{"id":29845,"date":"2024-08-30T08:43:03","date_gmt":"2024-08-30T08:43:03","guid":{"rendered":"https:\/\/exciting-knuth.178-32-140-152.plesk.page\/?p=29845"},"modified":"2024-08-30T08:44:10","modified_gmt":"2024-08-30T08:44:10","slug":"le-reve-de-lelephant-1863","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/songes-de-don-bosco\/le-reve-de-lelephant-1863\/","title":{"rendered":"Le r\u00eave de l&rsquo;\u00e9l\u00e9phant (1863)"},"content":{"rendered":"\n<p><em><em>N&rsquo;ayant pu donner l&rsquo;\u00e9trenne \u00e0 ses \u00e9l\u00e8ves le dernier jour de l&rsquo;ann\u00e9e, \u00e9tant revenu de Borgo Cornalense le dimanche 4, Don Bosco avait promis de leur donner l\u2019\u00e9trenne du Nouvel An le soir de la f\u00eate de l&rsquo;\u00c9piphanie. C&rsquo;\u00e9tait le 6 janvier 1863 et tous les jeunes, apprentis et \u00e9tudiants, r\u00e9unis sous le porche, attendaient l\u2019annonce avec impatience. Apr\u00e8s avoir r\u00e9cit\u00e9 les pri\u00e8res, le bon p\u00e8re monta sur l\u2019estrade comme d\u2019habitude et commen\u00e7a \u00e0 parler.<br><\/em><\/em><br><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Voici le soir de l&rsquo;\u00e9trenne du Nouvel An. Chaque ann\u00e9e, apr\u00e8s les f\u00eates de No\u00ebl, j&rsquo;aime adresser \u00e0 Dieu des pri\u00e8res pour qu&rsquo;il m&rsquo;inspire un cadeau qui puisse vous \u00eatre utile. Mais cette ann\u00e9e, j&rsquo;ai doubl\u00e9 mes pri\u00e8res en raison du nombre croissant de jeunes. Le dernier jour de l&rsquo;ann\u00e9e est pass\u00e9, le jeudi est arriv\u00e9, puis le vendredi et rien de nouveau. Le vendredi soir, je me suis couch\u00e9, fatigu\u00e9 par le travail de la journ\u00e9e, et je n&rsquo;ai pas r\u00e9ussi \u00e0 dormir de la nuit, si bien que le matin, je me suis lev\u00e9 \u00e9puis\u00e9, presque \u00e0 moiti\u00e9 mort. Cela ne me troubla pas, au contraire, je m&rsquo;en r\u00e9jouis, car je savais que d&rsquo;ordinaire, lorsque le Seigneur est sur le point de me manifester quelque chose, je passe tr\u00e8s mal la nuit qui pr\u00e9c\u00e8de. J&rsquo;ai poursuivi mes occupations habituelles \u00e0 Borgo Cornalense et le samedi soir, je suis arriv\u00e9 ici parmi vous. Apr\u00e8s avoir entendu les confessions, je suis all\u00e9 au lit, et \u00e0 cause de la fatigue caus\u00e9e par la pr\u00e9dication et les confessions \u00e0 Borgo, et le peu de repos que j&rsquo;avais eu la nuit pr\u00e9c\u00e9dente, je me suis facilement endormi. C&rsquo;est ici que commence le r\u00eave dont vous recevrez l&rsquo;\u00e9trenne.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Chers jeunes, j&rsquo;ai r\u00eav\u00e9 que c&rsquo;\u00e9tait un jour de f\u00eate, apr\u00e8s le d\u00e9jeuner, \u00e0 l\u2019heure de la r\u00e9cr\u00e9ation, et que vous \u00e9tiez occup\u00e9s \u00e0 vous amuser de mille mani\u00e8res. Il me semblait que j&rsquo;\u00e9tais dans ma chambre avec le chevalier Vallauri, professeur de lettres. Nous parlions de litt\u00e9rature et de religion, quand soudain j&rsquo;entendis le tictac de quelqu&rsquo;un qui frappait \u00e0 la porte.<br>Je courus voir qui c\u2019\u00e9tait. C&rsquo;\u00e9tait ma m\u00e8re, morte depuis six ans, qui m&rsquo;appelait tout en \u00e9moi.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Viens voir, viens voir.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il y a ? r\u00e9pondis-je.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Viens, viens ! me r\u00e9pondit-elle.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Devant son insistance, j\u2019allai au balcon et voici que dans la cour, je vis un \u00e9l\u00e9phant d&rsquo;une taille \u00e9norme.