{"id":45432,"date":"2025-09-24T09:01:59","date_gmt":"2025-09-24T09:01:59","guid":{"rendered":"https:\/\/www.donbosco.press\/?p=45432"},"modified":"2025-09-24T09:04:13","modified_gmt":"2025-09-24T09:04:13","slug":"apparition-de-la-bienheureuse-vierge-sur-la-montagne-de-la-salette","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/tres-sainte-vierge-marie\/apparition-de-la-bienheureuse-vierge-sur-la-montagne-de-la-salette\/","title":{"rendered":"Apparition de la Bienheureuse Vierge sur la montagne de La Salette"},"content":{"rendered":"<p><em>Don Bosco propose un r\u00e9cit d\u00e9taill\u00e9 de l\u2019 \u00ab Apparition de la Bienheureuse Vierge sur la montagne de La Salette \u00bb, survenue le 19 septembre 1846, bas\u00e9 sur des documents officiels et les t\u00e9moignages des voyants. Il reconstitue le contexte historique et g\u00e9ographique \u2013 deux jeunes bergers, Maximin et M\u00e9lanie, sur les hauteurs des Alpes \u2013 la rencontre prodigieuse avec la Vierge, son message d&rsquo;avertissement contre le p\u00e9ch\u00e9 et la promesse de gr\u00e2ces et d\u2019aides providentielles, ainsi que les signes surnaturels qui accompagn\u00e8rent leur manifestation. Il pr\u00e9sente les circonstances de la diffusion du culte, l&rsquo;influence spirituelle sur les habitants et sur le monde entier, et le secret r\u00e9v\u00e9l\u00e9 seulement \u00e0 Pie IX pour revigorer la foi des chr\u00e9tiens et t\u00e9moigner de la pr\u00e9sence continuelle des prodiges dans l&rsquo;\u00c9glise.<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p><strong>Protestation de l&rsquo;Auteur<br \/>\n<\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Pour ob\u00e9ir aux d\u00e9crets d&rsquo;Urbain VIII, je d\u00e9clare que je n&rsquo;entends attribuer qu\u2019une autorit\u00e9 humaine \u00e0 tout ce qui sera dit dans ce livre au sujet de miracles, de r\u00e9v\u00e9lations ou d&rsquo;autres faits ; et en donnant \u00e0 quelqu&rsquo;un le titre de Saint ou de Bienheureux, je n&rsquo;entends le donner que selon l&rsquo;opinion commune ; except\u00e9 les choses et les personnes qui ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9es par le Saint-Si\u00e8ge Apostolique.<\/p>\n<p><strong>Au lecteur<br \/>\n<\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Un fait certain et merveilleux, attest\u00e9 par des milliers de personnes, et que tous peuvent encore v\u00e9rifier aujourd&rsquo;hui, est l&rsquo;apparition de la bienheureuse Vierge, survenue le 19 septembre 1846. (Sur ce fait extraordinaire, on peut consulter de nombreux livres et plusieurs journaux contemporains du fait, notamment : <em>Notizia sull&rsquo;apparizione di Maria SS<\/em>. (Turin, 1847) ; <em>Sunto officiale dell&rsquo;apparizione<\/em>, etc., 1848 ; le livret imprim\u00e9 par les soins du P. Giuseppe Gonfalonieri, Novara, chez Enrico Grotti).<br \/>\nNotre bonne M\u00e8re est apparue sous la forme et la figure d&rsquo;une grande Dame \u00e0 deux petits bergers, un enfant de 11 ans et une jeune paysanne de 15 ans, l\u00e0-haut sur une montagne de la cha\u00eene des Alpes situ\u00e9e dans la paroisse de La Salette en France. Elle est apparue non seulement pour le bien de la France, comme le dit l&rsquo;\u00e9v\u00eaque de Grenoble, mais pour le bien du monde entier. Elle est venue pour nous avertir de la grande col\u00e8re de son Divin Fils, provoqu\u00e9e sp\u00e9cialement par trois p\u00e9ch\u00e9s : <strong>le blasph\u00e8me, la profanation des f\u00eates<\/strong> et le fait de <strong>manger gras les jours d\u00e9fendus<\/strong>.<br \/>\n\u00c0 cela s&rsquo;ajoutent d&rsquo;autres faits prodigieux recueillis \u00e9galement par des documents publics, ou attest\u00e9s par des personnes absolument dignes de foi.<br \/>\nCes faits servent \u00e0 confirmer les bons dans la religion, \u00e0 r\u00e9futer ceux qui, peut-\u00eatre par ignorance, voudraient mettre une limite \u00e0 la puissance et \u00e0 la mis\u00e9ricorde du Seigneur en disant : Nous ne sommes plus au temps des miracles.