02T21:29:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.donbosco.press\/?p=48437"},"modified":"2026-02-02T21:32:37","modified_gmt":"2026-02-02T21:32:37","slug":"la-coherence-voie-privilegiee-vers-la-charite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/communications-du-recteur-majeur\/la-coherence-voie-privilegiee-vers-la-charite\/","title":{"rendered":"La coh\u00e9rence, voie privil\u00e9gi\u00e9e vers la charit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><em>\u00ab\u00a0Le repas dans la maison du pharisien\u00a0\u00bb (The Meal in the House of the Pharisee), James Jacques Joseph Tissot (n\u00e9 \u00e0 Nantes, France, 1836\u20131902), 1886-1894, aquarelle, Brooklyn Museum de New York<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Ce passage de l&rsquo;\u00c9vangile de Luc, chapitre 11, versets 37-41, nous raconte comment J\u00e9sus, en chemin vers J\u00e9rusalem, accepte l&rsquo;invitation \u00e0 d\u00e9jeuner chez un pharisien. Nous assistons \u00e0 un dialogue qui repr\u00e9sente une confrontation entre deux visions de la religion : la religion formelle, centr\u00e9e sur les prescriptions rituelles, et celle du c\u0153ur, propos\u00e9e par J\u00e9sus.<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p>Face \u00e0 la question pos\u00e9e \u00e0 J\u00e9sus sur la raison pour laquelle il ne suit pas les gestes rituels de la tradition, le pharisien est invit\u00e9 \u00e0 aller au-del\u00e0 des actions ext\u00e9rieures, \u00e0 v\u00e9rifier si l&rsquo;ext\u00e9rieur correspond vraiment \u00e0 ce qu&rsquo;il a dans le c\u0153ur.<\/p>\n<p><strong>J\u00e9sus accepte l&rsquo;invitation sans conditions<br \/>\n<\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Comme le pharisien, nous pouvons nous aussi inviter J\u00e9sus \u00e0 notre table. Sa r\u00e9ponse est stup\u00e9fiante : J\u00e9sus accepte, toujours, sans poser de conditions. Il n&rsquo;exige pas que notre maison soit en ordre, il ne demande aucune garantie sur notre coh\u00e9rence. <em>\u00ab Il entra et se mit \u00e0 table \u00bb<\/em> \u2013 c&rsquo;est avec cette simplicit\u00e9 d\u00e9sarmante que J\u00e9sus entre dans la vie du pharisien, sachant d\u00e9j\u00e0 ce qu&rsquo;il y trouvera, connaissant ses contradictions, ses zones d&rsquo;ombre, sa duplicit\u00e9.<br \/>\nVoil\u00e0 le premier message lib\u00e9rateur : J\u00e9sus n&rsquo;attend pas que nous soyons parfaits pour venir \u00e0 nous ; il vient pour nous aider \u00e0 nous mettre en ordre. Nous n&rsquo;avons pas \u00e0 cacher qui nous sommes vraiment pour \u00eatre dignes de sa pr\u00e9sence. Au contraire, c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment notre imperfection qui nous rend n\u00e9cessiteux de sa rencontre.<\/p>\n<p><strong>Une pr\u00e9sence qui apporte la clart\u00e9<br \/>\n<\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Mais attention : si J\u00e9sus accepte sans conditions, sa pr\u00e9sence n&rsquo;est jamais neutre ou inoffensive. J\u00e9sus entre et apporte la lumi\u00e8re. Le pharisien s&rsquo;attendait peut-\u00eatre \u00e0 un invit\u00e9 complaisant, quelqu&rsquo;un \u00e0 exhiber, \u00e0 montrer \u00e0 ses connaissances : \u00ab Regardez, m\u00eame J\u00e9sus vient chez moi \u00bb. Au lieu de cela, il se retrouve mis \u00e0 nu sans \u00eatre ni humili\u00e9 ni embarrass\u00e9. La pr\u00e9sence de J\u00e9sus illumine les contradictions, elle fait \u00e9merger ce que nous pr\u00e9f\u00e9rerions garder cach\u00e9.<br \/>\nCe n&rsquo;est pas une agression, c&rsquo;est plut\u00f4t comme lorsqu&rsquo;on allume la lumi\u00e8re dans une pi\u00e8ce : la lumi\u00e8re ne cr\u00e9e pas la poussi\u00e8re qui s&rsquo;y trouve, mais la rend visible. Ainsi fait J\u00e9sus : il n&rsquo;invente pas nos d\u00e9fauts, mais nous aide avec douceur et progressivement \u00e0 les voir pour ce qu&rsquo;ils sont. En somme, sa pr\u00e9sence est une invitation \u00e0 faire la clart\u00e9 dans notre vie : \u00e0 regarder avec honn\u00eatet\u00e9 o\u00f9 nous sommes authentiques et o\u00f9, au contraire, nous vivons derri\u00e8re des masques, o\u00f9 il y a de la coh\u00e9rence et o\u00f9 il y a un foss\u00e9 entre ce que nous paraissons et ce que nous sommes.