{"id":48179,"date":"2026-01-19T08:47:27","date_gmt":"2026-01-19T08:47:27","guid":{"rendered":"https:\/\/www.donbosco.press\/?p=48179"},"modified":"2026-01-19T08:50:30","modified_gmt":"2026-01-19T08:50:30","slug":"don-bosco-dans-la-diligence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/don-bosco\/don-bosco-dans-la-diligence\/","title":{"rendered":"Don Bosco dans la diligence"},"content":{"rendered":"<p><em><i>Quelle distance et comment le saint de la jeunesse a-t-il parcouru ? Nous retra\u00e7ons les m\u00eames routes.<\/i><\/em><\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;\u00e9poque des trains express internationaux, des voitures de course de Formule 1, des jets supersoniques et des navettes spatiales, il peut m\u00eame sembler path\u00e9tique de parler des voyages de Don Bosco \u00e0 pied, en diligence ou en train \u00e0 \u00ab\u00a0vapeur\u00a0\u00bb. Pourtant, cet aspect non n\u00e9gligeable de son activit\u00e9 ne peut laisser indiff\u00e9rent quand on pense \u00e0 la quantit\u00e9 de temps, d&rsquo;argent et de sacrifices qu&rsquo;il a co\u00fbt\u00e9 \u00e0 un homme qui n&rsquo;avait ni temps, ni argent, ni sant\u00e9 \u00e0 perdre.<\/p>\n<p><strong><b>\u00c0 pied et \u00e0 cheval<br \/>\n<\/b><\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Lorsque Jean a \u00e9lu domicile \u00e0 Castelnuovo \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 15 ans, il avait d\u00e9j\u00e0 pris l&rsquo;habitude, exceptionnelle m\u00eame pour l&rsquo;\u00e9poque, de faire de longues marches. Combien de fois avait-il parcouru les routes de campagne solitaires des Becchi \u00e0 Morialdo, \u00e0 Capriglio, \u00e0 Buttigliera, \u00e0 Moncucco, et surtout \u00e0 Castelnuovo, avec pour seule compagnie le froid ou la chaleur, la neige ou la pluie, le brouillard ou la chaleur, la boue ou la poussi\u00e8re.<br \/>\n\u00c0 l&rsquo;\u00e2ge de 16 ans, il est all\u00e9 \u00e0 Chieri. Son premier voyage s\u00fbr \u00e0 Turin eut lieu en avril 1834, lorsqu&rsquo;il se pr\u00e9senta au couvent des fr\u00e8res mineurs de Notre-Dame des Anges, dans la rue du m\u00eame nom, pour n\u00e9gocier les affaires de sa vocation.<br \/>\nCombien de personnes ont suivi cette premi\u00e8re marche sur Turin ? Nous ne le savons pas. La plus c\u00e9l\u00e8bre fut certainement celle de novembre 1846. Des Becchi, Don Bosco et Maman Marguerite partirent pour le Valdocco, lui avec un paquet de cahiers, un missel et le br\u00e9viaire, elle avec un panier de linge et les choses les plus n\u00e9cessaires. Le Th\u00e9ol. Vola, qui les a rencontr\u00e9s fatigu\u00e9s et poussi\u00e9reux au Rond\u00f2 della Forca, leur a demand\u00e9 :<br \/>\n<em><i>&#8211; D&rsquo;o\u00f9 venez-vous ?<br \/>\n&#8211; Du village.<br \/>\n&#8211; Et pourquoi \u00eates-vous venus \u00e0 pied ? &#8211; Parce que&#8230; ces&#8230; nous manquent&#8230; Et Don Bosco passa son pouce sur son index avec le geste typique de celui \u00e0 qui il manque un sou pour fabriquer une lire.