{"id":26350,"date":"2024-02-05T09:52:18","date_gmt":"2024-02-05T09:52:18","guid":{"rendered":"https:\/\/exciting-knuth.178-32-140-152.plesk.page\/?p=26350"},"modified":"2026-03-25T16:29:11","modified_gmt":"2026-03-25T16:29:11","slug":"giuseppe-buzzetti-limmigre-devenu-le-premier-coadjuteur-salesien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/reflexions\/giuseppe-buzzetti-limmigre-devenu-le-premier-coadjuteur-salesien\/","title":{"rendered":"Giuseppe Buzzetti, l&rsquo;immigr\u00e9 devenu le premier coadjuteur sal\u00e9sien"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em><em>Il \u00e9tait l&rsquo;un des nombreux jeunes immigr\u00e9s dans la ville de Turin du XIXe si\u00e8cle. Il eut la chance de rencontrer Don Bosco tr\u00e8s t\u00f4t et devint son premier \u00ab\u00a0vrai\u00a0\u00bb la\u00efc sal\u00e9sien.<br><\/em><\/em><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Don Bosco, tr\u00e8s jeune pr\u00eatre, \u00e9tait arriv\u00e9 \u00e0 Turin en novembre 1841. En regardant autour de lui et en descendant dans les prisons avec Don Cafasso, il s&rsquo;\u00e9tait rendu compte de la situation dramatique dans laquelle se trouvaient les jeunes de la ville. Il avait pri\u00e9 le Seigneur de l&rsquo;aider \u00e0 \u00ab\u00a0faire quelque chose\u00a0\u00bb pour eux.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le matin du 8 d\u00e9cembre, f\u00eate de Marie Immacul\u00e9e, il avait rencontr\u00e9 Bartolomeo Garelli, jeune ma\u00e7on originaire d&rsquo;Asti. Dans la sacristie de l&rsquo;\u00e9glise Saint-Fran\u00e7ois d&rsquo;Assise, il lui avait donn\u00e9 sa premi\u00e8re le\u00e7on de cat\u00e9chisme et s&rsquo;\u00e9tait li\u00e9 d&rsquo;amiti\u00e9 avec lui.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&rsquo;apr\u00e8s-midi de cette m\u00eame f\u00eate, pendant la c\u00e9l\u00e9bration du soir, Don Bosco vit trois petits ma\u00e7ons endormis, l&rsquo;un \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;autre, sur une marche d&rsquo;autel. L&rsquo;\u00e9glise \u00e9tait bond\u00e9e de monde et, sur la chaire, un pr\u00e9dicateur tissait son laborieux sermon. Don Bosco s&rsquo;approcha des trois sur la pointe des pieds, secoua le premier et lui demanda \u00e0 voix basse :<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Comment t\u2019appelles-tu ?<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Carlo Buzzetti, r\u00e9pondit le gar\u00e7on, confus, s&rsquo;attendant \u00e0 recevoir une gifle de la part du pr\u00eatre. Excusez-moi, j&rsquo;ai essay\u00e9 d&rsquo;\u00e9couter le sermon, mais je n&rsquo;ai rien compris et je me suis endormi.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au lieu d&rsquo;une r\u00e9primande, Carlo vit un bon sourire sur le visage du pr\u00eatre, qui poursuivit \u00e0 voix basse :<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Et qui sont ceux-l\u00e0 ?<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Mon fr\u00e8re et mon cousin, dit Carlo en secouant les deux petits dormeurs, nous sommes ma\u00e7ons toute la semaine et nous sommes fatigu\u00e9s.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Venez avec moi, murmura encore Don Bosco. Et il les pr\u00e9c\u00e9da dans la sacristie.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;C&rsquo;\u00e9taient Carlo et Giovanni Buzzetti, et Giovanni Gariboldi&nbsp;\u00bb, rappelait avec \u00e9motion Don Bosco \u00e0 ses premiers sal\u00e9siens. Des petits ma\u00e7ons lombards qui resteront avec lui pendant trente ou quarante ans et que tout le monde connaissait au Valdocco.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;A l&rsquo;\u00e9poque, c\u2019\u00e9taient de simples gar\u00e7ons de courses, aujourd&rsquo;hui ce sont des ma\u00eetres d&rsquo;\u0153uvre, des b\u00e2tisseurs estim\u00e9s et respect\u00e9s&nbsp;\u00bb.