{"id":35719,"date":"2025-04-02T13:29:09","date_gmt":"2025-04-02T13:29:09","guid":{"rendered":"https:\/\/exciting-knuth.178-32-140-152.plesk.page\/?p=35719"},"modified":"2025-04-02T13:31:39","modified_gmt":"2025-04-02T13:31:39","slug":"don-elia-comini-pretre-martyr-a-monte-sole","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/nos-saints\/don-elia-comini-pretre-martyr-a-monte-sole\/","title":{"rendered":"Don Elia Comini : pr\u00eatre martyr \u00e0 Monte Sole"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Le 18 d\u00e9cembre 2024, le pape Fran\u00e7ois a officiellement reconnu le martyre de don Elia Comini (1910-1944), Sal\u00e9sien de Don Bosco, qui sera donc b\u00e9atifi\u00e9. Son nom s&rsquo;ajoute \u00e0 celui d&rsquo;autres pr\u00eatres &#8211; comme don Giovanni Fornasini, d\u00e9j\u00e0 Bienheureux depuis 2021 &#8211; qui ont \u00e9t\u00e9 victimes des violences nazies dans la r\u00e9gion de Monte Sole, sur les collines bolognaises, pendant la Seconde Guerre mondiale. La b\u00e9atification de don Elia Comini n&rsquo;est pas seulement un \u00e9v\u00e9nement d&rsquo;une importance extraordinaire pour l&rsquo;\u00c9glise bolognaise et la Famille Sal\u00e9sienne, mais constitue \u00e9galement un appel universel \u00e0 red\u00e9couvrir la valeur du t\u00e9moignage chr\u00e9tien, un t\u00e9moignage dans lequel la charit\u00e9, la justice et la compassion pr\u00e9valent sur toute forme de violence et de haine.<br><\/em><br><br><strong>De l&rsquo;Apennin aux cours sal\u00e9siennes<br><\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Don Elia (\u00c9lie) Comini na\u00eet le 7 mai 1910 \u00e0 \u00ab\u00a0Madonna del Bosco\u00a0\u00bb \u00e0 Calvenzano di Vergato, dans la province de Bologne. Sa maison natale est contigu\u00eb \u00e0 un petit sanctuaire marial, d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la \u00ab\u00a0Madonna del Bosco\u00a0\u00bb, et cette forte empreinte mariale l&rsquo;accompagnera toute sa vie.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il est le deuxi\u00e8me enfant de Claudio et Emma Limoni, qui se sont mari\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise paroissiale de Salvaro, le 11 f\u00e9vrier 1907. L&rsquo;ann\u00e9e suivante est n\u00e9 leur premier enfant, Amleto. Deux ans plus tard, Elia voit le jour. Baptis\u00e9 le jour suivant sa naissance &#8211; le 8 mai &#8211; \u00e0 la paroisse Sant&rsquo;Apollinare de Calvenzano, Elia re\u00e7oit ce jour-l\u00e0 \u00e9galement les noms de \u00ab\u00a0Michele\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Giuseppe\u00a0\u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00c0 l&rsquo;\u00e2ge de sept ans, la famille d\u00e9m\u00e9nage \u00e0 \u00ab\u00a0Casetta\u00a0\u00bb de Pioppe di Salvaro dans la commune de Grizzana. En 1916, Elia commence l&rsquo;\u00e9cole et fr\u00e9quente les trois premi\u00e8res classes de l&rsquo;\u00e9cole primaire \u00e0 Calvenzano. \u00c0 cette \u00e9poque, il fait \u00e9galement sa Premi\u00e8re Communion. Encore jeune, il se montre tr\u00e8s assidu au cat\u00e9chisme et aux c\u00e9l\u00e9brations liturgiques. Il re\u00e7oit la Confirmation le 29 juillet 1917. Entre 1919 et 1922, Elia apprend les premiers \u00e9l\u00e9ments de pastorale \u00e0 l\u2019\u00a0\u00bb\u00e9cole du feu\u00a0\u00bb de Mgr Fidenzio Mellini, qui, \u00e9tant jeune, avait connu don Bosco, qui lui avait proph\u00e9tis\u00e9 le sacerdoce. Aussi, en 1923, don Mellini oriente Elia et son fr\u00e8re Amleto vers les Sal\u00e9siens de Finale Emilia, et tous deux tireront profit du charisme p\u00e9dagogique du saint des jeunes, Amleto en tant qu&rsquo;enseignant et \u00ab\u00a0entrepreneur\u00a0\u00bb dans le domaine de l&rsquo;\u00e9cole ; Elia en tant que Sal\u00e9sien de Don Bosco.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Novice \u00e0 partir du 1<sup>er<\/sup> octobre 1925 \u00e0 San Lazzaro di Savena, Elia Comini devient orphelin \u00e0 la mort de son p\u00e8re le 14 septembre 1926, \u00e0 quelques jours (3 octobre 1926) de sa Premi\u00e8re Profession religieuse qu&rsquo;il renouvellera jusqu&rsquo;\u00e0 la Perp\u00e9tuelle, le 8 mai 1931, anniversaire de son bapt\u00eame, \u00e0 l&rsquo;Institut \u00ab\u00a0San Bernardino\u00a0\u00bb de Chiari. C\u2019est \u00e9galement \u00e0 Chiari qu\u2019il fera son stage pratique \u00e0 l&rsquo;Institut Sal\u00e9sien \u00ab\u00a0Rota\u00a0\u00bb. Il re\u00e7oit le 23 d\u00e9cembre 1933 les ordres mineurs de portier et de lecteur ; ceux d\u2019exorciste et d\u2019acolyte le 22 f\u00e9vrier 1934. Il est sous-diacre le 22 septembre 1934. Ordonn\u00e9 diacre dans la cath\u00e9drale de Brescia le 22 d\u00e9cembre 1934, don Elia est consacr\u00e9 pr\u00eatre par l&rsquo;imposition des mains de l&rsquo;\u00c9v\u00eaque de Brescia, Mgr Giacinto Tredici, le 16 mars 1935, \u00e0 seulement 24 ans. Le lendemain, il c\u00e9l\u00e8bre sa Premi\u00e8re Messe \u00e0 l&rsquo;Institut sal\u00e9sien \u00ab\u00a0San Bernardino\u00a0\u00bb de Chiari. Le 28 juillet 1935, il f\u00eatera son sacerdoce avec une Messe \u00e0 Salvaro.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Inscrit \u00e0 la facult\u00e9 de Lettres Classiques et de Philosophie de l&rsquo;ancienne Regia Universit\u00e0 de Milan, il est toujours tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9 des \u00e9l\u00e8ves, tant comme enseignant que comme p\u00e8re et guide spirituel. Son caract\u00e8re, s\u00e9rieux mais sans rigidit\u00e9, lui vaut estime et confiance. Don Elia est \u00e9galement un fin musicien et humaniste, qui appr\u00e9cie et sait faire appr\u00e9cier les \u00ab\u00a0choses belles\u00a0\u00bb. Dans les compositions \u00e9crites, beaucoup de ses \u00e9l\u00e8ves, tout en faisant leurs devoirs, trouvent naturel d&rsquo;ouvrir leur c\u0153ur \u00e0 don Elia, lui fournissant ainsi l&rsquo;occasion de les accompagner et de les orienter. De don Elia \u00ab\u00a0Sal\u00e9sien\u00a0\u00bb, on dira qu&rsquo;il \u00e9tait comme la poule avec ses poussins (\u00ab <em>On lisait sur leur visage toute la joie de l&rsquo;\u00e9couter\u00a0; ils semblaient une couv\u00e9e de poussins autour de la m\u00e8re poule<\/em> \u00bb) : tous proches de lui ! Cette image rappelle celle de Mt 23,37 et exprime son aptitude \u00e0 rassembler les gens pour les r\u00e9jouir et les prot\u00e9ger.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Don Elia obtient son dipl\u00f4me le 17 novembre 1939 en Lettres Classiques avec une th\u00e8se sur le <em>De resurrectione carnis<\/em> de Tertullien, sous la direction du professeur Luigi Castiglioni (latiniste de renom et co-auteur d&rsquo;un c\u00e9l\u00e8bre dictionnaire de latin, le \u00ab\u00a0Castiglioni-Mariotti\u00a0\u00bb). En commentant les mots \u00ab <em>resurget igitur caro<\/em> \u00bb, Elia comprend qu&rsquo;il s&rsquo;agit du chant de victoire apr\u00e8s une bataille longue et \u00e9puisante.<br><br><strong>Un voyage sans retour<br><\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Lorsque son fr\u00e8re Amleto d\u00e9m\u00e9nage en Suisse, laissant sa m\u00e8re Emma Limoni seule dans l&rsquo;Apennin, don Elia, en pleine entente avec les Sup\u00e9rieurs, lui consacrera chaque ann\u00e9e ses vacances. Lorsqu&rsquo;il rentrait chez lui, il aidait sa m\u00e8re mais comme pr\u00eatre il se rendait avant tout disponible dans la pastorale locale, en accompagnant Mgr Mellini.