Examen de conscience selon les 10 commandements

C’est pratiquement un examen sur l’amour : les trois premiers commandements concernent l’amour pour Dieu, et les sept suivants, l’amour pour les autres et pour nous-mêmes.
Note importante pour l’examen de conscience
Cet examen est un outil, pas une liste exhaustive. Lis-le lentement, en prière, devant Dieu. Laisse le Saint-Esprit éclairer ta conscience. Rappelle-toi : l’objectif n’est pas l’anxiété, mais la rencontre avec la miséricorde de Dieu dans le sacrement de la Confession. Il ne s’agit pas de tourmenter l’âme, même si elle a fauté, mais de la libérer.
1er Commandement : “Je suis le Seigneur ton Dieu. Tu n’auras pas d’autre Dieu”
“Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude. Tu n’auras pas d’autres dieux face à moi. Tu ne te feras aucune idole, aucune image de ce qui est là-haut dans les cieux, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux sous la terre. Tu ne te prosterneras pas devant elles et tu ne les serviras pas.” (Ex 20, 2-5 ; Dt 5, 6-9)
“Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force.” (Dt 6, 4-5)
“Car il est écrit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, et à lui seul tu rendras un culte.” (Mt 4, 10)
“Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. C’est le premier et le plus grand commandement.” (Mt 22, 38-39)
En résumé, le premier commandement exige de reconnaître Dieu comme l’unique Seigneur et de l’adorer lui seul, en refusant toute forme d’idolâtrie, de superstition et d’athéisme pratique. Il demande à chacun de mettre Dieu à la première place dans sa vie, en cultivant la foi, l’espérance et la charité envers lui, et d’éviter toute pratique, créature, valeur ou idéologie qui remplace ou diminue le culte dû au seul vrai Dieu.
1.1. Foi et amour envers Dieu
Le cœur de la vie chrétienne est la relation personnelle avec Dieu. Ces questions m’aident à vérifier si Dieu est vraiment à la première place dans ma vie.
1. Est-ce que je reconnais vraiment Dieu comme mon Seigneur et mon Père ? Est-ce que je l’aime de tout mon cœur, de toute mon âme, de tout mon esprit et de toutes mes forces ?
2. Ai-je négligé de mieux connaître ma foi, le Catéchisme, le Credo des Apôtres, les Dix Commandements, les Sacrements, le Notre Père ?
3. Ai-je délibérément douté ou nié l’un des enseignements de l’Église catholique ?
4. Ai-je été indifférent à ma foi, en pensant que toutes les religions sont égales ou qu’on peut être sauvé dans n’importe quelle religion ?
5. Ai-je haï Dieu, ou me suis-je opposé à Lui d’une manière ou d’une autre ?
6. Ai-je tenté Dieu, en lui disant par exemple : « Si tu m’aides, je croirai en toi » ?
7. Ai-je présumé que Dieu me sauvera de toute façon, même sans conversion et sans changer de vie ?
8. Ai-je désespéré de la miséricorde de Dieu, en pensant que j’étais trop pécheur pour être pardonné ?
9. Ai-je abusé de la miséricorde de Dieu, en continuant à pécher en comptant sur son pardon ?
1.2. Culte, prière et pratique religieuse
La foi sans les œuvres est morte. La relation avec Dieu s’exprime concrètement dans la prière, les sacrements et la participation à la vie de l’Église.
10. Ai-je prié régulièrement ? Ai-je cultivé ma relation avec Dieu par la prière personnelle, l’adoration et le sacrifice ?
11. Ai-je omis mes devoirs et pratiques religieuses par peur du jugement des autres ou par respect humain ?
12. Ai-je participé avec respect aux cérémonies de l’Église dans le culte rendu à Dieu ?
13. Ai-je honoré les saints et en particulier la Vierge Marie ?
14. Ai-je reçu les sacrements de manière irrévérencieuse ou indigne ? (par exemple la Communion en état de péché grave, ou une Confession mal faite)
15. Ai-je commis des sacrilèges, c’est-à-dire ai-je déshonoré des personnes ou des choses consacrées à Dieu ? (les Sacrements, les églises, les croix, les cimetières, les personnes consacrées)
16. Ai-je profané des objets religieux ou sacrés ?
17. Ai-je acheté ou vendu des objets religieux bénis ?
18. Ai-je lu consciemment de la littérature hérétique, blasphématoire ou anticatholique ?
19. Ai-je participé à des cultes ou des cérémonies anticatholiques ?
1.3. Fausses idoles et attachements désordonnés
Il n’y a pas que les statues qui sont des idoles. Tout ce que je mets à la place de Dieu – l’argent, le succès, le plaisir, le corps – devient une idole.
20. Ai-je accordé trop d’importance à l’argent, au pouvoir, à la gloire, aux plaisirs ou aux choses matérielles, en les mettant à la place de Dieu ?
21. Ai-je accordé trop d’importance à une personne, à une activité, à un objet ou à une opinion, au point de la rendre plus importante que Dieu ?
22. Ai-je idolâtré mon corps, la perfection physique ou le succès sportif, en leur sacrifiant tout comme s’ils étaient une valeur absolue ?
1.4. Superstition, magie et pratiques occultes
La foi chrétienne exclut tout recours à des pouvoirs qui ne viennent pas de Dieu. Les pratiques énumérées ci-dessous sont incompatibles avec la vie chrétienne (cf. Dt 18, 10-12 ; Jr 29, 8).
23. Ai-je cru, consulté ou utilisé des pratiques superstitieuses ou magiques, telles que : cartomancie, horoscopes, zodiaque, tarots, chiromanciens, devins, sorciers, mages, médiums, spiritisme, nécromancie, vaudou, santeria, kabbale, numérologie, chamanisme, alchimie, table Ouija, amulettes, talismans, sortilèges, maléfices, envoûtements, charmes, conjurations, « objets dotés de pouvoirs », cristaux ou pierres aux propriétés magiques, satanisme ?
24. Ai-je adhéré à des groupes, techniques ou mouvements qui mélangent la foi chrétienne avec des idéologies ou des pratiques ésotériques, comme : New Age, réincarnation, méthode Silva, méditation transcendantale, occultisme, astrologie, voyages astraux, gnosticisme, dianétique, sophrologie, radiesthésie, théosophie, Hare Krishna, yoga à des fins spirituelles non chrétiennes, channeling (canalisation d’esprits), Yi Jing, Tao, Feng Shui ?
25. Est-ce que je fais partie de sociétés secrètes incompatibles avec la foi catholique, comme la Franc-maçonnerie, les Illuminati, la Rose-Croix ou similaires ?
2e Commandement : “Tu ne prononceras pas le nom de Dieu en vain”
“Tu ne prononceras pas en vain le nom du Seigneur ton Dieu, car le Seigneur ne laisse pas impuni celui qui prononce son nom en vain” (Ex 20, 7 ; Dt 5, 11).
“Vous ne jurerez pas faussement en vous servant de mon nom : tu profanerais le nom de ton Dieu.” (Lv 19, 12).
“Vous ne profanerez pas mon saint nom, afin que je sois sanctifié au milieu des Israélites.” (Lv 22, 32)
“Celui qui blasphème le nom du Seigneur devra être mis à mort.” (Lv 24, 16)
“Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens : ‘Tu ne te parjureras pas, mais tu t’acquitteras envers le Seigneur de tes serments’. Mais moi, je vous dis de ne jurer aucunement, ni par le ciel, parce que c’est le trône de Dieu, ni par la terre, parce que c’est l’escabeau de ses pieds, ni par Jérusalem, parce que c’est la ville du grand Roi. Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux rendre blanc ou noir un seul cheveu.” (Mt 5, 33-36)
“…Que ton nom soit sanctifié…” (Mt 6, 9 – Notre Père)
En résumé, le deuxième commandement exige de traiter le nom de Dieu avec un profond respect et une grande vénération, en refusant le blasphème et tout langage irrévérencieux. Il demande d’éviter les serments faux ou inutiles, de ne prononcer le nom de Dieu qu’avec vérité et dévotion, et de le sanctifier tant dans la prière que dans la vie quotidienne.
2.1. Blasphème et irrévérence envers Dieu et les choses saintes
Le blasphème est le péché le plus direct contre ce commandement : il offense Dieu dans son nom, dans ses attributs, dans ses œuvres ou dans les personnes qui Lui sont consacrées.
1. Ai-je blasphémé, c’est-à-dire ai-je prononcé des paroles de haine, d’insulte ou de moquerie contre Dieu, Jésus-Christ, la Vierge Marie ou les Saints ? L’ai-je fait en public, devant d’autres ?
2. Ai-je proféré, intérieurement ou à voix haute, des paroles de haine, de reproche ou de défi contre Dieu ?
3. Ai-je fait des affirmations fausses et offensantes sur Dieu, comme : « Dieu n’est pas juste », « Dieu est cruel », « Dieu s’amuse des souffrances des hommes », « Dieu oublie les bons » ?
4. Ai-je murmuré ou me suis-je plaint contre Dieu, en l’accusant de mes problèmes ou de mes souffrances ?
5. Ai-je prononcé le nom de Dieu, de Jésus, de la Vierge ou des Saints sans respect, avec colère, moquerie ou de manière irrévérencieuse ?
6. Ai-je utilisé le nom de Dieu à d’autres fins que de le louer, le bénir et le glorifier ?
7. Ai-je l’habitude de dire des expressions comme « oh mon Dieu ! », « mon Dieu ! » et autres, sans penser à ce que je dis ?
8. Quand j’ai entendu quelqu’un blasphémer ou offenser Dieu, ai-je fait au moins intérieurement un acte de réparation ?
2.2. Irrévérence envers l’Église, les sacrements et les personnes consacrées
Le respect dû à Dieu s’étend à tout ce qui Lui est consacré : les sacrements, l’Église, ses ministres et ses cérémonies.
9. Ai-je traité avec irrévérence, en paroles ou en actes, les choses sacrées : les images, l’Hostie consacrée, les sacrements, les cérémonies de l’Église ?
