{"id":47489,"date":"2025-12-11T08:25:38","date_gmt":"2025-12-11T08:25:38","guid":{"rendered":"https:\/\/www.donbosco.press\/?p=47489"},"modified":"2025-12-11T08:27:13","modified_gmt":"2025-12-11T08:27:13","slug":"don-giovanni-bocchi-1929-2016-un-missionnaire-salesien-entre-litalie-et-le-cameroun","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/leur-souvenir-est-benediction\/don-giovanni-bocchi-1929-2016-un-missionnaire-salesien-entre-litalie-et-le-cameroun\/","title":{"rendered":"Don Giovanni Bocchi (1929-2016). Un missionnaire sal\u00e9sien entre l&rsquo;Italie et le Cameroun"},"content":{"rendered":"<p><em>En mai 2026, nous c\u00e9l\u00e9brerons le dixi\u00e8me anniversaire de la mort de Don Giovanni Bocchi, un sal\u00e9sien qui a d\u00e9di\u00e9 quinze ans de sa vie \u00e0 la mission au Cameroun, laissant une empreinte ind\u00e9l\u00e9bile dans l&rsquo;\u00c9glise locale et dans la formation de nombreuses vocations sacerdotales et religieuses. En tant que l&rsquo;un des nombreux jeunes Camerounais qui ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de son minist\u00e8re pastoral et de son accompagnement spirituel, je ressens le devoir de t\u00e9moigner de l&rsquo;impact que ce missionnaire a eu sur notre \u00c9glise et sur ma propre vocation.<br \/>\nCe portrait biographique est bas\u00e9 sur des documents d&rsquo;archives, des t\u00e9moignages directs et des \u00e9crits de Don Bocchi lui-m\u00eame depuis le Cameroun. C&rsquo;est une tentative de restituer la figure d&rsquo;un homme de Dieu qui a su \u00eatre un pont entre diff\u00e9rentes cultures, un p\u00e8re spirituel pour des g\u00e9n\u00e9rations de jeunes, et un t\u00e9moin authentique de l&rsquo;\u00c9vangile en terre de mission.<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p><strong>Les racines de la Garfagnana et la formation sal\u00e9sienne<br \/>\n<\/strong>Giovanni Bocchi est n\u00e9 le 8 mars 1929 \u00e0 Pugliano, un hameau de Minucciano, dans la haute Garfagnana de Lucques, de Giuseppe Bocchi et Annunziata Bertoni. C&rsquo;\u00e9tait un monde paysan, rythm\u00e9 par la nature et une foi simple et robuste. Dans ce contexte montagnard, domin\u00e9 par le Pizzo d&rsquo;Uccello et le Pisanino, le jeune Giovanni a m\u00fbri cette sensibilit\u00e9 humaine et spirituelle qui le caract\u00e9riserait : la valeur de l&rsquo;effort, de la solidarit\u00e9 et de l&rsquo;essentiel.<\/p>\n<p>\u00c0 dix-sept ans, il entre dans la congr\u00e9gation sal\u00e9sienne. Le 27 ao\u00fbt 1946, il franchit le seuil du noviciat de Varazze, entamant un long chemin de formation. Le 28 ao\u00fbt 1947, il prononce sa premi\u00e8re profession religieuse triennale \u00e0 Varazze, promettant de vivre dans la pauvret\u00e9, la chastet\u00e9 et l&rsquo;ob\u00e9issance. Il renouvelle ses v\u0153ux le 25 ao\u00fbt 1950, toujours \u00e0 Varazze. Le 7 septembre 1952, \u00e0 Alassio, il prononce sa profession perp\u00e9tuelle, se liant pour toujours \u00e0 la congr\u00e9gation sal\u00e9sienne.<\/p>\n<p>Le chemin vers le sacerdoce se poursuit avec les \u00e9tudes th\u00e9ologiques \u00e0 Bollengo, o\u00f9 il re\u00e7oit progressivement les ordres : lecteur (1er janvier 1955), acolyte (30 juin 1955), sous-diacre (1er juillet 1956) et diacre (1er janvier 1957). Enfin, le 1er juillet 1957, il est ordonn\u00e9 pr\u00eatre \u00e0 Bollengo. \u00c0 vingt-huit ans, Don Giovanni Bocchi est pr\u00eatre pour toujours, pr\u00eat \u00e0 consacrer sa vie au salut des \u00e2mes. \u00c0 l&rsquo;\u00e9cole de Don Bosco, il avait assimil\u00e9 le Syst\u00e8me Pr\u00e9ventif, bas\u00e9 sur la raison, la religion et l&rsquo;amabilit\u00e9, le transformant en un style de vie.