{"id":19395,"date":"2023-10-04T07:02:46","date_gmt":"2023-10-04T07:02:46","guid":{"rendered":"https:\/\/exciting-knuth.178-32-140-152.plesk.page\/?p=19395"},"modified":"2024-02-02T15:56:14","modified_gmt":"2024-02-02T15:56:14","slug":"ames-et-chevaux-de-trait","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/don-bosco\/ames-et-chevaux-de-trait\/","title":{"rendered":"\u00c2mes et chevaux de trait"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em><em>Don Bosco \u00e9crivait la nuit, \u00e0 la lueur d&rsquo;une bougie, apr\u00e8s une journ\u00e9e pass\u00e9e en pri\u00e8res, entretiens, rencontres, \u00e9tudes, visites de courtoisie. Toujours pratique, tenace, avec une prodigieuse vision de l&rsquo;avenir.<br><\/em><\/em><br><br><em>Da mihi animas, cetera tolle<\/em> est la devise qui a inspir\u00e9 toute la vie et l&rsquo;action de Don Bosco, depuis l&rsquo;Oratoire volant de Turin (1844) jusqu&rsquo;\u00e0 ses derni\u00e8res initiatives sur son lit de mort (janvier 1888) pour que les Sal\u00e9siens aillent en Angleterre et en \u00c9quateur. Mais pour lui, les \u00e2mes ne sont pas s\u00e9par\u00e9es des corps, \u00e0 tel point que d\u00e8s les ann\u00e9es 1950, il avait propos\u00e9 de consacrer sa vie pour que les jeunes soient \u00ab\u00a0heureux sur la terre comme au ciel\u00a0\u00bb. Un bonheur qui, sur terre, consistait pour ses jeunes \u00ab\u00a0pauvres et abandonn\u00e9s\u00a0\u00bb \u00e0 avoir un toit, une famille, une \u00e9cole, une cour de r\u00e9cr\u00e9ation, des amiti\u00e9s et des activit\u00e9s agr\u00e9ables (jeux, musique, th\u00e9\u00e2tre, sorties&#8230;) et surtout un m\u00e9tier qui leur garantisse un avenir serein.<br>D&rsquo;o\u00f9 les ateliers \u00ab\u00a0arts et m\u00e9tiers\u00a0\u00bb du Valdocco &#8211; les futures \u00e9coles professionnelles &#8211; que Don Bosco a cr\u00e9\u00e9s \u00e0 partir de rien : une v\u00e9ritable start-up, pour parler comme aujourd&rsquo;hui. Il s&rsquo;\u00e9tait d&rsquo;abord propos\u00e9 comme premier instructeur de couture, de reliure, de cordonnerie&#8230; mais le progr\u00e8s ne s&rsquo;arr\u00eatait pas et Don Bosco veut \u00eatre \u00e0 l&rsquo;avant-garde.<br><br><strong>La disponibilit\u00e9 de la force motrice<br><\/strong>\u00c0 partir de 1868, sur l&rsquo;initiative du maire de Turin, Giovanni Filippo Galvagno, une partie des eaux du ruisseau Ceronda, qui prenait sa source \u00e0 1350 m d&rsquo;altitude, fut capt\u00e9e par le canal Ceronda pour \u00eatre distribu\u00e9e aux diff\u00e9rentes industries qui naissaient dans la zone nord de la capitale pi\u00e9montaise, celle du Valdocco plus pr\u00e9cis\u00e9ment. Le canal se divisa ensuite en deux branches \u00e0 la hauteur du quartier de Lucento, celle de droite, achev\u00e9e en 1873, apr\u00e8s avoir travers\u00e9 la Dora Riparia avec un pont-canal, continua \u00e0 courir parall\u00e8lement \u00e0 ce qui est aujourd&rsquo;hui le Corso Regina Margherita et la Via San Donato pour se jeter ensuite dans le P\u00f4. Don Bosco, toujours attentif \u00e0 ce qui se passait dans la ville, demanda imm\u00e9diatement \u00e0 la mairie \u00ab\u00a0la concession d&rsquo;au moins 20 chevaux de force hydraulique\u00a0\u00bb du canal qui passerait \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du Valdocco. Une fois la demande accord\u00e9e, il fit construire \u00e0 ses frais les deux prises