{"id":36448,"date":"2025-05-23T07:26:09","date_gmt":"2025-05-23T07:26:09","guid":{"rendered":"https:\/\/exciting-knuth.178-32-140-152.plesk.page\/?p=36448"},"modified":"2025-05-26T06:36:38","modified_gmt":"2025-05-26T06:36:38","slug":"eduquer-les-facultes-de-lesprit-avec-saint-francois-de-sales","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/nos-saints\/eduquer-les-facultes-de-lesprit-avec-saint-francois-de-sales\/","title":{"rendered":"\u00c9duquer les facult\u00e9s de l\u2019esprit avec saint Fran\u00e7ois de Sales"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Saint Fran\u00e7ois de Sales pr\u00e9sente l&rsquo;esprit comme la partie la plus \u00e9lev\u00e9e de l&rsquo;\u00e2me, dirig\u00e9e par l&rsquo;intellect, la m\u00e9moire et la volont\u00e9. Le c\u0153ur de sa p\u00e9dagogie est l&rsquo;autorit\u00e9 de la raison, une \u00ab torche divine \u00bb qui rend l&rsquo;homme v\u00e9ritablement humain et doit guider, \u00e9clairer et discipliner les passions, l&rsquo;imagination et les sens. \u00c9duquer l&rsquo;esprit signifie donc cultiver l&rsquo;intellect par l&rsquo;\u00e9tude, la m\u00e9ditation et la contemplation, exercer la m\u00e9moire comme r\u00e9servoir des gr\u00e2ces re\u00e7ues, et renforcer la volont\u00e9 afin qu&rsquo;elle choisisse constamment le bien. De cette harmonie jaillissent les vertus cardinales \u2013 prudence, justice, force et temp\u00e9rance \u2013 qui forment des personnes libres, \u00e9quilibr\u00e9es et capables d&rsquo;une v\u00e9ritable charit\u00e9.<br><\/em><br><br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L\u2019esprit est consid\u00e9r\u00e9 par Fran\u00e7ois de Sales comme la partie sup\u00e9rieure de l\u2019\u00e2me. Ses facult\u00e9s sont l\u2019entendement, la m\u00e9moire et la volont\u00e9. L\u2019imagination pourrait en faire partie, dans la mesure o\u00f9 la raison et la volont\u00e9 interviennent dans son fonctionnement. La volont\u00e9, quant \u00e0 elle, est la facult\u00e9 ma\u00eetresse, \u00e0 laquelle il convient de r\u00e9server un traitement particulier. C\u2019est par l\u2019esprit que l\u2019homme devient, selon la d\u00e9finition classique, un \u00ab animal raisonnable \u00bb. \u00ab Nous ne sommes hommes que par la raison \u00bb, \u00e9crit Fran\u00e7ois de Sales. Apr\u00e8s \u00ab les gr\u00e2ces corporelles \u00bb, ce sont \u00ab les dons de l\u2019esprit \u00bb qui devront faire l\u2019objet de nos r\u00e9flexions et de notre reconnaissance, et parmi ceux-ci l\u2019auteur de l\u2019<em>Introduction<\/em> distingue les dons re\u00e7us de la nature et ceux acquis par l\u2019\u00e9ducation :<br><br><em>Consid\u00e9rez les dons de l\u2019esprit : combien y a-t-il au monde de gens h\u00e9b\u00e9t\u00e9s, enrag\u00e9s, insens\u00e9s ; et pourquoi n\u2019\u00eates-vous pas du nombre ? Dieu vous a favoris\u00e9e. Combien y en a-t-il qui ont \u00e9t\u00e9 nourris rustiquement et en extr\u00eame ignorance ; et la Providence divine vous a fait \u00e9lever civilement et honorablement.<br><\/em><br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Parmi les hommes qui ont \u00e9t\u00e9 combl\u00e9s sous ce rapport, il faut nommer le \u00ab glorieux saint Augustin \u00bb, riche de \u00ab tous les dons de nature et de gr\u00e2ce que le Seigneur lui avait lib\u00e9ralement d\u00e9partis \u00bb, et dou\u00e9 entre autres \u00ab d\u2019un grand esprit, d\u2019un bon jugement accompagn\u00e9 d\u2019une heureuse m\u00e9moire \u00bb.<br><br><strong>La raison, \u00ab divin flambeau \u00bb<br><\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Dans son <em>Exercice du sommeil ou repos spirituel<\/em>, compos\u00e9 \u00e0 Padoue quand il avait vingt-trois ans, Fran\u00e7ois se proposait un sujet de m\u00e9ditation surprenant :<br><br><em>Je m\u2019arr\u00eaterai en l\u2019admiration de la beaut\u00e9 de la raison que Dieu a donn\u00e9e \u00e0 l\u2019homme, afin qu\u2019\u00e9clair\u00e9 et enseign\u00e9 par sa merveilleuse splendeur, il ha\u00efsse le vice et aime la vertu. H\u00e9 ! que ne suivons-nous la lumi\u00e8re brillante de ce divin flambeau, puisque l\u2019usage nous en est donn\u00e9 pour voir o\u00f9 nous devons mettre le pied !