<br \/>\n<\/i><\/em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;\u00e9poque de Don Bosco o\u00f9 les jambes servaient encore \u00e0 l&rsquo;homme de moyen de locomotion. Le co\u00fbt des voitures d\u00e9courageait les pauvres de les utiliser. Il n&rsquo;y avait pas tant de h\u00e2te ou de paresse que de nos jours. Pour Don Bosco, la marche n&rsquo;\u00e9tait donc pas seulement une question d&rsquo;\u00e9conomie. Il souffrait terriblement du mouvement de la voiture. Alors qu&rsquo;il \u00e9tait encore sous-diacre \u00e0 Castelnuovo, invit\u00e9 \u00e0 pr\u00eacher \u00e0 Avigliana, il pr\u00e9f\u00e9ra faire le trajet \u00e0 pied &#8211; 54 kilom\u00e8tres &#8211; pour s&rsquo;\u00e9pargner les naus\u00e9es d&rsquo;un voyage en cal\u00e8che. Lorsqu&rsquo;il exprime au p\u00e8re Cafasso son d\u00e9sir de partir en mission, il entend une r\u00e9ponse :<br \/>\n<em><i>&#8211; Vous ne vous sentez pas de faire un kilom\u00e8tre, une minute dans une voiture ferm\u00e9e sans avoir des maux d&rsquo;estomac, et vous voulez passer la mer ? Vous mourriez !<br \/>\n<\/i><\/em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Et Don Bosco, tant qu&rsquo;il l&rsquo;a pu, a utilis\u00e9 le cheval de saint Fran\u00e7ois, en ville et \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, seul et en compagnie. Il suffit de se rappeler ses c\u00e9l\u00e8bres promenades d&rsquo;automne dans les ann\u00e9es 1850 et 1860.<br \/>\nMaintenant avanc\u00e9 en \u00e2ge, on l&rsquo;a entendu dire au cours d&rsquo;une conversation :<br \/>\n<em><i>&lsquo;Le mouvement est ce qu&rsquo;il y a de plus b\u00e9n\u00e9fique pour la sant\u00e9&rsquo;. En tant qu&rsquo;eccl\u00e9siastique et pendant les premi\u00e8res ann\u00e9es o\u00f9 j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 pr\u00eatre, j&rsquo;\u00e9tais toujours malade. Plus tard, j&rsquo;ai fait beaucoup d&rsquo;exercice et je me suis r\u00e9tabli. Je me souviens encore qu&rsquo;une fois, j&rsquo;ai parcouru avec le p\u00e8re Giacomelli plus de 50 kilom\u00e8tres en une journ\u00e9e. Nous avons quitt\u00e9 San Genesio pour aller faire des courses \u00e0 Turin et revenir ensuite \u00e0 Avigliana. D&rsquo;autres fois, je quittais Turin et me rendais aux Becchi en six heures et marchais ces douze miles [30 kilom\u00e8tres], sans presque m&rsquo;arr\u00eater un instant. Aujourd&rsquo;hui encore, quand je me sens fatigu\u00e9 et oppress\u00e9, je sors et je rends visite \u00e0 un malade jusqu&rsquo;au P\u00f4 ou \u00e0 Porta Nuova, et je ne prends jamais la voiture, sauf quand c&rsquo;est n\u00e9cessaire \u00e0 cause de l&rsquo;importance d&rsquo;un travail, ou parce que je suis press\u00e9 ou que je risque de manquer un rendez-vous.<br \/>\nJe suis d&rsquo;avis qu&rsquo;une cause non n\u00e9gligeable de la mauvaise sant\u00e9 de nos jours est le fait que nous ne faisons plus autant d&rsquo;exercice qu&rsquo;avant. La commodit\u00e9 de l&rsquo;omnibus, de la voiture, du chemin de fer, nous enl\u00e8ve beaucoup d&rsquo;occasions de faire des promenades, m\u00eame courtes, alors qu&rsquo;il y a cinquante ans, aller de Turin \u00e0 Lanzo \u00e0 pied \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme une promenade. Il me semble que le