{"id":27595,"date":"2024-04-17T07:26:03","date_gmt":"2024-04-17T07:26:03","guid":{"rendered":"https:\/\/exciting-knuth.178-32-140-152.plesk.page\/?p=27595"},"modified":"2024-04-17T07:26:51","modified_gmt":"2024-04-17T07:26:51","slug":"la-patagonie-dans-les-lettres-des-premiers-missionnaires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/missions-fr\/la-patagonie-dans-les-lettres-des-premiers-missionnaires\/","title":{"rendered":"La Patagonie, dans les lettres des premiers missionnaires"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><strong>Arriv\u00e9e \u00e0 Patagones et d\u00e9but de l\u2019\u0153uvre<br><\/strong><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les premiers sal\u00e9siens ont d\u00e9finitivement \u00e9tabli leur mission en Patagonie le 20 janvier 1880. Accompagn\u00e9s de Monseigneur Antonio Espinosa, vicaire de l&rsquo;archev\u00eaque Federico Aneyros, Don Giuseppe Fagnano, Don Emilio Rizzo, Don Luigi Chiaria, le cat\u00e9chiste coadjuteur Luciani et un \u00ab\u00a0jeune \u00e9l\u00e8ve\u00a0\u00bb rest\u00e9 inconnu, arrivaient \u00e0 Carmen de Patagones. Avec eux se trouvaient \u00e9galement quatre Filles de Marie Auxiliatrice : Giovanna Borgo, Angela Vallese, Angiolina Cassolo et Laura Rodriguez.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les missionnaires s&rsquo;engag\u00e8rent dans la cat\u00e9ch\u00e8se et la formation des habitants de Patagones et de Viedma en ouvrant un coll\u00e8ge d\u00e9di\u00e9 \u00e0 saint Joseph, tandis que les Filles de Marie Auxiliatrice fondaient un institut d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Santa Maria de Las Indias. Par la suite, des exp\u00e9ditions furent lanc\u00e9es dans les colonies situ\u00e9es le long du cours du Rio Negro, dans le but de garantir un soutien spirituel et cat\u00e9ch\u00e9tique aux \u00e9migrants vivant dans ces r\u00e9gions et, en m\u00eame temps, de commencer syst\u00e9matiquement la cat\u00e9ch\u00e8se pour la conversion des communaut\u00e9s autochtones de Patagonie.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La pr\u00e9sence des sal\u00e9siens en Argentine \u00e9tait favoris\u00e9e et suivie avec int\u00e9r\u00eat par le gouvernement argentin, qui n&rsquo;\u00e9tait \u00e9videmment pas pouss\u00e9 dans ce choix par un d\u00e9sir fervent de voir les communaut\u00e9s indig\u00e8nes converties au christianisme, mais par la n\u00e9cessit\u00e9 de calmer l&rsquo;opinion publique indign\u00e9e par les assassinats aveugles et la vente des prisonniers. En effet, les campagnes militaires de 1879 pour \u00e9tendre les fronti\u00e8res s&rsquo;\u00e9taient heurt\u00e9es \u00e0 la r\u00e9sistance des communaut\u00e9s habitant dans les territoires de la Pampa et de la Patagonie.<br><br><strong>Habitudes et coutumes des communaut\u00e9s autochtones de Patagonie<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Apprendre \u00e0 conna\u00eetre les coutumes, la culture et les croyances des communaut\u00e9s qu&rsquo;ils avaient l&rsquo;intention de convertir \u00e9tait une t\u00e2che importante pour les premiers missionnaires. Don Giacomo Costamagna, au cours de sa mission exploratoire \u00e0 Patagones en 1879, a not\u00e9 qu&rsquo;une fois qu&rsquo;il avait travers\u00e9 le Rio Colorado, il \u00e9tait tomb\u00e9 sur un arbre \u00ab\u00a0charg\u00e9 de draps, ou mieux, de chiffons, que les Indiens avaient suspendus en guise de v\u0153ux\u00a0\u00bb. Le missionnaire expliqua que l&rsquo;arbre n&rsquo;\u00e9tait pas consid\u00e9r\u00e9 comme une divinit\u00e9, mais simplement comme la demeure \u00ab\u00a0des dieux ou des bons esprits\u00a0\u00bb et que les chiffons \u00e9taient cens\u00e9s \u00eatre une sorte d&rsquo;offrande pour les apaiser et les rendre bienveillants. Costamagna a d\u00e9couvert plus tard que les communaut\u00e9s v\u00e9n\u00e9raient un \u00ab\u00a0Dieu supr\u00eame\u00a0\u00bb appel\u00e9 G\u00f9nechen.