{"id":19326,"date":"2023-09-28T16:18:44","date_gmt":"2023-09-28T16:18:44","guid":{"rendered":"https:\/\/exciting-knuth.178-32-140-152.plesk.page\/?p=19326"},"modified":"2024-02-02T15:55:57","modified_gmt":"2024-02-02T15:55:57","slug":"armoiries-du-cardinal-angel-fernandez-artime","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/communications-du-recteur-majeur\/armoiries-du-cardinal-angel-fernandez-artime\/","title":{"rendered":"Armoiries du cardinal \u00c1ngel Fern\u00e1ndez Artime"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Nous pr\u00e9sentons les armoiries de Son \u00c9minence R\u00e9v\u00e9rendissime le Cardinal \u00c1ngel FERN\u00c1NDEZ ARTIME SdB, Recteur Majeur de la Pieuse Soci\u00e9t\u00e9 de Saint Fran\u00e7ois de Sales (Sal\u00e9siens de Don Bosco).<\/em><br><br>Tout eccl\u00e9siastique nomm\u00e9 cardinal par le pape doit composer des armoiries pour le repr\u00e9senter.<br>Les armoiries ne sont pas une simple formalit\u00e9 traditionnelle. Elles repr\u00e9sentent ce qu&rsquo;il y a de plus important pour une personne, une famille ou une institution, et permet de l&rsquo;identifier \u00e0 travers l&rsquo;espace et le temps. Elles sont apparues, selon certaines recherches, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque des croisades, lorsque les chevaliers chr\u00e9tiens les apposaient sur leurs v\u00eatements, les harnachements de leurs chevaux, leurs boucliers et leurs banni\u00e8res, afin de reconna\u00eetre clairement leurs alli\u00e9s et leurs adversaires. Plus tard, elles se sont diversifi\u00e9es et ont \u00e9t\u00e9 transmises aux familles nobles ainsi qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00c9glise, \u00e0 tel point qu&rsquo;une science, l&rsquo;h\u00e9raldique, est \u00e9galement apparue, qui s&rsquo;occupe de leur \u00e9tude.<br>Dans l&rsquo;\u00c9glise, les armoiries eccl\u00e9siastiques ont \u00e9t\u00e9 normalis\u00e9es en 1905, par le pape saint Pie X, dans le <em>motu proprio \u00ab\u00a0Inter multiplices cura\u00a0\u00bb<\/em>. Ainsi, les armoiries eccl\u00e9siastiques se composent d&rsquo;un \u00e9cu personnel (blason), de nombreux ornements ext\u00e9rieurs qui reprennent les insignes des dignit\u00e9s auxquelles ils se r\u00e9f\u00e8rent (celui du cardinal est un galero rouge \u00e0 15 glands rouges), et d&rsquo;une devise personnelle, g\u00e9n\u00e9ralement en latin, en guise de d\u00e9claration de foi. Les \u00e9l\u00e9ments des armoiries font r\u00e9f\u00e9rence au nom du titulaire, \u00e0 ses origines, \u00e0 son si\u00e8ge et \u00e0 des symboles religieux qui rappellent des messages th\u00e9ologiques et des valeurs spirituelles ou qui r\u00e9sument des id\u00e9aux de vie et des programmes pastoraux.<br><br><strong>HERALDIQUE<br><br><\/strong>\u00ab\u00a0D&rsquo;argent, coiff\u00e9 de<a id=\"_ednref1\" href=\"#_edn1\"><sup>[i]<\/sup><\/a> d&rsquo;azur. Au I \u00e0 la figure caract\u00e9ristique de J\u00e9sus Bon Pasteur, trouv\u00e9e dans les Catacombes de Saint Callixte, \u00e0 Rome, toute naturelle<a id=\"_ednref2\" href=\"#_edn2\"><sup>[ii]<\/sup><\/a> ; au II au monogramme MA, d&rsquo;or, timbr\u00e9<a id=\"_ednref3\" href=\"#_edn3\"><sup>[iii]<\/sup><\/a> d&rsquo;une couronne du m\u00eame ; au III \u00e0 l&rsquo;ancre de deux crochets<a id=\"_ednref4\" href=\"#_edn4\"><sup>[iv]<\/sup><\/a>, d&rsquo;argent, cord\u00e9e de gueules. L&rsquo;\u00e9cu est timbr\u00e9 d&rsquo;un chapeau<a id=\"_ednref5\" href=\"#_edn5\"><sup>[v]<\/sup><\/a> avec des cordons et des glands rouges. Les glands, au nombre de trente, sont dispos\u00e9s quinze de chaque c\u00f4t\u00e9, en cinq ordres de 1, 2, 3, 4, 5<a id=\"_ednref6\" href=\"#_edn6\"><sup>[vi]<\/sup><\/a> , Sous l&rsquo;\u00e9cu, dans la liste d&rsquo;argent, la devise en lettres capitales noires : \u00ab\u00a0SUFFICIT TIBI GRATIA MEA\u00a0\u00bb.<br><br><strong>EX\u00c9GESE<br><\/strong>L&rsquo;homme m\u00e9di\u00e9val (&#8230;) vit dans une \u00ab\u00a0for\u00eat de symboles\u00a0\u00bb. Saint Augustin l&rsquo;a dit : le monde est fait de \u00ab\u00a0signa\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0res\u00a0\u00bb, de signes, c&rsquo;est-\u00e0-dire de symboles, et de choses. Les \u00ab\u00a0res\u00a0\u00bb qui sont la vraie r\u00e9alit\u00e9 restent cach\u00e9es ; l&rsquo;homme ne saisit que les signes. Le livre essentiel, la Bible, contient une structure symbolique. A chaque personnage, \u00e0 chaque \u00e9v\u00e9nement de l&rsquo;Ancien Testament correspond un personnage, un \u00e9v\u00e9nement du Nouveau Testament. L&rsquo;homme m\u00e9di\u00e9val est constamment en train de \u00ab\u00a0d\u00e9chiffrer\u00a0\u00bb, ce qui renforce sa d\u00e9pendance \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des clercs, savants dans le domaine du symbolisme. Le symbolisme pr\u00e9side \u00e0 l&rsquo;art et en particulier \u00e0 l&rsquo;architecture o\u00f9 l&rsquo;\u00e9glise est avant tout une structure symbolique. Il pr\u00e9vaut en politique, o\u00f9 le poids des c\u00e9r\u00e9monies symboliques comme le sacre du roi est consid\u00e9rable, o\u00f9 les drapeaux, les armes, les embl\u00e8mes, sont d&rsquo;une importance capitale. Elle r\u00e8gne en litt\u00e9rature, o\u00f9 elle prend souvent la forme de l&rsquo;all\u00e9gorie\u00a0\u00bb<a id=\"_ednref7\" href=\"#_edn7\"><sup>[vii]<\/sup><\/a> .