{"id":35675,"date":"2025-03-28T13:37:13","date_gmt":"2025-03-28T13:37:13","guid":{"rendered":"https:\/\/exciting-knuth.178-32-140-152.plesk.page\/?p=35675"},"modified":"2025-03-28T13:39:20","modified_gmt":"2025-03-28T13:39:20","slug":"le-reve-des-22-lunes-1854","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/songes-de-don-bosco\/le-reve-des-22-lunes-1854\/","title":{"rendered":"Le r\u00eave des 22 lunes (1854)"},"content":{"rendered":"\n<p><em><em>En mars 1854, un jour de f\u00eate, apr\u00e8s les v\u00eapres, Don Bosco r\u00e9unit tous les \u00e9l\u00e8ves dans l\u2019arri\u00e8re de la sacristie en disant qu&rsquo;il voulait leur raconter un r\u00eave. Parmi les pr\u00e9sents, il y avait entre autres les jeunes Cagliero, Turchi, Anfossi, l\u2019abb\u00e9 Reviglio et l\u2019abb\u00e9 Buzzetti, dont nous avons recueilli la narration. Tous \u00e9taient convaincus que, sous le nom de r\u00eave, Don Bosco cachait les manifestations qu&rsquo;il avait eues du ciel. Voici ce r\u00eave.<br><\/em><\/em><br><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; J&rsquo;\u00e9tais avec vous dans la cour et mon c\u0153ur \u00e9tait rempli de joie en vous voyant, pleins de vie et de gaiet\u00e9, sauter, crier, courir. Soudain, j&rsquo;ai vu l&rsquo;un d&rsquo;entre vous sortir d&rsquo;une porte de la maison et commencer \u00e0 marcher parmi ses camarades en ayant sur la t\u00eate une sorte de haut-de-forme ou de turban. C&rsquo;\u00e9tait une sorte de chapeau transparent, tout illumin\u00e9 \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur. On y voyait l\u2019image d&rsquo;une grande lune, au milieu de laquelle \u00e9tait \u00e9crit le nombre <strong>22<\/strong>. Stup\u00e9fait, je voulus aussit\u00f4t m&rsquo;approcher de lui pour lui dire de quitter cette coiffure de carnaval. Mais voici que, le soir venu, la cour se vida comme au signal de la cloche, et j&rsquo;aper\u00e7us tous les jeunes dispos\u00e9s en rang sous les arcades de la maison. Ils paraissaient tr\u00e8s effray\u00e9s, et dix ou douze d&rsquo;entre eux avaient le visage couvert d&rsquo;une p\u00e2leur \u00e9trange. Je passai devant eux pour les observer, et je remarquai parmi eux celui qui avait la lune sur la t\u00eate, plus p\u00e2le que les autres ; de ses \u00e9paules pendait un drap mortuaire. Je m&rsquo;approchais pour lui demander ce que signifiait cet \u00e9trange accoutrement, quand une main m\u2019arr\u00eata. Je vis alors un inconnu \u00e0 l&rsquo;aspect imposant, qui me dit :<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; \u00c9coute-moi avant de l&rsquo;interroger. Il lui reste 22 lunes \u00e0 vivre, et avant qu&rsquo;elles ne soient pass\u00e9es, il mourra. Veille sur lui et pr\u00e9pare-le !<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je voulais lui demander des explications sur ses paroles et sur son apparition inattendue, mais il avait disparu.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Ce jeune, mes chers fils, je le connais et il est parmi vous !<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une vive frayeur s&#8217;empara de tous les jeunes, d&rsquo;autant plus que c&rsquo;\u00e9tait la premi\u00e8re fois que Don Bosco annon\u00e7ait en public et avec une certaine solennit\u00e9 la mort de quelqu\u2019un de la maison. Le bon p\u00e8re ne put s&#8217;emp\u00eacher de le remarquer et poursuivit :<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Je le connais et il est parmi vous, ce jeune des 22 lunes. Mais je ne veux pas que vous soyez effray\u00e9s. C&rsquo;est un r\u00eave, comme je vous l&rsquo;ai dit, et vous savez qu&rsquo;il ne faut pas toujours se fier aux r\u00eaves. Quoi qu&rsquo;il en soit, ce qui est certain, c&rsquo;est que nous devons toujours nous pr\u00e9parer, comme le recommande le divin Sauveur dans l\u2019\u00c9vangile, et ne pas commettre de p\u00e9ch\u00e9s, et alors la mort ne nous fera plus peur. Soyez tous de bons jeunes, n&rsquo;offensez pas le Seigneur. Et moi, en attendant, je veillerai attentivement sur celui qui porte le chiffre 22, qui signifie 22 lunes, c\u2019est-\u00e0-dire 22 mois, et j&rsquo;esp\u00e8re qu&rsquo;il fera une bonne mort.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Si cette annonce effraya d&rsquo;abord les jeunes, elle leur fit beaucoup de bien par la suite, car ils veill\u00e8rent tous \u00e0 se maintenir dans la gr\u00e2ce de Dieu, en pensant \u00e0 la mort. En attendant, ils comptaient les lunes qui passaient. De temps en temps, Don Bosco les interrogeait :<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Combien de lunes y a-t-il encore ?