<br><br><strong>Giuseppe, le petit fr\u00e8re<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les Buzzetti \u00e9taient originaires de Caronno Ghiringhello (aujourd&rsquo;hui Caronno Varesino), une famille nombreuse qui vivait du travail de la terre. Mais dans la famille d&rsquo;Antonio et Giuseppina, sept enfants \u00e9taient n\u00e9s&nbsp;: trop de bras pour une petite terre. D\u00e8s leur sortie de l&rsquo;enfance, le p\u00e8re Antonio avait pens\u00e9 \u00e0 envoyer les deux fils a\u00een\u00e9s \u00e0 Turin, o\u00f9 il y avait une colonie de ma\u00e7ons lombards qui gagnaient bien leur vie et revenaient avec une bonne somme d&rsquo;\u00e9pargne.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full td-caption-align-center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1010\" height=\"600\" src=\"https:\/\/www.donbosco.press\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Giuseppe-Buzzetti-da-immigrante-a-primo-coadiutore-salesiano_3_tn.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-26334\" srcset=\"https:\/\/www.donbosco.press\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Giuseppe-Buzzetti-da-immigrante-a-primo-coadiutore-salesiano_3_tn.jpg 1010w, https:\/\/www.donbosco.press\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Giuseppe-Buzzetti-da-immigrante-a-primo-coadiutore-salesiano_3_tn-300x178.jpg 300w, https:\/\/www.donbosco.press\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Giuseppe-Buzzetti-da-immigrante-a-primo-coadiutore-salesiano_3_tn-768x456.jpg 768w, https:\/\/www.donbosco.press\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Giuseppe-Buzzetti-da-immigrante-a-primo-coadiutore-salesiano_3_tn-150x89.jpg 150w, https:\/\/www.donbosco.press\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Giuseppe-Buzzetti-da-immigrante-a-primo-coadiutore-salesiano_3_tn-696x413.jpg 696w, https:\/\/www.donbosco.press\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Giuseppe-Buzzetti-da-immigrante-a-primo-coadiutore-salesiano_3_tn-707x420.jpg 707w\" sizes=\"auto, (max-width: 1010px) 100vw, 1010px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em><em><em><em>La famille Buzzetti au complet. Au centre, au deuxi\u00e8me rang, Giuseppe (avec la barbe). A sa gauche, son fr\u00e8re Carlo ; \u00e0 droite, les trois autres fr\u00e8res.<\/em><\/em><\/em><\/em><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Charles et Jean racont\u00e8rent \u00e0 Don Bosco qu&rsquo;ils \u00e9taient partis en charrette de Caronno, en groupe avec d&rsquo;autres villageois plus \u00e2g\u00e9s et habitu\u00e9s \u00e0 ce long voyage (une centaine de kilom\u00e8tres). En partie en charrette, en partie \u00e0 pied, ils avaient march\u00e9 en portant un baluchon avec leurs pauvres v\u00eatements et avaient dormi pr\u00e8s d\u2019une ferme. \u00ab&nbsp;Voici que va commencer la saison morte pour nous ma\u00e7ons, dit Carlo. Dans quelques jours, nous reprendrons le chemin du retour vers notre pays. Nous reviendrons au printemps et nous emm\u00e8nerons notre troisi\u00e8me fr\u00e8re, Giuseppe, avec nous&nbsp;\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pendant ces quelques jours qui restaient, Don Bosco se lia d&rsquo;amiti\u00e9 avec eux. Carlo et Giovanni retourn\u00e8rent trois jours plus tard, le dimanche, \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;une \u00e9quipe de cousins et de compatriotes. Don Bosco c\u00e9l\u00e9bra la messe et leur fit un petit sermon tr\u00e8s vivant. Ils prirent ensuite le petit d\u00e9jeuner ensemble, assis au soleil dans la petite cour derri\u00e8re la sacristie. Ils parl\u00e8rent de leurs familles lointaines qu&rsquo;ils reverront bient\u00f4t, du travail, des premi\u00e8res \u00e9conomies qu&rsquo;ils pouvaient ramener \u00e0 la maison. Ils s&rsquo;entendaient bien avec Don Bosco, comme s&rsquo;ils avaient toujours \u00e9t\u00e9 ses amis.