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Mais comment est-ce possible, m&rsquo;exclamai-je ! Allons vite en bas ! Et, ahuri, je me tournai vers le chevalier Vallauri, et lui vers moi, comme pour nous demander comment cette b\u00eate monstrueuse avait pu entrer. Nous nous pr\u00e9cipit\u00e2mes sous le porche avec le professeur.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Beaucoup d&rsquo;entre vous, naturellement, \u00e9taient accourus pour la voir. Cet \u00e9l\u00e9phant semblait doux, docile. Il s&rsquo;amusait \u00e0 courir avec les jeunes, il les caressait avec sa trompe, il \u00e9tait si intelligent qu&rsquo;il ob\u00e9issait aux ordres, comme s&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 dress\u00e9 et \u00e9lev\u00e9 ici, \u00e0 l&rsquo;Oratoire, d\u00e8s ses premi\u00e8res ann\u00e9es, de sorte qu&rsquo;il \u00e9tait toujours suivi et caress\u00e9 par un grand nombre de jeunes. Mais vous n&rsquo;\u00e9tiez pas tous autour de lui, et je vis que la plupart d&rsquo;entre vous, effray\u00e9s, s&rsquo;enfuyaient \u00e7\u00e0 et l\u00e0, cherchant un endroit o\u00f9 s&rsquo;abriter, et se r\u00e9fugiaient finalement dans l&rsquo;\u00e9glise. J&rsquo;essayai moi aussi d&rsquo;y entrer par la porte qui donne sur la cour. Mais en passant devant la statue de la Vierge pr\u00e8s de la fontaine, au moment o\u00f9 je touchai l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 de son manteau comme pour invoquer son secours, elle leva le bras droit. Vallauri voulut imiter mon geste de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 et la Vierge bougea le bras gauche.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je fus surpris, ne sachant comment expliquer un fait aussi extraordinaire.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Puis vint l&rsquo;heure de la pri\u00e8re, et vous, les jeunes, vous \u00eates tous entr\u00e9s dans l&rsquo;\u00e9glise. J\u2019y suis entr\u00e9 moi aussi, et j&rsquo;ai vu l&rsquo;\u00e9l\u00e9phant debout au fond, pr\u00e8s de la porte. On chanta les v\u00eapres et, apr\u00e8s le sermon, je me suis rendu \u00e0 l&rsquo;autel, assist\u00e9 de Don Alasonatti et de Don Savio, pour donner la b\u00e9n\u00e9diction du Saint-Sacrement. Mais au moment solennel o\u00f9 tout le monde s&rsquo;inclinait profond\u00e9ment pour adorer le Saint des Saints, je voyais aussi au fond de l&rsquo;\u00e9glise, au milieu du passage, entre les deux rang\u00e9es de bancs, l&rsquo;\u00e9l\u00e9phant agenouill\u00e9 et qui s&rsquo;inclinait dans la direction oppos\u00e9e, c&rsquo;est-\u00e0-dire avec son museau et ses horribles crocs tourn\u00e9s vers la porte principale.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00c0 la fin de l&rsquo;office, je voulais sortir tout de suite dans la cour pour voir ce qui se passait, mais je fus retenu dans la sacristie par quelqu\u2019un qui voulait me parler.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Peu de temps apr\u00e8s, je sortis sous le portique pendant que vous \u00e9tiez dans la cour pour reprendre les jeux comme avant. L&rsquo;\u00e9l\u00e9phant, qui \u00e9tait sorti de l&rsquo;\u00e9glise, s&rsquo;avan\u00e7a dans la deuxi\u00e8me cour, celle o\u00f9 les nouveaux b\u00e2timents sont en construction. Notez bien ce d\u00e9tail, car c&rsquo;est dans cette cour que s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9e la sc\u00e8ne d\u00e9chirante que je vais d\u00e9crire maintenant.