<br \/>\nJ\u00e9sus a dit qu\u2019il y aura dans son \u00c9glise des miracles plus grands que ceux qu&rsquo;il a accomplis, sans fixer le temps et le nombre. C&rsquo;est pourquoi, tant qu&rsquo;il y aura l&rsquo;\u00c9glise, nous verrons toujours la main du Seigneur manifester sa puissance par des \u00e9v\u00e9nements prodigieux. Car hier et aujourd&rsquo;hui et toujours, J\u00e9sus-Christ sera celui qui gouverne et assiste son \u00c9glise jusqu&rsquo;\u00e0 la consommation des si\u00e8cles.<br \/>\nMais ces signes sensibles de la Toute-Puissance Divine sont toujours le pr\u00e9sage d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements graves qui manifestent la mis\u00e9ricorde et la bont\u00e9 du Seigneur, ou bien sa justice et son indignation, mais en vue de sa plus grande gloire et pour le plus grand bien des \u00e2mes.<br \/>\nFaisons en sorte qu&rsquo;ils soient pour nous une source de gr\u00e2ces et de b\u00e9n\u00e9dictions. Qu&rsquo;ils servent d&rsquo;incitation \u00e0 une foi vive, \u00e0 une foi laborieuse, \u00e0 une foi qui nous pousse \u00e0 faire le bien et \u00e0 fuir le mal pour nous rendre dignes de sa mis\u00e9ricorde infinie dans le temps et dans l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Apparition de la Vierge Marie sur les montagnes de la Salette<br \/>\n<\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Maximin, fils de Pierre Giraud, menuisier du village de Corps, \u00e9tait un enfant de 11 ans. Fran\u00e7oise M\u00e9lanie, fille de parents pauvres, native de Corps, \u00e9tait une fille de 15 ans. Ils n&rsquo;avaient rien de singulier : tous deux ignorants et frustes, tous deux occup\u00e9s \u00e0 garder le b\u00e9tail sur les montagnes. Maximin ne savait que le Pater et l&rsquo;Ave ; M\u00e9lanie en savait un peu plus, mais \u00e0 cause de son ignorance, elle n&rsquo;avait pas encore \u00e9t\u00e9 admise \u00e0 la sainte Communion.<br \/>\nEnvoy\u00e9s par leurs parents pour conduire le b\u00e9tail dans les p\u00e2turages, ce fut par pur hasard que le 18 septembre, veille du grand \u00e9v\u00e9nement, ils se rencontr\u00e8rent sur la montagne, tandis qu&rsquo;ils abreuvaient leurs vaches \u00e0 une fontaine.<br \/>\nLe soir de ce jour, en rentrant chez eux avec le b\u00e9tail, M\u00e9lanie dit \u00e0 Maximin : \u00ab Demain, qui sera le premier sur la Montagne ? \u00bb Et le lendemain, 19 septembre, qui \u00e9tait un samedi, ils y mont\u00e8rent ensemble, chacun conduisant quatre vaches et une ch\u00e8vre. La journ\u00e9e \u00e9tait belle et sereine, le soleil brillait. Vers midi, en entendant sonner la cloche de l&rsquo;Ang\u00e9lus, ils firent une courte pri\u00e8re avec le signe de la sainte Croix. Puis ils prirent leurs provisions de bouche et all\u00e8rent manger pr\u00e8s d&rsquo;une petite source, qui \u00e9tait \u00e0 gauche d\u2019un ruisseau. Ayant fini de manger, ils travers\u00e8rent le ruisseau, d\u00e9pos\u00e8rent leurs sacs pr\u00e8s d&rsquo;une fontaine s\u00e8che, descendirent encore quelques pas, et, contrairement \u00e0 leur habitude, s&rsquo;endormirent \u00e0 quelque distance l&rsquo;un de l&rsquo;autre.<br \/>\n\u00c9coutons maintenant le r\u00e9cit des bergers eux-m\u00eames, tel qu&rsquo;ils le firent le soir du 19 \u00e0 leurs ma\u00eetres, puis mille fois \u00e0 des milliers de personnes.<br \/>\n\u00ab Nous nous \u00e9tions endormis, raconte M\u00e9lanie. Je me suis r\u00e9veill\u00e9e la premi\u00e8re et, ne voyant pas mes vaches, j&rsquo;ai r\u00e9veill\u00e9 Maximin en lui disant : Allons chercher nos vaches. Nous avons travers\u00e9 le ruisseau, nous sommes mont\u00e9s un peu, et nous les avons vues couch\u00e9es de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9. Elles n&rsquo;\u00e9taient pas loin. Alors je suis redescendue quand tout \u00e0 coup, \u00e0 cinq ou six pas avant d&rsquo;arriver au ruisseau, j&rsquo;ai vu une clart\u00e9 comme le Soleil, mais encore plus brillante et pas de la m\u00eame couleur, et j&rsquo;ai dit \u00e0 Maximin : Viens, viens vite voir l\u00e0-bas une clart\u00e9. (Il \u00e9tait entre deux et trois heures de l&rsquo;apr\u00e8s-midi).