{"id":29754,"date":"2024-08-19T11:04:34","date_gmt":"2024-08-19T11:04:34","guid":{"rendered":"https:\/\/exciting-knuth.178-32-140-152.plesk.page\/?p=29754"},"modified":"2024-08-19T11:09:05","modified_gmt":"2024-08-19T11:09:05","slug":"ou-est-ne-don-bosco","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/don-bosco\/ou-est-ne-don-bosco\/","title":{"rendered":"O\u00f9 est n\u00e9 Don Bosco ?"},"content":{"rendered":"\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Lors du premier anniversaire de la mort de Don Bosco, ses anciens \u00e9l\u00e8ves voulurent continuer \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer la f\u00eate de la Reconnaissance, comme ils le faisaient chaque ann\u00e9e le 24 juin, en l&rsquo;organisant pour le nouveau Recteur Majeur, Don Rua.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le 23 juin 1889, apr\u00e8s avoir plac\u00e9 une plaque comm\u00e9morative dans la crypte de Valsalice o\u00f9 Don Bosco \u00e9tait enterr\u00e9, ils c\u00e9l\u00e9br\u00e8rent Don Rua le 24 au Valdocco.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le professeur Alessandro Fabre, ancien \u00e9l\u00e8ve de 1858-1866, prit la parole et dit entre autres choses :<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Vous ne serez pas d\u00e9\u00e7u d&rsquo;apprendre, excellent Don Rua, que nous avons d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;ajouter en annexe l&rsquo;inauguration, le 15 ao\u00fbt prochain, d&rsquo;une autre plaque, dont la commande a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 pass\u00e9e et dont le dessin est reproduit ici. <em>Nous la placerons sur la maison o\u00f9 notre cher Don Bosco est n\u00e9 et a v\u00e9cu pendant de nombreuses ann\u00e9es<\/em>, pour signaler aux contemporains et \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9 le lieu o\u00f9 a commenc\u00e9 \u00e0 palpiter pour Dieu et pour le monde le c\u0153ur de ce grand homme qui devait plus tard remplir l&rsquo;Europe et le monde de son nom, de ses vertus et de ses admirables institutions\u00a0\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Comme on le voit, l&rsquo;intention des anciens \u00e9l\u00e8ves \u00e9tait de poser une plaque sur la maison dei Becchi, consid\u00e9r\u00e9e par tous comme la maison natale de Don Bosco, parce qu&rsquo;il l&rsquo;avait toujours indiqu\u00e9e comme <em>sa maison<\/em>. Mais, trouvant par la suite la petite maison en ruine, ils furent amen\u00e9s \u00e0 retoucher l&rsquo;inscription et \u00e0 mettre la plaque sur la maison voisine de Joseph avec le texte suivant dict\u00e9 par le professeur Fabre lui-m\u00eame.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le 11 ao\u00fbt, quelques jours avant l&rsquo;anniversaire de Don Bosco, les anciens \u00e9l\u00e8ves se rendirent aux Becchi pour d\u00e9voiler la plaque. Le discours de circonstance fut prononc\u00e9 par Felice Reviglio, cur\u00e9 de Saint-Augustin, l&rsquo;un des tout premiers \u00e9l\u00e8ves de Don Bosco. En parlant de la maison, il d\u00e9clara : \u00ab\u00a0La maison o\u00f9 il est n\u00e9, pr\u00e8s d&rsquo;ici, qui est presque compl\u00e8tement en ruine&#8230;\u00a0\u00bb est \u00ab\u00a0un v\u00e9ritable monument de la pauvret\u00e9 \u00e9vang\u00e9lique de Don Bosco\u00a0\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La \u00ab\u00a0<em>ruine compl\u00e8te<\/em>\u00a0\u00bb de la maison avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9e dans le <em>Bulletin sal\u00e9sien<\/em> de mars 1887 (BS 1887, mars, p. 31), et c\u2019\u00e9tait \u00e9videmment de cette situation que parlaient Don Reviglio et l&rsquo;inscription sur la plaque (\u00ab\u00a0<em>une maison aujourd&rsquo;hui d\u00e9molie<\/em>\u00ab\u00a0). L&rsquo;inscription rappelait le triste \u00e9tat de la maisonnette, qui n&rsquo;\u00e9tait pas encore propri\u00e9t\u00e9 sal\u00e9sienne, et qui semblait d\u00e9sormais inexorablement perdue.