{"id":28276,"date":"2024-05-09T08:13:46","date_gmt":"2024-05-09T08:13:46","guid":{"rendered":"https:\/\/exciting-knuth.178-32-140-152.plesk.page\/?p=28276"},"modified":"2024-05-09T08:18:20","modified_gmt":"2024-05-09T08:18:20","slug":"saint-francois-de-sales-jeune-etudiant-a-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/nos-saints\/saint-francois-de-sales-jeune-etudiant-a-paris\/","title":{"rendered":"Saint Fran\u00e7ois de Sales jeune \u00e9tudiant \u00e0 Paris"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 1578, Fran\u00e7ois de Sales avait 11 ans. Son p\u00e8re, tr\u00e8s d\u00e9sireux de faire de son fils a\u00een\u00e9 un personnage de premier plan en Savoie, l\u2019envoya \u00e0 Paris pour continuer ses \u00e9tudes dans la capitale intellectuelle de l\u2019\u00e9poque. Le coll\u00e8ge auquel il le destinait \u00e9tait celui des nobles, mais Fran\u00e7ois pr\u00e9f\u00e9rait celui des j\u00e9suites. Avec la complicit\u00e9 de sa m\u00e8re, il obtint gain de cause.&nbsp;<br><br><strong>L\u2019\u00e9cole de Paris<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Faisant l\u2019\u00e9loge de l\u2019\u00ab \u00e9cole de Paris \u00bb, \u00ab m\u00e8re illustre des lettres \u00bb, \u00ab tr\u00e8s florissante alors et tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9e \u00bb, Fran\u00e7ois de Sales dira un jour que \u00ab ses toits, pour ainsi dire, et ses murailles semblent philosopher, tant elle est adonn\u00e9e \u00e0 la philosophie et \u00e0 la th\u00e9ologie. \u00bb<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les j\u00e9suites avaient ouvert leur coll\u00e8ge quatorze ans avant son arriv\u00e9e. En tant qu\u2019\u00e9l\u00e8ve externe, il habitait avec son pr\u00e9cepteur, l\u2019abb\u00e9 D\u00e9age, et ses trois cousins, Am\u00e9, Louis et Gaspard de Sales, \u00e0 l\u2019h\u00f4tel de la Rose Blanche, puis dans un logis pr\u00e8s de Sainte-Genevi\u00e8ve. Dans une page de son <em>Trait\u00e9 de l\u2019amour de Dieu<\/em>, il racontera un souvenir du Paris de l\u2019\u00e9poque qui restitue le climat de la jeunesse \u00e9tudiante de la capitale, tiraill\u00e9e entre les plaisirs d\u00e9fendus, l\u2019\u00ab h\u00e9r\u00e9sie \u00bb \u00e0 la mode et la d\u00e9votion monastique :<br><br><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Lorsque j\u2019\u00e9tais jeune, \u00e0 Paris, deux \u00e9coliers, dont l\u2019un \u00e9tait h\u00e9r\u00e9tique, passant la nuit au faubourg Saint-Jacques, en une d\u00e9bauche d\u00e9shonn\u00eate, ou\u00efrent sonner les Matines des Chartreux ; et l\u2019h\u00e9r\u00e9tique demandant \u00e0 l\u2019autre \u00e0 quelle occasion on sonnait, il lui fit entendre avec quelle d\u00e9votion on c\u00e9l\u00e9brait les offices sacr\u00e9s en ce saint monast\u00e8re : \u00d4 Dieu ! dit-il, que l\u2019exercice de ces religieux est diff\u00e9rent du n\u00f4tre ! ils font celui des Anges, et nous celui des b\u00eates brutes. Et voulant voir par exp\u00e9rience, le jour suivant, ce qu\u2019il avait appris par le r\u00e9cit de son compagnon, il trouva ces P\u00e8res dans leurs formes, rang\u00e9s comme des statues de marbre en une suite de niches, immobiles \u00e0 toute autre action qu\u2019\u00e0 celle de la psalmodie, qu\u2019ils faisaient avec une attention et d\u00e9votion vraiment ang\u00e9lique, selon la coutume de ce saint Ordre : si [bien] que ce pauvre jeune homme, tout ravi d\u2019admiration, demeura pris en la consolation extr\u00eame qu\u2019il eut de voir Dieu si bien ador\u00e9 parmi les Catholiques, et se r\u00e9solut, comme il fit par apr\u00e8s, de se ranger dans le giron de l\u2019\u00c9glise, vraie et unique \u00c9pouse de Celui qui l\u2019avait visit\u00e9 de son inspiration, dans l\u2019inf\u00e2me liti\u00e8re de l\u2019abomination en laquelle il \u00e9tait.