{"id":30490,"date":"2024-10-20T10:01:01","date_gmt":"2024-10-20T10:01:01","guid":{"rendered":"https:\/\/exciting-knuth.178-32-140-152.plesk.page\/?p=30490"},"modified":"2024-10-20T10:01:45","modified_gmt":"2024-10-20T10:01:45","slug":"saint-francois-de-sales-au-service-de-leducation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/nos-saints\/saint-francois-de-sales-au-service-de-leducation\/","title":{"rendered":"Saint Fran\u00e7ois de Sales au service de l\u2019\u00e9ducation"},"content":{"rendered":"\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Selon un de ses premiers biographes, Fran\u00e7ois de Sales \u00e9tait persuad\u00e9 que \u00ab de la bonne ou mauvaise institution (formation) de la jeunesse d\u00e9pend et proc\u00e8de le bien ou le mal de tous les \u00c9tats et R\u00e9publiques \u00bb ; aussi voulait-il \u00ab que la jeunesse f\u00fbt \u00e9galement bien instruite en la pi\u00e9t\u00e9 et bonnes m\u0153urs, comme aux lettres et aux sciences \u00bb.<br><br><strong>\u00c9cole, coll\u00e8ge et formation professionnelle \u00e0 Thonon<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La formation de la jeunesse dans les \u00e9tudes et dans la foi catholique \u00e9tait particuli\u00e8rement urgente \u00e0 Thonon, ville proche de Gen\u00e8ve o\u00f9 Calvin avait \u00e9tabli en 1559 un coll\u00e8ge r\u00e9put\u00e9. Divers projets occup\u00e8rent pendant plusieurs ann\u00e9es l\u2019esprit de Fran\u00e7ois de Sales, \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 il \u00e9tait pr\u00e9v\u00f4t avant d\u2019\u00eatre consacr\u00e9 \u00e9v\u00eaque.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Thonon poss\u00e9dait une \u00e9cole, fond\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 un legs, qui lui assurait un revenu suffisant pour l\u2019\u00e9ducation de douze \u00e9coliers. Lors du r\u00e9tablissement du catholicisme \u00e0 Thonon en 1598, le pr\u00e9v\u00f4t de Sales demanda que le legs destin\u00e9 par le fondateur serve \u00e0 douze \u00e9coliers \u00ab qui soient catholiques \u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le projet qui lui tenait le plus \u00e0 c\u0153ur \u00e9tait d\u2019attirer \u00e0 Thonon les p\u00e8res de la Compagnie : \u00ab Rien ne peut arriver de plus utile \u00e0 cette province de Chablais que si l\u2019on construit et \u00e9rige un coll\u00e8ge de la Compagnie de J\u00e9sus en la ville de Thonon \u00bb. Fin octobre 1599 arrivait un premier j\u00e9suite, fin novembre un deuxi\u00e8me et les autres \u00e9taient en route depuis Avignon.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Vers la fin de 1599, les j\u00e9suites arriv\u00e9s \u00e0 Thonon d\u00e9but\u00e8rent avec une petite \u00e9cole, qui comptera cent vingt \u00e9l\u00e8ves l\u2019ann\u00e9e suivante. Mais l\u2019avenir \u00e9tait incertain. Ils furent dispers\u00e9s pendant quelques mois par crainte du retour des Genevois et des Bernois, apr\u00e8s quoi ils recommenc\u00e8rent les classes \u00e0 pr\u00e8s de trois cents \u00e9l\u00e8ves.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais \u00e0 quoi serviront les classes de grammaire si pour les humanit\u00e9s les \u00e9l\u00e8ves devront fr\u00e9quenter les coll\u00e8ges protestants ? Il devenait urgent de cr\u00e9er des classes sup\u00e9rieures de philosophie, de th\u00e9ologie, d\u2019\u00c9criture sainte, de controverse, de cas de conscience et de droit. En d\u00e9cembre 1602 on attendait pour ce mois l\u2019ouverture du coll\u00e8ge. Or voici qu\u2019apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec de la tentative du duc de Savoie pour reprendre Gen\u00e8ve, les j\u00e9suites durent s\u2019\u00e9loigner pour ne plus revenir.