{"id":45160,"date":"2025-09-05T07:32:16","date_gmt":"2025-09-05T07:32:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.donbosco.press\/?p=45160"},"modified":"2025-09-10T16:10:44","modified_gmt":"2025-09-10T16:10:44","slug":"la-bergere-les-brebis-et-les-agneaux-1867","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/songes-de-don-bosco\/la-bergere-les-brebis-et-les-agneaux-1867\/","title":{"rendered":"La berg\u00e8re, les brebis et les agneaux (1867)"},"content":{"rendered":"<p>Dans le passage qui suit, Don Bosco, fondateur de l\u2019Oratoire de Valdocco, raconte \u00e0 ses jeunes un r\u00eave qu\u2019il a fait dans la nuit du 29 au 30 mai 1867 et qu\u2019il a narr\u00e9 le soir du dimanche de la Sainte Trinit\u00e9. Dans une plaine immense, les troupeaux et les agneaux deviennent l\u2019all\u00e9gorie du monde et des jeunes : les prairies luxuriantes ou les d\u00e9serts arides figurent la gr\u00e2ce et le p\u00e9ch\u00e9 ; les cornes et les blessures d\u00e9noncent le scandale et le d\u00e9shonneur ; le chiffre \u00ab 3 \u00bb annonce trois famines \u2013 spirituelle, morale, mat\u00e9rielle \u2013 qui menacent ceux qui s\u2019\u00e9loignent de Dieu. De ce r\u00e9cit jaillit l\u2019appel pressant du saint : pr\u00e9server l\u2019innocence, revenir \u00e0 la gr\u00e2ce par la p\u00e9nitence, afin que chaque jeune puisse se rev\u00eatir des fleurs de la puret\u00e9 et participer \u00e0 la joie promise par le bon Pasteur.<\/p>\n<p>            Le dimanche de la Sainte Trinit\u00e9, 16 juin, jour o\u00f9 vingt-six ans auparavant Don Bosco avait c\u00e9l\u00e9br\u00e9 sa premi\u00e8re messe, les jeunes attendaient le r\u00eave, dont le r\u00e9cit avait \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 par lui le 13. Son ardent d\u00e9sir \u00e9tait le bien de son troupeau spirituel, et sa norme \u00e9taient toujours les avertissements et les promesses du chapitre XXVII, v. 23-25 du livre des Proverbes : Diligenter agnosce vultum pecoris tui, tuosque greges considera : non enim habebis iugiter potestatem : sed corona tribuetur in generationem et generationem. Aperta sunt prata, et apparuerunt herbae virentes, et collecta sunt foena de montibus\u2026 (Pr\u00e9occupe-toi de l\u2019\u00e9tat de ton troupeau, prends soin de tes troupeaux, car les richesses ne sont pas \u00e9ternelles et une couronne ne dure pas pour toujours. Quand le foin a \u00e9t\u00e9 emport\u00e9, l\u2019herbe nouvelle repousse et on recueille les fourrages dans les montagnes, Prov 27,23-25). Dans ses pri\u00e8res, il demandait d\u2019acqu\u00e9rir une connaissance exacte de ses brebis, d\u2019avoir la gr\u00e2ce de veiller sur elles attentivement, d\u2019assurer leur protection m\u00eame apr\u00e8s sa mort et de les voir pourvues d\u2019une bonne nourriture spirituelle et mat\u00e9rielle. Voici comment Don Bosco parla apr\u00e8s les pri\u00e8res du soir.<\/p>\n<p>            Dans l\u2019une des derni\u00e8res nuits du mois de Marie, le 29 ou 30 mai, \u00e9tant au lit et ne pouvant dormir, je pensais \u00e0 mes chers jeunes et je me disais en moi-m\u00eame :<br \/>\n            \u2013 Oh si je pouvais r\u00eaver quelque chose qui leur soit profitable !<br \/>\n            Je restai un moment \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir et je me r\u00e9solus :<br \/>\n            \u2013 Oui ! maintenant je veux faire un r\u00eave pour les jeunes !