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au m\u00eame moment apparut l\u00e0 au fond une banni\u00e8re, sur laquelle \u00e9tait \u00e9crit en grosses lettres : <em>Sancta Maria succurre miseris<\/em> (Sainte Marie, viens en aide aux malheureux) et que les jeunes suivaient en procession. Tout \u00e0 coup, sans crier gare, je vis cette vilaine b\u00eate, qui m&rsquo;avait paru si douce jusque-l\u00e0, s&rsquo;\u00e9lancer furieusement sur les \u00e9l\u00e8ves qui l&rsquo;entouraient, saisir les plus proches avec sa trompe, les projeter en l&rsquo;air et les \u00e9craser au sol. Cependant, ceux qui \u00e9taient maltrait\u00e9s de la sorte ne mouraient pas, mais restaient en \u00e9tat de pouvoir gu\u00e9rir, bien que les blessures fussent horribles. Ce fut la d\u00e9bandade g\u00e9n\u00e9rale&nbsp;: les uns criaient, les autres pleuraient, les bless\u00e9s appelaient leurs camarades au secours. Ce qui m\u2019affligeait, c\u2019\u00e9tait de voir certains des jeunes gens \u00e9pargn\u00e9s par l&rsquo;\u00e9l\u00e9phant qui, au lieu d&rsquo;aider et de secourir les bless\u00e9s, avaient fait alliance avec le monstre pour lui procurer de nouvelles victimes.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pendant que j\u2019assistais \u00e0 ces \u00e9v\u00e9nements (je me tenais pr\u00e8s de la deuxi\u00e8me arcade sous le porche pr\u00e8s de la fontaine), cette petite statue que vous voyez l\u00e0 (il <em>indiquait la statue de la Sainte Vierge<\/em>) s&rsquo;anima et grandit, devenant une personne de haute stature. Elle leva les bras et ouvrit son manteau, sur lequel de nombreuses inscriptions \u00e9taient tiss\u00e9es avec un art stup\u00e9fiant. Le manteau devint alors si grand qu&rsquo;il recouvrit tous ceux qui s&rsquo;y abritaient&nbsp;; l\u00e0, leur vie \u00e9tait en s\u00e9curit\u00e9, et un bon nombre des meilleurs se mit aussit\u00f4t \u00e0 courir vers ce refuge. Mais voyant que beaucoup ne se h\u00e2taient pas de venir \u00e0 elle, la Sainte Vierge criait \u00e0 haute voix : <em>Venite ad me omnes<\/em> (Venez tous \u00e0 moi). Et voici que son manteau s&rsquo;\u00e9largissait toujours plus pour accueillir la foule des jeunes qui augmentait. Mais certains, au lieu de s&rsquo;abriter sous le manteau, couraient de c\u00f4t\u00e9 et d\u2019autre et se blessaient avant de pouvoir se mettre \u00e0 l&rsquo;abri. Le visage de la Sainte Vierge \u00e9tait devenu tout rouge \u00e0 force de crier, mais ceux qui couraient vers elle devenaient plus rares. L&rsquo;\u00e9l\u00e9phant continuait le massacre, et on voyait \u00e7\u00e0 et l\u00e0 des jeunes maniant une \u00e9p\u00e9e, voire deux, en emp\u00eachant leurs camarades qui \u00e9taient encore dans la cour d&rsquo;aller vers Marie, en les mena\u00e7ant et en les blessant. Or, ceux-l\u00e0 n\u2019\u00e9taient nullement inqui\u00e9t\u00e9s par l&rsquo;\u00e9l\u00e9phant.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais on voyait aussi certains jeunes accueillis pr\u00e8s de Marie qui les encourageait \u00e0 entreprendre des actions ponctuelles en faveur de leurs camarades. Ils allaient arracher des proies \u00e0 l&rsquo;\u00e9l\u00e9phant et portaient le bless\u00e9 sous le manteau de la myst\u00e9rieuse statue, et aussit\u00f4t celui-ci \u00e9tait gu\u00e9ri. Ils se remettaient en route, courant vers de nouvelles conqu\u00eates. Plusieurs d&rsquo;entre eux, arm\u00e9s de b\u00e2tons, \u00e9loignaient l&rsquo;\u00e9l\u00e9phant de ses victimes et s&rsquo;opposaient \u00e0 ses complices. Et ils ne cess\u00e8rent leur travail, m\u00eame au p\u00e9ril de leur vie, avant d\u2019avoir mis presque tous en s\u00fbret\u00e9.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La cour \u00e9tait maintenant d\u00e9serte. Quelques-uns gisaient presque morts sur le sol. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, sous les arcades, il y avait une multitude d&rsquo;enfants sous le manteau de la Vierge. De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9, au loin, l&rsquo;\u00e9l\u00e9phant avait pr\u00e8s de lui seulement dix ou douze jeunes parmi ceux qui l&rsquo;avaient aid\u00e9 \u00e0 faire tant de mal et qui brandissaient leurs \u00e9p\u00e9es avec une tranquille insolence.