{"id":46657,"date":"2025-10-31T17:37:03","date_gmt":"2025-10-31T17:37:03","guid":{"rendered":"https:\/\/www.donbosco.press\/?p=46657"},"modified":"2025-10-31T17:41:52","modified_gmt":"2025-10-31T17:41:52","slug":"laissez-moi-seul-je-souffre-trop-1867","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/songes-de-don-bosco\/laissez-moi-seul-je-souffre-trop-1867\/","title":{"rendered":"Laissez-moi seul, je souffre trop (1867)"},"content":{"rendered":"<p><em>Le r\u00eave qui suit, racont\u00e9 par Don Bosco \u00e0 ses jeunes en 1867, commence par une nuit d&rsquo;insomnie o\u00f9 le Saint r\u00e9fl\u00e9chit au myst\u00e8re de l&rsquo;\u00e2me. Guid\u00e9 par une pr\u00e9sence lumineuse, il est transport\u00e9 dans un palais suspendu o\u00f9 il rencontre un \u00e9v\u00eaque ami, d\u00e9j\u00e0 d\u00e9c\u00e9d\u00e9, qui lui ouvre des aper\u00e7us sur le destin au-del\u00e0 de la mort. De leur dialogue \u00e9mergent des avertissements : l&rsquo;illusion des plaisirs mondains, la n\u00e9cessit\u00e9 de dissiper le \u00ab brouillard \u00bb mondain, la garde de la puret\u00e9, l&rsquo;ob\u00e9issance, la fuite de l&rsquo;oisivet\u00e9, la pri\u00e8re, la confession et la communion fr\u00e9quentes. La vision, \u00e0 la fois r\u00e9aliste et symbolique, \u00e9claire la justice divine et l&rsquo;urgence de se pr\u00e9parer au Paradis dans le chemin \u00e9ducatif sal\u00e9sien quotidien, rendant actuel pour chaque lecteur le message d&rsquo;esp\u00e9rance et de responsabilit\u00e9.<\/em><\/p>\n<p>Don Bosco parla de nouveau \u00e0 toute la communaut\u00e9 apr\u00e8s les pri\u00e8res du soir.<br \/>\nHier soir, mes chers fils, je m&rsquo;\u00e9tais couch\u00e9 et comme je ne pouvais pas m&rsquo;endormir tout de suite, je pensais \u00e0 la nature et \u00e0 l&rsquo;existence de l&rsquo;\u00e2me, comment elle \u00e9tait faite, comment elle pouvait se trouver et parler dans l&rsquo;autre vie, \u00e9tant s\u00e9par\u00e9e du corps, et comment nous pourrions alors nous reconna\u00eetre les uns les autres, n&rsquo;\u00e9tant apr\u00e8s la mort que de purs esprits. Et plus je pensais \u00e0 cela, plus le myst\u00e8re me semblait obscur.<br \/>\nPendant que je vagabondais dans ces fantaisies, je m&rsquo;endormis et il me sembla que j&rsquo;\u00e9tais sur le chemin qui m\u00e8ne \u00e0 &#8230; (<em>et il nomma la ville<\/em>) et que je marchais dans cette direction. J&rsquo;allais pendant un certain temps en traversant des pays inconnus, quand tout \u00e0 coup je me sentis appeler par mon nom. C&rsquo;\u00e9tait la voix d&rsquo;une personne qui s\u2019\u00e9tait arr\u00eat\u00e9e en chemin.<br \/>\n&#8211; Viens avec moi, me dit-elle ; maintenant tu pourras voir ce que tu d\u00e9sires.<br \/>\nJe lui ob\u00e9is aussit\u00f4t. Cette personne allait avec la rapidit\u00e9 de la pens\u00e9e et moi \u00e0 l&rsquo;\u00e9gal de mon guide. Nous allions sans que nos pieds touchent le sol. Arriv\u00e9s dans une r\u00e9gion inconnue, mon guide s&rsquo;arr\u00eata. Sur un lieu \u00e9lev\u00e9 se dressait dans toute sa magnificence un palais admirable. Je ne sais pas o\u00f9 il \u00e9tait, ni sur quelle \u00e9minence ; je ne me souviens plus s&rsquo;il se trouvait sur une montagne ou dans les airs sur les nuages. Il \u00e9tait inaccessible et on ne voyait aucune route pour y monter. Ses portes \u00e9taient d\u2019une hauteur consid\u00e9rable.