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais Don Rua ne se d\u00e9couragea pas et, en 1901, il offrit de la restaurer aux frais des sal\u00e9siens dans l&rsquo;espoir de l&rsquo;obtenir plus tard des h\u00e9ritiers d&rsquo;Antonio et de Giuseppe Bosco, comme cela eut lieu respectivement en 1919 et en 1926.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00c0 la fin des travaux, une plaque fut appos\u00e9e sur la petite maison avec l&rsquo;inscription suivante : DANS CETTE HUMBLE PETITE MAISON, AUJOURD&rsquo;HUI PIEUSEMENT RESTAUR\u00c9E, NAQUIT DON GIOVANNI BOSCO LE 16 AO\u00dbT 1815.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ensuite, on corrigea \u00e9galement l&rsquo;inscription sur la maison de Joseph comme suit : \u00ab\u00a0Pr\u00e8s d\u2019ici naquit dans une maison aujourd&rsquo;hui restaur\u00e9e, etc&#8230;\u00a0\u00bb, et on rempla\u00e7a la plaque.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Puis en 1915, quand on c\u00e9l\u00e9bra le centenaire de la naissance de Don Bosco, le Bulletin publia la photo de la petite maison, en pr\u00e9cisant : \u00ab\u00a0C&rsquo;est celle o\u00f9 naquit le V\u00e9n\u00e9rable Jean Bosco le 16 ao\u00fbt 1815. Elle a \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9e de la ruine \u00e0 laquelle l&rsquo;usure du temps l&rsquo;avait condamn\u00e9e, gr\u00e2ce \u00e0 une r\u00e9paration g\u00e9n\u00e9rale en 1901\u00a0\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans les ann\u00e9es 1970, les recherches d&rsquo;archives effectu\u00e9es par le commandeur Secondo Caselle ont convaincu les sal\u00e9siens que Don Bosco avait effectivement v\u00e9cu de 1817 \u00e0 1831 dans la maisonnette achet\u00e9e par son p\u00e8re, qu\u2019elle \u00e9tait donc <em>sa maison<\/em>, comme il l&rsquo;avait toujours dit, mais qu&rsquo;il \u00e9tait n\u00e9 \u00e0 la ferme Biglione, o\u00f9 son p\u00e8re \u00e9tait m\u00e9tayer et avait v\u00e9cu avec sa famille jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort le 11 mai 1817. Cette maison Biglione se trouvait au sommet de la colline o\u00f9 se dresse aujourd&rsquo;hui le grand sanctuaire d\u00e9di\u00e9 \u00e0 saint Jean Bosco.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La plaque de la maison de Joseph avait \u00e9t\u00e9 chang\u00e9e, tandis que celle de la petite maison fut remplac\u00e9e par l&rsquo;actuelle inscription en marbre : VOICI MA MAISON DON BOSCO.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C\u2019est ainsi qu\u2019on peut r\u00e9futer l&rsquo;opinion r\u00e9cemment exprim\u00e9e selon laquelle les anciens \u00e9l\u00e8ves de 1889, avec les mots : \u00ab\u00a0N\u00e9 pr\u00e8s d&rsquo;ici dans une maison aujourd&rsquo;hui d\u00e9molie\u00a0\u00bb n\u2019entendaient pas parler de la maison des Becchi.<br><br><strong>Les noms de lieux des Becchi<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Est-ce que la famille Bosco habitait la ferme Biglione \u00e0 la naissance de Giovanni ?<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Certains ont dit qu&rsquo;il \u00e9tait permis d&rsquo;en douter, car ils vivaient presque certainement dans une autre maison appartenant \u00e0 Biglione, \u00e0 \u00ab\u00a0Meinito\u00a0\u00bb. La preuve en serait le testament de Francesco Bosco, r\u00e9dig\u00e9 par le notaire C. G. Montalenti le 8 mai 1817, o\u00f9 on lit : <em>\u00ab\u00a0&#8230; dans la maison du Signor Biglione habit\u00e9e par le testateur dans la r\u00e9gion du Monastero hameau de Meinito&#8230;\u00a0\u00bb <\/em><em>(S. CASELLE, Cascinali e Contadini del Monferrato : i Bosco di Chieri nel secolo XVIII, Roma, LAS, 1975, p. 94).