{"id":28462,"date":"2024-05-23T16:03:57","date_gmt":"2024-05-23T16:03:57","guid":{"rendered":"https:\/\/exciting-knuth.178-32-140-152.plesk.page\/?p=28462"},"modified":"2026-03-25T16:30:07","modified_gmt":"2026-03-25T16:30:07","slug":"merveilles-de-la-mere-de-dieu-invoquee-sous-le-titre-de-marie-auxiliatrice-6-13","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/tres-sainte-vierge-marie\/merveilles-de-la-mere-de-dieu-invoquee-sous-le-titre-de-marie-auxiliatrice-6-13\/","title":{"rendered":"Merveilles de la M\u00e8re de Dieu invoqu\u00e9e sous le titre de Marie Auxiliatrice (6\/13)"},"content":{"rendered":"\n<p><a href=\"..\/fr\/marie-auxiliatrice\/merveilles-de-la-mere-de-dieu-invoquee-sous-le-titre-de-marie-auxiliatrice-5-13\"><\/a><em><em><em><a href=\"..\/fr\/marie-auxiliatrice\/merveilles-de-la-mere-de-dieu-invoquee-sous-le-titre-de-marie-auxiliatrice-5-13\">(suite de l\u2019article pr\u00e9c\u00e9dent)<\/a><\/em><\/em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong><br>Chap. IX. La bataille de L\u00e9pante.<br><\/strong><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Apr\u00e8s avoir expos\u00e9 quelques-uns des nombreux faits qui confirment en g\u00e9n\u00e9ral comment Marie prot\u00e8ge les armes des chr\u00e9tiens lorsqu&rsquo;ils combattent pour la foi, passons \u00e0 des faits plus particuliers qui ont donn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00c9glise des raisons d&rsquo;appeler Marie du titre glorieux d&rsquo;<em>Auxilium Christianorum<\/em>. La bataille de L\u00e9pante est la plus importante d&rsquo;entre elles.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au milieu du XVIe si\u00e8cle, notre p\u00e9ninsule jouissait d&rsquo;une certaine paix lorsqu&rsquo;une nouvelle insurrection venue d&rsquo;Orient vint semer le trouble parmi les chr\u00e9tiens.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les Turcs \u00e9tablis \u00e0 Constantinople depuis plus de cent ans voyaient avec regret que le peuple italien, et en particulier les V\u00e9nitiens, poss\u00e9dait des \u00eeles et des villes au milieu de leur vaste empire. Ils ont donc commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9clamer aux V\u00e9nitiens l&rsquo;\u00eele de Chypre. Devant leur refus, ils prirent les armes et avec une arm\u00e9e de quatre-vingt mille fantassins, trois mille chevaux et une artillerie redoutable, dirig\u00e9e par leur propre empereur S\u00e9lim II, ils assi\u00e9g\u00e8rent Nicosie et Famagouste, les villes les plus fortes de l&rsquo;\u00eele. Ces villes, apr\u00e8s une d\u00e9fense h\u00e9ro\u00efque, tomb\u00e8rent toutes deux au pouvoir de l&rsquo;ennemi.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les V\u00e9nitiens firent alors appel au pape pour qu&rsquo;il leur vienne en aide afin de combattre et d&rsquo;abaisser l&rsquo;orgueil des ennemis de la chr\u00e9tient\u00e9. Le pontife romain, qui \u00e9tait alors saint Pie V, craignait que si les Turcs \u00e9taient victorieux, ils n&rsquo;apportent la d\u00e9solation et la ruine parmi les chr\u00e9tiens. C\u2019est pourquoi il pensa \u00e0 recourir \u00e0 la puissante intercession de celle que la sainte \u00c9glise proclame aussi terrible qu&rsquo;une arm\u00e9e ordonn\u00e9e au combat : <em>Terribilis ut castrorum acies ordinata<\/em>. Il ordonna des pri\u00e8res publiques pour toute la chr\u00e9tient\u00e9 et fit appel au roi Philippe II d&rsquo;Espagne et au duc Emmanuel-Philibert.