{"id":43898,"date":"2025-06-17T06:33:43","date_gmt":"2025-06-17T06:33:43","guid":{"rendered":"https:\/\/exciting-knuth.178-32-140-152.plesk.page\/?p=43898"},"modified":"2025-07-28T09:16:41","modified_gmt":"2025-07-28T09:16:41","slug":"don-bosco-et-le-sacre-coeur-garder-reparer-aimer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/don-bosco\/don-bosco-et-le-sacre-coeur-garder-reparer-aimer\/","title":{"rendered":"Don Bosco et le Sacr\u00e9-C\u0153ur. Garder, r\u00e9parer, aimer"},"content":{"rendered":"\r\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>En 1886, \u00e0 la veille de la cons\u00e9cration de la nouvelle basilique du Sacr\u00e9-C\u0153ur au centre de Rome, le \u00ab Bulletin sal\u00e9sien \u00bb a voulu pr\u00e9parer ses lecteurs \u2013 coop\u00e9rateurs, bienfaiteurs, jeunes, familles \u2013 \u00e0 une rencontre vitale avec \u00ab le C\u0153ur transperc\u00e9 qui continue d\u2019aimer \u00bb.<\/em>\u00a0<em>Pendant une ann\u00e9e enti\u00e8re, le Bulletin fit d\u00e9filer sous les yeux du monde sal\u00e9sien un v\u00e9ritable \u00ab rosaire \u00bb de m\u00e9ditations. Chaque num\u00e9ro reliait un aspect de la d\u00e9votion \u00e0 une urgence pastorale, \u00e9ducative ou sociale que Don Bosco \u2013 d\u00e9j\u00e0 \u00e9puis\u00e9 mais lucide \u2013 consid\u00e9rait comme strat\u00e9gique pour l\u2019avenir de l\u2019\u00c9glise et de la soci\u00e9t\u00e9 italienne.<\/em>\u00a0<em>Pr\u00e8s de cent quarante ans plus tard, cette s\u00e9rie reste un petit trait\u00e9 de spiritualit\u00e9 du c\u0153ur, \u00e9crit dans un style simple mais plein d\u2019ardeur, capable de conjuguer contemplation et pratique. Nous pr\u00e9sentons ici une lecture unifi\u00e9e de ce parcours mensuel, montrant comment l\u2019intuition sal\u00e9sienne peut encore parler aujourd\u2019hui.<br \/><br \/><\/em><br \/><strong>F\u00e9vrier \u2013 La garde d\u2019honneur : veiller sur l\u2019Amour bless\u00e9<\/strong><br \/>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La nouvelle ann\u00e9e liturgique s\u2019ouvre, dans le\u00a0<em>Bulletin<\/em>, sur une invitation surprenante : non seulement adorer J\u00e9sus pr\u00e9sent dans le tabernacle, mais \u00ab faire l\u2019heure de garde \u00bb \u2013 une heure choisie librement au cours de laquelle chaque chr\u00e9tien, sans interrompre ses activit\u00e9s quotidiennes, se fait sentinelle aimante qui console le C\u0153ur transperc\u00e9 par l\u2019indiff\u00e9rence des foules du carnaval. L\u2019id\u00e9e, n\u00e9e \u00e0 Paray-le-Monial et adopt\u00e9e dans de nombreux dioc\u00e8ses, devient un programme \u00e9ducatif : transformer le temps en espace de r\u00e9paration, enseigner aux jeunes que la fid\u00e9lit\u00e9 na\u00eet de petits gestes constants, faire de la journ\u00e9e une liturgie diffuse. Le v\u0153u qui y est li\u00e9 \u2013 destiner le produit du\u00a0<em>Manuel de la Garde d\u2019Honneur<\/em>\u00a0\u00e0 la construction de la basilique romaine \u2013 r\u00e9v\u00e8le la logique sal\u00e9sienne : la contemplation qui se traduit imm\u00e9diatement en briques, car la vraie pri\u00e8re \u00e9difie (litt\u00e9ralement) la maison de Dieu.<br \/><br \/><strong>Mars \u2013 Charit\u00e9 cr\u00e9ative : l\u2019empreinte sal\u00e9sienne<\/strong><br \/>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Lors de la grande conf\u00e9rence du 8 mai 1884, le cardinal Parocchi r\u00e9suma la mission sal\u00e9sienne en un mot : \u00ab charit\u00e9 \u00bb. Le\u00a0<em>Bulletin<\/em>\u00a0reprend ce discours pour rappeler que l\u2019\u00c9glise conquiert le monde davantage par des gestes d\u2019amour que par des disputes th\u00e9oriques. Don Bosco ne fonde pas des \u00e9coles d\u2019\u00e9lite, mais des \u00e9tablissements populaires ; il ne retire pas les jeunes de leur milieu uniquement pour les prot\u00e9ger, mais pour les rendre \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 comme de bons citoyens. Telle est la charit\u00e9 \u00ab selon les exigences du si\u00e8cle \u00bb : r\u00e9pondre au mat\u00e9rialisme non par des pol\u00e9miques, mais par des \u0153uvres qui montrent la force de l\u2019\u00c9vangile. D\u2019o\u00f9 l\u2019urgence d\u2019un grand sanctuaire d\u00e9di\u00e9 au C\u0153ur de J\u00e9sus : faire resplendir au c\u0153ur de Rome un signe visible de cet amour qui \u00e9duque et transforme.