<\/p>\n<p><strong>Au-del\u00e0 des apparences : l&rsquo;appel \u00e0 la coh\u00e9rence personnelle<br \/>\n<\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <em>\u00ab Vous, les pharisiens, vous purifiez l&rsquo;ext\u00e9rieur de la coupe et du plat, mais votre int\u00e9rieur est plein de cupidit\u00e9 et de m\u00e9chancet\u00e9. \u00bb<\/em> J\u00e9sus ne condamne pas les pratiques ext\u00e9rieures en elles-m\u00eames \u2013 les ablutions, les pri\u00e8res publiques, l&rsquo;observance \u2013 mais il met en lumi\u00e8re cette scission subtile et terrible entre l&rsquo;ext\u00e9rieur et l&rsquo;int\u00e9rieur, la duplicit\u00e9 de celui qui soigne son image tout en n\u00e9gligeant son c\u0153ur.<br \/>\nC&rsquo;est une tentation qui traverse toutes les \u00e9poques. Que d&rsquo;\u00e9nergie nous d\u00e9pensons pour construire une image acceptable ! Sur les r\u00e9seaux sociaux, dans la vie professionnelle, et m\u00eame dans les relations les plus intimes nous filtrons, nous s\u00e9lectionnons, nous ne montrons que ce qui nous met en valeur. J\u00e9sus, au contraire, appelle \u00e0 une coh\u00e9rence \u00e0 un niveau tr\u00e8s personnel, avant m\u00eame qu&rsquo;elle ne soit publique. Il ne s&rsquo;agit pas de ce que les autres voient, mais de qui nous sommes vraiment quand personne ne nous regarde. C&rsquo;est l\u00e0, dans l&rsquo;intimit\u00e9 du c\u0153ur, que se joue notre authenticit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Une vision sans zones d&rsquo;ombre<br \/>\n<\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <em>\u00ab Insens\u00e9s ! Celui qui a fait l&rsquo;ext\u00e9rieur n&rsquo;a-t-il pas fait aussi l&rsquo;int\u00e9rieur ? \u00bb<\/em> Il y a ici une profonde intuition humaine et spirituelle : l&rsquo;\u00eatre humain est un tout. Nous ne sommes pas divis\u00e9s en compartiments \u00e9tanches \u2013 la dimension publique et la dimension priv\u00e9e, le corps et l&rsquo;esprit, l&rsquo;ext\u00e9rieur et l&rsquo;int\u00e9rieur. Nous ne pouvons pas garder des zones d&rsquo;ombre, des domaines de notre vie soustraits \u00e0 la lumi\u00e8re, en pensant qu&rsquo;ils ne contamineront pas le reste.<br \/>\nL&rsquo;invitation de J\u00e9sus est \u00e0 une vision sans zones d&rsquo;ombre : une vie o\u00f9 il n&rsquo;y a pas de recoins cach\u00e9s o\u00f9 nous cultivons nos vices, nos \u00e9go\u00efsmes, notre duplicit\u00e9. Une transparence int\u00e9rieure o\u00f9 tout est port\u00e9 \u00e0 la lumi\u00e8re de la conscience et de la gr\u00e2ce. Cela ne signifie pas la perfection imm\u00e9diate, mais une honn\u00eatet\u00e9 radicale : reconna\u00eetre nos fragilit\u00e9s, les appeler par leur nom, ne pas les justifier ni les cacher. C&rsquo;est le premier pas vers la gu\u00e9rison.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;aum\u00f4ne comme don de soi<br \/>\n<\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <em>\u00ab Donnez plut\u00f4t en aum\u00f4ne ce que vous avez \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur, et alors tout sera pur pour vous. \u00bb<\/em> C&rsquo;est l\u00e0 le point culminant du message de J\u00e9sus. La vraie purification ne vient pas de rituels ext\u00e9rieurs, mais du don de ce qu&rsquo;il y a \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur. La coh\u00e9rence a la capacit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre porteuse de bont\u00e9. Le mot \u00ab aum\u00f4ne \u00bb en grec trouve ses racines dans le mot \u00ab mis\u00e9ricorde \u00bb, compassion. Il ne s&rsquo;agit pas seulement de donner de l&rsquo;argent, mais de se donner soi-m\u00eame : notre temps, notre attention, notre pr\u00e9sence, notre vuln\u00e9rabilit\u00e9.<br \/>\nLorsque nous vivons cette unit\u00e9 int\u00e9rieure, lorsqu&rsquo;il n&rsquo;y a plus de scission entre qui nous sommes et qui nous paraissons, alors de cette unit\u00e9 \u00e9mane la v\u00e9ritable aum\u00f4ne, l&rsquo;authentique mis\u00e9ricorde : un don authentique, non calcul\u00e9, non instrumental. Nous ne donnons pas pour para\u00eetre g\u00e9n\u00e9reux, mais parce que la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 est devenue ce que nous sommes.