mouvement du chemin de fer et des voitures n&rsquo;est pas suffisant pour que l&rsquo;homme se sente bien&rsquo;. (MB XII, 343)<br \/>\n<\/i><\/em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Mais Don Bosco avait \u00e9galement appris \u00e0 monter \u00e0 cheval. Au cours de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1832, le pr\u00e9v\u00f4t de Castelnuovo, Don Dassano, qui lui donnait des le\u00e7ons d&rsquo;\u00e9cole, lui confia la garde de l&rsquo;\u00e9curie. Giovanni devait promener le cheval et, une fois sorti du village, il sautait sur son dos et le faisait galoper. En tant que nouveau pr\u00eatre, il fut invit\u00e9 \u00e0 pr\u00eacher \u00e0 Lauriano &#8211; \u00e0 une trentaine de kilom\u00e8tres de Castelnuovo &#8211; et partit \u00e0 cheval pour l&rsquo;atteindre \u00e0 temps. Mais la chevauch\u00e9e s&rsquo;est mal termin\u00e9e. Sur la colline de Berzano, la b\u00eate, effray\u00e9e par une grande vol\u00e9e d&rsquo;oiseaux, s&rsquo;est cabr\u00e9e et le cavalier s&rsquo;est retrouv\u00e9 \u00e0 terre avec des os bris\u00e9s.<br \/>\nDon Bosco a fait quelques-unes de ces chevauch\u00e9es \u00e0 l&rsquo;occasion, lors de ses p\u00e9r\u00e9grinations dans le Pi\u00e9mont et sur des tron\u00e7ons lors de sorties avec ses gar\u00e7ons. Il convient de mentionner l&rsquo;ascension triomphale de Superga au printemps 1846. L&rsquo;Oratoire menait une vie pr\u00e9caire dans le pr\u00e9 des Filippi et un jour, Don Bosco voulut emmener ses gar\u00e7ons espi\u00e8gles en p\u00e8lerinage au c\u00e9l\u00e8bre sanctuaire. Lorsqu&rsquo;ils arriv\u00e8rent \u00e0 Sassi, au pied de la pente, ils trouv\u00e8rent un cheval harnach\u00e9 en grande tenue que le cur\u00e9 de Superga, Don Giuseppe Anselmetti, avait envoy\u00e9 au capitaine de la brigade. Don Bosco le monta sur l&rsquo;arche entour\u00e9 de ses marmots qui, tout en marchant, s&rsquo;amusaient \u00e0 prendre la b\u00eate par la bride, par la queue, \u00e0 la t\u00e2ter, \u00e0 la pousser. Et il semble que cette fois le quadrup\u00e8de, plus patient qu&rsquo;un \u00e2ne, ait l\u00e2ch\u00e9 prise, comme s&rsquo;il savait qu&rsquo;il avait Don Bosco en selle.<br \/>\nLa travers\u00e9e des Apennins \u00e0 dos d&rsquo;\u00e2ne lors du voyage vers Salicetto Langhe en novembre 1857 fut loin d\u2019\u00eatre triomphale. Le chemin \u00e9tait \u00e9troit et escarp\u00e9, la neige haute. L&rsquo;animal tr\u00e9buchait et tombait \u00e0 chaque virage et Don Bosco devait descendre de cheval et le pousser en avant. Dans la descente, trop raide, d\u00e9j\u00e0 tremp\u00e9 de sueur, il fit lui-m\u00eame une mauvaise chute, se blessant \u00e0 la jambe. Seul le Seigneur sait comment il a pu atteindre le village \u00e0 temps pour la mission sacr\u00e9e.<br \/>\nCe ne fut pas le dernier voyage de Don Bosco \u00e0 dos d&rsquo;\u00e2ne. En juillet 1862, il a fait le trajet de 6 km de Lanzo \u00e0 St Ignace avec le m\u00eame moyen de transport.<br \/>\nIl en fut probablement de m\u00eame pour d&rsquo;autres fois.