<br \/>\nMaximin descendit aussit\u00f4t en me disant : O\u00f9 est cette clart\u00e9 ? Et je la lui indiquai avec le doigt tourn\u00e9 vers la petite fontaine. Quand il la vit, il s&rsquo;arr\u00eata. C\u2019est alors qu\u2019au milieu de la lumi\u00e8re nous avons vu une Dame. Elle \u00e9tait assise sur un tas de pierres, le visage dans les mains. Prise de peur, j\u2019ai laiss\u00e9 tomber mon b\u00e2ton. Maximin me dit : tiens le b\u00e2ton ; si elle nous fait quelque chose, je lui donnerai un bon coup de b\u00e2ton.<br \/>\nEnsuite, la Dame se leva, croisa les bras et nous dit : \u00ab Avancez, mes enfants. N&rsquo;ayez pas peur ; je suis ici pour vous donner une grande nouvelle. \u00bb Alors nous travers\u00e2mes le ruisseau, et elle s&rsquo;avan\u00e7a jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;endroit o\u00f9 nous nous \u00e9tions endormis. Elle \u00e9tait au milieu de nous deux et elle pleurait tout le temps qu&rsquo;elle nous parla (j&rsquo;ai tr\u00e8s bien vu ses larmes). Elle nous dit : \u00ab Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis contrainte de laisser aller la main de mon Fils. Elle est si forte, si lourde, que je ne peux plus la retenir. \u00bb<br \/>\n\u00ab Il y a longtemps que je souffre pour vous ! Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je dois le prier constamment ; et vous autres n&rsquo;en tenez pas compte. Vous aurez beau prier et agir, jamais vous ne pourrez compenser les pr\u00e9occupations que j\u2019ai pour vous. \u00bb<br \/>\n\u00ab Je vous ai donn\u00e9 six jours pour travailler, je me suis r\u00e9serv\u00e9 le septi\u00e8me, et on ne veut pas me l&rsquo;accorder. C&rsquo;est ce qui rend la main de mon Fils si lourde. \u00bb<br \/>\n\u00ab Si les pommes de terre se g\u00e2tent, c&rsquo;est enti\u00e8rement de votre faute. Je vous l&rsquo;ai fait voir l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re (1845), et vous n&rsquo;avez pas voulu en tenir compte, et en trouvant des pommes de terre g\u00e2t\u00e9es, vous blasph\u00e9miez en y m\u00ealant le nom de mon Fils. \u00bb<br \/>\n\u00ab Elles continueront \u00e0 se g\u00e2ter, et cette ann\u00e9e pour No\u00ebl vous n&rsquo;en aurez plus (1846). \u00bb<br \/>\n\u00ab Si vous avez du bl\u00e9, vous ne devez pas le semer. Tout ce que vous s\u00e8merez sera mang\u00e9 par les vers, et ce qui na\u00eetra ira en poussi\u00e8re, quand vous le battrez. \u00bb<br \/>\n\u00ab Il arrivera une grande famine. \u00bb (Il y eut en effet une grande famine en France, et sur les routes on trouvait des troupes de mendiants affam\u00e9s, qui se rendaient par milliers dans les villes pour mendier. Pendant que chez nous en Italie le prix du bl\u00e9 augmentait au d\u00e9but du printemps 1847, en France, pendant tout l&rsquo;hiver 1846-1847, on souffrit beaucoup de la faim. Mais la v\u00e9ritable p\u00e9nurie d&rsquo;aliments, la v\u00e9ritable famine eut lieu lors des d\u00e9sastres de la guerre de 1870-1871. \u00c0 Paris, un grand personnage offrit \u00e0 ses amis un somptueux repas gras le Vendredi Saint. Quelques mois plus tard, dans cette m\u00eame ville, les citoyens les plus ais\u00e9s furent contraints de se nourrir d&rsquo;aliments grossiers et de viandes d\u2019animaux parmi les plus r\u00e9pugnants. Nombreux furent ceux qui moururent de faim).<br \/>\n\u00ab Avant que la p\u00e9nurie d\u2019aliments n\u2019arrive, les enfants de moins de sept ans seront pris d&rsquo;un tremblement et mourront entre les mains des personnes qui les tiendront. Les autres feront p\u00e9nitence pour la p\u00e9nurie. \u00bb<br \/>\n\u00ab Les noix se g\u00e2teront, et les raisins pourriront&#8230; \u00bb (En 1849, les noix se g\u00e2t\u00e8rent partout ; quant au raisin, tous se plaignent encore des dommages et des pertes subies. Chacun se souvient de l&rsquo;immense dommage que la cryptogame causa au raisin dans toute l&rsquo;Europe pendant plus de vingt ans, de 1849 \u00e0 1869).