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et voici que l&rsquo;\u00e9l\u00e9phant se souleva sur ses pattes post\u00e9rieures, se transforma en un fant\u00f4me hideux avec de longues cornes. Il prit une b\u00e2che ou un filet noir dont il couvrit les malheureux qui s&rsquo;\u00e9taient rang\u00e9s de son c\u00f4t\u00e9, et poussa un rugissement. Alors une \u00e9paisse fum\u00e9e les enveloppa tous, et ils s&rsquo;affaiss\u00e8rent et disparurent avec le monstre dans un gouffre qui s&rsquo;ouvrit brusquement sous leurs pieds.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Lorsque cette horrible sc\u00e8ne disparut de mes yeux, je regardai autour de moi pour faire part de mes pens\u00e9es \u00e0 ma m\u00e8re et au chevalier Vallauri, mais je ne les voyais plus.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je me tournai vers Marie, d\u00e9sireux de lire les inscriptions tiss\u00e9es sur son manteau et je vis que plusieurs d&rsquo;entre elles \u00e9taient litt\u00e9ralement tir\u00e9es des Saintes \u00c9critures&nbsp;; d&rsquo;autres \u00e9taient \u00e9galement des citations scripturaires, mais quelque peu modifi\u00e9es. J&rsquo;en ai lu quelques-unes : <em>Qui elucidant me vitam aeternam habebunt<\/em> (Qui me fait conna\u00eetre aura la vie \u00e9ternelle, Sir. 24,31), <em>Qui me invenerit inveniet vitam<\/em> (Qui me trouve, trouve la vie, Pr. 8,35), S<em>i quis est parvulus veniat ad me<\/em> (Qui est petit, qu\u2019il vienne \u00e0 moi, Pr. 9,4), <em>Refugium peccatorum<\/em> (Refuge des p\u00e9cheurs), <em>Salus credentium<\/em> (Salut des croyants), <em>Plena omnis pietatis,<\/em><em>mansuetudinis et misericordiae<\/em> (Pleine de toute piti\u00e9, douceur et mis\u00e9ricorde), <em>Beati qui custodiunt vias meas<\/em> (Heureux ceux qui suivent mes voies, Pr. 8,32).<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Apr\u00e8s la disparition de l&rsquo;\u00e9l\u00e9phant, tout devint calme. La Vierge semblait presque fatigu\u00e9e d\u2019avoir tant cri\u00e9. Apr\u00e8s un court silence, elle adressa aux jeunes de belles paroles de r\u00e9confort, d&rsquo;esp\u00e9rance. Elle r\u00e9p\u00e9ta les mots que vous voyez l\u00e0, \u00e9crits par moi en-dessous de cette niche : <em>Qui elucidant me, vitam aeternam habebunt<\/em>. Elle dit&nbsp;:<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Vous qui avez \u00e9cout\u00e9 ma voix et qui avez \u00e9chapp\u00e9 au massacre du d\u00e9mon, vous avez pu voir et observer ceux de vos camarades qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9cras\u00e9s. Voulez-vous conna\u00eetre la cause de leur perte ? <em>Sunt colloquia prava<\/em> (ce sont les mauvaises conversations). Ce sont les mauvais discours contre la puret\u00e9, et les actions d\u00e9shonn\u00eates qui ont imm\u00e9diatement suivi les mauvais discours. Vous avez vu aussi certains de vos compagnons arm\u00e9s de l&rsquo;\u00e9p\u00e9e : ce sont ceux qui cherchent votre damnation, en vous d\u00e9tournant de moi et en causant la perte de beaucoup de vos condisciples. Mais <em>quos diutius expectat durius damnat<\/em> (ceux que Dieu attend avec plus de patience, Il les punit ensuite plus s\u00e9v\u00e8rement, s&rsquo;ils restent ingrats). Ceux que Dieu attend le plus longtemps, ce sont ceux qu\u2019il punit le plus s\u00e9v\u00e8rement ; et ce d\u00e9mon infernal les a compl\u00e8tement couverts avant de les conduire avec lui dans la perdition \u00e9ternelle. Maintenant partez en paix, mais souvenez-vous de mes paroles : fuyez les compagnons amis de Satan, fuyez les mauvais discours surtout contre la puret\u00e9, ayez une confiance illimit\u00e9e en moi et mon manteau sera toujours pour vous un refuge s\u00fbr.