{"id":28362,"date":"2024-05-16T10:26:46","date_gmt":"2024-05-16T10:26:46","guid":{"rendered":"https:\/\/exciting-knuth.178-32-140-152.plesk.page\/?p=28362"},"modified":"2024-05-16T10:27:34","modified_gmt":"2024-05-16T10:27:34","slug":"le-reve-des-dix-diamants","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/don-bosco\/le-reve-des-dix-diamants\/","title":{"rendered":"Le r\u00eave des dix diamants"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em><em>L&rsquo;un des r\u00eaves les plus c\u00e9l\u00e8bres de Don Bosco est celui qui est appel\u00e9 le \u00ab\u00a0R\u00eave des dix diamants\u00a0\u00bb, dat\u00e9 de septembre 1881. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un r\u00eave d&rsquo;avertissements qui ne perdront jamais de leur valeur, de sorte que la d\u00e9claration faite par Don Bosco aux sup\u00e9rieurs reste toujours vraie : \u00ab\u00a0Les maux qui nous menacent seront \u00e9vit\u00e9s si nous pr\u00eachons sur les vertus et les vices qui y sont not\u00e9s\u00a0\u00bb. Don Lemoyne nous le raconte dans les M\u00e9moires biographiques (XV, 182-184).<br><\/em><\/em><br><br>Comme pour encourager Don Bosco, et afin que le poids de tant de petites et grandes contradictions ne l&rsquo;\u00e9crase pas, le ciel s&rsquo;abaissait pour ainsi dire vers lui de temps en temps sous forme d&rsquo;illustrations surnaturelles, qui le confirmaient dans la certitude de la mission qui lui avait \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e d&rsquo;en haut. Au mois de septembre, il eut un de ses r\u00eaves les plus importants. Il pr\u00e9figurait le sort de la Congr\u00e9gation dans un avenir proche, lui r\u00e9v\u00e9lait ses grandioses accroissements, mais en m\u00eame temps les dangers qui mena\u00e7aient de la d\u00e9truire s&rsquo;il n&rsquo;agissait pas \u00e0 temps. Les choses qu&rsquo;il avait vues et entendues l&rsquo;impressionn\u00e8rent tellement qu&rsquo;il ne se contenta pas de les exprimer verbalement, mais les mit par \u00e9crit. L&rsquo;original est aujourd&rsquo;hui perdu, mais de nombreuses copies sont parvenues jusqu&rsquo;\u00e0 nous, qui concordent toutes \u00e9tonnamment.<br><br><em>Spiritus Sancti gratia, illuminet sensus et corda nostra. Amen.<br><\/em><br>\u00c0 l\u2019attention de la Pieuse Soci\u00e9t\u00e9 Sal\u00e9sienne.<br>Le 10 septembre de l&rsquo;ann\u00e9e en cours (1881), jour que l&rsquo;Eglise consacre au glorieux Nom de Marie, les Sal\u00e9siens faisaient leur retraite annuelle \u00e0 San Benigno Canavese.<br>Dans la nuit du 10 au 11, alors que je dormais, mon esprit se retrouvait dans une grande salle splendidement orn\u00e9e. Il me semblait que je me promenais avec les directeurs de nos Maisons, quand apparut parmi nous un homme d&rsquo;une apparence si majestueuse que nous ne p\u00fbmes supporter sa vue. Nous jetant un coup d&rsquo;\u0153il sans parler, il se mit \u00e0 marcher \u00e0 quelques pas de nous. Il \u00e9tait v\u00eatu de la mani\u00e8re suivante : un riche manteau, semblable \u00e0 une cape, couvrait sa personne. La partie la plus proche de son cou \u00e9tait comme un bandeau nou\u00e9 sur le devant, et un ruban pendait sur sa poitrine. Sur le bandeau \u00e9tait \u00e9crit en lettres lumineuses : <em>Pia