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le roi d&rsquo;Espagne mit sur pied une puissante arm\u00e9e et la confia \u00e0 un fr\u00e8re cadet, Jean d&rsquo;Autriche. Le duc de Savoie envoya de bon gr\u00e9 un nombre choisi d&rsquo;hommes vaillants, qui se joignirent au reste des forces italiennes et all\u00e8rent rejoindre les Espagnols pr\u00e8s de Messine.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&rsquo;affrontement avec l&rsquo;arm\u00e9e ennemie eut lieu pr\u00e8s de la ville grecque de L\u00e9pante. Les chr\u00e9tiens attaqu\u00e8rent les Turcs avec acharnement ; les Turcs oppos\u00e8rent une r\u00e9sistance farouche. Chaque navire tournant brusquement au milieu de tourbillons de flammes et de fum\u00e9e semblait vomir la foudre des cent canons dont il \u00e9tait arm\u00e9. La mort prenait toutes les formes, les m\u00e2ts et les cordages des navires bris\u00e9s par les boulets tombaient sur les combattants et les \u00e9crasaient. Les cris d&rsquo;agonie des bless\u00e9s se m\u00ealaient au fracas des vagues et des canons. Au milieu de ce bouleversement universel, Vernieri, chef de l&rsquo;arm\u00e9e chr\u00e9tienne, remarqua que la confusion commen\u00e7ait \u00e0 entrer dans les navires turcs. Imm\u00e9diatement, il fit mettre en ordre quelques gal\u00e8res peu profondes remplies d&rsquo;adroits artilleurs, encercla les navires ennemis et, \u00e0 coups de canon, les mit en pi\u00e8ces et les foudroya. \u00c0 ce moment-l\u00e0, alors que la confusion augmentait chez les ennemis, un grand enthousiasme se d\u00e9clanche chez les chr\u00e9tiens, et de toutes parts s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent des cris de <em>victoire&nbsp;! victoire<\/em> ! et la victoire est avec eux. Les navires turcs fuient vers la terre, les V\u00e9nitiens les poursuivent et les \u00e9crasent ; ce n&rsquo;est plus une bataille, c&rsquo;est un massacre. La mer est jonch\u00e9e de v\u00eatements, d&rsquo;\u00e9toffes, de navires bris\u00e9s, de sang et de corps mutil\u00e9s ; trente mille Turcs sont morts ; deux cents de leurs gal\u00e8res passent au pouvoir des chr\u00e9tiens.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La nouvelle de la victoire provoqua une joie universelle dans les pays chr\u00e9tiens. Le s\u00e9nat de G\u00eanes et de Venise d\u00e9cr\u00e9ta que le 7 octobre serait un jour solennel de f\u00eate \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 car c&rsquo;est ce jour-l\u00e0, en l&rsquo;an 1571, qu&rsquo;eut lieu la grande bataille. Parmi les pri\u00e8res que le saint pontife avait ordonn\u00e9es pour le jour de cette grande bataille, il y avait le Rosaire, et \u00e0 l&rsquo;heure m\u00eame o\u00f9 cet \u00e9v\u00e9nement s&rsquo;est produit, il le r\u00e9citait lui-m\u00eame avec une foule de fid\u00e8les rassembl\u00e9s aupr\u00e8s de lui. \u00c0 ce moment, la Sainte Vierge lui apparut et lui r\u00e9v\u00e9la le triomphe des navires chr\u00e9tiens, triomphe que saint Pie V s&#8217;empressa d&rsquo;annoncer \u00e0 Rome avant que quiconque ait pu apporter la nouvelle. Puis le saint pontife, en remerciement \u00e0 Marie, au patronage de laquelle il attribuait la gloire de ce jour, ordonna qu\u2019on ajoute aux litanies de Lorette l&rsquo;oraison jaculatoire : <em>Maria Auxilium Christianorum, ora pro nobis<\/em>. Marie, secours des chr\u00e9tiens, priez pour nous. Et pour que le souvenir de ce prodigieux \u00e9v\u00e9nement soit perp\u00e9tuel, le pape institua la solennit\u00e9 du tr\u00e8s saint Rosaire qui sera c\u00e9l\u00e9br\u00e9e chaque ann\u00e9e le premier dimanche d&rsquo;octobre.<br><br><br><strong>Chap. X. La lib\u00e9ration de Vienne.