<br \/><br \/><strong>Avril \u2013 L\u2019Eucharistie : \u00ab chef-d\u2019\u0153uvre du C\u0153ur de J\u00e9sus \u00bb<\/strong><br \/>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Pour Don Bosco, rien n\u2019est plus urgent que de ramener les chr\u00e9tiens \u00e0 la communion fr\u00e9quente. Le\u00a0<em>Bulletin<\/em>\u00a0rappelle qu\u2019\u00ab il n\u2019y a pas de catholicisme sans la Vierge Marie et sans l\u2019Eucharistie \u00bb. La table eucharistique est \u00ab la gen\u00e8se de la soci\u00e9t\u00e9 chr\u00e9tienne \u00bb : c\u2019est de l\u00e0 que naissent la fraternit\u00e9, la justice, la puret\u00e9. Si la foi languit, il faut raviver le d\u00e9sir du Pain vivant. Ce n\u2019est pas un hasard si saint Fran\u00e7ois de Sales a confi\u00e9 aux Visitandines la mission de garder le C\u0153ur eucharistique : la d\u00e9votion au Sacr\u00e9-C\u0153ur n\u2019est pas un sentiment abstrait, mais un chemin concret qui conduit au tabernacle et de l\u00e0 se r\u00e9pand dans les rues. Et c\u2019est encore le chantier romain qui en est la preuve : chaque lire offerte pour la basilique devient une \u00ab brique spirituelle \u00bb qui consacre l\u2019Italie au C\u0153ur qui se donne.<br \/><br \/><strong>Mai \u2013 Le C\u0153ur de J\u00e9sus resplendit dans le C\u0153ur de Marie<\/strong><br \/>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le mois de Marie am\u00e8ne le\u00a0<em>Bulletin<\/em>\u00a0\u00e0 \u00e9tablir un lien entre les deux grandes d\u00e9votions. En effet, il existe entre les deux C\u0153urs une communion profonde, symbolis\u00e9e par l\u2019image biblique du \u00ab miroir \u00bb. Le C\u0153ur immacul\u00e9 de Marie refl\u00e8te la lumi\u00e8re du C\u0153ur divin, la rendant supportable aux yeux des hommes : ceux qui n\u2019osent pas fixer le Soleil regardent sa lumi\u00e8re refl\u00e9t\u00e9e dans la M\u00e8re. Culte de latrie pour le C\u0153ur de J\u00e9sus, \u00ab hyperdulie \u00bb pour celui de Marie : une distinction qui \u00e9vite les malentendus des pol\u00e9miques jans\u00e9nistes d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui. Le\u00a0<em>Bulletin<\/em>\u00a0r\u00e9fute les accusations d\u2019idol\u00e2trie et invite les fid\u00e8les \u00e0 un amour \u00e9quilibr\u00e9, o\u00f9 contemplation et mission se nourrissent mutuellement : Marie introduit au Fils et le Fils conduit \u00e0 la M\u00e8re. En vue de la cons\u00e9cration du nouveau sanctuaire, il est demand\u00e9 d\u2019unir les deux invocations qui dominent les collines de Rome et de Turin : le Sacr\u00e9-C\u0153ur de J\u00e9sus et Marie Auxiliatrice.<br \/><br \/><strong>Juin \u2013 Consolations surnaturelles : l\u2019amour \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans l\u2019histoire<\/strong><br \/>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Deux cents ans apr\u00e8s la premi\u00e8re cons\u00e9cration publique au Sacr\u00e9-C\u0153ur (Paray-le-Monial, 1686), le\u00a0<em>Bulletin<\/em>\u00a0affirme que la d\u00e9votion r\u00e9pond au mal de l\u2019\u00e9poque : \u00ab refroidissement de la charit\u00e9 par surabondance d\u2019iniquit\u00e9 \u00bb. Le C\u0153ur de J\u00e9sus \u2013 Cr\u00e9ateur, R\u00e9dempteur, Glorificateur \u2013 est pr\u00e9sent\u00e9 comme le centre de toute l\u2019histoire : de la cr\u00e9ation \u00e0 l\u2019\u00c9glise, de l\u2019Eucharistie \u00e0 l\u2019eschatologie. Ceux qui adorent ce C\u0153ur entrent dans un dynamisme qui transforme la culture et la politique. C\u2019est pourquoi le pape L\u00e9on XIII a demand\u00e9 \u00e0 tous d\u2019apporter leur contribution au sanctuaire romain, monument de r\u00e9paration mais aussi \u00ab digue \u00bb contre le \u00ab flot immonde \u00bb de l\u2019erreur moderne. C\u2019est un appel qui semble actuel : sans charit\u00e9 ardente, la soci\u00e9t\u00e9 se d\u00e9sagr\u00e8ge.