Salesianorum Societas anno 1881 <\/em>(Soci\u00e9t\u00e9 sal\u00e9sienne en l&rsquo;ann\u00e9e 1881), et sur lu ruban \u00e9taient \u00e9crits ces mots :<em> Qualis esse debet <\/em>(comme elle devrait \u00eatre). Dix diamants d&rsquo;une grosseur et d&rsquo;une splendeur extraordinaires nous emp\u00eachaient d&rsquo;arr\u00eater notre regard, sinon \u00e0 grand peine, sur cet auguste personnage. Trois de ces diamants se trouvaient sur sa poitrine&nbsp;; sur l&rsquo;un \u00e9tait \u00e9crit <em>Fides <\/em>(Foi), sur l&rsquo;autre <em>Spes <\/em>(Esp\u00e9rance), et <em>Charitas <\/em>(Charit\u00e9) sur celui qui se trouvait sur son c\u0153ur. Le quatri\u00e8me diamant se trouvait sur l&rsquo;\u00e9paule droite et portait l&rsquo;inscription <em>Labor<\/em> (Travail) ; sur le cinqui\u00e8me, sur l&rsquo;\u00e9paule gauche, on pouvait lire <em>Temperantia<\/em> (Temp\u00e9rance). Les cinq autres diamants ornaient le dos du manteau et \u00e9taient dispos\u00e9s comme suit : un diamant plus grand et plus \u00e9tincelant se trouvait au milieu, comme le centre d&rsquo;un quadrilat\u00e8re, et portait l&rsquo;inscription <em>Obedientia<\/em> (Ob\u00e9issance). Sur le premier, \u00e0 droite, on pouvait lire <em>Votum Paupertatis <\/em>(v\u0153u de pauvret\u00e9). Sur le deuxi\u00e8me, plus bas, <em>Praemium <\/em>(R\u00e9compense). Plus haut, \u00e0 gauche, on lisait <em>Votum Castitatis <\/em>(v\u0153u de chastet\u00e9). La splendeur de celui-ci \u00e9mettait une lumi\u00e8re tr\u00e8s particuli\u00e8re, et il attirait le regard comme un aimant attire le fer. Sur l&rsquo;autre, en bas \u00e0 gauche, \u00e9tait \u00e9crit <em>Ieiunium <\/em>(Je\u00fbne). Tous les quatre dirigeaient leurs rayons lumineux vers le diamant du centre.<br>Ces brillants lan\u00e7aient des rayons qui s\u2019\u00e9levaient comme des flammes et portaient diverses sentences \u00e9crites ici et l\u00e0.<br><br>Au-dessus de la Foi s\u2019\u00e9levaient ces mots : <em>Sumite scutum Fidei, ut adversus insidias diaboli certare possitis <\/em>(Prenez le bouclier de la foi, pour combattre les ruses du diable). Un autre rayon avait : <em>Fides sine operibus mortua est. Non auditores, sed factores legis regnum Dei possidebunt <\/em>(La foi sans les \u0153uvres est morte. Ce n&rsquo;est pas celui qui \u00e9coute, mais celui qui pratique la loi qui poss\u00e9dera le royaume de Dieu).<br><br>Sur les rayons de l&rsquo;Esp\u00e9rance : <em>Sperate in Domino, non in hominibus. Semper vestra fixa sint corda, ubi vera sunt gaudia <\/em>(Esp\u00e9rez dans le Seigneur, non dans les hommes. Que vos c\u0153urs soient toujours fix\u00e9s l\u00e0 o\u00f9 sont les vraies joies).<br><br>Sur les rayons de la Charit\u00e9 : <em>Alter alterius onera portate, si vultis adimplere legem meam. Diligite et diligemini. Sed diligite animas vestras et vestrorum. Devote divinum officium persolvatur ; missa attente celebretur ; Sanctum Sanctorum peramanter visitetur <\/em>(Portez les fardeaux les uns des autres, si vous voulez accomplir ma loi. Aimez et vous serez aim\u00e9s. Aimez vos \u00e2mes et les \u00e2mes des autres. R\u00e9citez l&rsquo;Office divin avec d\u00e9votion, c\u00e9l\u00e9brez la Sainte Messe avec attention, visitez le Saint des Saints avec amour).