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Apr\u00e8s le d\u00e9part des j\u00e9suites, l\u2019\u00e9cole reprit vie avec le concours des pr\u00eatres dioc\u00e9sains. En 1607, Mgr de Sales pourvoyait \u00e0 l\u2019entretien de quatre professeurs et d\u2019un ab\u00e9c\u00e9daire. Le coll\u00e8ge de Thonon ne prendra v\u00e9ritablement son essor que vers la fin de 1615, quand l\u2019\u00e9v\u00eaque fera appel \u00e0 une nouvelle congr\u00e9gation, d\u00e9j\u00e0 implant\u00e9e au coll\u00e8ge d\u2019Annecy : les barnabites.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pendant que l\u2019on pourvoyait aux \u00e9tudes classiques, un autre projet mobilisait ses \u00e9nergies : il pr\u00e9conisait la fondation d\u2019une sorte d\u2019\u00e9cole professionnelle o\u00f9 \u00ab on enseignerait \u00e0 chacun, selon sa capacit\u00e9, ou les sciences ou quelque m\u00e9tier qui lui permettrait ensuite de gagner sa vie \u00bb. Cette institution conna\u00eetra bien des vicissitudes, mais en 1607 les ressources allaient permettre d\u2019y \u00e9tablir \u00ab bon nombre de m\u00e9tiers m\u00e9caniques : un imprimeur, un fabricant de papier, un m\u00e9canicien avec de nombreux ouvriers, un passementier et un armurier.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; On voit par l\u00e0 que Fran\u00e7ois de Sales et ses collaborateurs s\u2019int\u00e9ressaient aux arts et m\u00e9tiers r\u00e9put\u00e9s vils, que la plupart des humanistes semblaient ignorer. Promouvoir les \u00ab arts m\u00e9caniques \u00bb, c\u2019\u00e9tait aussi valoriser les artisans que les \u00e9lites avaient tendance \u00e0 m\u00e9priser.<br><br><strong>Les petites \u00e9coles du dioc\u00e8se<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 1606, il existait dans le dioc\u00e8se quinze \u00e9coles de gar\u00e7ons, o\u00f9 l\u2019on enseignait \u00ab la grammaire, les humanit\u00e9s et surtout la doctrine chr\u00e9tienne en forme de cat\u00e9chisme \u00bb. L\u2019enseignement \u00e9tait rudimentaire et consistait avant tout dans l\u2019apprentissage de la lecture au moyen d\u2019un ab\u00e9c\u00e9daire.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le ma\u00eetre ne disposait pas en g\u00e9n\u00e9ral d\u2019un local propre, mais il utilisait une salle quelconque, voire m\u00eame une \u00e9curie ou une \u00e9table. Parfois \u00ab ses le\u00e7ons, donn\u00e9es sous un ciel pur, quelquefois \u00e0 1500 ou 2000 m\u00e8tres d\u2019altitude, avec des \u00e9coliers assis sur un rocher, un chariot, un tronc de sapin ou sur les bras de la charrue, ne devaient manquer ni de charme ni de pittoresque \u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les ma\u00eetres se recrutaient g\u00e9n\u00e9ralement parmi le clerg\u00e9 dioc\u00e9sain ou chez les religieux. Dans le testament d\u2019un certain Nicolas Clerc, il est stipul\u00e9 que le service paroissial \u00ab sera fait par un recteur capable d\u2019instruire la jeunesse jusques \u00e0 la grand-m\u00e8re (<em>sic<\/em>, pour <em>grammaire<\/em>) inclus ; il devra enseigner les enfants de sa patrie \u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 1616, l\u2019\u00e9v\u00eaque acc\u00e9da \u00e0 la demande des nobles et des bourgeois de la ville de Bonne, qui le suppliaient de bien vouloir leur accorder un religieux d\u2019un prieur\u00e9 voisin, charg\u00e9 \u00ab d\u2019instruire la jeunesse aux lettres et pi\u00e9t\u00e9 \u00bb, \u00ab attendu le grand fruit et utilit\u00e9 qui en peut r\u00e9ussir par la bonne instruction qu\u2019il a commenc\u00e9 de donner \u00e0 la jeunesse de ladite ville \u00bb.<br><br><strong>Les coll\u00e8ges<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019enseignement secondaire pratiqu\u00e9 dans les coll\u00e8ges est n\u00e9 le plus souvent du d\u00e9veloppement des \u00e9coles primaires auxquelles des donations permettaient d\u2019ajouter des classes de latin, de grammaire et d\u2019humanit\u00e9s.