10. Ai-je dit des paroles irrévérencieuses ou des plaisanteries sur Dieu, sur l’Eucharistie, sur la Vierge ou sur les Saints ?
11. Ai-je raillé ou ridiculisé des personnes bonnes justement parce qu’elles sont bonnes et pratiquantes ?
12. Ai-je mal parlé de l’Église, des prêtres ou des choses saintes, sans fondement et sans juste raison ?
13. Ai-je propagé des idées ou des discours contraires à la religion ?
14. Ai-je eu du respect humain en montrant ma foi, en la cachant ou en en ayant honte devant les autres ?
2.3. Imprécations, malédictions et paroles obscènes
Même sans nommer Dieu directement, certaines paroles blessent la dignité de la personne et sont contraires au respect que nous devons à Dieu et au prochain.
15. Ai-je utilisé des imprécations ou des malédictions envers des personnes, des animaux ou des choses ?
16. Ai-je utilisé des mots obscènes ou vulgaires dans mon langage quotidien ?
17. Ai-je mis quelqu’un en colère au point de le faire blasphémer ou maudire Dieu ?
2.4. Serments illicites ou faux
Jurer signifie invoquer Dieu comme témoin de la vérité de ce que l’on dit. Utiliser le serment à la légère, faussement ou pour de mauvaises choses est un grave abus du nom de Dieu.
18. Ai-je fait de faux serments, c’est-à-dire ai-je juré sur quelque chose que je savais être faux ou dont je doutais ?
19. Me suis-je parjuré, c’est-à-dire ai-je fait une promesse sous serment sans avoir l’intention de la tenir ?
20. Ai-je juré de faire quelque chose de mal, comme me venger ou faire du mal à quelqu’un ? (Note : ces serments n’obligent pas et ne doivent pas être tenus.)
21. Ai-je l’habitude de jurer sans réfléchir à ce que je jure, ou pour des choses de peu d’importance ?
22. Ai-je dit des exécrations comme : « Que Dieu ne me sauve pas si ce n’est pas vrai », « Si je ne le fais pas, qu’un malheur m’arrive », et autres ?
2.5. Promesses et vœux faits à Dieu
Les promesses faites à Dieu ou au nom de Dieu sont un engagement sérieux qui implique l’honneur divin. Leur violation est un péché contre ce commandement.
23. Ai-je fait des promesses à Dieu (vœux) et ne les ai-je pas tenues ensuite, en tout ou en partie ? (Si j’ai quelque chose de ce genre en suspens, je le dis au confesseur pour évaluer s’il est opportun de modifier l’obligation.)
24. Ai-je fait des promesses à d’autres personnes au nom de Dieu et ai-je ensuite été infidèle à ces promesses, compromettant l’honneur et la fidélité que l’on doit à Dieu ?
25. Ai-je cherché à réparer les dommages qui ont pu résulter de mes serments non tenus ou faux ?
3e Commandement : “Se souvenir de sanctifier les jours festifs”
“Dieu, au septième jour, acheva le travail qu’il avait fait, et il se reposa au septième jour de tout le travail qu’il avait fait. Dieu bénit le septième jour et le consacra, car en ce jour il s’était reposé de tout le travail qu’il avait fait en créant.” (Gn 2, 2-3)
“Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier. Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage ; mais le septième jour est le sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu : tu ne feras aucun travail, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton esclave, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui demeure chez toi.” (Ex 20, 8-10 ; Dt 5, 12-15).
En résumé, le troisième commandement exige de sanctifier le jour du Seigneur, un temps spécial dédié uniquement à Dieu, en participant à l’Eucharistie dominicale et en s’abstenant des travaux serviles qui empêchent le repos, la prière et la vie de famille. Il demande de reconnaître dans le jour du Seigneur le signe de l’alliance entre Dieu et son peuple, en le consacrant au culte, au repos et aux œuvres de miséricorde.
3.1. La Sainte Messe dominicale et festive
Le cœur du Troisième Commandement est la participation à la Sainte Messe le dimanche et les jours de précepte. La manquer sans juste cause est un péché grave.
1. Ai-je participé à la Sainte Messe tous les dimanches et jours de fête de précepte ? Si je l’ai manquée, était-ce pour une cause vraiment sérieuse et justifiée ?
2. Ai-je été la cause que d’autres n’aillent pas à la Messe ou travaillent sans nécessité un jour de fête ?
3. Suis-je arrivé en retard à la Messe par ma faute ? (Celui qui arrive avant l’Évangile accomplit le précepte, mais le retard volontaire est déjà un manquement.)
4. Ai-je participé à la Messe avec attention et dévotion, ou y ai-je assisté avec indifférence, en ayant le cœur et l’esprit ailleurs ?
5. Ai-je parlé ou distrait les autres pendant l’office religieux ?
6. Ai-je respecté le jeûne d’au moins une heure avant de recevoir la Communion ?
7. Me suis-je comporté de manière irrévérencieuse à l’église : en discutant, en m’habillant de manière impudique ou en ayant un comportement incorrect ?
3.2. Le repos et la sanctification du jour de fête
Le dimanche n’est pas seulement un jour de congé : c’est le Jour du Seigneur. Il doit être sanctifié en évitant les travaux inutiles et en consacrant du temps à Dieu, à la famille et aux bonnes œuvres.
8. Ai-je transformé le dimanche en un simple jour de loisir – sport, tourisme, shopping, divertissement – en oubliant que c’est le Jour du Seigneur ?
9. Ai-je travaillé sans nécessité urgente un jour de fête pendant un temps considérable (plus de deux heures environ) ? En ai-je tiré un gain matériel ou ai-je fait des choses qui auraient pu être faites un autre jour ?
10. Ai-je fait travailler d’autres personnes sans nécessité un jour de fête, en le leur ordonnant, en le leur conseillant ou en ne l’empêchant pas alors que j’en avais la possibilité ?
11. Ai-je acheté ou vendu des choses non nécessaires un jour de fête, sans juste cause ?
12. Ai-je sanctifié le dimanche en consacrant du temps à la prière, à la lecture des Saintes Écritures, à la méditation, aux œuvres de charité ou à l’apostolat ?
3.3. La prière personnelle quotidienne
Outre la Messe festive, le chrétien est appelé à nourrir chaque jour sa relation avec Dieu par la prière. La prière hâtive ou par pure habitude est une forme de tiédeur spirituelle.
13. Ai-je prié régulièrement chaque jour, au moins le matin et le soir, ou ai-je complètement négligé la prière quotidienne ?
14. Ai-je prié à la hâte, distraitement et par pure routine, sans recueillement ni attention ?
15. Est-ce que je me confie quotidiennement à Dieu, en mettant ma journée entre ses mains, ou est-ce que je vis comme si Dieu n’existait pas ?
4e Commandement : « Honore ton père et ta mère »
« Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que le Seigneur, ton Dieu, te donne. » (Ex 20,12)
« Chacun de vous respectera sa mère et son père. » (Lv 19,3)
« Honore ton père et ta mère, comme le Seigneur, ton Dieu, te l’a commandé, afin que tes jours se prolongent et que tu sois heureux dans le pays que le Seigneur, ton Dieu, te donne. » (Dt 5,16)
« Écoute, mon fils, l’instruction de ton père, et ne rejette pas l’enseignement de ta mère. » (Pr 1,8)
« Écoute ton père qui t’a engendré, et ne méprise pas ta mère quand elle est vieille. » (Pr 23,22)
« Celui qui honore son père expie ses péchés, celui qui honore sa mère est comme celui qui amasse des trésors. » (Si 3,3-4)
« Mon fils, secours ton père dans sa vieillesse, ne le chagrine pas pendant sa vie. Sois indulgent, même s’il perd la raison, et ne le méprise pas, alors que tu es dans la plénitude de ta vigueur. » (Si 3,12-13)
« Dieu a dit : Honore ton père et ta mère, et aussi : Que celui qui maudit son père ou sa mère soit mis à mort. » (Mt 15,4)
« [Jésus] … leur était soumis. » (Lc 2,51)
« Enfants, obéissez à vos parents dans le Seigneur, car cela est juste. Honore ton père et ta mère ! C’est le premier commandement accompagné d’une promesse : afin que tu sois heureux et que tu jouisses d’une longue vie sur la terre. » (Ep 6,1-3)
« Vous, les enfants, obéissez en tout à vos parents ; cela est agréable au Seigneur. » (Col 3,20)
En résumé, le quatrième commandement exige d’honorer ses parents avec respect, gratitude et obéissance, en prenant soin d’eux dans leur vieillesse et leurs besoins. Il demande de valoriser la famille comme première et fondamentale communauté éducative, et étend le respect dû aux parents aux autorités légitimes et à la communauté civile et sociale.
PARTIE A : Examen en tant que FILS envers les parents
4.A1. Offenses graves envers les parents
Les manquements les plus sérieux sont ceux qui portent directement atteinte à la dignité et à l’intégrité des parents.
1. Ai-je levé la main sur mes parents, ou les ai-je menacés ou maltraités en paroles ou en actes ?
2. Ai-je souhaité leur mort ou un malheur grave, peut-être pour obtenir ma liberté, un héritage ou pour pouvoir me marier ?
3. Les ai-je insultés, offensés ou traités avec des paroles irrespectueuses qui les font souffrir ?
4. Leur ai-je désobéi dans des choses importantes ?
4.A2. Respect et relation au quotidien
Même sans en arriver aux offenses graves, il y a des attitudes quotidiennes qui trahissent un manque de respect et d’amour envers les parents.
5. Ai-je mal répondu à mes parents ou les ai-je traités avec suffisance et mépris ?
6. Ai-je médit d’eux en leur absence ou mal parlé d’eux à d’autres ?
7. Ai-je eu honte d’eux ou leur ai-je fait des reproches en public ?
8. Ai-je eu de l’aversion ou de l’hostilité à leur égard ?
9. Ai-je eu un désir excessif d’indépendance, prenant mal toute indication ou correction venant d’eux simplement parce qu’elle venait d’eux ? Est-ce que je me rends compte que cette réaction naît souvent de l’orgueil ?
