{"id":19621,"date":"2023-10-27T07:32:57","date_gmt":"2023-10-27T07:32:57","guid":{"rendered":"https:\/\/exciting-knuth.178-32-140-152.plesk.page\/?p=19621"},"modified":"2026-03-25T16:28:05","modified_gmt":"2026-03-25T16:28:05","slug":"alexandre-planas-sauri-le-martyr-sourd-1-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/nos-saints\/alexandre-planas-sauri-le-martyr-sourd-1-2\/","title":{"rendered":"Alexandre Planas Saur\u00ec, le martyr sourd (1\/2)"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em><em>Alexandre Planas Sauri, n\u00e9 \u00e0 Matar\u00f3 (Barcelone) le 31 d\u00e9cembre 1878, fut un collaborateur la\u00efc des sal\u00e9siens jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort glorieuse en tant que martyr \u00e0 Garraf (Barcelone) le 19 novembre 1936. Sa b\u00e9atification a eu lieu avec d&rsquo;autres sal\u00e9siens et membres de la famille sal\u00e9sienne, le 11 mars 2001, par le pape saint Jean-Paul II.<br><\/em><\/em><br><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans la liste des martyrs espagnols, b\u00e9atifi\u00e9s par Jean-Paul II le 11 mars 2001, figure le la\u00efc Alexandre PLANAS SAUR\u00cc, qui fait partie des martyrs sal\u00e9siens de la province de Tarragone, un sous-groupe de Barcelone. Les t\u00e9moignages sur sa vie utilisent \u00e9galement les expressions \u00ab&nbsp;membre de la famille&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;coop\u00e9rateur&nbsp;\u00bb, mais tous le d\u00e9finissent comme \u00ab&nbsp;un authentique sal\u00e9sien&nbsp;\u00bb. Le village de Sant Vicen\u00e7 dels Horts, o\u00f9 il a v\u00e9cu pendant 35 ans, le connaissait sous le surnom de \u00ab\u00a0El Sord\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0El Sord dels Frares\u00a0\u00bb (Le Sourd des fr\u00e8res). C&rsquo;est l&rsquo;expression qui figure sur la belle plaque de l&rsquo;\u00e9glise paroissiale, plac\u00e9e sur un c\u00f4t\u00e9 du fond, \u00e0 l&rsquo;endroit exact o\u00f9 Alexandre se tenait lorsqu&rsquo;il allait prier.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Sa vie fut interrompue dans la nuit du 18 au 19 novembre 1936, ainsi que celle d&rsquo;un coadjuteur sal\u00e9sien, Eliseo Garc\u00eda, qui \u00e9tait rest\u00e9 avec lui pour ne pas le laisser seul, car Alexandre ne voulait pas quitter le village et chercher un endroit plus s\u00fbr. Dans les heures qui suivirent, tous deux furent arr\u00eat\u00e9s, condamn\u00e9s par le comit\u00e9 anarchiste de la municipalit\u00e9 et conduits sur les rives du Garraf, au bord de la M\u00e9diterran\u00e9e, o\u00f9 ils furent fusill\u00e9s. Leurs corps n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s. Alexandre avait 58 ans.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Voil\u00e0 une note qui aurait pu figurer \u00e0 la page des faits divers de n&rsquo;importe quel journal et tomber dans l&rsquo;oubli le plus total. Mais ce n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 le cas. L&rsquo;\u00c9glise les a proclam\u00e9s tous deux bienheureux. Pour la Famille sal\u00e9sienne, ils ont \u00e9t\u00e9 et seront toujours des \u00ab&nbsp;signes de foi et de r\u00e9conciliation&nbsp;\u00bb. Dans les pages qui suivent, nous parlerons de M. Alexandre. Qui \u00e9tait cet homme que l&rsquo;on surnommait <em>el Sord dels frares<\/em> ?<br><br><strong>Les circonstances de sa vie<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Alexandre Planas Saur\u00ec est n\u00e9 \u00e0 Matar\u00f3 (province de Barcelone) en 1878, six ans avant que le train qui emmenait Don Bosco \u00e0 Barcelone (pour visiter et rencontrer les sal\u00e9siens et les jeunes de la maison de Sarri\u00e1), ne s&rsquo;arr\u00eate \u00e0 la gare de cette ville, pour prendre Mme Dorotea de Chopitea et les Mart\u00ed Codolar qui voulaient l&rsquo;accompagner pendant la derni\u00e8re \u00e9tape de son voyage vers Barcelone.