<br><br>Sur le mot Travail : <em>Remedium concupiscentiae, arma potens contra omnes insidias diaboli <\/em>(Rem\u00e8de contre la concupiscence, arme puissante contre toutes les tentations du d\u00e9mon).<br><br>Sur la Temp\u00e9rance : <em>Si lignum tollis, ignis extinguitur. <\/em><em>Pactum constitue cum oculis tuis, cum gula, cum somno, ne huiusmodi inimici depraedentur animas vestras. Intemperantia et castitas non possunt simul cohabitare <\/em>(Si tu enl\u00e8ves le bois, le feu s&rsquo;\u00e9teint. Fais un pacte avec tes yeux, avec la gourmandise et avec le sommeil, afin que ces ennemis ne ruinent pas vos \u00e2mes. L&rsquo;intemp\u00e9rance et la chastet\u00e9 ne peuvent coexister).<br><br>Sur les rayons de l&rsquo;Ob\u00e9issance : <em>Totius aedificii fundamentum, et sanctitatis compendium <\/em>(C&rsquo;est le fondement et le couronnement de l&rsquo;\u00e9difice de la saintet\u00e9).<br><br>Sur les rayons de la Pauvret\u00e9 : <em>Ipsorum est Regnum coelorum. Divitiae spinae. Paupertas non verbis, sed corde et opere conficitur. Ipsa coeli ianuam aperiet et introibit <\/em>(Le royaume des cieux appartient aux pauvres. Les richesses sont des \u00e9pines. La pauvret\u00e9 ne se vit pas en paroles, mais dans l&rsquo;amour et dans les faits. Elle nous ouvre les portes du ciel).<br><br>Sur les rayons de la Chastet\u00e9 : <em>Omnes virtutes veniunt pariter cum illa. Qui mundo sunt corde, Dei arcana vident, et Deum ipsum videbunt<\/em>. (Toutes les vertus vont de pair avec elle. Ceux qui ont le c\u0153ur pur voient les myst\u00e8res de Dieu et verront Dieu lui-m\u00eame).<br><br>Sur les rayons de la R\u00e9compense : <em>Si delectat magnitudo praemiorum, non deterreat multito laborum. Qui mecum patitur, mecum gaudebit. Momentaneum est quod patimur in terra, aeternum est quod delectabit in coelo amicos meos <\/em>(Si tu es attir\u00e9 par la grandeur de la R\u00e9compense, ne sois pas effray\u00e9 par la quantit\u00e9 des travaux. Celui qui souffre avec Moi, jouira avec Moi. Ce que nous souffrons sur terre ne dure qu\u2019un moment, \u00e9ternel est ce qui r\u00e9jouira mes amis au Ciel).<br><br>Sur les rayons du Je\u00fbne : <em>Arma potentissima adversus insidias inimici. Omnium Virtutum Custos. Omne genus daemoniorum per ipsum eiicitur <\/em>(C&rsquo;est l&rsquo;arme la plus puissante contre les pi\u00e8ges du diable. Il est le gardien de toutes les vertus. Avec le je\u00fbne, on chasse toutes sortes de d\u00e9mons).<br><br>Un large ruban de couleur rose servait d&rsquo;ourlet au bas du manteau, et sur ce ruban \u00e9tait \u00e9crit : <em>Argumentum praedicationis. Mane, meridie et vespere. Colligite fragmenta virtutum et magnum sanctitatis aedificium vobis constituetis. Vae vobis qui modica spernitis, paulatim decidetis<\/em>. (Th\u00e8me de pr\u00e9dication. Le matin, \u00e0 midi et le soir.<br>Ch\u00e9rissez les petites actions vertueuses et vous construirez un grand \u00e9difice de saintet\u00e9.<br>Malheur \u00e0 vous qui m\u00e9prisez les petites choses. Peu \u00e0 peu, vous vous ruinerez).