<br \/>\n            Et voil\u00e0 que je m\u2019endormis. \u00c0 peine pris par le sommeil, je me trouvai dans une immense plaine couverte d\u2019un nombre infini de grosses brebis, r\u00e9parties en troupeaux, qui broutaient dans des prairies \u00e0 perte de vue. Je voulus m\u2019approcher d\u2019elles et je me mis \u00e0 chercher le berger, m\u2019\u00e9tonnant qu\u2019il puisse y avoir dans le monde quelqu\u2019un qui poss\u00e9dait un si grand nombre de brebis. Je cherchai un bref moment, quand je vis devant moi un berger appuy\u00e9 sur son b\u00e2ton. Je m\u2019approchai imm\u00e9diatement pour l\u2019interroger et lui demandai :<br \/>\n            \u2013 \u00c0 qui appartient ce grand troupeau ?<br \/>\n            Le berger ne me r\u00e9pondit pas. Je r\u00e9p\u00e9tai la question et alors il me dit :<br \/>\n            \u2013 Que veux-tu savoir ?<br \/>\n            \u2013 Et pourquoi, lui dis-je, me r\u00e9ponds-tu de cette mani\u00e8re ?<br \/>\n            \u2013 Eh bien, ce troupeau appartient \u00e0 son ma\u00eetre !<br \/>\n            \u00c0 son ma\u00eetre ? Je le savais d\u00e9j\u00e0, me dis-je en moi-m\u00eame. Puis je continuai \u00e0 haute voix :<br \/>\n            \u2013 Qui est ce ma\u00eetre ?<br \/>\n            \u2013 Ne t\u2019inqui\u00e8te pas, me r\u00e9pondit le berger, tu le sauras.<br \/>\n            Alors, parcourant avec lui cette vall\u00e9e, je me mis \u00e0 examiner le troupeau et toute cette r\u00e9gion o\u00f9 il errait. La vall\u00e9e \u00e9tait en certains endroits couverte d\u2019une riche verdure avec des arbres \u00e9tendant de larges frondaisons avec des ombres gracieuses et de l\u2019herbe fra\u00eeche dont se nourrissaient de belles et florissantes brebis. Dans d\u2019autres endroits, la plaine \u00e9tait st\u00e9rile, sablonneuse, pleine de pierres avec des \u00e9pineux sans feuilles, et des herbes jaunies, et il n\u2019y avait pas un brin d\u2019herbe fra\u00eeche ; et pourtant ici aussi il y avait beaucoup d\u2019autres brebis qui paissaient, mais d\u2019apparence mis\u00e9rable.<br \/>\n            Je demandais diverses explications \u00e0 mon guide concernant ce troupeau, et lui, sans donner aucune r\u00e9ponse \u00e0 mes questions, me dit :<br \/>\n            \u2013 Tu n\u2019es pas destin\u00e9 \u00e0 eux. Tu ne dois pas penser \u00e0 celles-l\u00e0. Je te ferai voir le troupeau dont tu dois prendre soin.<br \/>\n            \u2013 Mais qui es-tu ?<br \/>\n            \u2013 Je suis le ma\u00eetre ; viens voir avec moi l\u00e0-bas, de ce c\u00f4t\u00e9.<br \/>\n            Et il me conduisit \u00e0 un autre point de la plaine o\u00f9 se trouvaient des milliers et des milliers de petits agneaux. Ceux-ci \u00e9taient si nombreux qu\u2019on ne pouvait les compter, mais si maigres qu\u2019ils peinaient \u00e0 marcher. La prairie \u00e9tait s\u00e8che et aride et sablonneuse et on n\u2019y voyait pas un brin d\u2019herbe fra\u00eeche, pas un ruisseau, mais seulement quelques buissons dess\u00e9ch\u00e9s et des broussailles arides. Chaque p\u00e2turage avait \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement d\u00e9truit par les agneaux eux-m\u00eames.