10. Est-ce que je me laisse emporter par la mauvaise humeur et me fâche contre eux sans raison valable ?
4.A3. Soin concret et affection
Honorer ses parents, ce n’est pas seulement ne pas les offenser : c’est aussi les aimer concrètement, surtout quand ils sont âgés, malades ou dans le besoin.
11. Me suis-je occupé des besoins matériels et spirituels de mes parents, surtout s’ils sont âgés, malades ou en difficulté ? Ou les ai-je abandonnés à eux-mêmes ?
12. Ai-je montré une sincère gratitude pour tout ce qu’ils ont fait pour moi – me donner la vie, m’élever, m’éduquer – même si tout n’a pas été parfait ?
13. Les ai-je vraiment aimés, en les aidant, en priant pour eux et en supportant leurs limites et leurs erreurs avec patience ?
14. À leur mort et lors de leurs obsèques, ai-je accompli mes devoirs filiaux, y compris le respect de leurs dernières volontés et de leur testament ?
4.A4. Vie familiale et cohabitation
Le quatrième commandement concerne aussi le climat que l’on crée à la maison : la paix, la collaboration et la communion familiale sont la responsabilité de tous.
15. Est-ce que je collabore aux tâches ménagères et partage la vie avec les membres de ma famille, ou est-ce que je me contente de cohabiter sous le même toit sans véritable participation ?
16. Est-ce que je contribue à la sérénité et à la joie de ma famille avec patience et amour, ou est-ce que je crée des tensions et des conflits ?
17. Est-ce que je respecte les figures d’autorité auxquelles je suis soumis – supérieurs, employeurs, institutions – en reconnaissant en elles une forme d’autorité qui vient de Dieu (cf. Rm 13,1-2) ?
PARTIE B : Examen en tant que PARENTS envers les enfants
4.B1. Offenses et mauvais traitements envers les enfants
On peut aussi commettre de graves injustices envers ses propres enfants. L’autorité parentale n’autorise pas les mauvais traitements.
18. Ai-je menacé ou maltraité mes enfants en paroles ou en actes, ou leur ai-je souhaité du mal ?
19. Ai-je manqué partiellement ou totalement à mes responsabilités envers mes enfants – ou envers mon conjoint – en les laissant sans soin et sans soutien ?
20. Me suis-je disputé avec mon conjoint de manière violente ou irrespectueuse devant les enfants, les scandalisant ?
4.B2. Éducation religieuse et morale
Le premier devoir des parents est de transmettre la foi. Négliger cela est l’un des manquements les plus graves à ce commandement.
21. Ai-je négligé de faire baptiser mes enfants dans un délai raisonnable après la naissance (1 ou 2 mois) ?
22. Ai-je rempli ma responsabilité d’éduquer mes enfants à la foi dès leur plus jeune âge, en leur enseignant les vérités chrétiennes et en témoignant de l’Évangile par ma vie ?
23. Ai-je permis à mes enfants de négliger leurs obligations religieuses, comme la Messe, les sacrements, la prière ?
24. Ai-je donné le mauvais exemple à mes enfants, en ne remplissant pas moi-même mes devoirs religieux, familiaux ou professionnels ?
25. Est-ce que je me préoccupe constamment de leur formation spirituelle et religieuse, ou est-ce que je la délègue complètement à d’autres ?
26. Est-ce que je prie en famille ?
27. Ai-je choisi pour mes enfants une école qui aide vraiment à les éduquer de manière chrétienne, ou suis-je indifférent à cela ?
4.B3. Correction, autorité et direction
Corriger ses enfants est un acte d’amour. Le faire pour des motifs égoïstes – ou ne pas le faire par commodité – est un manquement à son devoir.
28. Ai-je corrigé mes enfants avec fermeté, justice et amour pour leur bien, ou les ai-je laissés faire par commodité ?
29. Quand je les corrige, est-ce que je le fais vraiment pour leur bien, ou est-ce que je me laisse guider par l’égoïsme, la vanité ou mon agacement personnel ?
30. Ai-je abusé de mon autorité, en les forçant à recevoir les sacrements sans les bonnes dispositions intérieures, pour des raisons d’apparence ?
31. Ai-je renforcé l’autorité de mon conjoint devant les enfants, en évitant de lui faire des reproches, de le contredire ou de le rabaisser en leur présence ?
32. Ai-je empêché mes enfants de suivre la profession ou la vocation à laquelle Dieu les appelle, en leur faisant obstacle ou en les conseillant mal pour des raisons égoïstes ou de vanité ?
4.B4. Vigilance et protection
Les parents ont le devoir de protéger leurs enfants des dangers moraux et physiques, avec prudence et sans excès.
33. Ai-je averti et instruit mes enfants sur les mauvaises compagnies et les dangers moraux qu’ils peuvent rencontrer ?
34. Ai-je toléré à la maison des scandales, des dangers moraux ou des situations à risque pour mes enfants ?
35. Ai-je permis à mes enfants de fréquenter des lieux, des milieux ou des situations où leur âme ou leur corps couraient un danger ?
36. Ai-je veillé avec prudence sur les fréquentations entre garçons et filles chez moi, sans pour autant étouffer leur légitime liberté ?
37. Ai-je permis à mes enfants de porter des vêtements impudiques ou provocants, sans intervenir ?
38. Est-ce que je me soucie des amitiés, des jeux, des loisirs et des lectures de mes enfants ?
39. Ai-je permis des fiançailles sans perspective de mariage dans un délai raisonnable, en laissant la situation se prolonger indéfiniment ?
4.B5. Climat familial et relation avec les enfants
Être parent, ce n’est pas seulement corriger et protéger : c’est aussi créer un climat de confiance, d’affection et de familiarité dans lequel les enfants peuvent grandir sereinement.
40. Est-ce que j’essaie d’être l’ami de mes enfants, en créant un climat de confiance et de familiarité, ou est-ce que je garde une attitude qui bloque tout dialogue ?
41. Est-ce que j’évite de créer des conflits pour des questions de peu d’importance, en les abordant avec du recul et un peu d’humour ?
42. Est-ce que je me fâche facilement en famille, en utilisant des tons que je n’utiliserais jamais avec des étrangers ?
43. Est-ce que je me plains devant la famille du poids des responsabilités domestiques, au lieu de le vivre avec un esprit de service ?
44. Est-ce que je sacrifie mes goûts personnels et mes loisirs lorsque c’est nécessaire pour accomplir mes devoirs envers la famille ?
45. Ai-je expliqué à mes enfants l’origine de la vie de manière progressive, adaptée à leur âge et à leur capacité de compréhension, en anticipant avec délicatesse leur curiosité naturelle ?
4.B6. Besoins matériels et soutien à la famille
Pourvoir aux besoins matériels de la famille est un devoir précis, qui exige un sens des responsabilités et un esprit de sacrifice.
46. Ai-je cherché à gagner suffisamment pour entretenir dignement ma famille, sans gaspillages inutiles ?
47. Ai-je négligé les besoins matériels de mes enfants ou des membres de ma famille qui dépendent de moi ?
48. Ai-je cessé d’aider dans leurs besoins spirituels ou matériels les personnes qui me sont chères, alors que je pouvais le faire même avec quelques sacrifices ?
5e Commandement : « Ne pas tuer »
« La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu’à moi ! » (Gn 4,10)
« Tu ne tueras point » (Ex 20, 13 ; Dt 5,17).
« Il y a six choses que hait le Seigneur, et même sept qui lui sont en horreur : … les mains qui versent le sang innocent. » (Pr 6,17)
« Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre ; et celui qui commettra un meurtre devra en répondre au tribunal. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra en répondre au tribunal. Si quelqu’un dit à son frère : “Crétin !”, il devra en répondre au Sanhédrin ; et si quelqu’un lui dit : “Fou !”, il sera passible du feu de la Géhenne. » (Mt 5,21-22)
« Quiconque hait son frère est un meurtrier. » (1Jn 3,15)
En résumé, le cinquième commandement exige de respecter et de protéger la vie humaine sous toutes ses formes et à toutes ses étapes, de la conception jusqu’à la mort naturelle, en refusant le meurtre, la violence et toute forme de haine. Il demande de promouvoir activement la paix et la réconciliation, et de défendre en toute circonstance la dignité inviolable de la personne. Il ne concerne pas seulement les actions, mais aussi les pensées, les désirs, les paroles et les omissions. Seul Dieu donne la vie et Lui seul peut la reprendre : ôter une vie humaine usurpe un droit qui n’appartient qu’à Dieu, et c’est un péché qui crie vengeance devant Lui. Nous sommes les gérants, non les propriétaires, de la vie que Dieu nous a confiée.
5.1. Avortement, euthanasie et meurtre
Ce sont les péchés les plus graves contre ce commandement. Quiconque procure un avortement encourt l’excommunication automatique (ipso facto). L’euthanasie, même présentée comme un acte de pitié, est toujours un meurtre.
1. Ai-je tué un enfant en provoquant un avortement, ou ai-je aidé, conseillé, financé ou encouragé quelqu’un à le faire ? (on encourt l’excommunication ipso facto !)
2. Ai-je pratiqué l’euthanasie – c’est-à-dire ai-je mis fin à la vie d’une personne malade, handicapée ou mourante – ou ai-je aidé, consenti ou désiré que cela soit fait, par action ou par omission ?
3. Ai-je contribué à anticiper la mort d’un malade sous prétexte de lui épargner des souffrances, sachant qu’il s’agissait d’un meurtre ?
4. Ai-je commis, aidé, consenti ou désiré un meurtre, volontaire ou involontaire ? Ai-je causé la mort de quelqu’un en faisant – ou en omettant – quelque chose que j’aurais dû faire ou éviter ?
5. Ai-je participé directement ou indirectement à quelque chose où une personne a été tuée, sans faire tout mon possible pour l’empêcher ?
