{"id":19506,"date":"2023-10-11T19:29:39","date_gmt":"2023-10-11T19:29:39","guid":{"rendered":"https:\/\/exciting-knuth.178-32-140-152.plesk.page\/?p=19506"},"modified":"2024-02-02T15:56:41","modified_gmt":"2024-02-02T15:56:41","slug":"don-bosco-et-les-marenghi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/don-bosco\/don-bosco-et-les-marenghi\/","title":{"rendered":"Don Bosco et les marenghi"},"content":{"rendered":"\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 1849, l&rsquo;imprimeur G. B. Paravia publia \u00ab&nbsp;Il sistema metrico decimale ridotto a semplicit\u00e0 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 de quattro operazioni dell&rsquo;aritmetica ad uso degli artigiani e della gente di campagna&nbsp;\u00bb \u00e9dit\u00e9 par le pr\u00eatre Jean Bosco. Le manuel comprenait un appendice sur les monnaies les plus utilis\u00e9es au Pi\u00e9mont et les principales monnaies \u00e9trang\u00e8res.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pourtant, quelques ann\u00e9es auparavant, Don Bosco connaissait si peu les monnaies nobles en usage dans le royaume de Sardaigne qu&rsquo;il avait confondu un double de Savoie avec un marengo. Il \u00e9tait au d\u00e9but de son activit\u00e9 d&rsquo;orateur et n&rsquo;avait d\u00fb voir que tr\u00e8s peu de pi\u00e8ces d&rsquo;or jusqu&rsquo;alors. En recevant un jour une pi\u00e8ce d&rsquo;or, il courut la d\u00e9penser pour ses espi\u00e8gleries, commandant diverses marchandises pour la valeur d&rsquo;un marengo. Le commer\u00e7ant, pratique et honn\u00eate, lui remit les marchandises qu&rsquo;il avait command\u00e9es et lui rendit la monnaie, soit environ neuf lires.<br><em>&#8211; Mais comment, demanda Don Bosco, ne vous ai-je pas donn\u00e9 un marengo ?<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &#8211; Non, r\u00e9pondit le commer\u00e7ant, votre pi\u00e8ce est de 28 et demi ! (MB II, 93)<br><\/em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; D\u00e8s le d\u00e9but, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;avidit\u00e9 pour l&rsquo;argent chez Don Bosco, mais seulement une avidit\u00e9 pour le bien !<br><br><strong>Doubles de Savoie et marenghi<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Lorsqu&rsquo;en mai 1814 le roi Victor Emmanuel Ier rentra en possession de ses Etats, il voulut r\u00e9tablir l&rsquo;ancien syst\u00e8me mon\u00e9taire bas\u00e9 sur la lire pi\u00e9montaise de vingt sous de douze deniers chacun, syst\u00e8me qui avait \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par le syst\u00e8me d\u00e9cimal lors de l&rsquo;occupation fran\u00e7aise. Auparavant, six lires faisaient un \u00e9cu d&rsquo;argent et 24 un doublon savoyard d&rsquo;or. Les sous-multiples ne manquaient \u00e9videmment pas, y compris la pi\u00e8ce de cuivre connue sous le nom de 5 sous mauriciens, ainsi appel\u00e9e parce qu&rsquo;elle portait l&rsquo;image de saint Maurice au revers.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais l&rsquo;usage de compter en francs s&rsquo;\u00e9tait alors tellement r\u00e9pandu que le roi d\u00e9cida en 1816 d&rsquo;adopter \u00e9galement le syst\u00e8me mon\u00e9taire d\u00e9cimal, cr\u00e9ant la nouvelle lire du Pi\u00e9mont d&rsquo;une valeur \u00e9gale au franc, avec ses multiples et sous-multiples relatifs, de la pi\u00e8ce d&rsquo;or de 100 lires \u00e0 la pi\u00e8ce de cuivre de 1 centime.