28 Jan 2026, mer

Entretien avec le père Juan Aaron CEREZO HUERTA, supérieur de la Province Salésienne de Mexico

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Le père Juan Aaron CEREZO HUERTA, né à Mexico en 1968, est le nouveau provincial salésien de l’une des métropoles les plus grandes et les plus complexes du monde. Ordonné prêtre en 1996, il a consacré sa vie à l’éducation et à l’accompagnement des jeunes les plus vulnérables, des enfants des rues aux adolescents des patronages. Titulaire d’un doctorat en Théologie Spirituelle obtenu à Rome et fort d’une expérience de vingt ans dans diverses œuvres salésiennes mexicaines, il apporte avec lui une connaissance profonde du charisme de Don Bosco et une vision claire : étendre la présence salésienne là où elle fait encore défaut et offrir aux jeunes des opportunités concrètes de croissance et de développement professionnel.

Peux-tu te présenter ?
Je suis né le 29 juin 1968 à Mexico. J’ai fait mes études primaires à l’École Normale de l’Institut Juan Ponce de León, à Puebla. J’ai ensuite étudié la Philosophie à l’Institut Centro América, à Mexico, et la Théologie à l’Institut Cristo Risorto, à Tlaquepaque, Jalisco.
J’ai prononcé ma première profession religieuse le 15 août 1989 et j’ai été ordonné prêtre le 3 février 1996.
J’ai obtenu une licence en Psychologie de l’Éducation à l’Institut Nueva Galicia, à Guadalajara, Jalisco, et j’ai suivi des cours de spécialisation en Développement Humain à l’Université Iberoamericana, campus de Querétaro. J’ai obtenu une licence en Théologie Spirituelle à l’Université Pontificale Salésienne (Rome), avec la thèse « L’accompagnement spirituel dans certains écrits de Don Bosco », puis un doctorat en Théologie Spirituelle dans la même université, avec la thèse « Les contributions de Don Paolo Albera à la spiritualité salésienne ».
Au cours de mon ministère, j’ai travaillé dans diverses communautés et œuvres salésiennes, notamment : l’Artisanat de Nazareth (enfants des rues) à Mexico ; le Collège Salésien de Querétaro ; le Patronage Salésien Alborada à Mérida, Yucatán ; la Paroisse Saint-François-d’Assise à Coacalco, État de Mexico ; les collèges Juan Ponce de León et Trinidad Sánchez Santos, le Patronage Miguel Rúa et le Sanctuaire Saint-Michel à Puebla. De plus, j’ai servi comme Délégué à la Pastorale des Jeunes et à la Famille Salésienne.

Quand as-tu entendu l’appel pour la première fois et qu’est-ce qui t’a conduit chez les Salésiens ?
J’ai entendu l’appel de Dieu au sacerdoce lorsque j’ai fait ma première communion. Quand j’ai connu les Salésiens au Patronage de Coacalco, je me suis senti vraiment identifié au charisme en voyant les clercs jouer dans la cour avec nous.

Quels sont tes plus beaux souvenirs d’enfance ?
Mes plus beaux souvenirs d’enfance sont les moments de jeu que je passais avec mes amis qui vivaient près de chez moi ; ainsi que les excursions que nous faisions en famille dans divers endroits comme la plage ou la forêt.

Quel a été le moment le plus difficile et le plus gratifiant de ton ministère ?
Les moments les plus difficiles de ma vie ont été la mort de mon père quand j’étais aspirant et celle de ma mère à mon retour de Rome après avoir terminé ma licence.
Le plus gratifiant a été mon ordination sacerdotale.

Tu as été nommé provincial dans l’une des dix plus grandes villes du monde. Quels sont les plus grands défis dans l’éducation des jeunes ?
C’est une très grande responsabilité car les grandes villes présentent une complexité de tâches et de défis. Mais elles offrent aussi la possibilité de collaborer avec d’autres institutions sur l’un des objectifs principaux qu’est l’éducation. L’éducation est l’une des voies les plus importantes pour de véritables changements sociaux.
L’un des défis éducatifs pour les jeunes est d’avoir un travail digne qui leur offre l’opportunité de se développer professionnellement et d’obtenir un revenu économique décent.

Pourrais-tu partager une expérience qui t’a particulièrement marqué avec les jeunes ou dans ta mission ?
L’une des expériences les plus significatives que j’ai partagées avec les jeunes est de travailler ensemble dans la pastorale avec les enfants de la rue en tant qu’éducateurs ; au Patronage en tant qu’animateurs ; dans les missions au service des communautés ; dans la paroisse en tant qu’agents d’évangélisation ; dans les collèges au sein du Mouvement Salésien des Jeunes. Travailler ensemble avec les jeunes a été ma plus grande satisfaction.

Quel rôle jouent la prière et la vie en communauté dans ton quotidien ?
La vie de prière est la nourriture du religieux. Avoir des moments de prière constants et de qualité permet au Salésien de se préparer pour la mission ; c’est seulement ainsi qu’il pourra offrir aux jeunes une rencontre authentique avec Dieu.

Quelle place occupe Marie Auxiliatrice dans ta vie ?
J’ai grandi dans une famille où l’on vénérait la Vierge de Guadalupe. Au Mexique, être « guadalupano » est naturel et essentiel. En Marie, nous trouvons notre refuge, notre soutien, notre aide, notre force et notre espérance. Pour les Mexicains, la Vierge de Guadalupe est notre seconde mère.

As-tu un projet qui te tient particulièrement à cœur ?
Je rêve d’arriver dans les États de Guerrero, Veracruz, Campeche, Tabasco. Là où nous, les Salésiens, ne sommes pas encore présents. Je crois que nous avons une très grande dette envers tous ces gens qui attendent la présence salésienne.

Quel message voudrais-tu transmettre aux jeunes d’aujourd’hui ?
Les jeunes ne cessent jamais d’être l’avenir, c’est-à-dire l’espérance dans un monde de plus en plus complexe au niveau des principes, des défis, des besoins, des opportunités, des réalités. Les jeunes incarnent l’espoir de quelque chose de nouveau, de significatif, de meilleur. Je suis convaincu que l’espoir du changement et de la transformation est dans les mains de nombreux jeunes.

Éditeur BSOL

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