<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et ils r\u00e9pondaient :<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Vingt, dix-huit, quinze, etc.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Parfois, les jeunes particuli\u00e8rement attentifs \u00e0 toutes ses paroles s&rsquo;approchaient de lui pour lui annoncer les lunes d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9es, et essayaient de faire des pronostics et de deviner, mais Don Bosco restait silencieux. Le jeune Piano, entr\u00e9 comme \u00e9tudiant \u00e0 l&rsquo;Oratoire en novembre 1854, entendit parler de la neuvi\u00e8me lune et apprit de ses compagnons et de ses sup\u00e9rieurs ce que Don Bosco avait pr\u00e9dit. Et lui aussi, comme tous les autres, restait en observation.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&rsquo;ann\u00e9e 1854 se termina, plusieurs mois de 1855 s&rsquo;\u00e9coul\u00e8rent et le mois d&rsquo;octobre, la vingti\u00e8me lune, arriva. Le jeune abb\u00e9 Cagliero \u00e9tait alors charg\u00e9 de surveiller trois petites chambres de l&rsquo;ancienne maison Pinardi, qui servaient chacune de dortoir \u00e0 un groupe de jeunes. Parmi eux se trouvait un certain Gurgo Secondo, originaire de Pettinengo, pr\u00e8s de Biella. C\u2019\u00e9tait un gar\u00e7on \u00e2g\u00e9 d&rsquo;environ 17 ans, de belle apparence, robuste, en excellente sant\u00e9, au point qu\u2019on pouvait pr\u00e9voir pour lui une longue vie, une extr\u00eame vieillesse. Son p\u00e8re l&rsquo;avait recommand\u00e9 \u00e0 Don Bosco pour qu&rsquo;il le prenne en pension. Dou\u00e9 pour le piano et l&rsquo;orgue, il \u00e9tudiait la musique du matin au soir et gagnait bien sa vie en donnant des le\u00e7ons \u00e0 Turin. Durant l&rsquo;ann\u00e9e, Don Bosco interrogeait de temps en temps l\u2019abb\u00e9 Cagliero sur la conduite de ses jeunes, avec un grand souci. Au mois d&rsquo;octobre, il l&rsquo;appela aupr\u00e8s de lui et lui dit :<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; O\u00f9 dors-tu ?<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Dans la derni\u00e8re chambre, r\u00e9pondit l\u2019abb\u00e9 Cagliero, et de l\u00e0 je surveille les deux autres.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Est-ce qu\u2019il ne vaudrait pas mieux que tu transportes ton lit dans celle du milieu ?<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Comme vous voulez, mais je vous fais remarquer que les deux autres chambres sont s\u00e8ches, tandis que dans la deuxi\u00e8me, l&rsquo;un des murs est form\u00e9 par le mur du clocher de l&rsquo;\u00e9glise, construit r\u00e9cemment. Il y a donc un peu d&rsquo;humidit\u00e9. L&rsquo;hiver approche et je pourrais attraper une maladie. D&rsquo;ailleurs, de l\u00e0 o\u00f9 je suis, je peux tr\u00e8s bien assister tous les jeunes de mon dortoir.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Quant \u00e0 les assister, je sais que tu le peux, mais il vaut mieux, reprit Don Bosco, que tu ailles dans celle du milieu.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019abb\u00e9 Cagliero ob\u00e9it, mais au bout d&rsquo;un certain temps, il demanda \u00e0 Don Bosco la permission de d\u00e9placer son lit dans la premi\u00e8re chambre. Don Bosco n\u2019\u00e9tait pas d&rsquo;accord, mais il lui dit :<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Reste o\u00f9 tu es et sois s\u00fbr que ta sant\u00e9 n&rsquo;en souffrira pas.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019abb\u00e9 Cagliero se calma et quelques jours plus tard, Don Bosco le rappela :<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Combien \u00eates-vous dans votre nouvelle chambre ?<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il r\u00e9pondit :<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Nous sommes trois : moi, le jeune Gurgo Secondo, Garovaglia, et le piano, ce qui fait quatre.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Tr\u00e8s bien, dit Don Bosco, vous \u00eates trois pianistes, et Gurgo pourra vous donner des le\u00e7ons de piano. Occupe-toi bien de lui. Et il n&rsquo;ajouta rien de plus. Alors l\u2019abb\u00e9, piqu\u00e9 par la curiosit\u00e9 et devenu soup\u00e7onneux, commen\u00e7a \u00e0 lui poser des questions, mais Don Bosco l&rsquo;interrompit en disant :<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Tu sauras le pourquoi en temps voulu.