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au printemps 1842, les fr\u00e8res Buzzetti reviennent de Caronno \u00e0 Turin, accompagn\u00e9s de leur petit fr\u00e8re qui venait d&rsquo;avoir 10 ans (il est n\u00e9 le 12 f\u00e9vrier 1832). Giuseppe (Joseph) est un gar\u00e7on p\u00e2le, tout effray\u00e9. Don Bosco le regarde avec tendresse, lui parle comme \u00e0 un ami. Joseph s&rsquo;attache \u00e0 lui comme un jeune chien. Il ne se d\u00e9tachera plus jamais de lui. M\u00eame quand ses fr\u00e8res, apr\u00e8s une nouvelle saison de travail, retournent \u00e0 Caronno, lui (aussi parce que la longue route l&rsquo;a \u00e9puis\u00e9) reste avec \u00ab\u00a0son\u00a0\u00bb Don Bosco. Depuis le printemps de 1842 jusqu\u2019\u00e0 l&rsquo;aube du 31 janvier 1888, date de la mort de Don Bosco, Giuseppe sera toujours \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, t\u00e9moin serein de toute l&rsquo;histoire humaine et divine du pr\u00eatre devenu son ami. De nombreux \u00e9v\u00e9nements de la vie de Don Bosco seraient aujourd&rsquo;hui consid\u00e9r\u00e9s comme des \u00ab\u00a0l\u00e9gendes\u00a0\u00bb, \u00e0 notre \u00e9poque m\u00e9fiante et prompte \u00e0 d\u00e9mythifier, s&rsquo;ils n&rsquo;avaient pas \u00e9t\u00e9 vus \u00e0 travers les yeux simples du ma\u00e7on de Caronno, toujours pr\u00e9sent, \u00e0 deux pas de \u00ab\u00a0son\u00a0\u00bb Don Bosco.<br><br>\u00ab&nbsp;Veux-tu venir et rester avec moi ?&nbsp;\u00bb<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Don Bosco va de chantier en chantier pour rencontrer ses gar\u00e7ons et v\u00e9rifier que les conditions de travail qui leur sont impos\u00e9es ne sont pas inhumaines. Il regarde avec tristesse Giuseppe porter des briques et de la chaux de l&rsquo;aube au cr\u00e9puscule. Il y a tant de bont\u00e9 et d&rsquo;intelligence dans ces yeux. Dans quelques ann\u00e9es, il l&rsquo;appellera pour lui proposer de partager sa vie. Michel Rua, celui qui deviendra le deuxi\u00e8me Don Bosco, n&rsquo;est encore qu&rsquo;un petit gar\u00e7on de quatre ans. Mais celui qui sera son premier bras droit, son premier et v\u00e9ritable \u00ab\u00a0coadjuteur\u00a0\u00bb dans la construction de l&rsquo;\u0152uvre sal\u00e9sienne, est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0. C\u2019est Giuseppe Buzzetti.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&rsquo;Oratoire itin\u00e9rant passe de la sacristie de Saint-Fran\u00e7ois d\u2019Assise au Refuge de la marquise Barolo, d&rsquo;un cimeti\u00e8re \u00e0 un moulin, d&rsquo;une masure \u00e0 un pr\u00e9. Il finit sous un auvent du Valdocco. Pendant tout ce temps, Don Bosco raconte \u00e0 ses gar\u00e7ons qu&rsquo;ils auront bient\u00f4t un oratoire grandiose, des ateliers et des cours de r\u00e9cr\u00e9ation, des \u00e9glises et des \u00e9coles. Il y en a qui disent que Don Bosco a perdu la t\u00eate. Giuseppe Buzzetti se tient \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. Il l&rsquo;\u00e9coute, il s&rsquo;illumine \u00e0 son sourire, il ne pense m\u00eame pas que Don Bosco puisse se tromper.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En mai 1847, la Providence et une pluie incessante am\u00e8nent \u00e0 Don Bosco le premier gar\u00e7on qui a besoin d&rsquo;\u00eatre h\u00e9berg\u00e9 \u00ab\u00a0jour et nuit\u00a0\u00bb. La m\u00eame ann\u00e9e, il en arrive six autres : des orphelins livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames du jour au lendemain, des jeunes immigr\u00e9s \u00e0 la recherche d&rsquo;un premier emploi. Pour eux, Don Bosco transforme deux pi\u00e8ces voisines en un petit dortoir, place des lits et accroche au mur une pancarte o\u00f9 on lit \u00ab\u00a0Dieu te voit\u00a0\u00bb. Pour g\u00e9rer cette premi\u00e8re communaut\u00e9 microscopique (nourrie par le potager et les casseroles de maman Marguerite), Don Bosco a besoin d&rsquo;un jeune \u00e0 qui il puisse faire confiance les yeux ferm\u00e9s, un gar\u00e7on qui restera avec lui pour toujours et qui sera le premier de ces abb\u00e9s et de ces pr\u00eatres que la Madone lui a promis tant de fois en r\u00eave. Ce gar\u00e7on, c&rsquo;est Giuseppe Buzzetti.