<br \/>\n&#8211; Regarde, monte vers ce palais, me dit le guide.<br \/>\n&#8211; Comment dois-je faire ? observai-je ; comment faire pour y arriver ? Ici en bas, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;entr\u00e9e, je n&rsquo;ai pas d&rsquo;ailes.<br \/>\n&#8211; Entre ! r\u00e9pliqua l&rsquo;autre imp\u00e9rativement. Et voyant que je ne bougeais pas, il dit :<br \/>\n&#8211; Fais comme je fais : l\u00e8ve les bras simplement et tu monteras. Viens avec moi. &#8211; Et, en disant cela, il leva haut les mains vers le ciel. Moi aussi, j&rsquo;ouvris alors les bras et je me sentis imm\u00e9diatement soulev\u00e9 en l\u2019air comme un l\u00e9ger nuage. Et me voil\u00e0 sur le seuil du grand palais. Le guide m&rsquo;avait accompagn\u00e9.<br \/>\n&#8211; Qu\u2019est-ce qu\u2019il y a ici \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur ? lui demandai-je.<br \/>\n&#8211; Entre, visite-le et tu verras. Au fond, dans une salle, tu trouveras quelqu\u2019un qui t&rsquo;instruira.<br \/>\nLe guide disparut et moi, rest\u00e9 seul et guide de moi-m\u00eame, j&rsquo;entrai dans le porche, montai les escaliers, et je me trouvai dans un appartement v\u00e9ritablement royal. Je parcourus des salles spacieuses, des chambres richement orn\u00e9es et de longs couloirs. J&rsquo;allais avec une vitesse pr\u00e9ternaturelle. Chaque salle brillait d&rsquo;un \u00e9clat de tr\u00e9sors surprenants, et avec cette vitesse, je parcourus une multitude de chambres impossible \u00e0 compter. Mais la chose la plus merveilleuse \u00e9tait que je courais avec la rapidit\u00e9 du vent, sans bouger les pieds, mais suspendu en l&rsquo;air, les jambes jointes. Je glissais sans effort comme sur un cristal, mais sans toucher le sol. En passant ainsi d&rsquo;un appartement \u00e0 un autre, je vis enfin au fond d&rsquo;un couloir une porte. J&rsquo;entrai et me trouvai dans une grande salle, qui surpassait toutes les autres en magnificence. \u00c0 son extr\u00e9mit\u00e9, sur un grand fauteuil, je vis majestueusement assis un \u00c9v\u00eaque, dans l&rsquo;attitude de celui qui attend pour donner audience. Je m&rsquo;approchai avec respect et restai tr\u00e8s \u00e9tonn\u00e9 en reconnaissant en ce pr\u00e9lat un ami intime. C&rsquo;\u00e9tait Monseigneur &#8230; (<em>et il donna son nom<\/em>), \u00c9v\u00eaque de \u2026, mort il y a deux ans. Il semblait ne pas souffrir. Son apparence \u00e9tait florissante, affectueuse et d&rsquo;une beaut\u00e9 impossible \u00e0 d\u00e9crire.<br \/>\n&#8211; Oh Monseigneur ! Vous \u00eates ici ? lui dis-je plein de joie.<br \/>\n&#8211; Vous ne me voyez pas ? r\u00e9pondit l&rsquo;\u00c9v\u00eaque.<br \/>\n&#8211; Mais comment allez-vous ? \u00cates-vous encore vivant ? N&rsquo;\u00eates-vous pas mort ?<br \/>\n&#8211; Oui, je suis mort.<br \/>\n&#8211; Mais si vous \u00eates mort, comment pouvez-vous \u00eatre assis ici, si florissant et bien portant ? Dites-moi, s\u2019il vous pla\u00eet, si vous \u00eates encore vivant, sinon nous voil\u00e0 dans de beaux draps. \u00c0 &#8230; il y a d\u00e9j\u00e0 un autre \u00c9v\u00eaque, Monseigneur, et alors comment allons-nous r\u00e9gler cette affaire ?