<br \/>\n            On voyait \u00e0 premi\u00e8re vue que ces pauvres agneaux couverts de plaies avaient beaucoup souffert et souffraient encore beaucoup. Chose \u00e9trange ! Chacun avait deux cornes longues et grosses qui lui poussaient sur le front, comme s\u2019ils \u00e9taient de vieux b\u00e9liers, et \u00e0 la pointe des cornes ils avaient un appendice en forme de \u00ab S \u00bb. \u00c9tonn\u00e9, je restai perplexe en voyant cet \u00e9trange appendice d\u2019un genre si nouveau, et je ne pouvais me r\u00e9soudre \u00e0 comprendre pourquoi ces agneaux avaient d\u00e9j\u00e0 des cornes si longues et si grosses, et avaient d\u00e9j\u00e0 d\u00e9truit si t\u00f4t toute leur p\u00e2ture.<br \/>\n            \u2013 Comment cela se fait-il ? dis-je au berger. Ces agneaux sont encore si petits et ont d\u00e9j\u00e0 de telles cornes ?<br \/>\n            \u2013 Regarde, me r\u00e9pondit-il ; observe.<br \/>\n            En observant plus attentivement, je vis que ces agneaux portaient beaucoup de chiffres \u00ab 3 \u00bb imprim\u00e9s sur toutes les parties du corps, sur le dos, sur la t\u00eate, sur le museau, sur les oreilles, sur le nez, sur les pattes, sur les ongles.<br \/>\n            \u2013 Mais que signifie cela ? m\u2019\u00e9criai-je. Je ne comprends rien.<br \/>\n            \u2013 Comment, tu ne comprends pas ? dit le berger. \u00c9coute donc et tu sauras tout. Cette vaste plaine est le grand monde. Les lieux pleins d\u2019herbe, la parole de Dieu et la gr\u00e2ce. Les lieux st\u00e9riles et arides sont les lieux o\u00f9 l\u2019on n\u2019\u00e9coute pas la parole de Dieu et o\u00f9 l\u2019on cherche seulement \u00e0 plaire au monde. Les brebis sont les hommes faits, les agneaux sont les jeunes et pour ceux-ci, Dieu a envoy\u00e9 Don Bosco. Ce coin de la plaine que tu vois est l\u2019Oratoire et les agneaux rassembl\u00e9s ici sont tes enfants. Cet endroit si aride repr\u00e9sente l\u2019\u00e9tat de p\u00e9ch\u00e9. Les cornes signifient le d\u00e9shonneur. La lettre \u00ab S \u00bb signifie scandale. Ils vont \u00e0 la ruine par le mauvais exemple. Parmi ces agneaux, il y en a quelques-uns qui ont les cornes cass\u00e9es ; ils ont \u00e9t\u00e9 scandaleux, mais maintenant ils ont cess\u00e9 de donner du scandale. Le chiffre \u00ab 3 \u00bb signifie qu\u2019ils portent les peines de leurs fautes, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019ils souffriront trois grandes famines : une famine spirituelle, une famine morale et une famine mat\u00e9rielle : 1\u00b0 Famine d\u2019aides spirituelles : ils demanderont cette aide et ne l\u2019auront pas. 2\u00b0 Famine de la parole de Dieu. 3\u00b0 Famine de pain mat\u00e9riel. Le fait que les agneaux ont tout mang\u00e9 signifie qu\u2019il ne leur reste plus rien d\u2019autre que le d\u00e9shonneur et le nombre \u00ab 3 \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire les famines. Ce spectacle montre aussi les souffrances actuelles de tant de jeunes au milieu du monde. \u00c0 l\u2019Oratoire, m\u00eame ceux qui en seraient indignes ne manquent pas de pain mat\u00e9riel.<br \/>\n            Pendant que j\u2019\u00e9coutais et observais tout comme quelqu\u2019un qui a perdu la m\u00e9moire, voil\u00e0 une nouvelle merveille. Tous ces agneaux chang\u00e8rent d\u2019apparence !