{"id":35552,"date":"2025-03-17T13:44:08","date_gmt":"2025-03-17T13:44:08","guid":{"rendered":"https:\/\/exciting-knuth.178-32-140-152.plesk.page\/?p=35552"},"modified":"2025-03-17T13:46:22","modified_gmt":"2025-03-17T13:46:22","slug":"election-du-premier-recteur-majeur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/bonne-presse\/election-du-premier-recteur-majeur\/","title":{"rendered":"\u00c9lection du premier Recteur Majeur"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Lors du onzi\u00e8me Chapitre G\u00e9n\u00e9ral de la Congr\u00e9gation Sal\u00e9sienne, on a \u00e9lu le premier Recteur Majeur, Don Paolo Albera. Tout en \u00e9tant officiellement le deuxi\u00e8me successeur de don Bosco, il fut en r\u00e9alit\u00e9 le premier \u00e0 \u00eatre \u00e9lu, car Don Rua avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 personnellement par Don Bosco, par inspiration divine et \u00e0 la demande du Pape Pie IX (la nomination de Don Rua a \u00e9t\u00e9 officialis\u00e9e le 27 novembre 1884 et confirm\u00e9e par le Saint-Si\u00e8ge le 11 f\u00e9vrier 1888). Suivons maintenant le r\u00e9cit de Don Eugenio Ceria, qui raconte l&rsquo;\u00e9lection du premier successeur de Don Bosco et les travaux du Chapitre G\u00e9n\u00e9ral.<br><\/em><br><br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il para\u00eet presque impossible de parler des anciens Sal\u00e9siens sans partir de Don Bosco. Cette fois, c&rsquo;est pour admirer la divine Providence, qui a mis sur le difficile chemin de Don Bosco les hommes indispensables \u00e0 sa Congr\u00e9gation naissante, \u00e0 divers niveaux et fonctions. Non pas des hommes faits, mais des hommes \u00e0 fa\u00e7onner. Il revenait au fondateur de les chercher parmi les jeunes, de les faire grandir, de les \u00e9duquer, de les instruire, de les informer de son esprit, afin qu\u2019ils le repr\u00e9sentent dignement au milieu des confr\u00e8res et devant les \u00e9trangers partout o\u00f9 il les enverrait. Ce fut aussi le cas de son deuxi\u00e8me successeur. Le petit et fr\u00eale Paolino Albera, lorsqu&rsquo;il vint de son village natal \u00e0 l&rsquo;Oratoire, ne se distinguait dans la foule de ses camarades par aucune de ces caract\u00e9ristiques qui attirent l&rsquo;attention sur un nouvel arrivant. Mais Don Bosco ne tarda pas \u00e0 discerner en lui l&rsquo;innocence des m\u0153urs, une capacit\u00e9 intellectuelle voil\u00e9e par une timidit\u00e9 naturelle, et une nature d&rsquo;enfant, qui lui donnait de bonnes raisons d&rsquo;esp\u00e9rer. Apr\u00e8s l\u2019avoir conduit jusqu&rsquo;au sacerdoce, il l&rsquo;envoya comme Directeur \u00e0 Sampierdarena, puis Directeur \u00e0 Marseille et Provincial de France, o\u00f9 on l&rsquo;appelait \u00ab\u00a0le petit Don Bosco\u00a0\u00bb, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;en 1886 la confiance de ses confr\u00e8res l&rsquo;\u00e9lise Cat\u00e9chiste g\u00e9n\u00e9ral, c&rsquo;est-\u00e0-dire Directeur spirituel de la Soci\u00e9t\u00e9. Mais son ascension ne s&rsquo;arr\u00eata pas l\u00e0.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Apr\u00e8s la mort de Don Rua, le gouvernement de la Soci\u00e9t\u00e9 passa, selon la R\u00e8gle, entre les mains du Pr\u00e9fet G\u00e9n\u00e9ral, Don Filippo Rinaldi, qui pr\u00e9sida le Chapitre Sup\u00e9rieur et dirigeait les pr\u00e9paratifs pour le Chapitre G\u00e9n\u00e9ral qui devait se tenir en l&rsquo;ann\u00e9e 1910. Il fut d\u00e9cid\u00e9 que la grande assembl\u00e9e s&rsquo;ouvrirait le 15 ao\u00fbt, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d&rsquo;une retraite spirituelle, pr\u00each\u00e9e par Don Albera pour tous les Capitulaires.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Un journal intime de Don Albera, r\u00e9dig\u00e9 en anglais, nous permet de conna\u00eetre quels \u00e9taient ses sentiments pendant la p\u00e9riode d&rsquo;attente. \u00c0 la date du 21 avril, nous trouvons : \u00ab Je parle longuement avec Don Rinaldi et avec grand plaisir. Je d\u00e9sire de tout c\u0153ur qu&rsquo;il soit \u00e9lu \u00e0 la charge de Recteur Majeur de notre Congr\u00e9gation. Je prierai le Saint-Esprit pour obtenir cette gr\u00e2ce. \u00bb Et le 26 : \u00ab On parle rarement du successeur de Don Rua. J&rsquo;esp\u00e8re qu\u2019on \u00e9lira le Pr\u00e9fet. Il a les vertus n\u00e9cessaires pour cette charge. Chaque jour, je prie pour cette gr\u00e2ce. \u00bb De nouveau le 11 mai : \u00ab J&rsquo;accepte d&rsquo;aller \u00e0 Milan pour les fun\u00e9railles de Don Rua. Je suis tr\u00e8s heureux d&rsquo;ob\u00e9ir \u00e0 Don Rinaldi, en qui je reconnais mon v\u00e9ritable Sup\u00e9rieur. Je prie tous les jours pour qu\u2019il soit \u00e9lu Recteur Majeur. \u00bb Le 6 juin, il r\u00e9v\u00e8le pourquoi il a tant de penchant pour Don Rinaldi en \u00e9crivant : \u00ab J&rsquo;ai une haute id\u00e9e de sa vertu, de ses capacit\u00e9s et de son esprit d\u2019initiative. \u00bb Peu apr\u00e8s, en allant \u00e0 Rome