<br><\/em><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une autre anecdote montre que Fran\u00e7ois de Sales n\u2019ignorait rien de l\u2019esprit frondeur des Parisiens et de leur amour de la libert\u00e9, qui leur faisaient prendre \u00ab en horreur les actions command\u00e9es \u00bb :<br><br><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;[Il] s\u2019est trouv\u00e9 tel homme, ce dit-on, qui ayant doucement v\u00e9cu dans la grande ville de Paris l\u2019espace de quatre-vingts ans sans en sortir, soudain qu\u2019on lui eut enjoint de par le roi d\u2019y demeurer encore le reste de ses jours, il alla dehors voir les champs, [ce] que de sa vie il n\u2019avait d\u00e9sir\u00e9.<br><\/em><br><strong>Les \u00e9tudes humanistes<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les j\u00e9suites \u00e9taient alors dans l\u2019\u00e9lan de leur origine. Leur coll\u00e8ge, situ\u00e9 au c\u0153ur du Quartier latin, \u00e9tait un foyer rayonnant de culture humaniste. La m\u00e9thode des j\u00e9suites comprenait avant tout la le\u00e7on magistrale, suivie de nombreux exercices de la part des \u00e9l\u00e8ves tels que la composition de vers et de discours, les r\u00e9p\u00e9titions des le\u00e7ons, les conversations en latin, les d\u00e9clamations, les th\u00e8mes, les disputes. Pour motiver leurs \u00e9l\u00e8ves, les professeurs faisaient appel \u00e0 deux sentiments : le plaisir fond\u00e9 sur \u00ab l\u2019app\u00e9tit concupiscible \u00bb (imitation des anciens, sens du beau et recherche de la perfection), et l\u2019\u00e9mulation caract\u00e9ristique de \u00ab l\u2019app\u00e9tit irascible \u00bb (sens de l\u2019honneur, r\u00e9compenses aux vainqueurs). Le coll\u00e8ge m\u00e9ritait de ce fait les appellations antiques de <em>ludus<\/em> (jeu) et de <em>palaestra<\/em> (gymnase). Quant aux motivations religieuses, elles s\u2019exprimaient dans la recherche de la plus grande gloire de Dieu (<em>ad majorem Dei gloriam<\/em>) et du salut des \u00e2mes.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Sous la conduite de grands humanistes chr\u00e9tiens, Fran\u00e7ois apprenait \u00e0 fond le latin, et suffisamment de grec, devenant lui-m\u00eame litt\u00e9rairement parlant un v\u00e9ritable humaniste. Curieusement pour nous, le fran\u00e7ais ne faisait pas encore l\u2019objet d\u2019un enseignement sp\u00e9cifique dans les classes chez les j\u00e9suites, pour qui la langue \u00ab classique \u00bb ne pouvait \u00eatre que le latin, avec son compl\u00e9ment indispensable, le grec, deux langues illustr\u00e9es par les chefs-d\u2019\u0153uvre de l\u2019antiquit\u00e9. Mais cela ne veut pas dire que le fran\u00e7ais \u00e9tait n\u00e9glig\u00e9. Les j\u00e9suites ne partageaient pas le m\u00e9pris de certains humanistes pour les langues \u00ab vulgaires \u00bb, m\u00eame s\u2019ils ne les tol\u00e9raient que dans la cour de r\u00e9cr\u00e9ation. On ne peut que constater que Fran\u00e7ois poss\u00e9dait son fran\u00e7ais \u00e0 fond, ce qui suppose qu\u2019il a d\u00fb se familiariser avec les auteurs de l\u2019\u00e9poque.