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le doublon savoyard, quant \u00e0 lui, poursuivit son chemin pendant de nombreuses ann\u00e9es. Cr\u00e9\u00e9 en 1755 par un \u00e9dit de Charles Emmanuel III, il fut appel\u00e9, apr\u00e8s la cr\u00e9ation de la nouvelle lire, pi\u00e8ce de vingt-neuf ou vingt-huit et demi-lires, pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu&rsquo;il correspondait \u00e0 28,45 nouvelles lires. Elle \u00e9tait plus commun\u00e9ment appel\u00e9e Galin-a (poule) parce que, alors que la face portait l&rsquo;image du souverain avec une natte, le revers montrait un oiseau aux ailes d\u00e9ploy\u00e9es, que l&rsquo;artiste avait voulu repr\u00e9senter comme un aigle, mais qui, ventru, ressemblait plut\u00f4t \u00e0 une poule.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La pi\u00e8ce de vingt francs, appel\u00e9e marengo parce qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e par Napol\u00e9on \u00e0 Turin en 1800 apr\u00e8s la victoire de Marengo, est \u00e9galement rest\u00e9e en circulation pendant un certain temps avec les pi\u00e8ces d&rsquo;or savoyardes. Elle portait sur la face le buste de Minerve et au revers la devise : Libert\u00e0 &#8211; Egalit\u00e9 &#8211; Eridania. Elle correspondait \u00e0 la pi\u00e8ce fran\u00e7aise appel\u00e9e Napol\u00e9on d&rsquo;or. Le terme \u00ab\u00a0Eridania\u00a0\u00bb d\u00e9signait la terre o\u00f9 coule le P\u00f4, le l\u00e9gendaire Eridano.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le nom \u00ab\u00a0marengo\u00a0\u00bb \u00e9tait \u00e9galement utilis\u00e9 indiff\u00e9remment pour la nouvelle pi\u00e8ce d&rsquo;or de 20 lires de Victor Emmanuel Ier, tandis que le \u00ab\u00a0marenghino\u00a0\u00bb \u00e9tait la pi\u00e8ce d&rsquo;or de 10 lires, ayant donc la moiti\u00e9 de la valeur du marengo, frapp\u00e9e plus tard par Charles Albert. Marengo et marenghino \u00e9taient des termes souvent utilis\u00e9s l&rsquo;un pour l&rsquo;autre, comme franc et lire. Don Bosco les utilisait \u00e9galement de cette mani\u00e8re. La pr\u00e9face du \u00ab\u00a0Galantuomo\u00a0\u00bb de 1860 (l&rsquo;almanach-\u00e9trenne destin\u00e9 aux abonn\u00e9s des \u00ab\u00a0Letture Cattoliche\u00a0\u00bb) en donne un exemple. Don Bosco joue le r\u00f4le d&rsquo;un vendeur de boissons rafra\u00eechissantes qui suit l&rsquo;arm\u00e9e sarde dans la guerre de 59. Lors de la bataille de Magenta, raconte-t-il, il perd son sac d&rsquo;argent et le capitaine de la compagnie le d\u00e9dommage avec une poign\u00e9e de \u00ab\u00a0quinze marenghini \u00e9tincelants\u00a0\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le 22 mai 1866, il \u00e9crit au capitaine Federico Oreglia, qu&rsquo;il a envoy\u00e9 \u00e0 Rome pour recueillir des offrandes pour la nouvelle \u00e9glise de Marie Auxiliatrice :<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab\u00a0Pour ce qui est de votre s\u00e9jour \u00e0 Rome, restez sans limite de temps, c&rsquo;est-\u00e0-dire jusqu&rsquo;\u00e0 ce que vous ayez dix mille francs \u00e0 rapporter pour l&rsquo;\u00e9glise et pour payer le boulanger [&#8230;].<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Que Dieu vous b\u00e9nisse, Monsieur le Chevalier, qu&rsquo;il b\u00e9nisse vos travaux et que <em>chacune de vos paroles sauve une \u00e2me et gagne un marengo. Amen\u00a0\u00bb<\/em> (E 459).<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un v\u0153u significatif de Don Bosco \u00e0 un g\u00e9n\u00e9reux collaborateur !<br><br><strong>Napol\u00e9on avec et sans chapeau<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00c0 partir du 1er mai 1866, outre la pi\u00e8ce d&rsquo;or correspondant au Napol\u00e9on d&rsquo;or portant sur la face l&rsquo;image de Napol\u00e9on au chapeau, une monnaie de papier de la m\u00eame valeur nominale, mais d&rsquo;une valeur r\u00e9elle bien inf\u00e9rieure, fut \u00e9mise de force dans le Royaume d&rsquo;Italie d\u00e9sormais constitu\u00e9. Le peuple l&rsquo;appela imm\u00e9diatement Napol\u00e9on t\u00eate nue parce qu&rsquo;elle portait l&rsquo;effigie de Victor Emmanuel II sans chapeau.