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; On sait tr\u00e8s peu de choses sur son enfance et son adolescence. Il a \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9 dans la paroisse la plus populaire de la ville, Saint-Joseph et Saint-Jean. Il \u00e9tait sans aucun doute un gar\u00e7on assidu aux c\u00e9l\u00e9brations dominicales, aux activit\u00e9s et aux f\u00eates paroissiales. \u00c0 en juger par la trajectoire de sa vie ult\u00e9rieure, c&rsquo;\u00e9tait un jeune homme qui a su d\u00e9velopper une vie spirituelle solide.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Alexandre souffrait d&rsquo;une d\u00e9ficience physique importante : il \u00e9tait totalement sourd et avait un corps disgracieux (petite taille et corps courb\u00e9). Les circonstances qui l&rsquo;ont amen\u00e9 \u00e0 Sant Vicen\u00e7 dels Horts, une ville situ\u00e9e \u00e0 environ 50 km de sa ville natale, sont inconnues. La v\u00e9rit\u00e9 est qu&rsquo;en 1900, il se trouvait parmi les sal\u00e9siens dans la petite ville de Sant Vicen\u00e7, en tant que commis aux activit\u00e9s quotidiennes de la maison sal\u00e9sienne : jardinage, nettoyage, agriculture, courses&#8230; Un jeune homme ing\u00e9nieux et travailleur. Et surtout \u00ab&nbsp;bon et tr\u00e8s pieux&nbsp;\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La maison de Sant Vicen\u00e7 dels Horts fut achet\u00e9e en 1895 par le p\u00e8re Philippe Rinaldi, ancien inspecteur d&rsquo;Espagne, pour accueillir le noviciat et le scolasticat de philosophie qui allaient \u00eatre r\u00e9alis\u00e9s par la suite. Ce fut le premier centre de formation sal\u00e9sien en Espagne. Alexandre y arrive en 1900 comme employ\u00e9 et gagne imm\u00e9diatement l&rsquo;estime de tous. Il s&rsquo;y sent tr\u00e8s \u00e0 l&rsquo;aise, pleinement int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;esprit et \u00e0 la mission de cette maison.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00c0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e scolaire 1902-1903, la maison conna\u00eet un changement de cap important. Le Recteur Majeur, le P\u00e8re Michel Rua, avait cr\u00e9\u00e9 les trois provinces d&rsquo;Espagne. Celles de Madrid et de S\u00e9ville d\u00e9cid\u00e8rent d&rsquo;organiser la formation dans leurs provinces respectives. Celle de Barcelone transf\u00e9ra \u00e9galement le noviciat et la philosophie \u00e0 G\u00e9rone. La maison de Sant Vicen\u00e7 dels Horts resta pratiquement vide en quelques mois, habit\u00e9e seulement par M. Alexandre.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00c0 partir de cette ann\u00e9e et jusqu&rsquo;en 1931 (28 ans !), il devint le gardien de cette maison. Mais pas seulement de la propri\u00e9t\u00e9, mais surtout des traditions sal\u00e9siennes qui s&rsquo;\u00e9taient fortement enracin\u00e9es dans la population en quelques ann\u00e9es. Une pr\u00e9sence et un travail b\u00e9n\u00e9voles, vivant comme un anachor\u00e8te, mais nullement \u00e9tranger aux amis de la maison qui le prot\u00e9geaient, aux malades de la ville qu&rsquo;il visitait, \u00e0 la vie paroissiale qu&rsquo;il fr\u00e9quentait, aux paroissiens qu&rsquo;il \u00e9difiait par l&rsquo;exemple de sa pi\u00e9t\u00e9, aux enfants de la cat\u00e9ch\u00e8se paroissiale et du patronage festif qu&rsquo;il animait avec un jeune de la ville, Joan Juncadella, avec lequel il s&rsquo;\u00e9tait li\u00e9 d&rsquo;une forte amiti\u00e9. Distant et proche \u00e0 la fois, avec une influence non n\u00e9gligeable sur les gens. Un personnage singulier. Le r\u00e9f\u00e9rent de l&rsquo;esprit sal\u00e9sien dans le village. <em>El sord dels frares<\/em>.