en sa compagnie, il \u00e9crivait le 8 \u00e0 Florence : \u00ab Je vois que Don Rinaldi est bien accueilli partout et consid\u00e9r\u00e9 comme le successeur de Don Rua. Il laisse une bonne impression \u00e0 ceux avec qui il parle. \u00bb<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 S&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 permis de faire de la propagande, il est certain qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 son grand \u00e9lecteur. Et nombreux \u00e9taient les Sal\u00e9siens qui pensaient comme lui. Ne parlons pas des Espagnols, parmi lesquels il avait laiss\u00e9 un grand h\u00e9ritage d&rsquo;affection. Provinciaux et d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s, lorsqu&rsquo;ils arrivaient d&rsquo;Espagne pour le Chapitre G\u00e9n\u00e9ral, n\u2019en faisaient pas myst\u00e8re, m\u00eame en parlant avec lui. Mais il r\u00e9pondait \u00e0 ces discours avec l&rsquo;indiff\u00e9rence d&rsquo;un sourd qui n&rsquo;entend pas un mot de ce qu&rsquo;on lui dit. Son attitude \u00e9tait telle qu&rsquo;elle impressionnait ses interlocuteurs enthousiastes. Cela tenait vraiment du myst\u00e8re.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le soir de l&rsquo;Assomption eut lieu la r\u00e9union d&rsquo;ouverture, au cours de laquelle Don Rinaldi \u00ab a tr\u00e8s bien parl\u00e9 \u00bb, note dans son journal Don Albera. L&rsquo;\u00e9lection du Recteur Majeur eut lieu lors de la s\u00e9ance du matin suivant. D\u00e8s le d\u00e9but du scrutin, les noms de Don Albera et de Don Rinaldi se succ\u00e9daient \u00e0 de brefs intervalles. Le premier apparaissait de plus en plus troubl\u00e9 et effray\u00e9 ; l&rsquo;autre, en revanche, ne montrait pas le moindre signe d&rsquo;\u00e9motion. Cela fut remarqu\u00e9, et non sans une petite pointe de curiosit\u00e9. Un grand applaudissement salua le vote, qui atteignait la majorit\u00e9 absolue requise par la R\u00e8gle. Apr\u00e8s avoir accompli le dernier acte en sa qualit\u00e9 de pr\u00e9sident de l&rsquo;assembl\u00e9e avec la proclamation de l&rsquo;\u00e9lu, Don Rinaldi demanda \u00e0 pouvoir lire un de ses m\u00e9morandums. Ayant obtenu l&rsquo;assentiment, il se fit restituer par Don Lemoyne, Secr\u00e9taire du Chapitre Sup\u00e9rieur, une enveloppe ferm\u00e9e qu\u2019il lui avait remise le 27 f\u00e9vrier avec la mention : \u00ab \u00c0 ouvrir apr\u00e8s les \u00e9lections qui auront lieu \u00e0 la mort du cher Don Rua. \u00bb L&rsquo;ayant pris dans ses mains, il l\u2019ouvrit et lut : \u00ab Don Rua est gravement malade et je me crois dans l&rsquo;obligation de mettre par \u00e9crit pour son successeur ce que je conserve dans mon c\u0153ur. Le 22 novembre 1877, on c\u00e9l\u00e9brait \u00e0 Borgo S. Martino la f\u00eate traditionnelle de Saint Charles. \u00c0 table o\u00f9 pr\u00e9sidaient le V\u00e9n\u00e9rable Giovanni Bosco et Mgr Ferr\u00f2, j\u2019\u00e9tais assis \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Don Belmonte. \u00c0 un certain moment, la conversation tomba sur Don Albera et Don Bosco raconta les difficult\u00e9s que lui avait cr\u00e9\u00e9es le clerg\u00e9 de son pays. C&rsquo;est alors que Mgr Ferr\u00f2 voulut savoir si Don Albera avait surmont\u00e9 ces difficult\u00e9s : \u2014 Certainement, r\u00e9pondit Don Bosco. Il est mon second&#8230; \u2013 Et passant la main sur son front, il suspendit la phrase. Mais je compris tout de suite qu&rsquo;il ne s&rsquo;agissait pas du deuxi\u00e8me confr\u00e8re entr\u00e9 dans la congr\u00e9gation, ni du deuxi\u00e8me en dignit\u00e9 car il n&rsquo;\u00e9tait pas du Chapitre Sup\u00e9rieur, ni du deuxi\u00e8me Directeur. J\u2019en ai d\u00e9duit qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de son deuxi\u00e8me successeur ; mais je conservai ces choses dans mon c\u0153ur, en attendant les \u00e9v\u00e9nements. Turin, 27 f\u00e9vrier 1910. \u00bb Les \u00e9lecteurs comprirent alors pourquoi il avait eu ce comportement et se sentirent soulag\u00e9s : ils avaient \u00e9lu celui qui avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9conis\u00e9 par Don Bosco trente-trois ans auparavant.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Don Bertello fut imm\u00e9diatement charg\u00e9 de formuler deux t\u00e9l\u00e9grammes de communication au Saint-P\u00e8re et au Cardinal Rampolla, Protecteur de la Soci\u00e9t\u00e9 sal\u00e9sienne. Au Pape, il \u00e9tait dit : \u00ab Don Paolo Albera, nouveau Recteur Majeur de la Pieuse Soci\u00e9t\u00e9 Sal\u00e9sienne et le Chapitre G\u00e9n\u00e9ral, qui l\u2019a \u00e9lu dans la plus grande concorde aujourd&rsquo;hui, quatre-vingt-quinzi\u00e8me anniversaire de la naissance du V\u00e9n\u00e9rable Don Bosco, et f\u00eate son \u00e9lection dans la plus grande jubilation, remercie Votre Saintet\u00e9 pour ses pr\u00e9cieux conseils et pri\u00e8res et proteste de son profond respect et ob\u00e9issance illimit\u00e9e. \u00bb Sa Saintet\u00e9 r\u00e9pondit rapidement en