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le secret \u00e9tait que dans cette pi\u00e8ce se trouvait le jeune homme aux 22 lunes.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au d\u00e9but du mois de d\u00e9cembre, il n&rsquo;y avait pas de malade \u00e0 l&rsquo;Oratoire. Un soir apr\u00e8s les pri\u00e8res, Don Bosco monta sur la petite estrade pour annoncer que l&rsquo;un des jeunes allait mourir avant la f\u00eate de No\u00ebl. \u00c0 cause de cette nouvelle pr\u00e9diction et parce que les 22 lunes se terminaient, une grande inqui\u00e9tude gagna toute la maison. On se rappelait fr\u00e9quemment les paroles de Don Bosco et l\u2019on redoutait leur r\u00e9alisation.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pendant ces jours, Don Bosco appela encore une fois l\u2019abb\u00e9 Cagliero pour lui demander si Gurgo allait bien et s\u2019il rentrait \u00e0 la maison \u00e0 l&rsquo;heure apr\u00e8s les le\u00e7ons de musique en ville. Cagliero lui r\u00e9pondit que tout allait bien et qu&rsquo;il n&rsquo;y avait rien \u00e0 signaler parmi ses camarades. Tr\u00e8s bien, je suis content, dit-il, veille \u00e0 ce qu&rsquo;ils aillent tous bien, et pr\u00e9viens-moi s&rsquo;il arrive quelque chose. C&rsquo;est ce que dit Don Bosco, sans rien ajouter.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais voici que vers la mi-d\u00e9cembre, Gurgo fut assailli par une colique violente et si dangereuse qu\u2019on envoya chercher le m\u00e9decin en toute h\u00e2te. On lui administra, \u00e0 sa demande, les saints sacrements. La maladie dura huit jours et fut tr\u00e8s douloureuse, mais elle s&rsquo;am\u00e9liora, gr\u00e2ce aux soins du docteur Debernardi, de sorte que Gurgo put quitter son lit comme convalescent. La maladie \u00e9tait comme disparue et le m\u00e9decin r\u00e9p\u00e9ta que le jeune homme s&rsquo;en \u00e9tait bien tir\u00e9. Entre-temps, le p\u00e8re du jeune avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9venu, car, comme personne n&rsquo;\u00e9tait encore mort \u00e0 l&rsquo;Oratoire, Don Bosco voulait \u00e9viter aux \u00e9l\u00e8ves un spectacle fun\u00e8bre. La neuvaine de No\u00ebl avait commenc\u00e9 et Gurgo, presque gu\u00e9ri, avait l&rsquo;intention d&rsquo;aller chez lui \u00e0 No\u00ebl. Cependant, lorsque Don Bosco recevait des bonnes nouvelles de sa sant\u00e9, il avait l&rsquo;air de ne pas y croire. Quand le p\u00e8re du jeune vint trouver son fils, voyant qu\u2019il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 en bonne forme, il demanda et obtint la permission de l\u2019emmener&nbsp;; il alla r\u00e9server une place dans la voiture pour le conduire le lendemain \u00e0 Novare, puis \u00e0 Pettinengo, afin qu&rsquo;il se r\u00e9tablisse compl\u00e8tement. C&rsquo;\u00e9tait le dimanche 23 d\u00e9cembre. Ce soir-l\u00e0, Gurgo manifesta le d\u00e9sir de manger de la viande, aliment interdit par le m\u00e9decin. Son p\u00e8re courut en acheter pour lui donner des forces et la fit cuire dans une machine \u00e0 caf\u00e9. Le jeune homme but le bouillon et mangea la viande, qui devait \u00eatre \u00e0 moiti\u00e9 crue et \u00e0 moiti\u00e9 cuite, et peut-\u00eatre trop, plus qu\u2019il ne fallait. Son p\u00e8re le laissa, et il ne resta dans la chambre que l&rsquo;infirmier et Cagliero. Mais voici qu\u2019\u00e0 une certaine heure de la nuit, le malade commen\u00e7a \u00e0 se plaindre de douleurs d&rsquo;estomac. La colique \u00e9tait revenue le tourmenter de la mani\u00e8re la plus atroce. Gurgo appela son assistant par son nom :<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Cagliero, Cagliero, j&rsquo;ai fini de t\u2019apprendre le piano.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Un peu de patience, courage, r\u00e9pondit Cagliero.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Je ne rentre plus chez moi, je ne pars plus. Prie pour moi. Si tu savais comme j\u2019ai mal&nbsp;! Recommande-moi \u00e0 la Madone.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Oui, je prierai. Invoque, toi aussi, la Vierge Marie.