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 En accord avec ses Sup\u00e9rieurs et en particulier avec le Provincial, don Francesco Rastello, don Elia retourne \u00e0 Salvaro \u00e9galement durant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1944. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, il esp\u00e8re pouvoir \u00e9loigner sa m\u00e8re d&rsquo;une zone o\u00f9 la pr\u00e9sence \u00e0 courte distance de forces Alli\u00e9es, de Partisans et d\u2019effectifs nazi-fascistes constituait une situation de risque particulier. Don Elia est conscient du danger qu&rsquo;il court en laissant sa Treviglio pour se rendre \u00e0 Salvaro. Un de ses confr\u00e8res, don Giuseppe Bertolli, se souvient : \u00ab <em>En le saluant, je lui ai dit qu&rsquo;un voyage comme le sien pourrait aussi \u00eatre sans retour ; je lui ai aussi demand\u00e9, bien s\u00fbr en plaisantant, ce qu&rsquo;il me laisserait s&rsquo;il ne revenait pas ; il m&rsquo;a r\u00e9pondu sur le m\u00eame ton, qu&rsquo;il me laisserait ses livres&#8230; ; puis je ne l&rsquo;ai plus jamais revu<\/em> \u00bb. Don Elia \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 conscient de se diriger vers \u00ab\u00a0l&rsquo;\u0153il du cyclone\u00a0\u00bb. Il ne chercha pas dans la maison sal\u00e9sienne (o\u00f9 il aurait facilement pu rester) une forme de protection : <em>\u00ab Le dernier souvenir que j&rsquo;ai de lui remonte \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1944, lorsque, en raison de la guerre, la Communaut\u00e9 a commenc\u00e9 \u00e0 se dissoudre. J&rsquo;entends encore les bons mots que je lui adressais, presque en plaisantant, pour lui rappeler qu&rsquo;en cette sombre p\u00e9riode qui s\u2019annon\u00e7ait, il devrait se sentir privil\u00e9gi\u00e9, car sur le toit de l&rsquo;Institut, une croix blanche avait \u00e9t\u00e9 trac\u00e9e et personne n&rsquo;aurait eu le courage de le bombarder. Mais lui, comme un proph\u00e8te, me r\u00e9pondit de faire bien attention, car pendant les vacances, j\u2019aurais pu lire dans les journaux que Don Elia Comini \u00e9tait mort h\u00e9ro\u00efquement dans l&rsquo;accomplissement de son devoir \u00bb. \u00ab L&rsquo;impression du danger auquel il s&rsquo;exposait \u00e9tait vive chez tous \u00bb<\/em>, a comment\u00e9 un confr\u00e8re.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Pendant le voyage vers Salvaro, don Comini s&rsquo;arr\u00eate \u00e0 Mod\u00e8ne, o\u00f9 il se blesse gravement \u00e0 une jambe, selon une reconstruction, en s&rsquo;interposant entre un v\u00e9hicule et un passant, \u00e9vitant ainsi un accident plus grave ; selon une autre, en aidant un homme \u00e0 pousser un chariot. Quoi qu&rsquo;il en soit, ce fut pour avoir secouru son prochain. Dietrich Bonhoeffer a \u00e9crit : <em>\u00ab Quand un fou lance sa voiture sur le trottoir, je ne peux pas me contenter, en tant que pasteur, d&rsquo;enterrer les morts et de consoler les familles. Si je me trouve \u00e0 cet endroit, je dois sauter et saisir le conducteur \u00e0 son volant \u00bb.<br><\/em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 En ce sens, l&rsquo;\u00e9pisode de Mod\u00e8ne r\u00e9v\u00e8le chez don Elia un comportement qui se manifestera encore bien mieux \u00e0 Salvaro, dans les mois suivants : s&rsquo;interposer, servir de m\u00e9diateur, intervenir personnellement, exposer sa propre vie pour ses fr\u00e8res, toujours conscient du risque que cela implique et sereinement dispos\u00e9 \u00e0 en payer les cons\u00e9quences.<br><br><strong>Un pasteur sur le front de guerre<br><\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Boitant, il arrive \u00e0 Salvaro au soir du 24 juin 1944, appuy\u00e9 comme il peut sur une canne, instrument inhabituel pour un jeune de 34 ans ! Il trouve la cure transform\u00e9e. Mgr Mellini y accueille des dizaines de personnes, appartenant \u00e0 des familles de d\u00e9plac\u00e9s, ainsi que les 5 religieuses Ancelles du Sacr\u00e9-C\u0153ur, responsables de la cr\u00e8che, dont s\u0153ur Alberta Taccini. \u00c2g\u00e9, fatigu\u00e9 et secou\u00e9 par les \u00e9v\u00e9nements de guerre, cet \u00e9t\u00e9-l\u00e0, Mgr Fidenzio Mellini a du mal \u00e0 d\u00e9cider, il est devenu plus fragile et incertain. Don Elia, qui le conna\u00eet depuis l&rsquo;enfance, commence \u00e0 l&rsquo;aider en tout et prend un peu en main la situation. La blessure \u00e0 la jambe l&#8217;emp\u00eache \u00e9galement d\u2019\u00e9vacuer sa m\u00e8re. Don Elia reste \u00e0 Salvaro et, lorsqu&rsquo;il peut \u00e0 nouveau bien marcher, les nouvelles conditions et les besoins pastoraux croissants feront qu&rsquo;il reste sur place.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Don Elia revitalise la pastorale, suit le cat\u00e9chisme, s&rsquo;occupe des orphelins abandonn\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames. Il accueille \u00e9galement les d\u00e9plac\u00e9s, encourage les craintifs, mod\u00e8re les imprudents. La pr\u00e9sence de don Elia devient un facteur d&rsquo;unit\u00e9, un bon signe dans ces moments dramatiques o\u00f9 les relations humaines sont d\u00e9chir\u00e9es par des soup\u00e7ons et des oppositions. Il met au service de toutes les personnes ses capacit\u00e9s d\u2019organisateur et son intelligence pratique acquises au cours d&rsquo;ann\u00e9es de vie sal\u00e9sienne. Il \u00e9crit \u00e0 son fr\u00e8re Amleto : <em>\u00ab Certes, ce sont des moments dramatiques, et des moments pires sont \u00e0 pr\u00e9voir. Esp\u00e9rons tout dans la gr\u00e2ce de Dieu et dans la protection de la Vierge, que vous devez invoquer pour nous. J&rsquo;esp\u00e8re pouvoir vous donner encore de nos nouvelles \u00bb.<br><\/em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Les Allemands de la Wehrmacht occupent la zone et, sur les hauteurs, se trouve la brigade des partisans \u00ab\u00a0Stella Rossa\u00a0\u00bb. Don Elia Comini reste une figure \u00e9trang\u00e8re \u00e0 toute revendication ou esprit partisan : c&rsquo;est un pr\u00eatre et il fait valoir des exigences de prudence et de pacification. Aux partisans, il disait : \u00ab <em>Regardez ce que vous faites, les gars, car vous ruinez la population&#8230;<\/em> \u00bb, ce qui l&rsquo;exposait \u00e0 des repr\u00e9sailles. Ils le respectent et, en juillet et septembre 1944, ils demanderont des Messes dans la paroisse de Salvaro. Don Elia accepte, fait descendre les partisans et c\u00e9l\u00e8bre sans se cacher, mais il \u00e9vite de monter dans le refuge des partisans, pr\u00e9f\u00e9rant &#8211; comme il le fera toujours cet \u00e9t\u00e9-l\u00e0 &#8211; rester \u00e0 Salvaro ou dans des zones limitrophes, sans se cacher ni glisser dans des attitudes \u00ab\u00a0ambigu\u00ebs\u00a0\u00bb aux yeux des nazi-fascistes.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le 27 juillet, don Elia Comini \u00e9crit les derni\u00e8res lignes de son <em>Journal spirituel<\/em> : \u00ab <em>27 juillet. Je me trouve vraiment au milieu de la guerre. J&rsquo;ai la nostalgie de mes confr\u00e8res et de ma maison de Treviglio ; si je pouvais, j\u2019y retournerais demain<\/em> \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Depuis le 20 juillet, il vivait en fraternit\u00e9 sacerdotale avec le p\u00e8re Martino Capelli, Dehonien, n\u00e9 le 20 septembre 1912 \u00e0 Nembro dans la province de Bergame, professeur d\u2019\u00c9criture Sainte auparavant \u00e0 Bologne, lui aussi h\u00f4te de Mgr Mellini et auxiliaire en pastorale.