envoyant la b\u00e9n\u00e9diction apostolique. Dans le t\u00e9l\u00e9gramme, il est fait allusion \u00e0 un autographe pontifical du 9 ao\u00fbt. Il \u00e9tait de la teneur suivante : \u00ab Aux chers fils de la Congr\u00e9gation Sal\u00e9sienne du V\u00e9n\u00e9rable Don Bosco r\u00e9unis pour l&rsquo;\u00e9lection du Recteur G\u00e9n\u00e9ral, dans la certitude que tous, <em>quacumque humana affectione postposita<\/em>, donneront leur vote au Confr\u00e8re qu&rsquo;ils jugeront dans le Seigneur le plus apte \u00e0 maintenir le v\u00e9ritable esprit de la R\u00e8gle, \u00e0 encourager et \u00e0 guider vers la perfection tous les Membres de l&rsquo;Institut religieux, et \u00e0 faire prosp\u00e9rer les multiples \u0153uvres de charit\u00e9 et de religion auxquelles ils se sont consacr\u00e9s, nous accordons avec une affection paternelle la B\u00e9n\u00e9diction Apostolique. Du Vatican, le 9 ao\u00fbt 1910. Pius PP. X\u00a0\u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le Cardinal Protecteur avait \u00e9galement adress\u00e9 le 12 ao\u00fbt \u00ab une parole paternelle de v\u0153ux et d&rsquo;encouragement au R\u00e9gulateur et aux \u00c9lecteurs du Chapitre \u00bb, disant entre autres : \u00ab Votre Don Bosco tant aim\u00e9 vous regarde certainement du haut du Ciel avec toute son affection paternelle, en suppliant ardemment le Divin Paraclet qu&rsquo;il r\u00e9pande sur vous les lumi\u00e8res c\u00e9lestes et vous inspire de sages conseils. La sainte \u00c9glise attend de vos suffrages un digne successeur de Don Bosco et de Don Rua, qui sache conserver avec sagesse leur \u0153uvre, et m\u00eame l&rsquo;accro\u00eetre avec de nouveaux progr\u00e8s. Quant \u00e0 moi, avec le plus grand int\u00e9r\u00eat, je m\u2019unis \u00e9galement \u00e0 vous dans la pri\u00e8re, et je forme des v\u0153ux ardents, afin qu&rsquo;avec la faveur divine, votre choix soit heureux sous tous rapports et tel qu&rsquo;il me procure la douce consolation de voir la Congr\u00e9gation Sal\u00e9sienne toujours plus florissante pour le bien des \u00e2mes et \u00e0 l&rsquo;honneur de l&rsquo;apostolat catholique. Faites donc en sorte que, dans un acte aussi sacr\u00e9 et solennel, votre esprit se tienne \u00e9loign\u00e9 des consid\u00e9rations humaines et des sentiments personnels ; afin qu&rsquo;anim\u00e9s uniquement par de droites intentions et un ardent d\u00e9sir de la gloire de Dieu et du plus grand bien de l&rsquo;Institut, unis au nom du Seigneur dans la plus parfaite concorde et charit\u00e9, vous puissiez choisir un sup\u00e9rieur qui soit pour vous un exemple par la saintet\u00e9 de sa vie, un p\u00e8re aimant par la bont\u00e9 de son c\u0153ur, un guide s\u00fbr par sa prudence et sa sagesse, et par son z\u00e8le et sa fermet\u00e9 un gardien vigilant de la discipline, de l&rsquo;observance religieuse et de l&rsquo;esprit du V\u00e9n\u00e9rable Fondateur. \u00bb Son \u00c9minence, recevant peu apr\u00e8s Don Albera, lui donna des signes indubitables que le choix avait \u00e9t\u00e9 fait conform\u00e9ment aux v\u0153ux qu&rsquo;il avait exprim\u00e9s.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Quels \u00e9taient, en ces premiers instants, les sentiments de l&rsquo;\u00e9lu, c\u2019est ce que nous r\u00e9v\u00e8le le journal, \u00e0 la date du 16 ao\u00fbt, o\u00f9 nous lisons : \u00ab C&rsquo;est un jour de grand malheur pour moi. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 \u00e9lu Recteur Majeur de la Pieuse Soci\u00e9t\u00e9 de Saint Fran\u00e7ois de Sales. Quelle responsabilit\u00e9 sur mes \u00e9paules ! Maintenant plus que jamais je dois crier : <em>Deus, in adiutorium meum intende<\/em>. J&rsquo;ai beaucoup pri\u00e9, surtout devant la tombe de Don Bosco \u00bb. Dans son portefeuille, on a trouv\u00e9 un petit papier jauni, sur lequel il avait trac\u00e9 et sign\u00e9 son programme : \u00ab J&rsquo;aurai toujours Dieu en vue, J\u00e9sus-Christ comme mod\u00e8le, l&rsquo;Auxiliatrice pour m&rsquo;aider, moi-m\u00eame en sacrifice \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00c0 cette date, les mandats de tous les membres du Chapitre Sup\u00e9rieur avaient expir\u00e9 et il fallait proc\u00e9der \u00e0 leur \u00e9lection, ce qui fut fait lors de la troisi\u00e8me s\u00e9ance. Le Pr\u00e9fet G\u00e9n\u00e9ral fut \u00e9lu en premier. Le vote sur le nom de Don Rinaldi fut pl\u00e9biscitaire. Sur les 73 votants, 71 lui donn\u00e8rent leur voix. Il manqua donc une seule voix, qui alla \u00e0 Don Paolo Virion, Provincial de France. L&rsquo;autre, tr\u00e8s probablement la sienne, fut pour Don Pietro Ricaldone, Provincial d\u2019Espagne, qu&rsquo;il estimait beaucoup. Celui-ci reprit donc son travail quotidien, qui devait durer encore douze ans, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il devienne lui-m\u00eame Recteur Majeur.