<br><\/em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Que peut-on dire de cette opinion ?<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Aujourd&rsquo;hui, <em>Meinito<\/em> (ou <em>Mainito<\/em>) n&rsquo;est plus que le site d&rsquo;une ferme situ\u00e9e au sud de la colline, au-del\u00e0 de la route provinciale qui va de Castelnuovo \u00e0 Capriglio, mais \u00e0 une certaine \u00e9poque il indiquait un territoire plus \u00e9tendu, contigu \u00e0 celui appel\u00e9 <em>Sbaraneo<\/em> (ou <em>Sbaruau<\/em>). Et <em>Sbaraneo<\/em> n&rsquo;\u00e9tait autre que le vallon \u00e0 l&rsquo;est de la colline.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le <em>Monastero<\/em> ne correspondait donc pas seulement \u00e0 l&rsquo;actuelle zone bois\u00e9e proche de Mainito, mais couvrait un vaste territoire, de Mainito \u00e0 la Barosca, \u00e0 tel point que m\u00eame la petite maison des Becchi \u00e9tait enregistr\u00e9e en 1817 dans la \u00ab\u00a0<em>r\u00e9gion de Cavallo, Monastero<\/em>\u00a0\u00bb (S. CASELLE, o. c., p. 96).<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Lorsqu&rsquo;il n&rsquo;existait pas encore de cartes avec des parcelles num\u00e9rot\u00e9es, on identifiait les fermes et les domaines au moyen de noms de lieux ou de <em>toponymes<\/em>, d\u00e9riv\u00e9s de patronymes d&rsquo;anciennes familles ou de caract\u00e9ristiques g\u00e9ographiques et historiques.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ces toponymes servaient de points de rep\u00e8re, mais ne correspondaient que tr\u00e8s approximativement \u00e0 la signification actuelle de \u00ab\u00a0r\u00e9gion\u00a0\u00bb ou de \u00ab\u00a0hameau\u00a0\u00bb, et \u00e9taient utilis\u00e9s avec une grande libert\u00e9 de choix par les notaires.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La plus ancienne carte de Castelnuovo et environs, conserv\u00e9e dans les archives municipales et aimablement mise \u00e0 notre disposition, date de 1742 et est appel\u00e9e \u00ab\u00a0carte napol\u00e9onienne\u00a0\u00bb, probablement en raison de sa plus grande utilisation pendant l&rsquo;occupation fran\u00e7aise. Un extrait de cette carte, \u00e9dit\u00e9 en 1978 avec \u00e9laboration photographique du texte original par MM. Polato et Occhiena, qui ont compar\u00e9 les documents d&rsquo;archives avec les lots num\u00e9rot\u00e9s sur la carte napol\u00e9onienne, donne une indication de toutes les terres poss\u00e9d\u00e9es par la famille Biglione depuis 1773 et exploit\u00e9es par la famille Bosco de 1793 \u00e0 1817. Il ressort de cet \u00ab\u00a0Extrait\u00a0\u00bb que la famille Biglione ne poss\u00e9dait aucune terre ni aucune maison \u00e0 Mainito. D&rsquo;autre part, aucun autre document n&rsquo;a pu \u00eatre trouv\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent qui prouve le contraire.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quel sens peuvent donc avoir les mots \u00ab\u00a0<em>dans la maison de M. Biglione&#8230; dans la r\u00e9gion de Monastero au hameau de Meinito<\/em>\u00a0\u00bb ?