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les connaissances augment\u00e8rent au fil des ans. Avec le temps, les missionnaires se sont rendu compte que les communaut\u00e9s de Patagonie croyaient en un \u00ab\u00a0\u00catre supr\u00eame\u00a0\u00bb qui administrait et gouvernait l&rsquo;univers et que leur conception d&rsquo;une divinit\u00e9 bienveillante &#8211; compar\u00e9e \u00e0 celle des chr\u00e9tiens &#8211; semblait toutefois confuse, car il n&rsquo;\u00e9tait souvent pas possible de \u00ab\u00a0distinguer le principe du bien, qui est Dieu, du g\u00e9nie du mal, qui est le d\u00e9mon\u00a0\u00bb. Les membres de la communaut\u00e9 craignaient seulement \u00ab\u00a0les influences du mauvais g\u00e9nie\u00a0\u00bb, si bien qu&rsquo;en fin de compte, les Indiens ne faisaient qu&rsquo;implorer la divinit\u00e9 mal\u00e9fique de s&rsquo;abstenir de tout mal.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les missionnaires constat\u00e8rent avec tristesse que les communaut\u00e9s indig\u00e8nes \u00ab\u00a0ne savent rien demander au Seigneur au plan spirituel\u00a0\u00bb. Ils ont \u00e9galement d\u00e9crit la fa\u00e7on dont elles affrontaient la maladie et la mort d&rsquo;un de leurs membres. Selon la croyance commune, le d\u00e9mon, appel\u00e9 Gualicho, prenait possession du malade et, dans le cas de la mort du malade, le d\u00e9mon \u00ab\u00a0avait gagn\u00e9\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0et alors ils pleurent, prient et chantent des lamentations accompagn\u00e9es de mille exorcismes, avec lesquels ils pr\u00e9tendent obtenir que le g\u00e9nie mal\u00e9fique laisse le d\u00e9funt en paix\u00a0\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Une fois le cadavre enterr\u00e9, commen\u00e7ait la p\u00e9riode de deuil, qui durait g\u00e9n\u00e9ralement six jours au cours desquels les Indiens \u00ab\u00a0se jetaient le visage contre terre\u00a0\u00bb et chantaient \u00ab\u00a0une sorte de lamentation\u00a0\u00bb. Il \u00e9tait fortement d\u00e9conseill\u00e9 de vivre l\u00e0 o\u00f9 le d\u00e9funt avait r\u00e9sid\u00e9 et d&rsquo;entrer en contact avec l&rsquo;un de ses effets personnels, parce que Gualicho avait habit\u00e9 ce lieu.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il n&rsquo;existait pas de cimeti\u00e8res communs et au-dessus des tombes, on pouvait voir \u00ab\u00a0deux et o\u00f9 trois squelettes de chevaux\u00a0\u00bb, qui \u00e9taient sacrifi\u00e9s au d\u00e9funt pour lui apporter aide et soutien dans l&rsquo;au-del\u00e0. Les chevaux \u00e9taient donc tu\u00e9s au-dessus de la tombe, leurs cadavres laiss\u00e9s sur place pour que le d\u00e9funt puisse profiter de leur chair, tandis que la selle, les divers accessoires et les bijoux \u00e9taient enterr\u00e9s avec le cadavre.