<br><br><strong><strong>L&rsquo;homme<\/strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-7387b849 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:66.66%\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Alexandre, handicap\u00e9 et sourd, comprenait ses interlocuteurs gr\u00e2ce \u00e0 son regard p\u00e9n\u00e9trant, au mouvement de ses l\u00e8vres. Il r\u00e9pondait toujours avec lucidit\u00e9, m\u00eame si c&rsquo;\u00e9tait \u00e0 voix basse. Un homme au c\u0153ur bon et lumineux : \u00ab&nbsp;<em>Un tr\u00e9sor plac\u00e9 dans un vilain pot de terre, mais nous, les enfants, avons pu percevoir parfaitement sa dignit\u00e9 humaine<\/em>&nbsp;\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il s&rsquo;habillait pauvrement, toujours avec son sac en bandouli\u00e8re, parfois accompagn\u00e9 d&rsquo;un chien. Les sal\u00e9siens l&rsquo;ont laiss\u00e9 rester dans la maison. Il pouvait vivre de ce que produisait le jardin et de l&rsquo;aide qu&rsquo;il recevait de quelques personnes. Sa pauvret\u00e9 \u00e9tait exemplaire, plus qu&rsquo;\u00e9vang\u00e9lique. Et s&rsquo;il avait quelque chose en trop, il le donnait aux pauvres. Avec ce genre de vie, il s&rsquo;acquittait de la t\u00e2che de gardien de la maison avec une fid\u00e9lit\u00e9 absolue.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00c0 c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;homme fid\u00e8le et responsable, appara\u00eet l&rsquo;homme bon, humble, plein d&rsquo;abn\u00e9gation, d&rsquo;une amabilit\u00e9 invincible mais ferme. \u00ab&nbsp;<em>Il ne permettait pas qu&rsquo;on dise du mal de quelqu&rsquo;un<\/em>&nbsp;\u00bb. Jusque l\u00e0 arrivait la d\u00e9licatesse de son c\u0153ur. \u00ab&nbsp;<em>Le consolateur de toutes les familles<\/em>&nbsp;\u00bb. Un homme au c\u0153ur transparent, aux intentions droites. Un homme qui s&rsquo;est fait aimer et respecter. Les gens \u00e9taient avec lui.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\"><div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized td-caption-align-center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"357\" height=\"498\" src=\"https:\/\/www.donbosco.press\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Alexandre-Planas-Sauri-il-sordo-martire-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-19611\" style=\"aspect-ratio:0.7168674698795181;width:245px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.donbosco.press\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Alexandre-Planas-Sauri-il-sordo-martire-1.jpg 357w, https:\/\/www.donbosco.press\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Alexandre-Planas-Sauri-il-sordo-martire-1-215x300.jpg 215w, https:\/\/www.donbosco.press\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Alexandre-Planas-Sauri-il-sordo-martire-1-150x209.jpg 150w, https:\/\/www.donbosco.press\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Alexandre-Planas-Sauri-il-sordo-martire-1-300x418.jpg 300w, https:\/\/www.donbosco.press\/wp-content\/uploads\/2023\/10\/Alexandre-Planas-Sauri-il-sordo-martire-1-301x420.jpg 301w\" sizes=\"auto, (max-width: 357px) 100vw, 357px\" \/><\/figure>\n<\/div><\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><strong>L&rsquo;artiste<br><\/strong><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Alexandre avait aussi une \u00e2me d&rsquo;artiste. D&rsquo;artiste et de mystique. Isol\u00e9 des bruits ext\u00e9rieurs, il vivait absorb\u00e9 dans une contemplation mystique constante. Et il a su fixer dans la mati\u00e8re les sentiments les plus intimes de son exp\u00e9rience religieuse, qui tournait presque toujours autour de la passion de J\u00e9sus-Christ.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans la cour de la maison, il cr\u00e9a trois monuments bien visibles : le Christ clou\u00e9 sur la croix, sa d\u00e9position dans les mains de Marie et le saint s\u00e9pulcre. Parmi les trois, c&rsquo;\u00e9tait la croix qui pr\u00e9sidait au milieu de la cour. Les passagers du train qui passait devant la ferme la voyaient parfaitement. D&rsquo;autre part, dans l&rsquo;une des d\u00e9pendances de la maison, il avait install\u00e9 un petit atelier o\u00f9 il ex\u00e9cutait les commandes qu&rsquo;il recevait ou les petites images avec lesquelles il satisfaisait les go\u00fbts de la pi\u00e9t\u00e9 populaire et qu&rsquo;il distribuait gratuitement \u00e0 ses voisins.