{"id":28836,"date":"2024-06-14T16:28:22","date_gmt":"2024-06-14T16:28:22","guid":{"rendered":"https:\/\/exciting-knuth.178-32-140-152.plesk.page\/?p=28836"},"modified":"2026-03-25T16:30:27","modified_gmt":"2026-03-25T16:30:27","slug":"le-parcours-educatif-de-don-bosco-1-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/reflexions\/le-parcours-educatif-de-don-bosco-1-2\/","title":{"rendered":"Le parcours \u00e9ducatif de Don Bosco (1\/2)"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><strong>Sur les chemins du c\u0153ur<br><\/strong><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Don Bosco a pleur\u00e9 \u00e0 la vue des gar\u00e7ons qui finissaient en prison. Hier comme aujourd&rsquo;hui, le calendrier du mal est implacable&nbsp;; heureusement, celui du bien l&rsquo;est aussi. Et toujours plus. J&rsquo;ai le sentiment que les racines d&rsquo;hier sont les m\u00eames que celles d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Comme hier, d&rsquo;autres jeunes trouvent aujourd&rsquo;hui un chez-soi dans la rue et dans les prisons. Je crois que la m\u00e9moire de ce pr\u00eatre des jeunes qui n&rsquo;avaient pas de paroisse est le thermom\u00e8tre irrempla\u00e7able pour mesurer la temp\u00e9rature de notre intervention \u00e9ducative.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Don Bosco a v\u00e9cu \u00e0 une \u00e9poque de pauvret\u00e9 sociale impressionnante. On \u00e9tait alors au d\u00e9but du processus d&rsquo;agr\u00e9gation des jeunes dans les grandes m\u00e9tropoles industrielles. Les autorit\u00e9s polici\u00e8res elles-m\u00eames d\u00e9non\u00e7aient ce danger : nombreux \u00e9taient les \u00ab\u00a0<em>gamins qui, \u00e9lev\u00e9s sans principes de Religion, d&rsquo;Honneur et d&rsquo;Humanit\u00e9, finissaient par pourrir totalement dans la haine<\/em>\u00ab\u00a0, lit-on dans les chroniques de l&rsquo;\u00e9poque. C&rsquo;\u00e9tait la pauvret\u00e9 croissante qui poussait une grande multitude d&rsquo;adultes et de jeunes \u00e0 vivre d&rsquo;exp\u00e9dients, et en particulier de vols et d&rsquo;aum\u00f4nes.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le d\u00e9labrement urbain fit exploser les tensions sociales, qui allaient de pair avec les tensions politiques. Vers le milieu du 19e si\u00e8cle, les mauvais gar\u00e7ons et les jeunes \u00e9gar\u00e9s attiraient l&rsquo;attention du public, \u00e9branlant les sensibilit\u00e9s gouvernementales.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au ph\u00e9nom\u00e8ne social s&rsquo;ajoutait un paup\u00e9risme \u00e9ducatif \u00e9vident. L&rsquo;\u00e9clatement de la famille pr\u00e9occupait surtout l&rsquo;\u00c9glise, et la pr\u00e9valence du syst\u00e8me r\u00e9pressif \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;origine du malaise croissant de la jeunesse. Les relations entre parents et enfants, \u00e9ducateurs et \u00e9ducateurs, \u00e9taient affect\u00e9es. Don Bosco devra affronter un syst\u00e8me fait de \u00ab\u00a0<em>mauvais traitements<\/em>\u00a0\u00bb en proposant celui de l&rsquo;<em>amorevolezza<\/em> (amour bienveillant).<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une vie aux limites du licite et de l&rsquo;illicite de tant de parents, et la n\u00e9cessit\u00e9 de se procurer le n\u00e9cessaire pour survivre conduiront une multitude de jeunes au d\u00e9racinement familial, au d\u00e9tachement de leur terre d\u2019origine. La ville est de plus en plus encombr\u00e9e de gamins et de jeunes \u00e0 la recherche d&rsquo;un emploi ; pour beaucoup de ceux qui viennent de loin, c&rsquo;est aussi le manque d&rsquo;un coin o\u00f9 dormir.