<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tout d&rsquo;abord, il est bon de savoir que seulement neuf jours plus tard, le m\u00eame notaire qui a r\u00e9dig\u00e9 le testament de Francesco Bosco, a \u00e9crit dans l&rsquo;inventaire de son h\u00e9ritage : \u00ab\u00a0&#8230; dans la maison du Signor Giacinto Biglione habit\u00e9e par ses enfants dans la <em>r\u00e9gion de Meinito<\/em>&#8230;\u00a0\u00bb. (S. CASELLE, o. c., p. 96), faisant ainsi passer Mainito de \u00ab\u00a0hameau\u00a0\u00bb \u00e0 \u00ab\u00a0r\u00e9gion\u00a0\u00bb en quelques jours. Et il est curieux de constater que m\u00eame la ferme Biglione proprement dite, dans diff\u00e9rents documents, appara\u00eet \u00e0 <em>Sbaconatto<\/em>, \u00e0 <em>Sbaraneo<\/em> ou <em>Monastero<\/em>, \u00e0 <em>Castellero<\/em>, et ainsi de suite.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Comment expliquer tout cela ? Si l&rsquo;on tient compte de tous les \u00e9l\u00e9ments, il n&rsquo;est pas difficile de se rendre compte qu&rsquo;il s&rsquo;agit toujours de la m\u00eame zone, <em>le<\/em><em>Monastero<\/em>, qui comprenait en son centre Sbaconatto et Castellero, \u00e0 l&rsquo;est le Sbaraneo, et au sud le Mainito. Le notaire Montalenti a choisi \u00ab\u00a0Meinito\u00a0\u00bb, d&rsquo;autres \u00ab\u00a0Sbaraneo\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Sbaconatto\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Castellero\u00a0\u00bb. Mais le site et la maison \u00e9taient toujours les m\u00eames !<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nous savons par ailleurs que les \u00e9poux Damevino, propri\u00e9taires de la ferme Biglione de 1845 \u00e0 1929, poss\u00e9daient \u00e9galement d&rsquo;autres fermes, \u00e0 Scajota et \u00e0 Barosca ; mais, comme nous l&rsquo;assurent les anciens, ils n&rsquo;ont jamais poss\u00e9d\u00e9 de maisons \u00e0 Mainito. Ils avaient pourtant achet\u00e9 les propri\u00e9t\u00e9s que la famille Biglione avait vendues \u00e0 M. Giuseppe Chiardi en 1818.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il ne reste plus qu&rsquo;\u00e0 conclure que le document \u00e9tabli par le notaire Montalenti le 8 mai 1817, m\u00eame s&rsquo;il ne contient pas d&rsquo;erreurs, se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la ferme Biglione proprement dite, o\u00f9 Don Bosco est n\u00e9 le 16 ao\u00fbt 1815, o\u00f9 son p\u00e8re est mort le 11 mai 1817 et o\u00f9 le grandiose sanctuaire d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Saint Jean Bosco a \u00e9t\u00e9 construit de nos jours.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Enfin, l&rsquo;existence d&rsquo;une maison fictive de Biglione habit\u00e9e par la famille Bosco \u00e0 Mainito et d\u00e9molie on ne sait quand, par qui ou pourquoi avant 1889, comme certains l&rsquo;ont suppos\u00e9, n&rsquo;a (du moins jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent) aucune preuve r\u00e9elle en sa faveur. Les anciens \u00e9l\u00e8ves eux-m\u00eames, lorsqu&rsquo;ils ont plac\u00e9 sur la plaque des Becchi les mots \u00ab\u00a0<em>N\u00e9 pr\u00e8s d\u2019ici \u00e0.<\/em>..\u00a0\u00bb (voir notre article de janvier), ne pouvaient certainement pas faire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Mainito, qui se trouve \u00e0 plus d&rsquo;un kilom\u00e8tre de la maison de Joseph !