<br>Les gestes et les symboles renvoient donc \u00e0 quelque chose de plus profond : \u00e0 un message, \u00e0 une valeur, \u00e0 une id\u00e9e qui d\u00e9passe le signe lui-m\u00eame.<br><br>\u00ab\u00a0Dans la vie humaine, les signes et les symboles occupent une place importante. En tant qu&rsquo;\u00eatre \u00e0 la fois corporel et spirituel, l&rsquo;homme exprime et per\u00e7oit les r\u00e9alit\u00e9s spirituelles \u00e0 travers des signes et des symboles mat\u00e9riels. En tant qu&rsquo;\u00eatre social, l&rsquo;homme a besoin de signes et de symboles pour communiquer avec les autres par le langage, les gestes et les actions. Il en va de m\u00eame dans sa relation avec Dieu\u00a0\u00bb<a id=\"_ednref8\" href=\"#_edn8\"><sup>[viii]<\/sup><\/a> .<br><br>Le savant et c\u00e9l\u00e8bre h\u00e9raldiste Goffredo di Crollalanza, dans <em>Gen\u00e8se et histoire du langage ma\u00e7onnique <\/em>(1876), \u00e9crit notamment : \u00ab\u00a0L&rsquo;h\u00e9raldique a eu la chevalerie pour auteur, le besoin pour motif, les troph\u00e9es pour but, les tournois et les croisades pour occasion, le champ de bataille pour berceau, l&rsquo;armure pour terrain, le dessin pour moyen, le symbole pour auxiliaire, la cr\u00e9ation pour mati\u00e8re, l&rsquo;id\u00e9ologie pour concept, et le blason pour cons\u00e9quence\u00a0\u00bb. Il ajoute : \u00ab\u00a0Le blason n&rsquo;est pas l&rsquo;illustration, tout comme l&rsquo;esprit n&rsquo;est pas l&rsquo;\u00e2me, mais la manifestation de l&rsquo;\u00e2me\u00a0\u00bb<a id=\"_ednref9\" href=\"#_edn9\"><sup>[ix]<\/sup><\/a> .<br><br>\u00ab\u00a0L&rsquo;h\u00e9raldique est un langage complexe et particulier compos\u00e9 d&rsquo;une myriade de figures et le blason est une marque destin\u00e9e \u00e0 vanter un exploit, un fait important, une action \u00e0 perp\u00e9tuer.<br><br>Cette science documentaire de l&rsquo;histoire a d&rsquo;abord \u00e9t\u00e9 r\u00e9serv\u00e9e aux chevaliers et aux participants aux faits d&rsquo;armes, qu&rsquo;ils soient guerriers ou sportifs, qui se rendaient reconnaissables par leurs armoiries, appos\u00e9es sur l&rsquo;\u00e9cu, le casque, le drapeau et aussi sur le capara\u00e7on, seul moyen de se distinguer les uns des autres.<br><br>L&rsquo;h\u00e9raldique des chevaliers a \u00e9t\u00e9 presque imm\u00e9diatement imit\u00e9e par l&rsquo;\u00c9glise, m\u00eame si les corps eccl\u00e9siastiques de la p\u00e9riode pr\u00e9h\u00e9raldique avaient d\u00e9j\u00e0 leurs propres signes distinctifs, \u00e0 tel point que lorsque l&rsquo;h\u00e9raldique est apparue au XIIe si\u00e8cle, ces figures ont pris les couleurs et l&rsquo;apparence de ce symbolisme.<br><br>L&rsquo;h\u00e9raldique eccl\u00e9siastique est aujourd&rsquo;hui vivante, actuelle et largement utilis\u00e9e. Cependant, pour un pr\u00e9lat, l&rsquo;utilisation d&rsquo;armoiries doit aujourd&rsquo;hui \u00eatre d\u00e9finie comme un symbole, une figure all\u00e9gorique, une expression graphique, une synth\u00e8se et un message de son minist\u00e8re.<br><br>Il faut rappeler que les eccl\u00e9siastiques ont toujours \u00e9t\u00e9 interdits d&rsquo;exercice de la milice et de port d&rsquo;armes et que, pour cette raison, le terme d&rsquo;\u00e9cu ou d&rsquo;armure propre \u00e0 l&rsquo;h\u00e9raldique n&rsquo;aurait pas d\u00fb \u00eatre adopt\u00e9 ; il faut cependant pr\u00e9ciser que, jusqu&rsquo;\u00e0 une \u00e9poque r\u00e9cente, les eccl\u00e9siastiques utilisaient les armoiries de leur famille, tr\u00e8s souvent d\u00e9pourvues de tout symbolisme religieux.<br><br>Le symbolisme m\u00eame de l&rsquo;\u00c9glise romaine est tir\u00e9 de l&rsquo;\u00c9vangile et repr\u00e9sent\u00e9 par les cl\u00e9s remises par le Christ \u00e0 l&rsquo;ap\u00f4tre Pierre.<br><br>L&rsquo;h\u00e9raldique eccl\u00e9siastique est aujourd&rsquo;hui vivante, actuelle et largement utilis\u00e9e. Pour un cardinal, l&rsquo;utilisation des armoiries doit aujourd&rsquo;hui \u00eatre d\u00e9finie comme un symbole, une figure all\u00e9gorique, une expression graphique, une synth\u00e8se et un message de son minist\u00e8re\u00a0\u00bb<a id=\"_ednref10\" href=\"#_edn10\"><sup>[x]<\/sup><\/a> .<br><br>Dans un premier temps, les armoiries eccl\u00e9siastiques pr\u00e9sentaient l&rsquo;\u00e9cu timbr\u00e9 par la mitre avec les inflorescences flottantes ; au fil du temps, cependant, le chapeau du pr\u00e9lat avec les cordons et les diff\u00e9rents ordres de glands ou de n\u0153uds, en nombre diff\u00e9rent selon la dignit\u00e9, <em>tous en vert s<\/em>&lsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;\u00e9v\u00eaques, d&rsquo;archev\u00eaques et de patriarches, <em>tous en rouge <\/em>s&rsquo;il s&rsquo;agit de cardinaux de la Sainte \u00c9glise romaine, a \u00e9t\u00e9 consolid\u00e9 au sommet de l&rsquo;\u00e9cu.