<br><br><strong>Le croyant<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais ce qui dominait dans sa personnalit\u00e9, c&rsquo;\u00e9tait sa foi chr\u00e9tienne. Il la professait au plus profond de son \u00eatre et la manifestait en toute clart\u00e9, parfois m\u00eame avec ostentation, en la professant en public. \u00ab&nbsp;<em>Un vrai saint<\/em>&nbsp;\u00bb, un \u00ab&nbsp;<em>homme de Dieu&nbsp;<\/em>\u00bb, disait-on. \u00ab&nbsp;<em>Quand nous arrivions \u00e0 la chapelle le matin ou l&rsquo;apr\u00e8s-midi, nous trouvions toujours, infailliblement, Alexandre en train de prier, \u00e0 genoux, en train de faire ses pratiques de pi\u00e9t\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb. \u00ab&nbsp;<em>Sa pi\u00e9t\u00e9 \u00e9tait tr\u00e8s profonde<\/em>&nbsp;\u00bb. Un homme totalement ouvert \u00e0 la voix de l&rsquo;Esprit, avec la sensibilit\u00e9 des saints. Ce qui est le plus admirable chez cet homme, c&rsquo;est sa soif et sa faim de Dieu, \u00ab&nbsp;<em>toujours \u00e0 la recherche de plus de spiritualit\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La foi d&rsquo;Alexandre s\u2019ouvrait avant tout au myst\u00e8re de Dieu&nbsp;: devant sa grandeur il tombait \u00e0 genoux dans une profonde adoration : \u00ab&nbsp;<em>Prostern\u00e9 de tout son corps, les yeux baiss\u00e9s, plein de vie int\u00e9rieure&#8230; \u00e0 genoux dans un coin de l&rsquo;\u00e9glise, la t\u00eate inclin\u00e9e, absorb\u00e9 dans le myst\u00e8re de Dieu, tout entier plong\u00e9 dans la m\u00e9ditation de la sainte complaisance, il laissait libre cours \u00e0 ses affections et \u00e0 ses \u00e9motions<\/em>&#8230;&nbsp;\u00bb<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Il passait des heures devant le tabernacle, agenouill\u00e9, le corps pench\u00e9 presque horizontalement vers la terre, apr\u00e8s la communion<\/em>&nbsp;\u00bb. De la contemplation de Dieu et de sa grandeur salvifique Alexandre tirait une grande confiance dans la Providence divine, mais aussi une aversion radicale pour le blasph\u00e8me contre la gloire de Dieu et son saint nom. Il ne pouvait tol\u00e9rer le blasph\u00e8me. \u00ab&nbsp;<em>En entendant blasph\u00e9mer, soit il se crispait en regardant fixement la personne qui l&rsquo;avait prof\u00e9r\u00e9, soit il murmurait avec compassion pour que la personne l&rsquo;entende : \u00ab\u00a0La Madone pleure, Notre-Seigneur pleure\u00a0\u00bb<\/em>&nbsp;\u00bb<em>.<\/em><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Sa foi s&rsquo;exprimait dans les d\u00e9votions traditionnelles de l&rsquo;Eucharistie, comme nous l&rsquo;avons vu, et du chapelet marial. Mais l\u00e0 o\u00f9 son \u00e9lan religieux trouvait le canal le mieux adapt\u00e9 \u00e0 ses besoins, c&rsquo;\u00e9tait sans aucun doute dans la m\u00e9ditation de la passion du Christ. \u00ab&nbsp;<em>Je me souviens de l&rsquo;impression que nous avons eue en entendant le Sourd parler de la Passion du Christ<\/em>&nbsp;\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il portait le myst\u00e8re de la croix dans sa chair et dans son \u00e2me. En son honneur, il avait \u00e9rig\u00e9 les monuments de la croix, de la d\u00e9position et de l&rsquo;ensevelissement du Christ. Tous les t\u00e9moignages mentionnent \u00e9galement le crucifix de fer qu&rsquo;il portait suspendu \u00e0 sa poitrine et dont la cha\u00eene s\u2019incrustait dans sa peau. Il dormait toujours avec un grand crucifix \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui. Il ne voulait pas l&rsquo;enlever, m\u00eame pendant les mois de pers\u00e9cution religieuse qui ont abouti \u00e0 son martyre. \u00ab&nbsp;<em>Est-ce que je fais mal ?