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019\u00e9v\u00eaque de Gen\u00e8ve intervint pour sauver le coll\u00e8ge de La Roche, o\u00f9 lui-m\u00eame avait fait ses premi\u00e8res classes de grammaire. L\u2019\u00e9tablissement ne connut pas toujours des jours tranquilles. En 1605, Fran\u00e7ois de Sales \u00e9crivit aux chanoines de la coll\u00e9giale de La Roche pour faire taire la \u00ab particuli\u00e8re opinion \u00bb de quelques-uns, les priant de \u00ab reprendre de nouveau le consentement du g\u00e9n\u00e9ral \u00bb : \u00ab vous pouvez et devez contribuer, leur \u00e9crivait-il, non seulement vos voix, mais vos remontrances et persuasions, puisque l\u2019\u00e9rection et \u00e9tablissement de ce coll\u00e8ge servira tant \u00e0 la gloire de Dieu et de l\u2019\u00c9glise \u00bb, et procurera en outre \u00ab le bien de cette ville-l\u00e0 \u00bb. Si le but spirituel figurait au premier rang, le bien temporel n\u2019\u00e9tait pas oubli\u00e9.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00c0 Annecy, l\u2019\u00e9v\u00eaque suivait de pr\u00e8s la vie du coll\u00e8ge fond\u00e9 par Eustache Chapuis, o\u00f9 lui-m\u00eame avait \u00e9tudi\u00e9 de 1575 \u00e0 1578. Les difficult\u00e9s qu\u2019il traversait alors l\u2019incitaient sans doute \u00e0 se rendre fr\u00e9quemment dans ce coll\u00e8ge. Sa pr\u00e9sence \u00e9tait d\u2019ailleurs un honneur recherch\u00e9, surtout \u00e0 l\u2019occasion des disputes en philosophie, o\u00f9 l\u2019on invitait \u00ab monseigneur le r\u00e9v\u00e9rendissime \u00e9v\u00eaque de Gen\u00e8ve \u00bb. Les registres de d\u00e9lib\u00e9rations du coll\u00e8ge signalent sa pr\u00e9sence lors des soutenances, ainsi que ses interventions pour appuyer les requ\u00eates ou pour la r\u00e9daction de contrats avec les r\u00e9gents. Si l\u2019on en croit un t\u00e9moin, il s\u2019y trouvait \u00ab d\u00e8s la matin\u00e9e \u00bb pour assister \u00ab \u00e8s actions publiques, disputes, repr\u00e9sentations d\u2019histoire et autres exercices, pour donner courage \u00e0 la jeunesse, et notamment aux disputes publiques de philosophie \u00e0 la fin des cours \u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En r\u00e9alit\u00e9, l\u2019administration qui le g\u00e9rait connaissait des heurts. L\u2019\u00e9v\u00eaque songeait \u00e0 une direction nouvelle et stable pour ce coll\u00e8ge qui lui paraissait alors \u00ab presque en friche \u00bb. En 1613, il prit contact avec une congr\u00e9gation nouvelle qui avait le vent en poupe : les barnabites. \u00c0 Milan, il rencontra leur sup\u00e9rieur g\u00e9n\u00e9ral et l\u2019affaire fut conclue. L\u2019\u00e9v\u00eaque \u00e9tait tellement satisfait des barnabites qu\u2019il les appellera \u00e9galement \u00e0 Thonon, comme l\u2019on sait. Il les vantait comme des \u00ab gens de fort solide pi\u00e9t\u00e9, doux et gracieux incomparablement, qui travaillent incessamment pour le salut du prochain \u00bb. Il souhaitait \u00e9galement leur venue en France :<br><br><em><em>Pour moi, je pense qu\u2019ils seront un jour de grand service \u00e0 la France ; car ils ne font pas seulement profit en l\u2019instruction de la jeunesse (aussi n\u2019est-il pas si requis o\u00f9 les P\u00e8res j\u00e9suites font si excellemment), mais ils chantent au ch\u0153ur, confessent, cat\u00e9chisent voire m\u00eame \u00e8s villages o\u00f9 ils sont envoy\u00e9s, pr\u00eachent et en somme font tout ce qui se peut d\u00e9sirer, et fort cordialement, et ne demandent pas beaucoup pour leur entretien.