<br \/>\n&#8211; Soyez tranquille, ne vous faites pas de souci, car je suis mort&#8230;<br \/>\n&#8211; Heureusement, car sinon il y aurait un autre \u00e0 votre place.<br \/>\n&#8211; Je le sais. Et vous, Don Bosco, \u00eates-vous mort ou vivant ?<br \/>\n&#8211; Je suis vivant : ne voyez-vous pas que je suis ici en corps et \u00e2me ?<br \/>\n&#8211; Ici, on ne peut pas venir avec le corps.<br \/>\n&#8211; Et pourtant j&rsquo;y suis.<br \/>\n&#8211; Il vous semble que vous y \u00eates, mais ce n&rsquo;est pas ainsi&#8230;<br \/>\nEt comme je m\u2019empressais de parler en posant question sur question, je n\u2019obtins aucune r\u00e9ponse :<br \/>\n&#8211; Comment se fait-il, disais-je, que moi vivant je sois ici avec vous qui \u00eates d\u00e9j\u00e0 mort ? &#8211; Et comme j&rsquo;avais peur que l&rsquo;\u00c9v\u00eaque disparaisse, je commen\u00e7ai \u00e0 le supplier :<br \/>\n&#8211; Monseigneur, s\u2019il vous pla\u00eet, ne me fuyez pas. J&rsquo;ai tant de choses \u00e0 savoir.<br \/>\nL&rsquo;\u00c9v\u00eaque, me voyant si anxieux, me dit :<br \/>\n&#8211; Ne vous affolez pas tant, restez calme, ne doutez pas, je ne fuirai pas ; parlez !<br \/>\n&#8211; Dites-moi, Monseigneur ! \u00cates-vous sauv\u00e9 ?<br \/>\n&#8211; Regardez-moi ; observez comme je suis vigoureux, frais, resplendissant.<br \/>\nSon apparence me donnait vraiment l\u2019esp\u00e9rance certaine qu&rsquo;il \u00e9tait sauv\u00e9 ; mais comme cela ne me suffisait pas, je r\u00e9pliquai :<br \/>\n&#8211; Dites-moi si vous \u00eates sauv\u00e9, oui ou non ?<br \/>\n&#8211; Oui, je suis dans un lieu de salut.<br \/>\n&#8211; Mais \u00eates-vous au Paradis pour jouir du Seigneur, ou au Purgatoire ?<br \/>\n&#8211; Je suis dans un lieu de salut, mais je n&rsquo;ai pas encore vu Dieu et j&rsquo;ai besoin que vous priiez encore pour moi.<br \/>\n&#8211; Et combien de temps aurez-vous encore \u00e0 rester au Purgatoire ?<br \/>\n&#8211; Regardez ici !<br \/>\nEt il me tendit un papier en ajoutant :<br \/>\n&#8211; Lisez !<br \/>\nJe pris ce papier en main, l&rsquo;observai attentivement, mais je ne vis rien d&rsquo;\u00e9crit et dis :<br \/>\n&#8211; Je n\u2019y vois rien.<br \/>\n&#8211; Regardez ce qui est \u00e9crit, lisez !<br \/>\n&#8211; J&rsquo;ai regard\u00e9 et je regarde, mais je ne peux pas lire, car rien n\u2019est \u00e9crit dessus !<br \/>\n&#8211; Regardez mieux.<br \/>\n&#8211; Je vois un papier avec des fleurs rouges, azur\u00e9es, vertes, violettes, mais je ne vois aucun caract\u00e8re.<br \/>\n&#8211; Ce sont des chiffres !<br \/>\n&#8211; Je ne vois ni chiffres ni nombres.<br \/>\nL&rsquo;\u00c9v\u00eaque regarda ce papier que j\u2019avais dans mes mains, puis il dit :<br \/>\n&#8211; Je sais, moi, pourquoi vous ne comprenez pas ; retournez le papier. &#8211; J&rsquo;examinai la feuille avec plus d&rsquo;attention, je la retournai dans tous les sens, mais je ne pouvais lire ni \u00e0 l&rsquo;envers, ni \u00e0 l&rsquo;endroit. Il me sembla seulement voir que parmi les tours et d\u00e9tours de ces dessins fleuris, il y avait le chiffre \u00ab\u00a02\u00a0\u00bb.