<\/em>&nbsp;\u00bb disait-il, <em>et s&rsquo;ils me tuent, tant mieux, j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 le ciel ouvert<\/em>&nbsp;\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Chaque jour, il faisait l&rsquo;exercice du chemin de croix : \u00ab&nbsp;<em>Quand il montait \u00e0 la salle d&rsquo;\u00e9tude, M. Planas entrait dans la chapelle, et quand nous redescendions au bout d&rsquo;une heure, il terminait le chemin de croix, qu&rsquo;il faisait totalement inclin\u00e9, au point que sa t\u00eate touche le sol&nbsp;<\/em>\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Fond\u00e9e sur cette exp\u00e9rience de la croix, \u00e0 laquelle s&rsquo;ajoutait sa profonde d\u00e9votion au Sacr\u00e9-C\u0153ur, la spiritualit\u00e9 du Sourd \u00e9tait projet\u00e9e vers l&rsquo;asc\u00e9tisme et la solidarit\u00e9. Il vivait en p\u00e9nitent, dans une pauvret\u00e9 \u00e9vang\u00e9lique et un esprit de mortification. Il dormait sur des planches, sans matelas ni oreiller, ayant \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui un cr\u00e2ne qui lui rappelait la mort, et \u00ab&nbsp;<em>quelques instruments de p\u00e9nitence<\/em>&nbsp;\u00bb. Ces pratiques ne lui ont pas \u00e9t\u00e9 enseign\u00e9es par les sal\u00e9siens. Il les avait apprises auparavant en rappelant la spiritualit\u00e9 d\u2019un p\u00e8re j\u00e9suite, saint Alphonse Rodr\u00edguez, dont il lisait le manuel dans la maison du noviciat et qu&rsquo;il m\u00e9ditait parfois au cours de ces ann\u00e9es.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais son amour de la croix le poussait aussi \u00e0 la solidarit\u00e9. Son aust\u00e9rit\u00e9 \u00e9tait impressionnante. Il s&rsquo;habillait comme les pauvres et mangeait frugalement. Il donnait tout ce qu&rsquo;il pouvait donner, non pas de l&rsquo;argent, car il n&rsquo;en avait pas, mais toujours son aide fraternelle : \u00ab&nbsp;<em>Quand il y avait quelque chose \u00e0 faire pour quelqu&rsquo;un, il laissait tout et allait l\u00e0 o\u00f9 on avait besoin de lui<\/em>&nbsp;\u00bb. Ceux qui en b\u00e9n\u00e9fici\u00e8rent le plus \u00e9taient les enfants de la cat\u00e9ch\u00e8se et les malades. \u00ab&nbsp;<em>Il ne manquait jamais le chevet d&rsquo;un malade grave : il le veillait pendant que la famille se reposait. Et si personne dans la famille ne pouvait pr\u00e9parer le d\u00e9funt, il \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 rendre ce service. Les pauvres malades \u00e9taient favoris\u00e9s et, s&rsquo;il le pouvait, il les aidait avec les aum\u00f4nes qu&rsquo;il recueillait ou avec le fruit de son travail<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br><a href=\"..\/fr\/nos-saints\/alexandre-planas-sauri-le-martyr-sourd-2-2\/\"><em>(suite)<\/em><br><\/a><br><em>don Joan Llu\u00eds Play\u00e0, sdb<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alexandre Planas Sauri, n\u00e9 \u00e0 Matar\u00f3 (Barcelone) le 31 d\u00e9cembre 1878, fut un collaborateur la\u00efc&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":19605,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":9,"footnotes":""},"categories":[125],"tags":[2563,2554,2587,1728,1878,1842,1968,2616],"class_list":["post-19621","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-nos-saints","tag-charite","tag-dieu","tag-famille-salesienne","tag-maisons-salesiennes","tag-martyrs","tag-nos-heros","tag-saints","tag-temoins"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19621","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=19621"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19621\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":51039,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19621\/revisions\/51039"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19605"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=19621"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=19621"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=19621"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}