<br \/><br \/><strong>Juillet \u2013 Humilit\u00e9 : la physionomie du Christ et du chr\u00e9tien<\/strong><br \/>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La m\u00e9ditation estivale choisit la vertu la plus n\u00e9glig\u00e9e : l\u2019humilit\u00e9, \u00ab gemme transplant\u00e9e par la main de Dieu dans le jardin de l\u2019\u00c9glise \u00bb. Don Bosco, fils spirituel de saint Fran\u00e7ois de Sales, sait que l\u2019humilit\u00e9 est la porte des autres vertus et le sceau de tout v\u00e9ritable apostolat : celui qui sert les jeunes sans chercher la visibilit\u00e9 actualise \u00ab la vie cach\u00e9e de J\u00e9sus pendant trente ans \u00bb. Le\u00a0<em>Bulletin<\/em>\u00a0d\u00e9masque l\u2019orgueil d\u00e9guis\u00e9 en fausse modestie et invite \u00e0 cultiver une double humilit\u00e9 : celle de l\u2019intelligence, qui s\u2019ouvre au myst\u00e8re, et celle de la volont\u00e9, qui ob\u00e9it \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 reconnue. La d\u00e9votion au Sacr\u00e9-C\u0153ur n\u2019est pas du sentimentalisme, elle est une \u00e9cole de pens\u00e9e humble et d\u2019action concr\u00e8te, capable de construire la paix sociale parce qu\u2019elle enl\u00e8ve du c\u0153ur le poison de l\u2019orgueil.<br \/><br \/><strong>Ao\u00fbt \u2013 La douceur : la force qui d\u00e9sarme<\/strong><br \/>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Apr\u00e8s l\u2019humilit\u00e9, la douceur, une vertu qui n\u2019est pas faiblesse mais ma\u00eetrise de soi, \u00ab le lion qui produit du miel \u00bb, dit le texte en renvoyant \u00e0 l\u2019\u00e9nigme de Samson. Le C\u0153ur de J\u00e9sus appara\u00eet doux dans l\u2019accueil des p\u00e9cheurs, ferme dans la d\u00e9fense du temple. Les lecteurs sont invit\u00e9s \u00e0 imiter ce double mouvement : douceur envers les personnes, fermet\u00e9 contre l\u2019erreur. Saint Fran\u00e7ois de Sales redevient un mod\u00e8le : d\u2019un ton apais\u00e9, il a d\u00e9vers\u00e9 des fleuves de charit\u00e9 dans la turbulente Gen\u00e8ve, convertissant plus de c\u0153urs que n\u2019aurait pu le faire la victoire dans les pol\u00e9miques pleines d\u2019\u00e2pret\u00e9s. Dans un si\u00e8cle qui \u00ab p\u00e8che par manque de c\u0153ur \u00bb, construire le sanctuaire du Sacr\u00e9-C\u0153ur signifie \u00e9riger un gymnase de douceur sociale \u2013 une r\u00e9ponse \u00e9vang\u00e9lique au m\u00e9pris et \u00e0 la violence verbale qui empoisonnaient d\u00e9j\u00e0 alors le d\u00e9bat public.<br \/><br \/><strong>Septembre \u2013 Pauvret\u00e9 et question sociale : le C\u0153ur qui r\u00e9concilie riches et pauvres<\/strong><br \/>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le grondement du conflit social, pr\u00e9vient le\u00a0<em>Bulletin<\/em>, menace de \u00ab r\u00e9duire en miettes l\u2019\u00e9difice civil \u00bb. Nous sommes en pleine \u00ab question ouvri\u00e8re \u00bb\u00a0; les socialistes agitent les masses, les capitaux se concentrent. Don Bosco ne nie pas la l\u00e9gitimit\u00e9 de la richesse honn\u00eate, mais rappelle que la v\u00e9ritable r\u00e9volution commence dans le c\u0153ur. Le C\u0153ur de J\u00e9sus a proclam\u00e9 bienheureux les pauvres et a lui-m\u00eame v\u00e9cu la pauvret\u00e9. Le rem\u00e8de passe par une solidarit\u00e9 \u00e9vang\u00e9lique nourrie par la pri\u00e8re et la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9. Tant que le sanctuaire romain ne sera pas termin\u00e9, \u00e9crit le journal, le signe visible de la r\u00e9conciliation fera d\u00e9faut. Au cours des d\u00e9cennies suivantes, la doctrine sociale de l\u2019\u00c9glise d\u00e9veloppera ces intuitions, mais le germe est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 : la charit\u00e9 n\u2019est pas l\u2019aum\u00f4ne, c\u2019est la justice qui na\u00eet d\u2019un c\u0153ur transform\u00e9.