{"id":30754,"date":"2024-11-11T10:25:36","date_gmt":"2024-11-11T10:25:36","guid":{"rendered":"https:\/\/exciting-knuth.178-32-140-152.plesk.page\/?p=30754"},"modified":"2024-11-11T10:26:29","modified_gmt":"2024-11-11T10:26:29","slug":"grand-saint-grand-manager","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/don-bosco\/grand-saint-grand-manager\/","title":{"rendered":"Grand saint, grand manager"},"content":{"rendered":"\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il n&rsquo;est pas facile de choisir parmi les centaines de lettres in\u00e9dites de Don Bosco que nous avons r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies celles qui m\u00e9ritent le plus d&rsquo;\u00eatre pr\u00e9sent\u00e9es et comment\u00e9es. Cette fois-ci, nous en prenons une tr\u00e8s simple, mais qui en quelques lignes r\u00e9sume tout un projet d&rsquo;\u0153uvre \u00e9ducative sal\u00e9sienne et nous offre de nombreux autres faits int\u00e9ressants. Il s&rsquo;agit de celle \u00e9crite le 7 mai 1877 \u00e0 une personne du Trentin, un certain Daniele Garbari, qui au nom de deux fr\u00e8res lui avait demand\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises comment il pouvait fonder un institut \u00e9ducatif dans sa terre, comme ceux que Don Bosco \u00e9tait en train de fonder dans toute l&rsquo;Italie, en France et en Argentine.<br><br>Cher Monsieur Garbari,<br><br>Mon absence de Turin a \u00e9t\u00e9 la cause du retard dans la r\u00e9ponse \u00e0 tes lettres, que je re\u00e7ois r\u00e9guli\u00e8rement. Je suis tr\u00e8s heureux que notre institution soit bien accueillie dans tes contr\u00e9es. Plus elle sera connue, plus elle sera appr\u00e9ci\u00e9e par les gouvernements eux-m\u00eames ; qu&rsquo;ils le veuillent ou non, les faits nous assurent qu&rsquo;il faut aider les jeunes en danger pour en faire de bons citoyens ou les maintenir dans le d\u00e9shonneur en prison.<br>Pour ce qui est de la cr\u00e9ation d&rsquo;un institut semblable \u00e0 celui-ci dans la ville ou les villages de Trente, il ne faut pas grand-chose pour commencer :<br>1\u00b0 Une pi\u00e8ce capable d&rsquo;accueillir un certain nombre d&rsquo;enfants, mais avec \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur leurs ateliers ou laboratoires respectifs.<br>2\u00b0 Quelque chose qui puisse fournir un peu de pain au directeur et aux autres personnes qui l&rsquo;assistent dans les soins et la direction.<br>Les gar\u00e7ons sont soutenus<br>1\u00b0 Par le peu de pension mensuelle que certains d&rsquo;entre eux peuvent payer, ou sont pay\u00e9s par des parents ou d&rsquo;autres personnes qui les recommandent.<br>2\u00b0 Par le petit revenu que leur procure le travail.<br>3\u00b0 Par les subventions des communes, du gouvernement, des congr\u00e9gations caritatives et les offrandes des particuliers. C&rsquo;est ainsi que toutes nos maisons d&rsquo;artisans sont g\u00e9r\u00e9es, et avec l&rsquo;aide de Dieu, nous avons bien progress\u00e9. Cependant, il faut partir du principe que nous avons toujours \u00e9t\u00e9, et serons toujours, \u00e9trangers \u00e0 tout ce qui est politique.<br>Notre objectif primordial est de rassembler des enfants en danger pour en faire de bons chr\u00e9tiens et d&rsquo;honn\u00eates citoyens. C&rsquo;est la premi\u00e8re chose \u00e0 faire comprendre aux autorit\u00e9s civiles et gouvernementales.<br>En tant que pr\u00eatre, je dois donc \u00eatre en plein accord avec l&rsquo;autorit\u00e9 eccl\u00e9siastique ; c&rsquo;est pourquoi, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de concr\u00e9tiser l&rsquo;affaire, j&rsquo;\u00e9crirais directement \u00e0 l&rsquo;archev\u00eaque de Trente, qui n&rsquo;opposera certainement aucune difficult\u00e9.<br>Voici ma r\u00e9flexion pr\u00e9liminaire. Au fur et \u00e0 mesure que la pratique se poursuivra et qu&rsquo;il faudra en savoir plus, j&rsquo;\u00e9crirai. Remercie en mon nom toutes les personnes qui me t\u00e9moignent de la gentillesse.