<\/p>\n<p><strong>Les premiers pas de son minist\u00e8re en Italie<br \/>\n<\/strong>Du 11 septembre 1963 au 11 septembre 1966, Don Bocchi occupe le poste de <strong>directeur de la maison sal\u00e9sienne de Savone<\/strong>. Mais son bureau \u00e9tait la cour, son pupitre \u00e9tait le confessionnal. Il aimait \u00eatre au milieu des jeunes, qui voyaient en lui un p\u00e8re et un ami. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment pendant ces ann\u00e9es que sa vocation particuli\u00e8re de confesseur et de directeur spirituel commence \u00e0 se manifester. <strong>Parmi ses p\u00e9nitents se trouvait V\u00e9ra Grita, une jeune enseignante qui deviendra Coop\u00e9ratrice sal\u00e9sienne <\/strong>et dont la cause de b\u00e9atification est aujourd&rsquo;hui en cours. Don Bocchi l&rsquo;accompagne dans son chemin spirituel \u00e0 partir de 1963, l&rsquo;aidant \u00e0 discerner la volont\u00e9 de Dieu.<\/p>\n<p><strong>Du 11 septembre 1966 au 22 juillet 1970, \u00e0 G\u00eanes-Sampierdarena, <\/strong>Don Bocchi est d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 provincial aux apostolats sociaux. Il se consacre \u00e0 l&rsquo;assistance des ouvriers et de leurs familles, portant l&rsquo;\u00c9vangile dans les usines et les quartiers populaires. C&rsquo;\u00e9tait un pr\u00eatre de fronti\u00e8re, qui cherchait \u00e0 promouvoir la dignit\u00e9 humaine et chr\u00e9tienne des travailleurs. Cette exp\u00e9rience enrichit sa sensibilit\u00e9 pastorale et le pr\u00e9para \u00e0 comprendre les dynamiques de la pauvret\u00e9 qu&rsquo;il rencontrerait ensuite en Afrique.<\/p>\n<p><strong>Le 22 juillet 1970, il arrive \u00e0 La Spezia-Canaletto<\/strong>, ville qui deviendra sa deuxi\u00e8me maison pendant de nombreuses ann\u00e9es. Du 1er septembre 1976 au 23 juin 1981, il est cur\u00e9 de Maria Ausiliatrice al Canaletto, se montrant un pasteur infatigable. Sa porte \u00e9tait toujours ouverte, sa pr\u00e9dication simple et profonde. Mais c&rsquo;est surtout au confessionnal que Don Bocchi exer\u00e7ait son plus grand charisme : il passait des heures \u00e0 \u00e9couter, consoler, pardonner. C&rsquo;\u00e9tait un ministre de la mis\u00e9ricorde de Dieu.<\/p>\n<p>Le 23 juin 1981, il est nomm\u00e9 directeur de la communaut\u00e9 sal\u00e9sienne de La Spezia. Mais son c\u0153ur \u00e9tait toujours tourn\u00e9 vers les jeunes, vers la mission. <strong>Il ressentait un fort d\u00e9sir de partir pour des terres lointaines.<br \/>\n<\/strong><br \/>\n<strong>L&rsquo;appel de l&rsquo;Afrique<br \/>\n<\/strong>En 1982, lorsque Don Giovanni Bocchi partit pour le Cameroun, il avait d\u00e9j\u00e0 plus de cinquante ans. Ce n\u2019\u00e9tait plus un jeune homme, mais un pr\u00eatre m\u00fbr, avec une solide exp\u00e9rience pastorale. Sa d\u00e9cision d&#8217;embrasser la mission africaine repr\u00e9sentait un choix courageux, qui t\u00e9moignait de sa profonde libert\u00e9 int\u00e9rieure et de sa totale disponibilit\u00e9 \u00e0 la volont\u00e9 de Dieu.<\/p>\n<p>La congr\u00e9gation sal\u00e9sienne connaissait alors un fort <strong>\u00e9lan missionnaire vers l&rsquo;Afrique, dans le cadre du \u00ab\u00a0Projet Afrique\u00a0\u00bb lanc\u00e9 par le Recteur Majeur Don Egidio Vigan\u00f2<\/strong>. Comme il l&rsquo;\u00e9crira quelques ann\u00e9es plus tard, l&rsquo;Afrique \u00e9tait devenue \u00ab\u00a0le fleuron\u00a0\u00bb de sa vie sacerdotale. Avec l&rsquo;enthousiasme d&rsquo;un novice et la sagesse d&rsquo;un v\u00e9t\u00e9ran, il se pr\u00e9para \u00e0 devenir \u00ab\u00a0Africain avec les