<br><br>Nous notons \u00e9galement que l'\u00a0\u00bbInstruction sur les robes, les titres et les armoiries des cardinaux, des \u00e9v\u00eaques et des pr\u00e9lats inf\u00e9rieurs\u00a0\u00bb du 31 mars 1969, sign\u00e9e par le cardinal secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat Amleto Cicognani, stipule textuellement \u00e0 l&rsquo;article 28 : \u00ab\u00a0Les cardinaux et les \u00e9v\u00eaques ont le droit d&rsquo;utiliser les armoiries. La configuration de ces armoiries doit \u00eatre conforme aux normes qui r\u00e9gissent l&rsquo;h\u00e9raldique et \u00eatre d&rsquo;une simplicit\u00e9 et d&rsquo;une clart\u00e9 appropri\u00e9es. La crosse et la mitre doivent \u00eatre retir\u00e9es des armoiries\u00a0\u00bb<a id=\"_ednref11\" href=\"#_edn11\"><sup>[xi]<\/sup><\/a> .<br><br>\u00c0 l&rsquo;article 29 ci-dessous, il est pr\u00e9cis\u00e9 que les cardinaux sont autoris\u00e9s \u00e0 faire apposer leurs armoiries sur la fa\u00e7ade de l&rsquo;\u00e9glise qui leur est attribu\u00e9e \u00e0 titre de titre ou de diaconie.<br><br>Les tr\u00e8s excellents et r\u00e9v\u00e9rends \u00e9v\u00eaques portent, en effet, l&rsquo;\u00e9cu, attach\u00e9 \u00e0 une simple croix astylaire (avec une traverse), dor\u00e9e, tr\u00e9fl\u00e9e, plac\u00e9e dans une hampe, avec le chapeau, les cordons et les glands de <em>couleur verte<\/em>. Les glands, au nombre de douze, sont dispos\u00e9s six de chaque c\u00f4t\u00e9, en trois ordres de 1, 2, 3.<br><br>Les tr\u00e8s excellents et r\u00e9v\u00e9rends archev\u00eaques timbrent l&rsquo;\u00e9cu, attach\u00e9 \u00e0 une croix astylaire patriarcale d&rsquo;or, trifoli\u00e9e, plac\u00e9e en hampe, avec le chapeau, les cordons et les glands de <em>couleur verte<\/em>. Les arcs, au nombre de vingt, sont dispos\u00e9s \u00e0 dix de chaque c\u00f4t\u00e9, en quatre ordres de 1, 2, 3, 4.<br><br>Les tr\u00e8s excellents et r\u00e9v\u00e9rends patriarches timbrent l&rsquo;\u00e9cu, attach\u00e9 \u00e0 une croix astylaire patriarcale d&rsquo;or, trifoli\u00e9e, plac\u00e9e dans une hampe, avec le chapeau, les cordons et les glands de couleur verte. Les arcs, au nombre de trente, sont dispos\u00e9s \u00e0 quinze de chaque c\u00f4t\u00e9, en cinq ordres de 1, 2, 3, 4, 5<a id=\"_ednref12\" href=\"#_edn12\"><sup>[xii]<\/sup><\/a> .<br><br>Les cardinaux les plus \u00e9minents et les plus r\u00e9v\u00e9rends de la Sainte \u00c9glise romaine frappent l&rsquo;\u00e9cu, serr\u00e9 \u00e0 une croix astylaire patriarcale d&rsquo;or, trifoli\u00e9e, plac\u00e9e dans une hampe, avec la calotte, les cordons et les glands de <em>couleur rouge<\/em>. Les arcs au nombre de trente sont dispos\u00e9s quinze de chaque c\u00f4t\u00e9, en cinq ordres de 1, 2, 3, 4, 5.<br><br>L&rsquo;origine et l&rsquo;utilisation des chapeaux <em>verts <\/em>pour les patriarches, les archev\u00eaques et les \u00e9v\u00eaques proviendraient d&rsquo;Espagne o\u00f9, au Moyen \u00c2ge, les pr\u00e9lats portaient un chapeau vert. C&rsquo;est pourquoi les \u00e9cus des \u00e9v\u00eaques, archev\u00eaques et patriarches sont frapp\u00e9s d&rsquo;un chapeau <em>vert<\/em>.<br><br>En 1245, lors du concile de Lyon, le pape Innocent IV (1243-1254) a accord\u00e9 aux cardinaux un chapeau <em>rouge<\/em>, comme insigne sp\u00e9cial d&rsquo;honneur et de reconnaissance parmi les autres pr\u00e9lats, qu&rsquo;ils devaient porter lorsqu&rsquo;ils traversaient la ville. Il l&rsquo;a prescrit en rouge pour leur recommander d&rsquo;\u00eatre toujours pr\u00eats \u00e0 verser leur sang pour d\u00e9fendre la libert\u00e9 de l&rsquo;\u00c9glise et du peuple chr\u00e9tien. C&rsquo;est pour cette raison que, depuis le XIIIe si\u00e8cle, les cardinaux ont appos\u00e9 sur leur \u00e9cu un chapeau <em>rouge<\/em>, orn\u00e9 de cordons et de glands de la m\u00eame couleur.<br><br>Enfin, le tr\u00e8s \u00e9minent et tr\u00e8s r\u00e9v\u00e9rend cardinal chambellan de la Sainte \u00c9glise romaine porte l&rsquo;\u00e9cu avec le m\u00eame chapeau que les autres cardinaux, mais estampill\u00e9 du gonfalon papal, <em>pendant le munere<\/em>, c&rsquo;est-\u00e0-dire pendant la vacance du si\u00e8ge apostolique. La banni\u00e8re papale ou l&rsquo;\u00e9tendard papal, \u00e9galement appel\u00e9 <em>basilique<\/em>, a la forme d&rsquo;un parapluie avec des grains rouges et jaunes dont les pendentifs sont taill\u00e9s en vajo et de couleur contrastante, soutenu par un m\u00e2t en forme de lance avec une halte et travers\u00e9 par les cl\u00e9s papales, l&rsquo;une en or et l&rsquo;autre en argent, d\u00e9cuss\u00e9es, avec les gibbets tourn\u00e9s vers le haut, nou\u00e9es avec un ruban rouge.<br><br>Les m\u00eames couleurs <em>vertes <\/em>ou <em>rouges <\/em>sont \u00e9galement utilis\u00e9es pour l&rsquo;encre des sceaux et des armoiries figurant sur les actes, ces derni\u00e8res \u00e9tant accompagn\u00e9es des signes conventionnels prescrits indiquant les \u00e9maux.<br><br>Le blason &#8211; description h\u00e9raldique &#8211; des armoiries du cardinal \u00c1ngel FERN\u00c1NDEZ ARTIME SdB ne porte pas l&rsquo;\u00e9cu attach\u00e9 \u00e0 une croix astylaire en or, plac\u00e9e sur une hampe, parce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas \u00e9v\u00eaque. Il sera consacr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ordre \u00e9piscopal l&rsquo;ann\u00e9e prochaine, apr\u00e8s avoir cess\u00e9 d&rsquo;exercer ses fonctions de Recteur Majeur des Sal\u00e9siens de Don Bosco, et \u00e0 ce moment-l\u00e0, son \u00e9cu sera attach\u00e9 \u00e0 une croix astylaire, plac\u00e9e sur une hampe.