<br>J\u2019ai voulu \u00e9crire moi-m\u00eame avec ma vilaine \u00e9criture, mais&nbsp; une autre fois je vais passer la plume \u00e0 mon secr\u00e9taire pour qu&rsquo;il soit plus facile de lire l\u2019\u00e9crit.<br><br>Je vous prie de croire \u00e0 la plus grande estime et \u00e0 la gratitude avec lesquelles j&rsquo;ai l&rsquo;honneur de me d\u00e9clarer aupr\u00e8s de Votre Estim\u00e9e \u00c9minence.<br><br>Humble serviteur Sac. Gio Bosco Turin, 7 mai 1877<br><br><br><strong>Image positive de l&rsquo;\u0153uvre sal\u00e9sienne<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La lettre nous informe tout d&rsquo;abord comment Don Bosco, apr\u00e8s l&rsquo;approbation pontificale de la congr\u00e9gation sal\u00e9sienne (1874), l&rsquo;ouverture de la premi\u00e8re maison sal\u00e9sienne en France (1875) et la premi\u00e8re exp\u00e9dition missionnaire en Am\u00e9rique latine (1875), \u00e9tait toujours occup\u00e9 \u00e0 visiter et \u00e0 soutenir ses \u0153uvres d\u00e9j\u00e0 existantes et \u00e0 accepter ou non les nombreuses qui lui \u00e9taient propos\u00e9es de partout dans ces ann\u00e9es-l\u00e0. Au moment de la lettre, il songeait \u00e0 ouvrir les premi\u00e8res maisons des Filles de Marie-Auxiliatrice au-del\u00e0 de celle de Morn\u00e8se &#8211; pas moins de six dans la p\u00e9riode de deux ans 1876-1877 &#8211; et surtout il \u00e9tait int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 s&rsquo;\u00e9tablir \u00e0 Rome, o\u00f9 il essayait sans succ\u00e8s depuis plus de 10 ans d&rsquo;avoir un si\u00e8ge. Rien \u00e0 faire. Un autre pi\u00e9montais comme Don Bosco, un \u00ab\u00a0pr\u00eatre du mouvement\u00a0\u00bb comme lui, n&rsquo;\u00e9tait pas le bienvenu sur les rives du Tibre, dans la capitale Rome d\u00e9j\u00e0 pleine de Pi\u00e9montais invisibles, par certaines autorit\u00e9s pontificales et par certains clercs romains. Pendant trois ans, il a d\u00fb \u00ab\u00a0se contenter\u00a0\u00bb de la \u00ab\u00a0p\u00e9riph\u00e9rie\u00a0\u00bb romaine, c&rsquo;est-\u00e0-dire des Castelli Romani et de Magliano Sabino.<br><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Paradoxalement, c&rsquo;est le contraire qui s&rsquo;est produit avec les administrations municipales et les m\u00eames autorit\u00e9s gouvernementales du Royaume d&rsquo;Italie, o\u00f9 Don Bosco comptait, sinon des amis &#8211; leurs id\u00e9es \u00e9taient trop \u00e9loign\u00e9es &#8211; du moins de grands admirateurs. Et ce, pour une raison tr\u00e8s simple, \u00e0 laquelle tous les gouvernements \u00e9taient int\u00e9ress\u00e9s : diriger le pays naissant qu&rsquo;est l&rsquo;Italie avec des citoyens honn\u00eates, travailleurs et respectueux des lois, au lieu de peupler les prisons de \u00ab\u00a0criminels\u00a0\u00bb vagabonds, incapables de subvenir \u00e0 leurs besoins et \u00e0 ceux de leur famille avec un travail d\u00e9cent. Trois d\u00e9cennies plus tard, en 1900, le c\u00e9l\u00e8bre anthropologue et criminologue juif Cesare Lombroso aurait donn\u00e9 pleinement raison \u00e0 Don Bosco lorsqu&rsquo;il \u00e9crivait : \u00ab\u00a0Les instituts sal\u00e9siens repr\u00e9sentent un effort colossal et ing\u00e9nieusement organis\u00e9 pour pr\u00e9venir le crime, le seul en fait r\u00e9alis\u00e9 en Italie\u00a0\u00bb. Comme l&rsquo;indique bien la lettre en question, l&rsquo;image des \u0153uvres sal\u00e9siennes dans lesquelles, sans prendre parti pour les diff\u00e9rents partis politiques, les gar\u00e7ons \u00e9taient \u00e9duqu\u00e9s pour devenir \u00ab\u00a0de bons chr\u00e9tiens et d&rsquo;honn\u00eates citoyens\u00a0\u00bb \u00e9tait positive, et ce m\u00eame dans l&rsquo;Empire austro-hongrois, auquel appartenaient \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque le Trentin et la V\u00e9n\u00e9tie Julienne.