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Apr\u00e8s avoir dit ces paroles et d&rsquo;autres semblables, elle disparut et rien ne resta \u00e0 sa place habituelle, sauf notre ch\u00e8re petite statue. Je vis alors de nouveau ma m\u00e8re d\u00e9funte, on leva de nouveau la banni\u00e8re avec l&rsquo;inscription : <em>Sancta Maria succurre miseris<\/em>. Tous les jeunes se rang\u00e8rent derri\u00e8re elle en procession et entonn\u00e8rent le chant&nbsp;: \u00ab\u00a0Louez Marie, \u00f4 langues fid\u00e8les\u00a0\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais le chant ne tarda pas \u00e0 diminuer, puis tout le spectacle disparut et je me r\u00e9veillai tremp\u00e9 de sueur. Voici ce que j&rsquo;ai r\u00eav\u00e9.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mes chers fils, devinez maintenant l&rsquo;\u00e9trenne pour la nouvelle ann\u00e9e. Examinez maintenant votre conscience&nbsp;et vous saurez qui \u00e9tait sous le manteau, qui a \u00e9t\u00e9 jet\u00e9 en l&rsquo;air par l&rsquo;\u00e9l\u00e9phant, et qui avait l&rsquo;\u00e9p\u00e9e en main. Je vous r\u00e9p\u00e8te seulement les paroles de la Sainte Vierge : <em>Venite ad me omnes.<\/em> Ayez recours \u00e0 Elle, en tout danger invoquez Marie et je vous assure que vous serez exauc\u00e9s. Quant \u00e0 ceux qui ont \u00e9t\u00e9 tellement maltrait\u00e9s par la b\u00eate, qu\u2019ils pensent \u00e0 fuir les mauvais discours et les mauvais compagnons ; et que ceux qui ont cherch\u00e9 \u00e0 \u00e9loigner les autres de Marie changent de vie ou alors qu\u2019ils quittent imm\u00e9diatement cette maison. Ceux qui veulent conna\u00eetre la place qu&rsquo;ils occupaient, qu\u2019ils viennent me trouver m\u00eame dans ma chambre, et je la leur ferai conna\u00eetre. Mais je le r\u00e9p\u00e8te aux ministres de Satan&nbsp;: qu\u2019ils changent ou qu\u2019ils s&rsquo;en aillent. Bonne nuit !<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ces paroles furent prononc\u00e9es par Don Bosco avec une telle conviction et une telle \u00e9motion dans le c\u0153ur que les jeunes m\u00e9dit\u00e8rent ce r\u00eave pendant une semaine enti\u00e8re et ne le laiss\u00e8rent plus tranquille. Le matin, beaucoup se confess\u00e8rent, et apr\u00e8s le d\u00e9jeuner, presque tous venaient lui demander quelle place ils occupaient dans ce r\u00eave myst\u00e9rieux.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et le fait qu&rsquo;il ne s&rsquo;agissait pas d&rsquo;un r\u00eave, mais d&rsquo;une vision, a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 indirectement confirm\u00e9 par Don Bosco lui-m\u00eame quand il dit :<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; \u00ab\u00a0Quand le Seigneur est sur le point de me manifester quelque chose, je passe, etc&#8230; J\u2019ai l\u2019habitude de faire des pri\u00e8res \u00e0 Dieu pour qu&rsquo;Il m&rsquo;inspire&#8230;\u00a0\u00bb et puis d\u2019interdire toute sorte de plaisanterie sur ce r\u00e9cit.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais il y a plus.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette fois-ci, il \u00e9crivit lui-m\u00eame sur un papier les noms des \u00e9l\u00e8ves qu&rsquo;il avait vus bless\u00e9s dans le r\u00eave ainsi que les noms de ceux qui portaient une \u00e9p\u00e9e et de ceux qui en portaient deux. Il donna le papier \u00e0 Don Celestino Durando, en lui demandant de les surveiller. Don Durando nous a transmis cette liste et nous l&rsquo;avons sous les yeux. Il y avait treize bless\u00e9s qui n&rsquo;ont probablement pas trouv\u00e9 refuge sous le manteau de la Vierge, ceux qui avaient une \u00e9p\u00e9e \u00e9taient dix-sept, ceux qui en avaient deux n\u2019\u00e9taient que trois. Quelques annotations \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;un nom indiquent un changement de conduite. Notons encore que le r\u00eave, comme nous le verrons, ne repr\u00e9sentait pas seulement le temps pr\u00e9sent, mais concernait aussi l&rsquo;avenir.