<br><br><strong>Philosophie et \u00ab arts lib\u00e9raux \u00bb<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00c0 la fin des humanit\u00e9s et de la rh\u00e9torique, le coll\u00e8ge offrait \u00e0 ses \u00e9l\u00e8ves la possibilit\u00e9 d\u2019apprendre les \u00ab arts lib\u00e9raux \u00bb, qui comprenaient non seulement la philosophie, mais aussi les math\u00e9matiques, la cosmographie, l\u2019histoire naturelle, la musique, la physique, l\u2019astronomie, la chimie, le tout enrob\u00e9 de consid\u00e9rations m\u00e9taphysiques. Les math\u00e9matiques suscitaient alors un grand int\u00e9r\u00eat. Quand il fera plus tard l\u2019\u00e9loge du duc de Merc\u0153ur, Fran\u00e7ois de Sales dira que parmi les sciences \u00ab non seulement biens\u00e9antes, mais presque n\u00e9cessaires \u00e0 la perfection d\u2019un prince chr\u00e9tien \u00bb, il y avait en premier lieu \u00ab la connaissance et pratique des math\u00e9matiques \u00bb.&nbsp;<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019\u00e9tude de la cosmographie, qui correspondait \u00e0 notre g\u00e9ographie, \u00e9tait favoris\u00e9e par les voyages et les d\u00e9couvertes de l\u2019\u00e9poque. Tout en ignorant la cause du ph\u00e9nom\u00e8ne du nord magn\u00e9tique, il savait que \u00ab l\u2019\u00e9toile du p\u00f4le \u00bb est celle \u00ab vers laquelle tend toujours l\u2019aiguille marine ; c\u2019est par elle que les nochers sont conduits sur mer et qu\u2019ils peuvent conna\u00eetre o\u00f9 tendent leurs navigations \u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pour ce qui est de la musique, lui-m\u00eame nous apprend que, sans \u00eatre connaisseur en musique, il la go\u00fbtait \u00ab extr\u00eamement \u00bb. Ayant le sens inn\u00e9 de l\u2019harmonie en toute chose, il admettait pourtant et connaissait l\u2019importance de la discordance :<br><br><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Afin qu\u2019une musique soit belle, il ne faut pas seulement que les voix soient nettes, claires et bien distingu\u00e9es, mais qu\u2019elles soient alli\u00e9es en telle sorte les unes aux autres, qu\u2019il s\u2019en fasse une juste consonance et harmonie, par le moyen de l\u2019union qui est en la distinction et la distinction qui est en l\u2019union des voix, que non sans cause on appelle un accord discordant, ou plut\u00f4t une discorde accordante.<br><\/em><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le luth appara\u00eet souvent dans ses \u00e9crits, ce qui ne saurait \u00e9tonner si l\u2019on sait que le XVIe si\u00e8cle fut l\u2019\u00e2ge d\u2019or de cet instrument : \u00ab Ce sont deux cordes \u00e9galement discordantes et n\u00e9cessaires d\u2019\u00eatre accord\u00e9es que la chanterelle et la basse, afin de bien jouer du luth ; il n\u2019y a rien de plus discordant que le haut avec le bas ; n\u00e9anmoins, sans l\u2019accord de ces deux cordes, l\u2019harmonie du luth ne peut \u00eatre agr\u00e9able. \u00bb<br><br><strong>Activit\u00e9s extrascolaires<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019\u00e9cole n\u2019absorbait pas enti\u00e8rement la vie du jeune homme, qui avait aussi besoin de d\u00e9tente. Anciennement, les \u00e9tablissements d\u2019enseignement ne poss\u00e9daient pas de cour de r\u00e9cr\u00e9ation, mais parfois seulement une \u00ab salle \u00bb. Les premiers \u00e0 s\u2019en inqui\u00e9ter furent les j\u00e9suites. C\u2019est \u00e0 partir de 1560 que se manifest\u00e8rent chez eux de nouvelles orientations : r\u00e9duction de l\u2019horaire journalier, insertion d\u2019une r\u00e9cr\u00e9ation entre les classes et les \u00e9tudes, d\u00e9tente apr\u00e8s le repas, cr\u00e9ation d\u2019une cour spacieuse pour la r\u00e9cr\u00e9ation, promenade une fois par semaine, excursions.