<br><br><strong>Typologie d&rsquo;une maison sal\u00e9sienne<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans la suite de la lettre, Don Bosco pr\u00e9sente la structure d&rsquo;une maison d&rsquo;\u00e9ducation : des pi\u00e8ces o\u00f9 les gar\u00e7ons pouvaient \u00eatre log\u00e9s (et il sous-entendait au moins cinq choses : <strong>cour<\/strong> pour jouer, <strong>salles de classe<\/strong> pour \u00e9tudier, <strong>r\u00e9fectoire<\/strong> pour manger, <strong>dortoir<\/strong> pour dormir, <strong>\u00e9glise<\/strong> pour prier) et des \u00ab\u00a0<strong>ateliers ou laboratoires<\/strong>\u00a0\u00bb o\u00f9 l&rsquo;on pouvait enseigner un m\u00e9tier avec lequel les jeunes pouvaient vivre et avoir un avenir une fois qu&rsquo;ils avaient quitt\u00e9 l&rsquo;institut. En ce qui concerne les ressources \u00e9conomiques, il a indiqu\u00e9 trois atouts : les pensions mensuelles minimales que les parents des gar\u00e7ons pouvaient verser, les petits revenus des ateliers d&rsquo;artisanat, les subventions de la charit\u00e9 publique (gouvernement, mairies) et surtout la charit\u00e9 priv\u00e9e. C&rsquo;\u00e9tait exactement l&rsquo;exp\u00e9rience du Valdocco. Mais Don Bosco ne disait rien d&rsquo;une chose importante : la cons\u00e9cration totale \u00e0 la mission \u00e9ducative du directeur et de ses proches collaborateurs, pr\u00eatres et la\u00efcs, qui pour le prix d&rsquo;un pain et d&rsquo;un lit passaient 24 heures par jour \u00e0 travailler, prier, enseigner et aider. C&rsquo;est du moins ainsi que cela se passait dans les foyers sal\u00e9siens de l&rsquo;\u00e9poque, tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9s par les autorit\u00e9s civiles et religieuses, les \u00e9v\u00eaques en premier lieu, sans l&rsquo;approbation desquels il n&rsquo;\u00e9tait \u00e9videmment pas possible de fonder un foyer \u00ab\u00a0qui \u00e9duquait en \u00e9vang\u00e9lisant et \u00e9vang\u00e9lisait en \u00e9duquant\u00a0\u00bb comme le foyer sal\u00e9sien.<br><br><strong>R\u00e9sultat<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nous ne savons pas si cette lettre a eu une suite. Le projet de fondation sal\u00e9sienne de M. Garbari n&rsquo;a certainement pas abouti. Et il en a \u00e9t\u00e9 de m\u00eame pour des dizaines d&rsquo;autres projets de fondation. Mais il est historiquement \u00e9tabli que de nombreux autres moniteurs, pr\u00eatres et la\u00efcs, dans toute l&rsquo;Italie se sont inspir\u00e9s de l&rsquo;exp\u00e9rience de Don Bosco, fondant des \u0153uvres similaires, inspir\u00e9es par son mod\u00e8le \u00e9ducatif et son syst\u00e8me pr\u00e9ventif.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Garbari devait cependant s&rsquo;estimer satisfait : Don Bosco avait propos\u00e9 une strat\u00e9gie qui avait fonctionn\u00e9 \u00e0 Turin et ailleurs&#8230; et puis il avait entre les mains son autographe qui, aussi difficile soit-il \u00e0 \u00ab\u00a0d\u00e9chiffrer\u00a0\u00bb, \u00e9tait quand m\u00eame celui d&rsquo;un saint. \u00c0 tel point qu&rsquo;il l&rsquo;a jalousement conserv\u00e9 et qu&rsquo;il se trouve aujourd&rsquo;hui dans les Archives centrales sal\u00e9siennes \u00e0 Rome.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il n&rsquo;est pas facile de choisir parmi les centaines de lettres in\u00e9dites de Don&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":30748,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":20,"footnotes":""},"categories":[131],"tags":[1704,1716,2563,2634,1764,1728,1968,1956,1860],"class_list":["post-30754","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-don-bosco","tag-bienfaiteurs","tag-charisme-salesien","tag-charite","tag-conciles","tag-don-bosco","tag-maisons-salesiennes","tag-saints","tag-salesiens","tag-travail"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30754","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30754"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30754\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/30748"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30754"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30754"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30754"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}