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Elia et Martino sont deux hommes adonn\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tude des langues anciennes qui doivent maintenant s&rsquo;occuper de choses pratiques et mat\u00e9rielles. La cure de Mgr Mellini devient ce que Mgr Luciano Gherardi a ensuite appel\u00e9 \u00ab la communaut\u00e9 de l&rsquo;arche \u00bb, une maison qui accueille pour sauver. Le p\u00e8re Martino \u00e9tait un religieux qui s&rsquo;\u00e9tait enflamm\u00e9 en entendant parler des martyrs mexicains et aurait souhait\u00e9 \u00eatre missionnaire en Chine. Elia, depuis son jeune \u00e2ge, est poursuivi par une \u00e9trange conviction de \u00ab devoir mourir \u00bb. D\u00e9j\u00e0 \u00e0 17 ans, il avait \u00e9crit : \u00ab <em>La pens\u00e9e qui persiste toujours en moi est que je dois mourir ! \u2013 Qui sait ?! Faisons comme le serviteur fid\u00e8le : toujours pr\u00eat \u00e0 l&rsquo;appel, \u00e0 \u201creddere rationem\u201d de la gestion<\/em> \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le 24 juillet, don Elia commence le cat\u00e9chisme pour les enfants en pr\u00e9paration aux premi\u00e8res communions, pr\u00e9vues pour le 30 juillet. Le 25, une petite fille na\u00eet dans le baptist\u00e8re (tous les espaces, de la sacristie au poulailler, \u00e9taient bond\u00e9s) et on accroche un ruban rose.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Pendant tout le mois d&rsquo;ao\u00fbt 1944, des soldats de la Wehrmacht stationnent pr\u00e8s de la cure de Mgr Mellini et sur la place. La tension entre Allemands, personnes d\u00e9plac\u00e9es et consacr\u00e9s pouvait \u00e9clater \u00e0 tout moment. Don Elia sert de m\u00e9diateur et intervient m\u00eame pour de petites choses, par exemple en faisant \u00ab amortisseur \u00bb entre le volume trop \u00e9lev\u00e9 de la radio des Allemands et la patience d\u00e9sormais trop courte de Mgr Mellini. On r\u00e9cita aussi un peu de chapelet tous ensemble. Don Angelo Carboni confirme : \u00ab <em>Dans l&rsquo;intention toujours de r\u00e9conforter Monseigneur, don Elia s&rsquo;effor\u00e7a beaucoup contre la r\u00e9sistance d&rsquo;une compagnie d&rsquo;Allemands qui, s&rsquo;\u00e9tant install\u00e9s \u00e0 Salvaro le 1<sup>er <\/sup>ao\u00fbt, voulait occuper diff\u00e9rents espaces de la cure en enlevant toute libert\u00e9 et commodit\u00e9 aux familles et d\u00e9plac\u00e9s h\u00e9berg\u00e9s l\u00e0. Quand les Allemands se furent install\u00e9s dans le bureau de Monseigneur, les voil\u00e0 de nouveau \u00e0 d\u00e9ranger et \u00e0 occuper avec leurs chars une bonne partie de la place de l&rsquo;\u00c9glise. Gr\u00e2ce \u00e0 ses bons offices et \u00e0 ses paroles persuasives, don Elia obtint aussi cette autre lib\u00e9ration au grand soulagement de Monseigneur, que l&rsquo;oppression due \u00e0 la lutte continuelle avait contraint au repos<\/em> \u00bb. Pendant ces semaines, le pr\u00eatre sal\u00e9sien est ferme dans la protection du droit de Mgr Mellini \u00e0 se d\u00e9placer avec une certaine aisance dans sa propre maison, et de celui des r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 ne pas \u00eatre \u00e9loign\u00e9s de la cure. Cependant, il reconna\u00eet certaines exigences des hommes de la Wehrmacht et cela attire leur bienveillance envers Mgr Mellini que les soldats allemands apprendront \u00e0 appeler <em>le bon pasteur<\/em>. Don Elia obtient des Allemands de la nourriture pour les r\u00e9fugi\u00e9s. De plus, il chante pour calmer les enfants et raconte des \u00e9pisodes de la vie de don Bosco. Durant cet \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par des meurtres et des repr\u00e9sailles, certains civils parviennent m\u00eame avec don Elia \u00e0 aller \u00e9couter un peu de musique, manifestement diffus\u00e9e par l&rsquo;appareil des Allemands, et \u00e0 communiquer avec les soldats par des signes. Don Rino Germani sdb, vice-postulateur de la Cause, affirme : \u00ab <em>Entre les deux forces en lutte s&rsquo;ins\u00e8re l&rsquo;\u0153uvre infatigable et m\u00e9diatrice du Serviteur de Dieu. Quand il le faut, il se pr\u00e9sente au Commandement allemand et gr\u00e2ce \u00e0 son \u00e9ducation et \u00e0 sa pr\u00e9paration, il parvient \u00e0 gagner l&rsquo;estime de quelques officiers. C\u2019est ainsi qu\u2019il obtient plusieurs fois d&rsquo;\u00e9viter des repr\u00e9sailles, des pillages et des deuils<\/em> \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Lib\u00e9r\u00e9e de la pr\u00e9sence fixe de la Wehrmacht le 1<sup>er<\/sup> septembre 1944 \u2013 \u00ab <em>Le 1<sup>er <\/sup>septembre, les Allemands laiss\u00e8rent libre la zone de Salvaro, seuls quelques-uns rest\u00e8rent encore quelques jours dans la maison Fabbri <\/em>\u00bb \u2013 les gens de Salvaro peuvent pousser un soupir de soulagement. Don Elia Comini pers\u00e9v\u00e8re entre-temps dans ses initiatives apostoliques, aid\u00e9 par les autres pr\u00eatres et les s\u0153urs. Alors que le p\u00e8re Martino accepte des invitations \u00e0 pr\u00eacher ailleurs et va en montagne, o\u00f9 ses cheveux blonds lui causent de gros ennuis avec les partisans qui le soup\u00e7onnent d&rsquo;\u00eatre Allemand, don Elia reste essentiellement s\u00e9dentaire. Le 8 septembre, il \u00e9crit au directeur sal\u00e9sien de la Maison de Treviglio : \u00ab <em>Je te laisse imaginer notre \u00e9tat d&rsquo;esprit en ce moment. Nous avons travers\u00e9 des journ\u00e9es tr\u00e8s sombres et dramatiques. [\u2026] Ma pens\u00e9e est toujours avec toi et avec les chers confr\u00e8res de l\u00e0-bas. Je ressens une vive nostalgie [\u2026] <\/em>\u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le 11, il pr\u00eache la retraite aux S\u0153urs sur le th\u00e8me des fins derni\u00e8res, des v\u0153ux religieux et de la vie du Seigneur J\u00e9sus. Toute la population, a d\u00e9clar\u00e9 une religieuse, aimait Don Elia, surtout parce qu&rsquo;il n&rsquo;h\u00e9sitait pas \u00e0 se d\u00e9penser pour tous et \u00e0 tout moment. Il ne demandait pas seulement aux gens de prier, mais il \u00e9tait pour eux un exemple de pi\u00e9t\u00e9 et aussi d&rsquo;apostolat dans la mesure o\u00f9 il pouvait l\u2019exercer, compte tenu des circonstances.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L&rsquo;exp\u00e9rience de la retraite imprime \u00e0 toute la semaine une dynamique diff\u00e9rente et implique transversalement les personnes consacr\u00e9es et les la\u00efcs. Le soir, en effet, don Elia rassemblait 80-90 personnes : on cherchait \u00e0 abaisser la tension avec un peu de joie, le bon exemple et la charit\u00e9. Pendant tous ces mois, lui et le p\u00e8re Martino, avec d&rsquo;autres pr\u00eatres, en particulier don Giovanni Fornasini, se trouvaient en premi\u00e8re ligne dans de nombreuses \u0153uvres de charit\u00e9.