Africains\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Fondation d&rsquo;une nouvelle pr\u00e9sence sal\u00e9sienne<br \/>\nLe 1er septembre 1982, Don Giovanni Bocchi arriva au Cameroun pour fonder, avec ses confr\u00e8res Don Rizzato et Don De Marchi<\/strong>, une nouvelle pr\u00e9sence sal\u00e9sienne \u00e0 Ebolowa. La ville, qui comptait environ 38 000 habitants, venait de devenir le chef-lieu de la province du Centre-Sud. La paroisse confi\u00e9e aux sal\u00e9siens pr\u00e9sentait des dimensions incroyables : elle embrassait presque toute la ville avec ses 13 quartiers et comprenait 5 pistes pour un total d&rsquo;environ 160 km, le long desquelles se trouvent plus de 40 villages, chacun avec sa propre chapelle. G\u00e9ographiquement, elle couvrait plus de 9 000 km\u00b2, avec 45 000 habitants.<\/p>\n<p>Les tourn\u00e9es pastorales duraient des mois, et le pr\u00eatre restait hors de chez lui trois ou quatre jours par semaine. C&rsquo;\u00e9tait un champ de travail immense, que les trois missionnaires ont affront\u00e9 avec un d\u00e9vouement extraordinaire.<\/p>\n<p>Don Bocchi se lan\u00e7a imm\u00e9diatement dans l&rsquo;apprentissage de la langue locale, le Bulu, pour communiquer efficacement avec la population. Outre le minist\u00e8re paroissial, il s&rsquo;engagea \u00e0 d\u00e9velopper des \u0153uvres \u00e9ducatives et sociales qui allaient changer le visage de la mission. L&rsquo;\u00e9cole catholique devint rapidement l&rsquo;une des plus grandes du Sud du Cameroun, avec 1 350 \u00e9l\u00e8ves du primaire.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, des \u0153uvres de formation professionnelle voient le jour : une grande menuiserie, suivie de la m\u00e9canique automobile et de la r\u00e9paration audio-vid\u00e9o. Il avait une vision int\u00e9grale de l&rsquo;\u00e9ducation, qui ne se limitait pas \u00e0 l&rsquo;instruction mais comprenait la formation professionnelle et l&rsquo;accompagnement humain. Les gens l&rsquo;appelaient \u00ab\u00a0Fata\u00a0\u00bb (p\u00e8re) et l&rsquo;accueillaient avec affection.<\/p>\n<p><strong>La rencontre qui a chang\u00e9 ma vie<br \/>\n<\/strong>C&rsquo;est dans ce contexte que ma rencontre personnelle avec Don Bocchi a eu lieu, une rencontre qui allait changer le cours de ma vie. Je fr\u00e9quentais le petit s\u00e9minaire Saint-Jean XXIII d&rsquo;Ebolowa, convaincu de devoir devenir pr\u00eatre dioc\u00e9sain \u2013 mon p\u00e8re \u00e9tait cat\u00e9chiste form\u00e9 par les missionnaires spiritains.<\/p>\n<p>Don Bocchi venait r\u00e9guli\u00e8rement dans notre s\u00e9minaire comme confesseur. L&rsquo;attitude des sal\u00e9siens envers nous, s\u00e9minaristes, \u00e9tait surprenante par rapport \u00e0 la distance institutionnelle \u00e0 laquelle nous \u00e9tions habitu\u00e9s. Je n&rsquo;avais jamais vu de pr\u00eatres aussi proches des jeunes, aussi solidaires, aussi paternels, aussi souriants, qui se laissaient approcher, toucher et salir par les enfants et les jeunes.<\/p>\n<p>Tout a commenc\u00e9 par un match de football entre nous, s\u00e9minaristes, et les jeunes du <em>Centre des Jeunes Don Bosco<\/em>. C&rsquo;est \u00e0 cette occasion que j&rsquo;ai vu pour la premi\u00e8re fois des pr\u00eatres qui jouaient avec les jeunes, qui riaient et plaisantaient naturellement. C&rsquo;\u00e9tait un style pastoral qui m&rsquo;interrogeait profond\u00e9ment.