<br \/>\nL&rsquo;\u00c9v\u00eaque continua :<br \/>\n&#8211; Savez-vous pourquoi il faut lire \u00e0 l&rsquo;envers ? Parce que les jugements du Seigneur sont diff\u00e9rents de ceux du monde. Ce que les hommes croient \u00eatre sagesse est folie aupr\u00e8s de Dieu.<br \/>\nJe n&rsquo;osai insister pour avoir une explication plus claire et dis :<br \/>\n&#8211; Monseigneur, veuillez ne pas \u00e9chapper, j\u2019ai encore d\u2019autres questions \u00e0 vous poser.<br \/>\n&#8211; Demandez donc, j&rsquo;\u00e9coute.<br \/>\n&#8211; Je me sauverai ?<br \/>\n&#8211; Esp\u00e9rez.<br \/>\n&#8211; Mais ne me laissez pas en peine ; dites-moi tout de suite si je me sauverai.<br \/>\n&#8211; Je ne le sais pas !<br \/>\n&#8211; Au moins dites-moi si je suis en gr\u00e2ce de Dieu ou non.<br \/>\n&#8211; Je ne le sais pas.<br \/>\n&#8211; Et mes jeunes se sauveront-ils ?<br \/>\n&#8211; Je ne le sais pas.<br \/>\n&#8211; Mais, de gr\u00e2ce, je vous supplie, dites-le-moi.<br \/>\n&#8211; Vous avez \u00e9tudi\u00e9 la Th\u00e9ologie et donc vous pouvez savoir et vous faire la r\u00e9ponse vous-m\u00eame.<br \/>\n&#8211; Comment ? Vous \u00eates dans un lieu de salut, et vous ne savez pas ces choses ?<br \/>\n&#8211; Voici : le Seigneur les fait conna\u00eetre \u00e0 qui il veut, et quand il veut que cette science soit communiqu\u00e9e, il en donne l&rsquo;ordre et la permission. Sinon, personne ne peut la communiquer \u00e0 ceux qui vivent encore.<br \/>\nJ&rsquo;\u00e9tais agit\u00e9 par une vive envie de toujours demander et je posais rapidement des questions par crainte que Monseigneur ne se retire :<br \/>\n&#8211; Maintenant, dites-moi quelque chose \u00e0 rapporter aux jeunes de votre part.<br \/>\n&#8211; Vous savez, aussi bien que moi, ce qu&rsquo;ils ont \u00e0 faire. Vous avez l&rsquo;\u00c9glise, l&rsquo;\u00c9vangile et les autres \u00c9critures qui vous disent tout. Dites-leur de sauver leur \u00e2me, car le reste ne sert \u00e0 rien.<br \/>\n&#8211; Mais nous savons d\u00e9j\u00e0 que nous devons sauver l&rsquo;\u00e2me. Comment devons-nous faire pour la sauver ? Donnez-moi un avis sp\u00e9cial pour pouvoir la sauver, qui nous fasse nous souvenir de vous. Je le r\u00e9p\u00e9terai aux jeunes en votre nom.<br \/>\n&#8211; Dites-leur de devenir bons et d&rsquo;\u00eatre ob\u00e9issants.<br \/>\n&#8211; Et qui ne sait pas ces choses ?<br \/>\n&#8211; Dites-leur d&rsquo;\u00eatre modestes et de prier.<br \/>\n&#8211; Mais expliquez-vous de fa\u00e7on plus pratique.<br \/>\n&#8211; Dites-leur de se confesser souvent et de faire de bonnes communions.<br \/>\n&#8211; Quelque chose de plus sp\u00e9cial encore.<br \/>\n&#8211; Je vous le dirai, puisque vous le voulez. Dites-leur qu&rsquo;ils ont devant les yeux un brouillard et quand quelqu&rsquo;un parvient \u00e0 voir ce brouillard, il est d\u00e9j\u00e0 sur la bonne voie. Qu&rsquo;ils enl\u00e8vent ce brouillard, comme il est \u00e9crit dans les psaumes : <em>Nubem dissipa<\/em>.<br \/>\n&#8211; Qu&rsquo;est-ce que ce brouillard ?<br \/>\n&#8211; Ce sont toutes les choses du monde, qui emp\u00eachent de voir les choses du ciel telles qu&rsquo;elles sont.<br \/>\n&#8211; Et comment doivent-ils faire pour enlever ce brouillard ?