<br \/><br \/><strong>Octobre \u2013 L\u2019enfance : sacrement de l\u2019esp\u00e9rance<\/strong><br \/>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab Malheur \u00e0 celui qui scandalise un de ces petits\u00a0! \u00bb Sur les l\u00e8vres de J\u00e9sus, l\u2019invitation devient un avertissement. Le\u00a0<em>Bulletin<\/em>\u00a0rappelle les horreurs du monde pa\u00efen contre les enfants et montre comment le christianisme a chang\u00e9 l\u2019histoire en confiant aux petits une place centrale. Pour Don Bosco, l\u2019\u00e9ducation est un acte religieux : c\u2019est \u00e0 l\u2019\u00e9cole et \u00e0 l\u2019oratoire que l\u2019on garde le tr\u00e9sor de l\u2019\u00c9glise future. La b\u00e9n\u00e9diction de J\u00e9sus aux enfants, reproduite sur les premi\u00e8res pages du\u00a0<em>Bulletin<\/em>, est la manifestation du C\u0153ur qui \u00ab se serre comme un c\u0153ur de p\u00e8re \u00bb et annonce la vocation sal\u00e9sienne : faire de la jeunesse un \u00ab sacrement \u00bb qui rend Dieu pr\u00e9sent dans la cit\u00e9. Les \u00e9coles, les coll\u00e8ges, les ateliers ne sont pas facultatifs : ils sont la mani\u00e8re concr\u00e8te d\u2019honorer le C\u0153ur de J\u00e9sus vivant dans les jeunes.<br \/><br \/><strong>Novembre \u2013 Triomphes de l\u2019\u00c9glise : l\u2019humilit\u00e9 qui vainc la mort<\/strong><br \/>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La liturgie comm\u00e9more les saints et les d\u00e9funts. Le\u00a0<em>Bulletin<\/em>\u00a0m\u00e9dite sur le \u00ab triomphe doux \u00bb de J\u00e9sus entrant \u00e0 J\u00e9rusalem. Cette image devient la cl\u00e9 de lecture de l\u2019histoire de l\u2019\u00c9glise : succ\u00e8s et pers\u00e9cutions alternent, mais l\u2019\u00c9glise, comme le Ma\u00eetre, ressuscite toujours. Les lecteurs sont invit\u00e9s \u00e0 ne pas se laisser paralyser par le pessimisme. Les ombres du moment (lois anticl\u00e9ricales, r\u00e9duction des ordres religieux, propagande ma\u00e7onnique) n\u2019effacent pas le dynamisme de l\u2019\u00c9vangile. Le temple du Sacr\u00e9-C\u0153ur, construit dans l\u2019hostilit\u00e9 et la pauvret\u00e9, sera le signe tangible que \u00ab la pierre scell\u00e9e a \u00e9t\u00e9 renvers\u00e9e \u00bb. Collaborer \u00e0 sa construction, c\u2019est parier sur l\u2019avenir de Dieu.<br \/><br \/><strong>D\u00e9cembre \u2013 La b\u00e9atitude de la douleur : la Croix accueillie par le c\u0153ur<\/strong><br \/>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L\u2019ann\u00e9e se termine par la plus paradoxale des b\u00e9atitudes : \u00ab Heureux ceux qui pleurent \u00bb. La douleur, scandale pour la raison pa\u00efenne, devient dans le C\u0153ur de J\u00e9sus un chemin de r\u00e9demption et de f\u00e9condit\u00e9. Le\u00a0<em>Bulletin<\/em>\u00a0voit dans cette logique la cl\u00e9 pour lire la crise contemporaine : les soci\u00e9t\u00e9s fond\u00e9es sur le divertissement \u00e0 tout prix produisent injustice et d\u00e9sespoir. Quand la souffrance est accept\u00e9e en union avec le Christ, elle transforme les c\u0153urs, fortifie le caract\u00e8re, stimule la solidarit\u00e9, lib\u00e8re de la peur. M\u00eame les pierres du sanctuaire sont \u00ab des larmes transform\u00e9es en esp\u00e9rance \u00bb, petites offrandes, parfois fruit de sacrifices cach\u00e9s, qui construiront un lieu d\u2019o\u00f9 pleuvront, promet le journal, \u00ab des torrents de purs d\u00e9lices \u00bb.