<br><br><strong><em>Le massacre de Montesole<br><\/em><\/strong><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La tuerie la plus effroyable et la plus grande commise par les SS nazis en Europe, au cours de la guerre de 1939-1945, est celle qui s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9e autour de Monte Sole, dans les communes de Marzabotto, Grizzana Morandi et Monzuno, bien qu&rsquo;elle soit commun\u00e9ment connue sous le nom de \u00ab\u00a0massacre de Marzabotto\u00a0\u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Entre le 29 septembre et le 5 octobre 1944, les morts furent 770, mais au total, les victimes des Allemands et des fascistes, du printemps 1944 \u00e0 la lib\u00e9ration, furent 955, r\u00e9parties dans 115 localit\u00e9s diff\u00e9rentes \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;un vaste territoire comprenant les communes de Marzabotto, Grizzana et Monzuno et certaines portions des communes voisines. Parmi ces victimes, 216 \u00e9taient des enfants, 316 des femmes, 142 des personnes \u00e2g\u00e9es, 138 des victimes reconnues comme des partisans, cinq des pr\u00eatres, dont la faute aux yeux des Allemands consistait \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 proches, par la pri\u00e8re et l&rsquo;aide mat\u00e9rielle, de toute la population de Monte Sole pendant les tragiques mois de guerre et d&rsquo;occupation militaire. Avec don Elia Comini, Sal\u00e9sien, et le p\u00e8re Martino Capelli, Dehonien, trois pr\u00eatres de l&rsquo;Archidioc\u00e8se de Bologne furent \u00e9galement tu\u00e9s durant ces jours tragiques : don Ubaldo Marchioni, don Ferdinando Casagrande, don Giovanni Fornasini. Pour tous les cinq, la Cause de B\u00e9atification et de Canonisation est en cours. Don Giovanni, l&rsquo;\u201cAnge de Marzabotto\u201d, tomba le 13 octobre 1944. Il avait vingt-neuf ans et son corps resta sans s\u00e9pulture jusqu&rsquo;en 1945, lorsqu&rsquo;il fut retrouv\u00e9 tout martyris\u00e9 ; il a \u00e9t\u00e9 b\u00e9atifi\u00e9 le 26 septembre 2021. Don Ubaldo mourut le 29 septembre, tu\u00e9 par une mitrailleuse sur la marche de l&rsquo;autel de son \u00e9glise de Casaglia ; il avait 26 ans, ayant \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9 pr\u00eatre deux ans auparavant. Les soldats allemands le trouv\u00e8rent, lui et la communaut\u00e9, en train de prier le chapelet. Il fut tu\u00e9 l\u00e0, aux pieds de l&rsquo;autel\u00a0; les autres \u2013 plus de 70 \u2013 dans le cimeti\u00e8re voisin. Don Ferdinando fut tu\u00e9, le 9 octobre, d&rsquo;une balle dans la nuque, avec sa s\u0153ur Giulia ; il avait 26 ans.<br><\/em><br><strong>De la Wehrmacht aux SS<br><\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le 25 septembre, la Wehrmacht quitte la zone et c\u00e8de le commandement aux SS du 16<sup>e<\/sup> Bataillon de la Seizi\u00e8me Division Blind\u00e9e \u201cReichsf\u00fchrer \u2013 SS\u201d, une Division qui inclut des \u00e9l\u00e9ments SS \u201cTotenkopf \u2013 T\u00eate de mort\u201d et \u00e9tait pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d&rsquo;une tra\u00een\u00e9e de sang. Elle a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sente \u00e0 Sant\u2019Anna di Stazzema (Lucca) le 12 ao\u00fbt 1944 ; \u00e0 San Terenzo Monti (Massa-Carrara, en Lunigiana) le 17 de ce mois ; \u00e0 Vinca et dans les environs (Massa-Carrara, en Lunigiana aux pieds des Alpes Apuanes) du 24 au 27 ao\u00fbt.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le 25 septembre, les SS \u00e9tablissent le \u201cHaut commandement\u201d \u00e0 Sibano. Le 26 septembre, ils se rendent \u00e0 Salvaro, o\u00f9 se trouve \u00e9galement don Elia, une zone en dehors de l&rsquo;aire d&rsquo;influence imm\u00e9diate des partisans. La duret\u00e9 des commandants dans le m\u00e9pris total de la vie humaine, l&rsquo;habitude de mentir sur le sort des civils et la structure paramilitaire \u2013 qui recourait volontiers \u00e0 des techniques de \u201cterre br\u00fbl\u00e9e\u201d, au m\u00e9pris de tout code de guerre ou l\u00e9gitimit\u00e9 des ordres donn\u00e9s d&rsquo;en haut \u2013 en faisaient un escadron de la mort qui ne laissait rien d&rsquo;intact sur son passage. Certains avaient re\u00e7u une formation explicitement fond\u00e9e sur les camps de concentration et l\u2019\u00e9limination, et dont les objectifs \u00e9taient la suppression de la vie \u00e0 des fins id\u00e9ologiques ; la haine envers ceux qui professaient la foi jud\u00e9o-chr\u00e9tienne ; le m\u00e9pris pour les petits, les pauvres, les vieillards et les faibles ; la pers\u00e9cution de ceux qui s&rsquo;opposaient aux aberrations du national-socialisme. Il y avait un v\u00e9ritable cat\u00e9chisme antichr\u00e9tien et anticatholique dont les jeunes SS \u00e9taient impr\u00e9gn\u00e9s.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab <em>Quand on pense que la jeunesse nazie \u00e9tait form\u00e9e dans le m\u00e9pris de la personnalit\u00e9 humaine des Juifs et des autres races \u201cnon \u00e9lues\u201d, dans le culte fanatique d&rsquo;une pr\u00e9tendue sup\u00e9riorit\u00e9 nationale absolue, dans le mythe de la violence cr\u00e9atrice et des \u201cnouvelles armes\u201d apportant la justice dans le monde, on comprend o\u00f9 se trouvaient les racines des aberrations, rendues plus faciles par l&rsquo;atmosph\u00e8re de guerre et la peur d&rsquo;une d\u00e9faite d\u00e9cevante<\/em> \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Don Elia Comini, aid\u00e9 par le p\u00e8re Capelli, accourt pour r\u00e9conforter, rassurer, exhorter. Il d\u00e9cide d&rsquo;accueillir en presbyt\u00e8re surtout les survivants des familles dans lesquelles les Allemands avaient tu\u00e9 par repr\u00e9sailles. Ce faisant, il soustrait les survivants au danger de trouver la mort peu apr\u00e8s, mais surtout il les arrache, du moins dans la mesure du possible, \u00e0 cette spirale de solitude, de d\u00e9sespoir et de perte de volont\u00e9 de vivre qui aurait pu se traduire m\u00eame en d\u00e9sir de mort. Il r\u00e9ussit \u00e9galement \u00e0 parler aux Allemands et, au moins une fois, \u00e0 dissuader les SS de leur projet, en les faisant passer plus loin, ce qui permit par la suite d\u2019avertir les r\u00e9fugi\u00e9s de sortir de leur cachette.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le Vice-postulateur, don Rino Germani sdb, \u00e9crivait : \u00ab <em>Arrive don Elia. Il les rassure. Il leur dit de venir dehors, car les Allemands sont partis. Il parle avec les Allemands et les fait passer plus loin<\/em> \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Paolo Calanchi, un homme \u00e0 la conscience irr\u00e9prochable, commet l&rsquo;erreur de ne pas fuir. Don Elia accourt pour emp\u00eacher les flammes d\u2019attaquer son corps\u00a0; il tente au moins d&rsquo;honorer sa d\u00e9pouille n&rsquo;\u00e9tant pas arriv\u00e9 \u00e0 temps pour lui sauver la vie : \u00ab <em>Le corps de Paolino est sauv\u00e9 des flammes justement par don Elia qui, au risque de sa vie, le recueille et le transporte avec un petit chariot \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise de Salvaro<\/em> \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La fille de Paolo Calanchi a t\u00e9moign\u00e9 : \u00ab <em>Mon p\u00e8re \u00e9tait un homme bon et honn\u00eate [\u00ab en temps de carte de rationnement et de famine, il donnait du pain \u00e0 ceux qui n&rsquo;en avaient pas \u00bb] et avait refus\u00e9 de fuir, se sentant tranquille