<br><\/em><\/em><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 1619 il fut m\u00eal\u00e9 \u00e0 des tractations pour que les barnabites prennent en charge le coll\u00e8ge de Beaune, en Bourgogne. En 1620, ils s\u2019\u00e9tablirent \u00e0 Montargis.<br><br><strong>Les \u00e9tudes sup\u00e9rieures<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le duch\u00e9 de Savoie, d\u00e9pourvu de grandes villes et souvent menac\u00e9 dans sa stabilit\u00e9, ne poss\u00e9dait pas d\u2019universit\u00e9 propre. Les \u00e9tudiants qui en avaient la possibilit\u00e9 partaient \u00e9tudier dans les universit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, \u00e0 Avignon, Louvain, Toulouse, Tournon, Bourges, Montpellier, Valence, Paris, Turin ou Rome. Le fr\u00e8re de saint Fran\u00e7ois de Sales, Louis, fut envoy\u00e9 \u00e0 Rome pour y faire ses \u00e9tudes de droit, en compagnie de Ren\u00e9 et Claude Favre, fils a\u00een\u00e9s du pr\u00e9sident Favre. En France on trouvait des \u00e9tudiants savoyards \u00e0 Montpellier, o\u00f9 se rendaient ceux qui esp\u00e9raient \u00ab faire emplette de la science de m\u00e9decine \u00bb, et \u00e0 Toulouse, \u00ab pour y \u00e9tudier en droit \u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00c0 Avignon, le cardinal savoyard de Brogny avait fond\u00e9 dans son palais un coll\u00e8ge destin\u00e9 \u00e0 accueillir gratuitement vingt-quatre \u00e9tudiants en droit, dont seize de la Savoie. Malheureusement les Savoyards perdirent les places qui leur \u00e9taient r\u00e9serv\u00e9es. En octobre 1616, Fran\u00e7ois de Sales tenta plusieurs d\u00e9marches aupr\u00e8s du duc de Savoie et m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 Rome, afin que l\u2019on trouve \u00ab quelque digne rem\u00e8de contre les d\u00e9sordres qui y sont survenus \u00bb et que les places du coll\u00e8ge soient restitu\u00e9es \u00e0 \u00ab la nation de Savoie \u00bb. Lors de son dernier voyage, qui le mena jusqu\u2019\u00e0 Avignon en novembre 1621 avant de s\u2019achever \u00e0 Lyon, il s\u2019entretiendra longuement avec le vice-l\u00e9gat du pape pour d\u00e9fendre encore une fois les int\u00e9r\u00eats savoyards de ce coll\u00e8ge.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; On trouvait des \u00e9tudiants savoyards jusqu\u2019\u00e0 Louvain, o\u00f9 Eustache Chapuis avait fond\u00e9 un coll\u00e8ge destin\u00e9 aux Savoyards qui fr\u00e9quentaient l\u2019universit\u00e9. L\u2019\u00e9v\u00eaque de Gen\u00e8ve \u00e9tait en relation suivie et amicale avec Jacques de Bay, le pr\u00e9sident du coll\u00e8ge ; il lui envoyait ses livres et \u00e0 plusieurs reprises il lui \u00e9crivit pour lui recommander ceux qui allaient se rendre \u00ab sous ses ailes \u00bb. En cas de difficult\u00e9s de paiement de la part des parents il se disait m\u00eame pr\u00eat \u00e0 rembourser les frais. Il suivait ses \u00e9tudiants : \u00ab \u00c9tudiez toujours de plus en plus, \u00e9crivait-il \u00e0 l\u2019un d\u2019eux, en esprit de diligence et d\u2019humilit\u00e9 \u00bb. Nous avons \u00e9galement une lettre de 1616 au nouveau pr\u00e9sident du coll\u00e8ge, Jean Massen, en faveur d\u2019un \u00e9tudiant en th\u00e9ologie, son parent, dont il souhaite \u00ab l\u2019avancement aux lettres et \u00e0 la vertu \u00bb.<br><br><strong>Des \u00e9coles pour les filles ?