<br><br>Au cours des si\u00e8cles, l&rsquo;Ancien et le Nouveau Testament, la patristique, les <em>l\u00e9gendes des <\/em>saints et la liturgie ont offert \u00e0 l&rsquo;\u00c9glise les th\u00e8mes les plus vari\u00e9s pour ses symboles, destin\u00e9s \u00e0 devenir des figures h\u00e9raldiques.<br><br>Ces symboles font presque toujours r\u00e9f\u00e9rence aux t\u00e2ches pastorales ou apostoliques des instituts eccl\u00e9siastiques, tant s\u00e9culiers que r\u00e9guliers, ou tendent \u00e0 indiquer la mission du clerg\u00e9, \u00e0 rappeler d&rsquo;anciennes traditions de culte, le souvenir de saints patrons, de pieuses d\u00e9votions locales.<br><br><strong>EMAUX<br><\/strong>L&rsquo;une des r\u00e8gles fondamentales de l&rsquo;h\u00e9raldique veut que <em>celui qui a moins ait plus<\/em>, en ce qui concerne la composition des \u00e9maux, des figures et des poses de l&rsquo;\u00e9cu.<br>L&rsquo;armure que nous allons examiner maintenant est compos\u00e9e des m\u00e9taux <em>or <\/em>et <em>argent et des <\/em>couleurs <em>bleu et rouge.<\/em><br><br>Chercher son blason, donc le vrai, pouvoir le brandir comme une banni\u00e8re, avec laquelle marquer ses cartes, en comprendre tous les symboles, n&rsquo;est-ce pas, d&rsquo;une certaine mani\u00e8re, se chercher soi-m\u00eame, son image, sa dignit\u00e9 ?<br>C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;un acte, qui ne pouvait \u00eatre lu que de mani\u00e8re formelle, peut au contraire acqu\u00e9rir une signification symbolique et hautement significative.<br><br><strong>L&rsquo;or<\/strong>, l&rsquo;<strong>argent<\/strong>, l&rsquo;<strong>azur <\/strong>et le <strong>rouge <\/strong>sont donc les \u00e9maux qui figurent dans les armoiries de notre Eminence le Cardinal \u00c1ngel FERN\u00c1NDEZ ARTIME SdB. mais quels symboles ces \u00e9maux contiennent-ils et d\u00e9gagent-ils, quels messages transmettent-ils \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9 souvent h\u00e9b\u00e9t\u00e9e du XXIe si\u00e8cle ?<br><br>Les \u00ab\u00a0m\u00e9taux\u00a0\u00bb, l&rsquo;or et l&rsquo;argent, repr\u00e9sentent et rappellent h\u00e9raldiquement les anciennes armures des chevaliers qui, selon leur degr\u00e9 de noblesse, \u00e9taient en effet dor\u00e9es ou argent\u00e9es ; l&rsquo;or est en outre un symbole de la royaut\u00e9 divine, tandis que l&rsquo;argent fait allusion \u00e0 Marie. La \u00ab\u00a0couleur\u00a0\u00bb bleue rappelle la mer que les crois\u00e9s ont travers\u00e9e pour se rendre en Terre sainte, tandis que la \u00ab\u00a0couleur\u00a0\u00bb rouge, consid\u00e9r\u00e9e par de nombreux h\u00e9raldistes comme la premi\u00e8re des couleurs d&rsquo;armes, repr\u00e9sente le sang vivant vers\u00e9 par les crois\u00e9s.<br><br>Si l&rsquo;on se penche plus pr\u00e9cis\u00e9ment sur le symbolisme h\u00e9raldique des \u00ab\u00a0\u00e9maux\u00a0\u00bb, on rappelle que parmi les \u00ab\u00a0m\u00e9taux\u00a0\u00bb, l&rsquo;or repr\u00e9sente la Foi parmi les vertus, le soleil parmi les plan\u00e8tes, le lion parmi les signes du zodiaque, juillet parmi les mois, le dimanche parmi les jours de la semaine, la topaze parmi les pierres pr\u00e9cieuses, l&rsquo;adolescence \u00e0 vingt ans parmi les \u00e2ges de l&rsquo;homme, le tournesol parmi les fleurs, le sept parmi les nombres et lui-m\u00eame parmi les m\u00e9taux ; l&rsquo;argent repr\u00e9sente l&rsquo;Esp\u00e9rance parmi les vertus, la lune parmi les plan\u00e8tes, le Cancer parmi les signes du zodiaque, le mois de juin parmi les mois, le lundi parmi les jours de la semaine, la perle parmi les pierres pr\u00e9cieuses, l&rsquo;eau parmi les \u00e9l\u00e9ments, l&rsquo;enfance jusqu&rsquo;\u00e0 sept ans parmi les \u00e2ges de l&rsquo;homme, le flegmatique parmi les temp\u00e9raments, le lys parmi les fleurs, le deux parmi les nombres et lui-m\u00eame parmi les m\u00e9taux.<br><br>Parmi les \u00ab\u00a0couleurs\u00a0\u00bb, le bleu clair symbolise la Justice parmi les vertus, Jupiter parmi les plan\u00e8tes, le Taureau et la Balance parmi les signes du zodiaque, avril et septembre parmi les mois, le mardi parmi les jours de la semaine, le saphir parmi les pierres pr\u00e9cieuses, l&rsquo;air parmi les \u00e9l\u00e9ments, l&rsquo;\u00e9t\u00e9 parmi les saisons, l&rsquo;enfance jusqu&rsquo;\u00e0 quinze ans parmi les \u00e2ges de l&rsquo;homme, le col\u00e9rique parmi les temp\u00e9raments, la rose parmi les fleurs, le six parmi les nombres et l&rsquo;\u00e9tain parmi les m\u00e9taux, tandis que le rouge, la Charit\u00e9 parmi les vertus th\u00e9ologales, Mars parmi les plan\u00e8tes, le B\u00e9lier et le Scorpion parmi les signes zodiacaux, mars et octobre parmi les mois, le mercredi parmi les jours de la semaine, le rubis parmi les pierres pr\u00e9cieuses, le feu parmi les \u00e9l\u00e9ments, l&rsquo;automne parmi les saisons, l&rsquo;\u00e2ge viril jusqu&rsquo;\u00e0 cinquante ans parmi les \u00e2ges de l&rsquo;homme, le sanguin parmi les temp\u00e9raments, l&rsquo;\u0153illet parmi les fleurs, le trois parmi les nombres et le cuivre parmi les m\u00e9taux.