<br \/>\nMais l&rsquo;une des chevauch\u00e9es les plus glorieuses de Don Bosco fut celle d&rsquo;octobre 1864, de Gavi \u00e0 Morn\u00e8se. Il arriva au village tard dans la soir\u00e9e au son festif des cloches. Les gens sont sortis de leurs maisons avec leurs lampes allum\u00e9es et se sont agenouill\u00e9s \u00e0 son passage, lui demandant une b\u00e9n\u00e9diction. C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;hosanna du peuple au saint de la jeunesse. \u00ab\u00a0Je pense, \u00e9crit le p\u00e8re Luigi Deambrogio \u00e0 propos de cet \u00e9v\u00e9nement, qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien \u00e0 d\u00e9mythifier ou \u00e0 redimensionner.<br \/>\nPersonne, seulement celui qui n&rsquo;aime pas, ne peut lier les manifestations du Seigneur\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong><b>En carrosse \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de la diligence<\/b><\/strong>.<br \/>\nMalgr\u00e9 la pauvret\u00e9, les maux d&rsquo;estomac et les habitudes de grand marcheur. Don Bosco fut contraint d&rsquo;utiliser fr\u00e9quemment les voitures publiques et les \u00ab\u00a0carrosses\u00a0\u00bb priv\u00e9s, des diligences aux v\u00e9locif\u00e8res, des omnibus aux carrosses d&rsquo;apparat.<br \/>\nLes diligences \u00e9taient de grandes voitures d&rsquo;environ 12 places, avec un int\u00e9rieur, coup\u00e9 et imp\u00e9rial ou \u00e0 toit ouvert. Tir\u00e9es, en g\u00e9n\u00e9ral, par six chevaux avec deux postillons, elles desservaient de longues distances et \u00e9taient moins ch\u00e8res pour les passagers que les voitures postales du gouvernement. Le premier service de diligences dans le Pi\u00e9mont fut celui des fr\u00e8res Bonafous inaugur\u00e9 en 1814. Don Bosco, prenant la diligence, pr\u00e9f\u00e9rait s&rsquo;asseoir sur l&rsquo;imp\u00e9riale pour respirer l&rsquo;air frais et s&rsquo;\u00e9pargner le r\u00e9flexe naus\u00e9eux que lui procurait le carrosse ferm\u00e9.<br \/>\nEn 1828, les v\u00e9locif\u00e8res apparaissent sur les routes du Pi\u00e9mont, marquant un progr\u00e8s dans le service des passagers, tant par le nombre de places, qui peut atteindre trente, que par la baisse du co\u00fbt du voyage. L&rsquo;attelage des v\u00e9locif\u00e8res \u00e9tait g\u00e9n\u00e9ralement compos\u00e9 de quatre chevaux et d&rsquo;un seul facteur, leur vitesse \u00e9tant un peu plus \u00e9lev\u00e9e que celle des diligences en raison du changement plus fr\u00e9quent des chevaux. Cependant, ils desservaient des trajets plus courts, reliant des villes telles que Turin et Pinerolo, Turin et Asti. Compte tenu de la vitesse, de la taille de la voiture et de l&rsquo;\u00e9tat des routes, si les diligences pouvaient \u00eatre qualifi\u00e9es de \u00ab\u00a0voitures digestives\u00a0\u00bb, les v\u00e9locif\u00e8res devaient \u00eatre synonymes de graves maux d&rsquo;estomac pour des passagers comme Don Bosco.