<br><br>Jusque-l\u00e0, certains directeurs \u00e9taient debout et d\u2019autres \u00e0 genoux, mais tous \u00e9taient frapp\u00e9s d\u2019\u00e9tonnement et aucun ne parlait. C&rsquo;est alors que Don Rua dit comme hors de lui : \u00ab\u00a0Il faut prendre des notes pour ne pas oublier. Il cherche une plume et ne la trouve pas ; il sort son portefeuille, fouille et n&rsquo;a pas le crayon. Je me souviendrai, dit Don Durando. Je veux noter, ajouta Don Fagnano, et il commen\u00e7a \u00e0 \u00e9crire avec la tige d&rsquo;une rose. Tout le monde regardait et comprenait l&rsquo;\u00e9criture. Quand Don Fagnano cessa d&rsquo;\u00e9crire, Don Costamagna continua \u00e0 dicter : La charit\u00e9 comprend tout, supporte tout, conquiert tout ; pr\u00eachons-la en paroles et en actes.<br><br><br>Pendant que Don Fagnano \u00e9crivait, la lumi\u00e8re disparut et nous nous sommes tous retrouv\u00e9s dans une \u00e9paisse obscurit\u00e9. Silence, dit Don Ghivarello, mettons-nous \u00e0 genoux, prions, et la lumi\u00e8re viendra. Don Lasagna entonna le <em>Veni Creator<\/em>, puis le <em>De Profundis<\/em>, <em>Maria Auxilium Christianorum<\/em>, auxquels nous avons tous r\u00e9pondu. Apr\u00e8s avoir dit : <em>Ora pro nobis<\/em>, la lumi\u00e8re est r\u00e9apparue, entourant un panneau sur lequel on pouvait lire : <em>Pia Salesianorum Societas qualis esse periclitatur anno salutis 1900<\/em> (La Pieuse Soci\u00e9t\u00e9 Sal\u00e9sienne, quels dangers elle court en 1900). Un peu plus tard, la lumi\u00e8re devint plus vive et nous avons pu nous voir et nous conna\u00eetre les uns les autres.<br>Au milieu de cette lueur apparut de nouveau le Personnage, mais avec un air m\u00e9lancolique semblable \u00e0 celui d&rsquo;une personne qui commence \u00e0 pleurer. Son manteau \u00e9tait d\u00e9color\u00e9, mit\u00e9 et effiloch\u00e9. \u00c0 l&rsquo;endroit o\u00f9 \u00e9taient fix\u00e9s les diamants, il y avait une profonde d\u00e9chirure caus\u00e9e par des vers et par d\u2019autres petits insectes.<br><em>Respicite <\/em>(regardez) dit-il, et <em>intelligite <\/em>(comprenez). Je vis que les dix diamants \u00e9taient devenus des vers qui rongeaient rageusement le manteau.<br>Et \u00e0 la place du diamant de Fides il y avait : <em>Somnus et accidia <\/em>(sommeil et paresse).<br>Au lieu de <em>Spes <\/em>: <em>Risus et scurrilitas <\/em>(rires et banalit\u00e9s ind\u00e9centes).<br>Au lieu de <em>Charitas <\/em>: <em>Negligentia in divinis perficiendis. Amant et quaerunt quae sua sunt, non quae Iesu Christi<\/em> (n\u00e9gligence \u00e0 se donner aux choses de Dieu. Ils aiment et recherchent ce qui leur pla\u00eet, non les choses de J\u00e9sus-Christ).<br>Au lieu de <em>Temperantia <\/em>: <em>Gula, et quorum Deus venter est <\/em>(gloutonnerie : leur dieu est le ventre).<br>Au lieu de <em>Labor <\/em>: <em>Somnus, furtum, et otiositas <\/em>(sommeil, vol et oisivet\u00e9).<br>\u00c0 la place de <em>Obedientia, <\/em>il<em> <\/em>n&rsquo;y avait rien d&rsquo;autre qu&rsquo;un trou large et profond sans \u00e9criture.<br>Au lieu de <em>Castitas <\/em>: <em>Concupiscentia oculorum et superbia vitae <\/em>(concupiscence des yeux et orgueil de la vie).<br>Au lieu de Pauvret\u00e9 : <em>Lectus, habitus, potus et pecunia <\/em>(lit, v\u00eatements, boisson et argent).<br>\u00c0 la place de <em>Praemium <\/em>: <em>Pars nostra erunt quae sunt super terram <\/em>(notre h\u00e9ritage seront les biens de la terre).