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il n&rsquo;\u00e9tait pas rare de rencontrer une femme, comme Maria G., en train de mendier, qui utilisait des enfants qu\u2019elle pla\u00e7ait \u00e0 des points strat\u00e9giques de la ville ou devant les portes des \u00e9glises. Souvent, les parents eux-m\u00eames confiaient leurs enfants aux mendiants, qui les utilisaient pour susciter la piti\u00e9 des autres et recevoir plus d&rsquo;argent. Cela ressemble comme une photocopie au syst\u00e8me pratiqu\u00e9 dans une grande ville du Sud : la location des enfants d&rsquo;autrui pour apitoyer le passant et rendre la mendicit\u00e9 plus rentable.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais c\u2019\u00e9tait le vol qui \u00e9tait la v\u00e9ritable source de revenus, un ph\u00e9nom\u00e8ne qui s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 et est devenu imparable dans le Turin du XIXe si\u00e8cle. Le 2 f\u00e9vrier 1845, neuf gamins \u00e2g\u00e9s de onze \u00e0 quatorze ans comparaissaient devant le commissaire de police de la ville, accus\u00e9s d&rsquo;avoir d\u00e9valis\u00e9 la boutique d&rsquo;un libraire en volant de nombreux volumes [&#8230;] et divers articles de papeterie, \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;un crochet. La nouvelle race des voleurs de bourses suscitait des plaintes constantes de la part de la population. Il s&rsquo;agissait presque toujours d&rsquo;enfants abandonn\u00e9s, sans parents, ni proches, ni moyens de subsistance, tr\u00e8s pauvres, chass\u00e9s et abandonn\u00e9s de tous, qui finissaient par voler.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le tableau de la d\u00e9viance juv\u00e9nile \u00e9tait impressionnant. La d\u00e9linquance, avec l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;abandon de tant de gar\u00e7ons, se r\u00e9pandait comme une tra\u00een\u00e9e de poudre. Le nombre croissant de \u00ab\u00a0<em>vauriens<\/em>\u00ab\u00a0, de \u00ab\u00a0<em>voleurs de bourses imp\u00e9nitents<\/em>\u00a0\u00bb dans les rues et sur les places n&rsquo;\u00e9tait cependant qu&rsquo;un aspect d&rsquo;une situation plus g\u00e9n\u00e9rale. La fragilit\u00e9 de la famille, le grand malaise \u00e9conomique, l&rsquo;immigration constante et forte de la campagne vers la ville, alimentaient une situation pr\u00e9caire face \u00e0 laquelle les forces politiques se sentaient impuissantes. Le malaise grandissait \u00e0 mesure que la criminalit\u00e9 s&rsquo;organisait et p\u00e9n\u00e9trait les structures publiques. Les premi\u00e8res manifestations de violence des bandes organis\u00e9es apparaissent, agissant par des actes d&rsquo;intimidation soudains et r\u00e9p\u00e9t\u00e9s, destin\u00e9s \u00e0 cr\u00e9er un climat de tension sociale, politique et religieuse.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il faut rappeler ici les bandes de jeunes, connues sous le nom de <em>cocche<\/em>, qui se r\u00e9pandaient en nombre variable, prenant des noms diff\u00e9rents selon les quartiers o\u00f9 elles \u00e9taient implant\u00e9es. Leur seul but \u00e9tait \u00ab\u00a0<em>d\u2019effrayer les voyageurs, de les maltraiter s&rsquo;ils se plaignaient, de commettre des actes obsc\u00e8nes envers les femmes, et d&rsquo;attaquer un soldat ou un policier isol\u00e9<\/em>\u00ab\u00a0. En r\u00e9alit\u00e9, il ne s&rsquo;agissait pas d&rsquo;associations criminelles, mais plut\u00f4t de bandes, form\u00e9es non seulement de Turinois, mais aussi d\u2019immigr\u00e9s, des jeunes \u00e2g\u00e9s de seize \u00e0 trente ans qui se r\u00e9unissaient spontan\u00e9ment, surtout le soir, pour donner libre cours \u00e0 leurs tensions et \u00e0 leurs frustrations de la journ\u00e9e. C&rsquo;est dans cette situation, au milieu du XIXe si\u00e8cle, que s\u2019est d\u00e9ploy\u00e9e l\u2019action de Don Bosco. Ce n&rsquo;\u00e9taient plus les pauvres gar\u00e7ons, amis et compagnons d&rsquo;enfance de son hameau des Becchi \u00e0 Castelnuovo, ce n&rsquo;\u00e9taient plus les bons compagnons de Chieri, mais \u00ab\u00a0les loups, les bagarreurs, les marginaux\u00a0\u00bb de ses r\u00eaves.