<br \/>\n            Se levant sur leurs pattes arri\u00e8re, ils devinrent grands et prirent tous la forme de jeunes gar\u00e7ons. Je m\u2019approchai pour voir si j\u2019en connaissais quelques-uns. C\u2019\u00e9taient tous des jeunes de l\u2019Oratoire. Il y en avait beaucoup que je n\u2019avais jamais vus, mais tous se disaient fils de notre Oratoire. Et parmi ceux que je ne connaissais pas, il y en avait aussi quelques-uns qui se trouvent actuellement \u00e0 l\u2019Oratoire. Ce sont ceux qui ne se pr\u00e9sentent jamais \u00e0 Don Bosco, qui ne vont jamais chercher conseil aupr\u00e8s de lui, ceux qui l\u2019\u00e9vitent, en un mot, ceux que Don Bosco ne conna\u00eet pas encore ! L\u2019immense majorit\u00e9 cependant des inconnus \u00e9tait compos\u00e9e de ceux qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 ou qui ne sont pas encore \u00e0 l\u2019Oratoire.<br \/>\n            Pendant que j\u2019observais avec peine cette multitude, celui qui m\u2019accompagnait me prit par la main et me dit :<br \/>\n            \u2013 Viens avec moi et tu verras autre chose ! \u2013 Et il me conduisit dans un endroit recul\u00e9 de la vall\u00e9e, entour\u00e9 de petites collines, ceint d\u2019une haie de plantes luxuriantes, o\u00f9 se trouvait une grande prairie verdoyante, la plus fertile qu\u2019on puisse imaginer, remplie de toutes sortes d\u2019herbes odorantes, parsem\u00e9e de fleurs des champs, avec de frais bosquets et des ruisseaux d\u2019eaux limpides. Ici, je trouvai un autre grand nombre de fils, tous joyeux, qui avec les fleurs de la prairie s\u2019\u00e9taient confectionn\u00e9 ou allaient se confectionner un bel habit.<br \/>\n            \u2013 Au moins, tu as l\u00e0 ceux qui te donnent de grandes consolations.<br \/>\n            \u2013 Et qui sont-ils ? demandai-je.<br \/>\n            \u2013 Ce sont ceux qui se trouvent en gr\u00e2ce de Dieu.<br \/>\n            Ah ! je peux dire que je n\u2019ai jamais vu de choses et de personnes aussi belles et \u00e9clatantes, ni jamais je n\u2019aurais pu imaginer de telles splendeurs. Il est inutile que je me mette \u00e0 les d\u00e9crire, car ce serait g\u00e2cher ce qui est impossible \u00e0 dire si on ne les voit pas. Il m\u2019\u00e9tait cependant r\u00e9serv\u00e9 un spectacle bien plus surprenant. Pendant que je regardais avec un immense plaisir ces jeunes gar\u00e7ons et que je contemplais beaucoup d\u2019entre eux que je ne connaissais pas encore, mon guide me dit :<br \/>\n            \u2013 Viens, viens avec moi et je te ferai voir une chose qui te donnera une joie et une consolation plus grandes. \u2013 Et il me conduisit dans une autre prairie toute parsem\u00e9e de fleurs plus belles et plus odorantes que celles d\u00e9j\u00e0 vues. Elle avait l\u2019aspect d\u2019un jardin princier. Ici, on apercevait un nombre plus limit\u00e9 de jeunes, mais qui \u00e9taient d\u2019une beaut\u00e9 et d\u2019un \u00e9clat si extraordinaires qu\u2019ils faisaient oublier ceux que je venais d\u2019admirer. Certains d\u2019entre eux sont d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019Oratoire, d\u2019autres y viendront plus tard.<br \/>\n            Le berger me dit :<br \/>\n            \u2013 Voici ceux qui conservent le beau lys de la puret\u00e9. Ils sont encore v\u00eatus de l\u2019\u00e9tole de l\u2019innocence.<br \/>\n            Je regardais, extasi\u00e9. Presque tous portaient sur la t\u00eate une couronne de fleurs d\u2019une beaut\u00e9 indescriptible. Ces fleurs \u00e9taient compos\u00e9es d\u2019autres petites fleurs d\u2019une d\u00e9licatesse surprenante, et leurs couleurs \u00e9taient d\u2019une vivacit\u00e9 et d\u2019une vari\u00e9t\u00e9 enchanteresses. Plus de mille couleurs dans une seule fleur, et dans une seule fleur on voyait plus de mille fleurs. Une robe d\u2019une blancheur \u00e9clatante descendait \u00e0 