<\/p>\n<p><strong>Un \u00ab\u00a0malentendu\u00a0\u00bb qui devient vocation<br \/>\n<\/strong>Mon jeune fr\u00e8re Luc, qui fr\u00e9quentait l&rsquo;oratoire sal\u00e9sien, \u00e9tait l\u2019ami du P\u00e8re Alcide (Don Alcide Baggio, maintenant missionnaire \u00e0 Kinshasa, en R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo). Quand je lui ai exprim\u00e9 mon admiration pour cette fa\u00e7on d&rsquo;\u00eatre pr\u00eatre, il rapporta \u00e0 Don Bocchi mon d\u00e9sir de devenir sal\u00e9sien. Mais Don Bocchi ne se limita pas \u00e0 en prendre acte. Il m&rsquo;offrit les <em>M\u00e9moires de l&rsquo;Oratoire<\/em> et une biographie de Dominique Savio : \u00ab\u00a0Lis, et ensuite nous en parlerons.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il n&rsquo;imposait pas, mais proposait ; il offrait des outils de discernement. Cette attitude r\u00e9v\u00e9lait sa profonde confiance dans la libert\u00e9 de la personne et dans l&rsquo;action du Saint-Esprit. Il est vrai aussi que, \u00e9tant mon confesseur et ami de mon p\u00e8re, il pouvait dire qu&rsquo;il me connaissait bien. La lecture de ces textes m&rsquo;a ouvert un horizon compl\u00e8tement nouveau. Quand j&rsquo;ai d\u00e9couvert la vie de Don Bosco et de son \u00e9l\u00e8ve Dominique Savio, j&rsquo;ai compris la raison de l&rsquo;attitude que les sal\u00e9siens montraient envers nous, les jeunes.<\/p>\n<p><strong>Les difficult\u00e9s institutionnelles et le courage pastoral<br \/>\n<\/strong>Mon choix de me rapprocher des sal\u00e9siens ne fut pas bien vu par les sup\u00e9rieurs du s\u00e9minaire dioc\u00e9sain. L&rsquo;\u00e9v\u00eaque me convoqua pour me dire : \u00ab\u00a0\u00c9coute-moi bien, mon fils. Si pour une raison quelconque tu ne continues pas avec les sal\u00e9siens, ne reviens jamais dans mon dioc\u00e8se, car tu es all\u00e9 chez eux sans ma permission.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>C&rsquo;\u00e9tait une menace qui m&rsquo;effrayait profond\u00e9ment. Mais Don Bocchi, ayant eu connaissance de la situation, en fut scandalis\u00e9. Il m&rsquo;accompagna personnellement \u00e0 Sangmelima chez l&rsquo;\u00e9v\u00eaque, Mgr Jean-Baptiste Ama, pour clarifier la question et me rassurer en disant que si telle \u00e9tait vraiment la volont\u00e9 de Dieu, je pourrais continuer sans probl\u00e8me. <strong>Sa fermet\u00e9 \u00e0 d\u00e9fendre la libert\u00e9 de conscience fut d\u00e9terminante pour ma vocation.<br \/>\n<\/strong><br \/>\nDon Bocchi avait aussi le don de l&rsquo;humour. Me voyant encore incertain, il me dit avec un sourire : \u00ab\u00a0Si Dieu t&rsquo;appelle, personne ne peut s&rsquo;y opposer. Moi-m\u00eame, jeune, j&rsquo;ai essay\u00e9 de r\u00e9sister, et regarde ce que Dieu m&rsquo;a fait\u00a0\u00bb \u2013 en d\u00e9signant en plaisantant sa t\u00eate chauve. De la peur initiale, je passai au rire. C&rsquo;\u00e9tait sa mani\u00e8re. Avec bont\u00e9 et affection, il aidait chacun \u00e0 d\u00e9couvrir le projet de Dieu, transformant m\u00eame les moments de tension en occasions de croissance.<\/p>\n<p>Son accompagnement se caract\u00e9risait par quelques \u00e9l\u00e9ments fondamentaux : <strong>respect de la libert\u00e9 (\u00ab\u00a0Prie, r\u00e9fl\u00e9chis, et ensuite tu d\u00e9cides\u00a0\u00bb), patience dans le temps de discernement, confiance en la Providence (\u00ab\u00a0Si c&rsquo;est la volont\u00e9 de Dieu, cela se fera\u00a0\u00bb), et proximit\u00e9 humaine concr\u00e8te.<\/strong><\/p>\n<p>Livourne puis Yaound\u00e9 : le r\u00eave du Sanctuaire<br \/>\nLe 26 juin 1990, Don Bocchi rentre temporairement en Italie. Du 26 juin 1990 au 26 juin 1992, il est directeur de la communaut\u00e9 sal\u00e9sienne de Livourne. Ce fut une p\u00e9riode de repos n\u00e9cessaire apr\u00e8s huit ann\u00e9es tr\u00e8s intenses en Afrique, mais aussi un temps o\u00f9 il maintenait des contacts avec la mission camerounaise et se consacrait \u00e0 la sensibilisation missionnaire aupr\u00e8s des bienfaiteurs toscans. Il \u00e9tait rest\u00e9 en contact avec des groupes d&rsquo;amis en Toscane, et celui de Livourne \u00e9tait l&rsquo;un des plus actifs pour soutenir Don Bocchi dans des initiatives de sensibilisation et de solidarit\u00e9.