<\/p>\n<p><strong>La soif des jeunes d&rsquo;adultes authentiques et coh\u00e9rents<br \/>\n<\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ce message a une r\u00e9sonance particuli\u00e8re aujourd&rsquo;hui, sp\u00e9cialement pour les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations. Les jeunes vivent immerg\u00e9s dans une culture o\u00f9 tout a un prix, o\u00f9 tout est calcul\u00e9 en termes de rendement et d&rsquo;utilit\u00e9 ; les identit\u00e9s sont fragment\u00e9es entre mille profils, masques, r\u00f4les sociaux ; les relations sont m\u00e9diatis\u00e9es, filtr\u00e9es, souvent anonymes ou superficielles.<br \/>\nDans ce contexte, les jeunes ont une soif d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e d&rsquo;adultes authentiques, de personnes qui vivent ce qu&rsquo;elles disent, qui n&rsquo;ont pas un visage pour le public et un autre pour le priv\u00e9, qui ne mentent pas par convenance.<br \/>\nIl ne faut jamais oublier que les jeunes ne cherchent pas des adultes parfaits \u2013 ceux-l\u00e0, ils les rejettent comme faux. Ils cherchent des adultes vrais : capables de reconna\u00eetre leurs propres fragilit\u00e9s, d&rsquo;\u00eatre coh\u00e9rents dans les petites choses du quotidien, de tenir leur parole, d&rsquo;avoir une vie int\u00e9rieure qui se voit. Le plus grand service que nous puissions rendre aux nouvelles g\u00e9n\u00e9rations n&rsquo;est pas de leur donner des conseils moraux ou des r\u00e8gles de comportement, mais de t\u00e9moigner d&rsquo;une vie authentique.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;invitation permanente<br \/>\n<\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le pharisien a invit\u00e9 J\u00e9sus une fois. Mais le texte nous r\u00e9v\u00e8le que J\u00e9sus est toujours disponible \u00e0 \u00eatre invit\u00e9, aujourd&rsquo;hui comme il y a deux mille ans.<br \/>\nLa question pour chacun de nous est : sommes-nous dispos\u00e9s \u00e0 l&rsquo;accueillir en sachant que sa pr\u00e9sence nous mettra face \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 sur nous-m\u00eames ? Sommes-nous pr\u00eats \u00e0 le laisser faire la lumi\u00e8re dans nos zones d&rsquo;ombre ? Et puis, apr\u00e8s avoir accueilli cette lumi\u00e8re, sommes-nous dispos\u00e9s \u00e0 vivre dans l&rsquo;authenticit\u00e9, en renon\u00e7ant aux masques, en donnant aux autres non pas ce qui nous reste mais \u00ab ce qu&rsquo;il y a \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur \u00bb ?<br \/>\nDans un monde assoiff\u00e9 de v\u00e9rit\u00e9, \u00eatre des personnes authentiques n&rsquo;est pas un luxe spirituel : c&rsquo;est le premier acte de charit\u00e9 que nous puissions accomplir. Sp\u00e9cialement envers ceux qui, comme les jeunes, ont le droit de voir qu&rsquo;il est possible de vivre sans duplicit\u00e9, que l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 n&rsquo;est pas une utopie, que la coh\u00e9rence entre l&rsquo;int\u00e9rieur et l&rsquo;ext\u00e9rieur est le chemin de la vraie libert\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Le repas dans la maison du pharisien\u00a0\u00bb (The Meal in the House of the Pharisee),&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":20,"featured_media":48430,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":11,"footnotes":""},"categories":[128],"tags":[1662,2563,1818,2186,2049,2028],"class_list":["post-48437","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-communications-du-recteur-majeur","tag-bible","tag-charite","tag-grace","tag-jesus","tag-jeunes","tag-vie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/48437","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/20"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=48437"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/48437\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":48452,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/48437\/revisions\/48452"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/48430"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=48437"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=48437"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=48437"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}