<br \/>\n\u00ab S\u2019ils se convertissent, les pierres et les rochers se changeront en tas de bl\u00e9, et les pommes de terre seront produites par la terre elle-m\u00eame. \u00bb<br \/>\nPuis elle nous dit :<br \/>\n\u00ab Dites-vous bien vos pri\u00e8res, mes enfants ? \u00bb<br \/>\nNous r\u00e9pond\u00eemes tous deux : \u00ab Pas tr\u00e8s bien, Madame. \u00bb<br \/>\n\u00ab Ah\u00a0! mes enfants, vous devez bien les dire le soir et le matin. Quand vous n&rsquo;avez pas le temps, dites au moins un Pater et un Ave Maria : et quand vous aurez le temps, dites-en plus. \u00bb<br \/>\n\u00ab \u00c0 la Messe, il n&rsquo;y a que quelques vieilles femmes, et les autres travaillent le dimanche tout l&rsquo;\u00e9t\u00e9. En hiver les jeunes, quand ils ne savent que faire, vont \u00e0 la Messe pour ridiculiser la religion. Pendant le car\u00eame, on va \u00e0 la boucherie comme des chiens. \u00bb<br \/>\nPuis elle dit : \u00ab N&rsquo;as-tu jamais vu, mon gar\u00e7on, du bl\u00e9 g\u00e2t\u00e9 ? \u00bb<br \/>\nMaximin r\u00e9pondit : \u00ab Oh ! non, Madame. \u00bb Ne sachant \u00e0 qui elle posait cette question, je r\u00e9pondis \u00e0 voix basse\u00a0:<br \/>\n\u00ab Non, Madame, je n&rsquo;en ai pas encore vu. \u00bb<br \/>\n\u00ab Vous devez en avoir vu, mon gar\u00e7on (s&rsquo;adressant \u00e0 Maximin), une fois vers la commune de Coin avec votre p\u00e8re. Le propri\u00e9taire du champ a dit \u00e0 votre p\u00e8re d&rsquo;aller voir son bl\u00e9 g\u00e2t\u00e9 ; vous y \u00eates all\u00e9s tous les deux. Vous avez pris quelques \u00e9pis dans vos mains\u00a0; en les frottant, ils sont tous tomb\u00e9s en poussi\u00e8re, et vous \u00eates revenus chez vous. Quand vous \u00e9tiez encore \u00e0 une demi-heure de Corps, votre p\u00e8re vous a donn\u00e9 un morceau de pain en vous disant : Prends, mon fils, mange encore du pain cette ann\u00e9e ; je ne sais pas qui en mangera l&rsquo;ann\u00e9e prochaine, si le bl\u00e9 continue \u00e0 se g\u00e2ter ainsi. \u00bb<br \/>\nMaximin r\u00e9pondit : \u00ab Oh ! oui, Madame, maintenant je me souviens ; il y a quelque temps, je ne m&rsquo;en souvenais plus. \u00bb<br \/>\nApr\u00e8s cela, la Dame nous dit : \u00ab Eh bien, mes enfants, vous le ferez savoir \u00e0 tout mon peuple. \u00bb<br \/>\nPuis elle traversa le ruisseau, et \u00e0 deux pas de distance, sans se tourner vers nous, elle nous dit de nouveau : \u00ab Eh bien, mes enfants, vous le ferez savoir \u00e0 tout mon peuple. \u00bb<br \/>\nElle monta ensuite une quinzaine de pas, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;endroit o\u00f9 nous \u00e9tions all\u00e9s chercher nos vaches. Mais en marchant sur l&rsquo;herbe, ses pieds ne touchaient que le sommet. Nous l\u2019avons suivie. Je suis pass\u00e9e devant la Dame et Maximin un peu de c\u00f4t\u00e9, \u00e0 deux ou trois pas de distance. Et la belle Dame s&rsquo;est \u00e9lev\u00e9e ainsi (M\u00e9lanie fait un geste en levant la main d&rsquo;un m\u00e8tre et plus). Elle resta suspendue dans l&rsquo;air un moment. Ensuite Elle tourna son regard vers le Ciel, puis vers la terre. Apr\u00e8s quoi nous ne v\u00eemes plus la t\u00eate&#8230; plus les bras&#8230; plus les pieds&#8230; Elle semblait se fondre. On ne vit plus qu&rsquo;une clart\u00e9 dans l&rsquo;air, et apr\u00e8s cela la clart\u00e9 disparut.<br \/>\nJe dis \u00e0 Maximin : \u00ab C\u2019est peut-\u00eatre une grande sainte ? \u00bb Maximin me r\u00e9pondit : \u00ab Oh ! si nous avions su que c&rsquo;\u00e9tait une grande sainte, nous lui aurions dit de nous emmener avec elle. \u00bb Et je lui dis : \u00ab Et si elle \u00e9tait encore l\u00e0 ? \u00bb Alors Maximin tendit vivement la main pour avoir un peu de cette clart\u00e9, mais tout avait disparu. Nous avons bien observ\u00e9, pour savoir si nous ne la voyions plus.<br \/>\nEt je dis : \u00ab Elle ne veut pas se montrer pour ne pas nous faire savoir o\u00f9 elle va. Apr\u00e8s cela, nous sommes all\u00e9s derri\u00e8re nos vaches. \u00bb<br \/>\nTel est le r\u00e9cit de M\u00e9lanie, Quand on l\u2019interrogea sur la fa\u00e7on dont cette Dame \u00e9tait v\u00eatue, elle r\u00e9pondit :<br \/>\n\u00ab Elle avait des chaussures blanches avec des roses autour&#8230; Il y en avait de toutes les couleurs. Elle avait des bas jaunes, un tablier jaune, une robe blanche toute parsem\u00e9e de perles, un fichu blanc au cou entour\u00e9 de roses, un grand bonnet qui pendait un peu en avant avec une couronne de roses autour. Elle avait une cha\u00eenette, \u00e0 laquelle \u00e9tait suspendue une croix avec son Christ : \u00e0 droite une tenaille, \u00e0 gauche un marteau. \u00c0 l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 de la Croix pendait une autre grande cha\u00eene, comme les roses autour de son fichu au cou. Elle avait le visage blanc, allong\u00e9. Je ne pouvais pas la regarder longtemps, car elle nous \u00e9blouissait. \u00bb<br \/>\nInterrog\u00e9 s\u00e9par\u00e9ment, Maximin fait exactement le m\u00eame r\u00e9cit, sans aucune variation, ni sur la substance ni m\u00eame sur la forme, ce qui nous dispense de le r\u00e9p\u00e9ter ici.