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C&rsquo;est dans ce monde de conflits politiques, dans cette vigne o\u00f9 poussait l&rsquo;ivraie en abondance, sur ce march\u00e9 de jeunes bras embauch\u00e9s pour la d\u00e9pravation, parmi ces jeunes sans amour et mal nourris dans le corps et dans l&rsquo;\u00e2me, que Don Bosco a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 \u00e0 travailler. Le jeune pr\u00eatre \u00e9coute, il sort dans la rue, il voit, il s&rsquo;\u00e9meut, mais, concret comme il l&rsquo;\u00e9tait, il retrousse ses manches&nbsp;: ces gar\u00e7ons ont besoin d&rsquo;une \u00e9cole, d&rsquo;une \u00e9ducation, d&rsquo;un cat\u00e9chisme, d&rsquo;une formation au travail. Il n&rsquo;y a pas de temps \u00e0 perdre. Ils sont jeunes, ils ont besoin de donner un sens \u00e0 leur vie, ils ont le droit d&rsquo;avoir du temps et des moyens pour \u00e9tudier, apprendre un m\u00e9tier, mais aussi du temps et de l&rsquo;espace pour \u00eatre heureux, pour jouer.<br><br><strong>Va, regarde autour de toi !<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; S\u00e9dentaires par profession ou par choix, informatis\u00e9s dans la pens\u00e9e et l&rsquo;action, nous risquons de perdre l&rsquo;originalit\u00e9 d&rsquo;<em>\u00eatre<\/em>, de partager, de grandir <em>ensemble<\/em>.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Don Bosco n&rsquo;a pas v\u00e9cu \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque des pr\u00e9parations en \u00e9prouvette : il a l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9 la p\u00e9dagogie du \u00ab\u00a0<em>compagnonnage<\/em>\u00ab\u00a0, le plaisir spirituel et physique de vivre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du gar\u00e7on, petit parmi les petits, pauvre parmi les pauvres, fragile parmi les fragiles.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un pr\u00eatre de ses amis et son guide spirituel, Don Cafasso, connaissait Don Bosco, il connaissait son z\u00e8le pour les \u00e2mes, il sentait sa passion pour cette multitude de gar\u00e7ons. C\u2019est lui qui l&rsquo;a pouss\u00e9 \u00e0 sortir dans la rue&nbsp;: \u00ab\u00a0Va, regarde autour de toi\u00a0\u00bb. D\u00e8s les premiers dimanches, le pr\u00eatre venu de la campagne, le pr\u00eatre qui n&rsquo;avait pas connu son p\u00e8re, alla voir la mis\u00e8re des faubourgs de la ville. Il est rest\u00e9 choqu\u00e9. \u00ab\u00a0<em>Il rencontra un grand nombre de jeunes de tous \u00e2ges, t\u00e9moigne son successeur Don Rua, qui erraient dans les rues et sur les places, surtout dans les faubourgs de la ville, jouant, se bagarrant, jurant et m\u00eame faisant pire<\/em>\u00ab\u00a0.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il entre sur les chantiers, parle avec les ouvriers, contacte les employeurs. Il ressent des \u00e9motions qui le marqueront pour le reste de sa vie lorsqu&rsquo;il rencontrait ces gar\u00e7ons. Et parfois, il trouve ces pauvres \u00ab\u00a0<em>petits ma\u00e7ons<\/em>\u00a0\u00bb allong\u00e9s sur le sol dans un coin de l&rsquo;\u00e9glise, fatigu\u00e9s, endormis, incapables d\u2019entendre des sermons insignifiants pour leur vie de vagabonds. C&rsquo;\u00e9tait peut-\u00eatre le seul endroit o\u00f9 ils pouvaient trouver un peu de chaleur, apr\u00e8s une journ\u00e9e de labeur, avant de s&rsquo;aventurer \u00e0 la recherche d&rsquo;un endroit o\u00f9 passer la nuit. Ils entraient dans les boutiques, erraient sur les march\u00e9s, visitaient les coins de rue, o\u00f9 se trouvaient de nombreux petits mendiants. Partout, des gar\u00e7ons mal habill\u00e9s et sous-aliment\u00e9s. Il assiste \u00e0 des sc\u00e8nes de malversations et de transgressions, et les coupables sont encore et toujours des jeunes.