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019important, c\u2019est que les jeunes eux-m\u00eames ont attest\u00e9 l\u2019efficacit\u00e9 de ce r\u00eave. L&rsquo;un d&rsquo;eux a rapport\u00e9 ceci : \u00ab\u00a0Je ne pensais pas que Don Bosco me connaissait \u00e0 ce point ; il m&rsquo;a montr\u00e9 l&rsquo;\u00e9tat de mon \u00e2me et les tentations auxquelles je suis soumis avec une telle pr\u00e9cision que je n&rsquo;ai rien pu ajouter\u00a0\u00bb. Deux autres jeunes \u00e0 qui Don Bosco avait dit qu&rsquo;ils portaient l\u2019\u00e9p\u00e9e&nbsp;ont d\u00e9clar\u00e9 : \u00ab&nbsp;Ah ! oui, c&rsquo;est vrai, il y a longtemps que je m&rsquo;en suis aper\u00e7u ; je le savais moi aussi&nbsp;\u00bb. Et ils chang\u00e8rent de comportement.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab\u00a0Un jour, apr\u00e8s le d\u00e9jeuner, il parla de son r\u00eave et, apr\u00e8s avoir racont\u00e9 que certains \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 partis et que d&rsquo;autres devaient partir pour \u00e9loigner leur \u00e9p\u00e9e de la maison, il en vint \u00e0 parler de sa roublardise, comme il disait, et raconta le fait suivant. &#8211; R\u00e9cemment, un jeune \u00e9crivait chez lui en lan\u00e7ant contre les personnes de l&rsquo;Oratoire les plus dignes d&rsquo;estime, comme les sup\u00e9rieurs et les pr\u00eatres, de graves calomnies et des insultes. Craignant que Don Bosco ne voie la lettre, il chercha par tous les moyens \u00e0 l\u2019\u00e9crire \u00e0 l&rsquo;insu de tous. La lettre partit. Apr\u00e8s le d\u00e9jeuner, je l&rsquo;envoyai chercher : il vint dans ma chambre et, apr\u00e8s lui avoir montr\u00e9 sa faute, je l&rsquo;interrogeai sur ce qui l&rsquo;avait pouss\u00e9 \u00e0 \u00e9crire tant de mensonges. Il nia tout sans vergogne. Je le laissai parler, puis, en commen\u00e7ant par le premier mot, je lui r\u00e9citai toute la lettre. Confus et effray\u00e9, il se jeta en pleurant \u00e0 mes pieds en disant : \u00ab\u00a0Alors ma lettre n&rsquo;est pas partie ? &#8211; Si, lui r\u00e9pondis-je, elle sera chez toi \u00e0 l&rsquo;heure qu&rsquo;il est, mais tu auras soin de la r\u00e9parer. &#8211; Les \u00e9l\u00e8ves lui demand\u00e8rent comment il savait cela. &#8211; Oh, c\u2019est une de mes astuces, dit-il en riant&#8230;\u00a0\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette roublardise devait \u00eatre la m\u00eame que dans le r\u00eave, qui regardait non seulement l&rsquo;\u00e9tat pr\u00e9sent, mais la vie future de chacun des jeunes. L\u2019un d\u2019eux, en relation \u00e9troite avec Don Rua, lui \u00e9crivit bien des ann\u00e9es plus tard. Il est \u00e0 noter que la feuille porte son nom et son pr\u00e9nom, avec le nom de la rue et le num\u00e9ro de son domicile \u00e0 Turin.<br><br><em>Bien cher Don Rua,<br><\/em><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je me souviens, entre autres, d&rsquo;une vision que Don Bosco a eue en 1863, lorsque j&rsquo;\u00e9tais dans sa maison. Il vit en r\u00eave la vie future de tous les siens, qu&rsquo;il nous a racont\u00e9e apr\u00e8s les pri\u00e8res du soir. C&rsquo;\u00e9tait le r\u00eave de l&rsquo;\u00e9l\u00e9phant (<em>apr\u00e8s avoir d\u00e9crit ici ce que nous avons racont\u00e9 plus haut, il continue<\/em>). Apr\u00e8s avoir fini son r\u00e9cit, Don Bosco nous dit :<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Si vous voulez savoir o\u00f9 vous \u00e9tiez, venez me voir dans ma chambre et je vous le dirai.