<br \/>\n&#8211; Consid\u00e9rez le monde tel qu&rsquo;il est : <em>mundus totus in maligno positus est<\/em> (le monde tout entier est sous le pouvoir du Malin, Jn 5,19), et alors ils sauveront leur \u00e2me. Qu&rsquo;ils ne se laissent pas tromper par les apparences du monde. Les jeunes croient que les plaisirs, les joies, les amiti\u00e9s du monde peuvent les rendre heureux et donc ils n&rsquo;attendent que le moment de profiter de ces plaisirs. Qu&rsquo;ils se rappellent que tout est vanit\u00e9 et affliction de l&rsquo;esprit. Qu&rsquo;ils s&rsquo;habituent \u00e0 voir les choses du monde non pas comme elles semblent \u00eatre, mais comme elles sont.<br \/>\n&#8211; Et ce brouillard, d\u2019o\u00f9 provient-il principalement ?<br \/>\n&#8211; Comme la vertu qui brille le plus au paradis est la puret\u00e9, l&rsquo;obscurit\u00e9 et le brouillard sont principalement produits par le p\u00e9ch\u00e9 d&rsquo;immodestie et d&rsquo;impuret\u00e9. C&rsquo;est comme un nuage noir tr\u00e8s dense qui enl\u00e8ve la vue et emp\u00eache les jeunes de voir le pr\u00e9cipice vers lequel ils se dirigent. Dites-leur donc de conserver jalousement la vertu de puret\u00e9, car ceux qui la poss\u00e9deront, <em>florebunt sicut lilium in civitate Dei <\/em>(fleuriront comme le lys dans la cit\u00e9 de Dieu).<br \/>\n&#8211; Et que faut-il pour conserver la puret\u00e9 ? Dites-le et je l&rsquo;annoncerai \u00e0 mes chers jeunes de votre part.<br \/>\n&#8211; Ce qu\u2019il faut, c\u2019est : <strong>R\u00e9serve, ob\u00e9issance, fuite de l&rsquo;oisivet\u00e9 et pri\u00e8re<\/strong>.<br \/>\n&#8211; Et ensuite ?<br \/>\n&#8211; <strong>Pri\u00e8re, fuite de l&rsquo;oisivet\u00e9, ob\u00e9issance, r\u00e9serve<\/strong>.<br \/>\n&#8211; Et rien d&rsquo;autre ?<br \/>\n&#8211; <strong>Ob\u00e9issance, r\u00e9serve, pri\u00e8re et fuite de l&rsquo;oisivet\u00e9<\/strong>. Recommandez-leur ces choses qui suffisent.<br \/>\nJe voulais encore demander tant de choses, mais plus rien ne me venait \u00e0 l&rsquo;esprit. \u00c0 peine l&rsquo;\u00e9v\u00eaque eut-il fini de parler, je quittai rapidement cette salle et courus \u00e0 l&rsquo;Oratoire avec le grand d\u00e9sir de vous raconter ces avis. Je volais avec la rapidit\u00e9 du vent et en un instant je me trouvai \u00e0 la porte de l&rsquo;Oratoire. Quand j&rsquo;y fus, je m&rsquo;arr\u00eatai en me disant : &#8211; Pourquoi ne suis-je pas rest\u00e9 plus longtemps avec l&rsquo;\u00c9v\u00eaque de &#8230; ? J&rsquo;aurais eu encore de meilleures \u00e9claircissements ! J&rsquo;ai mal fait de laisser \u00e9chapper une si belle occasion ! J&rsquo;aurais appris tant d&rsquo;autres belles choses !<br \/>\nEt aussit\u00f4t je retournai en arri\u00e8re avec la m\u00eame rapidit\u00e9 avec laquelle j&rsquo;\u00e9tais venu et avec l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 de ne plus retrouver Monseigneur. Je rentrai de nouveau dans ce palais et dans cette salle.<br \/>\nMais quel changement s&rsquo;\u00e9tait produit en ces brefs instants ! L&rsquo;\u00c9v\u00eaque, d&rsquo;une p\u00e2leur de cire, \u00e9tait \u00e9tendu sur le lit, il semblait un cadavre ; ses derni\u00e8res larmes perlaient sur ses yeux : il \u00e9tait en agonie. Seul un l\u00e9ger mouvement de la poitrine secou\u00e9e par les derniers soupirs lui indiquait qu&rsquo;il \u00e9tait encore vivant. Je m&rsquo;approchai de lui, affol\u00e9 :<br \/>\n&#8211; Monseigneur, que s&rsquo;est-il pass\u00e9 ?