<\/p>\n<p>Le 26 juin 1992, Don Bocchi retourna au Cameroun, cette fois \u00e0 Yaound\u00e9, dans la paroisse de Mimboman. Initialement, il en eut la charge (du 1er septembre 1992 au 1er septembre 1993), mais son service durera, avec une interruption, jusqu&rsquo;en 1999. Le transfert repr\u00e9sentait un nouveau d\u00e9fi : il passait de la r\u00e9alit\u00e9 provinciale d&rsquo;Ebolowa \u00e0 la complexit\u00e9 d&rsquo;une grande m\u00e9tropole africaine en croissance rapide, avec une urbanisation sauvage, le ch\u00f4mage des jeunes et la diffusion de nouvelles sectes religieuses.<\/p>\n<p>Du 6 juillet 1993 au 1er septembre 1995, Don Bocchi fut rappel\u00e9 en Italie comme directeur de la communaut\u00e9 sal\u00e9sienne de Pietrasanta. Ce fut une p\u00e9riode relativement courte mais significative, durant laquelle il continua son minist\u00e8re sacerdotal en territoire toscan. Le 1er septembre 1995, Don Bocchi retourna \u00e0 Yaound\u00e9-Mimboman, cette fois comme vicaire (1995-1996) puis comme cur\u00e9 (du 1er septembre 1996 au 1er septembre 1999), occupant simultan\u00e9ment le r\u00f4le de vicaire la derni\u00e8re ann\u00e9e (\u00e0 partir du 1er septembre). Il se consacra avec passion \u00e0 l&rsquo;animation de l&rsquo;oratoire de Mimboman, qui devint rapidement un point de r\u00e9f\u00e9rence pour des centaines de jeunes du quartier et de la ville. <strong>Son style restait le m\u00eame : proximit\u00e9 avec les jeunes, amour des pauvres, z\u00e8le pour les \u00e2mes.<br \/>\n<\/strong><br \/>\n<strong>Le projet du Sanctuaire Marie-Auxiliatrice<br \/>\n<\/strong>Le projet le plus ambitieux fut la conception d&rsquo;un Sanctuaire d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Marie Auxiliatrice, une entreprise audacieuse qui semblait d\u00e9passer les forces humaines. Mais <strong>Don Bocchi voyait la soif de Dieu chez les gens, leur d\u00e9sir d&rsquo;un lieu sacr\u00e9<\/strong>. Le Sanctuaire devait \u00eatre un centre d&rsquo;irradiation de la foi, pas seulement un b\u00e2timent. Il impliqua la communaut\u00e9 chr\u00e9tienne, chercha des bienfaiteurs, mobilisa les amis en Italie. <strong>Bien qu&rsquo;il n&rsquo;ait pas pu voir l&rsquo;\u0153uvre achev\u00e9e en raison de son retour pour des raisons de sant\u00e9, il jeta les bases d&rsquo;une r\u00e9alisation que d&rsquo;autres, jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui, cherchent \u00e0 mener \u00e0 terme.<br \/>\n<\/strong><br \/>\nPour lui, Marie n&rsquo;\u00e9tait pas une d\u00e9votion parmi tant d&rsquo;autres, mais la m\u00e8re, le guide, l&rsquo;inspiratrice de toute sa vie de sal\u00e9sien et de missionnaire. Il avait appris de Don Bosco \u00e0 lui faire confiance, \u00e0 l&rsquo;invoquer dans les moments difficiles.<\/p>\n<p><strong>Le retour d\u00e9finitif en Italie et les derni\u00e8res ann\u00e9es<br \/>\n<\/strong>En 1999, apr\u00e8s quinze ans d&rsquo;intense activit\u00e9 missionnaire en Afrique, marqu\u00e9s \u00e9galement par des p\u00e9riodes de service en Italie, la sant\u00e9 de Don Bocchi commen\u00e7a s\u00e9rieusement \u00e0 d\u00e9cliner, mise \u00e0 rude \u00e9preuve par le climat et la vie de sacrifice. <strong>\u00c0 sa grande douleur, il fut contraint de quitter sa ch\u00e8re terre africaine<\/strong>, affrontant cette nouvelle \u00e9preuve avec la m\u00eame foi et le m\u00eame abandon qui avaient caract\u00e9ris\u00e9 son minist\u00e8re.