<br><br>Le rouge : \u00ab\u00a0il rappelle aussi l&rsquo;Orient et les exp\u00e9ditions outre-mer, tout en d\u00e9montrant la justice, la cruaut\u00e9 et la col\u00e8re. <em>Ignescunt irae<\/em>, disait Virgile. Enfin, consacr\u00e9 \u00e0 Mars par les anciens, il signifie l&rsquo;intr\u00e9pidit\u00e9, le grandiose et les fortes impulsions. Les Espagnols appellent le champ rouge \u00ab\u00a0sangriento\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire sanglant, car il leur rappelle les batailles qu&rsquo;ils ont men\u00e9es contre les Maures. Nous trouvons un nom similaire en Allemagne dans <em>bl\u00fctige Fahne, vexillum, cruentum<\/em>, un champ enti\u00e8rement rouge sans aucune figure, indiquant les droits de royaut\u00e9, et que l&rsquo;on retrouve dans les armoiries de la Prusse, de l&rsquo;Anhalt, etc. Le rouge est, avec le bleu, l&rsquo;une des deux couleurs les plus utilis\u00e9es dans les armoiries, mais on le retrouve plus fr\u00e9quemment dans les armoiries des familles bourguignonnes, normandes, gasconnes, bretonnes, espagnoles, anglaises, italiennes et polonaises. Dans les drapeaux, le rouge repr\u00e9sente l&rsquo;audace et la vaillance, et semble avoir \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 \u00e0 l&rsquo;origine par les adorateurs du feu<a id=\"_ednref13\" href=\"#_edn13\"><sup>[xiii]<\/sup><\/a> .<br><br>Parmi les \u00ab\u00a0couleurs\u00a0\u00bb, le terme \u00ab\u00a0<strong>naturel<\/strong>\u00a0\u00bb d\u00e9signe \u00ab\u00a0une figure reproduite dans sa couleur naturelle (c&rsquo;est-\u00e0-dire telle qu&rsquo;elle appara\u00eet dans la nature) et non comme un \u00e9mail h\u00e9raldique\u00a0\u00bb<a id=\"_ednref14\" href=\"#_edn14\"><sup>[xiv]<\/sup><\/a> .<br><br>Nous tenons \u00e0 souligner qu&rsquo;il a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire de cr\u00e9er des signes conventionnels pour comprendre et identifier les \u00ab\u00a0\u00e9maux\u00a0\u00bb de l&rsquo;\u00e9cu lorsque les armoiries sont reproduites dans des sceaux et des gravures en noir et blanc. Ainsi, les h\u00e9raldistes, au fil du temps, ont utilis\u00e9 diff\u00e9rents syst\u00e8mes ; par exemple, ils ont \u00e9crit dans les diff\u00e9rents champs occup\u00e9s par les \u00e9maux, l&rsquo;initiale de la premi\u00e8re lettre correspondant \u00e0 la couleur de l&rsquo;\u00e9mail, ou ils ont identifi\u00e9 les couleurs en inscrivant les sept premi\u00e8res lettres de l&rsquo;alphabet ou encore, ils ont reproduit, dans les champs de l&rsquo;\u00e9mail, les sept premiers nombres cardinaux.<br><br>Au XVIIe si\u00e8cle, l&rsquo;h\u00e9raldiste fran\u00e7ais Vulson de la Colombi\u00e8re proposa des signes conventionnels particuliers pour reconna\u00eetre la couleur des \u00e9maux des \u00e9cus reproduits en noir et blanc. L&rsquo;h\u00e9raldiste P\u00e8re Silvestro di Pietrasanta de la Compagnie de J\u00e9sus fut le premier \u00e0 les utiliser dans son ouvrage <em>Tesserae gentilitiae ex legibus fecialium descriptae<\/em>, diffusant ainsi leur connaissance et leur utilisation.<br><br>Ce syst\u00e8me de classification, encore utilis\u00e9 aujourd&rsquo;hui, identifie le rouge par des lignes perpendiculaires \u00e9paisses, le bleu par des horizontales, le vert par des diagonales de gauche \u00e0 droite, le violet par des diagonales de droite \u00e0 gauche, et le noir par des horizontales et des verticales crois\u00e9es, tandis que l&rsquo;or est en pointill\u00e9s et l&rsquo;argent sans hachures.<br><br>Pour repr\u00e9senter la couleur \u00ab\u00a0au naturel\u00a0\u00bb, certains h\u00e9raldistes envisagent d&rsquo;autres signes conventionnels, mais nous entendons nous rallier \u00e0 la th\u00e8se de l&rsquo;h\u00e9raldiste Goffredo di Crollalanza qui, pour la couleur \u00ab\u00a0au naturel\u00a0\u00bb, apr\u00e8s avoir rappel\u00e9 qu&rsquo;elle peut \u00eatre plac\u00e9e indiff\u00e9remment sur le m\u00e9tal et sur la couleur, sans enfreindre la loi du chevauchement des \u00e9maux, pr\u00e9cise qu&rsquo;elle s&rsquo;exprime<a id=\"_ednref15\" href=\"#_edn15\"><sup>[xv]<\/sup><\/a> dans les dessins en laissant la pi\u00e8ce vierge et en ombrant la figure dans les endroits appropri\u00e9s.<br><br>C&rsquo;est \u00e9galement l&rsquo;avis de l&rsquo;\u00e9minent h\u00e9raldiste, l&rsquo;archev\u00eaque Bruno Bernard Heim, qui, dans les armoiries pontificales des papes Jean XXIII et Jean Paul I qu&rsquo;il a con\u00e7ues, dans celles reproduites en noir et blanc, dans la cape patriarcale de Venise, repr\u00e9sente le lion de Saint-Marc sans aucun signe conventionnel.<br><br><strong>LES CHIFFRES<br><\/strong><br><strong>J\u00e9sus, le bon berger<br><\/strong>La figure de J\u00e9sus, le bon berger, r\u00e9pond \u00e0 une aspiration profonde de l&rsquo;homme de l&rsquo;Antiquit\u00e9. Les Juifs voyaient en Dieu le vrai berger qui guide son peuple. Mo\u00efse, quant \u00e0 lui, avait \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 d&rsquo;\u00eatre le berger et le guide de son peuple. Les Grecs connaissaient l&rsquo;image du berger debout dans un grand jardin et portant un mouton sur ses \u00e9paules. Le jardin rappelle le paradis.