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Don Bosco le savait aussi lorsqu&rsquo;il dut rembourser au comte Federico Calieri un pr\u00eat de 1 000 francs qu&rsquo;il lui avait consenti en 50 napol\u00e9ons d&rsquo;or. Il ne manque pas l&rsquo;occasion de faire d&rsquo;une pierre deux coups, profitant de la confiance qui lui est accord\u00e9e. La comtesse Carlotta lui avait en effet d\u00e9j\u00e0 promis une offrande pour la nouvelle \u00e9glise. Il \u00e9crit donc \u00e0 la comtesse le 29 juin 1866 : \u00ab\u00a0Je lui dirai qu&rsquo;apr\u00e8s demain ma dette envers le comte expire et que je dois m&rsquo;occuper de payer la dette pour acqu\u00e9rir le cr\u00e9dit. Lorsque vous \u00e9tiez \u00e0 la Casa Collegno, vous m&rsquo;avez dit qu&rsquo;\u00e0 cette \u00e9poque vous feriez une oblation pour l&rsquo;\u00e9glise et pour l&rsquo;autel de S. Joseph, mais vous n&rsquo;avez pas fix\u00e9 la somme avec pr\u00e9cision. Ayez donc la bont\u00e9 de me dire<br>1) si votre charit\u00e9 consiste \u00e0 faire des oblations en ce moment pour nous et lesquelles ;<br>2) o\u00f9 dois-je diriger l&rsquo;argent pour Mr. le Comte ?<br>3) si Mr le Comte a des paiements qu&rsquo;il peut faire avec des billets, ou, comme il est raisonnable, qu&rsquo;il change les billets en napol\u00e9ons selon ce que j&rsquo;ai re\u00e7u\u00a0\u00bb (E 477).<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Comme on le comprend ais\u00e9ment, Don Bosco s&rsquo;appuie sur l&rsquo;offre de la comtesse et propose de r\u00e9gler sa dette au comte, si cela ne nuit \u00e0 personne, en napol\u00e9ons de papier. La r\u00e9ponse arrive et est consolante. L&rsquo;argent devait \u00eatre envoy\u00e9 \u00e0 Cesare, le fils du comte Callori, et pouvait \u00eatre en papier-monnaie. Don Bosco \u00e9crit d&rsquo;ailleurs \u00e0 C\u00e9sar le 23 juillet :<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab\u00a0Avant la fin de ce mois, j&rsquo;apporterai chez vous les mille francs que vous comme vous me l\u2019avez \u00e9crit et je veillerai \u00e0 apporter autant de napol\u00e9ons, mais tous \u00e0 t\u00eate d\u00e9couverte. Car si j&rsquo;apportais cinquante napol\u00e9ons avec le chapeau, peut-\u00eatre br\u00fbleraient-ils Jupiter, Saturne et Mars\u00a0\u00bb (E 489).<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et peu apr\u00e8s, il effectuera le tr\u00e8s commode r\u00e8glement, tandis que la comtesse lui donnera en m\u00eame temps 1.000 francs pour la chaire de la nouvelle \u00e9glise (E 495). <em>S&rsquo;il y a une dette \u00e0 payer, il y a une Providence qui est \u00e0 l\u2019oeuvre!<br><\/em><br><strong>Argent et hypoth\u00e8ques<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais Don Bosco ne manipule pas que des marenghi et des napol\u00e9ons. Dans ses poches, il trouvait plus souvent de la petite monnaie, des pi\u00e8ces de cuivre, qu&rsquo;il utilisait pour les d\u00e9penses ordinaires comme prendre la voiture quand il quittait Turin, faire de petits achats et des aum\u00f4nes et peut-\u00eatre faire un geste que nous appellerions aujourd&rsquo;hui charismatique, comme lorsqu&rsquo;il versa dans les mains du ma\u00eetre d&rsquo;\u0153uvre Bozzetti les huit premiers sous pour la construction de la nouvelle \u00e9glise de Marie-Auxiliatrice.