6. Ai-je participé à des enlèvements, des actes de terrorisme ou des tortures ?
7. Ai-je participé à des amputations, des mutilations ou des stérilisations forcées de personnes innocentes ?
8. Ai-je fait quelque chose de délibéré à quelqu’un avec l’intention de provoquer indirectement sa mort ?
5.2. Suicide et automutilation
Notre propre vie nous est aussi confiée par Dieu et ne nous appartient pas. Y attenter est un grave désordre moral.
9. Ai-je pensé, désiré ou tenté de me suicider ? Ai-je collaboré volontairement au suicide de quelqu’un ?
10. Me suis-je fait du mal physiquement, ou me suis-je maudit ?
11. Me suis-je soumis à des mutilations volontaires comme méthode de stérilisation (ligature des trompes, vasectomie, etc.) ?
5.3. Violence physique et lésions
Toute forme de violence physique contre le prochain viole sa dignité et l’intégrité de son corps, qui appartient à Dieu.
12. Ai-je frappé, blessé ou causé des lésions physiques à quelqu’un ?
13. Ai-je opprimé, maltraité ou usé de violence contre quelqu’un, en particulier contre les plus faibles ?
14. Ai-je profité de la faiblesse d’autrui pour frapper ou humilier quelqu’un physiquement ?
15. Ai-je participé, encouragé ou incité à des combats ou des bagarres ?
16. Ai-je mis en danger ma vie ou celle des autres : en conduisant de manière imprudente, en pratiquant des sports extrêmes sans nécessité, ou de toute autre manière évitable ?
5.4. Haine, rancune et désir de vengeance
Le meurtre naît souvent du cœur. Jésus nous avertit que même la haine envers son frère est déjà une forme de meurtre intérieur.
17. Ai-je cultivé dans mon cœur des sentiments de haine, de rancune, de ressentiment ou d’inimitié envers quelqu’un ?
18. Ai-je souhaité la mort, la maladie ou un malheur grave à quelqu’un ?
19. Me suis-je vengé ou ai-je nourri des désirs de vengeance ?
20. Ai-je cessé de parler à quelqu’un, en refusant de me réconcilier ou de faire le nécessaire pour cela ?
21. Me suis-je attristé de la prospérité d’autrui, ou me suis-je réjoui de son malheur ?
5.5. Offenses, insultes et mauvais traitements verbaux
Les mots peuvent tuer la dignité d’une personne. Cette liste va du plus grave au moins grave.
22. Ai-je maudit quelqu’un, en lui souhaitant explicitement du mal ?
23. Ai-je insulté ou injurié quelqu’un, en utilisant des mots offensants et humiliants ?
24. Ai-je utilisé des mots durs, cruels ou violents en traitant les autres ?
25. Ai-je opprimé quelqu’un avec des attitudes d’arrogance, d’intimidation ou de domination ?
26. Ai-je méprisé quelqu’un, surtout les pauvres, les faibles, les personnes âgées, les étrangers ou les personnes d’autres races ?
27. Ai-je tourné en dérision ou ridiculisé quelqu’un, blessant sa dignité ?
28. Ai-je critiqué, agacé ou me suis-je moqué des autres ?
29. Ai-je donné des surnoms offensants à quelqu’un ?
30. Ai-je refusé d’adresser la parole à quelqu’un par rancune ou pour le punir ?
31. Me suis-je disputé fréquemment ou sans raison valable ? Ai-je alimenté des conflits, des querelles ou des inimitiés entre d’autres ?
5.6. Médisances, commérages et scandale
Le scandale est l’attitude ou le comportement qui pousse un autre à faire le mal. Celui qui scandalise devient un tentateur pour son prochain et peut causer sa mort spirituelle.
32. Ai-je mal parlé de quelqu’un, en racontant ses défauts ou ses erreurs à ceux qui n’avaient pas besoin de le savoir (médisance) ?
33. Ai-je répandu des commérages ou des nouvelles négatives sur les autres, semant la discorde ?
34. Ai-je causé de l’inimitié ou de la division entre des personnes ?
35. Ai-je scandalisé quelqu’un par mes paroles, mes actions, ma tenue vestimentaire ou mon style de vie, l’incitant à pécher gravement ?
36. Ai-je appris à quelqu’un à pécher, ou l’ai-je encouragé, aidé ou conseillé à le faire ?
37. Ai-je loué le péché de quelqu’un, au lieu de le corriger charitablement ?
38. Me suis-je moqué des personnes vertueuses, ou ai-je été la cause que quelqu’un abandonne une vie réglée et pieuse ?
39. Ai-je causé du tort à mon âme en m’exposant volontairement et sans nécessité aux tentations : mauvaises lectures, images, vidéos, musique avec des messages violents ou contraires aux valeurs chrétiennes ?
40. Ai-je causé un dommage spirituel à d’autres, en particulier à des enfants, par mon mauvais exemple ?
5.7. Omissions : non-assistance et abandon
Le commandement interdit non seulement de faire le mal, mais aussi d’omettre le bien que l’on devait faire. Ne pas secourir une personne en danger est déjà une faute.
41. Ai-je refusé de secourir quelqu’un qui se trouvait en danger de mort ou en grande nécessité ?
42. Ai-je négligé d’aider mon prochain lorsque la charité me le demandait : par l’aumône, dans la maladie, au travail ou dans tout autre besoin ?
43. Ai-je prévenu qui de droit (un parent, un supérieur, un juge) lorsque j’avais connaissance d’un scandale ou d’un danger qui pouvait être évité ?
44. Est-ce que je m’efforce vraiment d’aimer les autres comme moi-même, en reconnaissant en chaque personne quelqu’un que Dieu aime ?
5.8. Prendre soin de sa santé
Le corps est un don de Dieu. Le négliger ou le ruiner délibérément est un manquement à ce commandement.
45. Ai-je consommé de la drogue, ou en ai-je produit, vendu ou procuré à d’autres ?
46. Me suis-je enivré jusqu’à perdre la raison ou le contrôle de moi-même ?
47. Ai-je abusé de la nourriture ou de l’alcool, ruinant ma santé ?
48. Ai-je négligé ma santé physique, en ne me procurant pas la nourriture, les vêtements ou les soins nécessaires ?
49. Ai-je mis en danger ma santé mentale et spirituelle, en m’exposant volontairement à une musique, des images ou des contenus qui contiennent des messages de violence, de rébellion ou qui incitent au mal ?
6e Commandement : « Tu ne commettras pas d’adultère »
« C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair. » (Gn 2, 24)
« Alors le Seigneur dit : « Le cri contre Sodome et Gomorrhe est si grand, et leur péché si grave… » (Gn 18, 20)
« … le Seigneur fit pleuvoir sur Sodome et sur Gomorrhe du soufre et du feu, venant du Seigneur, du haut du ciel. Il détruisit ces villes et toute la plaine, avec tous les habitants des villes et la végétation du sol. » (Gn 19, 24)
« Mais Onan savait que la descendance ne serait pas la sienne ; chaque fois qu’il s’unissait à la femme de son frère, il laissait la semence se perdre à terre, pour ne pas donner de descendance à son frère. Ce qu’il faisait déplut au Seigneur, qui le fit mourir, lui aussi. » (Gn 38, 9-10)
« Tu ne commettras pas d’adultère. » (Ex 20, 14 ; Dt 5, 18).
« C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair. » (Gn 2,24)
« Celui qui commet l’adultère est un insensé ; en agissant ainsi, il se détruit lui-même. » (Pr 6, 32)
« Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. » (Mt 5, 8)
« Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme pour la convoiter a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur. » (Mt 5, 27-28).
« Eh bien ! moi, je vous dis : Quiconque répudie sa femme – sauf en cas d’union illégitime – et en épouse une autre, commet un adultère. » (Mt 19, 9)
« Fuyez l’impudicité ! Quel que soit le péché qu’un homme commet, ce péché est extérieur à son corps ; mais celui qui se livre à l’impudicité pèche contre son propre corps. Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, et que vous avez reçu de Dieu ? Vous ne vous appartenez pas à vous-mêmes, car vous avez été achetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps ! » (1 Co 6, 18-20)
« Car la volonté de Dieu, c’est votre sanctification : que vous vous absteniez de l’impudicité ; que chacun de vous sache user de son corps avec sainteté et respect, sans se laisser dominer par la passion, comme les païens qui ne connaissent pas Dieu ; que personne en cette matière ne fasse de tort à son frère ni ne le trompe, car le Seigneur tire vengeance de tout cela, comme nous vous l’avons déjà dit et attesté. Car Dieu ne nous a pas appelés à l’impureté, mais à la sanctification. » (1 Th 4, 3-7)
« Que le mariage soit honoré de tous et le lit conjugal sans souillure. Car les fornicateurs et les adultères, Dieu les jugera. » (He 13, 4)
En résumé, le sixième commandement exige de vivre la fidélité conjugale et la pureté du cœur et du corps, en respectant la dignité humaine comme un don de Dieu. Il demande de valoriser le mariage comme une alliance stable et indissoluble entre un homme et une femme, ordonnée à l’amour réciproque et à la transmission de la vie.
Ce commandement concerne les péchés de pensée, de parole et d’action. La tentation n’est pas un péché, mais y consentir volontairement en est un. Par « impur », la morale entend non seulement l’acte sexuel, mais tout ce qui provoque un plaisir illicite. Certains péchés en cette matière existent même sans intention explicite.
Les différents types de péchés qui offensent ce commandement doivent être nommés en confession. Tous n’ont pas la même gravité. Voici quelques définitions pour les clarifier.
Fornication – rapport sexuel entre personnes non mariées ou veuves. (CEC 2353 : « La fornication est l’union charnelle entre un homme et une femme en dehors du mariage. »)
Concubinage, union illégitime, union libre, c’est-à-dire cohabitation sans mariage, more uxorio – cohabitations ou rapports sexuels sans lien matrimonial sacramentel. C’est de la fornication.