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Giuseppe lui-m\u00eame raconte : \u00ab\u00a0C&rsquo;\u00e9tait un dimanche soir, et j&rsquo;observais la r\u00e9cr\u00e9ation de mes compagnons. Ce jour-l\u00e0, j&rsquo;avais communi\u00e9 avec mes fr\u00e8res, j&rsquo;\u00e9tais donc tr\u00e8s heureux. Don Bosco s&rsquo;amusait avec nous, nous racontant les choses les plus dr\u00f4les du monde. Entre-temps, la nuit arrivait et je me pr\u00e9parais \u00e0 rentrer chez moi. Quand je me suis approch\u00e9 de Don Bosco pour lui dire au revoir, il m&rsquo;a dit :<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Bravo, je suis heureux de pouvoir te parler. Dis-moi, voudrais-tu venir et rester avec moi ?<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Pour \u00eatre avec vous ? Expliquez-moi.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; J&rsquo;ai besoin de rassembler quelques jeunes qui veulent me suivre dans l&rsquo;aventure de l&rsquo;Oratoire. Tu en ferais partie. Je vais commencer \u00e0 te donner quelques le\u00e7ons. Et, si Dieu le veut, tu pourras devenir pr\u00eatre en temps voulu.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J&rsquo;ai regard\u00e9 le visage de Don Bosco et j&rsquo;ai cru r\u00eaver. Puis il a ajout\u00e9 :<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Je parlerai \u00e0 ton fr\u00e8re Carlo, et nous ferons ce qui pla\u00eet le mieux au Seigneur\u00a0\u00bb.<br>Invocateur de \u00ab&nbsp;miracles&nbsp;\u00bb<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Charles accepta et Joseph vint habiter avec Don Bosco et sa m\u00e8re Marguerite. Don Bosco lui confia l&rsquo;argent et les finances de la maison, en toute confiance. Et en deux ans, il le pr\u00e9para \u00e0 porter la soutane des clercs. Tous l&rsquo;appelaient \u00ab\u00a0le clerc Buzzetti\u00a0\u00bb. C&rsquo;est lui qui, au cours d\u2019un mois d&rsquo;ao\u00fbt asphyxiant, prit \u00e0 part Michel Rua et remit s\u00e9rieusement en question ce jeune gar\u00e7on d\u00e9mobilis\u00e9 par la chaleur, qui ne s&rsquo;investissait plus dans ses \u00e9tudes.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; D\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e, Giuseppe Buzzetti re\u00e7ut des mains de Don Bosco la direction de l&rsquo;\u00e9cole de chant et de la fanfare, celle des ateliers (surtout de l&rsquo;imprimerie dont il devient le principal responsable), la surveillance des travaux de construction, l&rsquo;administration de l&rsquo;\u0152uvre qui devenait de plus en plus grande, l&rsquo;organisation des loteries qui furent pendant des ann\u00e9es l&rsquo;oxyg\u00e8ne indispensable de l&rsquo;Oratoire.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il fut l&rsquo;instigateur involontaire de deux c\u00e9l\u00e8bres \u00ab\u00a0multiplications\u00a0\u00bb op\u00e9r\u00e9es par Don Bosco. Au cours de l&rsquo;hiver 1848, lors d&rsquo;une f\u00eate solennelle, au moment de distribuer la communion \u00e0 trois cents gar\u00e7ons, Don Bosco s&rsquo;aper\u00e7oit qu&rsquo;il n&rsquo;y a que huit ou neuf hosties dans le ciboire. Joseph, qui servait la messe, avait oubli\u00e9 de pr\u00e9parer un autre ciboire plein d&rsquo;hosties \u00e0 consacrer. Lorsque Don Bosco commen\u00e7a \u00e0 distribuer l&rsquo;Eucharistie, Joseph commen\u00e7a \u00e0 transpirer parce qu&rsquo;il voyait (en tenant la pat\u00e8ne) les hosties se multiplier dans les mains de Don Bosco, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il y en ait assez pour tout le monde. L&rsquo;ann\u00e9e suivante, le jour des morts, Don Bosco revint de sa visite au cimeti\u00e8re avec la foule des jeunes affam\u00e9s \u00e0 qui il avait promis des ch\u00e2taignes cuites. Maman Marguerite, \u00e0 qui Joseph avait mal interpr\u00e9t\u00e9 les paroles de Don Bosco, n&rsquo;en avait pr\u00e9par\u00e9 qu&rsquo;une petite marmite. Dans le tumulte g\u00e9n\u00e9ral, Giuseppe essaya de faire comprendre \u00e0 Don