<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tout ce que nous avons dit jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent ne concernait que l\u2019instruction des gar\u00e7ons, les seuls pour lesquels existaient des \u00e9coles. Et les filles ? \u00c0 l\u2019\u00e9poque de Fran\u00e7ois de Sales, les seules institutions qui \u00e9taient en mesure d\u2019offrir une aide aux familles \u00e9taient les monast\u00e8res f\u00e9minins sp\u00e9cialement int\u00e9ress\u00e9s par le recrutement. Jeanne de Sales, treizi\u00e8me et dernier enfant de Mme de Boisy, fut plac\u00e9e en 1605 au monast\u00e8re, \u00ab afin de la d\u00e9payser et de lui faire prendre le go\u00fbt de la d\u00e9votion \u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Jeanne avait douze ans quand elle y entra, mais comme elle n\u2019\u00e9prouvait aucun attrait pour la vie religieuse, il n\u2019\u00e9tait pas raisonnable, \u00e9crivait Fran\u00e7ois, de \u00ab laisser si longuement dans un monast\u00e8re une fille qui n\u2019y veut pas vivre toute sa vie \u00bb. On l\u2019en retira d\u00e8s la deuxi\u00e8me ann\u00e9e.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les sollicitudes des religieuses et des parents pouvaient aboutir en effet \u00e0 des vocations forc\u00e9es. Dans une lettre \u00e0 madame de Chantal, Fran\u00e7ois de Sales mettait ses conditions :<br><br><em><em>Quant \u00e0 nos petites, j\u2019approuve que vous leur pr\u00e9pariez un lieu dedans des monast\u00e8res, pourvu que Dieu pr\u00e9pare dedans leur c\u0153ur un lieu pour le monast\u00e8re. C\u2019est-\u00e0-dire, j\u2019approuve que vous les fassiez nourrir \u00e8s monast\u00e8res en intention de les y laisser, moyennant deux conditions : l\u2019une, que les monast\u00e8res soient bons et r\u00e9form\u00e9s, et esquels on fasse profession de l\u2019int\u00e9rieur ; l\u2019autre, que le temps de leur profession \u00e9tant arriv\u00e9, qui n\u2019est qu\u2019\u00e0 seize ans, on sache fid\u00e8lement si elles s\u2019y veulent porter avec d\u00e9votion et bonne volont\u00e9, car si elles n\u2019y avaient pas affection, ce serait un grand sacril\u00e8ge de les y enfermer.<br><\/em><\/em><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais que faire si le monast\u00e8re leur \u00e9tait ferm\u00e9 ? Il y avait la solution des Ursulines, qui commen\u00e7aient \u00e0 \u00eatre connues comme une institution destin\u00e9e \u00e0 l\u2019instruction f\u00e9minine. L\u2019\u00e9v\u00eaque encouragea leur venue \u00e0 Chamb\u00e9ry, \u00e9crivant en 1612 que \u00ab ce serait un tr\u00e8s grand bien qu\u2019\u00e0 Chamb\u00e9ry il y e\u00fbt des Ursulines et voudrais bien y pouvoir contribuer quelque chose \u00bb ; il suffirait, ajoutait-il, de \u00ab trois filles ou femmes courageuses pour commencer \u00bb. La fondation ne se fera dans l\u2019ancienne capitale de Savoie qu\u2019en 1625. En 1614, l\u2019\u00e9v\u00eaque put se r\u00e9jouir de l\u2019arriv\u00e9e des Ursulines \u00e0 Lyon, \u00ab une des congr\u00e9gations que mon esprit aime \u00bb. Il connaissait \u00e9galement leur pr\u00e9sence \u00e0 Paris depuis 1608.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mgr de Sales les voulait aussi dans son propre dioc\u00e8se, notamment \u00e0 Thonon. En janvier 1621, il \u00e9crivit \u00e0 la sup\u00e9rieure des Ursulines de Besan\u00e7on de bien vouloir favoriser son projet car, disait-il, \u00ab j\u2019ai toujours ch\u00e9ri, estim\u00e9 et honor\u00e9 les exercices de tr\u00e8s grande charit\u00e9 que votre congr\u00e9gation pratique, de laquelle j\u2019ai aussi tr\u00e8s affectueusement d\u00e9sir\u00e9 la propagation, et m\u00eame en cette province de Savoie \u00bb. Le projet n\u2019aboutira qu\u2019en 1634.<br><br><strong>L\u2019\u00e9ducation des jeunes filles \u00e0 la Visitation<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quand Fran\u00e7ois de Sales fonda avec Jeanne de Chantal ce qui deviendra l\u2019ordre de la Visitation, la question de l\u2019admission et de l\u2019\u00e9ducation de jeunes filles, destin\u00e9es ou non \u00e0 la vie religieuse, se posa aussit\u00f4t. On conna\u00eet le cas de la propre fille de Madame de Chantal, l\u2019enjou\u00e9e et coquette Fran\u00e7on.