<br \/><br \/><strong>Un h\u00e9ritage proph\u00e9tique<\/strong><br \/>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Dans le montage mensuel du\u00a0<em>Bulletin Sal\u00e9sien<\/em>\u00a0de 1886, la p\u00e9dagogie du crescendo est frappante : on part de la petite heure de garde pour aboutir \u00e0 la cons\u00e9cration de la douleur ; du fid\u00e8le individuel au chantier national ; du tabernacle fortifi\u00e9 de l\u2019oratoire aux remparts de l\u2019Esquilin. C\u2019est un parcours qui s\u2019articule autour de trois axes principaux :<br \/>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<em>Contemplation<\/em>\u00a0\u2013 Le C\u0153ur de J\u00e9sus est avant tout un myst\u00e8re \u00e0 adorer : veill\u00e9e, Eucharistie, r\u00e9paration.<br \/>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<em>Formation<\/em>\u00a0\u2013 Chaque vertu (humilit\u00e9, douceur, pauvret\u00e9) est propos\u00e9e comme un rem\u00e8de social, capable de gu\u00e9rir les blessures collectives.<br \/>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<em>Construction<\/em>\u00a0\u2013 La spiritualit\u00e9 devient architecture : la basilique n\u2019est pas un ornement, mais un laboratoire de citoyennet\u00e9 chr\u00e9tienne.<br \/>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Sans forcer, on peut reconna\u00eetre ici une premi\u00e8re annonce des th\u00e8mes que l\u2019\u00c9glise d\u00e9veloppera tout au long du XXe si\u00e8cle : l\u2019apostolat des la\u00efcs, la doctrine sociale, la centralit\u00e9 de l\u2019Eucharistie dans la mission, la protection des mineurs, la pastorale de la souffrance. Don Bosco et ses collaborateurs saisissent les signes des temps et y r\u00e9pondent avec le langage du c\u0153ur.<br \/><br \/><br \/>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le 14 mai 1887, lorsque L\u00e9on XIII consacra la Basilique du Sacr\u00e9-C\u0153ur, par l\u2019interm\u00e9diaire de son vicaire le Cardinal Lucido Maria Parocchi, Don Bosco \u2013 trop faible pour monter \u00e0 l\u2019autel \u2013 assista \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie cach\u00e9 parmi les fid\u00e8les. \u00c0 ce moment-l\u00e0, toutes les paroles du\u00a0<em>Bulletin<\/em>\u00a0de 1886 devinrent pierre vivante : la garde d\u2019honneur, la charit\u00e9 \u00e9ducative, l\u2019Eucharistie centre du monde, la tendresse de Marie, la pauvret\u00e9 qui r\u00e9concilie, la b\u00e9atitude de la douleur. Aujourd\u2019hui, ces pages demandent un nouveau souffle. C\u2019est \u00e0 nous, consacr\u00e9s ou la\u00efcs, jeunes ou \u00e2g\u00e9s, de poursuivre la veill\u00e9e, d\u2019\u00e9riger des chantiers d\u2019esp\u00e9rance, d\u2019apprendre la g\u00e9ographie du c\u0153ur. Le programme reste le m\u00eame, simple et audacieux :\u00a0<strong>garder, r\u00e9parer, aimer<\/strong>.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 1886, \u00e0 la veille de la cons\u00e9cration de la nouvelle basilique du Sacr\u00e9-C\u0153ur au&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":43915,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":9,"footnotes":""},"categories":[131],"tags":[1716,2634,1764,2631,2186,1968,1956,1962],"class_list":["post-43898","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-don-bosco","tag-charisme-salesien","tag-conciles","tag-don-bosco","tag-eglise","tag-jesus","tag-saints","tag-salesiens","tag-salut"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/43898","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=43898"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/43898\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":44417,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/43898\/revisions\/44417"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/43915"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=43898"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=43898"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=43898"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}