<br><\/em><br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab La raison naturelle est un bon arbre que Dieu a plant\u00e9 en nous, les fruits qui en proviennent ne peuvent \u00eatre que bons \u00bb, affirme l\u2019auteur du <em>Trait\u00e9<\/em> ; il est vrai qu\u2019elle est \u00ab grandement bless\u00e9e et comme \u00e0 moiti\u00e9 morte par le p\u00e9ch\u00e9 \u00bb, mais son exercice n\u2019est pas fondamentalement entrav\u00e9.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Dans le royaume int\u00e9rieur de l\u2019homme, \u00ab la raison doit \u00eatre la reine, \u00e0 laquelle toutes les facult\u00e9s de notre esprit, tous nos sens et notre corps m\u00eame doivent demeurer absolument assujettis \u00bb. C\u2019est la raison qui distingue l\u2019homme de l\u2019animal et il faut se garder d\u2019imiter \u00ab guenons et marmots, lesquels sont toujours mornes, tristes et f\u00e2cheux au d\u00e9faut de la lune, comme au contraire, au renouvellement d\u2019icelle, ils sautent, dansent et font leurs singeries \u00bb. Il faut faire r\u00e9gner, dit saint Fran\u00e7ois de Sales, \u00ab l\u2019autorit\u00e9 de la raison \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Entre la partie sup\u00e9rieure de l\u2019esprit, qui doit r\u00e9gner, et la partie inf\u00e9rieure de notre \u00eatre, que Fran\u00e7ois de Sales d\u00e9signe parfois sous le nom biblique de \u00ab chair \u00bb, la bataille parfois devient \u00e2pre. Chaque camp a ses alli\u00e9s. L\u2019esprit, qui est le \u00ab donjon de l\u2019\u00e2me \u00bb, est accompagn\u00e9 \u00ab de ses trois soldats : l\u2019entendement, la m\u00e9moire et la volont\u00e9 \u00bb. Attention donc \u00e0 la chair qui complote et se cherche des alli\u00e9s dans la place :<br><br><em>Cette chair pratique ores l\u2019entendement, ores la volont\u00e9, ores l\u2019imagination, lesquels se bandant contre la raison, livrent bien souvent la place, et font division et mauvais offices \u00e0 la raison. [\u2026] Cette chair all\u00e8che la volont\u00e9, ores par des plaisirs, ores par des richesses ; ores elle nous met des imaginations de pr\u00e9tentions, ores en l\u2019entendement une grande curiosit\u00e9, tout sous esp\u00e8ces et pr\u00e9texte de bien.<br><\/em><br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Dans cette bataille, rien n\u2019est perdu tant que l\u2019esprit r\u00e9siste, alors m\u00eame que toutes les passions de l\u2019\u00e2me semblent en r\u00e9volte : \u00ab Si ces soldats \u00e9taient fid\u00e8les, l\u2019esprit n\u2019aurait aucune crainte, ains (mais) il se moquerait de ses ennemis, comme font ceux qui, ayant des munitions suffisantes, se trouvent au donjon d\u2019une forteresse imprenable ; et ce, bien que les ennemis soient aux faubourgs, voire que la ville f\u00fbt prise. \u00bb La cause de tous ces d\u00e9chirements int\u00e9rieurs est l\u2019amour-propre. En effet, \u00ab nos entendements sont ordinairement si pleins de raisons, d\u2019opinions et de consid\u00e9rations sugg\u00e9r\u00e9es par l\u2019amour-propre que cela cause de grandes guerres en l\u2019\u00e2me \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 En \u00e9ducation, il est important de faire sentir la sup\u00e9riorit\u00e9 de l\u2019esprit. \u00ab Le principe d\u2019une \u00e9ducation humaine est l\u00e0, dit le p\u00e8re Lajeunie : montrer \u00e0 l\u2019enfant, d\u00e8s que sa petite raison s\u2019\u00e9veille, ce qui est beau et bien, et par l\u2019amour du beau, le d\u00e9tourner du laid ; cr\u00e9er ainsi dans son c\u0153ur