<\/p>\n<p>Cette ann\u00e9e-l\u00e0, le 11 juillet, repr\u00e9senta pour nous deux un tournant radical et d\u00e9finitif. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment dans cet Oratoire et dans cette paroisse destin\u00e9e \u00e0 devenir un futur sanctuaire que Don Bocchi put assister \u00e0 mon ordination sacerdotale. Pour lui, c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;accomplissement d&rsquo;une mission \u00e9ducative : il avait \u00e9crit et pr\u00e9sent\u00e9 personnellement ma candidature \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00eaque, selon le rite liturgique. Il m\u2019avait accompagn\u00e9 depuis mes treize ans jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte, me trouvant m\u00eame une famille adoptive, celle de Franco et Carla Sommella \u00e0 Spezia, Vezzano Ligure.<\/p>\n<p>Le jour de mon ordination sacerdotale, j&rsquo;\u00e9tais sans voix. Je lisais dans ses yeux la m\u00eame joie qui brillait dans ceux de mes parents africains. La s\u00e9paration qui s&rsquo;ensuivit, bien que douloureuse, marqua pour lui la conclusion d&rsquo;un parcours. Mon confesseur et p\u00e8re spirituel voyait son \u0153uvre r\u00e9alis\u00e9e, achev\u00e9e sous le signe d&rsquo;une mission accomplie.<\/p>\n<p><strong>Entre Pise et La Spezia : le minist\u00e8re du pardon<br \/>\n<\/strong>Moins de deux mois plus tard, donc du 1er septembre 1999 au 30 juin 2000, Don Bocchi retourna bri\u00e8vement \u00e0 La Spezia-Canaletto, la communaut\u00e9 qu&rsquo;il avait d\u00e9j\u00e0 connue dans les ann\u00e9es 1970. Du 30 juin 2000 au 1er septembre 2004, il fut directeur et cur\u00e9 \u00e0 Pise de la paroisse de Don Bosco et San Ranieri. Malgr\u00e9 son \u00e2ge et ses infirmit\u00e9s, il se donna avec g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9.<\/p>\n<p>Le 1er septembre 2004, il est transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 La Spezia, dans la paroisse Notre-Dame des Neiges, o\u00f9 jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de ses jours il se consacra \u00e0 ce qu&rsquo;il aimait appeler le \u00ab\u00a0minist\u00e8re du pardon\u00a0\u00bb. Il accueillait tout le monde avec un sourire lumineux qui transmettait joie et s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. Il devint un point de r\u00e9f\u00e9rence spirituel pour toute la ville. <strong>Sa r\u00e9putation de confesseur sage et mis\u00e9ricordieux se r\u00e9pandit rapidement : les fid\u00e8les qui se rendaient \u00e0 son confessionnal \u00e9taient vraiment un fleuve<\/strong>, et pour eux, Don Gianni \u00e9tait toujours disponible. Il accueillait tout le monde avec la m\u00eame patience, la m\u00eame bont\u00e9. Il ne regardait pas l&rsquo;horloge, il ne se lassait pas d&rsquo;\u00e9couter. <strong>Pour lui, chaque \u00e2me \u00e9tait un tr\u00e9sor pr\u00e9cieux<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Le privil\u00e8ge de l&rsquo;indulgence pl\u00e9ni\u00e8re re\u00e7u en Afrique<br \/>\n<\/strong>Durant ces ann\u00e9es, Don Bocchi exer\u00e7a un privil\u00e8ge sp\u00e9cial qu&rsquo;il <strong>avait re\u00e7u du Pape Jean-Paul II lors d&rsquo;une de ses visites au Cameroun : la facult\u00e9 d&rsquo;accorder l&rsquo;indulgence pl\u00e9ni\u00e8re<\/strong>. C&rsquo;\u00e9tait une reconnaissance de sa saintet\u00e9 de vie et de sa fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00c9vangile. Il exer\u00e7a ce privil\u00e8ge avec une grande humilit\u00e9, heureux de pouvoir offrir aux fid\u00e8les non seulement le pardon mais aussi la r\u00e9mission totale de la peine.