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J&rsquo;y suis all\u00e9 moi aussi.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Toi, me dit-il dit, tu \u00e9tais de ceux qui couraient apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9l\u00e9phant avant et apr\u00e8s les offices, et tu as donc \u00e9t\u00e9 naturellement sa proie ; tu as \u00e9t\u00e9 projet\u00e9 en l&rsquo;air avec sa trompe et, en tombant, tu as \u00e9t\u00e9 si gravement bless\u00e9 que tu n&rsquo;as pas pu t&rsquo;\u00e9chapper, m\u00eame si tu as fait tous les efforts possibles. Alors un compagnon pr\u00eatre, que tu ne connaissais pas, est arriv\u00e9, il t&rsquo;a pris par le bras et t&rsquo;a port\u00e9 sous le manteau de la Madone. Tu \u00e9tais sauv\u00e9.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce n&rsquo;\u00e9tait pas un r\u00eave, comme le disait Don Bosco, mais une v\u00e9ritable r\u00e9v\u00e9lation de l&rsquo;avenir que le Seigneur faisait \u00e0 son Serviteur, et cela se passait la deuxi\u00e8me ann\u00e9e que j&rsquo;\u00e9tais \u00e0 l&rsquo;Oratoire, \u00e0 un moment o\u00f9 j&rsquo;\u00e9tais un exemple pour mes compagnons, tant pour l&rsquo;\u00e9tude que pour la pi\u00e9t\u00e9, et pourtant Don Bosco m&rsquo;a vu dans cet \u00e9tat.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les vacances scolaires de 1863 arriv\u00e8rent. Je suis parti en vacances pour des raisons de sant\u00e9 et je ne suis jamais revenu \u00e0 l&rsquo;Oratoire. J&rsquo;avais 13 ans. L&rsquo;ann\u00e9e suivante, mon p\u00e8re me fit apprendre le m\u00e9tier de cordonnier. Deux ans plus tard (1866), je suis all\u00e9 en France pour terminer mon apprentissage. L\u00e0, j&rsquo;ai rencontr\u00e9 des gens sectaires et peu \u00e0 peu j&rsquo;ai quitt\u00e9 l&rsquo;\u00c9glise et les pratiques religieuses. J&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 lire des livres sceptiques et j&rsquo;en suis arriv\u00e9 \u00e0 m\u00e9priser la Sainte \u00c9glise Catholique, Apostolique et Romaine comme la plus pestif\u00e9r\u00e9e des religions.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Deux ans plus tard, je suis retourn\u00e9 dans mon pays d&rsquo;origine, o\u00f9 j&rsquo;ai continu\u00e9 \u00e0 lire des livres impies et \u00e0 m&rsquo;\u00e9loigner de plus en plus de la v\u00e9ritable \u00c9glise.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais pendant tout ce temps, je n&rsquo;ai jamais manqu\u00e9 de prier le Seigneur Dieu le P\u00e8re, au nom de J\u00e9sus-Christ, pour qu&rsquo;il m&rsquo;\u00e9claire et me fasse conna\u00eetre la vraie religion.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette p\u00e9riode a dur\u00e9 13 ans, pendant lesquels j&rsquo;ai fait tous les efforts possibles pour me relever, mais j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 bless\u00e9, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 la proie des \u00e9l\u00e9phants et je n&rsquo;ai pas pu bouger.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Vers la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 1878, on donna une mission spirituelle dans une paroisse. Beaucoup de gens assistaient aux instructions et j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 y aller moi aussi pour entendre ces \u00ab\u00a0fameux orateurs\u00a0\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J\u2019y trouvai beaucoup de belles choses, des v\u00e9rit\u00e9s incontestables. Enfin, dans le dernier sermon qui traitait du Saint-Sacrement, le dernier et principal point qui restait en doute pour moi (puisque je ne croyais plus \u00e0 la pr\u00e9sence de J\u00e9sus-Christ dans le Saint-Sacrement, ni r\u00e9elle ni spirituelle), l&rsquo;orateur sut si bien expliquer la v\u00e9rit\u00e9, r\u00e9futer les erreurs et me convaincre, que je fus touch\u00e9 par la gr\u00e2ce du Seigneur et d\u00e9cidai de me confesser et de revenir sous le manteau de la Sainte Vierge. D\u00e8s lors, je n&rsquo;ai jamais manqu\u00e9 de remercier Dieu et la Sainte Vierge pour la gr\u00e2ce que j&rsquo;avais re\u00e7ue.