l\u2019habitude du contr\u00f4le de ses r\u00e9flexes instinctifs au lieu de les suivre servilement ; car c\u2019est ainsi que se forme ce processus de sensualisation qui le rend esclave de ses d\u00e9sirs spontan\u00e9s. \u00c0 l\u2019heure des choix d\u00e9cisifs cette habitude de c\u00e9der toujours sans contr\u00f4le aux pulsions instinctives peut s\u2019av\u00e9rer catastrophique. \u00bb<br><br><strong>L\u2019entendement, \u00ab \u0153il de l\u2019\u00e2me \u00bb<br><\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L\u2019entendement, qui est cette facult\u00e9 typiquement humaine et rationnelle de conna\u00eetre et de comprendre, a souvent \u00e9t\u00e9 compar\u00e9 \u00e0 la vue. On dit par exemple : \u00ab Je vois \u00bb, pour dire : \u00ab J\u2019ai compris \u00bb. Pour Fran\u00e7ois de Sales, l\u2019entendement est \u00ab l\u2019\u0153il de notre \u00e2me \u00bb. L\u2019activit\u00e9 incroyable dont il est capable le rend semblable \u00e0 \u00ab un ouvrier, lequel avec cent milliers d\u2019yeux et de mains, comme un autre Argus, fait plus d\u2019ouvrage que tous les ouvriers du monde, puisqu\u2019il n\u2019y a rien au monde qu\u2019il ne repr\u00e9sente \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Comment fonctionne l\u2019entendement humain ? Fran\u00e7ois de Sales a analys\u00e9 avec pr\u00e9cision les quatre actions dont il est capable : la simple pens\u00e9e, l\u2019\u00e9tude, la m\u00e9ditation et la contemplation. La simple pens\u00e9e s\u2019exerce sur une grande diversit\u00e9 de choses, sans aucune fin, \u00ab comme font les mouches qui se vont posant sur les fleurs sans en pr\u00e9tendre tirer aucun suc \u00bb. L\u2019\u00e9tude au contraire se fait lorsque nous consid\u00e9rons les choses \u00ab pour les savoir, pour les bien entendre et pour en pouvoir bien parler \u00bb, afin d\u2019en \u00ab remplir notre m\u00e9moire \u00bb, comme font les hannetons qui \u00ab se vont posant sur les roses, non pour autre fin que pour se saouler et se remplir le ventre \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Fran\u00e7ois de Sales pourrait s\u2019arr\u00eater l\u00e0, mais il conna\u00eet et recommande deux autres formes plus \u00e9lev\u00e9es. Alors que l\u2019\u00e9tude a pour but d\u2019accro\u00eetre les connaissances, la m\u00e9ditation se fait \u00ab pour \u00e9mouvoir les affections \u00bb, et particuli\u00e8rement celle de l\u2019amour. Mais l\u2019activit\u00e9 supr\u00eame de l\u2019entendement est la contemplation, qui consiste \u00e0 nous r\u00e9jouir du bien que nous avons connu au moyen de la m\u00e9ditation et que nous avons aim\u00e9 par le moyen de cette connaissance ; nous ressemblons cette fois aux petits oiseaux de la voli\u00e8re qui prennent plaisir \u00e0 \u00ab donner du plaisir \u00e0 leur ma\u00eetre \u00bb. Avec la contemplation l\u2019esprit humain parvient \u00e0 son sommet ; l\u2019auteur du <em>Trait\u00e9 de l\u2019amour de Dieu<\/em> dira que la raison \u00ab vivifie enfin l\u2019entendement m\u00eame par la contemplation \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Revenons \u00e0 l\u2019\u00e9tude, cette activit\u00e9 de l\u2019entendement qui nous int\u00e9resse plus particuli\u00e8rement. \u00ab C\u2019est un vieil axiome entre les philosophes, dit Fran\u00e7ois de Sales, que tout homme d\u00e9sire de savoir \u00bb. Reprenant \u00e0 son compte cette affirmation d\u2019Aristote ainsi que l\u2019exemple de Platon, il veut montrer que c\u2019est l\u00e0 un grand privil\u00e8ge. Ce qu\u2019il veut savoir, c\u2019est la v\u00e9rit\u00e9. La v\u00e9rit\u00e9 est plus belle que \u00ab cette fameuse H\u00e9l\u00e8ne, pour la beaut\u00e9 de laquelle moururent tant de Grecs et de Troyens \u00bb. L\u2019esprit est fait pour la recherche de la v\u00e9rit\u00e9 : \u00ab La v\u00e9rit\u00e9 est l\u2019objet de notre entendement, qui a, par