<br>Au lieu de <em>Ieiunium<\/em>, il y avait un trou, mais rien d&rsquo;\u00e9crit.<br>\u00c0 cette vue, nous avons tous \u00e9t\u00e9 effray\u00e9s. Don Lasagna perdit connaissance, Don Cagliero devint aussi p\u00e2le qu&rsquo;une chemise et, s&rsquo;appuyant sur une chaise, il cria : Est-il possible que les choses en soient d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 ? Don Lazzero et Don Guidazio \u00e9taient comme hors d&rsquo;eux, et se tenaient par la main pour ne pas tomber. Don Francesia, le comte Cays, Don Barberis et Don Leveratto \u00e9taient agenouill\u00e9s et priaient, le chapelet \u00e0 la main.<br>C&rsquo;est alors qu&rsquo;une voix lugubre se fait entendre : \u00ab\u00a0<em>Quomodo mutatus est color optimus <\/em>! (Comme elle est chang\u00e9e, cette splendide couleur !)<br><br><br>Mais dans l&rsquo;obscurit\u00e9, un ph\u00e9nom\u00e8ne singulier se produisit. En un instant, nous nous sommes retrouv\u00e9s envelopp\u00e9s d&rsquo;\u00e9paisses t\u00e9n\u00e8bres, au milieu desquelles est apparue rapidement une lumi\u00e8re tr\u00e8s brillante, qui avait la forme d&rsquo;un corps humain. Nous ne pouvions pas la fixer, mais nous avons vu qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un beau jeune homme v\u00eatu d&rsquo;une robe blanche travaill\u00e9e avec des fils d&rsquo;or et d&rsquo;argent. Tout autour de la robe, il y avait un ourlet de diamants brillants. D&rsquo;un aspect majestueux, mais doux et aimable, il s&rsquo;avan\u00e7a vers nous et s&rsquo;adressa \u00e0 nous en ces termes :<br><em>Servi et instrumenta Dei Omnipotentis, attendite et intelligite. Confortamini et estote robusti. Quod vidistis et audistis, est coelestis admonitio, quae nunc vobis et fratribus vestris facta est ; animadvertite et intelligite sermonem. Iaculo, praevisa minus feriunt, et praeveniri possunt. Quot sunt verbo signata, tot sint argumenta praedicationis. Indesinenter praedicate opportune et importune. Sed quae praedicatis, constanter facite, adeo ut opera vestra sint velut lux, quae sicuti tuta traditio ad fratres et filios vestros pertranseat de generatione in generationem. Attendite et intelligite. Estate oculati in tironibus acceptandis, fortes in colendis, prudentes in admittendis. Omnes probate, sed tantum quod bonum est tenete. Leves et mobiles dimittite. Attendez et intelligez. Meditatio matutina et vespertina sit indesinenter de observantia constitutionum. Si id feceritis, numquam vobis deficiet Omnipotentis auxilium. Spectaculum facti eritis mundo et Angelis, et tunc gloria vestra erit gloria Dei. Qui videbunt saeculum hoc exiens et alterum incipiens, ipsi dicent de vobis : A Domino factum est istud et est mirabile in oculis nostris. <\/em><em>Tunc omnes fratres vestri et filii vestri una voce cantabunt : Non nobis, Domine, non nobis ; sed Nomini tuo da gloriam.