{"id":27252,"date":"2024-03-28T16:13:54","date_gmt":"2024-03-28T16:13:54","guid":{"rendered":"https:\/\/exciting-knuth.178-32-140-152.plesk.page\/?p=27252"},"modified":"2024-03-28T16:14:44","modified_gmt":"2024-03-28T16:14:44","slug":"je-suis-un-salesien-et-je-suis-un-bororo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/communications-du-recteur-majeur\/je-suis-un-salesien-et-je-suis-un-bororo\/","title":{"rendered":"Je suis un sal\u00e9sien et je suis un Bororo"},"content":{"rendered":"\n<p><em><em>Journal d&rsquo;une journ\u00e9e missionnaire heureuse et b\u00e9nie.<br><\/em><\/em><br><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Chers amis du Bulletin sal\u00e9sien, je vous \u00e9cris de Meruri, dans l&rsquo;\u00c9tat du Mato Grosso du Sud. Je vous envoie mes salutations comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une chronique journalistique, car 24 heures se sont \u00e9coul\u00e9es depuis mon arriv\u00e9e au milieu de cette ville.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais mes confr\u00e8res sal\u00e9siens sont arriv\u00e9s ici il y a 122 ans et depuis lors, nous avons toujours \u00e9t\u00e9 dans cette mission au milieu des for\u00eats et des champs, accompagnant la vie de ce peuple indig\u00e8ne.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 1976, un sal\u00e9sien et un Indien ont \u00e9t\u00e9 priv\u00e9s de vie par deux coups de feu (tir\u00e9s par des <em>facendeiros<\/em> ou grands propri\u00e9taires terriens), parce qu&rsquo;ils pensaient que les sal\u00e9siens de la mission \u00e9taient un probl\u00e8me pour pouvoir s&rsquo;approprier d&rsquo;autres propri\u00e9t\u00e9s sur ces terres qui appartiennent au peuple Boi-Bororo. Il s&rsquo;agit du serviteur de Dieu Rodolfo Lunkenbein, un sal\u00e9sien, et de l&rsquo;Indien Simao, Bororo.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Hier, nous avons pu vivre ici de nombreux moments sympathiques. Nous avons \u00e9t\u00e9 accueillis par la communaut\u00e9 indig\u00e8ne \u00e0 notre arriv\u00e9e, nous les avons salu\u00e9s &#8211; sans h\u00e2te &#8211; car ici tout est calme. Nous avons c\u00e9l\u00e9br\u00e9 l&rsquo;Eucharistie dominicale, partag\u00e9 le riz et la <em>feijoada<\/em> (rago\u00fbt de haricots), et profit\u00e9 d&rsquo;une conversation aimable et chaleureuse.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi, ils m&rsquo;avaient pr\u00e9par\u00e9 une r\u00e9union avec les chefs des diff\u00e9rentes communaut\u00e9s ; quelques femmes chefs \u00e9taient pr\u00e9sentes (dans plusieurs villages, c&rsquo;est la femme qui d\u00e9tient l&rsquo;autorit\u00e9 supr\u00eame). Nous avons eu un dialogue sinc\u00e8re et profond. Ils m&rsquo;ont fait part de leurs r\u00e9flexions et m&rsquo;ont pr\u00e9sent\u00e9 certains de leurs besoins.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au cours d&rsquo;un de ces moments, un jeune sal\u00e9sien Boi Bororo a pris la parole. Il est le premier Bororo \u00e0 devenir sal\u00e9sien apr\u00e8s 122 ans de pr\u00e9sence sal\u00e9sienne. Cela nous invite \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur la n\u00e9cessit\u00e9 de donner du temps \u00e0 tout ; les choses ne sont pas comme nous pensons et voulons qu&rsquo;elles soient dans l&rsquo;efficacit\u00e9 et l&rsquo;impatience d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Et voici comment ce jeune sal\u00e9sien a parl\u00e9 devant son peuple, \u00e0 son peuple et \u00e0 ses chefs ou autorit\u00e9s :<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Je suis sal\u00e9sien mais je suis aussi Bororo ; je suis Bororo mais je suis aussi sal\u00e9sien, et la chose la plus importante pour moi est que je suis n\u00e9 ici m\u00eame, l\u00e0 o\u00f9 j&rsquo;ai rencontr\u00e9 les missionnaires, o\u00f9 j&rsquo;ai entendu parler des deux martyrs, le p\u00e8re Rodolfo et Simao, et o\u00f9 j&rsquo;ai vu mon peuple et mes gens grandir, gr\u00e2ce au fait que <strong>mon peuple a march\u00e9 ensemble avec la mission sal\u00e9sienne et que la mission a march\u00e9 ensemble avec mon peuple<\/strong>. C&rsquo;est toujours la chose la plus importante pour nous&nbsp;: marcher ensemble.&nbsp;\u00bb<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J&rsquo;ai pens\u00e9 un instant combien Don Bosco aurait \u00e9t\u00e9 fier et heureux d&rsquo;apprendre qu&rsquo;un de ses fils sal\u00e9siens appartenait \u00e0 ce peuple (comme d&rsquo;autres sal\u00e9siens qui viennent du peuple Xavante ou Yanomani).<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En m\u00eame temps, dans mon discours, je les ai assur\u00e9s que nous voulons continuer \u00e0 marcher \u00e0 leurs c\u00f4t\u00e9s, que nous voulons qu&rsquo;ils fassent tout leur possible pour continuer \u00e0 prot\u00e9ger et \u00e0 sauver leur culture \u2013 et leur langue \u2013 avec<br>toute notre aide. Je leur ai dit que je suis convaincu que notre pr\u00e9sence les a aid\u00e9s, mais que je suis aussi convaincu combien il est bon pour nous d\u2019\u00eatre avec eux.