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans la vie ordinaire, seuls les plus riches poss\u00e9daient des habitations en briques crues, de forme carr\u00e9e, sans rien d\u2019autre \u00ab\u00a0que la porte pour y entrer, et une ouverture au milieu du toit pour la lumi\u00e8re et pour la sortie de la fum\u00e9e\u00a0\u00bb. Quant aux communaut\u00e9s situ\u00e9es le long du cours du Rio Negro, \u00e9tablies au bord des rivi\u00e8res ou des lagunes, leurs habitations \u00e9taient pour la plupart de simples tentes : \u00ab\u00a0en cuir de cheval ou de guanaco suspendu au-dessus avec quelques b\u00e2tons fix\u00e9s dans le sol\u00a0\u00bb. \u00c0 ceux qui s&rsquo;\u00e9taient rendus, le gouvernement argentin avait ordonn\u00e9 de se construire un ranch, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00ab\u00a0une pi\u00e8ce plus ou moins grande g\u00e9n\u00e9ralement faite avec des arbustes qui abondent dans les endroits humides de la campagne\u00a0\u00bb. Les plus chanceux avaient construit des maisons avec des perches de saule et du mortier.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 1883, les missionnaires not\u00e8rent : &lsquo;De nos jours, surtout \u00e0 la mauvaise saison, il est rare de voir un Indien qui ne soit pas habill\u00e9 de la t\u00eate aux pieds, m\u00eame parmi ceux qui ne se sont pas encore rendus. Les hommes s&rsquo;habillent plus ou moins comme les n\u00f4tres, except\u00e9 pour la propret\u00e9, qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas, et pour les pantalons qu&rsquo;ils portent ordinairement comme les Garcos, \u00e0 la mani\u00e8re, comme ils disent, de Cirip\u00e0. Les plus pauvres, s&rsquo;ils n&rsquo;ont rien d&rsquo;autre, s&rsquo;enveloppent d&rsquo;une sorte de manteau du tissu le plus ordinaire. Les femmes portent la <em>manta<\/em>, un v\u00eatement qui couvre tout le corps. Les femmes sont rest\u00e9es plus longtemps fid\u00e8les aux costumes traditionnels : elles \u00ab&nbsp;ont l&rsquo;ambition de porter de grandes boucles d&rsquo;oreilles en argent, plusieurs bagues aux doigts, et une sorte de bracelet au poignet, en filigrane d&rsquo;argent avec plusieurs boucles autour du bras. Certaines d&rsquo;entre elles et les plus ais\u00e9es portent \u00e9galement plusieurs tours de filigrane sur la poitrine. Elles sont tr\u00e8s timides de nature, et lorsqu&rsquo;un \u00e9tranger inconnu s&rsquo;approche de leur maison, elles s&#8217;empressent de se cacher&nbsp;\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les mariages suivaient la tradition : le mari\u00e9 offrait aux parents de sa future femme \u00ab\u00a0divers objets pr\u00e9cieux en or et en argent, tels que bagues, bracelets, \u00e9triers, freins et autres\u00a0\u00bb, ou bien il pouvait simplement payer \u00ab\u00a0en argent une somme convenue entre eux\u00a0\u00bb. Les p\u00e8res ne donnaient leurs filles en mariage que pour de l&rsquo;argent, et qui plus est, le mari\u00e9 \u00e9tait oblig\u00e9 de rester chez la mari\u00e9e et de pourvoir \u00e0 l&rsquo;entretien de toute la famille.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La polygamie \u00e9tait tr\u00e8s r\u00e9pandue parmi les chefs ou caciques et par cons\u00e9quent, comme l&rsquo;affirmait Don Costamagna dans une lettre publi\u00e9e en janvier 1880, il \u00e9tait difficile de les convaincre d&rsquo;y renoncer pour devenir chr\u00e9tiens.<br><br><strong>\u00c9vang\u00e9liser les communaut\u00e9s autochtones : \u00ab\u00a0ce n&rsquo;est pas avec des coups, mais avec la douceur et la charit\u00e9 que tu en feras tes amis\u00a0\u00bb.<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le p\u00e8re Domenico Milanesio a jou\u00e9 un r\u00f4le fondamental dans le travail de cat\u00e9ch\u00e8se et d&rsquo;\u00e9vang\u00e9lisation en Patagonie, mais aussi pour son travail de m\u00e9diateur entre les communaut\u00e9s et le gouvernement argentin.