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quelque temps apr\u00e8s, il passe de la rue aux prisons. \u00ab\u00a0<em>Pendant vingt ann\u00e9es, sans arr\u00eat, j&rsquo;ai fr\u00e9quent\u00e9 les prisons royales de Turin et en particulier les prisons s\u00e9natoriales ; par la suite, j&rsquo;y suis encore all\u00e9, mais non plus r\u00e9guli\u00e8rement<\/em>&#8230;\u00a0\u00bb (MB XV, 705).<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Que d\u2019incompr\u00e9hensions au d\u00e9part ! Que d&rsquo;insultes ! Une soutane en ce lieu, symbole peut-\u00eatre d\u2019une autorit\u00e9 d\u00e9test\u00e9e&nbsp;! Don Bosco s&rsquo;est approch\u00e9 de ces \u00ab\u00a0loups\u00a0\u00bb enrag\u00e9s et m\u00e9fiants ; il \u00e9couta leurs histoires, mais surtout il fit sienne leur souffrance.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il comprit le drame de ces gar\u00e7ons : des exploiteurs malins les avaient pouss\u00e9s dans ces cellules. Et il devint leur ami. Ses mani\u00e8res simples et humaines redonnaient \u00e0 chacun d&rsquo;eux dignit\u00e9 et respect.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il fallait faire quelque chose et vite ; il fallait inventer un syst\u00e8me diff\u00e9rent, pour secourir ceux qui s&rsquo;\u00e9taient \u00e9gar\u00e9s. \u00ab\u00a0<em>Quand le temps le permettait, il passait des journ\u00e9es enti\u00e8res dans les prisons. Chaque samedi, il y allait avec les poches pleines de tabac ou de pagnotes, mais dans le but de rencontrer sp\u00e9cialement les plus jeunes [&#8230;], de les assister, de devenir leur ami, les invitant \u00e0 venir \u00e0 l&rsquo;oratoire, quand ils avaient le bonheur de sortir de ce lieu de perdition<\/em>\u00a0\u00bb (MB II, 173).<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans la <em>Generala<\/em>, maison de correction inaugur\u00e9e \u00e0 Turin le 12 avril 1845, comme le pr\u00e9cise le r\u00e8glement de la maison p\u00e9nale, \u00ab&nbsp;<em>on rassemblait et on corrigeait au moyen du travail en commun, du silence et de la s\u00e9gr\u00e9gation nocturne dans des cellules sp\u00e9ciales les jeunes condamn\u00e9s \u00e0 une peine correctionnelle pour avoir agi sans discernement en commettant un d\u00e9lit, ainsi que les jeunes retenus en prison par amour paternel&nbsp;\u00bb<\/em>. C&rsquo;est dans ce contexte que s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9e l&rsquo;extraordinaire excursion \u00e0 Stupinigi organis\u00e9e par Don Bosco seul, avec l&rsquo;accord du ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur, Urbano Rattazzi, sans gardiens, sur la seule base d&rsquo;une confiance r\u00e9ciproque, d&rsquo;un engagement de conscience et de la fascination de l&rsquo;\u00e9ducateur. Le ministre voulait conna\u00eetre la \u00ab\u00a0raison pour laquelle l&rsquo;\u00c9tat n&rsquo;a pas sur ces jeunes l&rsquo;influence\u00a0\u00bb du pr\u00eatre. \u00ab&nbsp;<em>La force que nous avons est une force morale&nbsp;; \u00e0 la diff\u00e9rence de l&rsquo;\u00c9tat, qui ne sait que commander et punir, nous parlons avant tout au c\u0153ur de la jeunesse, et notre parole est la parole de Dieu<\/em>&nbsp;\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Connaissant le syst\u00e8me de vie adopt\u00e9 \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la <em>Generala<\/em>, le d\u00e9fi lanc\u00e9 par le jeune pr\u00eatre pi\u00e9montais prend une valeur incroyable : demander un jour de \u00ab\u00a0<em>sortie libre<\/em>\u00a0\u00bb pour tous ces jeunes d\u00e9tenus. C&rsquo;\u00e9tait de la folie et telle fut consid\u00e9r\u00e9e la demande de Don Bosco. Il obtint l&rsquo;autorisation au printemps 1855. Tout fut organis\u00e9 par Don Bosco seul, avec l&rsquo;aide des gar\u00e7ons eux-m\u00eames. Le consentement re\u00e7u du ministre Rattazzi \u00e9tait certainement