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Apr\u00e8s cela, le Chapitre passa \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection des autres membres, qui furent : Don Giulio Barberis, Cat\u00e9chiste G\u00e9n\u00e9ral ; Don Giuseppe Bertello, \u00c9conome ; Don Luigi Piscetta, Don Francesco Cerruti, Don Giuseppe Vespignani, Conseillers. Ce dernier, Provincial d\u2019Argentine, remercia l&rsquo;assembl\u00e9e pour l&rsquo;acte de confiance, mais se dit oblig\u00e9 pour des raisons particuli\u00e8res et aussi pour sa sant\u00e9 de d\u00e9cliner la nomination, en priant l\u2019assembl\u00e9e de proc\u00e9der \u00e0 une autre \u00e9lection. Mais le Sup\u00e9rieur ne crut pas devoir accepter sa renonciation si rapidement et lui demanda de suspendre toute d\u00e9cision jusqu&rsquo;au lendemain. Le lendemain, invit\u00e9 par le Recteur Majeur \u00e0 notifier la r\u00e9solution prise, il r\u00e9pondit qu&rsquo;en suivant le conseil du Sup\u00e9rieur, il se remettait enti\u00e8rement \u00e0 l&rsquo;ob\u00e9issance en acceptant la charge.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le premier acte du Pr\u00e9fet G\u00e9n\u00e9ral r\u00e9\u00e9lu fut d&rsquo;informer officiellement les confr\u00e8res de l&rsquo;\u00e9lection du nouveau Recteur Majeur. Dans une br\u00e8ve lettre, \u00e9voquant rapidement les diff\u00e9rentes phases de sa vie, il rappelait opportun\u00e9ment le \u00ab R\u00eave de la Roue \u00bb, dans lequel Don Bosco avait vu Don Albera avec une lampe \u00e0 la main pour \u00e9clairer et guider les autres (MB VI,910). Il concluait tr\u00e8s opportun\u00e9ment : \u00ab Mes chers confr\u00e8res, que r\u00e9sonnent encore une fois \u00e0 vos oreilles les paroles affectueuses de Don Bosco dans sa lettre-testament : \u201cVotre Recteur est mort, mais un autre sera \u00e9lu, qui prendra soin de vous et de votre salut \u00e9ternel. \u00c9coutez-le, aimez-le, ob\u00e9issez-lui, priez pour lui, comme vous l&rsquo;avez fait pour moi\u201d.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Aux Filles de Marie Auxiliatrice, Don Albera estima opportun de faire sans trop tarder une communication, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il recevait d&rsquo;elles un bon nombre de lettres. Il les remercia pour leurs f\u00e9licitations, mais surtout pour leurs pri\u00e8res. \u00ab J&rsquo;esp\u00e8re, \u00e9crivait-il, que Dieu exaucera vos v\u0153ux et qu&rsquo;il ne permettra pas que mon inaptitude nuise aux \u0153uvres auxquelles le V\u00e9n\u00e9rable Don Bosco et l&rsquo;inoubliable Don Rua consacr\u00e8rent toute leur vie \u00bb. Il souhaitait enfin qu&rsquo;entre les deux branches de la famille de Don Bosco r\u00e8gne toujours une sainte \u00e9mulation pour conserver l&rsquo;esprit de charit\u00e9 et de z\u00e8le laiss\u00e9 en h\u00e9ritage par le fondateur.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Jetons maintenant un coup d\u2019\u0153il rapide sur les travaux du Chapitre G\u00e9n\u00e9ral. On peut dire qu&rsquo;il n&rsquo;avait qu&rsquo;un seul th\u00e8me fondamental. Le Chapitre pr\u00e9c\u00e9dent, apr\u00e8s avoir effectu\u00e9 une r\u00e9vision plut\u00f4t sommaire des R\u00e8glements, avait d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019ils seraient appliqu\u00e9s tels quels pendant six ans <em>ad experimentum<\/em> et que le onzi\u00e8me Chapitre G\u00e9n\u00e9ral les examinerait \u00e0 nouveau en fixant le texte d\u00e9finitif. Ces R\u00e8glements \u00e9taient au nombre de six : pour les Provinciaux, pour toutes les maisons sal\u00e9siennes, pour les maisons de noviciat, pour les paroisses, pour les oratoires festifs et pour la Pieuse Union des Coop\u00e9rateurs. Dans une p\u00e9tition sign\u00e9e par 36 membres, Le m\u00eame Xe Chapitre avait demand\u00e9 que le XIe traite de l\u2019administration et surtout de la mani\u00e8re de rendre toujours plus profitables les ressources que la Providence accordait \u00e0 chaque maison sal\u00e9sienne. Pour faciliter ce travail ardu, on nomma une Commission de techniciens, pour ainsi dire, extra-capitulaire, pour \u00e9tudier les questions sur le sujet et pr\u00e9senter au Chapitre ses conclusions.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Les discussions, commenc\u00e9es lors de la cinqui\u00e8me s\u00e9ance, se prolong\u00e8rent pendant les 21 sessions suivantes. Pour \u00e9puiser le sujet, il aurait fallu prolonger les travaux ; mais le Chapitre G\u00e9n\u00e9ral, par un vote unanime, confia la t\u00e2che de finaliser la r\u00e9vision au Chapitre Sup\u00e9rieur, qui promit de le mener \u00e0 terme en nommant une Commission sp\u00e9ciale. Cependant, le Chapitre G\u00e9n\u00e9ral, pour montrer qu&rsquo;il ne s&rsquo;en d\u00e9sint\u00e9ressait pas et pour faciliter la t\u00e2che, manifesta le d\u00e9sir de cr\u00e9er une Commission charg\u00e9e de formuler les principaux crit\u00e8res qui devraient guider la nouvelle Commission des R\u00e8glements dans son long et d\u00e9licat travail. C\u2019est ce qui fut fait. Dix normes directrices, \u00e9labor\u00e9es par ses d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s sous la pr\u00e9sidence de Don Ricaldone, furent port\u00e9es \u00e0 la connaissance de l&rsquo;assembl\u00e9e et approuv\u00e9es. L&rsquo;objectif de celles-ci \u00e9tait de maintenir fermement l&rsquo;esprit de Don Bosco, en conservant intacts les articles qui \u00e9taient reconnus comme les siens, et d&rsquo;\u00e9liminer des R\u00e8glements ce qu&rsquo;ils contenaient de purement exhortatif.