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Elle avait onze ans quand sa m\u00e8re, qui la voulait religieuse, la prit avec elle dans la maison o\u00f9 se rassemblaient les premi\u00e8res visitandines. Mais la jeune fille devait prendre un autre chemin. Les filles que l\u2019on pla\u00e7ait dans les monast\u00e8res contre leur gr\u00e9 n\u2019avaient en r\u00e9alit\u00e9 d\u2019autre choix que de s\u2019y rendre insupportables.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 1614, une petite de neuf ans fut re\u00e7ue au premier monast\u00e8re de la Visitation, sans doute parce que sa famille tenait la conciergerie du ch\u00e2teau. Elle eut pour compagne une jeune Lyonnaise, fille du pr\u00e9v\u00f4t des marchands et grand bienfaiteur, qui se rendait insupportable \u00e0 la communaut\u00e9. Cinq ans plus tard, elle obtint de rev\u00eatir l\u2019habit religieux, mais sans avoir la qualit\u00e9 de novice, et mourut l\u2019ann\u00e9e suivante sans pouvoir prononcer les v\u0153ux de religion auxquels le Fondateur l\u2019avait autoris\u00e9e.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En fin de compte, le fondateur se montrera tr\u00e8s circonspect dans l\u2019admission des jeunes filles dans les monast\u00e8res de la Visitation, en raison des incompatibilit\u00e9s avec la mani\u00e8re de vivre des religieuses. En fait, la Visitation n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue et voulue pour cette \u0153uvre. \u00ab Dieu, \u00e9crivait le Fondateur \u00e0 la sup\u00e9rieure de la Visitation de Nevers, n\u2019a pas \u00e9lu votre Institut pour l\u2019\u00e9ducation des petites filles, ains pour la perfection des femmes et filles qui, en \u00e2ge de pouvoir discerner ce qu\u2019elles font, y sont appel\u00e9es \u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Malgr\u00e9 quelques regrets, saint Fran\u00e7ois de Sales ne sera pas le fondateur d\u2019un institut vou\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9ducation. Il reste que les efforts d\u00e9ploy\u00e9s par lui en faveur de l\u2019instruction et de l\u2019\u00e9ducation des gar\u00e7ons et des filles sous toutes ses formes furent nombreux et intenses. Le motif dominant \u00e9tait pour lui d\u2019ordre spirituel, surtout quand il s\u2019agissait de pr\u00e9server la jeunesse du \u00ab venin de l\u2019h\u00e9r\u00e9sie \u00bb, ce en quoi on r\u00e9ussissait plut\u00f4t bien, car la r\u00e9forme catholique gagnait du terrain, mais il n\u2019oubliait pas le bien temporel que repr\u00e9sentait la formation de la jeunesse pour la communaut\u00e9 humaine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Selon un de ses premiers biographes, Fran\u00e7ois de Sales \u00e9tait persuad\u00e9 que \u00ab de&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":17,"featured_media":30483,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":48,"footnotes":""},"categories":[125],"tags":[2563,2634,2554,1974,2194,2631,2049,1968,2616],"class_list":["post-30490","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-nos-saints","tag-charite","tag-conciles","tag-dieu","tag-ecole","tag-education","tag-eglise","tag-jeunes","tag-saints","tag-temoins"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30490","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/17"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30490"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30490\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/30483"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30490"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30490"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30490"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}