leurs pieds, elle aussi toute entrelac\u00e9e de guirlandes de fleurs, semblables \u00e0 celles de la couronne. La lumi\u00e8re charmante qui \u00e9manait de ces fleurs rev\u00eatait toute la personne et refl\u00e9tait en elle sa propre gaiet\u00e9. Les fleurs se refl\u00e9taient les unes dans les autres et celles des couronnes dans celles des guirlandes, r\u00e9verb\u00e9rant chacune les rayons \u00e9mis par les autres. Un rayon d\u2019une couleur contrastant avec un rayon d\u2019une autre couleur formait de nouveaux rayons, diff\u00e9rents, scintillants et donc \u00e0 chaque rayon se reproduisaient toujours de nouveaux rayons, si bien que je n\u2019aurais jamais pu croire qu\u2019il y ait au paradis un enchantement si vari\u00e9. Ce n\u2019est pas tout. Les rayons et les fleurs de la couronne des uns se refl\u00e9taient dans les fleurs et dans les rayons de la couronne de tous les autres, comme aussi les guirlandes, et la richesse de la robe des uns se refl\u00e9tait dans les guirlandes, dans les robes des autres. Les splendeurs ensuite du visage d\u2019un jeune, en rebondissant, se fondaient avec celles du visage des compagnons et se r\u00e9verb\u00e9raient multipli\u00e9es sur toutes ces petites faces innocentes et rondes, produisant tant de lumi\u00e8re qu\u2019elles \u00e9blouissaient la vue et emp\u00eachaient de fixer le regard.<br \/>\n            Ainsi, en un seul s\u2019accumulaient les beaut\u00e9s de tous les autres compagnons dans une harmonie de lumi\u00e8re ineffable ! C\u2019\u00e9tait la gloire accidentelle des saints. Il n\u2019y a aucune image humaine pour d\u00e9crire m\u00eame de loin combien chacun de ces jeunes devenait beau au milieu de cet oc\u00e9an de splendeurs. Parmi eux, j\u2019en observai quelques-uns en particulier, qui sont maintenant ici \u00e0 l\u2019Oratoire et je suis certain que, s\u2019ils pouvaient voir au moins le dixi\u00e8me de leur actuelle beaut\u00e9, ils seraient pr\u00eats \u00e0 souffrir le feu, \u00e0 se laisser couper en morceaux, \u00e0 subir en somme le plus atroce des martyrs plut\u00f4t que de la perdre.<br \/>\n            D\u00e8s que je pus me remettre un peu de ce spectacle c\u00e9leste, je me tournai vers le guide et lui dis :<br \/>\n            \u2013 Mais parmi tant de mes jeunes, il y a donc si peu d\u2019innocents ? Ils sont si peu nombreux ceux qui n\u2019ont jamais perdu la gr\u00e2ce de Dieu ?<br \/>\n            Le berger me r\u00e9pondit :<br \/>\n            \u2013 Comment ? Tu penses que le nombre n\u2019est pas assez grand ? Sache que ceux qui ont eu le malheur de perdre le beau lys de la puret\u00e9, et avec cela l\u2019innocence, peuvent encore suivre leurs compagnons dans la p\u00e9nitence. Regarde : dans cette prairie il y a encore beaucoup de fleurs ; eh bien, ils peuvent s\u2019en servir pour tisser une couronne et une belle robe et m\u00eame suivre les innocents dans la gloire.<br \/>\n            \u2013 Sugg\u00e8re-moi encore quelque chose \u00e0 dire \u00e0 mes jeunes ! dis-je alors.<br \/>\n            \u2013 R\u00e9p\u00e8te \u00e0 tes jeunes que s\u2019ils connaissaient combien l\u2019innocence et la puret\u00e9 sont pr\u00e9cieuses et belles aux yeux de Dieu, ils seraient dispos\u00e9s \u00e0 faire n\u2019importe quel sacrifice pour la conserver. Dis-leur qu\u2019ils se donnent du courage pour pratiquer cette vertu candide, qui surpasse les autres en beaut\u00e9 et en \u00e9clat. Car les chastes sont ceux qui crescunt tanquam lilia in conspectu Domini (ils croissent comme des lys devant le Seigneur).