<br \/>\n&#8211; Laissez-moi ! me r\u00e9pondit-il avec un g\u00e9missement.<br \/>\n&#8211; Monseigneur, j&rsquo;aurais encore beaucoup de choses \u00e0 demander.<br \/>\n&#8211; Laissez-moi seul, je souffre trop.<br \/>\n&#8211; Mais que puis-je faire pour vous ?<br \/>\n&#8211; Priez et laissez-moi partir.<br \/>\n&#8211; O\u00f9 ?<br \/>\n&#8211; O\u00f9 la main toute-puissante de Dieu me conduit.<br \/>\n&#8211; Mais, Monseigneur, je vous supplie, dites-moi o\u00f9 ?<br \/>\n&#8211; Je souffre trop, laissez-moi.<br \/>\n&#8211; Mais au moins dites-moi\u00a0: que puis-je faire pour vous ?<br \/>\n&#8211; Priez.<br \/>\n&#8211; Encore un seul mot : Avez-vous une commission que je puisse ex\u00e9cuter dans le monde ? Me laissez-vous quelque chose \u00e0 dire \u00e0 votre successeur ?<br \/>\n&#8211; Allez voir l&rsquo;actuel \u00c9v\u00eaque de &#8230; et dites-lui de ma part ceci et cela.<br \/>\nLes choses qu&rsquo;il me dit ne vous concernent pas, chers jeunes, et donc nous les laissons de c\u00f4t\u00e9.<br \/>\nL&rsquo;\u00c9v\u00eaque continua encore : &#8211; Et puis dites \u00e0 un tel et \u00e0 un tel ceci et ces autres choses secr\u00e8tes !<br \/>\n<em>(M\u00eame sur ces commissions Don Bosco ne dit rien, mais tant les premi\u00e8res que les secondes semblent concerner des avertissements et des rem\u00e8des \u00e0 pr\u00e9parer pour certains besoins de ce dioc\u00e8se).<br \/>\n<\/em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 &#8211; Alors, rien d&rsquo;autre ?<br \/>\n&#8211; Dites \u00e0 vos jeunes que je les ai toujours beaucoup aim\u00e9s, que tant que j&rsquo;\u00e9tais en vie, j&rsquo;ai toujours pri\u00e9 pour eux et que je me souviens d&rsquo;eux encore maintenant. \u00c0 pr\u00e9sent, qu&rsquo;ils prient pour moi.<br \/>\n&#8211; Soyez assur\u00e9, je le dirai et nous commencerons tout de suite \u00e0 faire des suffrages pour vous. Mais vous, d\u00e8s que vous serez au paradis, souvenez-vous de nous.<br \/>\nL&rsquo;\u00c9v\u00eaque avait pris entre-temps un aspect encore plus souffrant. C&rsquo;\u00e9tait une torture de le voir. Il souffrait beaucoup ! C&rsquo;\u00e9tait une agonie des plus angoissantes.<br \/>\n&#8211; Laissez-moi, me dit-il encore, laissez-moi aller o\u00f9 le Seigneur m&rsquo;appelle.<br \/>\n&#8211; Monseigneur ! Monseigneur ! disais-je, pris d&rsquo;une compassion indicible.<br \/>\n&#8211; Laissez-moi ! laissez-moi ! &#8211; Il semblait expirer ; et une force invisible le poussa de l\u00e0 dans les pi\u00e8ces du fond, si bien qu&rsquo;il disparut.<br \/>\nEffray\u00e9 et \u00e9mu par tant de souffrances, je me retournai pour revenir en arri\u00e8re, mais ayant heurt\u00e9 dans ces salles avec un genou contre quelque objet, je me r\u00e9veillai et me trouvai dans ma chambre et au lit.<br \/>\nComme vous le voyez, mes chers jeunes, c&rsquo;est un r\u00eave comme tous les autres r\u00eaves et en ce qui vous concerne, il n&rsquo;a pas besoin d&rsquo;explications pour \u00eatre compris par tous.<\/p>\n<p><strong>Don Bosco concluait le r\u00e9cit en disant :<br \/>\n<\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Dans ce r\u00eave, j&rsquo;ai appris beaucoup de choses sur l&rsquo;\u00e2me et le Purgatoire, que je n&rsquo;\u00e9tais jamais arriv\u00e9 \u00e0 comprendre auparavant. Je les ai vus si clairement que je ne les oublierai jamais plus.