<br><\/em><br>(Serviteurs et instruments du Dieu tout-puissant, \u00e9coutez et comprenez. Soyez forts et courageux. Ce que vous avez vu et entendu est un avertissement du Ciel, envoy\u00e9 maintenant \u00e0 vous et \u00e0 vos fr\u00e8res ; \u00e9coutez et comprenez bien ce qui vous est dit. Les coups pr\u00e9vus font moins mal et peuvent \u00eatre \u00e9vit\u00e9s. Que les paroles indiqu\u00e9es soient autant de sujets de pr\u00e9dication. Pr\u00eachez sans cesse, \u00e0 temps et \u00e0 contretemps. Mais les choses que vous pr\u00eachez, faites-les toujours, afin que vos \u0153uvres soient comme une lumi\u00e8re qui, sous la forme d&rsquo;une tradition s\u00fbre, rayonne sur vos fr\u00e8res et vos fils de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration. \u00c9coutez bien et comprenez. Soyez attentifs dans l&rsquo;accueil des novices, forts dans leur \u00e9ducation, prudents dans leur admission [\u00e0 la profession]. Examinez-les tous, mais ne gardez que les bons. Renvoyez les l\u00e9gers et les inconstants. \u00c9coutez bien et comprenez. Que la m\u00e9ditation du matin et du soir porte sans tr\u00eave sur l\u2019observation des constitutions. Si vous faites cela, l&rsquo;aide du Tout-Puissant ne vous fera jamais d\u00e9faut. Vous deviendrez un spectacle pour le monde et pour les anges, et alors votre gloire sera la gloire de Dieu. Ceux qui verront la fin de ce si\u00e8cle et le d\u00e9but du suivant diront de vous : \u00ab\u00a0C&rsquo;est par le Seigneur que cela a \u00e9t\u00e9 fait, et c&rsquo;est admirable \u00e0 nos yeux. Alors tous vos fr\u00e8res et vos fils chanteront : Non pas \u00e0 nous, Seigneur, non pas \u00e0 nous, mais \u00e0 ton Nom, donne la gloire.)<br><br>Ces derni\u00e8res paroles furent chant\u00e9es, et \u00e0 la voix de celui qui parlait se joignit une multitude d&rsquo;autres voix si harmonieuses, si sonores, que nous rest\u00e2mes inconscients et que, pour ne pas nous \u00e9vanouir, nous nous sommes mis \u00e0 chanter avec les autres. Au moment o\u00f9 le chant s&rsquo;est termin\u00e9, la lumi\u00e8re s&rsquo;est \u00e9teinte. Je me suis alors r\u00e9veill\u00e9 et j&rsquo;ai r\u00e9alis\u00e9 qu&rsquo;il commen\u00e7ait \u00e0 faire jour.<br><br><em>Pro memoria<\/em>. Ce r\u00eave dura presque toute la nuit, et au matin je me trouvai \u00e0 bout de forces. Cependant, de peur d&rsquo;oublier, je me suis lev\u00e9 en h\u00e2te et j&rsquo;ai pris quelques notes, qui m&rsquo;ont servi de rappel pour me rem\u00e9morer ce que j&rsquo;ai expos\u00e9 ici le jour de la Pr\u00e9sentation de la Vierge Marie au Temple.<br>Il ne m&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 possible de me souvenir de tout. Parmi beaucoup de choses, j&rsquo;ai pu noter avec assurance que le Seigneur nous montre une grande mis\u00e9ricorde.<br><br>Notre Soci\u00e9t\u00e9 est b\u00e9nie par le Ciel, mais il veut que nous fassions notre travail. Les maux qui nous menacent seront \u00e9vit\u00e9s si nous pr\u00eachons sur les vertus et sur les vices qui y sont mentionn\u00e9s ; si nous pratiquons ce que nous pr\u00eachons, nous le transmettrons \u00e0 nos fr\u00e8res avec ma tradition pratique de ce qui a \u00e9t\u00e9 fait et de ce que nous ferons.<br>J&rsquo;ai aussi pu voir qu&rsquo;il y a beaucoup d&rsquo;\u00e9pines en vue, beaucoup de fatigues imminentes, qui seront suivies de grandes consolations. Vers 1890 grande peur, vers 1895 grand triomphe.<br><em>Maria Auxilium Christianorum ora pro nobis <\/em>(Marie, secours des chr\u00e9tiens, priez pour nous).