envers tous. Il fut tu\u00e9 par les Allemands, fusill\u00e9, par repr\u00e9sailles. Plus tard, la maison fut \u00e9galement incendi\u00e9e, mais le corps de mon p\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9 des flammes justement par don Comini, qui, au risque de sa propre vie, l&rsquo;avait recueilli et transport\u00e9 sur un petit chariot \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise de Salvaro, o\u00f9, dans un cercueil qu&rsquo;il avait construit avec des planches de r\u00e9cup\u00e9ration, il fut inhum\u00e9 dans le cimeti\u00e8re. Ainsi, gr\u00e2ce au courage de Don Comini et, tr\u00e8s probablement, aussi du P\u00e8re Martino, \u00e0 la fin de la guerre, ma m\u00e8re et moi avons pu retrouver et faire transporter le cercueil de notre cher d\u00e9funt dans le cimeti\u00e8re de Vergato, avec celui de mon fr\u00e8re Gianluigi, mort 40 jours apr\u00e8s en traversant le front<\/em> \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Une fois, don Elia avait dit de la Wehrmacht : <em>\u00ab Nous devons aimer aussi ces Allemands qui viennent nous d\u00e9ranger \u00bb. \u00ab Il aimait tout le monde sans pr\u00e9f\u00e9rence \u00bb<\/em>. Le minist\u00e8re de don Elia fut tr\u00e8s pr\u00e9cieux pour Salvaro et pour toutes les personnes d\u00e9plac\u00e9es en ces jours-l\u00e0. Des t\u00e9moins ont d\u00e9clar\u00e9 : \u00ab <em>Don Elia a \u00e9t\u00e9 notre chance car nous avions un Cur\u00e9 trop \u00e2g\u00e9 et faible. Toute la population savait que Don Elia avait cet int\u00e9r\u00eat pour nous ; Don Elia a aid\u00e9 tout le monde. On peut dire que nous le voyions tous les jours. Il disait la Messe, mais ensuite il \u00e9tait souvent sur le parvis de l&rsquo;\u00e9glise \u00e0 regarder : les Allemands \u00e9taient en bas, vers le Reno ; les partisans venaient de la montagne, vers la Creda. Une fois, par exemple, (quelques jours avant le 26), les partisans sont venus. Nous sortions de l&rsquo;\u00e9glise de Salvaro et il y avait les partisans l\u00e0, tous arm\u00e9s ; et Don Elia insistait tellement pour qu&rsquo;ils s&rsquo;en aillent, pour \u00e9viter des ennuis. Ils l&rsquo;\u00e9cout\u00e8rent et s&rsquo;en all\u00e8rent. Probablement, s&rsquo;il n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 l\u00e0, ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 ensuite serait arriv\u00e9 beaucoup plus t\u00f4t \u00bb ; \u00ab D&rsquo;apr\u00e8s ce que je sais, Don Elia \u00e9tait l&rsquo;\u00e2me de la situation, car avec sa personnalit\u00e9, il savait tenir en main tant de choses qui, en ces moments dramatiques, \u00e9taient d&rsquo;une importance vitale <\/em>\u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Bien qu&rsquo;il f\u00fbt un jeune pr\u00eatre, don Elia Comini \u00e9tait fiable. Cette fiabilit\u00e9, associ\u00e9e \u00e0 une profonde droiture, l&rsquo;accompagnait depuis toujours, m\u00eame depuis qu&rsquo;il \u00e9tait s\u00e9minariste, comme le montre ce t\u00e9moignage : \u00ab <em>Je l&rsquo;ai eu quatre ans au Rota, de 1931 \u00e0 1935, et, bien qu&rsquo;il f\u00fbt encore s\u00e9minariste, <strong>il m&rsquo;a donn\u00e9 une aide que j&rsquo;aurais difficilement trouv\u00e9e chez un autre<\/strong> confr\u00e8re m\u00eame \u00e2g\u00e9<\/em> \u00bb.<br><br><strong>Le triduum de la passion<br><\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La situation se d\u00e9t\u00e9riore cependant apr\u00e8s quelques jours, le matin du 29 septembre, lorsque les SS commettent un terrible massacre \u00e0 l&rsquo;endroit appel\u00e9 \u00ab\u00a0Creda\u00a0\u00bb. Le signal du d\u00e9but du massacre est une fus\u00e9e blanche, puis rouge dans le ciel. Ils commencent \u00e0 tirer, les mitrailleuses fauchent les victimes retranch\u00e9es sous un porche et pratiquement sans \u00e9chappatoire. Des grenades \u00e0 main sont lanc\u00e9es, certaines incendiaires, et l&rsquo;\u00e9table o\u00f9 certains avaient r\u00e9ussi \u00e0 trouver refuge prend feu. Quelques hommes, profitant d&rsquo;un instant de distraction des SS dans cet enfer, se pr\u00e9cipitent vers la for\u00eat. Attilio Comastri, bless\u00e9, se sauve parce que le corps sans vie de sa femme Ines Gandolfi lui a servi de bouclier : il errera pendant plusieurs jours, en \u00e9tat de choc, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il r\u00e9ussisse \u00e0 passer le front et \u00e0 sauver sa vie ; il avait perdu, en plus de sa femme, sa s\u0153ur Marcellina et sa fille Bianca, \u00e0 peine \u00e2g\u00e9e de deux ans. Carlo Cardi parvient \u00e9galement \u00e0 se sauver, mais sa famille est extermin\u00e9e : Walter Cardi n&rsquo;avait que 14 jours, il fut la plus jeune victime du massacre de Monte Sole. Mario Lippi, l&rsquo;un des survivants, atteste : \u00ab <em>Je ne sais m\u00eame pas comment je me suis miraculeusement sauv\u00e9, \u00e9tant donn\u00e9 que sur 82 personnes rassembl\u00e9es sous le porche, 70 ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es [69, selon la reconstruction officielle]. Je me souviens qu&rsquo;en plus du feu des mitrailleuses, les Allemands ont \u00e9galement lanc\u00e9 des grenades \u00e0 main sur nous et je crois que ce sont des \u00e9clats de celles-ci qui m&rsquo;ont l\u00e9g\u00e8rement bless\u00e9 au c\u00f4t\u00e9 droit, dans le dos et dans le bras droit. Avec sept autres personnes, j\u2019ai profit\u00e9 du fait qu&rsquo;il y avait une petite porte sur un c\u00f4t\u00e9 du porche qui menait \u00e0 la route, je me suis \u00e9chapp\u00e9 vers le bois. En nous voyant fuir, les Allemands ont tir\u00e9 sur nous, tuant l&rsquo;un d&rsquo;entre nous, nomm\u00e9 Gandolfi Emilio. Je pr\u00e9cise que parmi les 82 personnes rassembl\u00e9es sous ledit porche, il y avait aussi une vingtaine d&rsquo;enfants, dont deux en bas \u00e2ge, dans les bras de leurs m\u00e8res respectives, et une vingtaine de femmes<\/em> \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00c0 la Creda, il y avait 21 enfants de moins de 11 ans, certains tr\u00e8s petits ; 24 femmes (dont une adolescente) ; environ 20 personnes \u00e2g\u00e9es. Parmi les familles les plus touch\u00e9es il y avait les Cardi (7 personnes), les Gandolfi (9 personnes), les Lolli (5 personnes), les Macchelli (6 personnes).<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Depuis le presbyt\u00e8re de Mgr Mellini, en regardant vers le haut, on voit la fum\u00e9e \u00e0 un certain moment, mais il est t\u00f4t le matin, la Creda reste cach\u00e9e aux regards et la for\u00eat att\u00e9nue les bruits. Dans la paroisse ce jour-l\u00e0 \u2013 29 septembre, f\u00eate des Saints Archanges \u2013 trois messes sont c\u00e9l\u00e9br\u00e9es successivement t\u00f4t le matin : celle de Mgr Mellini ; celle du p\u00e8re Capelli qui se rend ensuite pour donner une extr\u00eame-onction \u00e0 l&rsquo;endroit appel\u00e9 \u00ab\u00a0Casellina\u00a0\u00bb ; celle de don Comini. Et c&rsquo;est alors que le drame frappe \u00e0 la porte : \u00ab <em>Ferdinando Castori, lui aussi \u00e9chapp\u00e9 au massacre, arriva \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise de Salvaro couvert de sang comme un boucher, et alla se cacher dans la fl\u00e8che du clocher<\/em> \u00bb. Vers 8 heures, un homme boulevers\u00e9 arrive au presbyt\u00e8re : il semblait \u00ab <em>un monstre par son apparence terrifiante<\/em> \u00bb, dit s\u0153ur Alberta Taccini. Il demande de l&rsquo;aide pour les bless\u00e9s. Une soixantaine de personnes sont mortes ou sont en train de mourir dans d&rsquo;atroces souffrances. Don Elia, en quelques instants, a la bonne id\u00e9e de cacher 60\/70 hommes dans la sacristie, poussant contre la porte une vieille armoire qui laissait le seuil visible par en dessous, mais c&rsquo;\u00e9tait le seul espoir de salut : \u00ab <em>C&rsquo;est alors que Don Elia, lui-m\u00eame, eut l&rsquo;id\u00e9e de cacher les hommes \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la sacristie, mettant ensuite une armoire devant la porte (avec l\u2019aide d\u2019une ou deux personnes qui \u00e9taient chez Monseigneur). L&rsquo;id\u00e9e \u00e9tait de Don Elia ; mais tout le monde \u00e9tait contre le fait que ce soit Don Elia qui fasse ce travail\u2026 C\u2019est lui qui l\u2019a voulu. Les autres disaient : \u00ab\u00a0Et si jamais ils nous d\u00e9couvrent ?