<\/p>\n<p>Les derni\u00e8res ann\u00e9es furent marqu\u00e9es par la maladie, qui s&rsquo;aggrava progressivement. Mais il ne perdit jamais sa s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. Il continua \u00e0 prier, \u00e0 offrir, \u00e0 b\u00e9nir. <strong>Il se pr\u00e9para \u00e0 la rencontre avec le Seigneur avec la paix au c\u0153ur, avec la certitude d&rsquo;avoir combattu le bon combat.<br \/>\n<\/strong><br \/>\n<strong>Le dernier adieu<br \/>\n<\/strong>Don Giovanni Bocchi s&rsquo;est \u00e9teint le 1er mai 2016 \u00e0 La Spezia, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de quatre-vingt-sept ans. Les fun\u00e9railles furent c\u00e9l\u00e9br\u00e9es dans l&rsquo;\u00e9glise Notre-Dame des Neiges \u00e0 La Spezia, pr\u00e9sid\u00e9es par Monseigneur Luigi Ernesto Palletti, \u00e9v\u00eaque du dioc\u00e8se, en pr\u00e9sence de nombreux pr\u00eatres et d&rsquo;une grande foule \u00e9mue. Ce fut le dernier embrassement choral \u00e0 un p\u00e8re, t\u00e9moignage de l&rsquo;affection et de l&rsquo;estime qu\u2019il s\u2019\u00e9tait acquises durant toutes les ann\u00e9es de son minist\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Le t\u00e9moignage de Don Karim Madjidi<br \/>\n<\/strong>Don Karim Madjidi, alors vicaire provincial de la Circonscription Centrale (2015-2018), participa \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie et illustra la figure et l&rsquo;\u0153uvre de Don Bocchi. Il souligna comment il avait \u00e9t\u00e9 une grande figure de pr\u00eatre qui avait su donner toute sa vie au Seigneur, acceptant toutes ses ob\u00e9diences, changeant continuellement de ville, toujours au service, \u00e0 l&rsquo;oratoire.<\/p>\n<p>Don Karim a soulign\u00e9 son impact durable sur l&rsquo;\u00c9glise camerounaise : Don Bocchi avait suivi tant de jeunes qui s&rsquo;\u00e9taient pr\u00e9par\u00e9s \u00e0 devenir pr\u00eatres, tant de religieuses. Sa mani\u00e8re d&rsquo;\u00eatre pr\u00eatre \u2013 qui <strong>invitait tous \u00e0 prier la Vierge, \u00e0 s&rsquo;approcher de la confession, de l&rsquo;Eucharistie mais avec un sens humain, vraiment humain, proche<\/strong> \u2013 avait laiss\u00e9 une marque profonde.<\/p>\n<p>Sa d\u00e9pouille repose d\u00e9sormais dans le cimeti\u00e8re de son village natal, Pugliano, au milieu des montagnes qui l&rsquo;ont vu na\u00eetre. C&rsquo;est un retour symbolique aux racines, \u00e0 la terre qui l&rsquo;a form\u00e9, aux montagnes qui lui ont enseign\u00e9 la solidit\u00e9 de la foi.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;h\u00e9ritage spirituel<br \/>\n<\/strong>L&rsquo;h\u00e9ritage le plus pr\u00e9cieux de Don Giovanni Bocchi ne se trouve pas dans les \u0153uvres mat\u00e9rielles, aussi grandes soient-elles, mais dans les c\u0153urs qu&rsquo;il a transform\u00e9s. Sa pr\u00e9dication, et surtout son t\u00e9moignage, ont favoris\u00e9 de nombreuses conversions \u00e0 la foi et la naissance de nombreuses vocations religieuses et sacerdotales.<\/p>\n<p>De nombreux jeunes, gr\u00e2ce \u00e0 son minist\u00e8re, ont embrass\u00e9 la vie sacerdotale ou religieuse. D&rsquo;autres se sont engag\u00e9s comme la\u00efcs dans l&rsquo;\u00c9glise et dans la soci\u00e9t\u00e9. Ma propre vocation est le fruit de son accompagnement. Aujourd&rsquo;hui, en tant que psychologue de l&rsquo;\u00e9ducation, pr\u00e9dicateur et depuis quelques ann\u00e9es membre du Conseil g\u00e9n\u00e9ral des Sal\u00e9siens, je poursuis l&rsquo;h\u00e9ritage de cette graine qu&rsquo;il a plant\u00e9e dans mon c\u0153ur de jeune s\u00e9minariste incertain.