<br><br><strong>\u00ab&nbsp;En avant!&nbsp;\u00bb a dit la Berg\u00e8re<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J&rsquo;ai pens\u00e9 au dernier r\u00eave missionnaire de Don Bosco, et \u00e0 cette petite Berg\u00e8re, qui s&rsquo;est arr\u00eat\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Don Bosco et lui a dit : \u00ab&nbsp;Tu te souviens du r\u00eave que tu as fait quand tu avais neuf ans ?&#8230; Regarde maintenant, que vois-tu ?&nbsp;\u00bb &#8211; \u00ab&nbsp;Je vois des montagnes, puis des mers, puis des collines, puis \u00e0 nouveau des montagnes et des mers&nbsp;\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;Bien, dit la Berg\u00e8re, maintenant trace une ligne d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre, de Santiago \u00e0 P\u00e9kin, avec le centre au milieu de l&rsquo;Afrique, et tu auras une id\u00e9e exacte de ce que les sal\u00e9siens doivent faire&nbsp;\u00bb. \u2013 \u00ab&nbsp;Mais comment faire tout cela ? s\u2019exclama Don Bosco, les distances sont immenses, les lieux difficiles et les sal\u00e9siens peu nombreux&nbsp;\u00bb. \u2013 \u00ab&nbsp;Ne t\u2019inqui\u00e8te pas. Ce sont tes fils, les fils de tes fils et leurs fils qui le feront&nbsp;\u00bb. C\u2019est ce qu\u2019ils sont en train de faire.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; D\u00e8s le d\u00e9but de notre parcours en tant que congr\u00e9gation, guid\u00e9 (et affectueusement \u00ab\u00a0pouss\u00e9\u00a0\u00bb) par Marie Auxiliatrice, Don Bosco a envoy\u00e9 les premiers missionnaires en Argentine. Nous sommes une congr\u00e9gation reconnue par son charisme de l&rsquo;\u00e9ducation et de l&rsquo;\u00e9vang\u00e9lisation des jeunes, mais nous sommes aussi une congr\u00e9gation et une famille tr\u00e8s missionnaires. Depuis le d\u00e9but jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui, il y a eu plus de onze mille missionnaires sal\u00e9siens sdb et plusieurs milliers de Filles de Marie Auxiliatrice. Et aujourd&rsquo;hui, notre pr\u00e9sence aupr\u00e8s de ce peuple indig\u00e8ne, qui compte 1940 membres et continue de grandir petit \u00e0 petit, prend tout son sens apr\u00e8s 122 ans, parce qu&rsquo;ils sont \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie du monde, dans un monde qui parfois ne comprend pas qu&rsquo;il doit respecter ce qu&rsquo;ils sont.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J&rsquo;ai aussi parl\u00e9 avec la matriarche, la plus \u00e2g\u00e9e de toutes, qui est venue me saluer et me parler de son peuple. Et apr\u00e8s une pluie torrentielle, sur le lieu du martyre, dans une grande s\u00e9r\u00e9nit\u00e9, nous nous sommes assis et avons pri\u00e9 le chapelet par un beau dimanche soir (il faisait d\u00e9j\u00e0 nuit). Nous \u00e9tions nombreux \u00e0 repr\u00e9senter la r\u00e9alit\u00e9 de cette mission : grands-m\u00e8res, grands-p\u00e8res, adultes, jeunes mamans, b\u00e9b\u00e9s, petits enfants, religieux consacr\u00e9s, la\u00efcs&#8230; Une richesse dans la simplicit\u00e9 de cette petite partie du monde, qui n&rsquo;a pas de pouvoir, mais qui est aussi choisie et favoris\u00e9e par le Seigneur, comme il nous le dit dans l&rsquo;\u00c9vangile.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et je sais que nous continuerons ainsi, s\u2019il pla\u00eet \u00e0 Dieu, pendant de nombreuses ann\u00e9es \u00e0 venir, parce qu&rsquo;on peut \u00eatre un Bororo et un fils de Don Bosco, et \u00eatre un fils de Don Bosco et un Bororo qui aime et prend soin de son peuple et de ses gens.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans la simplicit\u00e9 de cette rencontre, aujourd&rsquo;hui a \u00e9t\u00e9 une grande journ\u00e9e de vie partag\u00e9e avec les peuples indig\u00e8nes. Une grande journ\u00e9e missionnaire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Journal d&rsquo;une journ\u00e9e missionnaire heureuse et b\u00e9nie. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Chers amis du Bulletin sal\u00e9sien, je vous&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":27243,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":5,"footnotes":""},"categories":[128],"tags":[1716,2563,2194,1890,2606,1956,1986,2616],"class_list":["post-27252","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-communications-du-recteur-majeur","tag-charisme-salesien","tag-charite","tag-education","tag-missions","tag-nos-guides","tag-salesiens","tag-solidarite","tag-temoins"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27252","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=27252"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27252\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/27243"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=27252"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=27252"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=27252"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}