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Alors Cagliero commen\u00e7a \u00e0 prier, mais il s\u2019endormit, vaincu par le sommeil. L&rsquo;infirmier le secoua, et lui montrant Gurgo, courut imm\u00e9diatement appeler Don Alasonatti, qui dormait dans la chambre voisine. Il arriva mais, au bout de quelques instants, Gurgo s&rsquo;\u00e9teignit. Ce fut la d\u00e9solation dans toute la maison. Le matin, Cagliero rencontra Don Bosco qui descendait l&rsquo;escalier pour dire la messe et il le vit tr\u00e8s triste, parce qu&rsquo;on lui avait d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9 la douloureuse nouvelle.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans la maison, on n\u2019arr\u00eatait pas de parler de cette mort. On \u00e9tait \u00e0 la vingt-deuxi\u00e8me lune et celle-ci n\u2019\u00e9tait pas encore termin\u00e9e. En mourant le 24 d\u00e9cembre avant l&rsquo;aube, Gurgo r\u00e9alisait \u00e9galement la deuxi\u00e8me pr\u00e9diction, \u00e0 savoir qu&rsquo;il ne verrait pas la f\u00eate de No\u00ebl.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Apr\u00e8s le d\u00e9jeuner, les jeunes et les abb\u00e9s entouraient silencieusement Don Bosco. Tout \u00e0 coup, l\u2019abb\u00e9 Turchi Giovanni lui demanda si Gurgo \u00e9tait celui des lunes.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Oui, r\u00e9pondit Don Bosco, c&rsquo;est bien lui que j&rsquo;ai vu en r\u00eave.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Puis il ajouta :<br>&#8211; Vous avez certainement remarqu\u00e9 que je l&rsquo;ai fait dormir il y a quelque temps dans un dortoir sp\u00e9cial, en recommandant \u00e0 l&rsquo;un des meilleurs assistants d&rsquo;y transporter son lit afin qu&rsquo;il puisse veiller sur lui sans arr\u00eat. Cet assistant, c\u2019\u00e9tait l\u2019abb\u00e9 Giovanni Cagliero. Et soudain, se tournant vers cet abb\u00e9, il lui dit : \u00ab\u00a0Une autre fois, tu ne feras plus tes commentaires sur ce que te dira Don Bosco. Tu comprends maintenant pourquoi je ne voulais pas que tu quittes la pi\u00e8ce o\u00f9 se trouvait ce pauvre gar\u00e7on ? Tu me suppliais de changer, mais moi, je ne voulais pas te l\u2019accorder, pr\u00e9cis\u00e9ment pour que Gurgo ait quelqu\u2019un qui veille sur lui. S&rsquo;il vivait encore, il pourrait dire combien de fois je lui ai parl\u00e9 en long et en large de la mort et combien j\u2019ai eu soin de le disposer \u00e0 un heureux passage.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab\u00a0C\u2019est alors que j\u2019ai compris, \u00e9crira Mgr Cagliero, la raison des recommandations sp\u00e9ciales que Don Bosco m&rsquo;avait faites, et j&rsquo;ai appris \u00e0 mieux conna\u00eetre et appr\u00e9cier l&rsquo;importance de ses paroles et de ses avertissements paternels\u00a0\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab\u00a0La veille de No\u00ebl, raconte Pietro Enria, je me souviens encore de Don Bosco montant sur la petite estrade et tournant son regard comme s&rsquo;il cherchait quelqu&rsquo;un. Et il dit : c\u2019est le premier jeune qui meurt \u00e0 l&rsquo;Oratoire&nbsp;; mais il a bien fait les choses et nous esp\u00e9rons qu&rsquo;il est au paradis. Je vous recommande d&rsquo;\u00eatre toujours pr\u00eats&#8230; Et il ne put rien dire de plus, car il souffrait trop dans son c\u0153ur. La mort lui avait enlev\u00e9 un fils\u00a0\u00bb.<br><em>(MB V, 377-383)<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En mars 1854, un jour de f\u00eate, apr\u00e8s les v\u00eapres, Don Bosco r\u00e9unit tous les&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":18,"featured_media":35669,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":61,"footnotes":""},"categories":[130],"tags":[1716,2634,2554,1764,1824,2049,1698,1980,1968,1956,1962],"class_list":["post-35675","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-songes-de-don-bosco","tag-charisme-salesien","tag-conciles","tag-dieu","tag-don-bosco","tag-gras-obtenues","tag-jeunes","tag-providence","tag-reves","tag-saints","tag-salesiens","tag-salut"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35675","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/18"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=35675"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35675\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/35669"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=35675"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=35675"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=35675"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}