<\/p>\n<p><strong>Les \u00ab\u00a0Jean Bocchi\u00a0\u00bb du Cameroun<br \/>\n<\/strong>Aujourd&rsquo;hui encore, chez nous au Cameroun, <strong>de nombreux enfants portent le nom de \u00ab\u00a0Jean Bocchi\u00a0\u00bb en l&rsquo;honneur du missionnaire.<\/strong> Pour les m\u00e8res africaines, donner le nom d&rsquo;une personne \u00e0 leurs enfants est la plus haute reconnaissance : cela signifie que cette personne a sauv\u00e9 leur vie ou celle de leurs familles. C&rsquo;est un geste qui va au-del\u00e0 de l&rsquo;affection, qui t\u00e9moigne d&rsquo;une gratitude profonde. <strong>Ces enfants sont la m\u00e9moire vivante d&rsquo;un p\u00e8re qui a aim\u00e9 sans r\u00e9serve.<\/strong><\/p>\n<p>Une m\u00e9thode \u00e9ducative universelle<br \/>\nDon Bocchi a su incarner le charisme sal\u00e9sien en terre africaine, l&rsquo;adaptant au contexte local sans en trahir l&rsquo;essence. Il a d\u00e9montr\u00e9 la validit\u00e9 universelle du Syst\u00e8me Pr\u00e9ventif de Don Bosco. Il a appris notre langue Bulu, a compris les dynamiques sociales, <strong>a su se faire Africain avec les Africains<\/strong> sans perdre son identit\u00e9 de Sal\u00e9sien. Son t\u00e9moignage d\u00e9montre que l&rsquo;\u00e9vang\u00e9lisation authentique n&rsquo;est pas une imposition de mod\u00e8les ext\u00e9rieurs, mais une incarnation de l&rsquo;\u00c9vangile dans la culture locale, respectueuse des diversit\u00e9s et valorisant les richesses humaines de chaque peuple.<\/p>\n<p>Pr\u00e8s de dix ans apr\u00e8s sa mort, la figure de Don Giovanni Bocchi reste vivante. Pour nous au Cameroun, <strong>il a \u00e9t\u00e9 un p\u00e8re dans la foi, qui a su nous aider sans assistanat, nous former et nous d\u00e9fier sans colonialisme culturel. Il a cru en nos potentialit\u00e9s et a respect\u00e9 notre dignit\u00e9.<br \/>\n<\/strong><br \/>\nSon h\u00e9ritage perdure dans les \u0153uvres qu&rsquo;il a fond\u00e9es, dans les vocations qu&rsquo;il a suscit\u00e9es, dans les \u00ab Jean Bocchi \u00bb qui portent son nom. Mais surtout, il perdure dans la m\u00e9thode \u00e9ducative qu&rsquo;il a transmise et dans l&rsquo;amour pour les jeunes dont il a t\u00e9moign\u00e9.<\/p>\n<p><em>Don Alphonse OWOUDOU, sdb<br \/>\nConseiller R\u00e9gional Afrique Centrale et Ouest<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En mai 2026, nous c\u00e9l\u00e9brerons le dixi\u00e8me anniversaire de la mort de Don Giovanni Bocchi,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":47482,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":22,"footnotes":""},"categories":[124],"tags":[1716,2563,1758,2554,2194,2049,1890,1956,2616,2022,2016],"class_list":["post-47489","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-leur-souvenir-est-benediction","tag-charisme-salesien","tag-charite","tag-creativite-salesienne","tag-dieu","tag-education","tag-jeunes","tag-missions","tag-salesiens","tag-temoins","tag-vertus","tag-voyages"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/47489","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=47489"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/47489\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":47501,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/47489\/revisions\/47501"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/47482"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=47489"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=47489"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=47489"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}