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Huit sous, \u00e9quivalant \u00e0 4 pi\u00e8ces de 10 centimes ou 8 pi\u00e8ces de 5, correspondaient \u00e0 une \u00ab\u00a0mutta\u00a0\u00bb de l&rsquo;ancien syst\u00e8me, une pi\u00e8ce frapp\u00e9e en cuivre avec un peu d&rsquo;argent, d&rsquo;une valeur initiale de 20 sous pi\u00e9montais, bient\u00f4t ramen\u00e9e \u00e0 huit sous. C&rsquo;est l&rsquo;ancienne lire pi\u00e9montaise qui a \u00e9t\u00e9 introduite dans le monde par Victor Amadeus III en 1794 et qui n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 abolie qu&rsquo;en 1865. Le mot \u00ab\u00a0mutta\u00a0\u00bb &#8211; in pi\u00e9montaise <em>mota<\/em> (lire : muta) &#8211; signifie en soi \u00ab\u00a0motte\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0tuile\u00a0\u00bb. Mote\u00a0\u00bb \u00e9tait le nom donn\u00e9 aux tuiles fabriqu\u00e9es \u00e0 partir d&rsquo;\u00e9corce de ch\u00eane, utilis\u00e9es pour le tannage du cuir et, apr\u00e8s usage, encore utilis\u00e9es pour br\u00fbler ou maintenir un feu allum\u00e9. Ces tuiles, autrefois grandes comme un pain, avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9duites par l&rsquo;avarice des fabricants \u00e0 des proportions si infimes que la population finit par appeler \u00ab\u00a0mote\u00a0\u00bb la lirette de Vittorio Amedeo.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Selon les \u00ab\u00a0M\u00e9moires biographiques\u00a0\u00bb, certains z\u00e9lateurs protestants, pour \u00e9loigner les gar\u00e7ons de l&rsquo;Oratoire de Don Bosco, les attiraient en leur disant : \u00ab\u00a0Qu&rsquo;allez-vous faire \u00e0 l&rsquo;Oratoire ? Venez avec nous, vous vous amuserez autant que vous voudrez et vous aurez en cadeau deux <em>mutte<\/em> et un bon livre\u00a0\u00bb (MB III, 402) Deux <em>mutte<\/em> suffisent pour faire un bon go\u00fbter.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais Don Bosco s\u00e9duit aussi avec ses <em>mutte<\/em>. Un jour, il se retrouva assis dans la loge \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du cocher qui jurait fort pour faire courir les chevaux, et il lui promit une <em>mutta<\/em> s&rsquo;il s&rsquo;abstenait de jurer jusqu&rsquo;\u00e0 Turin, et il r\u00e9ussit dans son intention (MB VII, 189). En effet, avec une <em>mutta<\/em>, le pauvre cocher pouvait s&rsquo;acheter au moins un litre de vin \u00e0 boire avec ses coll\u00e8gues, tout en gardant pr\u00e9cieusement les paroles qu&rsquo;il avait entendues contre le vice du blasph\u00e8me.<br><br><strong>Le saint des millions<br><\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Don Bosco a g\u00e9r\u00e9 dans sa vie de grandes sommes d&rsquo;argent, recueillies au prix d&rsquo;\u00e9normes sacrifices, de qu\u00eates humiliantes, de loteries laborieuses, d&rsquo;incessantes p\u00e9r\u00e9grinations. Avec cet argent, il donna du pain, des v\u00eatements, un logement et du travail \u00e0 de nombreux gar\u00e7ons pauvres, acheta des maisons, ouvrit des hospices et des coll\u00e8ges, construisit des \u00e9glises, lan\u00e7a des initiatives non n\u00e9gligeables dans le domaine de l&rsquo;imprimerie et de l&rsquo;\u00e9dition, lan\u00e7a les missions sal\u00e9siennes en Am\u00e9rique et, enfin, d\u00e9j\u00e0 affaibli par les maux et les douleurs de la vieillesse, il \u00e9rigea la basilique du Sacr\u00e9-C\u0153ur \u00e0 Rome, en ob\u00e9issance au pape, une \u0153uvre qui ne fut pas la moindre des causes de sa mort pr\u00e9matur\u00e9e.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tout le monde ne comprenait pas l&rsquo;esprit qui l&rsquo;animait, tout le monde n&rsquo;appr\u00e9ciait pas ses multiples activit\u00e9s et la presse anticl\u00e9ricale se livrait \u00e0 des insinuations ridicules.