<br \/>\nLes omnibus desservaient des trajets encore plus courts, reliant le centre-ville aux banlieues ou aux villes voisines. Il s&rsquo;agissait de voitures \u00e0 quatre roues tir\u00e9es par des chevaux et ne comportant pas plus de 16 places assises. Le service, institu\u00e9 \u00e0 Turin dans les ann\u00e9es 1845-46, s&rsquo;est ensuite transform\u00e9 en 1871 en omnibus \u00e0 traction animale sur rails, cette \u00ab\u00a0Carrozza di tutti\u00a0\u00bb immortalis\u00e9e par la plume de De Amicis, un convoi, c&rsquo;est-\u00e0-dire pour toutes sortes de personnes, qui annon\u00e7ait son arriv\u00e9e aux carrefours de la ville par un coup de trompette.<br \/>\nOutre les transports publics, parmi lesquels il ne faut pas oublier les cal\u00e8ches de ville ou de bourg, circulaient, bien s\u00fbr, toutes sortes de &lsquo;carrosses&rsquo; priv\u00e9s, de premi\u00e8re, deuxi\u00e8me ou troisi\u00e8me classe selon leur structure et leur capacit\u00e9, le nombre de roues et de chevaux, des cal\u00e8ches ouvertes \u00e0 deux places aux berlines ferm\u00e9es \u00e0 quatre places.<br \/>\nIl serait m\u00eame impossible d&rsquo;\u00e9num\u00e9rer tous les voyages de Don Bosco en diligence, en v\u00e9locif\u00e8res, en omnibus ou en voiture priv\u00e9e. Et il serait encore plus difficile de distinguer parfois s&rsquo;il s&rsquo;agit vraiment d&rsquo;un voyage en diligence ou non, plut\u00f4t en v\u00e9locif\u00e8res ou en omnibus.<br \/>\nQuoi qu&rsquo;il en soit, le premier voyage de Don Bosco en diligence, dont nous avons le souvenir, s&rsquo;est fait de Pinerolo \u00e0 Turin pendant les vacances de P\u00e2ques de l&rsquo;ann\u00e9e scolaire 1834-35, alors qu&rsquo;il \u00e9tait \u00e9tudiant \u00e0 Chieri. L&rsquo;information nous est donn\u00e9e par une de ses lettres de jeunesse, la premi\u00e8re de l&rsquo;Epistolario \u00e9dit\u00e9 par le p\u00e8re Ceria. Jean s&rsquo;\u00e9tait rendu \u00e0 Pinerolo \u00e0 l&rsquo;invitation de la famille de son ami Annibale Strambio. Dans la lettre, dont il manque la premi\u00e8re partie, il n&rsquo;est pas fait mention du voyage aller. Mais le voyage de retour est bien sp\u00e9cifi\u00e9 : \u00ab\u00a0Je restai encore deux jours \u00e0 Pinerolo et [&#8230;] le jour dit je montai dans la diligence et arrivai \u00e0 Turin, d&rsquo;o\u00f9 je retournai \u00e0 Chieri\u00a0\u00bb. Le service Turin-Pinerolo \u00e9tait assur\u00e9 en 1835 par Diligences Bonafous au prix de 2,70 lires pour les voitures de premi\u00e8re classe, 2,20 pour les voitures de deuxi\u00e8me classe et 1,65 pour les voitures de troisi\u00e8me classe. On peut supposer que Jean a pris un wagon de troisi\u00e8me cat\u00e9gorie.<br \/>\nVers la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 1850, Don Bosco fait son premier voyage \u00e0 Milan avec un passeport, invit\u00e9 par Don Serafino Allievi \u00e0 pr\u00eacher le jubil\u00e9 \u00e0 l&rsquo;oratoire S. Luigi dans la Via S. Cristina. Apparemment, il a fait ce voyage en v\u00e9locif\u00e8re via Novara et Magenta, puis en changeant de wagon dans les gares principales. En tout, au moins 15 \u00e0 16 heures.<br \/>\nDe ses voyages en omnibus, nous rappelons, \u00e0 titre d&rsquo;exemple, celui de Turin \u00e0 Rivoli en 1852, lorsqu&rsquo;il emmenait les gar\u00e7ons de Valdocco faire des exercices spirituels \u00e0 Giaveno. Les 18 kilom\u00e8tres de Rivoli-Giaveno \u00e9taient bien s\u00fbr parcourus \u00e0 pied. L&rsquo;omnibus a d\u00fb servir \u00e0 Don Bosco \u00e0 d&rsquo;autres occasions pour se rendre \u00e0 pied dans des villes comme Moncalieri, Rivoli, Chieri, Trofarello et Carignano.