d&rsquo;eau pour la prise et le retour, disposa les machines dans les ateliers de mani\u00e8re \u00e0 ce qu&rsquo;elles puissent facilement recevoir la force motrice et fit \u00e9tudier par un ing\u00e9nieur les moteurs n\u00e9cessaires \u00e0 cet effet. Lorsque tout \u00e9tait pr\u00eat, il demanda aux autorit\u00e9s, le 4 juillet 1874, de proc\u00e9der au raccordement \u00e0 ses frais. Sans r\u00e9ponse pendant plusieurs mois, il renouvela sa demande le 7 novembre. Cette fois, la r\u00e9ponse fut assez rapide. Elle semblait positive, mais il demanda d&rsquo;abord quelques \u00e9claircissements. Don Bosco lui r\u00e9pondit en ces termes :<br><br><em>\u00ab\u00a0Tr\u00e8s Illustre Monsieur le Maire,<br>Je m&#8217;empresse de transmettre \u00e0 Votre Excellence les \u00e9claircissements que j&rsquo;ai eu l&rsquo;honneur de vous demander dans votre lettre du 19 de ce mois, et j&rsquo;ai l&rsquo;honneur de vous informer que les industries auxquelles la force motrice de l&rsquo;eau de Ceronda sera appliqu\u00e9e sont les suivantes :<br>1\u00b0 Imprimerie pour laquelle il n&rsquo;y a pas moins de 100 ouvriers.<br>2\u00b0 Usine de p\u00e2te \u00e0 papier dont le nombre d&rsquo;ouvriers n&rsquo;est pas inf\u00e9rieur \u00e0 26.<br>3\u00b0 Fonderie de caract\u00e8res,polices, chalcographie dont le nombre d&rsquo;ouvriers n&rsquo;est pas inf\u00e9rieur \u00e0 30.<br>4\u00b0 Atelier de ferronnerie employant au moins 30 ouvriers.<br>5\u00b0 Menuisiers, \u00e9b\u00e9nistes, tourneurs \u00e0 la scie hydraulique : 40 ouvriers au moins.<br>Total des ouvriers plus de 220&prime;.<br><\/em><br>Ce nombre comprend les moniteurs et les jeunes \u00e9tudiants. Dans ces conditions, en plus d&rsquo;\u00eatre soumis \u00e0 des efforts physiques inutiles, ils n&rsquo;auraient pas pu r\u00e9sister \u00e0 la concurrence. Don Bosco ajoute d&rsquo;ailleurs : \u00ab\u00a0Ces travaux se font maintenant aux d\u00e9pens d&rsquo;une machine \u00e0 vapeur pour l&rsquo;imprimerie, mais pour les autres ateliers, ils se font \u00e0 la force des bras, de telle sorte qu&rsquo;ils ne pourraient pas r\u00e9sister \u00e0 la concurrence de ceux qui utilisent la force motrice\u00a0\u00bb.<br>Et pour \u00e9viter d&rsquo;\u00e9ventuels retards et craintes de la part des pouvoirs publics, il proposait imm\u00e9diatement une caution : <em>\u00ab\u00a0Nous ne nous opposons pas au d\u00e9p\u00f4t d&rsquo;un titre de cr\u00e9ance publique comme garantie, d\u00e8s que l&rsquo;on pourra savoir ce qu&rsquo;il doit \u00eatre\u00a0\u00bb.<br><\/em><br><strong>Il a toujours vu grand&#8230; mais s&rsquo;est content\u00e9 du possible<br><\/strong>Il fallait penser \u00e0 l&rsquo;avenir, \u00e0 de nouveaux laboratoires, \u00e0 de nouvelles machines et donc la demande d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 allait n\u00e9cessairement augmenter. Don Bosco augmenta alors la demande et en invoqua les raisons existentielles et conjoncturelles :<br><em>\u00ab\u00a0Mais tout en acceptant la force th\u00e9orique de dix chevaux, je me vois dans l&rsquo;obligation de constater que cette force est totalement insuffisante pour mon besoin, puisque le projet d&rsquo;ex\u00e9cution, qui est en train de se r\u00e9aliser, \u00e9tait bas\u00e9 sur la force de 30 [ ?] comme j&rsquo;ai eu l&rsquo;honneur de l&rsquo;exposer dans ma lettre de novembre dernier. C&rsquo;est pourquoi je vous prie de prendre en consid\u00e9ration les travaux de construction d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9s, la nature de cet institut qui ne vit que de la charit\u00e9, le nombre d&rsquo;ouvriers qui y travaillent, le fait que nous avons \u00e9t\u00e9 parmi les premiers \u00e0 nous inscrire, et de vouloir bien nous accorder, sinon la force de 30 chevaux promise, du moins la force plus importante qui \u00e9tait encore disponible&#8230;\u00a0\u00bb.