<br><\/strong><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En l&rsquo;an 1683, les Turcs, pour se venger de leur d\u00e9faite \u00e0 L\u00e9pante, firent le projet de porter leurs armes au-del\u00e0 du Danube et du Rhin, mena\u00e7ant ainsi toute la chr\u00e9tient\u00e9. Avec une arm\u00e9e de deux cent mille hommes, avan\u00e7ant \u00e0 marches forc\u00e9es, ils vinrent assi\u00e9ger les murs de Vienne. Le souverain pontife, qui \u00e9tait alors Innocent XI, pensa \u00e0 faire appel aux princes chr\u00e9tiens, leur demandant de venir en aide \u00e0 la chr\u00e9tient\u00e9 menac\u00e9e. Peu d&rsquo;entre eux r\u00e9pondirent \u00e0 l&rsquo;invitation du pontife&nbsp;; c\u2019est pourquoi il d\u00e9cida, comme son pr\u00e9d\u00e9cesseur Pie V, de se placer sous la protection de celle que l&rsquo;\u00c9glise proclame <em>terribilis ut castrorum acies ordinata<\/em>. Il pria et invita les fid\u00e8les du monde entier \u00e0 prier avec lui.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pendant ce temps, la consternation \u00e9tait g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 Vienne. Le peuple, craignant de tomber entre les mains des infid\u00e8les, quittait la ville et abandonnait tout. L&#8217;empereur n&rsquo;avait pas de forces \u00e0 opposer et abandonna sa capitale. Le prince Charles de Lorraine, qui avait \u00e0 peine r\u00e9ussi \u00e0 rassembler trente mille Allemands, parvint \u00e0 entrer dans la ville pour tenter tant bien que mal de la d\u00e9fendre. Les villages voisins furent mis \u00e0 feu. Le 14 ao\u00fbt, les Turcs ouvrirent leurs tranch\u00e9es \u00e0 partir de la porte principale, et y camp\u00e8rent malgr\u00e9 le feu des assi\u00e9g\u00e9s. Ils assi\u00e9g\u00e8rent ensuite toutes les murailles de la ville, mirent le feu et br\u00fbl\u00e8rent plusieurs b\u00e2timents publics et priv\u00e9s. Une affaire douloureuse augmenta le courage des ennemis et diminua celui des assi\u00e9g\u00e9s.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le feu mis \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise des \u00c9cossais consuma ce superbe \u00e9difice, et en se rendant \u00e0 l&rsquo;arsenal, o\u00f9 se trouvaient la poudre et les munitions, allait ouvrir la ville aux ennemis, si par une protection toute sp\u00e9ciale de la Bienheureuse Vierge Marie, le jour de sa glorieuse Assomption, le feu ne s&rsquo;\u00e9tait pas \u00e9teint, leur donnant ainsi le temps de sauver les munitions militaires. Cette protection sensible de la M\u00e8re de Dieu ranima le courage des soldats et des habitants. Le vingt-deux du m\u00eame mois, les Turcs tent\u00e8rent d&rsquo;abattre d&rsquo;autres \u00e9difices en lan\u00e7ant un grand nombre de boulets et de bombes, avec lesquels ils firent beaucoup de d\u00e9g\u00e2ts, mais ils ne purent emp\u00eacher les habitants d&rsquo;implorer jour et nuit le secours du ciel dans les \u00e9glises, ni les pr\u00e9dicateurs de les exhorter \u00e0 mettre toute leur confiance, apr\u00e8s Dieu, en celle qui leur avait si souvent apport\u00e9 un puissant secours. Le 31, les assi\u00e9geants pouss\u00e8rent leurs efforts \u00e0 leur terme, et les soldats des deux camps se battaient corps \u00e0 corps.