Adultère – rapport sexuel d’une personne mariée avec quelqu’un qui n’est pas son conjoint. Implique aussi le péché d’infidélité conjugale. Si les deux sont mariés, c’est plus grave. Si le rapport sexuel a lieu dans le cadre de ce qu’on appelle l’« échangisme » ou des orgies (rapports sexuels en groupe), le péché est encore plus grave. (CEC 2380-2381 : Explicitement interdit par le commandement.)
Divorce, suivi de « nouvelles noces » – bien que le divorce civil ne soit pas en soi un péché (il est parfois nécessaire pour protéger des droits légaux ou la sécurité), contracter une nouvelle union alors que le conjoint précédent est encore en vie est un adultère, car le lien sacramentel est indissoluble.
Polygamie – avoir plus d’un conjoint en même temps.
Inceste – rapport sexuel entre parents en ligne directe (parents-enfants) ou entre frères/sœurs, ou consanguins jusqu’au 4ème degré, pour lesquels le mariage est interdit. (CEC 2388 : « Déforme les relations familiales. »)
Sacrilège – rapports sexuels dans des lieux sacrés ou en raison de la personne, si elle a fait vœu de chasteté.
Contraception artificielle – usage de méthodes artificielles pour empêcher la procréation dans l’acte conjugal, comme le coït interrompu (voir Gn 38, 9-10), les préservatifs, les médicaments, la stérilisation temporaire, la stérilisation définitive (ligature des trompes, vasectomie), les méthodes contraceptives micro-abortives qui forcent l’embryon déjà fécondé à sortir de l’utérus. (CEC 2370 : « Intrinsèquement mauvais » – péché contre le sixième commandement s’il sépare l’aspect unitif de l’aspect procréatif.)
Fécondation artificielle hétérologue – Insémination avec des gamètes de tiers. (CEC 2377 : « Lèse le droit de l’enfant de naître d’un père et d’une mère connus de lui et liés entre eux par le mariage. »)
Attouchements impurs – sur soi-même ou sur autrui, même s’ils ne sont pas lascifs, spécialement sur les organes génitaux, dans le but de provoquer du plaisir ou d’inciter à l’acte sexuel.
Masturbation – excitation volontaire des organes génitaux pour en tirer un plaisir vénérien avec ou sans émission de fluides. (CEC 2352 : « Acte intrinsèquement et gravement désordonné. »)
Viol ou violence charnelle – pénétration sexuelle obtenue par la tromperie, la menace ou la violence. C’est un péché très grave. C’est contre la justice et la charité, en plus d’être contre la chasteté. (CEC 2356 : « Blesse la justice et la charité. »)
Bestialité – rapport sexuel avec un animal.
Acte homosexuel – rapport sexuel pervers avec un individu du même sexe. (CEC 2357 : « Actes intrinsèquement désordonnés. »)
Perversité – autres actes contre-nature entre individus du même sexe ou de sexes différents, même entre conjoints par vas indebitum, comme la sodomie et le sexe oral.
Pédophilie – actes sexuels avec des enfants ou des adolescents, quel que soit leur sexe. C’est l’une des formes les plus graves de violence sexuelle, car elle est commise sur des personnes vulnérables, en abusant du pouvoir et de la confiance. (CEC 2389 : Associé à l’inceste ou à la violence.)
Pornographie – péché contre la pudeur. Production, diffusion ou consommation de matériel représentant des actes sexuels de manière à exciter. (CEC 2354 : « Offense gravement la chasteté. »)
Exhibitionnisme – péché contre la pudeur. Exposition des organes génitaux dans des lieux publics, nudité intentionnelle devant des étrangers, actes sexuels accomplis là où ils peuvent être vus par d’autres, envoi non sollicité d’images intimes de type « sexting » non consenti.
Voyeurisme – péché contre la pudeur. Observer secrètement des personnes nues, qui se déshabillent ou qui accomplissent des actes sexuels, sans leur consentement, dans le but d’obtenir une gratification sexuelle.
Tenue vestimentaire impudique intentionnelle, provocante – péché contre la pudeur. Utilisation de sous-vêtements dans le but de s’exciter soi-même, ou utilisation de vêtements visibles dans le but d’une excitation personnelle et d’autrui. Même si la tenue impudique n’est pas intentionnelle (comme les vêtements très courts portés en été), elle peut produire un effet sur les autres (désirs, troubles, excitations mauvaises), et reste donc un péché.
Prostitution – pratique de rapports sexuels contre rémunération ; achat et vente d’actes sexuels. (CEC 2355 : « Attente à la dignité de la personne. »)
Traite sexuelle – une forme de traite des êtres humains où une personne est recrutée, transportée, transférée, hébergée ou accueillie par la contrainte, la tromperie, l’abus de vulnérabilité ou la violence, dans le but de l’exploiter sexuellement.
Exploitation sexuelle – toute forme d’utilisation du corps d’une personne pour obtenir un avantage de nature sexuelle, économique ou autre, sans son consentement plein et libre, ou en profitant de sa vulnérabilité.
Abus sexuel – tout acte ou comportement à caractère sexuel imposé à une personne sans son consentement libre et éclairé, ou lorsque la personne n’est pas en mesure de donner un consentement valide (comme dans le cas de mineurs, de personnes ayant un handicap cognitif, en état d’inconscience, sous la contrainte ou une forte pression psychologique).
Harcèlement sexuel – avances ou demandes sexuelles non désirées, fréquentes dans un contexte de travail ou de dépendance.
6.1. Pensées, désirs et fantasmes
Il y a une différence entre recevoir une mauvaise pensée (ce n’est pas un péché) et s’y complaire volontairement en la cultivant (c’est un péché). Cette distinction est fondamentale.
1. Lorsqu’une pensée, un souvenir, une image ou un fantasme impur m’est venu à l’esprit, m’y suis-je complu volontairement, en continuant à le garder et à le cultiver ? Ou l’ai-je rejeté dès le début ?
2. Ai-je intentionnellement rappelé à ma mémoire des souvenirs ou des pensées impures ?
3. Ai-je consenti à des regards ou des désirs impurs envers une autre personne, ou ai-je consciemment désiré voir ou faire quelque chose d’impur ?
4. Ai-je négligé de contrôler mon imagination, la laissant vagabonder librement vers des choses impures ?
5. Me suis-je vanté de mes péchés en cette matière, ou me suis-je délecté du souvenir complaisant de péchés passés ?
6.2. Regards, paroles et gestes
Les sens sont les portes de la conscience. Ce que les yeux cherchent, ce que la bouche dit et ce que les gestes du corps révèlent en alimentant l’état intérieur.
6. Ai-je regardé des personnes avec un désir sexuel illicite (concupiscence) ?
7. Ai-je utilisé des mots vulgaires, obscènes ou sexuellement explicites ? Ai-je raconté ou écouté des blagues à caractère sexuel ? Ai-je chanté des chansons déshonnêtes ?
8. Ai-je fait des gestes obscènes ou indécents ?
9. Par ma manière de regarder, de parler, de gesticuler ou de marcher, ai-je cherché à provoquer ou à exciter les autres, au lieu de me comporter avec pudeur et modestie ?
10. Est-ce que je me rends compte que séduire les autres par mon apparence est une invitation à se faire idolâtrer, et non un acte d’amour envers eux ?
6.3. Tenue vestimentaire et modestie
La modestie dans l’habillement n’est pas une question de mode, mais un acte de respect envers soi-même et envers les autres.
11. Ai-je porté des vêtements serrés, transparents ou indécents, devenant ainsi une occasion de péché pour les autres ?
12. Ai-je été modeste en m’habillant et en me déshabillant ?
13. Ai-je séduit ou déshonoré une personne innocente ?
14. Est-ce que je comprends que le soin des détails de la modestie est une protection importante pour la pureté, ou est-ce que je les considère comme des bêtises négligeables ?
6.4. Lectures, spectacles et contenus médiatiques
Ce que nous introduisons dans notre esprit par les yeux et les oreilles produit nos fantasmes et nos désirs.
15. Est-ce que je lis ou regarde du matériel impur : magazines, livres, images, vidéos, films pornographiques ou obscènes ?
16. Ai-je chez moi des posters, des images ou des statues à caractère immoral ou obscène ?
17. Avant de regarder un spectacle ou de lire un livre, est-ce que je m’informe sur sa qualité morale pour éviter de me mettre en danger de péché et de déformer ma conscience ?
18. Est-ce que je me mets volontairement dans des situations à risque – certains lieux, spectacles, sites internet, programmes télévisés – que je sais être des occasions de péché ?
6.5. Attouchements, intimité et comportements physiques
Le corps est le temple du Saint-Esprit. La manière dont nous le traitons et l’utilisons a un poids moral précis.
19. Ai-je touché, caressé, embrassé ou enlacé une autre personne de manière impure ?
20. Me suis-je complu dans la sensualité, l’auto-érotisme ou la jouissance du plaisir sexuel en dehors du mariage ?
21. Ai-je commis des actes déshonnêtes, obscènes ou immoraux avec une autre personne ?
22. Me suis-je fait des tatouages ou des gravures à caractère immoral ?
6.6. Compagnies, amitiés et fréquentations
Les personnes que nous fréquentons et les lieux que nous visitons influencent profondément notre vie morale.
23. Ai-je noué des amitiés avec des personnes à la vie dissolue ou fréquenté des lieux de moralité douteuse ?
24. Ai-je été trop intime, physiquement ou émotionnellement, avec des personnes du sexe opposé en dehors du mariage ?
25. Ai-je éliminé les occasions qui me conduisent au péché en cette matière : l’abus d’alcool ou de nourriture, l’usage de drogues, la paresse, l’oisiveté, les mauvaises amitiés ?
26. Ai-je freiné mes passions, ou est-ce que je me laisse dominer par elles sans combattre ?
6.7. Fiançailles et relations affectives
Les fiançailles sont un temps pour approfondir l’affection et la connaissance mutuelle, non pour satisfaire le désir de possession ou de plaisir.