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019auteur de l\u2019<em>Introduction \u00e0 la vie d\u00e9vote <\/em>semble s\u2019\u00eatre souvenu des jeux qu\u2019il a d\u00fb pratiquer dans sa jeunesse quand il \u00e9voque \u00ab les jeux de la paume, ballon, paille-maille, les courses \u00e0 la bague, les \u00e9checs, les tables \u00bb. Est-il entr\u00e9 dans ce que l\u2019on appelait alors un \u00ab tripot \u00bb pour y jouer \u00e0 la paume ?&nbsp; L\u2019on sait qu\u2019\u00e0 la fin du XVIe si\u00e8cle, ce jeu \u00e9tait devenu en France un v\u00e9ritable jeu national et qu\u2019il existait deux cent cinquante jeux de paume \u00e0 Paris.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quant \u00e0 la pratique du jeu du ballon, elle lui servira un jour \u00e0 illustrer le m\u00e9pris des honneurs : \u00ab Qui est-ce qui re\u00e7oit le mieux le ballon en jouant ? celui, sans doute, qui le rejette plus loin \u00bb. Il conna\u00eet aussi le tir \u00e0 la cible, qui lui fournira l\u2019occasion d\u2019un joli d\u00e9veloppement sur la pr\u00e9cision du tir, qui ne peut pas toujours \u00eatre parfaite : \u00ab C\u2019est une chose fort difficile que de rencontrer toujours le blanc auquel on tire et auquel on vise \u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le jeune Fran\u00e7ois a-t-il assist\u00e9 et m\u00eame particip\u00e9 \u00e0 des repr\u00e9sentations th\u00e9\u00e2trales au coll\u00e8ge de Clermont ? C\u2019est plus que probable car les j\u00e9suites se firent les promoteurs de r\u00e9citations, dialogues et repr\u00e9sentations. Le r\u00e9pertoire s\u2019inspirait en g\u00e9n\u00e9ral de la Bible, de la vie des saints, en particulier des actes des martyrs, ou de l\u2019histoire de l\u2019\u00c9glise, sans exclure des all\u00e9gories (combats des vertus et des vices, dialogues entre la foi et l\u2019\u00c9glise, entre l\u2019h\u00e9r\u00e9sie et la raison). On consid\u00e9rait g\u00e9n\u00e9ralement qu\u2019un spectacle de ce genre valait souvent bien mieux qu\u2019un sermon.<br><br><strong>\u00c9quitation, escrime et danse<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La preuve que son p\u00e8re veillait \u00e0 sa formation compl\u00e8te de parfait gentilhomme est qu\u2019il lui imposa de se former aussi \u00e0 l\u2019apprentissage des \u00ab arts de noblesse \u00bb, o\u00f9 lui-m\u00eame avait excell\u00e9. Pendant au moins deux ans, Fran\u00e7ois dut s\u2019exercer \u00e0 la pratique de l\u2019\u00e9quitation, de l\u2019escrime et de la danse. Les connaissances qu\u2019il y acquit au temps de sa jeunesse ont laiss\u00e9 maintes traces dans ses \u00e9crits. C\u2019est ainsi qu\u2019\u00e0 propos de l\u2019entra\u00eenement \u00e0 cheval des \u00ab novices et apprentis \u00bb, il montre comment l\u2019exercice fait d\u00e9passer la peur initiale :<br><br><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les jeunes gar\u00e7ons qui commencent \u00e0 monter \u00e0 cheval, quand ils sentent leur cheval porter un peu plus haut, ne serrent pas seulement les genoux, ains (mais) se prennent \u00e0 belles mains \u00e0 la selle, mais quand ils sont un peu plus exerc\u00e9s ils se tiennent seulement en leurs serres.