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La ville n&rsquo;\u00e9tait plus qu&rsquo;un monceau de ruines, lorsque le jour de la Nativit\u00e9 de la Vierge Marie, les chr\u00e9tiens redoubl\u00e8rent de pri\u00e8res et, comme par miracle, re\u00e7urent l&rsquo;avis d&rsquo;un proche secours. En effet, le lendemain, deuxi\u00e8me jour de l&rsquo;octave de la Nativit\u00e9, ils virent la montagne, qui se dresse en face de la ville, toute couverte de troupes. C&rsquo;\u00e9tait Jean Sobieski, roi de Pologne, qui, presque seul parmi les princes chr\u00e9tiens, c\u00e9dant \u00e0 l&rsquo;invitation du pontife, vint avec ses braves \u00e0 la rescousse. Convaincu qu&rsquo;avec le petit nombre de ses soldats la victoire lui serait impossible, il eut aussi recours \u00e0 celle qui est redoutable au milieu des arm\u00e9es les plus ordonn\u00e9es et les plus f\u00e9roces. Le 12 septembre, il se rendit \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise avec le prince Charles, et ils y entendirent la sainte messe, qu&rsquo;il voulut lui-m\u00eame servir, en tenant ses bras \u00e9tendus en forme de croix. Apr\u00e8s avoir communi\u00e9 et re\u00e7u une sainte b\u00e9n\u00e9diction pour lui et son arm\u00e9e, le prince se leva et dit \u00e0 haute voix : \u00ab\u00a0Soldats, pour la gloire de la Pologne, pour la lib\u00e9ration de Vienne, pour le salut de toute la chr\u00e9tient\u00e9, sous la protection de Marie, nous pouvons marcher en toute s\u00e9curit\u00e9 contre nos ennemis et la victoire sera n\u00f4tre\u00a0\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&rsquo;arm\u00e9e chr\u00e9tienne descendit alors des montagnes et s&rsquo;avan\u00e7a vers le camp des Turcs qui, apr\u00e8s avoir combattu pendant un certain temps, battirent en retraite sur l&rsquo;autre rive du Danube avec une telle h\u00e2te et dans une telle confusion qu&rsquo;ils laiss\u00e8rent dans le camp la banni\u00e8re ottomane, environ cent mille hommes, la plupart de leurs \u00e9quipages, toutes leurs munitions de guerre et cent quatre-vingts pi\u00e8ces d&rsquo;artillerie. Il n&rsquo;y eut jamais de victoire plus glorieuse qui ait co\u00fbt\u00e9 si peu de sang aux vainqueurs. On pouvait voir des soldats charg\u00e9s de butin entrer dans la ville, conduisant devant eux de nombreux troupeaux de b\u0153ufs, que les ennemis avaient abandonn\u00e9s.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&#8217;empereur L\u00e9opold, ayant appris la d\u00e9faite des Turcs, revint \u00e0 Vienne le m\u00eame jour, fit chanter un <em>Te Deum<\/em> avec la plus grande solennit\u00e9, puis, reconnaissant qu&rsquo;une victoire aussi inattendue \u00e9tait enti\u00e8rement due \u00e0 la protection de Marie, fit apporter dans l&rsquo;\u00e9glise principale la banni\u00e8re qu&rsquo;il avait trouv\u00e9e dans la tente du grand vizir. Celle de Mahomet, plus riche encore, et qui \u00e9tait hiss\u00e9e au milieu du champ, fut envoy\u00e9e \u00e0 Rome et pr\u00e9sent\u00e9e au pape. Ce saint pontife, intimement persuad\u00e9 aussi que la gloire de ce triomphe \u00e9tait toute due \u00e0 la grande M\u00e8re de Dieu, et d\u00e9sireux de perp\u00e9tuer la m\u00e9moire de ce bienfait, ordonna que la f\u00eate du saint nom de Marie, d\u00e9j\u00e0 pratiqu\u00e9e depuis quelque temps dans certains pays, serait \u00e0 l&rsquo;avenir c\u00e9l\u00e9br\u00e9e dans toute l&rsquo;\u00c9glise le dimanche compris dans l&rsquo;octave de sa Nativit\u00e9.<br><br><br><strong>Chap. XI. Association de Marie Auxiliatrice \u00e0 Munich.<br><\/strong><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La victoire de Vienne augmenta merveilleusement la d\u00e9votion \u00e0 Marie parmi les fid\u00e8les et donna naissance \u00e0 une pieuse soci\u00e9t\u00e9 de d\u00e9vots sous le titre de Confr\u00e9rie de Marie Auxiliatrice. Un p\u00e8re capucin qui pr\u00eachait avec beaucoup de z\u00e8le dans l&rsquo;\u00e9glise paroissiale Saint-Pierre de Munich, exhortait avec des expressions ferventes et \u00e9mouvantes les fid\u00e8les \u00e0 se placer sous la protection de Marie Auxiliatrice et \u00e0 implorer son patronage contre les