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Du XIe Chapitre G\u00e9n\u00e9ral, je ne rappellerai rien d&rsquo;autre que deux \u00e9pisodes, qui semblent avoir une importance particuli\u00e8re. Le premier concerne le R\u00e8glement des Oratoires festifs. La Commission extra-capitulaire avait cru bon de l&rsquo;all\u00e9ger, surtout dans la partie concernant les diverses charges. Mais \u00e0 Don Rinaldi, il sembla qu\u2019on alt\u00e9rait la conception de Don Bosco concernant les Oratoires festifs ; d&rsquo;o\u00f9 cette intervention de sa part : \u00ab Le R\u00e8glement imprim\u00e9 en 1877 a \u00e9t\u00e9 v\u00e9ritablement compil\u00e9 par Don Bosco, et Don Rua me l&rsquo;assurait quatre mois avant sa mort. Je fais donc des v\u0153ux pour qu&rsquo;il soit conserv\u00e9 intact, car, s&rsquo;il est appliqu\u00e9, on verra qu&rsquo;il est toujours bon m\u00eame aujourd&rsquo;hui \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ici s\u2019engagea une discussion anim\u00e9e, dont je retiens les r\u00e9pliques les plus notables. Le rapporteur d\u00e9clara que la Commission ignorait compl\u00e8tement cette particularit\u00e9 ; mais il observa aussi que ce R\u00e8glement n&rsquo;avait jamais \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9 int\u00e9gralement dans aucun Oratoire festif, m\u00eame \u00e0 Turin. La Commission opina que le R\u00e8glement avait \u00e9t\u00e9 fait compiler par Don Bosco sur le mod\u00e8le des R\u00e8glements des Oratoires festifs lombards ; en tout cas, elle avait seulement voulu l&rsquo;all\u00e9ger et y introduire ce qui \u00e9tait la pratique dans les meilleurs Oratoires sal\u00e9siens. Mais Don Rinaldi ne se calma pas et insista sur le d\u00e9sir de Don Rua que ce R\u00e8glement soit respect\u00e9, comme \u0153uvre de Don Bosco, en y introduisant \u00e9ventuellement ce qui serait jug\u00e9 utile pour les jeunes adultes.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Don Vespignani renfor\u00e7a cette th\u00e8se. \u00c9tant arriv\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Oratoire d\u00e9j\u00e0 pr\u00eatre en 1876, il avait re\u00e7u de Don Rua la mission de transcrire ce R\u00e8glement de l&rsquo;original de Don Bosco et en conservait encore les premi\u00e8res \u00e9bauches. Don Barberis assura \u00e9galement avoir vu l&rsquo;autographe. Les opposants avaient des objections concernant les charges. Mais Don Rinaldi ne d\u00e9sarma pas, au contraire, il pronon\u00e7a ces mots \u00e9nergiques : \u00ab Rien ne doit \u00eatre alt\u00e9r\u00e9 du R\u00e8glement de Don Bosco, sinon il perdrait son autorit\u00e9 \u00bb. Don Vespignani confirma une nouvelle fois son avis avec des exemples d&rsquo;Am\u00e9rique et sp\u00e9cialement d&rsquo;Uruguay\u00a0: en voulant faire autrement \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de Mgr Lasagna, on n&rsquo;avait abouti \u00e0 rien. Enfin, la controverse fut close en votant l&rsquo;ordre du jour suivant : \u00ab Le XIe Chapitre G\u00e9n\u00e9ral d\u00e9cide de conserver intact le \u201cR\u00e8glement des Oratoires festifs\u201d de Don Bosco, tel qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 imprim\u00e9 en 1877, en y ajoutant seulement en annexe les ajouts jug\u00e9s opportuns, notamment pour les sections des jeunes adultes \u00bb. On doit louer la sensibilit\u00e9 de l&rsquo;assembl\u00e9e face \u00e0 une tentative de r\u00e9forme par rapport \u00e0 ce que Don Bosco avait \u00e9tabli.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le deuxi\u00e8me \u00e9pisode appartient \u00e0 l&rsquo;avant-derni\u00e8re s\u00e9ance pour une question non \u00e9trang\u00e8re aux R\u00e8glements, comme cela pourrait sembler \u00e0 premi\u00e8re vue. Elle fut soulev\u00e9e \u00e0 nouveau par Don Rinaldi, devenu l&rsquo;interpr\u00e8te du d\u00e9sir de beaucoup qui voulaient que soit d\u00e9finie la position des Directeurs dans les maisons apr\u00e8s le d\u00e9cret sur les confessions. Jusqu&rsquo;en 1901, \u00e9tant les confesseurs ordinaires des confr\u00e8res et des \u00e9l\u00e8ves, ils dirigeaient leur maison habituellement dans un esprit paternel (ce sujet est largement expos\u00e9 dans les Annales III,170-194). Apr\u00e8s cette date, on commen\u00e7ait \u00e0 observer que le caract\u00e8re paternel voulu par Don Bosco chez ses Directeurs et insinu\u00e9 dans le R\u00e8glement des maisons et ailleurs commen\u00e7ait \u00e0 dispara\u00eetre ; les Directeurs en effet s&rsquo;occupaient des affaires mat\u00e9rielles, disciplinaires et scolaires, devenant