Bosco qu&rsquo;il n&rsquo;y avait que cette petite quantit\u00e9 de ch\u00e2taignes. Mais Don Bosco commen\u00e7a \u00e0 les distribuer \u00e0 tour de bras, \u00e0 la louche. Cette fois de nouveau, Giuseppe commen\u00e7ait \u00e0 avoir des sueurs froides, car la marmite ne se vidait jamais. \u00c0 la fin, tout le monde avait les mains pleines de marrons chauds, et Giuseppe contemplait avec \u00e9tonnement la \u00ab\u00a0marmite magique\u00a0\u00bb dans laquelle Don Bosco continuait \u00e0 p\u00eacher all\u00e9grement&#8230;<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Puis quand vint le moment o\u00f9 plusieurs personnes voulurent se d\u00e9barrasser de Don Bosco, Giuseppe (qui s&rsquo;\u00e9tait laiss\u00e9 pousser une impressionnante barbe rousse) devint son gardien et son d\u00e9fenseur. \u00ab&nbsp;Nous le regardions presque avec envie, raconte Giovanni Battista Francesia, quand il quittait l&rsquo;Oratoire pour aller \u00e0 la rencontre de Don Bosco qui devait revenir de Turin au Valdocco. Il fallait une main forte et un c\u0153ur \u00e0 toute \u00e9preuve, et Buzzetti \u00e9tait la personne qu&rsquo;il fallait&nbsp;\u00bb. Quand Giuseppe \u00e9tait absent avec sa barbe rousse, un myst\u00e9rieux chien au poil gris apparaissait, que maman Marguerite, Michel Rua et Jean-Baptiste Francesia observaient avec respect et crainte, et que Giuseppe devait d\u00e9fendre des pierres lanc\u00e9es par des gar\u00e7ons effray\u00e9s&#8230;<br>Les jours de m\u00e9lancolie<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le 25 novembre 1856, Maman Marguerite meurt. C&rsquo;est un jour amer pour Don Bosco et pour tous ses disciples. C&rsquo;est aussi le jour qui marque la fin de l'\u00a0\u00bbOratoire familial\u00a0\u00bb que Joseph avait connu et aid\u00e9 \u00e0 grandir. Les gar\u00e7ons \u00e9taient devenus si nombreux, et chaque mois ils augmentaient en nombre. Une maman ne suffisait plus, il fallait des ma\u00eetres, des professeurs, des sup\u00e9rieurs. Peu \u00e0 peu, Joseph c\u00e9da l&rsquo;administration \u00e0 Don Alasonatti, l&rsquo;\u00e9cole de chant et la fanfare \u00e0 Don Cagliero, l&rsquo;imprimerie au chevalier Oreglia de Santo Stefano. Depuis longtemps, il avait retir\u00e9 sa soutane de clerc, car trop d&rsquo;occupations ne lui avaient jamais permis de poursuivre s\u00e9rieusement ses \u00e9tudes. Maintenant, il se voyait engag\u00e9 dans des t\u00e2ches de plus en plus subalternes : il aidait au r\u00e9fectoire, pr\u00e9parait la table, exp\u00e9diait les Lectures Catholiques, allait en ville chercher du travail pour les ateliers.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un jour, la m\u00e9lancolie et le d\u00e9couragement l&#8217;emport\u00e8rent et il d\u00e9cida de quitter l&rsquo;Oratoire. Il en parla \u00e0 ses fr\u00e8res (qui avaient des responsabilit\u00e9s dans le secteur de la construction \u00e0 Turin), trouva un travail et alla prendre cong\u00e9 de Don Bosco. Avec sa franchise habituelle, il lui dit qu&rsquo;il \u00e9tait en train de devenir la derni\u00e8re roue du char, qu&rsquo;il devait ob\u00e9ir \u00e0 ceux qu&rsquo;il avait vus arriver enfants, \u00e0 qui il avait appris \u00e0 se moucher. Il exprima sa tristesse de devoir quitter la maison qu&rsquo;il avait contribu\u00e9 \u00e0 construire depuis l&rsquo;\u00e9poque du hangar Pinardi. Pour Don Bosco, ce fut un coup tr\u00e8s dur. Mais il ne s&rsquo;est pas lament\u00e9 sur lui-m\u00eame. Il n&rsquo;a pas dit : \u00ab&nbsp;Pauvre de moi ! Tu me laisses dans un beau p\u00e9trin !&nbsp;\u00bb Il pensa plut\u00f4t \u00e0 lui, son ami le plus cher, avec qui il avait partag\u00e9 tant d&rsquo;heures heureuses et douloureuses.