\u00a0\u00bb <\/em>\u00bb. Selon une autre reconstruction des faits, \u00ab <em>Don Elia r\u00e9ussit \u00e0 cacher dans une pi\u00e8ce attenante \u00e0 la sacristie une soixantaine d&rsquo;hommes et contre le seuil il poussa une vieille armoire. Pendant ce temps, le cr\u00e9pitement des mitrailleuses et les cris d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s des gens parvenaient des maisons voisines. Don Elia eut la force de commencer le Saint Sacrifice de la Messe, la derni\u00e8re de sa vie. Il n&rsquo;avait pas encore termin\u00e9, qu&rsquo;un jeune homme de la localit\u00e9 \u00ab\u00a0Creda\u00a0\u00bb arriva terrifi\u00e9 et essouffl\u00e9 pour demander de l&rsquo;aide parce que les SS avaient encercl\u00e9 une maison et arr\u00eat\u00e9 soixante-neuf personnes, hommes, femmes, enfants <\/em>\u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab <em>Encore en v\u00eatements liturgiques, il reste <strong>prostern\u00e9 \u00e0 l&rsquo;autel, immerg\u00e9 dans la pri\u00e8re<\/strong>, et il invoque pour tous l&rsquo;aide du Sacr\u00e9-C\u0153ur, l&rsquo;intercession de Marie Auxiliatrice, de saint Jean Bosco et de saint Michel Archange. Puis, apr\u00e8s un bref examen de conscience, il r\u00e9cite trois fois l&rsquo;acte de contrition et les pr\u00e9pare \u00e0 la mort. Il recommande aux s\u0153urs d\u2019assister toutes ces personnes et \u00e0 la Sup\u00e9rieure de diriger la pri\u00e8re afin que les fid\u00e8les puissent y trouver le r\u00e9confort dont ils ont besoin<\/em> \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00c0 propos de don Elia et du p\u00e8re Martino, rentr\u00e9 peu apr\u00e8s, \u00ab <em>on constate certaines dimensions d&rsquo;une vie sacerdotale d\u00e9pens\u00e9e consciemment pour les autres jusqu&rsquo;au dernier jour : leur mort a \u00e9t\u00e9 un prolongement de la Messe c\u00e9l\u00e9br\u00e9e comme don de soi jusqu&rsquo;au dernier jour <\/em>\u00bb. Leur choix avait \u00ab <em>des racines lointaines, dans la d\u00e9cision de faire le bien m\u00eame si c&rsquo;\u00e9tait \u00e0 la derni\u00e8re heure, pr\u00eats m\u00eame au martyre \u00bb : \u00ab de nombreuses personnes sont venues chercher de l&rsquo;aide \u00e0 la paroisse et, \u00e0 l&rsquo;insu du cur\u00e9, Don Elia et le P\u00e8re Martino ont essay\u00e9 de cacher le plus de personnes possible. Puis, s&rsquo;assurant qu&rsquo;elles \u00e9taient assist\u00e9e d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre, ils se sont pr\u00e9cipit\u00e9s sur les lieux des massacres pour pouvoir porter secours aux plus malchanceux. Le m\u00eame Mgr Mellini ne s&rsquo;en rendit pas compte et continuait \u00e0 chercher les deux pr\u00eatres pour se faire aider et accueillir tout ce monde <\/em>\u00bb (\u00ab <em>Nous avons la certitude qu&rsquo;aucun d&rsquo;eux n&rsquo;\u00e9tait partisan ou avait \u00e9t\u00e9 avec les partisans<\/em> \u00bb).<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Dans ces moments-l\u00e0, don Elia t\u00e9moigne d&rsquo;une grande lucidit\u00e9 qui se traduit \u00e0 la fois par un esprit d&rsquo;organisation et par la conscience de mettre sa propre vie en danger : \u00ab <em>\u00c0 la lumi\u00e8re de tout cela, et Don Elia le savait bien, nous ne pouvons pas rechercher cette charit\u00e9 qui pousse \u00e0 essayer d&rsquo;aider les autres, mais plut\u00f4t ce type de charit\u00e9 (qui a ensuite \u00e9t\u00e9 celle du Christ) qui pousse <strong>\u00e0 participer jusqu&rsquo;au bout \u00e0 la souffrance d&rsquo;autrui<\/strong>, ne craignant m\u00eame pas la mort comme sa derni\u00e8re manifestation. Le fait que sa <strong>d\u00e9cision ait \u00e9t\u00e9 lucide et bien r\u00e9fl\u00e9chie<\/strong> est \u00e9galement d\u00e9montr\u00e9 par l&rsquo;esprit d&rsquo;organisation qu&rsquo;il a manifest\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 quelques minutes avant sa mort, en essayant avec promptitude et intelligence de cacher le plus de personnes possible dans les coins de la cure ; puis vinrent les nouvelles de la Creda et, apr\u00e8s la charit\u00e9 fraternelle, la charit\u00e9 h\u00e9ro\u00efque <\/em>\u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Une chose est certaine : si don Elia s&rsquo;\u00e9tait cach\u00e9 avec tous les autres hommes ou s&rsquo;il \u00e9tait simplement rest\u00e9 aux c\u00f4t\u00e9s de Mgr Mellini, il n&rsquo;aurait rien eu \u00e0 craindre. Au lieu de cela, don Elia et le p\u00e8re Martino prennent l\u2019\u00e9tole, les saintes huiles et une bo\u00eete avec quelques hosties consacr\u00e9es et <em>\u00ab partirent pour la montagne, arm\u00e9s de l\u2019\u00e9tole et de l&rsquo;huile des malades \u00bb. \u00ab Quand Don Elia revint de chez Monseigneur, <strong>il prit le Ciboire avec les Hosties<\/strong> et l&rsquo;huile sainte et se tourna vers nous. Quel visage ! il \u00e9tait si p\u00e2le qu&rsquo;il semblait d\u00e9j\u00e0 mort. Et il dit : \u201cPriez, priez pour moi, car j&rsquo;ai une mission \u00e0 accomplir\u201d \u00bb. \u00ab Priez pour moi, ne me laissez pas seul ! \u00bb. \u00ab Nous sommes des pr\u00eatres et nous devons y aller et nous devons faire notre devoir \u00bb. \u00ab <strong>Allons porter le Seigneur \u00e0 nos fr\u00e8res<\/strong> \u00bb.<\/em><br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L\u00e0-haut sur la Creda, il y a tant de gens qui meurent dans des supplices : ils doivent accourir, b\u00e9nir et \u2013 si possible \u2013 essayer de s&rsquo;interposer face aux SS.