Turcs qui mena\u00e7aient d&rsquo;envahir la Bavi\u00e8re \u00e0 partir de Vienne. La d\u00e9votion \u00e0 la Sainte Vierge Marie Auxiliatrice prit une telle ampleur que les fid\u00e8les voulurent la continuer m\u00eame apr\u00e8s la victoire de Vienne, alors que les ennemis avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 contraints de quitter leur ville. C&rsquo;est alors qu&rsquo;une confr\u00e9rie sous le titre de Marie Auxiliatrice fut cr\u00e9\u00e9e pour \u00e9terniser le souvenir de la grande faveur obtenue de la Sainte Vierge.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le duc de Bavi\u00e8re, qui avait command\u00e9 une partie de l&rsquo;arm\u00e9e chr\u00e9tienne, tandis que le roi de Pologne et le duc de Lorraine commandaient le reste de la milice, pour donner suite \u00e0 ce qui avait \u00e9t\u00e9 fait dans sa capitale, demanda au souverain pontife, Innocent XI, l&rsquo;\u00e9rection de la confr\u00e9rie. Le pape y consentit volontiers et accorda l&rsquo;institution implor\u00e9e par une Bulle dat\u00e9e du 18 ao\u00fbt 1684, en l&rsquo;enrichissant d&rsquo;indulgences. C\u2019est ainsi que, le 8 septembre de l&rsquo;ann\u00e9e suivante, alors que l\u2019ennemi assi\u00e9geait la ville de Buda, la confr\u00e9rie fut \u00e9tablie par son ordre avec une grande solennit\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9glise Saint-Pierre de Munich. D\u00e8s lors, les confr\u00e8res de cette association, unis de c\u0153ur dans l&rsquo;amour de J\u00e9sus et de Marie, se r\u00e9unissaient \u00e0 Munich et offraient \u00e0 Dieu des pri\u00e8res et des sacrifices pour implorer son infinie mis\u00e9ricorde. Gr\u00e2ce \u00e0 la protection de la Sainte Vierge, cette confr\u00e9rie s&rsquo;est rapidement r\u00e9pandue, de sorte que les plus grandes personnalit\u00e9s ont tenu \u00e0 s&rsquo;y inscrire pour s&rsquo;assurer l&rsquo;assistance de cette grande Reine du Ciel dans les p\u00e9rils de la vie et surtout \u00e0 l&rsquo;article de la mort. Des empereurs, des rois, des reines, des pr\u00e9lats, des pr\u00eatres et une infinit\u00e9 de personnes de toutes les parties de l&rsquo;Europe consid\u00e8rent encore aujourd&rsquo;hui que c&rsquo;est une grande chance d&rsquo;y \u00eatre inscrit. Les papes ont accord\u00e9 de nombreuses indulgences \u00e0 ceux qui font partie de cette confr\u00e9rie. Les pr\u00eatres qui y sont agr\u00e9g\u00e9s peuvent en agr\u00e9ger d&rsquo;autres. Des milliers de messes et de chapelets sont r\u00e9cit\u00e9s pendant la vie et apr\u00e8s la mort pour ceux qui en sont membres.<br><br><br><strong>Chap. XII. Convenance d\u2019une f\u00eate de Marie Auxiliatrice.<br><\/strong><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les faits que nous avons expos\u00e9s jusqu&rsquo;ici en l&rsquo;honneur de Marie Auxiliatrice font comprendre combien Marie aime \u00e0 \u00eatre invoqu\u00e9e sous ce titre. L&rsquo;\u00c9glise catholique a tout observ\u00e9, examin\u00e9 et approuv\u00e9, guidant elle-m\u00eame les pratiques des fid\u00e8les, afin que ni le temps ni la malice des hommes ne d\u00e9naturent le v\u00e9ritable esprit de d\u00e9votion.