<br \/>\n            Je voulus alors aller au milieu de mes chers fils, si bellement couronn\u00e9s, mais je tr\u00e9buchai sur le sol et, me r\u00e9veillant, je me suis retrouv\u00e9 dans mon lit.<br \/>\n            Mes chers fils, \u00eates-vous tous innocents ? Peut-\u00eatre y en a-t-il quelques-uns parmi vous et je veux m\u2019adresser \u00e0 eux. Par piti\u00e9, ne perdez pas un bien d\u2019une valeur inestimable ! C\u2019est une richesse qui vaut autant que vaut le Paradis, autant que vaut Dieu ! Si vous aviez pu voir comme ces jeunes \u00e9taient beaux avec leurs fleurs. L\u2019ensemble de ce spectacle \u00e9tait tel que j\u2019aurais donn\u00e9 n\u2019importe quoi au monde pour jouir encore de cette vision. En fait, si j\u2019\u00e9tais peintre, je consid\u00e9rerais comme une grande gr\u00e2ce de pouvoir peindre d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre ce que j\u2019ai vu. Si vous connaissiez la beaut\u00e9 d\u2019un innocent, vous vous soumettriez \u00e0 n\u2019importe quel effort le plus p\u00e9nible, m\u00eame \u00e0 la mort, pour conserver le tr\u00e9sor de l\u2019innocence.<br \/>\n            Quant \u00e0 ceux qui \u00e9taient revenus en gr\u00e2ce, bien que cela m\u2019ait apport\u00e9 une grande consolation, j\u2019esp\u00e9rais cependant que leur nombre serait bien plus grand. Et je restai tr\u00e8s \u00e9tonn\u00e9 en voyant quelqu\u2019un qui semble ici apparemment un bon jeune, mais qui avait l\u00e0 des cornes longues et grosses\u2026<br \/>\n            Don Bosco termina par une chaude exhortation \u00e0 ceux qui ont perdu l\u2019innocence, pour qu\u2019ils s\u2019efforcent volontiers de retrouver la gr\u00e2ce au moyen de la p\u00e9nitence.<br \/>\n            Deux jours plus tard, le 18 juin, Don Bosco remontait le soir sur l\u2019estrade et donna quelques explications de son r\u00eave.<br \/>\n            Aucune explication ne serait plus n\u00e9cessaire concernant le r\u00eave, mais je r\u00e9p\u00e9terai ce que j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 dit. La grande plaine est le monde, et aussi les lieux et l\u2019\u00e9tat d\u2019o\u00f9 ont \u00e9t\u00e9 appel\u00e9s ici tous nos jeunes. Le lieu o\u00f9 se trouvaient les agneaux est l\u2019Oratoire. Les agneaux sont tous les jeunes, qui ont \u00e9t\u00e9, sont actuellement, et seront \u00e0 l\u2019Oratoire. Les trois prairies de cet endroit, celle qui est aride, la verte, et celle qui est fleurie, indiquent l\u2019\u00e9tat de p\u00e9ch\u00e9, l\u2019\u00e9tat de gr\u00e2ce et l\u2019\u00e9tat d\u2019innocence. Les cornes des agneaux sont les scandales qui ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9s dans le pass\u00e9. Ceux qui avaient les cornes cass\u00e9es ce sont ceux qui ont \u00e9t\u00e9 scandaleux, mais qui maintenant ont cess\u00e9 de donner du scandale. Tous ces chiffres \u00ab 3 \u00bb, qu\u2019on voyait imprim\u00e9s sur chaque agneau, ce sont, comme je l\u2019ai su du berger, trois ch\u00e2timents que Dieu enverra sur les jeunes : 1\u00b0 Famine par manque d\u2019aides spirituelles. 2\u00b0 Famine morale, c\u2019est-\u00e0-dire manque d\u2019instruction religieuse et de la parole de Dieu. 3\u00b0 Famine mat\u00e9rielle, c\u2019est-\u00e0-dire manque m\u00eame de nourriture. Les jeunes resplendissants sont ceux qui se trouvent en gr\u00e2ce de Dieu, et surtout ceux qui conservent encore l\u2019innocence baptismale et la belle vertu de la puret\u00e9. Comme elle est grande la gloire qui les attend !