27. Dans mes fiançailles, est-ce que je vis l’affection de manière chaste, ou suis-je une cause de péché pour l’autre personne ?
28. Mes relations affectives sont-elles inspirées par l’esprit de don, de respect et de délicatesse, ou par le désir de possession et de plaisir égoïste ?
29. Est-ce que je comprends que tout plaisir charnel pleinement ressenti et librement consenti en dehors du mariage est un péché grave ?
6.8. Remèdes et moyens pour vivre la pureté
La pureté ne se réduit pas à éviter le péché : c’est un style de vie qui se construit activement avec des moyens concrets, naturels et surnaturels.
30. Ai-je utilisé des moyens naturels pour garder la pureté : la discipline des yeux et de l’imagination, le contrôle des affects, la fuite des situations excitantes ?
31. Ai-je prié immédiatement pour chasser les mauvaises pensées et les tentations, au lieu de m’y attarder ?
32. Ai-je utilisé les moyens surnaturels : la fréquentation des sacrements de la Confession et de la Communion, la dévotion à la Vierge Marie, la méditation sur la Passion du Christ, la conscience que mon corps est le temple du Saint-Esprit ?
33. Si j’ai des tendances homosexuelles, ai-je cherché à vivre la chasteté avec l’aide de la prière, des sacrements et de la maîtrise de soi, en unissant mes difficultés au sacrifice de la Croix ?
34. Est-ce que je me rends compte que l’impureté vécue sans frein a des conséquences graves : elle affaiblit l’intelligence, abîme le corps, fait perdre la grâce sanctifiante et peut éloigner de la foi ?
7e Commandement : « Tu ne voleras pas »
« Tu ne commettras pas de vol. » (Ex 20,15 ; Dt 5,19).
« Vous ne commettrez ni vol, ni fraude, ni mensonge les uns envers les autres. » (Lv 19,11)
« Tu n’exploiteras pas ton prochain et tu ne le spolieras pas. » (Lv 19,13)
« Écoutez ceci, vous qui écrasez le pauvre et qui exterminez les humbles du pays, vous qui dites : “Quand donc la nouvelle lune sera-t-elle passée, pour que nous vendions notre grain ? Quand donc le sabbat sera-t-il fini, pour que nous ouvrions nos greniers, en diminuant la mesure, en augmentant le prix, en faussant la balance pour tricher, pour acheter le faible à prix d’argent, le malheureux pour une paire de sandales ? Nous vendrons jusqu’aux déchets du froment !” » (Am 8,4-6)
« Y a-t-il encore dans la maison du méchant des trésors mal acquis, et cette mesure trop petite qui est une abomination ? Puis-je justifier des balances fausses et un sac de poids truqués ? » (Mi 6,10-11)
« Tu ne commettras pas de vol » (Mt 19,18).
« Que celui qui volait ne vole plus ; qu’il se donne plutôt de la peine, en travaillant honnêtement de ses mains, pour avoir de quoi partager avec celui qui est dans le besoin. » (Ep 4,28)
« Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront pas du royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni les débauchés, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les dépravés, ni les sodomites, ni les voleurs, ni les avares, ni les ivrognes, ni les calomniateurs, ni les rapaces n’hériteront du royaume de Dieu. » (1Co 6,9-10)
En résumé, le septième commandement exige de respecter les biens et la propriété d’autrui, en refusant le vol, la fraude, la corruption et toute forme d’injustice économique. Il demande de pratiquer la justice dans les relations de travail et dans la vie sociale, et d’exercer la charité par le partage avec les pauvres et les nécessiteux. Le péché de vol et de préjudice n’est pas pardonné tant que l’on n’a pas restitué ou réparé le tort causé. La Confession obtient le pardon, mais avec l’obligation de réparer au plus vite.
7.1. Vol, rapine et détournement de fonds
Ce sont les formes les plus directes de violation de ce commandement. La gravité augmente si le vol est commis avec violence, au détriment de personnes pauvres ou dans des lieux sacrés.
1. Ai-je volé quelque chose ? Le vol a-t-il été commis avec violence (rapine), au détriment d’une personne pauvre, dans un lieu sacré, ou avec d’autres circonstances aggravantes ?
2. Ai-je pris, retenu ou soustrait injustement les biens d’autrui contre la volonté du propriétaire, de quelque manière que ce soit ?
3. Ai-je gagné de l’argent par des moyens illicites ou malhonnêtes ?
4. Ai-je acheté ou vendu des choses que je savais volées ?
5. Ai-je gagné à des jeux en trichant ou en trompant, causant un préjudice à d’autres ?
6. Ai-je parié de manière injuste ou ai-je triché aux jeux de hasard ?
7. Suis-je conscient que voler de petites choses de manière constante et répétée peut devenir un péché grave par accumulation ?
7.2. Fraude, tromperie et corruption
Il n’y a pas que le vol direct : on peut aussi voler par la tromperie, l’escroquerie et la corruption. Toutes ces formes lèsent la justice et la confiance.
8. Ai-je fraudé, trompé ou escroqué quelqu’un dans une affaire, une vente ou un contrat, en cachant des défauts ou en usant de tromperie ?
9. Ai-je vendu avec de faux poids ou de fausses mesures, ou ai-je altéré ou mélangé ce que je vendais pour en tirer plus de profit ?
10. Ai-je augmenté les prix en spéculant sur l’ignorance ou le besoin d’autrui ?
11. Ai-je profité de l’ignorance, de la faiblesse ou de la distraction d’autrui pour obtenir un avantage injuste ?
12. Ai-je participé de quelque manière que ce soit à des actes de corruption, en cherchant à modifier la bonne manière d’agir pour celle qui m’arrangeait le plus ?
13. Ai-je accepté des pots-de-vin, des cadeaux ou des faveurs indues, liés à mon rôle ou à ma profession ?
14. Ai-je manqué sans juste cause à des contrats commerciaux, d’achat ou de vente, de location ou de travail, qui m’obligeaient ?
7.3. Injustices dans le travail et les salaires
Le travail est un domaine où la justice peut être violée tant par celui qui travaille que par celui qui donne du travail.
15. Ai-je spolié mes employés ou collaborateurs de leur juste salaire, en les payant moins que ce qu’ils méritaient ou en retardant injustement le paiement ?
16. Ai-je floué mon employeur, en travaillant mal, en volant du temps au travail ou en ne remplissant pas honnêtement mes devoirs ?
17. Ai-je mal travaillé ou avec négligence, ne méritant pas le salaire que je reçois ?
18. Dans mon bureau ou mon emploi, ai-je pris plus que ce qui était établi ou que ce qui m’était dû ?
19. Ai-je retenu ou retardé indûment le paiement de salaires ou traitements à ma charge ?
20. Par mon vote ou mon conseil, ai-je empêché un autre d’obtenir un emploi, un poste ou un avantage auquel il avait légitimement droit ?
7.4. Évasion fiscale et dommages aux biens publics
La justice concerne aussi le bien commun. Frauder l’État ou endommager des biens publics affecte toute la communauté.
21. Ai-je fraudé l’État en éludant des impôts justes et raisonnables, destinés au bien de la communauté ?
22. Ai-je causé des dommages à des propriétés ou des biens publics ou privés ?
23. Ai-je soustrait ou retenu de l’argent dans les dépenses publiques ou les charges que je gérais ?
24. Dans la fonction que j’occupe, ai-je fait tout mon possible pour éviter les injustices, les vols, les fraudes et les abus qui nuisent à la vie en société ?
7.5. Usure, dettes et obligations de restitution
Celui qui a volé ou causé un dommage a l’obligation de restituer et de dédommager. Tant qu’il ne le fait pas, le péché n’est pas pleinement pardonné.
25. Ai-je prêté de l’argent avec des taux d’intérêt excessifs (usure), en profitant du besoin de personnes en difficulté ?
26. Ai-je réglé mes dettes, alors que je pouvais le faire ? Ai-je respecté les délais de paiement ?
27. Ai-je rendu l’argent ou les choses empruntées ?
28. Ai-je restitué ce que j’ai trouvé et qui appartenait à quelqu’un d’autre ?
29. Ai-je restitué ou dédommagé ce que j’ai volé ou le dommage que j’ai causé ? Si je n’ai pas pu le faire, ai-je compensé en donnant aux pauvres en proportion ?
30. Si, à cause de mon vol ou de mon appropriation, quelqu’un a subi une perte de gain, suis-je disposé à réparer également ce dommage ?
31. Ai-je respecté les legs et les testaments d’autrui ?
32. Ai-je rendu impossible le paiement de mes dettes de justice par vanité, dépenses excessives ou prodigalité ?
7.6. Complicité et coopération au préjudice d’autrui
On est coresponsable non seulement quand on vole directement, mais aussi quand on aide, on approuve ou on se tait face au tort d’autrui.
33. Ai-je coopéré à un vol ou à un dommage : en le commandant, en y incitant, en y aidant, en l’approuvant ou en prenant part au butin ?
34. Ai-je consenti, conseillé ou influencé de quelque manière que ce soit le vol ou le préjudice au détriment du prochain ?
35. Par mon omission, ma complaisance ou mon silence, ai-je contribué au préjudice du prochain, alors que j’aurais pu l’empêcher ?
36. Me suis-je réjoui du vol ou du dommage subi par quelqu’un d’autre ?
37. Ai-je mal conseillé quelqu’un dans une affaire, lui causant un préjudice économique ?
7.7. Négligence et paresse dans mes devoirs
Même la négligence et la paresse peuvent causer des dommages injustes aux autres ou à soi-même.
38. Ai-je été négligent dans la gestion de l’argent ou des biens qui m’ont été confiés par d’autres ?
39. Par ma négligence, ai-je abîmé ou détérioré la propriété d’autrui ?
40. Ai-je été paresseux dans l’accomplissement de mes devoirs professionnels ou familiaux ?
41. Ai-je refusé ou négligé d’aider quelqu’un dans un besoin urgent, alors que je pouvais le faire ?
7.8. Attachement aux biens matériels et désirs désordonnés
Le septième commandement ne concerne pas seulement les actions extérieures : il touche aussi le cœur et les désirs. L’envie et l’avarice sont les racines de nombreux péchés contre la justice.