<br \/>\nUn voyage en \u00ab\u00a0carrosse\u00a0\u00bb qui eut un \u00e9cho particulier dans le Valdocco fut celui de Turin \u00e0 Lanzo en juillet 1862. Don Bosco lui-m\u00eame l&rsquo;a racont\u00e9 \u00e0 ses jeunes. Deux ans plus tard, il refit ce voyage en \u00ab\u00a0omnibus\u00a0\u00bb. Mais il s&rsquo;agissait probablement, dans les deux cas, d&rsquo;un v\u00e9locif\u00e8re En effet, il ne semble pas qu&rsquo;il y ait eu d&rsquo;omnibus sur la route Turin-Lanzo dans ces ann\u00e9es-l\u00e0, mais plut\u00f4t des v\u00e9locif\u00e8res, qui partaient, d\u00e8s 1858, de Piazza Milano \u00e0 Porta Palazzo pr\u00e8s de l&rsquo;h\u00f4tel Rosa Bianca, deux fois par jour.<br \/>\nDans le cas de 1862, les choses se sont plut\u00f4t bien pass\u00e9es jusqu&rsquo;\u00e0 Ciri\u00e8, mais de Ciri\u00e8 \u00e0 Lanzo, c&rsquo;est-\u00e0-dire sur une douzaine de kilom\u00e8tres, il pleuvait des cordes. Don Bosco \u00e9tait assis sur l&rsquo;imp\u00e9riale entre deux passagers qui gardaient leur parapluie ouvert. Ainsi, avec la pluie, il a \u00e9galement re\u00e7u le ruissellement des parapluies. Il est arriv\u00e9 \u00e0 Lanzo aussi mouill\u00e9 qu&rsquo;un poussin. Il \u00e9crit alors dans sa lettre : \u00ab\u00a0Vous, chers jeunes gens, auriez vu Don Bosco descendre de la voiture tout tremp\u00e9, comme ces rats que vous voyez souvent sortir de la bealera derri\u00e8re la cour\u00a0\u00bb. La bealera \u00e9tait l&rsquo;un de ces canaux d&rsquo;irrigation et de drainage qui ne manquaient pas dans la r\u00e9gion du Valdocco, pr\u00e8s de la Dora. L&rsquo;histoire est hilarante, mais elle fait r\u00e9fl\u00e9chir.<br \/>\nDon Bosco utilisait des voitures priv\u00e9es pour entrer et sortir de Turin, en particulier lors de ses s\u00e9jours dans des villes comme Rome et Marseille. Dans ces cas-l\u00e0, il s&rsquo;agissait manifestement d&rsquo;un service qui lui \u00e9tait rendu par des bienfaiteurs.<br \/>\nC&rsquo;est dans la voiture de M. Alberto Nota que Jean Bosco a fait le voyage de Pinerolo \u00e0 Fenestrelle avec son ami Hannibal Strambio au printemps 1835. Lorsqu&rsquo;ils atteignirent presque Fenestrelle, un vent si furieux se leva que le cheval recula. L&rsquo;obscurit\u00e9 alors, due \u00e0 l&rsquo;imminence de la temp\u00eate, les obligea \u00e0 s&rsquo;abriter dans une crique de la montagne. Ils sont rentr\u00e9s \u00e0 Pinerolo tard dans la nuit, lorsque la temp\u00eate s&rsquo;\u00e9tait calm\u00e9e.<br \/>\nC&rsquo;est \u00e9galement en buggy que Don Bosco se rendit pour la premi\u00e8re fois \u00e0 Stresa \u00e0 l&rsquo;automne 1847. L&rsquo;entrepreneur Federico Bocca lui proposa de l&rsquo;accompagner. \u00c0 l&rsquo;aller, ils se rendirent \u00e0 Chivasso, Santhi\u00e0, Biella, Varallo, Orta et Arona. Au retour, ils ont suivi la route de Novara et de Vercelli. Lors des arr\u00eats, Don Bosco passait son temps \u00e0 discuter avec les aubergistes, les cochers et les gar\u00e7ons d&rsquo;\u00e9curie, persuadant m\u00eame certains d&rsquo;entre eux de se confesser. Il y parvenait, apr\u00e8s tout, lorsqu&rsquo;il \u00e9tait assis dans un box \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;un postillon qui avait trop tendance \u00e0 ricaner pour faire trotter les chevaux.