<br><br>Les Grecs associent le berger \u00e0 leur aspiration \u00e0 un monde pur et non corrompu. Dans de nombreuses cultures, le berger est une figure paternelle, un p\u00e8re attentif \u00e0 ses enfants, une image de la sollicitude paternelle de Dieu pour l&rsquo;humanit\u00e9.<br><br>Les premiers chr\u00e9tiens tirent leur l&rsquo;inspiration d&rsquo;Isra\u00ebl et de la Gr\u00e8ce. J\u00e9sus est, comme Dieu, le berger qui conduit son peuple \u00e0 la vie. Les chr\u00e9tiens de culture hell\u00e9nistique associent la figure du bon berger \u00e0 celle d&rsquo;Orph\u00e9e, le chanteur divin. Son chant apprivoisait les b\u00eates f\u00e9roces et ressuscitait les morts. Orph\u00e9e est g\u00e9n\u00e9ralement repr\u00e9sent\u00e9 dans un paysage idyllique, entour\u00e9 de moutons et de lions.<br><br>Pour les chr\u00e9tiens hell\u00e9nistiques, Orph\u00e9e est une figure de J\u00e9sus. J\u00e9sus est le chantre divin qui, par ses paroles, rend paisible ce qui est sauvage et f\u00e9roce en nous et fait revivre ce qui est mort. J\u00e9sus, qui se pr\u00e9sente dans l&rsquo;\u00e9vangile de Jean comme le bon berger, r\u00e9alise les images arch\u00e9typales du salut contenues dans l&rsquo;\u00e2me humaine sous les images du berger. Cette figure, dans le bouclier, pr\u00e9cis\u00e9ment en raison de sa signification, est charg\u00e9e dans la posture principale.<br><br><strong>Monogramme de Marie Auxiliatrice<br><\/strong>Ce monogramme, MA, frapp\u00e9 d&rsquo;une couronne, tout en or, symbolise Marie Auxiliatrice, la Madone de Don Bosco. Apr\u00e8s le nom de J\u00e9sus, il n&rsquo;y a pas de nom plus doux, plus puissant, plus consolant que celui de Marie ; un nom devant lequel les Anges s&rsquo;inclinent avec respect, la terre se r\u00e9jouit, l&rsquo;enfer tremble.<br><br>Saint Jean Bosco confia un jour \u00e0 l&rsquo;un de ses premiers sal\u00e9siens, Don Giovanni Cagliero, grand missionnaire en Am\u00e9rique latine et futur cardinal, que la \u00ab\u00a0Madone veut que nous l&rsquo;honorions sous le titre d&rsquo;Auxiliatrice\u00a0\u00bb : \u00ab\u00a0Notre Dame veut que nous l&rsquo;honorions sous le titre d&rsquo;Aide des Chr\u00e9tiens\u00a0\u00bb, ajoutant que : \u00ab\u00a0Les temps sont si tristes que nous avons besoin de la Sainte Vierge pour nous aider \u00e0 pr\u00e9server et \u00e0 d\u00e9fendre la foi chr\u00e9tienne\u00a0\u00bb.<br><br>Ce titre marial, en v\u00e9rit\u00e9, existait d\u00e9j\u00e0 depuis le XVIe si\u00e8cle dans les litanies de Lorette et le pape Pie VII institua la f\u00eate de Marie Auxiliatrice en 1814 et la fixa au 24 mai, en signe d&rsquo;action de gr\u00e2ces pour son retour \u00e0 Rome, ce jour-l\u00e0, acclam\u00e9 par le peuple, apr\u00e8s l&rsquo;exil d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 par Napol\u00e9on. Mais c&rsquo;est gr\u00e2ce \u00e0 Don Bosco et \u00e0 la construction du Sanctuaire de Marie Auxiliatrice, \u00e0 Turin Valdocco &#8211; voulue par la Vierge elle-m\u00eame, qui apparut en vision au Saint, indiquant qu&rsquo;elle voulait \u00eatre honor\u00e9e \u00e0 l&rsquo;endroit pr\u00e9cis o\u00f9 les premiers martyrs turinois Avventore, Ottavio et Solutore, soldats chr\u00e9tiens de la L\u00e9gion th\u00e9baine, avaient trouv\u00e9 la mort &#8211; que le titre d&rsquo;Auxiliatrice est redevenu d&rsquo;actualit\u00e9 dans l&rsquo;\u00c9glise. Don Lemoyne, secr\u00e9taire particulier du saint, \u00e9crit textuellement dans sa monumentale biographie : \u00ab\u00a0Ce qui appara\u00eet clair et irr\u00e9futable, c&rsquo;est qu&rsquo;entre Don Bosco et la Madone, il y a certainement eu un pacte. Toute son \u0153uvre gigantesque a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e non seulement en collaboration, mais m\u00eame en association avec la Vierge\u00a0\u00bb.<br><br>Don Bosco recommanda donc \u00e0 ses sal\u00e9siens de r\u00e9pandre la d\u00e9votion \u00e0 la Vierge, sous le titre d&rsquo;Auxiliatrice, partout o\u00f9 ils se trouvaient dans le monde. Mais Don Bosco n&rsquo;a pas laiss\u00e9 la d\u00e9votion \u00e0 Marie Auxiliatrice \u00e0 la seule d\u00e9votion spontan\u00e9e, il l&rsquo;a stabilis\u00e9e par une Association qui a pris son nom. Des t\u00e9moins directs ont vu dans l&rsquo;Association des D\u00e9vots de Marie Auxiliatrice, une des initiatives les plus ch\u00e8res \u00e0 Don Bosco et de plus grande r\u00e9sonance, apr\u00e8s celle des deux congr\u00e9gations religieuses (Sal\u00e9siens et Filles de Marie Auxiliatrice) et celle de l&rsquo;Association des Coop\u00e9rateurs.<br><br>En effet, \u00ab\u00a0ce n&rsquo;est pas Don Bosco qui a choisi Marie, c&rsquo;est Marie qui, envoy\u00e9e par son Fils, a pris l&rsquo;initiative de choisir Don Bosco et de fonder \u00e0 travers lui l&rsquo;\u0153uvre sal\u00e9sienne, qui est son \u0153uvre, \u00ab\u00a0son affaire\u00a0\u00bb, pour toujours\u00a0\u00bb<a id=\"_ednref16\" href=\"#_edn16\"><sup>[xvi]<\/sup><\/a> .