<br><br><strong>Fermes, cultivateurs et m\u00e9tayers<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Francesco Bosco, m\u00e9tayer de la ferme Biglione, d\u00e9sireux de s&rsquo;installer \u00e0 son compte, acheta des terres et la maison des Becchi, mais la mort l&#8217;emporta subitement le 11 mai 1817 avant qu&rsquo;il n&rsquo;ait pu payer toutes ses dettes. En novembre, sa veuve, Marguerite Occhiena, s&rsquo;installa avec ses enfants et sa belle-m\u00e8re dans la maisonnette, r\u00e9nov\u00e9e \u00e0 cet effet. Auparavant, cette petite maison, d\u00e9j\u00e0 acquise par son mari depuis 1815 mais non encore pay\u00e9e, \u00e9tait \u00ab\u00a0<em>une masure avec une \u00e9table attenante, couverte de tuiles, en mauvais \u00e9tat\u00a0\u00bb (S. CASELLE, Cascinali e contadini [&#8230;], p. 96-97)<\/em>, et donc inhabitables pour une famille de cinq personnes, avec des animaux et des instruments de travail. En f\u00e9vrier 1817, l&rsquo;acte notari\u00e9 de vente avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9, mais la dette n&rsquo;\u00e9tait toujours pas r\u00e9gl\u00e9e. Marguerite dut r\u00e9soudre la situation en tant que tutrice d&rsquo;Antonio, Giuseppe et Giovanni Bosco, devenus petits propri\u00e9taires aux Becchi.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce n&rsquo;\u00e9tait pas la premi\u00e8re fois que des Bosco passaient du statut de m\u00e9tayers \u00e0 celui de petits propri\u00e9taires et vice versa. Le regrett\u00e9 commandeur Secondo Caselle nous a fourni une ample documentation \u00e0 ce sujet.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&rsquo;arri\u00e8re-arri\u00e8re-grand-p\u00e8re de Don Bosco, Giovanni Pietro, auparavant m\u00e9tayer \u00e0 la ferme <em>Croce di Pane<\/em>, entre Chieri et Andezeno, propri\u00e9t\u00e9 des P\u00e8res Barnabites, alla en 1724 comme m\u00e9tayer \u00e0 la <em>ferme de San Silvestro<\/em> pr\u00e8s de Chieri, appartenant \u00e0 la Pr\u00e9v\u00f4t\u00e9 di San Giorgio. Le fait qu&rsquo;il ait v\u00e9cu \u00e0 la ferme de San Silvestro avec sa famille est consign\u00e9 dans les \u00ab\u00a0Registres du sel\u00a0\u00bb de 1724. Son neveu, Filippo Antonio, orphelin de p\u00e8re et recueilli par le fils a\u00een\u00e9 de Giovanni Pietro, Giovanni Francesco Bosco, fut adopt\u00e9 par un grand-oncle, dont il h\u00e9rita une maison, un jardin et 2 hectares de terre \u00e0 Castelnuovo. Mais, en raison de la situation \u00e9conomique critique dans laquelle il se trouvait, il dut vendre la maison et la plupart de ses terres et s&rsquo;installer avec sa famille dans le hameau de Morialdo, en tant que m\u00e9tayer de la ferme Biglione, o\u00f9 il mourut en 1802.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Paolo, son fils du premier lit, devient alors le chef de famille et m\u00e9tayer, comme l&rsquo;indique le recensement de 1804. Mais quelques ann\u00e9es plus tard, il laissa la ferme \u00e0 son demi-fr\u00e8re Francesco et alla s&rsquo;installer \u00e0 Castelnuovo apr\u00e8s avoir pris sa part d&rsquo;h\u00e9ritage et fait des op\u00e9rations d\u2019achats et de ventes. C&rsquo;est alors que Francesco Bosco, fils de Filippo Antonio et de Margherita Zucca, devint m\u00e9tayer<em> de la ferme Biglione<\/em>.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Qu&rsquo;entendait-on \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque par \u00ab\u00a0<em>cascina<\/em>\u00ab\u00a0, \u00ab\u00a0<em>massaro<\/em>\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0<em>mezzadro<\/em>\u00a0\u00bb ?<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le mot <em>cascina<\/em> (en pi\u00e9montais : <em>cassin-a<\/em>) d\u00e9signe en soi une ferme ou l&rsquo;ensemble d&rsquo;une exploitation agricole ; mais dans les lieux dont nous parlons, l&rsquo;accent \u00e9tait mis sur la <em>maison<\/em>, c&rsquo;est-\u00e0-dire le b\u00e2timent agricole utilis\u00e9 en partie comme habitation et en partie comme maison rustique pour le b\u00e9tail, etc. Le <em>massaro<\/em> (en pi\u00e9montais : <em>mass\u00e9<\/em>) est en soi le responsable de la ferme et des terres, tandis que le <em>mezzadro<\/em> (en pi\u00e9montais : <em>maso\u00e9<\/em>) n&rsquo;est que le cultivateur des terres d&rsquo;un ma\u00eetre avec lequel il partage les r\u00e9coltes. Mais dans la pratique, le <em>massaro<\/em> \u00e9tait aussi m\u00e9tayer et vice-versa, de sorte que le mot <em>mass\u00e9<\/em> \u00e9tait peu utilis\u00e9, tandis que <em>maso\u00e9<\/em> d\u00e9signait g\u00e9n\u00e9ralement aussi le <em>massaro<\/em>.