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Rappelons ici ce que nous avons souvent dit sur les gloires de Marie comme secours des chr\u00e9tiens. Dans les livres saints, elle est symbolis\u00e9e dans l&rsquo;arche de No\u00e9, qui sauve du d\u00e9luge universel les disciples du vrai Dieu ; dans l&rsquo;\u00e9chelle de Jacob, qui s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve jusqu&rsquo;au ciel ; dans le buisson ardent de Mo\u00efse ; dans l&rsquo;arche de l&rsquo;alliance ; dans la tour de David, qui d\u00e9fend contre tous les assauts ; dans la rose de J\u00e9richo ; dans la fontaine scell\u00e9e ; dans le jardin bien cultiv\u00e9 et gard\u00e9 de Salomon ; elle est figur\u00e9e dans un aqueduc de b\u00e9n\u00e9dictions ; dans la toison de G\u00e9d\u00e9on. Ailleurs, elle est appel\u00e9e l&rsquo;\u00e9toile de Jacob, belle comme la lune, choisie comme le soleil, l&rsquo;iris de la paix, la pupille de l&rsquo;\u0153il de Dieu, l&rsquo;aurore, la porteuse de consolations, la Vierge, la M\u00e8re et la M\u00e8re de son Seigneur. Ces symboles et expressions que l&rsquo;\u00c9glise applique \u00e0 Marie rendent manifestes les desseins providentiels de Dieu qui a voulu nous la faire conna\u00eetre avant sa naissance comme la premi\u00e8re-n\u00e9e parmi toutes les cr\u00e9atures, l\u2019\u00e9minente protectrice, l&rsquo;aide et le soutien du genre humain.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans le Nouveau Testament, les figures et les expressions symboliques cessent ; tout est r\u00e9alit\u00e9 et accomplissement du pass\u00e9. Marie est salu\u00e9e par l&rsquo;archange Gabriel, qui la dit pleine de gr\u00e2ce ; Dieu admire la grande humilit\u00e9 de Marie et l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 la dignit\u00e9 de M\u00e8re du Verbe \u00e9ternel. J\u00e9sus, Dieu immense, devient le fils de Marie ; par elle il na\u00eet, par elle il est \u00e9duqu\u00e9, assist\u00e9. Et le Verbe \u00e9ternel fait chair se soumet en tout \u00e0 l&rsquo;ob\u00e9issance de son auguste M\u00e8re. C&rsquo;est \u00e0 sa demande que J\u00e9sus accomplit le premier de ses miracles \u00e0 Cana en Galil\u00e9e ; sur le Calvaire, elle devient de facto la m\u00e8re commune des chr\u00e9tiens. Les ap\u00f4tres la prennent comme guide et ma\u00eetresse de vertu. Avec elle ils se r\u00e9unissent pour prier au c\u00e9nacle ; avec elle ils se consacrent \u00e0 la pri\u00e8re, et est avec elle enfin ils re\u00e7oivent l&rsquo;Esprit Saint. Elle adresse ses derni\u00e8res paroles aux ap\u00f4tres et s&rsquo;envole glorieusement au ciel.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Du haut de son si\u00e8ge de gloire, elle dit : <em>Ego in altissimis habito ut ditem diligentes me et thesauros eorum repleam<\/em>. J&rsquo;habite le plus haut tr\u00f4ne de gloire pour enrichir de b\u00e9n\u00e9dictions ceux qui m&rsquo;aiment et pour remplir leurs tr\u00e9sors de faveurs c\u00e9lestes. C&rsquo;est pourquoi, depuis son Assomption au ciel, les chr\u00e9tiens ne cessent de s&rsquo;adresser \u00e0 Marie, et jamais, dit saint Bernard, on n&rsquo;a entendu dire que celui qui s&rsquo;adressait \u00e0 elle avec confiance n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 exauc\u00e9. C\u2019est pourquoi chaque si\u00e8cle, chaque ann\u00e9e, chaque jour et, pourrions-nous dire, chaque instant est marqu\u00e9 dans l&rsquo;histoire par une grande faveur accord\u00e9e \u00e0 ceux qui l&rsquo;ont invoqu\u00e9e avec foi. D&rsquo;o\u00f9 aussi la raison pour laquelle chaque royaume, chaque ville, chaque pays, chaque famille poss\u00e8de une \u00e9glise, une chapelle, un autel, une image, un tableau ou un signe rappelant une gr\u00e2ce accord\u00e9e \u00e0 ceux qui ont eu recours \u00e0 Elle dans les n\u00e9cessit\u00e9s de la vie. Les glorieux \u00e9v\u00e9nements contre les Nestoriens et contre les Albigeois ; les paroles dites par Marie \u00e0 saint Dominique au moment o\u00f9 elle lui recommandait la pr\u00e9dication du Rosaire, que la Sainte Vierge elle-m\u00eame appela <em>magnum in Ecclesia