<br><\/em><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Savoir tenir les r\u00eanes est une n\u00e9cessit\u00e9 aussi bien en \u00e9quitation que dans le contr\u00f4le de nos passions, surtout de la col\u00e8re, mais cela est difficile car \u00ab notre cheval n\u2019est pas si bien dress\u00e9 que nous le puissions pousser et faire parer \u00e0 notre guise \u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De m\u00eame, la pratique de l\u2019escrime distinguait le gentilhomme accompli, comme d\u2019ailleurs le port de l\u2019\u00e9p\u00e9e qui faisait partie des privil\u00e8ges de la noblesse. Fran\u00e7ois de Sales se souviendra de cet art, appris durant sa jeunesse, quand il \u00e9voquera les r\u00e8gles du combat spirituel. Dans tous les cas il faut endosser une armure pour se prot\u00e9ger des coups et recourir \u00ab au plastron, aux cuissards et au casquet \u00bb. Il existe des cuirasses infaillibles : si vous attaquez \u00e0 l\u2019\u00e9p\u00e9e \u00ab un homme rev\u00eatu d\u2019une cuirasse d\u2019imp\u00e9n\u00e9trable acier ou dure comme du diamant, le coup porte \u00e0 faux, ne p\u00e9n\u00e8tre pas, mais tourne la poitrine, il coule, il glisse \u00bb. Le combat doit \u00eatre loyal, sinon \u00ab il est malais\u00e9 de tenir posture avec celui qui escrime de seule rage, sans r\u00e8gle ni mesure \u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quant \u00e0 la danse, qui avait acquis ses titres de noblesse dans les cours italiennes, elle aurait \u00e9t\u00e9 introduite \u00e0 la cour de France par Catherine de M\u00e9dicis, femme d\u2019Henri II. Fran\u00e7ois de Sales a-t-il particip\u00e9 \u00e0 quelque <em>balletto<\/em>, danse figurative, accompagn\u00e9e de musique, venue d\u2019Italie et acclimat\u00e9e en France \u00e0 cette \u00e9poque ? Ce n\u2019est pas impossible car il avait ses entr\u00e9es dans quelques grandes familles. Ajoutons \u00e0 tous ces exercices celui de la politesse et des bonnes mani\u00e8res, sp\u00e9cialement cultiv\u00e9es chez les j\u00e9suites qui faisaient grand cas de la \u00ab civilit\u00e9 \u00bb.<br><br><strong>La formation morale et religieuse<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019enseignement de la doctrine chr\u00e9tienne et du cat\u00e9chisme avait une grande importance dans les coll\u00e8ges des j\u00e9suites. Le cat\u00e9chisme \u00e9tait enseign\u00e9 dans toutes les classes, r\u00e9cit\u00e9 par c\u0153ur dans les classes inf\u00e9rieures et avec des r\u00e9compenses pour les meilleurs. Au plan de la m\u00e9thode, les j\u00e9suites adapt\u00e8rent \u00e0 l\u2019enseignement religieux les techniques en usage pour les sciences profanes. Parfois avaient lieu des concours publics avec une mise en sc\u00e8ne \u00e0 caract\u00e8re religieux. On cultivait le chant religieux, que les luth\u00e9riens et les calvinistes avaient beaucoup d\u00e9velopp\u00e9. On tenait aussi grand compte de l\u2019ann\u00e9e liturgique et des f\u00eates et l\u2019on utilisait les histoires tir\u00e9es de la Sainte \u00c9criture.