<br \/>\nAinsi se termine le r\u00e9cit de nos M\u00e9moires.<\/p>\n<p>En deux tableaux distincts, il semble que le V\u00e9n\u00e9rable ait voulu exposer l&rsquo;\u00e9tat de gr\u00e2ce des \u00e2mes du purgatoire et leurs souffrances expiatoires. Il ne fit pas de commentaires sur l&rsquo;\u00e9tat de ce bon \u00c9v\u00eaque. D&rsquo;ailleurs, d&rsquo;apr\u00e8s des r\u00e9v\u00e9lations dignes de foi et des attestations des Saints P\u00e8res, on sait que des personnages de saintet\u00e9 consomm\u00e9e ont d\u00fb rester au Purgatoire pendant un temps m\u00eame assez long et pour des d\u00e9fauts tr\u00e8s l\u00e9gers, alors qu\u2019ils \u00e9taient des lys de puret\u00e9 virginale, riches de m\u00e9rites, op\u00e9rateurs de miracles, et que nous v\u00e9n\u00e9rons maintenant sur les autels. La Justice Divine veut que chacun paie ses dettes jusqu&rsquo;au dernier centime avant d&rsquo;entrer au ciel.<br \/>\nQuant \u00e0 nous qui \u00e9crivons ce r\u00eave, nous avons demand\u00e9 plus tard \u00e0 Don Bosco s&rsquo;il avait ex\u00e9cut\u00e9 les commissions re\u00e7ues de cet \u00c9v\u00eaque. Avec cette confiance dont il nous honorait, nous avons re\u00e7u sa r\u00e9ponse :<br \/>\n&#8211; Oui, j&rsquo;ai fid\u00e8lement ex\u00e9cut\u00e9 mon mandat !<br \/>\nNous observerons encore que le chroniqueur a omis une circonstance du r\u00eave que nous rapportons, peut-\u00eatre parce qu&rsquo;il n&rsquo;en comprenait pas alors le sens ou l&rsquo;importance. Don Bosco avait demand\u00e9 \u00e0 un certain moment combien de temps il lui restait \u00e0 vivre et l&rsquo;\u00c9v\u00eaque lui avait pr\u00e9sent\u00e9 un papier couvert de volutes, entrelac\u00e9es, semblait-il, avec des 8, mais il n&rsquo;eut pas d&rsquo;explications sur le myst\u00e8re\u2026 Indiquait-il 1888 ?<br \/>\n<em>(MB VIII, 853-859)<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le r\u00eave qui suit, racont\u00e9 par Don Bosco \u00e0 ses jeunes en 1867, commence par&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":18,"featured_media":46650,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":37,"footnotes":""},"categories":[130],"tags":[2634,2554,1764,1824,1830,1980,1968,1962,2616],"class_list":["post-46657","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-songes-de-don-bosco","tag-conciles","tag-dieu","tag-don-bosco","tag-gras-obtenues","tag-indulgences","tag-reves","tag-saints","tag-salut","tag-temoins"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/46657","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/18"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=46657"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/46657\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":46665,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/46657\/revisions\/46665"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/46650"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=46657"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=46657"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=46657"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}