<br><br><strong>L&rsquo;ancre<br><\/strong>Le pr\u00e9sentateur rappelle tout d&rsquo;abord que le cardinal \u00c1ngel FERN\u00c1NDEZ ARTIME SdB est le fils d&rsquo;un p\u00eacheur de la mer d&rsquo;Espagne.<br><br>Il est donc bon de rappeler que \u00ab\u00a0les armoiries sal\u00e9siennes sont un condens\u00e9 de stimuli essentiels pour qualifier tout vrai fils de Don Bosco\u00a0\u00bb. Saint Jean Bosco a \u00e9galement voulu que les vertus th\u00e9ologales soient repr\u00e9sent\u00e9es dans l&rsquo;\u00e9cu : pour la Foi, l&rsquo;\u00e9toile ; pour l&rsquo;Esp\u00e9rance, l&rsquo;ancre et pour la Charit\u00e9, le c\u0153ur. On pourrait croire que l&rsquo;indispensable pr\u00e9sence de Marie Auxiliatrice, dont &#8211; disait Don Bosco &#8211; tout ce qui est sal\u00e9sien d\u00e9rive, est absente des armoiries sal\u00e9siennes. Mais le Fondateur lui-m\u00eame, et tous les premiers confr\u00e8res, ont toujours identifi\u00e9 dans les symboles de l&rsquo;ancre, de l&rsquo;\u00e9toile et du c\u0153ur, \u00e9galement la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 J\u00e9sus et \u00e0 sa M\u00e8re ; et c&rsquo;est un autre aspect de la densit\u00e9 significative que les armoiries englobent\u00a0\u00bb<a id=\"_ednref17\" href=\"#_edn17\"><sup>[xvii]<\/sup><\/a> .<br><br>En effet, la vie et les actions du sal\u00e9sien sont l&rsquo;expression : de sa foi, l&rsquo;\u00e9toile brillante ; de son esp\u00e9rance, la grande ancre ; et de sa charit\u00e9 pastorale, le c\u0153ur br\u00fblant.<br><br>L&rsquo;ancre, en h\u00e9raldique, symbolise la constance<a id=\"_ednref18\" href=\"#_edn18\"><sup>[xviii]<\/sup><\/a> . \u00ab\u00a0Instrument utilis\u00e9 dans la navigation m\u00e9diterran\u00e9enne, l&rsquo;ancre \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 consid\u00e9r\u00e9e dans l&rsquo;Antiquit\u00e9 comme un symbole du dieu de la mer. L&rsquo;ancre promettait stabilit\u00e9 et s\u00e9curit\u00e9 et devint donc le symbole de la foi et de l&rsquo;espoir. D&rsquo;abord utilis\u00e9e dans les images fun\u00e9raires pr\u00e9chr\u00e9tiennes comme indication professionnelle et comme marqueur des tombes de marins, en raison de sa forme en croix, elle est devenue dans le christianisme primitif un symbole d\u00e9guis\u00e9 de r\u00e9demption\u00a0\u00bb<a id=\"_ednref19\" href=\"#_edn19\"><sup>[xix]<\/sup><\/a> .<br><br>Comme l&rsquo;homme, le symbole est aussi ce qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 pour \u00eatre authentiquement ce qu&rsquo;il sera.<br>Il faut donc faire m\u00e9moire et espoir de cette source tr\u00e8s riche et in\u00e9puisable, dans laquelle il est encore possible de puiser pour notre aujourd&rsquo;hui.<br><br><br><em>Giorgio ALDRIGHETTI<\/em><br><br><br><em>Blason et ex\u00e9g\u00e8se par l&rsquo;h\u00e9raldiste Giorgio Aldrighetti de Chioggia (Venise), membre ordinaire de l&rsquo;Institut g\u00e9n\u00e9alogique h\u00e9raldique italien.<br>Miniatures de l&rsquo;h\u00e9raldiste Enzo Parrino de Monterotondo (Rome).<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref1\" id=\"_edn1\"><sup>[i]<\/sup><\/a> Cloison h\u00e9raldique constitu\u00e9e d&rsquo;un \u00e9cu divis\u00e9 en trois parties, de deux \u00e9maux diff\u00e9rents, obtenues par deux lignes courbes qui, partant du milieu de la face sup\u00e9rieure de l&rsquo;\u00e9cu, atteignent les milieux des deux volets lat\u00e9raux de l&rsquo;\u00e9cu. (L. Caratti di Valfrei, <em>Dictionnaire h\u00e9raldique<\/em>, Milan 1997, p. 50. entr\u00e9e <em>Cappato<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref2\" id=\"_edn2\"><sup>[ii]<\/sup><\/a> \u00ab\u00a0Il s&rsquo;agit d&rsquo;une figure reproduite dans sa couleur naturelle (c&rsquo;est-\u00e0-dire telle qu&rsquo;elle appara\u00eet dans la nature) et non d&rsquo;un \u00e9mail h\u00e9raldique (<em>Ibid<\/em>., p. 18, entr\u00e9e <em>en naturel).<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref3\" id=\"_edn3\"><sup>[iii]<\/sup><\/a> \u00ab\u00a0Il s&rsquo;agit de l&rsquo;ensemble des diff\u00e9rents ornements ext\u00e9rieurs d&rsquo;un blason, plac\u00e9s au-dessus d&rsquo;un \u00e9cu. En l&rsquo;occurrence, sur le monogramme). <em>(Ibid.<\/em>, p : 203, <em>cachet d&rsquo;<\/em>entr\u00e9e).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref4\" id=\"_edn4\"><sup>[iv]<\/sup><\/a> \u00ab\u00a0Ce sont les crampons de l&rsquo;ancre\u00a0\u00bb (La Caratti di Valfrei, <em>Dictionnaire h\u00e9raldique, <\/em>cit\u00e9, p. 211, <em>crochets d&rsquo;<\/em>entr\u00e9e<em>).<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref5\" id=\"_edn5\"><sup>[v]<\/sup><\/a> Chapeau de pr\u00e9lat, signe de dignit\u00e9 eccl\u00e9siastique, repr\u00e9sent\u00e9 avec une calotte h\u00e9misph\u00e9rique et un bord rond et plat caract\u00e9ristique du galero, une coiffure \u00e0 large bord utilis\u00e9e depuis la fin du Moyen \u00c2ge jusqu&rsquo;\u00e0 une \u00e9poque r\u00e9cente par les cardinaux et d&rsquo;autres pr\u00e9lats. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un ornement ext\u00e9rieur non liturgique de l&rsquo;\u00e9cu. Elle prend diff\u00e9rentes couleurs et est orn\u00e9e de cordons d&rsquo;o\u00f9 pendent, des deux c\u00f4t\u00e9s, un ou plusieurs n\u0153uds, g\u00e9n\u00e9ralement en forme de pyramide ; la dignit\u00e9 et le r\u00f4le du titulaire peuvent \u00eatre d\u00e9duits de leur nombre et des \u00e9maux de l&rsquo;ensemble. (A. Cordero Lanza di Montezemolo-A. Pompili, <em>Manuale di Araldica Ecclesiastica<\/em>, cit. p. 116, entr\u00e9e sur le chapeau de pr\u00e9lat).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref6\" id=\"_edn6\"><sup>[vi]<\/sup><\/a> Les cardinaux les plus \u00e9minents et les plus r\u00e9v\u00e9rends de la Sainte \u00c9glise romaine apposent leur \u00e9cu &#8211; attach\u00e9 \u00e0 une croix astylaire d&rsquo;or, trifoli\u00e9e, plac\u00e9e dans une hampe, s&rsquo;ils ont la cons\u00e9cration \u00e9piscopale &#8211; avec leur chapeau, des cordons et des glands de couleur rouge. Les arcs au nombre de trente sont dispos\u00e9s quinze de chaque c\u00f4t\u00e9, en cinq ordres de 1, 2, 3, 4, 5.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref7\" id=\"_edn7\"><sup>[vii]<\/sup><\/a> Jacques Le Goff, <em>L&rsquo;homme m\u00e9di\u00e9val, <\/em>Bari 1994, p. 34.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref8\" id=\"_edn8\"><sup>[viii]<\/sup><\/a><em> Cat\u00e9chisme de l&rsquo;\u00c9glise catholique, <\/em>Cit\u00e9 du Vatican 1999, p. 335.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref9\" id=\"_edn9\"><sup>[ix]<\/sup><\/a> A. Cordero Lanza di Montezemolo &#8211; A. Pompili, <em>Manuale di Araldica Ecclesiastica<\/em>, cit. p. 18.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref10\" id=\"_edn10\"><sup>[x]<\/sup><\/a> P. F. degli Uberti, <em>Gli Stemmi Araldici dei Papi degli Anni Santi, <\/em>Ed. Piemme, s. d<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref11\" id=\"_edn11\"><sup>[xi]<\/sup><\/a> de <em>L&rsquo;Osservatore Romano<\/em>, 31 mars 1969.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref12\" id=\"_edn12\"><sup>[xii]<\/sup><\/a> L&rsquo;h\u00e9raldiste Son Excellence Monseigneur Bruno Bernard Heim pour les armoiries patriarcales d\u00e9clare : \u00ab\u00a0<em>Les patriarches ornent leur \u00e9cu d&rsquo;un chapeau vert d&rsquo;o\u00f9 partent deux cordons, \u00e9galement verts, qui se terminent par quinze n\u0153uds verts de chaque c\u00f4t\u00e9<\/em>\u00ab\u00a0. (B. B. Heim, <em>L&rsquo;h\u00e9raldique de l&rsquo;\u00c9glise catholique, origines, usages, l\u00e9gislation<\/em>, Cit\u00e9 du Vatican 2000, p. 106).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref13\" id=\"_edn13\"><sup>[xiii]<\/sup><\/a> G. Crollalanza (di), <em>Enciclopedia heraldico-cavalleresca<\/em>, Pise 1886, pp. 516-517, entr\u00e9e <em>Rosso<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref14\" id=\"_edn14\"><sup>[xiv]<\/sup><\/a> L Caratti di Valfrei, <em>Dictionnaire h\u00e9raldique, <\/em>Milan 1997, p. 18, entr\u00e9e en <em>naturel<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref15\" id=\"_edn15\"><sup>[xv]<\/sup><\/a> A. Cordero Lanza di Montezemolo &#8211; A. Pompili, <em>Manuale di Araldica Ecclesiastica, <\/em>cit. p. 28, entr\u00e9e <em>Al naturale<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref16\" id=\"_edn16\"><sup>[xvi]<\/sup><\/a><em> Coop\u00e9rateurs de Dieu, <\/em>Rome 1976-1977, Edizioni Cooperatori, p. 69<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref17\" id=\"_edn17\"><sup>[xvii]<\/sup><\/a> G. Aldrighetti, <em>Le bois et les roses. Nos armoiries. Bulletin sal\u00e9sien<\/em>, d\u00e9cembre 2018.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref18\" id=\"_edn18\"><sup>[xviii]<\/sup><\/a> L Caratti di Valfrei, <em>Dictionnaire h\u00e9raldique<\/em>, cit\u00e9e, p. 21, entr\u00e9e <em>Ancora.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ednref19\" id=\"_edn19\"><sup>[xix]<\/sup><\/a> H. Biedermann, <em>Encyclop\u00e9die des symboles, <\/em>Milan 1989, p.30, entr\u00e9e <em>Ancora<\/em>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous pr\u00e9sentons les armoiries de Son \u00c9minence R\u00e9v\u00e9rendissime le Cardinal \u00c1ngel FERN\u00c1NDEZ ARTIME SdB, Recteur&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":19313,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"iawp_total_views":54,"footnotes":""},"categories":[128],"tags":[2631,2580,2606,1908,1956],"class_list":["post-19326","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-communications-du-recteur-majeur","tag-eglise","tag-evenement","tag-nos-guides","tag-nouvelles-religieuses","tag-salesiens"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19326","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=19326"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19326\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/19313"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=19326"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=19326"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.donbosco.press\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=19326"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}