ainsi des Recteurs et non plus des Directeurs. \u00ab Nous devons revenir, disait Don Rinaldi, \u00e0 l&rsquo;esprit et au concept de Don Bosco, manifest\u00e9s surtout dans ses \u201cSouvenirs confidentiels\u201d (Annales III,49-53) et dans le R\u00e8glement. Le Directeur doit toujours \u00eatre un Directeur sal\u00e9sien. Except\u00e9 le minist\u00e8re de la confession, rien n&rsquo;a chang\u00e9 \u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Don Bertello d\u00e9plora que les Directeurs aient cru devoir laisser, non seulement la confession, mais aussi le souci spirituel de la maison, se consacrant \u00e0 des fonctions mat\u00e9rielles. \u00ab Esp\u00e9rons, dit-il, que ce n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;une chose passag\u00e8re. Il faut revenir \u00e0 l&rsquo;id\u00e9al de Don Bosco, d\u00e9crit dans le R\u00e8glement. Qu&rsquo;on lise ces articles, qu&rsquo;on les m\u00e9dite et qu&rsquo;on les pratique \u00bb (Il les cita selon l&rsquo;\u00e9dition de l&rsquo;\u00e9poque ; dans la pr\u00e9sente \u00e9dition, ce seraient les num\u00e9ros 156, 157, 158, 159, 57, 160, 91, 195). Don Albera conclut en disant : \u00ab C&rsquo;est une question essentielle pour la vie de notre Soci\u00e9t\u00e9, que l&rsquo;esprit du Directeur soit conserv\u00e9 selon l&rsquo;id\u00e9al de Don Bosco ; sinon, nous changeons notre mani\u00e8re d&rsquo;\u00e9duquer et nous ne serons plus sal\u00e9siens. Nous devons tout faire pour conserver l&rsquo;esprit de paternit\u00e9, en pratiquant les conseils que Don Bosco nous a laiss\u00e9s : ils nous diront comment il faut faire. Surtout dans les rendements de compte, nous pourrons conna\u00eetre nos sujets et les diriger. Quant aux jeunes, la paternit\u00e9 ne consiste pas \u00e0 distribuer des caresses ou des concessions illimit\u00e9es, mais \u00e0 s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 eux, \u00e0 leur donner la possibilit\u00e9 de venir nous voir. N&rsquo;oublions pas non plus l&rsquo;importance du petit mot du soir. Que les pr\u00e9dications soient bien faites et avec c\u0153ur. Montrons que nous tenons au salut des \u00e2mes et laissons aux autres les r\u00f4les odieux. Ainsi, on conservera l&rsquo;aur\u00e9ole que Don Bosco voulait pour le Directeur. \u00bb<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Cette fois encore, les Capitulaires purent visiter \u00e0 l&rsquo;Oratoire une Exposition g\u00e9n\u00e9rale des \u00c9coles Professionnelles et Agricoles Sal\u00e9siennes, la troisi\u00e8me, qui dura du 3 juillet au 16 octobre. Ayant d\u00e9j\u00e0 d\u00e9crit les deux pr\u00e9c\u00e9dentes, je ne m&rsquo;attarderai pas \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter \u00e0 peu pr\u00e8s les m\u00eames choses (Annales III, 452-472). Naturellement, l&rsquo;exp\u00e9rience pass\u00e9e a servi \u00e0 une meilleure organisation de l&rsquo;exposition. Le crit\u00e8re \u00e9nonc\u00e9 d\u00e9j\u00e0 deux fois par l&rsquo;organisateur Don Bertello pr\u00e9valut, \u00e0 savoir que, selon un ordre voulu par Don Bosco, chaque Exposition de ce genre devait se r\u00e9p\u00e9ter p\u00e9riodiquement pour la formation et l&rsquo;encouragement des \u00e9coles. L&rsquo;ouverture et la cl\u00f4ture furent rehauss\u00e9es par l&rsquo;intervention des autorit\u00e9s municipales et de repr\u00e9sentants du Gouvernement. Les visiteurs ne manqu\u00e8rent jamais, et parmi eux des personnalit\u00e9s de haut rang et m\u00eame de v\u00e9ritables comp\u00e9tences. Le dernier jour, le professeur Piero Gribaudi fit au nouveau Recteur Majeur la premi\u00e8re pr\u00e9sentation d&rsquo;anciens \u00e9l\u00e8ves turinois au nombre d&rsquo;environ 300. Le D\u00e9put\u00e9 Cornaggia, dans son discours final, pronon\u00e7a ce jugement digne de rester en m\u00e9moire (Bulletin Sal\u00e9sien, nov. 1910, p. 332) : \u00ab\u00a0Celui qui a eu l&rsquo;occasion d&rsquo;approfondir l&rsquo;\u00e9tude de l&rsquo;organisation de ces \u00e9coles et des concepts qui les inspirent, ne peut qu\u2019admirer la sagesse de ce Grand, qui a compris les besoins des ouvriers dans les conditions des temps nouveaux, pr\u00e9venant philanthropes et l\u00e9gislateurs\u00a0\u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00c0 cette exposition particip\u00e8rent 55 maisons avec un nombre total de 203 sections. L&rsquo;examen des travaux expos\u00e9s fut confi\u00e9 \u00e0 neuf jurys distincts, dont faisaient partie 50 professeurs, artistes et industriels parmi les plus \u00e9minents de Turin. L&rsquo;Exposition devant avoir un caract\u00e8re exclusivement scolaire, les travaux furent jug\u00e9s et les prix attribu\u00e9s selon ce crit\u00e8re. Ces prix importants furent offerts par le Pape (une m\u00e9daille d&rsquo;or), par le Minist\u00e8re de l&rsquo;Agriculture et du Commerce (cinq m\u00e9dailles d&rsquo;argent), par la Municipalit\u00e9 de Turin (une m\u00e9daille d&rsquo;or et deux d&rsquo;argent), par le Consortium agricole de Turin (deux m\u00e9dailles d&rsquo;argent), par la \u00ab\u00a0Pro Torino\u00a0\u00bb (une m\u00e9daille vermeil, une d&rsquo;argent et deux de bronze), par les anciens \u00e9l\u00e8ves du Cercle \u00ab\u00a0Don Bosco\u00a0\u00bb (une m\u00e9daille d&rsquo;or), par la Soci\u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0Augusta\u00a0\u00bb de Turin (500 lires en mat\u00e9riel typographique \u00e0 r\u00e9partir en trois prix), par le Chapitre Sup\u00e9rieur sal\u00e9sien (couronne de laurier en argent dor\u00e9 pour le grand prix). On peut lire ces attributions dans le num\u00e9ro cit\u00e9 du Bulletin Sal\u00e9sien.