un signe d&rsquo;estime et de confiance pour le jeune pr\u00eatre. L&rsquo;exp\u00e9rience qui consistait \u00e0 conduire des gar\u00e7ons hors de cette maison de correction en toute libert\u00e9 et de r\u00e9ussir \u00e0 les ramener tous en prison, malgr\u00e9 ce qui se passait ordinairement \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la structure carc\u00e9rale, avait quelque chose d\u2019extraordinaire. Ce fut le triomphe de l&rsquo;appel \u00e0 la confiance et \u00e0 la conscience, ce fut la mise \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve d&rsquo;une id\u00e9e, d&rsquo;une exp\u00e9rience qui le guidera toute sa vie&nbsp;: parier sur les ressources cach\u00e9es dans le c\u0153ur de tant de jeunes vou\u00e9s \u00e0 une marginalisation irr\u00e9versible.<br><br><strong>En avant et en manches de chemise<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Aujourd&rsquo;hui encore, dans un contexte culturel et social diff\u00e9rent, les intuitions de Don Bosco ne sentent pas le moisi des choses \u00ab\u00a0<em>d\u00e9pass\u00e9es<\/em>\u00ab\u00a0, mais restent proactives. Surtout, ce qui reste surprenant dans cette dynamique de r\u00e9cup\u00e9ration des gamins et des jeunes entr\u00e9s dans le circuit p\u00e9nal, c\u2019est l&rsquo;esprit d&rsquo;inventivit\u00e9 pour leur cr\u00e9er des opportunit\u00e9s de travail concr\u00e8tes.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Aujourd&rsquo;hui, nous nous d\u00e9battons pour offrir des emplois \u00e0 nos mineurs en danger. Ceux qui travaillent dans le secteur social savent combien il est difficile de surmonter les m\u00e9canismes et les engrenages bureaucratiques pour r\u00e9aliser, par exemple, de simples bourses de travail pour les mineurs. Avec des formules et des structures souples, Don Bosco a r\u00e9alis\u00e9 une sorte de \u00ab\u00a0<em>parrainage<\/em>\u00a0\u00bb des gar\u00e7ons aupr\u00e8s des employeurs, sous la tutelle \u00e9ducative du garant.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les premi\u00e8res ann\u00e9es de la vie sacerdotale et apostolique de Don Bosco ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es par une recherche permanente en vue de sortir les gamins et les jeunes des dangers de la rue. Dans son esprit les projets \u00e9taient clairs, car dans son esprit et dans son \u00e2me \u00e9tait bien ancr\u00e9e sa m\u00e9thode \u00e9ducative&nbsp;: \u00ab\u00a0<em>Pas avec des coups, mais avec la douceur<\/em>\u00ab\u00a0. Il \u00e9tait \u00e9galement convaincu qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas facile de transformer des loups en agneaux. Mais il avait la Providence divine de son c\u00f4t\u00e9.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et lorsqu&rsquo;il \u00e9tait confront\u00e9 \u00e0 des probl\u00e8mes imm\u00e9diats, il ne reculait jamais. Il n&rsquo;\u00e9tait pas du genre \u00e0 \u00ab\u00a0disserter\u00a0\u00bb sur la condition sociologique des mineurs, ni le pr\u00eatre des compromis politiques ou formels ; il \u00e9tait saintement obstin\u00e9 dans ses bonnes intentions, mais fortement tenace et concret pour les r\u00e9aliser. Il avait un grand z\u00e8le pour le salut de la jeunesse et aucun obstacle ne pouvait conditionner cette sainte passion, qui marquait chaque pas et ponctuait chaque heure de sa journ\u00e9e.