<br \/>\nDe ses s\u00e9jours romains, nous pouvons rappeler celui de 1869, lorsque le Card. Berardi mit sa voiture \u00e0 la disposition de Don Bosco. Apparemment, au cours de ce s\u00e9jour, le pape Pie IX lui-m\u00eame a envoy\u00e9 une voiture pour prendre Don Bosco et l&#8217;emmener au Vatican. La voiture du pape, racontait Don Bosco aux jeunes, \u00e9tait si grande qu&rsquo;elle pouvait contenir 14 personnes ; elle \u00e9tait toute couverte de soie et de franges. Et si les franges n&rsquo;\u00e9taient pas l\u00e0, il les mettait.<br \/>\nLors de ses voyages en France, les nobles gentilshommes de Nice, Lyon, Marseille et Paris se disputaient l&rsquo;honneur de porter Don Bosco dans leurs carrosses. Et il devait s&rsquo;adapter, m\u00eame s&rsquo;il \u00e9tait convaincu, comme il le dit, qu'\u00a0\u00bbon ne va pas au ciel dans un carrosse\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong><b>Sur les chemins de fer<br \/>\n<\/b><\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Avec le d\u00e9veloppement croissant des chemins de fer, les voitures publiques en sont venues \u00e0 jouer un r\u00f4le compl\u00e9mentaire et subsidiaire par rapport aux nouveaux moyens de transport. La plus grande \u00e9conomie que permet le voyage en train \u00e0 \u00ab\u00a0vapeur\u00a0\u00bb profitait \u00e0 tout le monde et en particulier \u00e0 ceux qui, comme Don Bosco, voyagaient habituellement en troisi\u00e8me classe. Sans parler du gain de temps, qui \u00e9tait pratiquement r\u00e9duit \u00e0 un tiers. Le cheval en effet ne d\u00e9passe pas les 10-12 kilom\u00e8tres \u00e0 l&rsquo;heure au trot. Ainsi, avec les arr\u00eats correspondants dans les gares postales, un trajet comme Turin-Asti pouvait durer jusqu&rsquo;\u00e0 huit heures avec les anciennes diligences, \u00e0 peine moins avec le v\u00e9locif\u00e8re. En train, dans les ann\u00e9es 1960, il aurait dur\u00e9 normalement, et avec des trains s&rsquo;arr\u00eatant dans les neuf gares du parcours, une heure et 40 minutes. Le tron\u00e7on Turin-G\u00eanes, qui n\u00e9cessitait un voyage en diligence d&rsquo;environ 25 heures, pouvait \u00eatre effectu\u00e9 en train en environ huit heures. C&rsquo;\u00e9tait encore loin des vitesses d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, mais, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, cela semblait d\u00e9j\u00e0 impressionnant. Les inconv\u00e9nients qui nous para\u00eetraient aujourd&rsquo;hui insupportables ne manquaient pas, comme les arr\u00eats fr\u00e9quents, le froid extr\u00eame en hiver, le manque de toilettes, le d\u00e9sagr\u00e9ment de la fum\u00e9e des chaudi\u00e8res etc. Qu\u2019on songe seulement aux passages bruyants et excitants dans les tunnels ! Monter dans un train \u00e0 cette \u00e9poque semblait encore \u00eatre un risque et la crainte d&rsquo;une catastrophe n&rsquo;\u00e9tait pas tout \u00e0 fait absente.