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il convient de rapporter les derni\u00e8res lignes du rapport que Don Bertello lut avant la proclamation des laur\u00e9ats. Il dit : \u00ab\u00a0Il y a environ trois mois, lors de l&rsquo;inauguration de notre petite Exposition, nous avons d\u00e9plor\u00e9 la mort du R\u00e9v\u00e9rend Don Rua, celui \u00e0 qui nous avions l&rsquo;intention de rendre hommage par nos \u00e9tudes et nos travaux \u00e0 l\u2019occasion de son jubil\u00e9 sacerdotal. La Divine Providence nous a donn\u00e9 un nouveau Sup\u00e9rieur et P\u00e8re en la personne du R\u00e9v\u00e9rend Don Albera. Ainsi, en cl\u00f4turant l&rsquo;Exposition, nous d\u00e9posons entre ses mains nos projets et nos espoirs, s\u00fbrs que l&rsquo;apprenti, qui fut d\u00e9j\u00e0 auparavant le premier souci du V\u00e9n\u00e9rable Don Bosco et les d\u00e9lices de Don Rua, aura toujours une place convenable dans l&rsquo;affection et les sollicitudes de leur Successeur\u00a0\u00bb.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ce fut le dernier triomphe de Don Bertello. Un peu plus d&rsquo;un mois plus tard, le 20 novembre, un malaise soudain mettait fin d&rsquo;un coup \u00e0 une existence si active. L&rsquo;esprit robuste, la solide culture, la fermet\u00e9 de caract\u00e8re et la bont\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me firent de lui d&rsquo;abord un sage Directeur de coll\u00e8ge, puis un Provincial assidu et enfin, pendant douze ans, un Directeur G\u00e9n\u00e9ral exp\u00e9riment\u00e9 des \u00e9coles professionnelles et agricoles sal\u00e9siennes. Apr\u00e8s Dieu, il devait tout \u00e0 Don Bosco, qui l&rsquo;avait \u00e9lev\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Oratoire depuis son enfance et l&rsquo;avait form\u00e9 \u00e0 son image et \u00e0 sa ressemblance.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Don Albera n&rsquo;avait pas tard\u00e9 un instant \u00e0 accomplir le grand devoir de rendre hommage au Vicaire de J\u00e9sus-Christ, \u00e0 Celui que la R\u00e8gle appelle \u00ab\u00a0arbitre et premier Sup\u00e9rieur\u00a0\u00bb de la Soci\u00e9t\u00e9. D\u00e8s le 1er septembre, il partit pour Rome, o\u00f9, arriv\u00e9 le 2, il trouva d\u00e9j\u00e0 le billet d&rsquo;audience pour le matin du 3. Pie X semblait presque impatient de le voir. Des l\u00e8vres du Pape, il recueillit quelques expressions aimables, qu&rsquo;il garda dans son c\u0153ur. En remerciant pour l&rsquo;autographe et la b\u00e9n\u00e9diction, le Pape r\u00e9pondit qu&rsquo;il avait cru agir ainsi pour faire conna\u00eetre combien il appr\u00e9ciait l&rsquo;activit\u00e9 mondiale des Sal\u00e9siens et ajouta : \u00ab\u00a0Vous \u00eates n\u00e9s hier, c&rsquo;est vrai, mais vous \u00eates r\u00e9pandus dans le monde entier et partout vous travaillez beaucoup.\u00a0\u00bb \u00c9tant inform\u00e9 des victoires d\u00e9j\u00e0 obtenues dans les tribunaux contre les calomniateurs de Varazze (Annales III, 729-749), il avertit : \u00ab\u00a0Vigilance, car vos ennemis vous pr\u00e9parent d&rsquo;autres coups.\u00a0\u00bb Enfin, pri\u00e9 humblement de donner quelques normes pratiques pour le gouvernement de la Soci\u00e9t\u00e9, il r\u00e9pondit : \u00ab\u00a0Ne vous \u00e9cartez pas des traditions et des usages introduits par Don Bosco et Don Rua.\u00a0\u00bb<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L&rsquo;ann\u00e9e 1910 \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 termin\u00e9e et Don Albera n&rsquo;avait pas encore fait de communication \u00e0 l&rsquo;ensemble de la Soci\u00e9t\u00e9. Toutes ces occupations nouvelles pour lui et incessantes, notamment les nombreuses conf\u00e9rences avec les 32 Provinciaux, l&#8217;emp\u00eachaient toujours de se concentrer \u00e0 sa table de travail. Ce n&rsquo;est que dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 de janvier, comme le montre son journal, qu&rsquo;il \u00e9crivit les premi\u00e8res pages d&rsquo;une circulaire qu\u2019il fit assez longue. Il l&rsquo;envoya avec la date du 25. S&rsquo;excusant du retard \u00e0 se manifester, apr\u00e8s avoir fait m\u00e9moire de Don Rua et lou\u00e9 Don Rinaldi pour sa bonne gestion int\u00e9rimaire de la Soci\u00e9t\u00e9, il s&rsquo;\u00e9tendait en d\u00e9tails sur le Chapitre G\u00e9n\u00e9ral, sur sa propre \u00e9lection, sur la visite