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le 4 avril 1872, le p\u00e9riodique satirique turinois \u00ab\u00a0Il Fischietto\u00a0\u00bb, qui surnomme Don Bosco \u00ab\u00a0Dominus Lignus\u00a0\u00bb, affirme qu&rsquo;il est dot\u00e9 de \u00ab\u00a0fonds fabuleux\u00a0\u00bb. Le 31 octobre 1886, le journal romain \u00ab\u00a0La Riforma\u00a0\u00bb, organe politique crispin, publie un article sur ses exp\u00e9ditions missionnaires, pr\u00e9sentant ironiquement le cur\u00e9 du Valdocco comme \u00ab\u00a0un v\u00e9ritable industriel\u00a0\u00bb, comme l&rsquo;homme qui a compris \u00ab\u00a0que le bon march\u00e9 est la cl\u00e9 du succ\u00e8s de toutes les plus grandes entreprises modernes\u00a0\u00bb, et poursuit : \u00ab\u00a0Don Bosco a en lui quelque chose de cette industrie que l&rsquo;on veut maintenant appeler, par antonomase, les fr\u00e8res Bocconi\u00a0\u00bb. Il s&rsquo;agit des fr\u00e8res Ferdinando et Luigi Bocconi, cr\u00e9ateurs des grands magasins de d\u00e9tail ouverts \u00e0 Milan dans ces ann\u00e9es-l\u00e0 et appel\u00e9s plus tard \u00ab\u00a0La Rinascente\u00a0\u00bb. Luigi Pietracqua, romancier et dramaturge dialectal, signa quelques jours apr\u00e8s la mort de Don Bosco un sonnet satirique dans le journal turinois \u00ab\u00a0&lsquo;L Birichin\u00a0\u00bb, qui commen\u00e7ait comme suit :<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00ab\u00a0Don B\u00f2sch l&rsquo;\u00e9 m\u00f2rt &#8211; L&rsquo;era na testa fin-a, Capace &lsquo;d gav\u00e9 &lsquo;d sangh d&rsquo;ant un-a rava, Perch\u00e9 a pal\u00e0 ij milion chiel a contava, E&#8230; sensa guadagneje con la schin-a !\u00a0\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; (Don Bosco est mort &#8211; C&rsquo;\u00e9tait un homme astucieux, Capable de tirer du sang d&rsquo;un navet, parce qu&rsquo;il comptait les millions par poign\u00e9es, Et&#8230; sans les gagner \u00e0 la sueur de son front).<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et il continuait \u00e0 vanter \u00e0 sa mani\u00e8re le miracle de Don Bosco qui prenait l&rsquo;argent de tout le monde en remplissant son sac devenu aussi grand qu&rsquo;une cuve (E as fas\u00eca 7 bors\u00f2t gr\u00f2ss com na tina). Ainsi enrichi, il n&rsquo;avait plus besoin de travailler, il se contentait d&rsquo;app\u00e2ter les mouettes avec des pri\u00e8res, des croix et des saintes messes. Le sonneur blasph\u00e9mateur conclut en appelant Don Bosco : \u00ab\u00a0Saint Million\u00a0\u00bb.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ceux qui connaissent le style de pauvret\u00e9 dans lequel le saint a v\u00e9cu et est mort peuvent facilement comprendre l&rsquo;humour de bas \u00e9tage de Pietracqua. Don Bosco \u00e9tait en effet un gestionnaire tr\u00e8s habile de l&rsquo;argent que la charit\u00e9 des bons lui apportait, mais il ne gardait jamais rien pour lui. Le mobilier de sa petite chambre au Valdocco se composait d&rsquo;un lit en fer, d&rsquo;une petite table, d&rsquo;une chaise et, plus tard, d&rsquo;un canap\u00e9, sans rideaux \u00e0 la fen\u00eatre, sans tapis, sans m\u00eame une table de nuit. Dans sa derni\u00e8re maladie, tourment\u00e9 par la soif, lorsqu&rsquo;on lui offrit de l&rsquo;eau de Seltz pour le soulager, il ne voulut pas la boire, croyant qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une boisson on\u00e9reuse. Il fallut l&rsquo;assurer qu&rsquo;elle ne co\u00fbtait que sept cents la bouteille. \u00ab\u00a0Il dit encore \u00e0 Don Viglietti : &#8211; Laissez-moi aussi le plaisir de regarder dans les poches de mes v\u00eatements ; il y a mon portefeuille et mon porte-monnaie. Je crois qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus rien ; mais s&rsquo;il y a de l&rsquo;argent, donnez-le \u00e0 don Rua. Je veux mourir pour que l&rsquo;on dise : Don Bosco est mort sans un sou en poche\u00a0\u00bb (MB XVIII, 493).<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ainsi mourut le Saint des millions !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 1849, l&rsquo;imprimeur G. B. 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