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Notez bien que la vision s&rsquo;est bien r\u00e9alis\u00e9e pour moi, car j&rsquo;ai appris plus tard que cet orateur missionnaire avait \u00e9t\u00e9 mon compagnon \u00e0 l&rsquo;Oratoire de Don Bosco.<br><em>Turin, le 25 f\u00e9vrier 1891.<br><\/em><br>DOMENICO N..<br><br><em>P.S.<\/em> &#8211; Si vous jugez bon de publier cette lettre, je vous donne toute latitude pour la retoucher, pourvu que le sens n&rsquo;en soit pas alt\u00e9r\u00e9, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit de la pure v\u00e9rit\u00e9. Je vous baise respectueusement la main, cher Don Rua, avec l&rsquo;intention de baiser aussi celle de notre bien-aim\u00e9 Don Bosco.<br><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans ce r\u00eave, Don Bosco avait certainement aussi re\u00e7u des lumi\u00e8res sur les vocations \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat religieux ou eccl\u00e9siastique et sur les aptitudes des uns et des autres \u00e0 faire le bien de diverses mani\u00e8res. Il avait vu ces jeunes courageux qui affrontaient l&rsquo;\u00e9l\u00e9phant et ses partisans pour sauver leurs camarades et leur arracher les bless\u00e9s pour les porter sous le manteau de la Vierge. C\u2019est pourquoi il continua \u00e0 accepter les demandes de ceux qui d\u00e9siraient faire partie de la Soci\u00e9t\u00e9 sal\u00e9sienne, \u00e0 les admettre apr\u00e8s leur noviciat et \u00e0 leur permettre de prononcer leurs v\u0153ux de trois ans. Pour eux, le fait d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 choisis par Don Bosco restera pour toujours un titre de gloire. Certains d&rsquo;entre eux ne prononc\u00e8rent pas leurs v\u0153ux ou, apr\u00e8s avoir accompli leur promesse de trois ans, quitt\u00e8rent l&rsquo;Oratoire. Mais il est certain que presque tous pers\u00e9v\u00e9r\u00e8rent dans leur mission de sauver et d&rsquo;instruire la jeunesse, soit comme pr\u00eatres dioc\u00e9sains, soit comme professeurs s\u00e9culiers dans les \u00e9coles publiques.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Leurs noms figurent dans les trois proc\u00e8s-verbaux suivants du Chapitre sal\u00e9sien.<br><em>(MBVII, 356-363)<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N&rsquo;ayant pu donner l&rsquo;\u00e9trenne \u00e0 ses \u00e9l\u00e8ves le dernier jour de l&rsquo;ann\u00e9e, \u00e9tant revenu de&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":18,"featured_media":29837,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":64,"footnotes":""},"categories":[130],"tags":[1716,2634,2554,1764,2050,1914,1968,1962],"class_list":["post-29845","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-songes-de-don-bosco","tag-charisme-salesien","tag-conciles","tag-dieu","tag-don-bosco","tag-les-gars","tag-oratoire","tag-saints","tag-salut"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29845","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/18"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=29845"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29845\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/29837"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=29845"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=29845"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=29845"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}