<br \/>\nInfinies et extravagantes sont les questions insidieuses qui leur furent pos\u00e9es, surtout pendant deux ans, et au cours d\u2019interrogatoires de 5, 6 ou 7 heures de suite, dans l&rsquo;intention de les embarrasser, de les confondre, de les amener \u00e0 se contredire. Il est certain que jamais peut-\u00eatre aucun coupable n\u2019a subi un interrogatoire aussi difficile devant les tribunaux de justice concernant le crime qui lui \u00e9tait imput\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Secret des deux petits bergers<br \/>\n<\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Imm\u00e9diatement apr\u00e8s l&rsquo;apparition, Maximin et M\u00e9lanie, en rentrant chez eux, se sont interrog\u00e9s mutuellement : pourquoi la grande Dame, apr\u00e8s avoir dit que \u00ab les raisins pourriront \u00bb, a tard\u00e9 un peu \u00e0 parler et ne faisait que bouger les l\u00e8vres, sans faire entendre ce qu&rsquo;elle disait ?<br \/>\nEn s&rsquo;interrogeant \u00e0 ce sujet l\u2019un l\u2019autre, Maximin dit \u00e0 M\u00e9lanie : \u00ab Elle m&rsquo;a dit quelque chose, mais elle m&rsquo;a interdit de te le dire. \u00bb Ils se rendirent compte tous les deux qu&rsquo;ils avaient re\u00e7u de la Dame, chacun s\u00e9par\u00e9ment, un secret avec l&rsquo;interdiction de le r\u00e9v\u00e9ler \u00e0 d&rsquo;autres. Mais crois-tu, mon cher lecteur, que les enfants peuvent se taire\u00a0?<br \/>\nIl est impossible de dire combien d&rsquo;efforts et de tentatives ont \u00e9t\u00e9 faits pour leur arracher ce secret d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre. Il est \u00e9tonnant de lire les mille et une tentatives employ\u00e9es \u00e0 cette fin par des centaines et des centaines de personnes pendant vingt ans. Pri\u00e8res, surprises, menaces, injures, cadeaux et s\u00e9ductions de toutes sortes, tout fut vain ; ils restent imp\u00e9n\u00e9trables.<br \/>\nL&rsquo;\u00e9v\u00eaque de Grenoble, un vieillard de quatre-vingts ans, crut de son devoir d&rsquo;ordonner aux deux enfants privil\u00e9gi\u00e9s de faire au moins parvenir leur secret au Saint-P\u00e8re Pie IX. Au nom du Vicaire de J\u00e9sus-Christ, les deux petits bergers ob\u00e9irent promptement et d\u00e9cid\u00e8rent de r\u00e9v\u00e9ler un secret que rien n&rsquo;avait pu leur arracher jusqu&rsquo;alors. Ils l&rsquo;ont donc \u00e9crit eux-m\u00eames (\u00e0 partir du jour de l&rsquo;apparition, on les avait mis \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, et chacun s\u00e9par\u00e9ment). Puis ils ont pli\u00e9 et scell\u00e9 leur lettre, et tout cela en pr\u00e9sence de personnes respectables, choisies par l&rsquo;\u00e9v\u00eaque lui-m\u00eame comme t\u00e9moins. Ensuite, l&rsquo;\u00e9v\u00eaque envoya deux pr\u00eatres porter cette myst\u00e9rieuse d\u00e9p\u00eache \u00e0 Rome.<br \/>\nLe 18 juillet 1851, ils remirent \u00e0 Sa Saintet\u00e9 Pie IX trois lettres : une de Monseigneur l&rsquo;\u00e9v\u00eaque de Grenoble, qui accr\u00e9ditait ses deux envoy\u00e9s, et les deux autres qui contenaient le secret des deux enfants de La Salette. Chacun d&rsquo;eux avait \u00e9crit et scell\u00e9 sa lettre contenant son secret en pr\u00e9sence de t\u00e9moins qui avaient d\u00e9clar\u00e9 l&rsquo;authenticit\u00e9 de celles-ci sur la couverture.<br \/>\nSa Saintet\u00e9 ouvrit les lettres, en commen\u00e7ant \u00e0 lire celle de Maximin. \u00ab Il y a vraiment ici, dit-il, la candeur et la simplicit\u00e9 d&rsquo;un enfant. \u00bb Pendant cette lecture, une certaine \u00e9motion se manifesta sur le visage du Saint-P\u00e8re ; ses l\u00e8vres se contract\u00e8rent, ses joues se gonfl\u00e8rent. \u00ab Il s&rsquo;agit, dit le Pape aux deux pr\u00eatres, il s&rsquo;agit de fl\u00e9aux dont la France est menac\u00e9e. Elle n&rsquo;est pas la seule coupable. L\u2019Allemagne, l&rsquo;Italie, l&rsquo;Europe enti\u00e8re le sont aussi, et elles m\u00e9ritent des ch\u00e2timents. Je crains beaucoup l&rsquo;indiff\u00e9rence religieuse et le respect humain. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Concours de fid\u00e8les \u00e0 La Salette<br \/>\n<\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La fontaine, pr\u00e8s de laquelle la Dame, c&rsquo;est-\u00e0-dire la Vierge Marie, s&rsquo;\u00e9tait repos\u00e9e, \u00e9tait \u00e0 sec, comme nous l&rsquo;avons dit, et de l&rsquo;avis de tous les bergers et habitants des environs, elle ne donnait de l&rsquo;eau qu&rsquo;apr\u00e8s d&rsquo;abondantes pluies et apr\u00e8s la fonte des neiges. Or cette fontaine, qui \u00e9tait \u00e0 sec le jour m\u00eame de l&rsquo;apparition, commen\u00e7a \u00e0 jaillir le lendemain, et depuis cette \u00e9poque, l&rsquo;eau coule claire et limpide, sans interruption.<br \/>\nCette montagne nue, escarp\u00e9e, d\u00e9serte, habit\u00e9e par les bergers \u00e0 peine quatre mois de l&rsquo;ann\u00e9e, est devenue le th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;un immense rassemblement de foules. Des populations enti\u00e8res affluent de toutes parts vers cette montagne privil\u00e9gi\u00e9e. Pleurant de tendresse, et chantant des hymnes et des cantiques, on les voit s&rsquo;incliner sur cette terre b\u00e9nie o\u00f9 a r\u00e9sonn\u00e9 la voix de Marie. On les voit embrasser respectueusement le lieu sanctifi\u00e9 par les pieds de Marie, et ils en descendent remplis de joie, de confiance et de reconnaissance.<br \/>\nChaque jour, un nombre immense de fid\u00e8les va visiter pieusement le lieu du prodige. Lors du premier anniversaire de l&rsquo;apparition (19 septembre 1847), plus de soixante-dix mille p\u00e8lerins de tout \u00e2ge, de tout sexe, de toute condition et m\u00eame de toute nation occupaient la surface de ce terrain&#8230;<br \/>\nMais ce qui fait sentir encore plus la puissance de cette voix venue du Ciel, c&rsquo;est qu&rsquo;il s&rsquo;est produit un admirable changement de m\u0153urs chez les habitants de Corps, de La Salette, de tout le canton et de tous les environs\u00a0; il se r\u00e9pand et se propage dans des r\u00e9gions lointaines&#8230; Les gens ont cess\u00e9 de travailler le dimanche, ils ont abandonn\u00e9 le blasph\u00e8me&#8230; Ils fr\u00e9quentent l&rsquo;\u00c9glise, accourent \u00e0 la voix de leurs Pasteurs, s&rsquo;approchent des saints Sacrements, accomplissent avec \u00e9dification le pr\u00e9cepte de P\u00e2ques jusqu&rsquo;alors g\u00e9n\u00e9ralement n\u00e9glig\u00e9. Je passe sous silence les nombreuses et \u00e9clatantes conversions, et les gr\u00e2ces extraordinaires d\u2019ordre spirituel.<br \/>\nAu lieu de l&rsquo;apparition s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve maintenant une majestueuse \u00c9glise avec un tr\u00e8s vaste b\u00e2timent, o\u00f9 les voyageurs peuvent se restaurer confortablement et m\u00eame y passer la nuit \u00e0 leur gr\u00e9, apr\u00e8s avoir satisfait leur d\u00e9votion.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement de La Salette, M\u00e9lanie fut envoy\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole o\u00f9 elle fit des progr\u00e8s merveilleux dans les connaissances et dans la vertu. Mais elle se sentit toujours si enflamm\u00e9e de d\u00e9votion envers la Bienheureuse Vierge Marie qu&rsquo;elle d\u00e9cida de se consacrer enti\u00e8rement \u00e0 Elle. Elle entra de fait chez les Carm\u00e9lites d\u00e9chauss\u00e9es parmi lesquelles, selon le journal <em>Echo de Fourvi\u00e8re<\/em> du 22 octobre 1870, elle sera appel\u00e9e au ciel par la Sainte Vierge. Peu avant de mourir, elle \u00e9crivit la lettre suivante \u00e0 sa m\u00e8re.<\/p>\n<p>11 septembre 1870.