<br \/>\n            Mettons-nous donc, chers jeunes, \u00e0 pratiquer courageusement la vertu. Celui qui n\u2019est pas en gr\u00e2ce de Dieu, qu\u2019il s\u2019y mette de bon c\u0153ur et donc avec toutes ses forces et avec l\u2019aide de Dieu, qu\u2019il pers\u00e9v\u00e8re jusqu\u2019\u00e0 la mort. Que si nous ne pouvons tous \u00eatre en compagnie des innocents et faire couronne \u00e0 J\u00e9sus, l\u2019Agneau immacul\u00e9, nous pouvons au moins le suivre apr\u00e8s eux.<br \/>\n            Un de vous m\u2019a demand\u00e9 s\u2019il \u00e9tait parmi les innocents et je lui dis que non et qu\u2019il avait des cornes, mais cass\u00e9es. Il me demanda encore s\u2019il avait des plaies et je lui dis oui.<br \/>\n            \u2013 Et que signifient ces plaies ? ajouta-t-il.<br \/>\n            Je r\u00e9pondis :<br \/>\n            \u2013 N\u2019aie pas peur. Elles sont cicatris\u00e9es, elles dispara\u00eetront ; ces plaies ne sont plus d\u00e9shonorantes, comme ne sont pas d\u00e9shonorantes les cicatrices d\u2019un combattant, qui malgr\u00e9 les nombreuses blessures et l\u2019assaut et les efforts de l\u2019ennemi, sut vaincre et remporter la victoire. Ce sont donc des cicatrices honorables !\u2026 Mais il est plus honorable celui qui, combattant vaillamment au milieu des ennemis, ne re\u00e7oit aucune blessure. Son int\u00e9grit\u00e9 suscite l\u2019\u00e9merveillement de tous.<br \/>\n            En expliquant ce r\u00eave, Don Bosco dit aussi qu\u2019il ne passera plus beaucoup de temps avant que ces trois maux ne se fassent sentir : \u2013 Peste, famine et donc manque de moyens pour faire le bien.<br \/>\n            Il ajouta qu\u2019avant trois mois il se passera quelque chose de particulier.<br \/>\n            Ce r\u00eave produisit chez les jeunes l\u2019impression et les fruits qu\u2019avaient obtenus tr\u00e8s souvent des r\u00e9cits semblables.<br \/>\n(MB VIII 839-845)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le passage qui suit, Don Bosco, fondateur de l\u2019Oratoire de Valdocco, raconte \u00e0 ses&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":18,"featured_media":44817,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":68,"footnotes":""},"categories":[130],"tags":[1716,2563,2634,2554,1764,1824,2050,1686,1980,1968,1962,2022],"class_list":["post-45160","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-songes-de-don-bosco","tag-charisme-salesien","tag-charite","tag-conciles","tag-dieu","tag-don-bosco","tag-gras-obtenues","tag-les-gars","tag-marie","tag-reves","tag-saints","tag-salut","tag-vertus"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/45160","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/18"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=45160"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/45160\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":45161,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/45160\/revisions\/45161"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/44817"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=45160"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=45160"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=45160"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}