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le missionnaire rejoignit ses confr\u00e8res le 8 novembre 1880 apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 vicaire de la paroisse de Notre-Dame de la Merci \u00e0 Viedma. Dans une lettre adress\u00e9e \u00e0 Don Rua du 28 mars 1881, il raconta sa premi\u00e8re mission parmi \u00ab\u00a0les Indiens du camp\u00a0\u00bb, soulignant les difficult\u00e9s consid\u00e9rables rencontr\u00e9es dans la tentative d&rsquo;instruire et de cat\u00e9chiser : les communaut\u00e9s autochtones vivaient loin les unes des autres et le p\u00e8re Domenico devait se rendre en personne dans leurs <em>toldos<\/em>, ou habitations. Parfois, il parvenait \u00e0 r\u00e9unir plusieurs familles et la cat\u00e9ch\u00e8se se d\u00e9roulait alors \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, l\u00e0 o\u00f9 les Patagons, assis dans le pr\u00e9, \u00e9coutaient la le\u00e7on de cat\u00e9chisme.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Don Domenico a racont\u00e9 que m\u00eame une simple pri\u00e8re comme \u00ab\u00a0Mon J\u00e9sus, mis\u00e9ricorde\u00a0\u00bb, qu&rsquo;il consid\u00e9rait comme simple et facile \u00e0 m\u00e9moriser, demandait beaucoup de temps pour \u00eatre comprise : bien que r\u00e9p\u00e9t\u00e9e entre cinquante et cent fois, elle \u00e9tait souvent oubli\u00e9e au bout de quelques jours. Cependant, le d\u00e9sir de voir les communaut\u00e9s autochtones converties et sinc\u00e8rement chr\u00e9tiennes \u00e9tait une motivation plus que suffisante pour poursuivre la mission : \u00ab&nbsp;Mais notre religion nous commande de les aimer comme nos fr\u00e8res, comme des enfants du P\u00e8re c\u00e9leste, comme des \u00e2mes rachet\u00e9es par le sang de J\u00e9sus-Christ. Par cons\u00e9quent, avec une charit\u00e9 patiente, b\u00e9nigne, et qui esp\u00e8re tout, nous disons, nous r\u00e9p\u00e9tons l\u2019enseignement un jour, deux, dix, vingt joours, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que cela suffise, et \u00e0 la fin nous r\u00e9ussissons \u00e0 leur faire apprendre les choses n\u00e9cessaires. Si vous pouviez voir comme ils sont heureux apr\u00e8s ; c&rsquo;est une vraie consolation pour eux et pour nous, notre r\u00e9compense pour tout&nbsp;\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il n&rsquo;\u00e9tait pas facile de faire accepter \u00e0 ces communaut\u00e9s les v\u00e9rit\u00e9s de la foi catholique. Dans un rapport publi\u00e9 dans le Bulletin Sal\u00e9sien en novembre 1883, Don Milanesio raconte que lors d&rsquo;une mission aupr\u00e8s de la communaut\u00e9 du cacique (chef) Willamay, pr\u00e8s de Norquin, il avait s\u00e9rieusement risqu\u00e9 sa vie lorsque l&rsquo;assembl\u00e9e \u00e0 laquelle il pr\u00eachait s&rsquo;\u00e9tait mise \u00e0 discuter des enseignements qu&rsquo;elle avait re\u00e7us jusque-l\u00e0. Willamay lui-m\u00eame, d\u00e9crivant Milanesio comme \u00ab\u00a0un diseur de r\u00eaves \u00e0 la mani\u00e8re des vieilles femmes\u00a0\u00bb, se retira dans son <em>toldo<\/em>. Il y avait ceux qui se rangeaient du c\u00f4t\u00e9 du missionnaire et ceux qui \u00e9taient du m\u00eame avis que le cacique. Face \u00e0 cette situation, Milanesio pr\u00e9f\u00e9ra rester \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart et comme il le nota lui-m\u00eame : \u00ab\u00a0Je me tins alors en silence, attendant l&rsquo;issue de cette agitation des esprits, qui \u00e9tait le pr\u00e9sage d&rsquo;une sinistre aventure. \u00c0 un certain moment, j&rsquo;ai vraiment cru que le temps \u00e9tait venu pour moi de prendre au moins une racl\u00e9e de la part de ces barbares, et peut-\u00eatre m\u00eame d\u2019y laisser ma peau\u00a0\u00bb. Heureusement, le parti qui soutenait le missionnaire l&rsquo;a finalement emport\u00e9, et le sal\u00e9sien a pu terminer sa cat\u00e9ch\u00e8se au milieu des remerciements de la communaut\u00e9.