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;\u00ab&nbsp;<em>Rencontrer dans les prisons des foules de jeunes et m\u00eame d&rsquo;enfants de douze \u00e0 dix-huit ans, tous sains, robustes et \u00e9veill\u00e9s ; les voir l\u00e0 inactifs et rong\u00e9s par les insectes, priv\u00e9s de pain spirituel et temporel, expiant dans ces lieux de ch\u00e2timent avec remords les p\u00e9ch\u00e9s d&rsquo;une d\u00e9pravation pr\u00e9coce, tout cela horrifie le jeune pr\u00eatre. Il voit dans ces malheureux le d\u00e9shonneur personnifi\u00e9 de la patrie, l\u2019indignit\u00e9 de la famille, la honte d&rsquo;eux-m\u00eames. Il voit surtout des \u00e2mes rachet\u00e9es et lib\u00e9r\u00e9es par le sang d&rsquo;un Dieu et qui g\u00e9missent dans le vice, avec le danger \u00e9vident de se perdre \u00e9ternellement. S&rsquo;ils avaient eu un AMI pour s\u2019occuper d&rsquo;eux avec amour, les assister et les instruire dans la religion les jours de f\u00eate, qui sait s&rsquo;ils ne se seraient pas pr\u00e9serv\u00e9s du mal et de la ruine, et s&rsquo;ils n&rsquo;auraient pas \u00e9vit\u00e9 de venir et de revenir dans ces lieux de malheur ? Il est certain qu&rsquo;au moins le nombre de ces jeunes prisonniers aurait grandement diminu\u00e9&nbsp;\u00bb<\/em> (MB II, 63).<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il retroussa ses manches et se donna corps et \u00e2me \u00e0 la pr\u00e9vention de ces maux ; il donna toute sa contribution, son exp\u00e9rience, mais surtout sa perspicacit\u00e9 pour lancer ses propres initiatives ou celles d&rsquo;autres associations. Ce qui inqui\u00e9tait \u00e0 la fois le gouvernement et les \u00ab\u00a0<em>soci\u00e9t\u00e9s<\/em>\u00a0\u00bb priv\u00e9es, c\u2019\u00e9tait la sortie de prison. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment en 1846 que fut cr\u00e9\u00e9e une structure associative autoris\u00e9e par le gouvernement, qui ressemblait, au moins dans ses intentions et \u00e0 certains \u00e9gards, \u00e0 ce qui se passe aujourd&rsquo;hui dans le syst\u00e8me p\u00e9nal italien pour mineurs. Elle s&rsquo;appelait \u00ab\u00a0<em>Soci\u00e9t\u00e9 royale pour la protection des jeunes gens lib\u00e9r\u00e9s de la maison d&rsquo;\u00e9ducation correctionnelle<\/em>\u00ab\u00a0. Son but \u00e9tait de soutenir les jeunes lib\u00e9r\u00e9s de la <em>Generala<\/em>.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une lecture attentive des statuts nous ram\u00e8ne \u00e0 certaines des mesures p\u00e9nales qui sont aujourd&rsquo;hui pr\u00e9vues comme mesures alternatives \u00e0 la prison.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les membres de cette Soci\u00e9t\u00e9 \u00e9taient divis\u00e9s en \u00ab\u00a0actifs\u00a0\u00bb, qui assumaient la charge de tuteurs, en \u00ab\u00a0payeurs\u00a0\u00bb et en \u00ab\u00a0membres payeurs actifs\u00a0\u00bb. Don Bosco \u00e9tait un \u00ab\u00a0membre actif\u00a0\u00bb. Don Bosco accepta plusieurs de ces jeunes, mais avec des r\u00e9sultats d\u00e9courageants. Ce sont peut-\u00eatre ces \u00e9checs qui l&rsquo;ont d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 demander aux autorit\u00e9s de lui envoyer des jeunes en pr\u00e9vention.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il n&rsquo;est pas important ici de traiter des relations entre Don Bosco, les maisons de correction et les services collat\u00e9raux, mais plut\u00f4t de rappeler l&rsquo;attention que le saint portait \u00e0 ce groupe de mineurs. Don Bosco connaissait le c\u0153ur des jeunes de la <em>Generala<\/em>, mais surtout il se gardait bien de rester indiff\u00e9rent \u00e0 la d\u00e9gradation morale et humaine de ces pauvres et malheureux d\u00e9tenus. Il poursuivit sa mission, il ne les abandonna pas : \u00ab&nbsp;<em>Depuis que le gouvernement a ouvert ce p\u00e9nitencier et en a confi\u00e9 la direction \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 de Saint-Pierre-aux-Liens, Don Bosco obtint de pouvoir aller de temps en temps parmi ces pauvres jeunes [&#8230;]. Avec la permission du directeur des prisons, il leur enseignait le cat\u00e9chisme, leur pr\u00eachait, entendait leurs confessions et, bien souvent, les entretenait amicalement en r\u00e9cr\u00e9ation, comme il le faisait avec ses fils de l&rsquo;Oratoire<\/em>&nbsp;\u00bb (BS 1882, n. 11, p. 180).