cons\u00e9quent, tout son contentement \u00e0 d\u00e9couvrir et conna\u00eetre la v\u00e9rit\u00e9 des choses \u00bb. Quand l\u2019esprit trouve quelque chose de nouveau, il en ressent une joie intense, et quand on a commenc\u00e9 \u00e0 trouver quelque chose de beau, on est port\u00e9 \u00e0 poursuivre la recherche, \u00ab comme ceux qui ont trouv\u00e9 une mini\u00e8re d\u2019or fouillent toujours plus avant pour trouver davantage de ce tant d\u00e9sir\u00e9 m\u00e9tal \u00bb. La v\u00e9rit\u00e9 supr\u00eame \u00e9tant Dieu, c\u2019est la connaissance de Dieu qui est la science supr\u00eame qui remplit notre esprit. C\u2019est lui qui nous \u00ab a donn\u00e9 l\u2019entendement pour le conna\u00eetre \u00bb ; hors de lui, que de \u00ab pens\u00e9es vaines et cogitations inutiles \u00bb !<br><br><strong>Cultiver son intelligence<br><\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L\u2019homme se caract\u00e9rise par un grand d\u00e9sir de savoir. C\u2019est ce d\u00e9sir \u00ab qui fit sortir d\u2019Ath\u00e8nes et tant courir ce grand Platon \u00bb, et qui \u00ab fit renoncer ces anciens philosophes \u00e0 leurs commodit\u00e9s corporelles \u00bb. Certains vont m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 je\u00fbner \u00ab pour mieux \u00e9tudier \u00bb. C\u2019est que l\u2019\u00e9tude nous procure un plaisir intellectuel, sup\u00e9rieur aux plaisirs sensuels et difficile \u00e0 arr\u00eater : \u00ab L\u2019amour intellectuel trouvant en l\u2019union qu\u2019il fait \u00e0 son objet plus de contentement qu\u2019il n\u2019avait esp\u00e9r\u00e9, y perfectionnant sa connaissance, il la continue en s\u2019unissant et s\u2019unit toujours plus en la continuant \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il s\u2019agit de \u00ab bien \u00e9clairer l\u2019entendement \u00bb en s\u2019effor\u00e7ant de le \u00ab purger \u00bb des t\u00e9n\u00e8bres de l\u2019ignorance. Fran\u00e7ois de Sales insiste sur la valeur de l\u2019\u00e9tude et de l\u2019apprentissage : \u00ab \u00c9tudiez toujours de plus en plus, en esprit de diligence et d\u2019humilit\u00e9 \u00bb, \u00e9crivait-il \u00e0 un \u00e9tudiant. Mais il ne suffit pas de purger l\u2019entendement de ses ignorances, il faut aussi le \u00ab parer et orner \u00bb, le \u00ab tapisser de consid\u00e9rations \u00bb. Pour savoir parfaitement une chose, il faut bien apprendre, prendre du temps, en \u00ab assujettissant \u00bb l\u2019entendement, c\u2019est-\u00e0-dire en l\u2019obligeant \u00e0 se fixer sur une chose, avant de passer \u00e0 une autre.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le jeune Fran\u00e7ois appliquait son esprit non seulement aux \u00e9tudes et aux connaissances intellectuelles, mais aussi \u00e0 certains sujets essentiels \u00e0 la vie de l\u2019homme sur la terre, notamment \u00e0 la \u00ab consid\u00e9ration de la vanit\u00e9 des grandeurs, des richesses, des honneurs, des commodit\u00e9s et des volupt\u00e9s de ce monde \u00bb ; \u00e0 la \u00ab consid\u00e9ration de la laideur, de l\u2019abjection et de la d\u00e9plorable mis\u00e8re qui se retrouve au vice et au p\u00e9ch\u00e9 \u00bb et \u00e0 la \u00ab connaissance de l\u2019excellence de la vertu \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L\u2019esprit humain est souvent distrait, il oublie, il est superficiel, se contentant d\u2019une connaissance vague ou vaine. Par la m\u00e9ditation, non seulement des v\u00e9rit\u00e9s \u00e9ternelles, mais aussi des ph\u00e9nom\u00e8nes et des actions de ce monde, il devient capable d\u2019une vision plus r\u00e9aliste et plus profonde de la r\u00e9alit\u00e9. C\u2019est pourquoi les m\u00e9ditations que l\u2019auteur propose \u00e0 Philoth\u00e9e comportent une premi\u00e8re partie intitul\u00e9e \u00ab consid\u00e9rations \u00bb. Consid\u00e9rer veut dire appliquer son esprit \u00e0 