42. Ai-je désiré les biens d’autrui ou comploté pour m’en emparer ?
43. Suis-je envieux des richesses, des propriétés ou du succès économique des autres ?
44. Suis-je avare ou cupide, accordant trop d’importance aux biens matériels et au confort ? Mon cœur est-il fixé sur les biens terrestres plutôt que sur les vrais trésors du Ciel ?
45. Suis-je honnête dans mon travail, ma profession et mon commerce ? Tout ce que je possède, l’ai-je gagné de manière honnête ?
8e Commandement : « Tu ne feras pas de faux témoignages »
« Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain. » (Ex 20,16 ; Dt 5,20)
« Tu ne répandras pas de fausses rumeurs. Tu ne prêteras pas main-forte au coupable pour être un témoin en faveur d’une injustice. » (Ex 23,1)
« Tu n’iras pas répandre des calomnies parmi ton peuple. » (Lv 19,16)
« Les lèvres menteuses sont en horreur au Seigneur » (Pr 12,22)
« Le faux témoin ne restera pas impuni, celui qui profère des mensonges n’échappera pas. » (Pr 19,5)
« Que votre parole soit : “Oui, oui”, “Non, non” ; ce qui est en plus vient du Malin. » (Mt 5, 37)
« C’est pourquoi, rejetez le mensonge, et que chacun dise la vérité à son prochain, car nous sommes membres les uns des autres. » (Ep 4,25)
« Ne vous mentez plus les uns aux autres : vous vous êtes dépouillés du vieil homme avec ses agissements » (Col 3,9)
En résumé, le huitième commandement exige d’aimer et de témoigner de la vérité, en refusant le mensonge, le faux témoignage, la calomnie et la diffamation. Il demande de respecter la bonne réputation du prochain et de rendre témoignage à la vérité dans tous les domaines de la vie chrétienne, à l’imitation du Christ qui est le Chemin, la Vérité et la Vie. Le mensonge est une négation de Dieu, qui est la Vérité Suprême. Les péchés contre ce commandement exigent souvent réparation : celui qui a nui à la réputation d’autrui a l’obligation de remédier au dommage causé.
8.1. Faux témoignage, parjure et mensonge grave
Ce sont les formes les plus graves de péché contre la vérité, car elles lèsent directement la justice et peuvent causer des dommages irréparables (cf. Pr 19,9).
1. Ai-je porté un faux témoignage en public – dans un procès, devant une autorité ou dans un contexte officiel – en déclarant le faux sur quelqu’un ?
2. Ai-je commis un parjure, c’est-à-dire ai-je dit des choses fausses sous serment, ou ai-je signé de faux documents ?
3. Ai-je accusé injustement quelqu’un de quelque chose qu’il n’avait pas fait, lui causant un préjudice ?
4. Ai-je calomnié quelqu’un, c’est-à-dire ai-je attribué à d’autres des fautes ou des défauts que je savais faux, nuisant à sa réputation ? Ai-je fait la réparation due ou suis-je disposé à la faire ?
5. Ai-je découvert ou rendu publics les péchés ou les défauts cachés de quelqu’un par vengeance ou pour le discréditer ?
8.2. Médisance et diffamation
La médisance consiste à révéler les vrais défauts du prochain à ceux qui ne les connaissent pas, sans raison valable. Même si ce que l’on dit est vrai, cela peut être un péché grave (cf. Si 21,28).
6. Ai-je commis une médisance, c’est-à-dire ai-je révélé les défauts ou les manquements réels du prochain à des personnes qui ne les connaissaient pas, sans une raison objectivement valable ?
7. Ai-je nui à la bonne réputation de quelqu’un en révélant des défauts cachés, même s’ils sont vrais (détraction) ?
8. Ai-je révélé les péchés ou les secrets d’autrui sans une raison sérieuse et proportionnée ?
9. Ai-je diffamé quelqu’un par des attitudes, des gestes ou des paroles injustes, même sans le dire explicitement ?
10. Ai-je mal parlé des autres par frivolité, envie, mauvaise humeur ou simple plaisir de critiquer ?
11. Ai-je exagéré les défauts d’autrui, en grossissant la réalité pour rendre quelqu’un pire qu’il ne l’est ?
12. Ai-je utilisé des demi-mots ou des insinuations pour jeter une ombre sur quelqu’un, sans avoir le courage de dire les choses clairement ?
8.3. Jugements téméraires
Le jugement téméraire consiste à croire fermement, sans preuves suffisantes, que quelqu’un est coupable d’un défaut moral ou d’un délit. C’est un péché car il offense la dignité de celui qui est jugé.
13. Ai-je jugé négativement quelqu’un sans avoir de preuves ou de fondements suffisants ?
14. Ai-je cru fermement à la culpabilité de quelqu’un uniquement sur la base de soupçons, de rumeurs ou d’impressions, sans vérifier la réalité ?
15. Ai-je porté des jugements hâtifs, en condamnant quelqu’un avant de connaître les faits ?
16. Suis-je habituellement critique, négatif ou dépourvu de charité en parlant des autres, sans nécessité ?
8.4. Commérages, médisances et discorde
Les commérages et les médisances empoisonnent les relations entre les personnes et créent des inimitiés même là où il n’y en aurait pas.
17. Ai-je médit des autres, c’est-à-dire ai-je mal parlé de quelqu’un dans son dos sans juste raison ?
18. Ai-je semé la discorde entre des personnes, en rapportant des choses défavorables dites par l’un sur l’autre pour créer une inimitié entre eux ?
19. Ai-je présenté quelqu’un sous un mauvais jour devant les autres, peut-être sous le prétexte qu’« on me l’a dit » ou « on dit que » ?
20. Ai-je écouté avec plaisir les médisances des autres, sans chercher à les arrêter ?
21. Ai-je permis que l’on médise en ma présence, alors que j’avais l’obligation ou la possibilité d’interrompre ?
22. Ai-je écouté ou approuvé la diffusion d’un scandale concernant mon prochain ?
8.5. Mensonge ordinaire et violation des secrets
Même le mensonge quotidien, apparemment anodin, est une violation de la vérité et une offense à la personne trompée.
23. Ai-je menti ? Pour quelle raison : pour tromper délibérément, pour échapper à une punition, par jeu ou par commodité ? Ai-je causé des dommages spirituels ou matériels par mon mensonge ?
24. Ai-je violé un secret qui m’avait été confié, sans une raison juste et grave ?
25. Ai-je été complice en couvrant des faits graves ou délictueux par mon silence, alors que j’aurais dû parler ?
26. Ai-je flatté quelqu’un, en disant des choses fausses pour lui plaire ou pour obtenir quelque chose ?
27. Ai-je manqué à la vérité par vanité, en exagérant mes mérites ou mes qualités ?
28. Ai-je utilisé l’ironie de manière cruelle pour blesser quelqu’un, même sans dire de choses explicitement fausses ?
8.6. Omissions : absence de défense et de réparation
Il ne suffit pas d’éviter de faire le mal : on a parfois le devoir de défendre la vérité et la bonne réputation d’autrui, et de réparer les dommages causés.
29. Ai-je omis de défendre quelqu’un qui était diffamé ou calomnié, alors que je pouvais le faire facilement ?
30. Ai-je respecté et protégé la bonne réputation et la dignité de chaque personne avec qui je suis entré en contact ?31. Ai-je fait la réparation due pour les dommages causés à la réputation d’autrui par des calomnies, des diffamations ou des révélations indiscrètes ?
9e commandement : « Tu ne désireras pas la femme de ton prochain »
« Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain. Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne : rien de ce qui lui appartient. » (Ex 20,17)
« Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain. » (Dt 5,21)
« Détourne les yeux d’une femme séduisante, ne fixe pas une beauté qui ne t’appartient pas. À cause de la beauté d’une femme, beaucoup se sont perdus ; l’amour pour elle brûle comme un feu. » (Si 9,8)
« J’avais conclu un pacte avec mes yeux : ne pas jeter un regard sur une vierge. » (Jb 31,1)
« Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme pour la convoiter a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur. Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi, car il vaut mieux pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne. Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi, car il vaut mieux pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier qui s’en aille dans la géhenne. » (Mt 5,27-30)
« Ceux qui sont au Christ Jésus ont crucifié en eux la chair, avec ses passions et ses convoitises. » (Ga 5,24)
« Faites donc mourir en vous ce qui n’appartient qu’à la terre : débauche, impureté, passion, désir mauvais, et cette soif de posséder, qui est une idolâtrie. » (Col 3,5)
« Fuis les passions de la jeunesse, et recherche la justice, la foi, la charité, la paix, en union avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur. » (2Tm 2,22)
En résumé, le neuvième commandement exige la pureté du cœur, en respectant la sainteté de l’amour conjugal. Il demande explicitement une vigilance non seulement sur les actes extérieurs (qui sont l’objet du sixième commandement), mais aussi sur les désirs intérieurs, les regards, les pensées et les images que nous autorisons. Il requiert de lutter contre la concupiscence et le désir désordonné, en cultivant l’humilité, la modestie et la grâce de Dieu comme fondement d’une vie intérieure ordonnée.
9.1. Désirs impurs envers la personne d’autrui
Le commandement naît de la protection de la fidélité conjugale et de la dignité de chaque personne : personne ne doit être réduit à un objet de désir illicite.
1. Ai-je désiré sexuellement la femme ou le mari d’une autre personne, en cultivant ce désir dans mon cœur ?
2. Ai-je regardé une autre personne avec un regard de convoitise, la transformant mentalement en objet de désir, au lieu de la respecter dans sa dignité ?
3. Ai-je cultivé des fantasmes ou des imaginations sur des personnes réelles, m’y complaisant intérieurement au lieu de les rejeter ?
4. Ai-je volontairement rappelé à ma mémoire des souvenirs impurs liés à des personnes réelles, en me délectant de ce souvenir ?