<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de Don Bosco pour les jeunes en difficult\u00e9 se concentra au fil du temps sur l&rsquo;Oratoire, v\u00e9ritable expression d&rsquo;une p\u00e9dagogie pr\u00e9ventive et r\u00e9cup\u00e9ratrice, \u00e9tant un service social ouvert et multifonctionnel. Don Bosco a eu des contacts directs avec des jeunes querelleurs, violents, \u00e0 la limite de la d\u00e9linquance dans les ann\u00e9es 1846-1850. Ce furent les rencontres avec les <em>cocche<\/em>, ces bandes ou groupes de quartier en conflit permanent. On raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;un gar\u00e7on de quatorze ans, fils d&rsquo;un p\u00e8re ivrogne et anticl\u00e9rical&nbsp;; se trouvant par hasard \u00e0 l&rsquo;Oratoire en 1846, il se jette \u00e0 corps perdu dans les diverses activit\u00e9s r\u00e9cr\u00e9atives, mais refuse d&rsquo;assister aux offices religieux, car selon les enseignements de son p\u00e8re, il ne veut pas devenir un \u00ab\u00a0<em>moisi et un cr\u00e9tin<\/em>\u00ab\u00a0. Don Bosco le fascine par sa tol\u00e9rance et sa patience, ce qui lui fait changer de comportement en peu de temps.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Don Bosco souhaitait \u00e9galement prendre en charge la gestion d&rsquo;\u00e9tablissements de r\u00e9\u00e9ducation et de correction. Des propositions en ce sens \u00e9taient venues de diff\u00e9rents horizons. Il y eut des tentatives et des contacts, mais les projets et les propositions d&rsquo;accords n&rsquo;aboutirent \u00e0 rien. Tout cela suffit \u00e0 montrer \u00e0 quel point Don Bosco avait \u00e0 c\u0153ur le probl\u00e8me des d\u00e9linquants. Et s&rsquo;il y avait des r\u00e9sistances, elles venaient toujours de la difficult\u00e9 d&rsquo;utiliser le syst\u00e8me pr\u00e9ventif. Partout o\u00f9 il trouvait un \u00ab\u00a0<em>m\u00e9lange<\/em>\u00a0\u00bb de syst\u00e8me r\u00e9pressif et de syst\u00e8me pr\u00e9ventif, il \u00e9tait cat\u00e9gorique dans son refus, comme il \u00e9tait \u00e9galement clair dans son rejet de toute d\u00e9nomination ou structure qui sentait la \u00ab\u00a0maison de correction\u00a0\u00bb. Une lecture attentive de ces tentatives r\u00e9v\u00e8le le fait que Don Bosco n&rsquo;a jamais refus\u00e9 d&rsquo;aider le gar\u00e7on en difficult\u00e9, mais il s&rsquo;est oppos\u00e9 \u00e0 la gestion d&rsquo;instituts, de maisons de correction ou \u00e0 la direction d&rsquo;\u0153uvres fond\u00e9es sur un compromis \u00e9ducatif.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La conversation qui eut lieu entre Don Bosco et le ministre Crispi \u00e0 Rome en f\u00e9vrier 1878 est tr\u00e8s int\u00e9ressante. Crispi demanda \u00e0 Don Bosco des nouvelles sur son \u0153uvre et parla en particulier des divers syst\u00e8mes \u00e9ducatifs. Il d\u00e9plora l&rsquo;agitation qui r\u00e9gnait dans les prisons. Au cours de la conversation, le ministre resta fascin\u00e9 par l&rsquo;analyse de Don Bosco ; il lui demanda non seulement des conseils mais aussi un programme pour les maisons de correction (MB XIII, 483).<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les r\u00e9ponses et les propositions de Don Bosco rencontr\u00e8rent de la sympathie, mais pas d\u2019engagement : la fracture entre le monde religieux et le monde politique \u00e9tait grande. Don Bosco exprima son opinion en indiquant diff\u00e9rentes cat\u00e9gories de gar\u00e7ons : les mauvais gar\u00e7ons, les dissip\u00e9s et les bons. Pour le saint \u00e9ducateur, il y avait un espoir de r\u00e9ussite pour tous, m\u00eame pour les mauvais gar\u00e7ons, comme il d\u00e9signait alors ceux que nous appelons aujourd&rsquo;hui les jeunes \u00e0 risque.<br><em>\u00ab\u00a0Qu&rsquo;ils ne deviennent pas pires\u00a0\u00bb. \u00a0\u00bb &#8230;Avec le temps, les bons principes acquis pourront produire plus tard leur effet&#8230; beaucoup se remettent \u00e0 raisonner\u00a0\u00bb.