au Pape, sur la mort de Don Bertello. En tout, il apparaissait comme un p\u00e8re qui s&rsquo;entretient famili\u00e8rement avec ses fils. Il les mit \u00e9galement au courant de ses peines concernant les \u00e9v\u00e9nements du Portugal. La monarchie ayant \u00e9t\u00e9 renvers\u00e9e \u00e0 Lisbonne en octobre 1910, les r\u00e9volutionnaires avaient pris pour cible les religieux, les attaquant avec une fureur sauvage. Les Sal\u00e9siens n&rsquo;eurent pas \u00e0 d\u00e9plorer de victimes ; cependant, les confr\u00e8res du Pinheiro pr\u00e8s de Lisbonne pass\u00e8rent une mauvaise journ\u00e9e. Une bande d&rsquo;\u00e9nergum\u00e8nes envahit et pilla cette maison, non seulement se moquant des pr\u00eatres et des clercs, mais aussi profanant d\u2019une mani\u00e8re sacril\u00e8ge la chapelle et, de mani\u00e8re encore plus sacril\u00e8ge, dispersant au sol et m\u00eame pi\u00e9tinant les hosties consacr\u00e9es. Presque tous les Sal\u00e9siens durent quitter le Portugal et se r\u00e9fugi\u00e8rent en Espagne ou en Italie. Les r\u00e9volutionnaires occup\u00e8rent les \u00e9coles et les ateliers, d&rsquo;o\u00f9 les \u00e9l\u00e8ves furent chass\u00e9s. La pers\u00e9cution s&rsquo;\u00e9tendit \u00e9galement aux colonies, si bien qu&rsquo;il fallut abandonner Macao et le Mozambique, o\u00f9 l&rsquo;on faisait beaucoup de bien (Annales III, 606 et 622-4). Mais d\u00e9j\u00e0 \u00e0 cette \u00e9poque, Don Albera pouvait \u00e9crire : \u00ab\u00a0Ceux qui nous ont dispers\u00e9s reconnaissent qu&rsquo;ils ont priv\u00e9 leur pays des seules \u00e9coles professionnelles qu&rsquo;il poss\u00e9dait.\u00a0\u00bb<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Lui qui avait tant de fois entendu Don Bosco dans les premiers temps de la Soci\u00e9t\u00e9 quand il pr\u00e9disait que ses fils se multiplieraient dans des pays m\u00eame lointains, et qui voyait alors ces pr\u00e9dictions s&rsquo;accomplir de fa\u00e7on merveilleuse, ressentait certainement tout le poids de l&rsquo;immense h\u00e9ritage re\u00e7u et consid\u00e9rait que, pour un certain temps, il ne fallait pas se lancer dans de nouvelles \u0153uvres, mais qu&rsquo;il convenait de s&rsquo;appliquer \u00e0 consolider celles qui existaient. Il estimait donc devoir inculquer la m\u00eame chose \u00e0 tous les Sal\u00e9siens : pour y parvenir, comme les Sup\u00e9rieurs ne suffisaient pas, il recommandait vivement la coop\u00e9ration de tous. Comme, par ailleurs, \u00e0 cette \u00e9poque, le modernisme tendait des pi\u00e8ges m\u00eame aux familles religieuses, il mettait en garde les Sal\u00e9siens, les suppliant de fuir toutes les nouveaut\u00e9s que Don Bosco et Don Rua n&rsquo;auraient pu approuver.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 En m\u00eame temps que la circulaire, il envoyait \u00e9galement \u00e0 chaque maison un exemplaire des circulaires de Don Rua, qui, sur son lit de mort, lui avait confi\u00e9 la t\u00e2che de les rassembler en un volume. Le travail typographique \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 termin\u00e9 depuis environ deux mois ; en effet, la publication portait en t\u00eate une lettre de Don Albera dat\u00e9e du 8 d\u00e9cembre 1910.<br>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Pour le prochain anniversaire de la mort de Don Bosco, il envoyait donc aux maisons un double cadeau\u00a0: la circulaire et le livre. \u00c0 ce livre, il tenait de mani\u00e8re sp\u00e9ciale, car il savait qu\u2019il offrait par l\u00e0 un grand tr\u00e9sor d&rsquo;asc\u00e9tique et de p\u00e9dagogie sal\u00e9siennes. Il s\u2019\u00e9tait propos\u00e9 de suivre les traces de Don Rua, se fixant comme objectif particulier d&rsquo;imiter sa charit\u00e9 et son z\u00e8le pour procurer le bien spirituel de tous les Sal\u00e9siens.<br><br><br><em>Annales de la Soci\u00e9t\u00e9 sal\u00e9sienne, vol. IV (1910-1921), pp. 1-13<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lors du onzi\u00e8me Chapitre G\u00e9n\u00e9ral de la Congr\u00e9gation Sal\u00e9sienne, on a \u00e9lu le premier Recteur&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":35545,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":30,"footnotes":""},"categories":[119],"tags":[1716,2634,2580,2587,1908,1698,1956],"class_list":["post-35552","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-bonne-presse","tag-charisme-salesien","tag-conciles","tag-evenement","tag-famille-salesienne","tag-nouvelles-religieuses","tag-providence","tag-salesiens"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35552","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=35552"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35552\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/35545"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=35552"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=35552"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=35552"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}