un objet bien pr\u00e9cis, l\u2019examiner avec attention sous ses divers aspects. Fran\u00e7ois de Sales invite Philoth\u00e9e \u00e0 \u00ab penser \u00bb, \u00e0 \u00ab voir \u00bb, \u00e0 examiner les diff\u00e9rents \u00ab points \u00bb, dont certains m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre consid\u00e9r\u00e9es \u00ab \u00e0 part \u00bb. Il exhorte \u00e0 voir les choses en g\u00e9n\u00e9ral et \u00e0 descendre dans les cas particuliers. Il veut que l\u2019on examine les principes, les causes et les cons\u00e9quences de telle v\u00e9rit\u00e9 ou de telle situation, ainsi que les circonstances qui les accompagnent. Il faut aussi savoir \u00ab peser \u00bb certaines paroles ou sentences dont l\u2019importance risque de nous \u00e9chapper, les consid\u00e9rer une \u00e0 une, les comparer l\u2019une \u00e0 l\u2019autre.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Comme en toute chose, il peut y avoir des exc\u00e8s ou des d\u00e9formations dans le d\u00e9sir de savoir. Attention \u00e0 la vanit\u00e9 du faux savant : il en est en effet qui, \u00ab pour un peu de science, veulent \u00eatre honor\u00e9s et respect\u00e9s du monde, comme si chacun devait aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole chez eux et les tenir pour ma\u00eetres : c\u2019est pourquoi on les appelle p\u00e9dants \u00bb. Or, \u00ab la science nous d\u00e9shonore quand elle nous enfle et qu\u2019elle d\u00e9g\u00e9n\u00e8re en p\u00e9danterie \u00bb. Quel ridicule de vouloir instruire Minerve, la d\u00e9esse de la sagesse ! \u00ab La peste de la science est la pr\u00e9somption, laquelle rend les esprits enfl\u00e9s et hydropiques, ainsi que sont d\u2019ordinaire les savants du monde \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Quand notre esprit se pose sur des questions qui nous d\u00e9passent et qui sont du domaine des myst\u00e8res de la foi, il faut le \u00ab purger de toute curiosit\u00e9 \u00bb, il faut le \u00ab tenir clos et couvert \u00e0 telles vaines et sottes questions et curiosit\u00e9s \u00bb. C\u2019est la \u00ab puret\u00e9 d\u2019entendement \u00bb, \u00ab seconde modestie \u00bb ou \u00ab int\u00e9rieure modestie \u00bb. Enfin il faut savoir que l\u2019entendement peut se tromper et qu\u2019il existe des \u00ab p\u00e9ch\u00e9s de l\u2019entendement \u00bb, comme celui que Fran\u00e7ois de Sales reproche \u00e0 madame de Chantal qui s\u2019\u00e9tait tromp\u00e9e dans la trop grande estime qu\u2019elle avait de son directeur.<br><br><strong>La m\u00e9moire et ses \u00ab magasins \u00bb<br><\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Comme l\u2019entendement, la m\u00e9moire est une facult\u00e9 de l\u2019esprit qui suscite l\u2019admiration. Fran\u00e7ois de Sales la compare \u00e0 un magasin \u00ab qui vaut plus que tous ceux d\u2019Anvers ou de Venise \u00bb. Ne dit-on pas \u00ab emmagasiner \u00bb dans sa m\u00e9moire ? La m\u00e9moire est un soldat dont la fid\u00e9lit\u00e9 nous est bien utile. Elle est un don de Dieu, d\u00e9clare l\u2019auteur de l\u2019<em>Introduction<\/em> : Dieu vous l\u2019a donn\u00e9e, dit-il \u00e0 Philoth\u00e9e, \u00ab pour vous souvenir de lui \u00bb, l\u2019invitant \u00e0 fuir les \u00ab souvenirs d\u00e9testables et frivoles \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Cette facult\u00e9 de l\u2019esprit humain a besoin d\u2019entra\u00eenement. Quand il \u00e9tait \u00e9tudiant \u00e0 Padoue, le jeune Fran\u00e7ois exer\u00e7ait sa m\u00e9moire non seulement dans les \u00e9tudes, mais aussi dans sa vie spirituelle, o\u00f9 le souvenir des bienfaits re\u00e7us est un \u00e9l\u00e9ment primordial. C\u2019est par elle qu\u2019il faut commencer :<br><br><em>Avant toute autre chose, je t\u00e2cherai \u00e0 rafra\u00eechir ma m\u00e9moire de tous les bons mouvements, d\u00e9sirs, affections, r\u00e9solutions, projets, sentiments