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Madame Massimina [Zappoli], \u00e9galement t\u00e9moin lors de l&rsquo;enqu\u00eate militaire de Bologne, se souvient : \u00ab <em>Malgr\u00e9 les pri\u00e8res de nous tous, ils c\u00e9l\u00e9br\u00e8rent rapidement l&rsquo;Eucharistie et, pouss\u00e9s uniquement par l&rsquo;espoir de pouvoir faire quelque chose pour les victimes d&rsquo;une telle f\u00e9rocit\u00e9, au moins avec un r\u00e9confort spirituel, <strong>ils<\/strong> <strong>prirent le Saint-Sacrement<\/strong> <strong>et coururent vers la Creda<\/strong>. Je me souviens que pendant que Don Elia, d\u00e9j\u00e0 lanc\u00e9 dans sa course, passait \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi dans la cuisine, <strong>je m&rsquo;accrochais \u00e0 lui dans une derni\u00e8re tentative de le dissuader<\/strong>, en disant que nous resterions \u00e0 la merci de nous-m\u00eames. Il fit comprendre que, si notre situation \u00e9tait grave, il y avait ceux qui \u00e9taient dans une situation encore plus grave et que c&rsquo;\u00e9tait vers eux qu&rsquo;ils devaient aller<\/em> \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il est inflexible et refuse, comme Mgr Mellini le sugg\u00e9ra plus tard, de retarder la mont\u00e9e \u00e0 la Creda jusqu\u2019au moment o\u00f9 les Allemands seraient partis : \u00ab <em>Avant d\u2019\u00eatre une passion de sang,<\/em> c<em>ela a \u00e9t\u00e9 une passion [\u2026] du c\u0153ur, la passion de l&rsquo;esprit. \u00c0 cette \u00e9poque, on \u00e9tait terroris\u00e9 par tout et par tous, on n&rsquo;avait plus confiance en personne, n\u2019importe qui pouvait devenir un ennemi d\u00e9terminant pour sa propre vie. Lorsque les deux pr\u00eatres se sont rendu compte que quelqu&rsquo;un avait vraiment besoin d&rsquo;eux, ils n&rsquo;ont pas h\u00e9sit\u00e9 longtemps \u00e0 d\u00e9cider quoi faire [\u2026] et surtout, <strong>ils n&rsquo;ont pas eu recours \u00e0 ce qui \u00e9tait la d\u00e9cision imm\u00e9diate pour tous, c&rsquo;est-\u00e0-dire, trouver un refuge, <\/strong>essayer de se cacher et<strong> d&rsquo;\u00eatre hors de la m\u00eal\u00e9e. Les deux pr\u00eatres, au contraire, y sont all\u00e9s<\/strong>, en toute connaissance de cause, sachant que leur vie \u00e9tait \u00e0 99 % en danger ; et ils y sont all\u00e9s <strong>pour \u00eatre vraiment des pr\u00eatres, <\/strong>c&rsquo;est-\u00e0-dire, pour assister et pour r\u00e9conforter, pour donner aussi le service des sacrements, donc de la pri\u00e8re, du r\u00e9confort que la foi et la religion offrent<\/em> \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Une personne a dit : \u00ab <em>Don Elia, pour nous, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 saint. <strong>S&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 une personne normale <\/strong>[\u2026] il se serait cach\u00e9 <strong>; il se serait \u00e9galement cach\u00e9 derri\u00e8re l&rsquo;armoire, comme tous les autres<\/strong><\/em>\u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Alors que les hommes se sont cach\u00e9s, ce sont les femmes qui essaient de retenir les pr\u00eatres, dans une ultime tentative de leur sauver la vie. La sc\u00e8ne est \u00e0 la fois agit\u00e9e et tr\u00e8s \u00e9loquente : \u00ab <em>Lidia Macchi [\u2026] et d&rsquo;autres femmes essay\u00e8rent de les emp\u00eacher de partir, tent\u00e8rent de les retenir par la soutane, les poursuivirent, les appel\u00e8rent \u00e0 haute voix pour qu&rsquo;ils reviennent. Pouss\u00e9s par une force int\u00e9rieure qui est l&rsquo;ardeur de la charit\u00e9 et la sollicitude missionnaire, ils marchaient d\u00e9sormais r\u00e9solument vers la Creda en apportant les r\u00e9conforts religieux<\/em> \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L&rsquo;une d&rsquo;elles se souvient : \u00ab <em>Je les ai embrass\u00e9s, je les tenais fermement par les bras, en disant et en suppliant : \u2013 Ne partez pas ! \u2013 Ne partez pas !<\/em> \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Et Lidia Marchi ajoute : \u00ab <em>Je tirais le p\u00e8re Martino par la soutane et je le retenais [\u2026] mais les deux pr\u00eatres r\u00e9p\u00e9taient : \u2013 Nous devons y aller ; le Seigneur nous appelle <\/em>\u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab <em>Nous devons accomplir notre devoir. Et [don Elia et le p\u00e8re Martino,] comme J\u00e9sus, all\u00e8rent \u00e0 la rencontre d&rsquo;un destin marqu\u00e9<\/em> \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab <em>La d\u00e9cision de se rendre \u00e0 la Creda fut prise par les deux pr\u00eatres par <strong>pur esprit pastoral ; malgr\u00e9 tous ceux qui essayaient de les dissuader<\/strong>, ils voulurent y aller pouss\u00e9s par l&rsquo;espoir de pouvoir sauver quelqu&rsquo;un de ceux qui \u00e9taient \u00e0 la merci de la col\u00e8re des soldats<\/em> \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00c0 la Creda il est presque certainement qu\u2019ils n&rsquo;arriv\u00e8rent jamais. Captur\u00e9s, selon un t\u00e9moin, pr\u00e8s d&rsquo;un \u00ab pilastrello \u00bb, d\u00e8s qu\u2019ils furent hors du champ de vision de la paroisse, don Elia et le p\u00e8re Martino furent vus plus tard charg\u00e9s de munitions, \u00e0 la t\u00eate d\u2019hommes rafl\u00e9s, ou encore seuls, li\u00e9s, avec des cha\u00eenes, pr\u00e8s d&rsquo;un arbre alors qu&rsquo;il n&rsquo;y avait aucune bataille en cours et que les SS mangeaient. Don Elia ordonna \u00e0 une femme de fuir, de ne pas s&rsquo;arr\u00eater pour \u00e9viter d&rsquo;\u00eatre tu\u00e9e : \u00ab <em>Anna, par piti\u00e9, fuis, fuis<\/em> \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab <em>Ils \u00e9taient charg\u00e9s et courb\u00e9s sous le poids de tant de petites caisses lourdes qui couvraient tout leur corps devant et derri\u00e8re. Leur dos \u00e9tait courb\u00e9 presque jusqu\u2019\u00e0 terre<\/em> \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab <em>Assis par terre [\u2026] tout en sueur et fatigu\u00e9s, avec les munitions sur le dos<\/em> \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab <em>Arr\u00eat\u00e9s, ils sont contraints de porter des munitions en haut et en bas de la montagne, t\u00e9moins d&rsquo;inhumaines violences<\/em> \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab [Les SS les font] <em>descendre et monter plusieurs fois sur la montagne, sous leur escorte, et commettent en outre, sous les yeux des deux victimes, les violences les plus horribles<\/em> \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 O\u00f9 sont, maintenant, l\u2019\u00e9tole, les huiles saintes et surtout le Saint-Sacrement ? Il n&rsquo;y a plus aucune trace. Loin des yeux indiscrets, les SS en ont d\u00e9pouill\u00e9 de force les pr\u00eatres, se d\u00e9barrassant de ce Tr\u00e9sor dont rien ne serait plus retrouv\u00e9.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <strong>Vers le soir du 29 septembre 1944<\/strong>, ils furent traduits avec de nombreux autres hommes (rafl\u00e9s et non pour repr\u00e9sailles ou parce qu&rsquo;ils \u00e9taient pro-partisans, comme le montrent les sources), pr\u00e8s de la maison \u00ab des Birocciai \u00bb \u00e0 Pioppe di Salvaro. Plus tard, ils seront tri\u00e9s et auront des sorts tr\u00e8s diff\u00e9rents. Peu d\u2019entre eux seront lib\u00e9r\u00e9s, apr\u00e8s une s\u00e9rie d&rsquo;interrogatoires. La plupart, jug\u00e9s aptes au travail, seront envoy\u00e9s dans des camps de travail forc\u00e9 et pourront par la suite retourner aupr\u00e8s de leurs familles. Ceux jug\u00e9s inaptes, soit en raison de l&rsquo;\u00e2ge (cf. camps de concentration) ou de la sant\u00e9 (jeune, mais bless\u00e9 ou simulant une maladie en esp\u00e9rant se sauver) seront tu\u00e9s le soir du 1<sup>er <\/sup>octobre \u00e0 la \u00ab Botte \u00bb de la chanvri\u00e8re de Pioppe di Salvaro, d\u00e9sormais une ruine car bombard\u00e9e par les Alli\u00e9s quelques jours auparavant.