<br \/>\nLorsqu&rsquo;en 1858, Don Bosco fit son premier voyage \u00e0 Rome, il s&rsquo;est muni non seulement d&rsquo;un passeport mais aussi d&rsquo;un testament. Cependant, il n&rsquo;a fait que le trajet Turin-G\u00eanes en train, qui avait \u00e9t\u00e9 compl\u00e9t\u00e9 en 1853 par le tunnel de l&rsquo;Apennin. En 1858, le prix de ce voyage \u00e9tait de 16,60 lires en premi\u00e8re classe, 11,60 en deuxi\u00e8me et 8,30 en troisi\u00e8me, une belle \u00e9conomie par rapport aux trente lires de la diligence.<br \/>\n\u00c0 G\u00eanes, Don Bosco dut s&#8217;embarquer sur l&rsquo;Aventino, un bateau \u00e0 vapeur qui faisait route vers Civitavecchia. Il a attrap\u00e9 la fi\u00e8vre et le mal de mer. De Civitavecchia \u00e0 Rome, il a voyag\u00e9 dans une diligence postale tir\u00e9e par six chevaux.<br \/>\nApr\u00e8s 1858, les voyages en train de Don Bosco ne se comptent plus. Il suffit de songer aux 20 voyages \u00e0 Rome de 1858 \u00e0 1887, aux 12 voyages en France de 1876 \u00e0 1886, au voyage en Autriche en 1883 et \u00e0 celui en Espagne en 1886.<br \/>\nLors de ses fr\u00e9quents voyages en train, Don Bosco ne restait pas inactif. Malgr\u00e9 son inconfort physique, il passait son temps \u00e0 relire des \u00e9preuves d\u2019imprimerie ou \u00e0 converser avec ses compagnons de voyage, \u00e0 instruire les ignorants, \u00e0 confondre les m\u00e9chants, \u00e0 d\u00e9fendre ses \u0153uvres si n\u00e9cessaire. Il exer\u00e7ait aussi parfois un minist\u00e8re sacerdotal, lorsqu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas recueilli en pri\u00e8re.<\/p>\n<p><strong><b>Le dernier voyage<br \/>\n<\/b><\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00c0 son retour de Rome en mai 1887, Don Bosco mit fin \u00e0 son long p\u00e8lerinage autour du monde. Sur ordre du m\u00e9decin, et du fait m\u00eame qu&rsquo;il ne pouvait plus se tenir debout, il profitait encore d&rsquo;une voiture donn\u00e9e l&rsquo;apr\u00e8s-midi pour quelques courtes sorties en ville, puis, en juillet, il fut contraint de quitter la chaleur \u00e9touffante de Turin et de passer quelques jours \u00e0 Lanzo. L\u00e0, chaque soir, il faisait une petite promenade dans un fauteuil roulant utilis\u00e9 par son fid\u00e8le secr\u00e9taire Don Viglietti. On l&rsquo;a entendu s&rsquo;exclamer : \u00ab\u00a0Moi qui avais l&rsquo;habitude de d\u00e9fier les plus minces \u00e0 faire des sauts, je dois maintenant marcher dans une chaise roulante avec les jambes des autres !<br \/>\nLors de sa derni\u00e8re maladie en d\u00e9cembre 87 &#8211; janvier 88, il r\u00e9pondit au docteur Fissore qui lui donnait du courage : \u00ab\u00a0Docteur, vous voulez ressusciter les morts ? Demain&#8230; je ferai un plus long voyage !\u00a0\u00bb.<br \/>\nEt celui du 31 janvier 1888 fut son dernier voyage.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quelle distance et comment le saint de la jeunesse a-t-il parcouru ? 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