9.2. Pornographie, exhibitionnisme et moyens de communication
La pornographie et l’exhibitionnisme sont des offenses graves à la dignité de la personne et de puissants instruments de corruption intérieure.
5. Ai-je participé de quelque manière que ce soit à la pornographie : en la regardant, en la cherchant, en la produisant, en la diffusant ou en la soutenant financièrement ?
6. Ai-je participé à des actes ou des spectacles exhibitionnistes, en tant que spectateur ou protagoniste ?
7. Ai-je abusé d’internet, de la télévision ou d’autres moyens de communication pour chercher des contenus, des conversations ou des « distractions » qui alimentent des désirs, des pensées ou des fantasmes impurs ?
8. Ai-je conservé sur mon téléphone, mon ordinateur ou à la maison des images, des vidéos ou des supports pornographiques ou sexuellement provocants ?
9.3. Habillement, pudeur et provocation
La pudeur du corps est une forme de respect envers soi-même et envers les autres. S’habiller de manière provocante est une invitation au désir illicite.
9. Me suis-je laissé entraîner par la mode en portant en public des tenues ou des vêtements qui excitent sensuellement les autres et provoquent des regards, des désirs ou des pensées indécentes ?
10. Ai-je manqué de modestie dans mes comportements, mes gestes ou ma manière de me présenter, sans me soucier de l’effet que je produisais sur les autres ?
11. Ai-je respecté la pudeur des sentiments et des émotions, ou ai-je alimenté en moi-même des sensations et des états d’âme qui me menaient vers le désordre ? Est-ce que j’utilise certains types de vêtements pour m’exciter ? Est-ce que j’utilise certains types de sous-vêtements pour m’exciter ?
9.4. Protection des mineurs
Les enfants et les adolescents ont le droit de grandir dans un environnement pur. Léser leur pudeur est une responsabilité gravissime.
12. Ai-je manqué de respect à la pudeur d’enfants ou d’adolescents, en les exposant à des images, des conversations, des spectacles ou des situations inappropriées pour leur âge ?
13. Ai-je permis que des mineurs présents chez moi accèdent à des contenus pornographiques ou sexuellement explicites via la télévision, internet ou d’autres moyens ?
14. Ai-je donné à des enfants ou des jeunes un mauvais exemple par mon comportement, mon habillement ou mon langage en matière de pureté ?
9.5. Garde des yeux et de l’imagination
« La vue éveille la passion des insensés » (Sg 15,5). Les yeux et l’imagination sont les portes principales par lesquelles entrent les désirs impurs : les garder est une forme concrète de lutte pour la pureté.
15. Ai-je lutté pour garder mon regard, en évitant de me fixer sur des personnes, des images ou des situations qui suscitent des désirs impurs ?
16. Ai-je négligé de contrôler mon imagination, la laissant errer librement vers des fantasmes impurs sans les combattre ?
17. Ai-je évité les lieux, les situations, les personnes ou les environnements que je savais être pour moi une occasion de chute intérieure ?
18. Ai-je cherché activement à remplir mon esprit et mon cœur de bonnes pensées – la prière, la beauté, le travail, le service – comme remède contre les pensées impures ?
9.6. Prière et moyens surnaturels pour la pureté du cœur
La pureté du cœur est un don de Dieu qu’il faut demander avec humilité. Sans la grâce, la lutte contre le désordre intérieur est impossible.
19. Ai-je prié régulièrement pour obtenir de Dieu la grâce de la pureté et de la netteté du cœur, reconnaissant que seul, je ne peux pas vaincre ?
20. Ai-je eu recours aux sacrements de la Confession et de la Communion comme instruments principaux pour purifier le cœur et recevoir la force de recommencer ?
21. Ai-je invoqué la Vierge Marie comme modèle et aide dans la lutte pour la pureté, lui confiant mes moments de faiblesse ?
22. Est-ce que je me rends compte que la béatitude évangélique « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu » (Mt 5,8) n’est pas une promesse lointaine, mais un chemin concret que je peux parcourir chaque jour avec l’aide de la grâce ?
10e commandement : « Tu ne convoiteras pas le bien du prochain »
« Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain. Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne : rien de ce qui lui appartient. » (Ex 20,17; Dt 5,21)
« Gardez-vous bien de toute avidité, car la vie d’un homme, fût-il dans l’abondance, ne dépend pas de ses richesses. » (Lc 12,15)
« Que votre conduite ne soit pas inspirée par l’amour de l’argent : contentez-vous de ce que vous avez » (He 13,5)
« … car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » (Mt 6,21)
En résumé, le dixième commandement, comme le neuvième, concerne le cœur ; tandis que le septième interdit de prendre les biens d’autrui par des actions, celui-ci interdit de les désirer avec le cœur. Il exige la liberté intérieure face à l’avidité et à l’envie, en pratiquant le détachement des biens matériels et la confiance en la providence de Dieu. Il requiert de cultiver la sobriété et la générosité, en reconnaissant que le vrai bien de l’homme ne réside pas dans la possession des richesses, mais dans l’abandon confiant à Dieu. Cet examen aide à découvrir si le cœur est libre ou prisonnier des biens de ce monde.
10.1. Cupidité et désir maladif des biens d’autrui
La cupidité est le désir désordonné de posséder ce qui appartient aux autres. C’est la racine de nombreux péchés contre la justice et la charité.
1. Ai-je désiré de manière maladive ou obsessionnelle les biens, les propriétés ou les richesses d’autrui, couvant dans mon cœur le désir de me les approprier ?
2. Ai-je comploté ou planifié intérieurement comment m’emparer de ce qui appartient à d’autres, même sans passer à l’action ?
3. Ai-je souhaité que quelqu’un perde ses biens – par la mort, la malchance ou le malheur – afin que je puisse en bénéficier ?
4. Ai-je cultivé un attachement désordonné à l’argent et aux choses matérielles, au point d’en faire le centre de mes pensées et de mes préoccupations ?
10.2. Envie
L’envie est la tristesse face au bien d’autrui, vécue comme une menace ou une injustice envers soi. C’est l’un des sept péchés capitaux qui empoisonne le cœur et les relations.
5. Me suis-je attristé ou agacé du succès, de la prospérité, des talents ou du bonheur des autres, au lieu de me réjouir avec eux ?
6. Ai-je souhaité que les autres n’aient pas ce qu’ils ont – biens, qualités, affections, positions – parce que leur fortune me pesait ?
7. Ai-je nourri du ressentiment envers ceux qui ont plus que moi : plus d’argent, plus de talent, plus de succès, plus de reconnaissance ?
8. L’envie m’a-t-elle poussé à rabaisser, critiquer ou saboter les autres, ne serait-ce que pour réduire la distance que je percevais entre eux et moi ?
10.3. Ambition désordonnée et désir de la place d’autrui
On ne désire pas seulement les biens matériels : on peut aussi désirer le rôle, le prestige, la place ou l’estime qui appartiennent à un autre.
9. Ai-je désiré prendre la place d’un autre – à l’école, au travail, dans un groupe, dans une communauté – non pour mieux servir, mais par ambition ou par envie ?
10. Ai-je cherché à évincer quelqu’un de sa position ou de son rôle de manière déloyale, ne serait-ce que dans mes désirs et mes pensées ?
11. Ai-je convoité des reconnaissances, des honneurs ou une estime qui ne m’étaient pas dus, couvant du ressentiment lorsqu’ils étaient accordés à d’autres ?
12. Suis-je capable de me réjouir sincèrement du succès et de la promotion des autres, sans me sentir diminué ?
10.4. Avarice et attachement aux biens propres
L’avarice est l’attachement excessif à ses propres biens, qui conduit à ne rien partager avec celui qui est dans le besoin. C’est l’inverse de la cupidité : là on veut prendre, ici on ne veut pas donner.
13. Suis-je avare, accordant trop d’importance aux biens matériels et au confort ? Mon cœur est-il plus attaché aux possessions terrestres qu’aux vrais trésors du Ciel ?
14. Ai-je du mal à partager ce que j’ai avec ceux qui sont dans le besoin, même quand je pourrais le faire sans grands sacrifices ?
15. Ai-je refusé de faire l’aumône ou d’aider quelqu’un en difficulté, pour ne pas diminuer mes avoirs ?
16. Ai-je traité l’argent et les biens matériels comme une fin en soi, au lieu de les considérer comme des instruments au service de Dieu et du prochain ?
10.5. Détachement intérieur et pauvreté d’esprit
Le remède à la cupidité et à l’avarice n’est pas la misère, mais la liberté intérieure : posséder les choses sans en être possédé. « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux » (Mt 5,3).
17. Est-ce que je vis dans un état d’insatisfaction continue, désirant toujours plus que ce que j’ai, sans réussir à me contenter de ce que Dieu m’a donné ?
18. Est-ce que je reconnais dans la Providence de Dieu le fondement de ma sécurité, ou bien est-ce que je cherche la sécurité uniquement dans l’accumulation de biens et de ressources ?
19. Est-ce que je m’efforce de pratiquer la pauvreté d’esprit : utiliser les choses sans m’y attacher, être prêt à y renoncer si Dieu le demande ?
20. Ai-je prié pour obtenir de Dieu la liberté intérieure par rapport aux biens de ce monde, en lui demandant de purifier mon cœur des désirs désordonnés ?
21. Est-ce que je me rends compte que le désordre de mes désirs envers les biens matériels m’éloigne de Dieu et des personnes, en me refermant sur moi-même ?
Les cinq préceptes de l’Église
1. Participer à la Messe le dimanche et les autres jours de fête de précepte et s’abstenir de travaux et d’activités qui pourraient empêcher la sanctification de ces jours.
2. Confesser ses péchés au moins une fois par an.
3. Recevoir le sacrement de l’Eucharistie au moins à Pâques.
4. S’abstenir de manger de la viande et observer le jeûne aux jours fixés par l’Église.
5. Subvenir aux besoins matériels de l’Église, chacun selon ses possibilités.