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Soucieux de restaurer l\u2019usage des sacrements, les j\u00e9suites incitaient leurs \u00e9l\u00e8ves non seulement \u00e0 l\u2019assistance quotidienne \u00e0 la messe, usage qui n\u2019avait rien d\u2019exceptionnel au XVIe si\u00e8cle, mais aussi \u00e0 la r\u00e9ception fr\u00e9quente de l\u2019Eucharistie, \u00e0 la confession fr\u00e9quente, \u00e0 la d\u00e9votion \u00e0 la Vierge et aux saints. Fran\u00e7ois r\u00e9pondait avec ferveur aux invitations de ses ma\u00eetres spirituels.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Avec la Renaissance la <em>virtus<\/em> des anciens, d\u00fbment christianis\u00e9e, revint au premier plan. Les j\u00e9suites s\u2019en faisaient les champions et les \u00e9ducateurs, incitant les jeunes \u00e0 l\u2019effort, \u00e0 la discipline personnelle, \u00e0 la r\u00e9forme de soi-m\u00eame. Fran\u00e7ois adh\u00e9ra sans nul doute \u00e0 l\u2019id\u00e9al des vertus les plus pris\u00e9es par eux, telles que l\u2019ob\u00e9issance, l\u2019humilit\u00e9, la pi\u00e9t\u00e9, le devoir d\u2019\u00e9tat, le travail, la civilit\u00e9 et la chastet\u00e9. Il recevait le plus souvent possible la sainte communion, et en cas d\u2019emp\u00eachement le jeune \u00e9tudiant s\u2019imposait \u00ab quelque extraordinaire bonne \u0153uvre, comme \u00ab quelque effort de pri\u00e8res, de mis\u00e9ricorde tant spirituelle que corporelle, d\u2019aust\u00e9rit\u00e9, d\u2019humilit\u00e9 et abjection \u00bb. En somme, il pratiquait consciemment et le plus qu\u2019il pouvait l\u2019\u00ab exercice et mouvement en la vertu \u00bb.<br><br><strong>\u00c9tude de la Bible et de la th\u00e9ologie<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le dimanche de carnaval de 1584, pendant que tout Paris allait se divertir, son pr\u00e9cepteur, l\u2019abb\u00e9 D\u00e9age, trouva que Fran\u00e7ois avait l\u2019air soucieux. Ne sachant pas s\u2019il \u00e9tait malade ou m\u00e9lancolique, il lui proposa d\u2019assister aux spectacles du carnaval. Devant cette proposition, le jeune homme s\u2019exclama tout d\u2019un coup : \u00ab D\u00e9tournez mes yeux de voir la vanit\u00e9 \u00bb, et ajouta: \u00ab Faites que je voie ! \u00bb Voir quoi donc? \u00ab La sainte th\u00e9ologie ; c\u2019est elle qui m\u2019enseignera ce que Dieu veut qu\u2019apprenne mon \u00e2me \u00bb. L\u2019abb\u00e9 D\u00e9age, qui pr\u00e9parait son doctorat en th\u00e9ologie \u00e0 la Sorbonne, eut la sagesse de ne pas s\u2019opposer \u00e0 son d\u00e9sir. Fran\u00e7ois s\u2019enflamma tellement pour les sciences sacr\u00e9es qu\u2019il lui arrivait de sauter les repas.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais plus que les cours de th\u00e9ologie \u00e0 la Sorbonne, ce furent les le\u00e7ons d\u2019ex\u00e9g\u00e8se au Coll\u00e8ge royal qui le passionn\u00e8rent. Gilbert G\u00e9n\u00e9brard, un b\u00e9n\u00e9dictin de Cluny, y commentait le <em>Cantique des Cantiques<\/em>. Saint Fran\u00e7ois de Sales trouva dans ce livre sacr\u00e9 l\u2019inspiration de sa vie, le th\u00e8me de son chef-d\u2019\u0153uvre et la meilleure source de son optimisme.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les effets de cette d\u00e9couverte ne se firent pas attendre. Le jeune \u00e9tudiant connut un temps de ferveur exceptionnelle. Il entra dans la Congr\u00e9gation de Marie, association promue par les j\u00e9suites qui rassemblait l\u2019\u00e9lite spirituelle parmi les \u00e9tudiants de leurs coll\u00e8ges. Son c\u0153ur s\u2019enflamma pour son Dieu, qui lui \u00ab fit go\u00fbter si suavement ses douceurs \u00bb, qui se montra \u00e0 lui \u00ab si aimable \u00bb, au point de s\u2019\u00e9crier : \u00ab \u00d4 amour ! \u00f4 charit\u00e9 ! \u00f4 beaut\u00e9 \u00e0 laquelle j\u2019ai vou\u00e9 toutes mes affections! \u00bb Citant le psalmiste, il se dira \u00ab enivr\u00e9 de l\u2019abondance \u00bb de la maison de Dieu, abreuv\u00e9 du torrent de la \u00ab volupt\u00e9 \u00bb divine. Son affection id\u00e9ale \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9e pour la Vierge Marie, \u00ab belle comme la lune et \u00e9lue comme le soleil \u00bb.