<br><br>Don Rua mit imm\u00e9diatement en pratique la recommandation du Personnage en faisant des choses r\u00e9v\u00e9l\u00e9es un sujet de pr\u00e9dication ; il donna une s\u00e9rie de conf\u00e9rences aux confr\u00e8res de l&rsquo;Oratoire, dans lesquelles il commenta minutieusement les deux parties du r\u00eave. Le moment auquel Don Bosco se r\u00e9f\u00e8re \u2013 avec la double \u00e9ventualit\u00e9 des triomphes ou des d\u00e9faites &#8211; correspond dans la Congr\u00e9gation au d\u00e9but de l&rsquo;adolescence dans la vie humaine, moment d\u00e9licat et dangereux, dont d\u00e9pend en grande partie tout l&rsquo;avenir. Dans la derni\u00e8re d\u00e9cennie du si\u00e8cle dernier, la multiplication des maisons et des sal\u00e9siens et l&rsquo;extension de l&rsquo;\u0153uvre sal\u00e9sienne dans tant de nations diff\u00e9rentes pouvaient sans doute donner lieu \u00e0 quelques-unes de ces d\u00e9viations de la droite ligne qui, si elles ne sont pas arr\u00eat\u00e9es rapidement, conduisent toujours plus loin de la route principale. Mais lorsque Don Bosco disparut, la Providence avait trouv\u00e9 en son successeur l&rsquo;esprit \u00e9clair\u00e9 et la volont\u00e9 \u00e9nergique n\u00e9cessaires \u00e0 cette phase critique. Don Rua, dont on pourrait dire qu&rsquo;il \u00e9tait la personnification vivante de tout ce qui \u00e9tait bon et beau dans la premi\u00e8re partie du r\u00eave, fut en effet la sentinelle vigilante et le chef infatigable et autoris\u00e9 pour discipliner et guider les nouvelles recrues sur le bon chemin.<br>La port\u00e9e de ce r\u00eave n&rsquo;a pas de limite dans le temps. Don Bosco a donn\u00e9 l&rsquo;alerte pour un moment particulier qui devait suivre sa mort ; mais le <em>qualis esse debet <\/em>(comment elle doit \u00eatre) et le <em>qualis esse periclitatur <\/em>(quels dangers elle court) contiennent <strong>un avertissement qui ne perdra jamais de sa valeur, de sorte que la d\u00e9claration faite par Don Bosco aux sup\u00e9rieurs sera toujours vraie : \u00ab&nbsp;Les maux qui menacent seront \u00e9vit\u00e9s si nous pr\u00eachons sur les vertus et les vices qui y sont not\u00e9s&nbsp;\u00bb.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;un des r\u00eaves les plus c\u00e9l\u00e8bres de Don Bosco est celui qui est appel\u00e9 le&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":18,"featured_media":28356,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":110,"footnotes":""},"categories":[131],"tags":[1716,2634,2554,1764,1824,2606,1980,1956,1962],"class_list":["post-28362","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-don-bosco","tag-charisme-salesien","tag-conciles","tag-dieu","tag-don-bosco","tag-gras-obtenues","tag-nos-guides","tag-reves","tag-salesiens","tag-salut"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/28362","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/18"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=28362"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/28362\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/28356"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=28362"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=28362"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=28362"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}