et douceurs qu\u2019autrefois la divine Majest\u00e9 m\u2019a inspir\u00e9s et fait exp\u00e9rimenter en la consid\u00e9ration de ses saints myst\u00e8res, de la beaut\u00e9 de la vertu, de la noblesse de son service et d\u2019une infinit\u00e9 de b\u00e9n\u00e9fices qu\u2019elle m\u2019a tr\u00e8s lib\u00e9ralement d\u00e9partis ; je mettrai ordre aussi \u00e0 me ramentevoir (souvenir) de l\u2019obligation que je lui ai de ce que, par sa sainte gr\u00e2ce, elle a quelquefois d\u00e9bilit\u00e9 mes sens en m\u2019envoyant certaines maladies et infirmit\u00e9s lesquelles m\u2019ont grandement profit\u00e9.<br><\/em><br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Dans les difficult\u00e9s et les craintes, il est indispensable de se servir de la m\u00e9moire pour \u00ab nous ressouvenir des promesses \u00bb et \u00ab demeurer fermes en cette confiance que tout p\u00e9rira plut\u00f4t que ces promesses viennent \u00e0 manquer \u00bb. Cependant, la m\u00e9moire du pass\u00e9 n\u2019est pas toujours bonne. En certaines circonstances exceptionnelles de la vie spirituelle, il \u00ab la faut purger de la souvenance des choses caduques et affaires mondaines \u00bb, oublier pour un temps les choses mat\u00e9rielles et temporelles, quoique bonnes et utiles. Dans le domaine moral, et pour exercer les vertus, la personne qui s\u2019est sentie offens\u00e9e prendra une mesure radicale : \u00ab J\u2019ai trop de m\u00e9moire des piques et injures, je la perdrai dor\u00e9navant \u00bb.<br><br><strong>\u00ab Il faut avoir l\u2019esprit juste et raisonnable \u00bb<br><\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Les capacit\u00e9s de l\u2019esprit humain, notamment de l\u2019entendement et de la m\u00e9moire, ne sont pas destin\u00e9es seulement aux prouesses intellectuelles, mais aussi et avant toute chose \u00e0 la conduite de la vie. Chercher \u00e0 comprendre l\u2019homme, \u00e0 comprendre la vie et \u00e0 d\u00e9finir les normes de comportement selon la raison, telle devrait \u00eatre une des t\u00e2ches fondamentales de l\u2019esprit humain et de son \u00e9ducation. La partie centrale de l\u2019<em>Introduction<\/em>, qui traite de \u00ab l\u2019exercice des vertus \u00bb, contient vers la fin un chapitre qui r\u00e9sume en quelque sorte l\u2019enseignement de Fran\u00e7ois de Sales sur les vertus : \u00ab Il faut avoir l\u2019esprit juste et raisonnable \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Avec finesse et un brin d\u2019humour, l\u2019auteur d\u00e9nonce nombre de conduites bizarres, folles ou simplement injustes : \u00ab Nous accusons pour peu le prochain, et nous nous excusons en beaucoup \u00bb ; \u00ab nous voulons vendre fort cher, et acheter \u00e0 bon march\u00e9 \u00bb ; \u00ab ce que nous faisons pour autrui nous semble toujours beaucoup, ce qu\u2019il fait pour nous n\u2019est rien \u00bb ; \u00ab nous avons un c\u0153ur doux, gracieux et courtois en notre endroit, et une c\u0153ur dur, s\u00e9v\u00e8re, rigoureux envers le prochain \u00bb ; \u00ab nous avons bien deux poids : l\u2019un pour peser nos commodit\u00e9s avec le plus d\u2019avantage que nous pouvons, l\u2019autre pour peser celles du prochain avec le plus de d\u00e9savantage qu\u2019il se peut \u00bb. Pour bien juger, conseille-t-il \u00e0 Philoth\u00e9e, il faut se mettre toujours \u00e0 la place du prochain : \u00ab Rendez-vous vendeuse en achetant et acheteuse en vendant \u00bb. On ne perd rien \u00e0 vivre \u00ab g\u00e9n\u00e9reusement, noblement, courtoisement, et avec un c\u0153ur royal, \u00e9gal et raisonnable \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 C\u2019est la raison qui est \u00e0 la base de l\u2019\u00e9difice de l\u2019\u00e9ducation. Certains parents n\u2019ont pas l\u2019esprit juste car \u00ab il y a des enfants vertueux que leurs p\u00e8res et m\u00e8res