praesidium<\/em>, la victoire de L\u00e9pante, de Vienne, de Buda, la Confr\u00e9rie de Munich, celle de Rome, de Turin et beaucoup d&rsquo;autres \u00e9rig\u00e9es dans divers pays de la chr\u00e9tient\u00e9, tous ces faits d\u00e9montrent combien la d\u00e9votion \u00e0 Marie Auxiliatrice est ancienne et r\u00e9pandue, combien ce titre lui est agr\u00e9able et combien il apporte de bienfaits aux peuples chr\u00e9tiens. C&rsquo;est donc \u00e0 juste titre que Marie a pu prononcer les paroles que l&rsquo;Esprit Saint a mises dans sa bouche : <em>In omni gente primatum habui<\/em>. Dans toutes les nations j\u2019ai eu la primaut\u00e9.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ces faits, si glorieux pour la Sainte Vierge, faisaient d\u00e9sirer une intervention expresse de l&rsquo;\u00c9glise pour d\u00e9finir la limite et la mani\u00e8re dont Marie pouvait \u00eatre invoqu\u00e9e sous le titre de secours des chr\u00e9tiens. En r\u00e9alit\u00e9, l&rsquo;\u00c9glise \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 intervenue d&rsquo;une certaine mani\u00e8re avec l&rsquo;approbation des confr\u00e9ries, des pri\u00e8res et des nombreuses pratiques pieuses auxquelles sont attach\u00e9es les saintes indulgences, et qui proclament dans le monde entier <em>Maria Auxilium Christianorum<\/em>.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais il manquait encore une chose, \u00e0 savoir un jour \u00e9tabli dans l&rsquo;ann\u00e9e pour honorer ce titre de Marie Auxiliatrice, c&rsquo;est-\u00e0-dire un jour de f\u00eate avec un rite, une messe et un office approuv\u00e9s par l&rsquo;\u00c9glise, et que l\u2019on fixe le jour de cette solennit\u00e9. Pour d\u00e9cider les pontifes d\u00e9terminent \u00e0 \u00e9tablir cette importante institution, il fallait un \u00e9v\u00e9nement extraordinaire, qui ne tarda pas \u00e0 se manifester aux hommes.<\/p>\n\n\n\n<p><br><em><a href=\"..\/maria-ausiliatrice\/maraviglie-della-madre-di-dio-invocata-sotto-il-titolo-di-maria-ausiliatrice-7-13\"><\/a><em><a href=\"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/tres-sainte-vierge-marie\/merveilles-de-la-mere-de-dieu-invoquee-sous-le-titre-de-marie-auxiliatrice-7-13\/\">(suite)<\/a><\/em><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(suite de l\u2019article pr\u00e9c\u00e9dent) Chap. IX. La bataille de L\u00e9pante.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Apr\u00e8s avoir expos\u00e9 quelques-uns des&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":18,"featured_media":28454,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":26,"footnotes":""},"categories":[127],"tags":[1734,1716,2554,1764,1818,2186,1686,1884,1698,1968],"class_list":["post-28462","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-tres-sainte-vierge-marie","tag-catechese","tag-charisme-salesien","tag-dieu","tag-don-bosco","tag-grace","tag-jesus","tag-marie","tag-miracles","tag-providence","tag-saints"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/28462","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/18"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=28462"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/28462\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":51088,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/28462\/revisions\/51088"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/28454"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=28462"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=28462"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=28462"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}