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les \u00e9poux Damevino, propri\u00e9taires de la ferme <em>Bion<\/em> ou Biglione \u00e0 Castellero de 1845 \u00e0 1929, poss\u00e9daient \u00e9galement d&rsquo;autres fermes, \u00e0 <em>Scajota<\/em> et \u00e0 <em>Barosca<\/em>, et, comme nous l&rsquo;a assur\u00e9 M. Angelo Agagliate, ils avaient cinq <em>massari<\/em> ou <em>mezzadri<\/em>, un \u00e0 la ferme Biglione, deux \u00e0 Scajota et deux \u00e0 Barosca. Naturellement, les diff\u00e9rents <em>massari<\/em> vivaient dans leur ferme.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Or, si un paysan \u00e9tait m\u00e9tayer, par exemple \u00e0 la ferme Scajota, propri\u00e9t\u00e9 de la famille Damevino, on ne disait pas qu\u2019il habitait la maison Damevino, mais simplement \u00e0 la Scajota. Si Francesco Bosco avait v\u00e9cu dans la suppos\u00e9e maison Biglione \u00e0 Mainito, on n&rsquo;aurait pas dit qu\u2019il habitait \u00ab\u00a0dans la maison de M. Biglione\u00a0\u00bb, m\u00eame si cette maison avait appartenu \u00e0 la famille Biglione. Si le notaire a \u00e9crit : \u00ab\u00a0Dans la maison du Signor Biglione habit\u00e9e par le testateur ci-dessous\u00a0\u00bb, c&rsquo;est que Francesco vivait avec sa famille \u00e0 la ferme Biglione proprement dite.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cela confirme les articles pr\u00e9c\u00e9dents qui r\u00e9futent l&rsquo;hypoth\u00e8se de la naissance de Don Bosco \u00e0 Mainito \u00ab\u00a0dans une maison aujourd&rsquo;hui d\u00e9molie\u00a0\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En conclusion, on ne peut pas accorder une importance exclusive au sens litt\u00e9ral de certaines expressions, mais il faut examiner leur v\u00e9ritable signification dans l&rsquo;usage local de l&rsquo;\u00e9poque. Dans ce genre d&rsquo;\u00e9tudes, le travail du chercheur local est compl\u00e9mentaire de celui de l&rsquo;historien de m\u00e9tier, et particuli\u00e8rement important, car le premier, gr\u00e2ce \u00e0 une connaissance d\u00e9taill\u00e9e de la r\u00e9gion, peut fournir au second le mat\u00e9riel n\u00e9cessaire \u00e0 ses conclusions g\u00e9n\u00e9rales, et \u00e9viter les interpr\u00e9tations erron\u00e9es.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Lors du premier anniversaire de la mort de Don Bosco, ses anciens \u00e9l\u00e8ves voulurent&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":29745,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":38,"footnotes":""},"categories":[131],"tags":[1716,1764,2584,1872,1968,1956],"class_list":["post-29754","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-don-bosco","tag-charisme-salesien","tag-don-bosco","tag-famille","tag-lieux-salesiens","tag-saints","tag-salesiens"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29754","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=29754"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29754\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/29745"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=29754"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=29754"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=29754"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}