<br><br><strong>La d\u00e9votion en crise<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette ferveur sensible dura quelque temps. Puis survint une nouvelle crise, beaucoup plus grave que la pr\u00e9c\u00e9dente, un \u00e9trange tourment, avec \u00ab crainte de la mort soudaine et des jugements de Dieu \u00bb. Il entrait dans sa vingti\u00e8me ann\u00e9e. Au t\u00e9moignage de Jeanne de Chantal, \u00ab il perdit quasi tout le manger et le dormir et devint tout maigre et jaune comme de cire \u00bb. Deux explications ont retenu principalement l\u2019attention des commentateurs : les tentations contre la chastet\u00e9 et la question de la pr\u00e9destination.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de s\u2019arr\u00eater longuement sur les tentations contre la chastet\u00e9. Les modes de penser et d\u2019agir de ceux qui l\u2019environnaient, l\u2019habitude des compagnons qui fr\u00e9quentaient les \u00ab femmes d\u00e9shonn\u00eates \u00bb, lui pr\u00e9sentaient des exemples et des invitations qui pouvaient attirer n\u2019importe quel jeune homme pareil \u00e0 lui.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un autre grand motif de crise venait de la question de la pr\u00e9destination, un sujet qui \u00e9tait alors \u00e0 l\u2019ordre du jour dans le domaine de la th\u00e9ologie. Luther et Calvin en avaient fait un de leurs chevaux de bataille dans la querelle autour de la justification par la foi seule, ind\u00e9pendamment des m\u00e9rites procur\u00e9s par nos bonnes \u0153uvres. M\u00eame \u00e0 la Sorbonne, o\u00f9 Fran\u00e7ois suivait des cours, on enseignait sous l\u2019autorit\u00e9 de saint Augustin et de saint Thomas, que Dieu n\u2019avait pas d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 le salut de tous les hommes.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C\u2019est ainsi que s\u2019expliquerait la grande crise qui frappa l\u2019\u00e9tudiant \u00e0 la fin de 1586. Lui-m\u00eame se crut r\u00e9prouv\u00e9 par Dieu, destin\u00e9 \u00e0 la damnation, \u00e0 l\u2019enfer. Parvenu au comble de l\u2019angoisse, il fit un acte h\u00e9ro\u00efque d\u2019amour d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 et d\u2019abandon \u00e0 la mis\u00e9ricorde de Dieu :<br><br><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/em><em>Je vous aimerai, Seigneur au moins en cette vie, s\u2019il ne m\u2019est pas donn\u00e9 de vous aimer dans la vie \u00e9ternelle ; au moins je vous aimerai ici, \u00f4 mon Dieu, et j\u2019esp\u00e9rerai toujours en votre mis\u00e9ricorde, et toujours je r\u00e9p\u00e9terai votre louange, malgr\u00e9 tout ce que l\u2019ange de Satan ne cesse de m\u2019inspirer l\u00e0-contre.