ne peuvent presque pas voir, pour quelque imperfection corporelle ; il y a des vicieux qui sont les favoris, pour quelque gr\u00e2ce corporelle \u00bb. Il y a des \u00e9ducateurs et des responsables qui se laissent aller \u00e0 des pr\u00e9f\u00e9rences. \u00ab Tenez bien la balance droite entre les filles \u00bb, recommandait-il \u00e0 une sup\u00e9rieure de la Visitation, afin que \u00ab les dons naturels ne vous fassent point distribuer iniquement vos affections et bons offices \u00bb. Il ajoutait m\u00eame : \u00ab La beaut\u00e9, la bonne gr\u00e2ce, le bien parler donnent souvent de grands attraits aux personnes qui vivent encore selon leurs inclinations; la charit\u00e9 regarde la vraie vertu et la beaut\u00e9 cordiale, et se r\u00e9pand sans particularit\u00e9 \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Mais c\u2019est la jeunesse surtout qui court les risques les plus grands, car si \u00ab l\u2019amour-propre nous d\u00e9traque ordinairement de la raison \u00bb, cela se v\u00e9rifie peut-\u00eatre davantage encore chez les jeunes tent\u00e9s par la vanit\u00e9 et l\u2019ambition. Fran\u00e7ois de Sales explique au jeune homme qui va \u00ab prendre la haute mer du monde \u00bb, la nature exacte de ces deux \u00e9cueils qu\u2019il va rencontrer :<br><br><em>Comme la vanit\u00e9 est un manquement de courage, qui, n\u2019ayant pas la force d\u2019entreprendre l\u2019acquisition de la vraie et solide louange, en veut et se contente d\u2019en avoir de la fausse et vide, aussi l\u2019ambition est un exc\u00e8s de courage qui nous porte \u00e0 pourchasser des gloires et honneurs sans et contre la r\u00e8gle de la raison. Ainsi, la vanit\u00e9 fait qu\u2019on s\u2019amuse \u00e0 ces fol\u00e2tres galanteries qui sont \u00e0 louange devant les femmes et autres esprits minces, et qui sont \u00e0 m\u00e9pris devant les grands courages et esprits relev\u00e9s ; et l\u2019ambition fait que l\u2019on veut avoir des honneurs avant que les avoir m\u00e9rit\u00e9s. C\u2019est elle qui nous fait mettre en compte pour nous, et \u00e0 trop haut prix, le bien de nos pr\u00e9d\u00e9cesseurs, et voudrions volontiers tirer notre estime de la leur.<br><\/em><br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La raison d\u2019un jeune homme risque de se perdre surtout quand celui-ci se laisse \u00ab embarrasser parmi les amourettes \u00bb. Attention donc, \u00e9crit l\u2019\u00e9v\u00eaque au jeune homme, \u00e0 ne \u00ab point permettre \u00e0 vos affections de pr\u00e9venir votre jugement et raison au choix des sujets aimables: car quand une fois l\u2019affection a pris course, elle tra\u00eene le jugement comme un esclave, \u00e0 des choix fort impertinents et dignes du repentir qui les suit par apr\u00e8s bient\u00f4t \u00bb. Il expliquait de m\u00eame aux religieuses de la Visitation que \u00ab nos entendements sont ordinairement si pleins de raisons, d\u2019opinions et de consid\u00e9rations sugg\u00e9r\u00e9es par l\u2019amour-propre que cela cause de grandes guerres en l\u2019\u00e2me \u00bb.<br><br><strong>La raison, source des quatre vertus cardinales<br><\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La raison ressemble au fleuve du paradis, \u00ab que Dieu fait sourdre pour arroser tout l\u2019homme en toutes ses facult\u00e9s et exercices \u00bb ; il se divise en quatre bras, qui correspondent aux quatre vertus que la tradition philosophique appelle les quatre vertus cardinales : la prudence, la justice, la force et la temp\u00e9rance. \u00ab Toutes les vertus sont vertus par la convenance ou conformit\u00e9 qu\u2019elles ont \u00e0 la raison ; et une action ne peut \u00eatre dite vertueuse si elle ne proc\u00e8de de l\u2019affection que le c\u0153ur porte \u00e0 l\u2019honn\u00eatet\u00e9 et beaut\u00e9 de la raison \u00bb. Et le chemin du bonheur passe par une vie vertueuse guid\u00e9e par la raison et caract\u00e9ris\u00e9e par ces quatre vertus.