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cat\u00e9chiser ces populations n&rsquo;\u00e9tait pas une t\u00e2che facile et les sal\u00e9siens \u00e9taient g\u00ean\u00e9s par les militaires argentins, dont les attitudes et les habitudes offraient des exemples n\u00e9gatifs de vie chr\u00e9tienne.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Don Fagnano a not\u00e9 de son c\u00f4t\u00e9 : \u00ab\u00a0La conversion des Indiens n&rsquo;est pas facile \u00e0 obtenir, car ils sont oblig\u00e9s de vivre avec certains soldats, qui ne leur donnent pas un bon exemple de moralit\u00e9 ; et dans leurs <em>toldos<\/em> pour le moment il n&rsquo;est pas possible de p\u00e9n\u00e9trer sans danger, parce que les sauvages utilisent tous les moyens pour se venger des chr\u00e9tiens, qui, selon eux, vont prendre possession de leurs champs et de leur b\u00e9tail\u00a0\u00bb. Le m\u00eame sal\u00e9sien a \u00e9galement \u00e9crit au sujet de deux communaut\u00e9s qui s&rsquo;\u00e9taient install\u00e9es \u00e0 peu de distance d&rsquo;un camp argentin o\u00f9 des \u00ab\u00a0boutiques d&rsquo;alcool\u00a0\u00bb avaient \u00e9t\u00e9 ouvertes, et o\u00f9 on se livrait \u00ab\u00a0au vice de l&rsquo;ivrognerie\u00a0\u00bb. Don Fagnano reprocha aux militaires d\u2019avoir, \u00ab\u00a0par l\u00e2chet\u00e9\u00a0\u00bb, pr\u00e9par\u00e9 le terrain pour que les Indiens soient encore plus enclins \u00e0 se livrer \u00e0 des \u00ab\u00a0d\u00e9sordres bestiaux\u00a0\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les p\u00e8res Fagnano et Milanesio continu\u00e8rent cependant \u00e0 approcher, \u00e0 cat\u00e9chiser et \u00e0 former ces communaut\u00e9s, \u00e0 \u00ab\u00a0les instruire des v\u00e9rit\u00e9s de l&rsquo;\u00c9vangile, \u00e0 les \u00e9duquer par la parole, mais plus encore par le bon exemple\u00a0\u00bb. Malgr\u00e9 les dangers, ils voulaient, comme le souhaitait Don Bosco, que leurs membres puissent devenir \u00ab\u00a0de bons chr\u00e9tiens et d&rsquo;honn\u00eates citoyens\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br><em>Giacomo Bosco<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Arriv\u00e9e \u00e0 Patagones et d\u00e9but de l\u2019\u0153uvre&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les premiers sal\u00e9siens ont d\u00e9finitivement \u00e9tabli leur mission&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":27589,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":22,"footnotes":""},"categories":[129],"tags":[1716,2563,1758,1836,1890,1956,2616],"class_list":["post-27595","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-missions-fr","tag-charisme-salesien","tag-charite","tag-creativite-salesienne","tag-initiatives","tag-missions","tag-salesiens","tag-temoins"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27595","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=27595"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27595\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/27589"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=27595"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=27595"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=27595"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}