<\/p>\n<p><em>Ma tr\u00e8s ch\u00e8re m\u00e8re bien-aim\u00e9e<\/em>,<\/p>\n<p>Que J\u00e9sus soit aim\u00e9 de tous les c\u0153urs. \u2013 Cette lettre n&rsquo;est pas seulement pour vous, mais pour tous les habitants de mon cher village de Corps. Un p\u00e8re de famille, plein d\u2019amour pour ses enfants, voyant qu&rsquo;ils oubliaient leurs devoirs, m\u00e9prisaient la loi que Dieu leur avait impos\u00e9e, et devenaient ingrats, r\u00e9solut de les ch\u00e2tier s\u00e9v\u00e8rement. L&rsquo;\u00e9pouse du P\u00e8re de famille demandait gr\u00e2ce, et en m\u00eame temps elle se rendait aupr\u00e8s des deux plus jeunes enfants du P\u00e8re de famille, c&rsquo;est-\u00e0-dire ceux qui \u00e9taient les plus faibles et les plus ignorants. L&rsquo;\u00e9pouse qui ne peut pleurer dans la maison de son \u00e9poux (qui est le Ciel) trouve dans les champs de ces mis\u00e9rables enfants des larmes en abondance. Elle expose ses craintes et ses menaces si l&rsquo;on ne revient pas en arri\u00e8re, si l&rsquo;on n&rsquo;observe pas la loi du Ma\u00eetre de maison. Un tr\u00e8s petit nombre de personnes embrasse la r\u00e9forme du c\u0153ur, et se met \u00e0 observer la sainte loi du P\u00e8re de famille. Mais, h\u00e9las, la majorit\u00e9 reste dans le mal et s&rsquo;y enfonce toujours plus. Alors le P\u00e8re de famille envoie des ch\u00e2timents pour les punir et pour les tirer de cet \u00e9tat d&rsquo;endurcissement. Ces malheureux enfants, qui pensent pouvoir se soustraire au ch\u00e2timent, saisissent et brisent les verges qui les frappent au lieu de tomber \u00e0 genoux, de demander gr\u00e2ce et mis\u00e9ricorde, et surtout de promettre de changer de vie. Enfin le p\u00e8re de famille, encore plus irrit\u00e9, prend une verge encore plus forte. Il frappe et frappera jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;on le reconnaisse, qu&rsquo;on s&rsquo;humilie et qu&rsquo;on demande mis\u00e9ricorde \u00e0 Celui qui r\u00e8gne sur la terre et dans les cieux.<br \/>\nVous m&rsquo;avez comprise, ch\u00e8re m\u00e8re et chers habitants de Corps : ce P\u00e8re de famille, c&rsquo;est Dieu. Nous sommes tous ses enfants. Ni moi ni vous ne l&rsquo;avons aim\u00e9 comme nous aurions d\u00fb. Nous n&rsquo;avons pas accompli, comme il convenait, ses commandements\u00a0; maintenant Dieu nous ch\u00e2tie. Un grand nombre de nos fr\u00e8res soldats meurent, des familles et des villes enti\u00e8res sont r\u00e9duites \u00e0 la mis\u00e8re, et si nous ne nous tournons pas vers Dieu, ce n&rsquo;est pas fini. La ville de Paris est tr\u00e8s coupable parce qu\u2019elle a r\u00e9compens\u00e9 un homme mauvais qui a \u00e9crit contre la divinit\u00e9 de J\u00e9sus-Christ. Les hommes n&rsquo;ont qu&rsquo;un temps pour commettre des p\u00e9ch\u00e9s, mais Dieu est \u00e9ternel, et il ch\u00e2tie les p\u00e9cheurs. Dieu est irrit\u00e9 par la multiplicit\u00e9 des p\u00e9ch\u00e9s, et parce qu&rsquo;il est presque inconnu et oubli\u00e9. Or, qui pourra arr\u00eater la guerre qui fait tant de mal en France, et qui recommencera bient\u00f4t en Italie ? etc. etc. Qui pourra arr\u00eater ce fl\u00e9au ?<br \/>\nIl faut 1\u00b0 que la France reconnaisse que dans cette guerre il y a uniquement la main de Dieu ; 2\u00b0 qu&rsquo;elle s&rsquo;humilie et demande avec l&rsquo;esprit et le c\u0153ur le pardon de ses p\u00e9ch\u00e9s ; qu&rsquo;elle promette sinc\u00e8rement de servir Dieu avec l&rsquo;esprit et le c\u0153ur, et d&rsquo;ob\u00e9ir \u00e0 ses commandements sans respect humain. Certains prient, demandent \u00e0 Dieu le triomphe pour nous, les Fran\u00e7ais. Non, ce n&rsquo;est pas ce que veut le bon Dieu : il veut la conversion des Fran\u00e7ais. La Bienheureuse Vierge est venue en France, et celle-ci ne s&rsquo;est pas convertie : elle est donc plus coupable que les autres nations. Si elle ne s&rsquo;humilie pas, elle sera grandement humili\u00e9e. Paris, ce foyer de vanit\u00e9 et d&rsquo;orgueil, qui pourra la sauver si des pri\u00e8res ferventes ne s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent pas au c\u0153ur du bon Ma\u00eetre ?