<\/em> C&rsquo;\u00e9tait une r\u00e9ponse explicite et peut-\u00eatre la plus int\u00e9ressante.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Apr\u00e8s avoir mentionn\u00e9 la distinction entre les deux syst\u00e8mes \u00e9ducatifs, il nomme les jeunes <em>qui doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des jeunes \u00e0 risque : ceux qui partent dans d&rsquo;autres villes ou villages \u00e0 la recherche d&rsquo;un travail, ceux dont les parents ne peuvent ou ne veulent pas s&rsquo;occuper, les vagabonds qui tombent entre les mains de la police\u00a0\u00bb.<\/em> Il indique aussi les mesures n\u00e9cessaires et possibles : <em>\u00ab&nbsp;des centres de jeunes ouverts les jours f\u00e9ri\u00e9s, le suivi des jeunes au travail pendant la semaine, des maisons d\u2019accueil pour la formation professionnelle et agricole&nbsp;\u00bb<\/em>.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il propose non pas une gestion directe des institutions \u00e9ducatives par le gouvernement, mais un soutien ad\u00e9quat en b\u00e2timents, \u00e9quipements et subventions financi\u00e8res, et il pr\u00e9sente une version du syst\u00e8me pr\u00e9ventif qui en conserve les \u00e9l\u00e9ments essentiels, sans la r\u00e9f\u00e9rence religieuse explicite. Par ailleurs, une p\u00e9dagogie du c\u0153ur ne pouvait pas ignorer les probl\u00e8mes sociaux, psychologiques et religieux.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Don Bosco attribue leur \u00e9garement \u00e0 l&rsquo;absence de Dieu, \u00e0 l&rsquo;incertitude des principes moraux, \u00e0 la corruption du c\u0153ur, \u00e0 l&rsquo;obscurcissement de l&rsquo;esprit, \u00e0 l&rsquo;incapacit\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;insouciance des adultes, en particulier des parents, \u00e0 l&rsquo;influence corrosive de la soci\u00e9t\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;action n\u00e9gative intentionnelle des \u00ab\u00a0mauvais camarades\u00a0\u00bb ou au manque de responsabilit\u00e9 de la part des \u00e9ducateurs.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Don Bosco joue beaucoup sur le c\u00f4t\u00e9 positif : la volont\u00e9 de vivre, le go\u00fbt du travail, la red\u00e9couverte de la joie, la solidarit\u00e9 sociale, l&rsquo;esprit de famille, les bons divertissements.<\/p>\n\n\n\n<p><em><a href=\"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/reflexions\/le-parcours-educatif-de-don-bosco-2-2\/\">(suite)<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>don Alfonso Alfano, sdb<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sur les chemins du c\u0153ur&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Don Bosco a pleur\u00e9 \u00e0 la vue des gar\u00e7ons qui&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":28828,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":537,"footnotes":""},"categories":[469],"tags":[1716,1764,2194,2049,2050,1962,2616],"class_list":["post-28836","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-reflexions","tag-charisme-salesien","tag-don-bosco","tag-education","tag-jeunes","tag-les-gars","tag-salut","tag-temoins"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/28836","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=28836"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/28836\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":51091,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/28836\/revisions\/51091"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/28828"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=28836"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=28836"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=28836"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}