<br><\/em>\u00ab\u00a0On pourrait dire \u00ab&nbsp;\u00e0 bon entendeur salut!\u00bb.<br><br><strong>Un entrepreneur \u00e0 succ\u00e8s<br><\/strong>La quantit\u00e9 d&rsquo;eau accord\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Oratoire \u00e0 cette occasion ne nous est pas parvenue. Le fait est que Don Bosco d\u00e9montre une fois de plus les qualit\u00e9s d&rsquo;un entrepreneur capable que tout le monde reconnaissait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque et reconna\u00eet encore aujourd&rsquo;hui en lui : une histoire d&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 morale, le bon m\u00e9lange d&rsquo;humilit\u00e9 et de confiance en soi, de d\u00e9termination et de courage, des comp\u00e9tences en communication et un flair pour l&rsquo;avenir. \u00c9videmment, comme carburant de toutes ses ambitions et aspirations, il y avait une seule passion : celle des \u00e2mes. Il avait, il est vrai, de nombreux collaborateurs, mais d&rsquo;une certaine mani\u00e8re, tout lui est tomb\u00e9 dessus. La preuve tangible en sont les milliers de lettres, dont nous publions ici une in\u00e9dite, corrig\u00e9e et recorrig\u00e9e \u00e0 plusieurs reprises : des lettres qu&rsquo;il \u00e9crivait g\u00e9n\u00e9ralement le soir ou la nuit \u00e0 la lueur d&rsquo;une bougie, apr\u00e8s une journ\u00e9e pass\u00e9e en pri\u00e8res, entretiens, r\u00e9unions, \u00e9tudes, visites de courtoisie. Si le jour il planifiait son projet, la nuit lui permettait d&rsquo;en r\u00eaver les d\u00e9veloppements. Et ceux-ci viendront dans les d\u00e9cennies suivantes, avec les centaines d&rsquo;\u00e9coles professionnelles sal\u00e9siennes diss\u00e9min\u00e9es dans le monde, avec des dizaines de milliers de gar\u00e7ons (puis de filles) qui aurait trouv\u00e9 en elles un tremplin vers un avenir plein d&rsquo;esp\u00e9rance.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Don Bosco \u00e9crivait la nuit, \u00e0 la lueur d&rsquo;une bougie, apr\u00e8s une journ\u00e9e pass\u00e9e en&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":19388,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":5,"footnotes":""},"categories":[131],"tags":[1716,1758,1764,1836,1968,1956,1860],"class_list":["post-19395","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-don-bosco","tag-charisme-salesien","tag-creativite-salesienne","tag-don-bosco","tag-initiatives","tag-saints","tag-salesiens","tag-travail"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19395","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=19395"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19395\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19388"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=19395"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=19395"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=19395"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}