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La prudence \u00ab incline notre entendement \u00e0 v\u00e9ritablement discerner le mal qui doit \u00eatre \u00e9vit\u00e9, d\u2019avec le bien qui doit \u00eatre fait \u00bb. Attention aux passions qui risquent de d\u00e9former notre jugement en ruinant la prudence ! La prudence ne s\u2019oppose pas \u00e0 la simplicit\u00e9 : nous serons \u00e0 la fois \u00ab prudents comme le serpent, pour n\u2019\u00eatre pas d\u00e9\u00e7us (tromp\u00e9s) ; simples comme la colombe, pour ne point tromper personne \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La justice consiste \u00e0 \u00ab rendre \u00e0 Dieu, au prochain et \u00e0 soi-m\u00eame ce qu\u2019il est oblig\u00e9 \u00bb. \u00c0 Dieu nous rendons \u00ab la r\u00e9v\u00e9rence, hommage et soumission que nous lui devons comme \u00e0 notre souverain Seigneur et principe \u00bb. La justice envers les parents comporte le devoir de la pi\u00e9t\u00e9, laquelle \u00ab s\u2019\u00e9tend \u00e0 tous les offices qui se peuvent l\u00e9gitimement rendre, soit en honneur, soit en service \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La vertu de force sert \u00e0 \u00ab vaincre les difficult\u00e9s qu\u2019on sent \u00e0 faire le bien et repousser le mal \u00bb. C\u2019est elle qui gouverne \u00ab l\u2019app\u00e9tit irascible \u00bb. Elle est bien n\u00e9cessaire, parce que l\u2019app\u00e9tit sensuel est \u00ab un sujet rebelle, s\u00e9ditieux, remuant \u00bb. Quand la raison domine sur les passions, la col\u00e8re fait place \u00e0 la douceur, sa grande alli\u00e9e. Souvent, la force s\u2019accompagne de la magnanimit\u00e9, \u00ab une vertu qui nous porte et incline aux actions grandes et relev\u00e9es \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Enfin la temp\u00e9rance est indispensable \u00ab pour r\u00e9primer les inclinations insolentes de la sensualit\u00e9 \u00bb, elle gouverne \u00ab l\u2019app\u00e9tit de convoitise \u00bb et mod\u00e8re les passions. Si l\u2019\u00e2me se passionne trop pour la jouissance des cinq sens corporels, elle s\u2019abaisse et se rend incapable de jouissances plus hautes. La vigilance sur nos sens est donc de rigueur, principalement sur les deux sens du toucher et du go\u00fbt, qui sont \u00ab plus grossiers, brutaux et imp\u00e9tueux \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 En conclusion, ces quatre vertus sont comme des manifestations de cette lumi\u00e8re naturelle que nous fournit la raison. En pratiquant ces vertus, la raison fera \u00ab l\u2019exercice de sa sup\u00e9riorit\u00e9 et de l\u2019autorit\u00e9 qu\u2019elle a de ranger les app\u00e9tits sensuels \u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Saint Fran\u00e7ois de Sales pr\u00e9sente l&rsquo;esprit comme la partie la plus \u00e9lev\u00e9e de l&rsquo;\u00e2me, dirig\u00e9e&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":17,"featured_media":36441,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":108,"footnotes":""},"categories":[125],"tags":[2634,2554,2194,2221,1968,2022,2028],"class_list":["post-36448","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-nos-saints","tag-conciles","tag-dieu","tag-education","tag-formation","tag-saints","tag-vertus","tag-vie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/36448","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/17"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=36448"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/36448\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/36441"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=36448"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=36448"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=36448"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}