<br><\/em><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il en arriva m\u00eame \u00e0 cette r\u00e9solution logiquement impensable d\u2019accepter de bon c\u0153ur d\u2019aller en enfer pourvu de ne pas y maudire le Souverain Bien. La solution de son \u00ab \u00e9trange tourment \u00bb est connue, en particulier par les confidences qu\u2019il fit \u00e0 Jeanne de Chantal. Un jour du mois de janvier 1587, il entra dans une \u00e9glise voisine et apr\u00e8s avoir pri\u00e9 dans la chapelle de la Vierge, \u00ab il lui sembla que son mal \u00e9tait tomb\u00e9 sur ses pieds \u00ab comme des \u00e9cailles de l\u00e8pre \u00bb.<br>En v\u00e9rit\u00e9, cette crise a eu des effets r\u00e9ellement positifs dans l\u2019\u00e9volution spirituelle de Fran\u00e7ois. D\u2019une part, elle l\u2019a aid\u00e9 \u00e0 passer d\u2019une d\u00e9votion sensible, peut-\u00eatre \u00e9go\u00efste, voire narcissique, \u00e0 l\u2019amour pur, sans gratification int\u00e9ress\u00e9e et infantile. Et de l\u2019autre, elle a ouvert son esprit \u00e0 une nouvelle compr\u00e9hension de l\u2019amour de Dieu, qui veut sauver tous les hommes par amour. Certes, il d\u00e9fendra toujours la doctrine catholique de la n\u00e9cessit\u00e9 des \u0153uvres pour \u00eatre sauv\u00e9, fid\u00e8le en cela aux d\u00e9finitions du concile de Trente, mais il n\u2019aimera pas beaucoup le terme de \u00ab m\u00e9rite \u00bb. La vraie r\u00e9compense de l\u2019amour ne peut \u00eatre que l\u2019amour. Nous sommes ici \u00e0 la racine de l\u2019optimisme sal\u00e9sien.<br><br><strong>Bilan<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; On ne saurait exag\u00e9rer l\u2019importance des dix ann\u00e9es de formation du jeune Fran\u00e7ois de Sales \u00e0 Paris. Il conclut ses \u00e9tudes en 1588 par la licence et la \u00ab ma\u00eetrise \u00e8s arts \u00bb, qui ouvraient la voie aux \u00e9tudes sp\u00e9cialis\u00e9es de th\u00e9ologie, de droit et de m\u00e9decine. Qu\u2019allait-il choisir, ou plut\u00f4t quelles \u00e9tudes lui imposera son p\u00e8re ?<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Connaissant l\u2019ambition que celui-ci nourrissait pour son a\u00een\u00e9, l\u2019\u00e9tude du droit paraissait la voie normale. La seule question concernait le lieu : l\u2019Universit\u00e9 de Paris ou une autre ? Or, Paris devenait dangereux apr\u00e8s la \u00ab journ\u00e9e des barricades \u00bb en 1588, o\u00f9 le peuple de Paris prit les armes et dressa des barricades dans sa capitale. La situation devenant trop dangereuse pour les Savoyards, il \u00e9tait temps de partir. Les \u00e9tudes de droit se feraient \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Padoue, dans la R\u00e9publique de Venise.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De onze ans \u00e0 vingt et un ans, Fran\u00e7ois a \u00e9t\u00e9 \u00e0 Paris l\u2019\u00e9l\u00e8ve des j\u00e9suites. Cela marque une vie, si l\u2019on pense que ces dix ann\u00e9es furent celles de l\u2019adolescence et de la jeunesse. La formation intellectuelle, morale et religieuse qu\u2019il re\u00e7ut des P\u00e8res de la Compagnie lui donnera une empreinte qu\u2019il gardera toute sa vie. Cependant Fran\u00e7ois de Sales gardera son originalit\u00e9. Il ne fut pas tent\u00e9 de se faire j\u00e9suite, mais peut-\u00eatre capucin, au dire d\u2019un de ses amis. La \u00ab sal\u00e9sianit\u00e9 \u00bb aura toujours des traits trop particuliers pour \u00eatre assimil\u00e9e \u00e0 une autre mani\u00e8re d\u2019\u00eatre et d\u2019agir.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 1578, Fran\u00e7ois de Sales avait 11 ans. 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