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;As-tu d\u00e9j\u00e0 trouv\u00e9 une place ? Seras-tu bien pay\u00e9 ? Tu auras besoin d&rsquo;argent pour les premiers jours&nbsp;\u00bb. Il lui parla des tiroirs de son bureau : \u00ab\u00a0Tu connais ces tiroirs mieux que moi. Prends ce dont tu as besoin, et si ce n&rsquo;est pas assez, dis-moi ce dont tu as besoin et je te l&rsquo;apporterai. Je ne veux pas, Giuseppe, que tu souffres d&rsquo;une quelconque privation pour moi\u00a0\u00bb. Puis il le regarda avec cet amour que lui seul avait pour ses gar\u00e7ons : \u00ab\u00a0Nous avons toujours \u00e9t\u00e9 des amis. Et j&rsquo;esp\u00e8re que tu ne m&rsquo;oublieras jamais\u00a0\u00bb. Joseph \u00e9clata alors en sanglots. Il pleura longtemps et dit : \u00ab\u00a0Je ne veux pas quitter Don Bosco. Je resterai ici pour toujours\u00a0\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Lorsque Don Bosco, en d\u00e9cembre 1887, dut se rendre \u00e0 sa derni\u00e8re maladie, Giuseppe Buzzetti alla se placer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de son lit. Il avait alors 55 ans. Sa fabuleuse barbe rousse \u00e9tait devenue toute blanche. Don Bosco ne pouvait presque plus parler, mais il essayait encore de plaisanter en lui faisant le salut militaire. Lorsqu&rsquo;il r\u00e9ussit \u00e0 murmurer quelques mots, il lui dit : \u00ab\u00a0Oh, mon cher ! Tu es toujours mon cher ami\u00a0\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le 30 janvier fut le dernier jour de la vie de Don Bosco. Vers une heure de l&rsquo;apr\u00e8s-midi, Giuseppe et Don Viglietti se trouvaient \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de son lit. Don Bosco ouvrit grand les yeux, essaya de sourire. Puis il leva la main gauche et les salua. Buzzetti fondit en larmes. Dans la nuit, vers l&rsquo;aube, Don Bosco mourut.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Maintenant que son grand ami \u00e9tait parti aupr\u00e8s de Dieu, Buzzetti sentait un grand vide dans sa vie. Il avait l&rsquo;air fatigu\u00e9. \u00ab\u00a0Nous avions l&rsquo;habitude de regarder Giuseppe, rappelait Don Francesia, comme l\u2019ami attach\u00e9 \u00e0 Don Bosco, comme une de ces choses pr\u00e9cieuses qui nous rappellent tant et tant de souvenirs&nbsp;\u00bb. Il passait une grande partie de la journ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise, pr\u00e8s du tabernacle, devant le tableau de Marie Auxiliatrice.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; On lui fit une douce violence pour qu&rsquo;il aille \u00e0 la maison sal\u00e9sienne de Lanzo, pour respirer un air meilleur. \u00ab\u00a0J&rsquo;y vais volontiers, dit-il \u00e0 la fin, parce que Don Bosco y est all\u00e9 aussi, et parce que le cher Don Alasonatti y est mort. Je monterai l\u00e0-haut, puis j&rsquo;irai revoir Don Bosco\u00a0\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il mourut en serrant le chapelet dans ses mains. Il avait 59 ans. C&rsquo;\u00e9tait le 13 juillet 1891.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il \u00e9tait l&rsquo;un des nombreux jeunes immigr\u00e9s dans la ville de Turin du XIXe si\u00e8cle&#8230;.<\/p>\n","protected":false},"author":16,"featured_media":26328,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":26,"footnotes":""},"categories":[469],"tags":[1704,1716,2563,2634,1764,1824,1956,2616,2622],"class_list":["post-26350","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-reflexions","tag-bienfaiteurs","tag-charisme-salesien","tag-charite","tag-conciles","tag-don-bosco","tag-gras-obtenues","tag-salesiens","tag-temoins","tag-vocations"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26350","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=26350"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26350\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":51065,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26350\/revisions\/51065"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/26328"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=26350"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=26350"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=26350"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}