<br \/>\nJe me souviens, ch\u00e8re m\u00e8re et chers habitants de mon cher village, je me souviens de ces pieuses processions que vous faisiez sur la sainte montagne de La Salette, afin que la col\u00e8re de Dieu ne frappe pas votre pays ! La Sainte Vierge a \u00e9cout\u00e9 vos ferventes pri\u00e8res, vos p\u00e9nitences et tout ce que vous avez fait par amour de Dieu. Je pense et j&rsquo;esp\u00e8re qu&rsquo;actuellement vous devez d&rsquo;autant plus faire de belles processions pour le salut de la France, c&rsquo;est-\u00e0-dire pour que la France revienne \u00e0 Dieu, car Dieu n&rsquo;attend que cela pour retirer la verge dont il se sert pour flageller son peuple rebelle. Prions donc beaucoup, oui, prions. Faites vos processions, comme vous les avez faites en 1846 et 1847. Croyez que Dieu \u00e9coute toujours les pri\u00e8res sinc\u00e8res des c\u0153urs humbles. Prions beaucoup, prions toujours. Je n&rsquo;ai jamais aim\u00e9 Napol\u00e9on, car je me rappelle toute sa vie. Puisse le divin Sauveur lui pardonner tout le mal qu&rsquo;il a fait, et qu&rsquo;il fait encore !<br \/>\nRappelons-nous que nous sommes cr\u00e9\u00e9s pour aimer et servir Dieu, et qu&rsquo;en dehors de cela il n&rsquo;y a pas de vrai bonheur. Que les m\u00e8res \u00e9l\u00e8vent chr\u00e9tiennement leurs enfants, car le temps des tribulations n&rsquo;est pas fini. Si je vous r\u00e9v\u00e9lais leur nombre et leur nature, vous en seriez horrifi\u00e9s. Mais je ne veux pas vous effrayer. Ayez confiance en Dieu, qui nous aime infiniment plus que nous ne pouvons l&rsquo;aimer. Prions, prions, et la bonne, la divine, la tendre Vierge Marie sera toujours avec nous. La pri\u00e8re d\u00e9sarme la col\u00e8re de Dieu, la pri\u00e8re est la cl\u00e9 du Paradis.<br \/>\nPrions pour nos pauvres soldats, prions pour tant de m\u00e8res d\u00e9sol\u00e9es par la perte de leurs enfants, consacrons-nous \u00e0 notre bonne M\u00e8re c\u00e9leste, prions pour ces aveugles qui ne voient pas que c&rsquo;est la main de Dieu qui frappe maintenant la France. Prions beaucoup et faisons p\u00e9nitence. Restez tous attach\u00e9s \u00e0 la sainte \u00c9glise, et \u00e0 notre Saint-P\u00e8re qui en est le Chef visible et le Vicaire de Notre Seigneur J\u00e9sus-Christ sur la terre. Dans vos processions, dans vos p\u00e9nitences, priez beaucoup pour lui. Enfin, maintenez-vous en paix, aimez-vous comme des fr\u00e8res, promettez \u00e0 Dieu d&rsquo;observer ses commandements et de les observer vraiment. Et par la mis\u00e9ricorde de Dieu vous serez heureux, et vous ferez une bonne et sainte mort, que je souhaite \u00e0 tous en vous pla\u00e7ant tous sous la protection de l&rsquo;auguste Vierge Marie. J&#8217;embrasse de tout c\u0153ur (les parents). Mon salut est dans la Croix. Le c\u0153ur de J\u00e9sus veille sur moi.<\/p>\n<p>Marie de la Croix<em>, victime de J\u00e9sus<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p><em>Premi\u00e8re partie de la publication \u00ab Apparition de la Bienheureuse Vierge sur la montagne de La Salette avec d&rsquo;autres faits prodigieux, recueillis de documents publics par le pr\u00eatre Giovanni Bosco \u00bb, Turin, Typographie de l&rsquo;Oratoire Saint Fran\u00e7ois de Sales, 1871.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Don Bosco propose un r\u00e9cit d\u00e9taill\u00e9 de l\u2019 \u00ab Apparition de la Bienheureuse Vierge sur&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":18,"featured_media":45425,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":27,"footnotes":""},"categories":[127],"tags":[2554,2631,1824,1686,1884,1698,1962],"class_list":["post-45432","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-tres-sainte-vierge-marie","tag-dieu","tag-eglise","tag-gras-obtenues","tag-marie","tag-miracles","tag-providence","tag-salut"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/45432","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/18"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=45432"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/45432\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":45440,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/45432\/revisions\/45440"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/45425"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=45432"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=45432"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=45432"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}