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Don Elia et le p\u00e8re Martino furent interrog\u00e9s et purent se d\u00e9placer jusqu&rsquo;\u00e0 la fin dans la maison et recevoir des visites. Don Elia interc\u00e9da pour tous et un jeune, tr\u00e8s \u00e9prouv\u00e9, s&rsquo;endormit sur ses genoux. Dans une poche don Elia tenait son Br\u00e9viaire, qui lui \u00e9tait si cher et qu&rsquo;il voulut garder avec lui jusqu&rsquo;aux derniers instants. Aujourd&rsquo;hui, la recherche historique attentive aux sources et avec l\u2019aide de la plus r\u00e9cente historiographie la\u00efque, a d\u00e9montr\u00e9 que la tentative de lib\u00e9rer don Elia mise en \u0153uvre par le Chevalier Emilio Veggetti, n&rsquo;avait jamais abouti, et que don Elia et le p\u00e8re Martino n&rsquo;avaient jamais r\u00e9ellement \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s ou du moins trait\u00e9s comme des \u00ab espions \u00bb.<br><br><strong>L&rsquo;holocauste<br><\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Finalement, ils furent ins\u00e9r\u00e9s, bien que jeunes (34 et 32 ans), dans le groupe des inaptes et ex\u00e9cut\u00e9s avec eux. Ils v\u00e9curent ces derniers instants en priant, en faisant prier, en se donnant mutuellement l\u2019absolution et le r\u00e9confort de la foi. Don Elia r\u00e9ussit \u00e0 transformer la macabre procession des condamn\u00e9s jusqu&rsquo;\u00e0 une passerelle devant le r\u00e9servoir de la chanvri\u00e8re, o\u00f9 ils seront tu\u00e9s, en un acte collectif d\u2019abandon confiant. Il tenait aussi longtemps qu&rsquo;il le put le Br\u00e9viaire ouvert \u00e0 la main. Puis on a dit qu&rsquo;un Allemand frappa violemment ses mains et le Br\u00e9viaire tomba dans le r\u00e9servoir. Surtout, il entonnait les Litanies. Lorsqu\u2019on ouvrit le feu, don Elia Comini sauva un homme en lui faisant \u00e9cran avec son propre corps et cria \u00ab Piti\u00e9 \u00bb. Le p\u00e8re Martino invoqua de son c\u00f4t\u00e9 le \u00ab Pardon \u00bb, se redressant avec difficult\u00e9 dans le r\u00e9servoir, au milieu des compagnons morts ou mourants, et tra\u00e7ant le signe de la Croix quelques instants avant de mourir lui-m\u00eame, \u00e0 cause d&rsquo;une \u00e9norme blessure. Les SS voulurent s&rsquo;assurer qu&rsquo;aucun survivant ne restait en lan\u00e7ant quelques grenades. Dans les jours suivants, \u00e9tant donn\u00e9 l&rsquo;impossibilit\u00e9 de r\u00e9cup\u00e9rer les corps immerg\u00e9s dans l&rsquo;eau et la boue \u00e0 cause de fortes pluies (les femmes essay\u00e8rent, mais m\u00eame don Fornasini ne put y parvenir), un homme ouvrit les grilles et le courant imp\u00e9tueux de la rivi\u00e8re Reno emporta tout. Rien ne fut jamais retrouv\u00e9 d&rsquo;eux : <em>consummatum est<\/em> !<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 C\u2019est ainsi qu\u2019on a pu constater leur disposition \u00ab <em>m\u00eame au martyre, m\u00eame si aux yeux des hommes il semble insens\u00e9 de <strong>refuser sa propre sauvegarde<\/strong> pour donner un mis\u00e9rable soulagement <strong>\u00e0 ceux qui \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 destin\u00e9s \u00e0 la mort<\/strong><\/em> \u00bb. Mgr Benito Cocchi a pu dire en septembre 1977 \u00e0 Salvaro : \u00ab <em>Ici devant le Seigneur, disons que notre pr\u00e9f\u00e9rence va \u00e0 ces gestes, \u00e0 ces personnes, \u00e0 ceux qui <strong>paient de leur personne<\/strong>, \u00e0 ceux qui, \u00e0 un moment o\u00f9 seules comptaient les armes, la force et la violence, quand une maison, la vie d&rsquo;un enfant, une famille enti\u00e8re ne comptaient pour rien, ont su accomplir des gestes qui n&rsquo;ont pas de voix dans les bilans de guerre, mais qui sont de v\u00e9ritables tr\u00e9sors d&rsquo;humanit\u00e9, de r\u00e9sistance et d&rsquo;alternative \u00e0 la violence ; \u00e0 ceux qui de cette mani\u00e8re plantaient <strong>des racines pour une soci\u00e9t\u00e9 et une coexistence plus humaines<\/strong><\/em> \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 En ce sens, \u00ab <em>le martyre de ces pr\u00eatres constitue le fruit de leur choix conscient de partager le sort du troupeau jusqu&rsquo;au sacrifice ultime, lorsque les efforts de m\u00e9diation entre la population et les occupants, longtemps poursuivis, perdent \u00e0 la fin toute possibilit\u00e9 de succ\u00e8s<\/em> \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Don Elia Comini avait \u00e9t\u00e9 lucide sur son sort. Il disait d\u00e9j\u00e0 dans les premi\u00e8res phases de d\u00e9tention : \u00ab <em>Pour faire le bien, nous nous trouvons dans tant de peines <\/em>\u00bb ; \u00ab <em>C&rsquo;\u00e9tait Don Elia qui, en montrant le ciel, saluait avec les yeux en larmes<\/em> \u00bb. \u00ab <em>Elia s&rsquo;est montr\u00e9 et m&rsquo;a dit : \u201cAllez \u00e0 Bologne, chez le Cardinal, et dites-lui o\u00f9 nous nous trouvons\u201d. Je lui ai r\u00e9pondu : \u201cComment puis-je aller \u00e0 Bologne ?\u201d. [\u2026] Pendant ce temps, les soldats me poussaient avec le canon du fusil. D. Elia m&rsquo;a salu\u00e9 en disant : \u201cNous nous reverrons au paradis !\u201d. J&rsquo;ai cri\u00e9 : \u201cNon, non, ne dites pas cela\u201d. Il a r\u00e9pondu, triste et r\u00e9sign\u00e9 : \u201cNous nous reverrons au Paradis\u201d<\/em> \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Avec don Bosco\u2026 : \u00ab [Je] <em>vous attends tous au Paradis<\/em> \u00bb !<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 C&rsquo;\u00e9tait le soir du 1<sup>er <\/sup>octobre, d\u00e9but du mois du Rosaire et des Missions.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Dans les ann\u00e9es de sa premi\u00e8re jeunesse, Elia Comini avait dit \u00e0 Dieu : \u00ab <em>Seigneur,<strong> pr\u00e9pare-moi \u00e0 \u00eatre moins indigne d\u2019\u00eatre une victime agr\u00e9able<\/strong><\/em> \u00bb (\u201cJournal\u201d 1929) ; \u00ab <em>Seigneur,<\/em> [\u2026] <strong><em>re\u00e7ois-moi aussi comme victime expiatoire<\/em><\/strong> \u00bb (1929) ; \u00ab <strong><em>je voudrais \u00eatre une victime d&rsquo;holocauste<\/em><\/strong> \u00bb (1931). \u00ab [\u00c0 J\u00e9sus] <em>j&rsquo;ai demand\u00e9 <strong>la mort plut\u00f4t que de faillir <\/strong>\u00e0 la vocation sacerdotale et <strong>\u00e0 l&rsquo;amour h\u00e9ro\u00efque pour les \u00e2mes<\/strong> <\/em>\u00bb (1935).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 18 d\u00e9cembre 2024, le pape Fran\u00e7ois a officiellement reconnu le martyre de don Elia&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":35712,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":10,"footnotes":""},"categories":[125],"tags":[2563,2554,2631,2186,1878,1842,1968,1956,1962,2616,2022],"class_list":["post-35719","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-nos-saints","tag-charite","tag-dieu","tag-eglise","tag-jesus","tag-martyrs","tag-nos-heros","tag-saints","tag-salesiens","tag-salut","tag-temoins","tag-vertus"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35719","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=35719"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35719\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/35712"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=35719"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=35719"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=35719"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}